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VARIÉTÉ EXTRA-SPINALE OU EXTRA-IIYÉLITIQUE DE LA FORME UNILATÉRALE

Cette forme clinique doit être trop rare pour que nous ne soyons en mesure d'en rapporter plus d'une

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seule observation. En raison de Tintérêt extrême qui s'attache à cette observation, nous la donnerons aussi détaillée que possible.

Observation XXVHI. — AecidetU provoqué le 48 septembre 1883, 9 Jitures matin à la première immersion, 20 brasses de profondeur, une demi-heure de séjour. Plusieurs immersions antérieures à la même pro fondeur ^ le séjour au fond n'ayant jamais dépassé quinze à vingt minutes, décompression toujours la même -^ c'est-à-dire brusque. — Immédiatement après la décompression, douleurs extrêmement vives, détendant à ^occiput et sHrradiant au membre supérieur droit, exaspération de ces douleurs, de temps à autre, " sous forme d'attaque, rigidité musculaire du cou. — Dans Vaprès* midi, fourmillements et engourdissements dans le membre supérieur droit, en mime temps qu'un certain degré- de parésie de ce membre. — Le 10 septembre, diminution de Vintensité des douleurs; persistance des fourmillements et des engourdissements, agravation de la parésie. — l6 20 septembre, paralysie complète de ce membre, localisation des douleurs à la nuque et à V épaule. — La 3 octobre, faiblesse du membre inférieur droit.

Etat actuel (6 octobre). — Paralysie et atrophie dégénérative dominante dans la sphère du radial, deltnide, biceps, brachial antérieur, long supinateur. Distribution de Vanesthésie cutanée cor* respondant à très peu de chose prés à celle de la paralysie motrice. Parésie spastique au membre inférieur droit. Traitement. Application de petites pointes de feu sur toute Vétendue de Vaxe spinal et surtout à la nuque et sur le moignon de Vépaule. Séances quotidiennes d'électrisation galvanique, une demi-heure de durée, 12 à 16 éléments. lodure de potassium à la dose de 3 grammes.

Au bout de deux mois et quelques jours de traitement, la guérison a été complète et définitive.

Histoire. — N. Chais, Agé de vingt-cinq ans; sa qière est morte d'ane fièvre typhoïde, pas d'antécédents héréditaires. Pas d'acci« deuts syphilitiques ou paludéens, pas de maladies antérieures.

Il a commencé le travail dans Fair comprimé, en mai 1883. Il a travaillé pendant quatre mois et demi à peu près sans accident. Le 18 septembre de la môme année, à la première immersion faite à 20 brasses de profondeur, séjour prolongé une demiheure, il s'est fait remonter toujours brusquement comme c'est la règle. U avait déjà antérieurement fait plusieurs Immersions à cette profondeur et avec la môme décompression sans accident, mais sans jamais avoir dépassé quinze minutes, il n'était pas refroidi, il ne toussait pas et n*avait pas mangé avant son immersion.

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Immédialemeni après la décompression et l'enlèTemeat du casque, il est pris tout à coup de douleurs extrêmement vives qui occupaient la partie postérieure du cou et surtout la moitié droite de cette région, s*éteudant jusqu'à Tocciput et s'irradiant aussi au membre supérieur droit et surtout aux grandes articulations de Tèpaule^du coude et du poignet, qui, au dire du malade n'étaient nullement gonflées. Ces douleurs, tout eu étant permanentes, s'exaspéraient néanmoins de temps à autre, sous forme d accès durant quelques minutes ; à ce moment les souffrances du malade derenaient intolérables, elles étaient accompagnées d'une sorte de raideur du cou ; le malade ne pouvait remuer la tète, son cou étant immobilisé.

Dans raprès-midi, d'autres troubles de la sensibilité viennent se joindre à ces douleurs vives, par moments même atroces, tels que des fourmillements et des engourdissements dans le membre supérieur droit, en môme temps qu'un certain degré de parésie.

Le 19 septembre, les douleurs ont beaucoup diminué d'intensité et leurs exaspérations, sous forme d'accès, sont devenues plus espacées et moins vives, les engourdissements et les fourmillements ne se sont pas du tout améliorés ; la parésie môme s'aggra* vait d'un moment à l'autre.

Le 20 septembre, le malade est dans Timpossibilité de remuer le membre supérieur droit qui pend le long de son tronc comme une masse inerte. Les douleurs sont localisées à la partie postérieure du cou et à l'épaule. A ce moment, le malade étant à Egine consulte un médecin qui lui applique deux vésicatoires à ces deux régions douloureuses; il lui donne aussi quelques médicaments qu'il ne peut pas définir. Il continue ce traitement une vingtaine de jours; les douleurs qui occupaient les régions susmentionnées s'irradiaient rarement le long de son bras, mais les engourdissements et les fourmillements n'ont cessé de tourmenter le malade. De son membre paralysé, il pouvait faire quelques mouvements. A ce moment, son membre aurait commencé à devenir grêle. .

Le 3 octobre 1883, le malade a été effrayé en constatant que son membre inférieur droit était faible et lui paraissait lourd. A ce moment, il se décide avenir à Athènes; c'est alors que nous fûmes consulté.

Etat du malade (6 octobre 1883). — Le membre supérieur droit est pendant, dans une attitude incomplète de pronation; le dos de la main porté un peu en avant.

Muscles du dos et de Vépaule, — Le trapèze et le sterno-mastoldien sont sains, les mouvements de rotation de la tôte sur le cou et rélévation en masse des épaules paraissent se faire régulièrement. Les rhomboïdes et les grands dorsaux sont normaux, leurs mouvements s'accomplissent physiolugiqucnicnt. — Le ^rand

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denlelé est touché^ car l'omoplate ne reste pas appliqué intimement sur le thorax. — Le grand pectoral parait un peu lésé. La motilité des muscles rotateurs du bras, le sus-épineux, le sous-épineux et le petit rond, parait complètement abolie.

Muscles innervés par le nerf radial. — Deltoïde, Il existe une paralysie complète de ce muscle, il e^t matériellement impossible au malade d*écarter directement le bras, il en est de même, quand on lui commande d'élever le moignon de son épaule isolément. Les faisceaux claviculaires du deltoïde ne sont pas moins paralysés, comme il est facile de le constater, quand on place le bras du malade dans Tadduction 6t qu'on lui fait porter la main ^ la bouche.

Le court supinateur parait avoir un certain degré de parésic, car l'accomplissement des mouvements de supination est imparfait aussi bien quand le bras est étendu que quand il est iléchi. Le long supinateur est à son tour paralytique, ce qu'on peut constater en 'essayant de redresser Tavant-bras du malade préalablement fléchi. Le biceps est fortement touché, ce qui est démontré par la même manœuvre. Au moment de sa contraction, il ne forme plus relief sous la peau et à la palpation, il est flasque 'et mou. Nous remarquons la même chose pour le brachial antérieur.

Les mouvements physiologiques régis par les muscles de Tavanlbras, fléchisseurs, extenseurs et interosseux ne sont pas atteints. Le malade était dans la possibilité de fléchir et d'étendre le poi* gnet, de fermer et d'ouvrir le poing, de mouvoir les doigts et de les écarter sans la moindre difficulté, tous ces mouvements étaient impossibles au début. — Le triceps est très peu touché.

L'examen électrique nous a fourni des renseignements de la plus haute importance. La conlractilité faradique du grand dentelé et des muscles' rotateurs du bras, sus-épineux, sous-épineux et petit rond est amoindrie. Ces muscles se contractent très bien à la galvanisation, il n'y a pas d'inversion delà formule des réactions normales, ce qui se traduit par Ka SZ > An SZ.

Lacontractilité faradique des mtiscles deltoïdes, biceps, brachial antérieur et long supinateur est complètement abolie. L'exploration galvanique de ces muscles dénote très nettement l'inversion delà formule des réactions normales. En effet, on obtient An SZ avec un nombre d'éléments qui ne suffit pas pour obtenir Ka SZ ce qui se traduit par An SZ > Ka SZ. — Il n'y a pas de modifications électriques au triceps; peut-être la contractililé faradique est un peu diminuée. — L'examen électrique est négatif pour tous les autres muscles du membre supérieur droit.

Sensibilité, — Le malade se plaint encore avec amertume de ses douleurs à la région postérieure du cou, lesquels par moment s'exaspèrent et s'irradient au moignon de l'épaule droite. La Archivk, t. XÎI. * C

pression au niveau de Tapophyse transverse des trois dernières vertèbres cervicales et surtout de la sixième est douloureuse. — Le moignon de Tépaule et le long du bord radial de Tavant-bras est presque complètement anesthésique. — EnOn, pour finir avec ie membre supérieur droit, n'oublions pas de noter quelques troubles trophiques des ongles qui étaient atrophiés, amincis et où l'on distinguait des stries transversales.

Membre supérieur droit. — Ce membre est parétique. Il y a une exaltation très marquée de ses réflexes, facilement constatable par les procédés élémentaires. Au moment du réveil, sous Tinfluence des émotions et de la fatigue et dans certaines positions, son membre inférieur droit commence à être agité d'un tremblement rythmique qu'on peut d'ailleurs aisément développer en relevant brusquement et plusieurs fois Tavant-pied.

La sensibilité examinée sous tous ses modes a été trouvée tout à fait normale. 11 n'y a aucune trace de myatrophie. Les muscles sont même bien conservés, la contractilité électrique est normale. Il n'y a pas de troubles vaso-moteurs ni du sens musculaire. — Rien du côté de la vessie du rectum et des organes génitaux.

Pas de paralysie aux membres inférieur et supérieur gauches. — 11 n'y a aucun symptôme céphalique.

Le traitement est ainsi institué : a], application de petites pointes de feu tous les huit ou dix jours sur toute la région de Taxe spinal et surtout sur la région de la nuque et sur le moignon de l'épaule; 6), faire tous les jours pendant une demi-heure une séance d'électrisation au moyen des courants continus d'intensité moyenne, douze à seize éléments; c), à l'intérieur trois grammes d'ioduredc potassium par jour.

Etat du malade (21 octobre 1883). Au bout de quinze jours de traitement. — L'amélioration est notable. La motilité des muscles grand dentelé, sus-épineux, sous-épineux et petit rond .est très améliorée, ce qui est démontré aussi bien par l'accomplissement bien plus régulier de leurs mouvements physiologiques que par Texamen faradique. La contractilité faradique des muscles deltoïde, biceps, brachial antérieur, et long supinateur continue à ôtre abolie , mais l'exploration galvanique donne An S Z = Ka S Z au lieu de An S Z > Ka SZ.

Le€ douleurs de la nuque et du moignon de l'épaule sont bien moins intenses. La sensibilité est complètement revenue à la région du deltoïde et du biceps, elle est seulement un peu obtuse au bord radial de l'avanl-bras.

11 n'y a presque plus de parésie au membre inférieur droit. L'épilepsie spinale survient très rarement; impossible de la provoquer. Les réflexes sont bien moins exaltés. Nous avops conseillé à notre malade d'insister sur le traitement institué.

Etal du malade (IB novembre 4883). — L* amélioration est con«

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sidérable. Les mouvements physiologiques régis par les muscles grand dentelé, sus-épineux, sous-épineux et petit rond ne sont plus du tout altérés, leur contraclilité faradique est normale. Les muscles deltoïde, biceps, brachial antérieur et long supinateur ont commencé à recouvrer leurs fonctions. Si la coniractililé faradique est encore presque abolie, l'exploration galvanique nous montre un fait d'une importance majeure, c'est-à-dire qu'il n'y a plus d'insertion de la formule des réactions normales, ce qui se traduit par Ka SZ > An S Z. Pas de douleurs. La sensibilité est complètement revenue au bord radial de Tavant-bras.

11 n'y a plus trace de parésie au membre inférieur droit. L'épilepsie spinale a disparu. Il n'y a qu'un certain degré d'exaltation des réflexes, seul trait de passage de la parésie spasmodique proexistante.

L'amélioration n'ayant pas cessé de continuer, vers le milieu du mois de décembre 1883, le malade a intégralement recouvré la motilité de ses muscles deltoïde, brachial antérieur long supinateur biceps. La contractilité faradique est à son tour presque normale; enfin, il est tout à fait guéri.

Analyse. — Il n'est pas difficile de reconnaître que le siège de la lésion initiale du cas que nous venons de décrire longuement est extra-spinal, extra-myélitique. C'est le siège de la lésion aux méninges de la région cervicale de la moelle et surtout de sa partie inférieure et l'irritation des racines du plexus brachial droit qui ont donné lieu aux vives douleurs, avec leur exaspération de temps à autre, sous forme d'accès, de la partie postérieure du cou, douleurs qui s'étendaient à l'occiput et s'irradiaient au membre supérieur droit. C'est elle qui a fait naître les fourmillements et les engourdissements de ce membre.

Dans l'espace de deux jours, la lésion méningée, en raison de son extension à la moelle épinière et l'alté* ration plus profonde des nerfs périphériques ont fait naître de nouveaux phénomènes qui viennent se joindre au tableau clinique ; ce sont la paralysie et, un peu plus tard, la myatrophie du membre supérieur droit*

A une étape ultérieure de la maladie, il arrive uu fait très important, c'est la localisation presque exclusive de la paralysie et de la rayatrophieaux muscles qui sont sous la dépendance du nerf radial, c'est-à-dire deltoïde, biceps, brachial antérieur, long supinaleur.

Nous assistons de la sorte à une nouvelle espèce de paralysie radiculaire du plexus brachial survenant par t emploi des scaphandres.

Avant de procéder à Texplication des symptômes qui sont présentés par le membre inférieur droit, nous devons signaler la distribution de Tanesthésie cutanée qui correspondait, à très peu de chose près, à celle de la paralysie motrice.

Rappelons enfin, cela mérite de fixer l'attention, la rapidité de la guérison, aussi bien d.e la paralysie radiculaire de notre malade que des autres troubles. En effet, la guérison n'a pas exigé plus de trois mois.

Il ne nous semble pas difficile de fournir la raison anatomique et physiologique de la parésie spasmodiquc du membre inférieur droit, qui a paru quinze jours après l'invasion de la monoplégie du membre supérieur droit. Elle est due à la formation d'un foyer de. myélite transverse, consécutivement à la lésion mé-

ningée.

Quant aux symptômes spasliques^ exaltation des réflexes et épilepsie spinale, ils sont déterminés par une dégénéralion incomplète du faisceau pyramidal .droit, consécutivement au foyer de myélite transverse qui, elle aussi, nous le répétons, est consécutive à la lésion méningée. (A sukrc.)

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