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Danemark, couchettes spéciales pour les galeux qui, selon le besoin, sont, matin et soir^ rincées rous un jet d^eau. Poêles en faïence chauffés au bois et au charbon qui servent en partie à la rentilation : celle-ci est également assurée par des canaux en communication avec des tuyaux de cheminée. Chez les agités, des grilles entourent les poêles. Une section spéciale est consacrée aux aliénés suicides, en grand nombre. Chaque division d*agités a sa salle de bains pourvue de baignoires en métal ou, plus rarement, en porcelaine : une conduite spéciale sert à amener Teau chaude, l'eau froide étant fournie par la conduite générale de l'établissement. On a dû, il y a douze ans, se défaire des premiers cabinets d'aisances continuellement rincés par l'eau même de Tasile; une épidémie de fièvre typhoïde, qui sévissait dans les environs, fit en effet penser que les matières allaient infecter, sous Tinfluence de cette dilution perpétuelle, Teau d'un ruisseau voisin; on a depuis adopté le système des fosses mobiles avec désinfection à la chaux. On en est moins content quant à l'odeur. L'eau potable provient de la rivière voisine, le Gaustad Ëlv. Eclairage au gaz venu de Christiania. Les vêtements des pensionnaires de quatrième classe sont fournis par l'asile, mais les malades doivent apporter en entrant un costume complet avec linge de coips, etc. Les aliénés qui déchirent sont maintenus par les vêtements fermés que l'on sait. — 11 existe des chambres d'isolement spéciales pour un malade ou deux. Chaque sexe possède, en outre, sa division cellulaire particulière de treize cellules, plus une salle de jour, une étuve, etc. Les cellules sont très spacieuses; les parois en sont cimentées ; elles prennent jour par une ouverture supérieure munie de grilles en fil de fer, et ccAitiennent une table, un siège et un lit fixés au sol, ainsi que des latrines. Le chauffage s'en fait intérieurement au moyen d'un air chaud qui assure en même temps la ventilation. £n dehors, dans le chemin de ronde, a été ménagé, à une hauteur d'environ huit pieds, un étroit couloir destiné à l'observation. La division cellulaire de chaque sexe dispose de deux baignoires. Toutes les cellules sont garnies ; aussi, plusieurs malades demeurent-ils nus sur la paille. — - Le traitement n'offre aucune particularité à signaler. Un petit nombre de malades ont libre accès à la ville. Les évasions sont rares. Quarante à cinquante pour cent des aliénés s'occupent. 11 n'existe pas de société de protection pour ceux qui sortent définitivement, mais les ressources de l'asile leur assurent jusqu'à 10 couronnes. A des intervalles convenables, des danses et des distractions sont offertes aux malades de l'établissement. Le personnel médical se compose d'un médecin en chef, directeur, et de deux médecins-adjoints. Le directeur actuel fait un enseignement clinique de psychiatrie à l'établissement ; chaque semestre, il est suivi par quinze étudiants bénévoles de Christiania. La psychiatrie relève en effet de branches
spéciales des examens probatoires. Ou pratique à Tasile vingt autopsies par an environ. Le reste du personnel comprend un intendant, un caissier, un gardien et une gardienne en chef, un gardien ordinaire par huit malades. Un pasteur marié réside dans rétablissement; il vit en bonne intelligence avec les médecins. H n'existe pas de professeur spécial. La cuisine n'utilise pas la vapeur non plus que la buanderie. La nourriture est bonne; on donne quatre fois de la viande par semaine, du poisson frais ou salé les autres jours.
Jadis, on retirait des bénéflees ; aujourd'hui on équilibre à peu près le budget ; mais peut-être %'a-t-on se trouver en déOcit. Ou compte cinquante vaches, douze chevaux, douze porcs. Le pain est fait à Tasile, ou plutôt il n*en faut faire venir qu'une partie de la ville ; on en tire la viande. L'établissement produit ce qu'il lui faut de lait. Personne ne tend à construire une colonie.
11. Asile d'Oslo {Oslo Sindssyyeasyl), à Christiania. — Cet asile (Oslo Dolhuus) est le plus vieil établissement d'aliénés de la Noi vège. Il fut construit dans les années 1775 et 1776, aux dépens de rhôpital d'Oslo, pour la somme de 12,800 thalers (48.000 francs). Tels étaient, au début, ses vices de construction, telle était la difficulté des améliorations de ces défauts qu'en 1845 il est mentionné, dans un rapport médical, que c'est un crime d'enfermer des aliénés en de semblables conditions. On a, depuis lors, introduit bien des modifications. Et cependant M. Glaus estime que la meilleure action à commettre serait de priver les bâtiments actuels de leur destination.
L'établissement occupe, dans le faubourg d'Oslo, un endroit bas et humide, immédiatement sous-jacent au haut Ekkeberg sillonné de cours d'eau; il est entouré des bâtiments de l'hôpital d'Oslo et de son temple, ainsi que d'une série de maisons particulières. Son édifice principal, à un étage, constitue un quadrilatère allongé auquel se relie une construction latérale aftectée à Thabitation de l'intendant, à la cuisine, etc. C'est en somme un annexe de l'hôpital d'Oslo dans lequel sont entretenues quarante-deux vieilles femmes payant le prix de pension le plus inférieur sur le taux de l'asile de Gaustad. 11 n'est guère susceptible d'agrandissement, et l'on manifeste peu de tendance à lui imprimer un développement, parce que l'argent devrait être fourni par le reste de l'hôpital. C'est pour le même motif que l'installation du chauffage à la vapeur pour la cuisine, la buanderie, etc., a été abandonnée. Le bâtiment, très anguleux, contient des chambres et des cellules petites, obscures comme les corridors. Tout accuse l'ancienneté et l'exiguïté. Dix cellules très basses sont éclairées par des ouvertures latérales grillées; elles ont leurs latrines. Partout ailleurs, de fortes grilles garnissent les fenêtres. On se sert des
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fosses mobiles; Todeur en est assez forte. Chauffage aux poêles de faïence ordinaires. On n'a pas installé d'appareils à yentilation spéciaux. Quelques puits communs dispensent Teau nécessaire aux usages domestiques et culinaires. La literie et Thabillement sont rapiécés au plus haut point; les promenoirs, petits el nos, sont entourés de murs élevés. Quelques malades s'occupent.
Le service médical est fait par le médecin de Thôpital qui, chaque jour, vient passer une heure à Tasile. Trois femmes et an homme forment le personnel des gardiens. L'ensemble de l'entretien est confié à un inspecteur à Tenlreprise. Il s'y ferait des guérisons. La mortalité annuelle se réduit à deux individus en moyenne.
G. SUÂDE.
Ce pays possède dix asiles d'aliénés appartenant à l'Etat. Ce sont les suivants que nous faisons suivre du chiffre des malades qu'ils contenaient à la Ou do 4881 :
Asile de Stockholm. . . 253.
— d*Cpsala 179.
— de Nykôping. . . . 71.
— de Wadstena. . . . 354.
— de Wexiô «2i.
Asile de Wisby 29.
— de Mahnô 17i.
— de Lund 195.
— de Qothenburg . . 169.
— d'Hemôsand 178.
On assistait donc 1,821 psychopathes, tandis que le nombre des places disponibles s'élevait à 1 ,841 . On a dû, au reste, augmenter le nombre des lits, si bien qu'actuellement la totalité des établissements renferme 2,000 malades. Ce chiffre ne représente que le cinquième des aliénés de la Suède qui» sur une population de 4,500,000 habitants, aurait 10,000 aliénés. Aussi se préoccupe4-on d'édifier près de Christinehamn sur le lac Wenern, dans la province de Wermland, un nouvel établissement de quelques centaines de places. Les asiles d'aliénés suédois sont tous mixtes ; ce sont des asiles-hospices. Leur administration, de même que tout ce qui concerne l'aliénation mentale, a été réglée législativement par un décret royal du 5 mars 1858. Mais à ce document ont été apportées quelques modifications pour certains établissements, tels que l'hô* pital de Stockholm. La direction supérieure de tous les établissements hospitaliers incombe à cinq chevaliers de l'ordre des Séraphins (Seraflmer Orden Gillet); chacun d'eux est, en outre, dirigé dans ses détails par une commission composée du sénéchal et de l'évoque de la province, ainsi que de quatre membres proposés au roi par la direction supérieure. La direction supérieure rédige chaque année et adresse au roi un rapport sur l'ensemble des établissements hospitaliers; ce rapport forme la section K de
Abchjvrs, t. Vni. 8
la statistique ofÛcielle de la Suède; il fourmille de tableaux statistiques d*ordre médical et d'ordre administratif. La direction de chaque asile prend toutes les décisions administratives et économiques: elle se réunit au moins une fois par mois en s'adjoignant le médecin en chef, qui, d'ailleurs, n*a aucune voix délibérative. On peut cependant se plaindre auprès de la direction supérieure des décisions de la direction de tel ou tel établissement. Celte institution n'a pas rallié les sentiments de satisfaction de tous, et Ton projette, après avoir écarté Tévéque, de donner au médecin en chef le droit de vote.
Chaque asile est|destiné, d'abord et en première ligue, aux malades de la province correspondante, mais tous les asiles doivent, eu cas d'encombrement, se prêter assistance les uns aux autres, sans que cette aide entraîne aucune élévation dans les prix de pension. Quand toutes les places d'un établissement sont occupées, la direction de ce dernier est tenue d'adresser à la direction supérieure les autres demandes d'admission: c'est celle-ci qui décide dans quelle mesure les transferts doivent avoir lieu dans un autre hôpital. En 1880, les demandes de ce genre ont atteint le nombre de 115. Trois classes de pensionnaires composent la population. La première paie toutes les dépenses nécessaires à un entretien complet : 2 couronnes par jour. La seconde tient compte à l'asile de la moyenne du chiffre d'entretien et de véture: 75 œres. La troisième bénéQcie au fond des mêmes avantages que la seconde, mais comme il s'agit d'indigents, de patients des communes, c'est le roi qui fixe le prix de pension qui est de 50 œres. Il peut aussi y avoir des admissions gratuites; en 1880, elles furent, pour l'universalité des établissements, de 94 hommes et de 39 femmes.
On exige, pour autoriser rentrée du malade, la preuve d'une psychose récente, d'un danger à l'égard de la sécurité publique, l'existence d'une accusation nécessitant un examen médico-légal. Le rapport de 4880 signale, à la fin de l'année, dans tous les asiles d'aliénés: 130 criminels, sur lesquels 26 meurtriers. Les incurables et les tranquilles sont renvoyés dans leur pays d'origine.
Les malades des deux dernières classes sont habillés par l'élablissement. Mais ceux de la seconde, qui appartiennent à une catégorie sociale un peu plus relevée, peuvent s'entretenir euxmêmes des effets nécessaires ; on leur donne également des chambres plus confortables. — La nourriture commune est bonne et abondante; quatre à cinq fois par semaine on sert de la viande fraîche ou salée; les autres jours, c'est du poisson (morue séchée, harengs, etc.). On mange dans de la vaisselle de porcelaine. Voici le budget de l'Etat relatif à l'ensemble des établissements. £u 1880, ceux-ci. ont encaissé 388,067 couronnes 60 œres (543,!â94 fr. 6o c^qt.) ; les dépenses ont été de 867,790 couronnes 67 œres (1,214,907 fr.).
Le service médical est entre les mains da médecin en chef; dans Tinter valle des séances de la commission directrice, il dirige Tasile. C'est à lui que sont subordonnés tous les autres fonctionnaires et employés. Chaque année, au mois de mai, il envoie un rapport à la direction supérieure et au collège royal de santé. 11 existe en outre au moins un médecin-adjoint, qui n'habite pas toujours rétablissement : dans certaines circonstances, un à deux étudiants remplissent le rôle d'internes ; mais leur temps de stage, obligatoire d'ailleurs, ne dure d'ordinaire que deux mois. Un pasteur habite la ville voisine. Chaque dimanche, chaque jour de fête, il officie et s'occupe non seulement des pratiques de la religion, mais de l'enseignement scolaire. Le traitement psychique des aliénés est, dans le rapport principal annuel de la direction supérieure au roi, l'objet d'un chapitre séparé très étendu. Matin et soir, avant et après le repas, le personnel des gardiens ou un malade fait, dans les diverses sections, une courte prière. Un intendant (syssloman) s* occupe des affaires économiques. Les gardiens sont soumis aux mêmes devoirs que dans les asiles de Danemark. Quelques établissements leur assigAnt le port d'un uniforme.
On n'a pas encore adopté la construction de colonies agricoles.
En ce qui concerne la protection des aliénés à leur sortie de l'a* sile, on ne saurait passer sous silence l'existence d'une Société de ce genre à Stockholm. (SkyddsfOrening fôr Sinnesjuke). Elle a été fondée par le conseiller médical Sondén. Elle se propose de « procurer l'appui et les secours convenables aux aliénés guéris (convalescents), dépourvus d'assistance, au moment de leur renvoi de l'asile, et tout particulièrement de l'asile de Stockholm ». C'est le 21 décembre 4864, que cette Société a commencé à fonctionner, après avoir collecté, soit par des contributions volontaires, soit par des legs ou autres sommes capitalisées , un fonds social de 46,717 couronnes 33 œres (23,404 fr. 30 cent). Depuis cette époque jusqu'en 1880, elle avait dépensé à son œuvre 44,543 couronnes ; au début de 188*, sa fortune était de 24,889 couronnes 28 œres (34,845 fr. environ); elle avait 67 collaborateurs. Les malades occupés emportent aussi leur pécule, établi d'après une taxe, eu rapport avec la somme de travail fourni, à moins qu'on ne l'ail auparavant employé dans leur intérêt. La première impulsion imprimée à la genèse de la Société de protection dérive de la donation due à la libéralité de la fameuse actrice lyrique Jenny Lind. Aujourd'hui, la Société est alimentée par desconlribntions volontaires, mais on songe à la réorganiser sur un nouveau plan, d'après lequel la coopération obligerait au versement annuel de 5 couronnes (7 fr.) ou au rachat de sa cotisation par une somme de 50 couronnes (70 fr.) une fois donnée.
Les rapports annuels de la direction supérieure font aussi invariablement mention d'un asile privé, de Fasiie d'entretien el de thérapeutique pour psychopathes du D' Biliberg à Stockholm. 11 contenait, en 1880, onze hommes et deux femmes. Guérison : deux hommes et deux femmes. Amélioration : deux hommes. Nous abordons maintenant la description résumée des cinq asiles visités par M. Glaus, et la condensation des renseignements, qu'il consigne d'après un aliéniste du pays, sur un autre établissement également important.
I. Hôpital de Gothenburg, dans Tlle d'Hissingen. L'Ile dont il s'agit est entourée par deux bras du Gotaelf. L'établissement occupe un terrain en pente douce, assez protégé contre les vents, grâce à des montagnes de granit que limitent, des deux côtés, la arge vallée uù il se trouve. On y arrive de Gothenburg, sur une route départementale, en une bonne heure, à pied. 11 date de 1872. Les dépenses de construction ont été de 840,000 couronnes (1,176,000 fr.). La population comprend : 90 hommes, 86 femmes. On n'y reçoit que des pensionnaires de deuxième et troisième classes. Un supplément quotidien de t5 œres peut assurer aux malades de meilleures conditions, sans cependant que le régime alimentaire s'en trouve modifié.
La superficie de l'établissement «> 38 hectares 64 . L'entrée du territoire de l'asile presque complètement entouré de murs se trouve sur le côté ouest. Les édifices réservés aux aliénés et les principaux bâtiments de l'administration, très simples, revêtusd'ua enduit blanc jaunâtre, et couverts en tuiles rouges, ont pour ta plupart un étage. Us forment un rectangle allongé, dont le grand axe court de l'ouest à l'est. Au milieu, ce sont les constructions affectées aux services économiques, avec les cuisines et la buanderie, desservies par une machine à vapeur. Sur le côté ouest, on rencontre des locaux réservés aux besoins administratifs, avec le temple, l'habitation du médecin-adjoint et des étudiants stagiaires. Le côté nord renferme la section des hommes; celui du sud, la section des femmes ; sur un arrière-plan se dresse le quartier cellulaire qui, lui aussi^ constitue un rectangle à grand axe, dirigé de Touest à l'est. Les deux grands corps de logis destinés aux malades renferment, en allant des bâtiments administratifs à la section des agités, successivement : les aliénés calmes, les aliénés malpropres et agités; toussont pourvus, de môme que les bàtimeats cellulaires, d'un promenoir extérieur entouré d'un mur de hauteur convenable. Il n'existe pas de galeries couvertes. — Les lieux d'habitation et de repos des malades regardent, pour tes hommes, au nord, pour les femmes, au sud. Les corridors intérieurs donnent accès sur la cour et sont ornés, comme les chambres d'habitation, de fleurs et de gravures. Propreté partout. Pas de salles de fêtes.
Pas de grillages aux fenêtres, mais les croisillons en sont solides. Quelques malades de bonne condition ont leurs chambres particulières ; il peuvent également avoir leurs vêlements personnels, tandis que les autres sont habillés par Tasile. Le costume commun se compose d'une veste et d'une culotte. On revêt ceux qui déchirent des vêtements fermés en usa^'e. Kclairage au pétrole. Chauffage au bois dans des poêles de faïence, excepté aux cellules (chauffa<:e à. air chaud parle ious-sol). Système des fosses mobiles parfaitement désinfectées par le chlorure de chaux. Aucune installation spéciale pour la ventilation artificielle. Nulle particularité à signaler dans les appareils balnéaires. C'est d'une source voisine qu'une conduite d'eau apporte à l'établissement, ce qu'il lui faut de liquide pour les besoins journaliers et pour la cuisine ; il est abondant et de bonne qualité. La literie est la même que dans les établissen^ents danois; les g^tf'ux sont placés sur une paillasse percée d'un trou médian. — Trente cellules assez spacieuses, à parois cimentées, prennent jour de fenêtres latérales élevées, munies de volets. La section spéciale en contient 42 pour chaque sexe. Elles n'ont pas toutes leurs latrines.
Le service médical est fait par trois médecins : un médecin en chef, un médecin adjoint, un étudiant. Le premier habite avec rintendant une maison séparée. Un pasteur dessert l'établissement, sans y résider. La surveillance est dévolue à un gardien et à une gardienne en chef, ayant sous leurs ordres, Tun : neuf gardiens ; l'autre, quatorze frardiennes. Ces agents ont pour traitement : les hommes, 120 couronnes (168 fr.), les femmes 100 couronnes (140 fr.; par an. On est satisfait de leur conduite. Les médicaments, le traitement, les moyens de contrainte sont les mêmes qu'autre part. Depuis l'existence de l'établissement il n'y a eu que deux suicides. Les évasions sont très rares.
i Population: 227.
o -• -«I hommes. 28 ( ^^
Sort'«« W| femmes., soi » p. m.
Guérisons 6,17
Amélioration 7,93
Non guéris 6,61
Morts 4,85
On ne cultive dans l'asile qu'à la bêche. L'établissement possède trois chevaux. Ni vaches, ni porcs. Quarante à cinquante malades des deux sexes sont chaque jour occupés. Les journées de travail en 1880 ont atteint la somme de 15,792, dont 9,968 pour les hommes et 5,8 î4 pour les femmes. Il existe des ateliers : ceux de tailleurs et de cordonniers sont dans les quartiers; ceux de forgerons et de menuisiers se trouvent dans un bâtiment, à la porte d'entrée.
118 BIBLIOORAPHIE.
Les subsistances sont toutes tirées de la vilJe, le pain seul est fait à l'établissement.
Budget en 1880 i Recettes 38,039 couronnes 35 œres 53,255 fr.). (résumé) ( Dépenses 90,341 couronnes 18 œres (i!f6,478 fr...
P. KÉRAVAL. (A suivre.)
1. Leçons cliniques sur les maladies du système nerveux; par Thomas Buzzard. Londres^ Churchill, 1882, in-8<».
Ce livre, ainsi que l'indique le titre, n'est pas à proprement parler un traité didactique des maladies du système nerveux, c'est plutôt une série d'études sur quelques points spéciaux de telle ou telle de ces maladies. L'auteur n'a pas cependant laissé tout à fait de côté les généralités; mais il n'y a eu recours qu'autant que cela était nécessaire pour la démonstration qu'il avait en vue.
Les deux premières leçons sont consacrées à l'étude des réflexes tendineux, aux précautions à prendre pour les rechercher et à leur sipnication au point de vue séméiologique. Quant à leur nature, M.Buzzard admet, malgré les opinions contraires d'un certain nombre d'auteurs (notamment en Angleterre), que les phénomènes tendineux sont d'origine réflexe. Envisageant le signe du tendon rotulien dans le tabès, il insiste sur l'absence de contraction, et lui oppose la facilité avec laquelle, au contraire, se produit dans cette maladie la contraction idiomusculaire par la percussion du corps même du triceps fémoral ; ce phénomène devrait être attribué à l'étal d'irritation où se trouvent les cornes postérieures, et serait assez analogue au tic convulsif qui accompagne les névralgies du trijumeau.
C*est d'ailleurs le tabès qui semble être, dans ce livre, l'objet favori des études de M. Buzzard, ainsi qu'on pouvait le prévoir par les nombreuses et intéressantes publications qu'il a faites antérieurement sur cette maladie.
Pour faire le diagnostic de tabès, il n'est pas besoin qu'un malade présente dans toute son extension le tableau clinique de l'ataxie
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locomotrice, quelques symptômes sufnsent, et, en dehors de tout autre trouble nerTcux, la coïncidence deFabolition du réflexe rotu* lien avec la présence de douleurs à caractère spécial permet d'établir ce diagnostic d'une façon certaine.
Un des symptômes précoces du tabès observé et décrit d'une façon très fine est un trouble spécial dans les fonctions des membres inférieurs sans aucun rapport avec Tataxie elle-même; le malade étant en train de marcher, tout d'un coup, sans qu'il éprouve de douleur, sans que rien le prévienne, il tombe ; il n'a d'ailleurs le plus souvent aucune peine pour se relever et peut rentrer à pied chez lui. Que s'est-il passé? ses jambes ont simplement fléchi sous lui sans qu'il s'y attendit, il y a eu «giving way of the legs ».
Il est un autre symptôme, les arthropathies, dans l'étude duqael l'auteur apporte des observations et des opinions toutes personnelles; sur un relevé de quarante-huit cas d'arthropathies labétiques épars dans la science, neuf lui appartiennent, c'est dire qu'il a été Fun des premiers fà vulgariser en Angleterre la connaissance de cette singulière affection. — Dans cette statistique de quarantehuit cas, M. Buzzard fait remarquer que vingt-quatre fois (pour ne parler que des cas où il en est positivement fait mention), il y aea coïncidence de crises gastriques et que celte fréquence ne doit pas, selon toute probabilité, être purement fortuite mais cacher une relation plus intime. — Or, dès 1880, et plus récemment encore, s'appuyant sur les cas de M. Pierret, où les faisceaux cunéiformes en relation immédiate avec le noyau du pneumogastrique étaient altérés, l'auteur avait émis l'opinion que les crises gastriques dépendent d'une irritation du noyau du pneumogastrique. Etant donnée cette localisation pour les crises gastriques, c'est à une lésion voisine de celle-ci, c'est-à-dire aune lésion bulbaire qu'il faudrait rapporter les arthropathies, vu la coïncidence si fréquente de ces deux symptômes.
Signalons aussi le chapitre relatif à l'influence de la syphilis sur l'apparition du tabès; dans une statistique personnelle de cent tabétiques, quarante-cinq fois seulement l'existence antérieure de maladies vénériennes a été constatée, et encore la nature syphilitique de celles-ci n'était-elle pas toujours très certaine; aussi, sans nier la fréquence de Tassociatioa de ces deux maladies, faut-il avouer que nous ne sommes pas actuellement en état d'indiquer quels sont au juste les rapports qu'elles ont entre elles.
Ce n'est pas d'ailleurs le seul passage de ce livre où il soit question du rôle de la syphilis sur le système nerveux ; dans la leçon XVi l'auteur rapporte plusieurs cas de somnolence prolongée dans la syphilis cérébrale, il rattache ce phénomène à des lésions artérielles et insiste sur l'influence du traitement; c'est surtout encore au point de vue des bons résultats obtenus par le traitement spécifique qu'il étudie la névrite syphilitique, et aussi au point de vue
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de rimportance qu il y a à ne pas la confondre avec les douleurs rhumatismales.
Dans la leçon XVIII se trouvent consignées plusieurs observations de paralysie rapide et presque généralisée, semblant être sous la dépendance de la syphilis, et caractérisés par la perte de la sensibilité, des douleurs, Tabolition des réflexes tendineux et la paralysie motrice ; l'auteur rapproche ces paralysies de celles qui s'observent à la suite de la diphthérie; il pense que ces phénomènes ne peuvent s'expliquer que par une altération de toute la substance grise, ou par une méningite assez étendue pour comprimer à la fois les racines antérieures et postérieures des nerfs périphériques.
Quant à l'hystérie, elle est surtout étudiée au point de vue de la ressemblance de quelques-unes de ses manifestations avec différentes maladies organiques du système nerveux {nervous mimicry de James Paget); dans aucun cas de paralysie hystérique^ l'auteur n'a observé l'abolition des réflexes, c'est là une donnée importante puisqu'à elle seule, elle exclut du diagnostic'un certain nombre d'affections organiques; cependant le réflexe tendineux pourrait disparaître dans les cas de paralysie prolongée du triceps fémoral. — Dans un cas, la paralysie d'un côté de la face aurait été observée. A propos du traitement, nous relevons cette pensée aussi juste qu'originale : « On ne peut guérir une manifestation hystérique tant que l'on a des doutes sérieux sur sa nature ».
L'hystérie est d'ailleurs proche parente de la tétanie, et dans celle-ci Thyperexcitabilité des nerfs serait fort analogue à celle signalée par M. Charcot dans la première de ces affections; quanta la physiologie pathologique de la tétanie, M. Buzzard rappelle l'opinion de H. Jackson, d'après laquelle le cerveau serait le centre des mouvements spéciaux et déterminés, tandis que le cervelet serait le centre des mouvements continus, lorsque l'action du cerveau serait empêchée, le cervelet, privé d'antagonisme, agirait seul, et donnerait naissance à une contraction continue des muscles (tétanie, athétose, etc.).
Une des dernières leçons est consacrée à l'action des vésicatoires circulairement appliqués (encirching hlisters) dans l'épilepsie; c'est là une méthode qui appartient en propre à l'auteur et qu'il est intéressant de connaître. Dans le relevé des résultats que lui ont fourni les vésicatoires circulairement appliqués au niveau du membre qui est le siège de l'aura épileptique, il s'en faut que dans tous les cas, les attaques d'épilepsie se soient trouvées supprimées, mais presque toujours il y a eu un transfert, soit sur le membre du côté opposé, soit sur l'autre membre du même côté (de la jambe au bras et vice versa), 11 est fort rare d'ailleurs que ce moyen thérapeutique n'amène pas une perturbation dans le siège de l'aura. — Ces faits avaient déjà appelé l'attention de l'auteur et avaient fait l'objet de publication en 4868 ; depuis il a ob-
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serve des résultats concordants, et il n'hésite pas à les rapprocher des phénomènes de transfert décrits par II. Charcot; il pense, avec M. Vulpian, que certaines excitations périphériques déterminent un état spécial des centres corticaux correspondants, et a cherché à utiliser cette action, soit pour modifier l'état des circonvolutions dans Tépilepsie, soit pour provoquer la suppléance dans les cas de destruction des circonvolutions.
Les limites de cette analyse ne nous permettent pas d'entrer dans le détail des chapitres consacrés à la paralysie saturnine, à la paralysie cervicale, à la paralysie infantile, à la poliomyélite antérieure, à la paralysie agitante; mais à propos de cette dernière, nous ne pouvons nous empêcher de signaler une paf?e pleine d'originalité et d'humour sur le ton de fausset {piping voice) des paralytiques agitants ; c'est, dit l'auleur, un ton de voix tout à fait analogue à celui que prennent les acteurs pour représenter les vieillards et comme, en réalité, les'vieillardsque nous rencontrons tous les jours ne parlent pas ainsi, il est fort probable que l'acteur qui a créé ce type avait pris pour modèle un individu atteint de paralysie agitante.
Plusieurs figures jointes au texte, et de nombreuses observations inédites qui sont, elles aussi, comme autant d'illustrations, ajoutent encore à la clarté de cet ouvrage. P. Mabie.
II. Uecherches cliniques et thérapeutiques sur Vépilepsie, l'hyatérie et Vidiotie; par Bournevillk, Dauge etBaicoN. (Publications du Probes w^dica/, 1883.)
Tel est le titre sous lequel vient de paraître pour la troisième fois (i88i-188i-1 883) une publication intéressante à plusieurs points de vue, et qui, tant par les matériaux qu'elle contient que par sa nature spéciale, mériterait une place plus étendue que celle dont nous pouvons disposer ici; ce que nous nous proposons surtout, c'est de la signaler à l'attention de nos lecteurs, et pour cela nous allons» à l'occasion du plus récent de« ces volumes, rappeler brièvement le contenu de ceux qui font précédé.
Mais avant d'apprécier le détail de cette publication, nous dirons quelques mots de son ensemble, et de la méthode qui a présidé à son développement. Ces trois volumes constituent, ainsi que l'indique le sous-titre, un compte rendu du service des épileptiques et des enfants idiots et arriérés de Bicétre pendant ces trois dernières années; c'est-à-diro que les différents cas observés pendant un an (surtout ceux suivis d'autopsie) sont réunis, groupés ensemble dans un volume et que le lecteur se trouve ainsi mis au courant du fonctionnement du service pendant toute une année.
C'est là une tentative que Ton ne saurait trop louer, car M. Bour.ievrlle et ses collaboraleurs ont fait œuvre d'initiative et
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de progrès ; il serait à souhaiter que leur exemple fût suivi dans tous les services hospitaliers de Pans, car des publications de ec genre sont tout à fait exceptionnelles chez nous, alors que dans les autres pays, elles sont en usage depuis lonf!iemps déjà et rendent les plus grands services (S. George' s Uosp. Bfiports:^ S. Bartholomeio's Hosp, Reports; — Charité Annalen de Berlin. — Recueils suédois et danois analogues, etc.^ etc.). — Que Ton veuille bien se représenter un instant chacun des chefs de service de l'Assistance jmblique publiant tous les ans la statistique et les observations des malades soignés dans son service pendant Tannée, et l'on comprendra toute l'importance de l'œuvre de M. Bourneville.
Si, maintenant, nous entrons dans le détail, nous trouvons dans chacun de ces volumes une variété de cas pathologiques à laquelle on est loin de s'attendre, d'après l'idée que Ton se fait généralement d'un service d'épileptiques et d'enfants idiots ou arriérés.
C'est ainsi que, en 1881, nous trouvons une observation très intéressante de maladie bleue avec autopsie minutieusement décrite à laquelle fait suite un relevé des cas analogues publiés par d'autres auteurs. — Une observation de cré/tm'sme avec mya?œdèmif*. — Un cas d'hystérie chez un garçon de treize ans qui a présenté avec ses principaux caractères le tableau de l'hystéro-épilepsie, périodes épileptoîde, clonique et délirante pendant les attaques, hémianesthésie, zones hystérogènes, etc. Plusieurs autopsies faites chez des idiots ,et montrant des lésions cérébrales et méningées plus ou moins étendues et profondes.
En 1882, nombreuses notes et observations sur Tidiotie et Tépilepsie avec résultats divers d'autopsie. Observation d'hystéro-épilepsie chez un jeune garçon où se retrouvent encore les principaux phénomènes de la grande hystérie : hémianesthésie, zoues hystérogènes, etc. Un cas d'arthropathies chez un ataxique. Les auteurs considèrent les lésions articulaires comme de nature rhumatismale, vu l'aspect des surfaces osseuses et de la synoviale. — Une intéressante relation de l'épidémie de rougeole qui envahit la section des enfants dans les premiers jours de janvier 1881.
En 1883, en outre des observations d'épilepsie et d'idiotie, contingent ordinaire du service, et d'un nouveau cas d'hystéro-épilepsie chez un jeune garçon, nous trouvons un certain nombre de recherches sur les agents thérapeutiques employés contre l'épilepsie : bromure d'or, hydrothérapie, bromure d'éthyle, emploi de l'aimant dans l'épilepsie. — Nous ne pouvons, à notre grand regret, donner une analyse de chacun de ces différents chapitres qui contiennent de précieux renseignements sur la valeur thérapeutique de ces divers agents.
11 faut nous borner aussi à une simple mention de la partie qui, dans chaque volume, est plus spécialement consacrée aux renseignements d'administration médicale du service, et à la statistique
proprement dile. ^Résaltai^ obtenus dans les écoles hospitalières, vaccinations, traitement moral, hydrothérapie, service dentaire, etc. Tout cela est si précis, si complet, qu'il semble que l'on assiste au fonctionnement de la division des idiots et épileptiqucsde Bicêtre, et que Ton est au courant du service presque autant que M. Bourneville lui-môme, ce qui n'est pas peu dire. P. M.
111. L'S aliénés en Italie. — Etablissements qui kvr sont consan-é*. — Organisatiwi de renseignement des maladies mentales et nervewfes; par Billod, médecin en chef, directeur honoraire des asiles d*aliéués de la Seine.
Chargé d'une mission qui lui avait été confiée par le ministre de l'instruction publique à l'effet d'étudier en Italie l'organisatiou de renseignement des maladies mentales et nerveuses, M. Billod reproduit, sous forme d'instruction, le rapport qu'il a rédigé à ce sujet, rapport qui, ainsi que tout le reste du livre, confirme la sagesse du choix ministériel pour une telle mission.
L'anteur examine l'organisation du service des aliénés, au point de vue administratif, puis médical, en insistant sur l'enseignement delà médecine mentale.
En opposition avec un précédent voyage qu'il avait fait en 1846 dans les mêmes localités, il constate pourtant un progrès; T&uteur fait remarquer qu'il n'existe pas encore de loi générale sur les aliénés pour l'Italie uuiûée et.constate avec regret le manque d'un inspectorat général pour tous les établissements ; ce rouage parait inutile en Italie; il signale aussi le manque, dans ce pays, d'un établissement analogue à celui de Charenton.
Sur les vingt et une universités italiennes, neuf ont des chaires de pathologie mentale, sept des cours libres. Les professeurs sont divisés en ordinaires, extraordinaires et chargés de cour. Les professeurs ordinaires sont nommés par le roi, sur la proposition du ministre après concours sur titre. Le principe de la nomination au concours tend maintenant à prévaloir pour les fonctions de médecin-directeur. Ainsi récemment à Rome, ce fonctionnaire qui était autrefois nommé directement par le pape a été nommé à la suite d'un concours.
L*auteur entre ensuite dans l'examen détaillé de chacun des établissements spéciaux et n'omet aucun détail ; ce livre constitue ainsi un recueil précieux de renseignements sur l'historique, le personnel, les maladies, les usages des établissements. Nous citerons plus particulièrement : l'organisation de chroniques (manicômede Gênes, de Saint-Lazare à Reggio), organes de communication entre les divers manicômes, la création d'un cadran dans le cabinet de la direction avec appareil téléphonique communiquant avec toutes les parties de l'établissement (à Reggio) ; un contrô-
leur électrique pour s'assurer du service des infirmiers de nuit, sans que ceux-ci soient obligés de quitter leur salle (même établissement), une sonnerie d'alarme en cas de suicide au manicôme de Vienne, une société pour les infirmières impotentes au manicôme di Santa Maria d'fraolajes sorties d'essai d*unroois au manicôme de Brescia. Au manicôme de Voghera les aliénés delaclasseindigente, mais appartenant à un milieu social plus élevé que le commun des aliénés de leur classe, sont placés dans une classe supérieure. Enfin Tauteur termine par des considérations statistiques, donnant un aliéné pour 1,634 habitants pour moyenne de Tltalie, signalant la Sardaigne comme possédant le moins d'aliénés et l'Emilie le plus, montrant la pellagre inconnue en Sicile, en Sardaigne et dans le Napolitain, répandue dans la Vénétie, montrant la fréquence de la folie alcoolique dans les haute et basse Italie, de la folie hystérique et puerpérale en Vénétie, de la folie alcoolique en Toscane. Charpentier.
IV. Etude sur ta méninffUe tuberculeuse de l'adulte. — Les formes anormales en particulier; par H. Chantemessk, interne lauréat des hôpitaux de Paris. Paris, 4884. Bureaux du Progrès médical, et A. Delahaye et Lecrosnier, éditeurs.
La méningite tuberculeuse présente généralement, chez Tenfant, une évolution presque cyclique dont les principaux traits fixés par R. Whytt (1768) ont été reproduits par tous les auteurs. Ce qui est la règle chez Tenfant devient Texception chez Tadulte, et la méningite tuberculeuse des jeunes gens et des hommes faits est soumise à des anomalies qui en rendent le diagnostic très difficile.
Tantôt c'est une apoplexie avec hémiplégie consécutive, simulant rhémorrhagie cérébrale ou le ramollissement ; tantôt c'est une monoplégie ou un monospasme rappelant plus ou moins les symptômes des tumeurs cérébrales; tantôt c'est un délire aigu, sans paralysie, ni convulsions, donnant l'image du délire alcoolique ou de la manie. Tous ces phénomènes si variés, si nombreux, surprenant les individus en pleine santé, sont bien faits pour dérouter les cliniciens, si bien que dans plusieurs observations rapportées par M. Chantemesse, le diagnostic n'a pu être fait qu'à l'autopsie. On jugera par là de Tintérêt que peut offrir une étude basée sur l'examen clinique et anatomique d'un grand nombre d'observations (54) de méningites tuberculeuses anomales de l'adulte. Quand la maladie frappe des sujets déjà tuberculeux par le poumon, quelles que soient les anomalies de la nouvelle localisation de la maladie, l'auscultation lève tous les doutes.
Au point de vue anatomo-pathologique, les recherches de M. Chantemesse sont très importantes; elles démontrent, en effet.
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que dans ces formes anomales de la méningite tuberculeuse (formes convulsives, paralytiques, délirantes, etc.), tout Tappareil syniptonia tique doit être rapporté k des plaques de méningo-sncé' ihalite corticale et non point à des lésions du centre ovale, et des corps opto-slriés, comme on Tavait affirmé dans certains travaux antérieurs. Sous ces plaques de méningite adhérentes à Técorce, on voit la substance des circonvolutions ramollie, diftluente, enflammée^es vaisseaux présentent des altérations considérables, ils sont entourés de petites cellules qui infiltrent la tunique celluleuse des artérioles, la gaine lymphatique et la pie-mère adja* cente ; la tunique interne présente une endartérite très développée, avec un épaississement énorme qui va parfois jusqu^à roblitération complète.
Les lésions cérébrales de la méningite tuberculeuse sont de nature i nilammatoire aussi bien dans la substance blanche que dans la substance grise, mais ce n*est pas de Tinflammation franche et suppurative, c'est de V encéphalite subaigui. Ce processus est bien inflammatoire et non nécrobiotique parce que les lésions consistent dans une tuméfaction des cellules de la névroglie avec multiplication des noyaux et finalement état vacuolaire et destruction de ces cellules. Ainsi se forme^ d* après M. Chantemesse, un ramollissement inflammatoire. Pour rendre la démonstration plus complète, Tauteur a examiné histologiquement un ramollissement cérébral récent et un ramollissement ancien; dans ces deux cas, les lésions observées diflfèrent complètement de celles qui caractérisent la méningo-encéphalite tuberculeuse.
Après avoir ainsi décrit, avec le soin qu'elles méritent, les lésions corticales^ M. Chantemesse aborde le diagnostic des formes anomales qu'il a si bien étudiées. Reprenant sous forme de conclusions, Tétude de ces formes, il les ramène à quatre types différents : l» la forme latente qui s'observerait chez les cachectiques et les poitrinaires et se démasquerait tout à coup pour aboutir rapidement, après les convulsions ou le délire, au coma mortel; t^ la. forme délirante qui présente deux variétés : le type aigu, dont la terminaison mortelle est rapide et rarement retardée jusqu'au quinzième ou vingtième jours, le type chronique durant une ou plusieurs années; S® la forme 5ptna/c qui simule parfois l'évolution d'une myélite ascendante, jusqu'au jour où des accidents céphaliques viennent assurer le diagnostic; io \a forme hémiplégique avec ou sans aphasie, suivant le siège de \SLplaque de méningo-encéphalite. Tels sont les principaux traits de l'excellente thèse inaugurale de M. Chantemesse; on voit, par cette courte analyse, que ce travail marque un réel progrès dans Tétude d'une des localisations les plus importantes de la méningite tuberculeuse. J. Gombt.
Accidents cérébraux au début de la pneumonie chez les enfants ; par Saubost. Thèse de Paris, 4884.
De la spermatorrhée ; par Malécot. Thèse de Paris, i884.
De l'ergotisme dans le diabète sucré; par Ruyssen. Thèse de Paris J 884. ^
Contribution à V étude du rôle étiologique de la ménopause; par f Jacquemart. Thèse de Paris, 4884.
v)e la mort rapide par œdème cérébral chez les vieillards atteints de\éphrite interstitielle; par Deschand. Thèse de Paris, 4884.
Uk positivisme en médecine par la fonction nerveuse^ nervisme; par I. Rivière. Thèse de Paris, 4884.
Etude sur quelques points de la méningo-m^yélite expérimentale; par J. Dagonet. Thèse de Paris, 4884.
Contribution à Vétude du centre moteur cortical du membre inférieur; par C. Prévost. Thèse de Paris, 4884.
Recherches expérimentales sur l'excitabilité électrique des circonvolutions cérébrales et sur la période d'excitation latente du cerveau ; par H. Crosnier de Varigny. Thèse de Paris, 4884.
Matériaux pour servir à l'histoire du traitement de Véclampsie puerpérale; par Gbambert. Thèse de Paris, 4884.
De la chorée pendant la grossesse; par P. Hervé. Thèse de Paris, 4884.
nécrologie. — Nous avons le regret d'annoncer la mort de notre ami, le D'Blondeau, secrétaire de la direction du Progrès médical : il était Fauteur d'une excellente thèse ayant pour titre : Etude clinique sur le pouls lent permanent avec attaques syncopales et épileptif ormes (4879).
— M. Sémerie, un des écrivains les plus distingués de Técole positiviste, est mort samedi 3 mai, à Grasse. Sa thèse (to juillet 4867) sur les Symptômes intellectuels de la folie fut une de celles qui, eurent Thonneur d'être signalées et dénoncées à la vindicte impériale et cléricale par Dupanloup. — Au moment de paraître, nous apprenons la mort, à Tâge de quatre-vingts ans, de Tun des médecms aliénistes les plus distingués de notre époque, M. le
FAITS DIVBRS. 1:^7
D' MoREAU (de Tours), médecin de la Salpé trière. Nous espérons que l'administration fera, ayant la fin de Tannée, un concours pour la nomination à la place devenue vacante.
Asile d'aliénés de Rknnes. — En vertu d'une loi que vient d'adopter le parlement, le département d'Ile-et-Vilaine vient d'être autorisé à contracter un emprunt de 600,000 francs applicable au remboursement de la dette de l'asile d'aliénés de Rennes et à divers travaux à exécuter dans cet établissement.
Commission de la rage. — Le ministre de Tinstruction publique et des beaux-arts, Vu la lettre du 47 mai 4884. par laquelle M. Pasteur a demandé la nomination d'une commission spéciale chargée de contrôler ses expériences sur la prophylaxie de la race. Arrête : Sont nommés membres de la commission chargée de contrôler les expériences de M. Pasleur sur la prophylaxie de la ra^e : MM. le D' Béclard, secrétaire perpétuel de l'Académie de médecine, doyen de la faculté de médecine de Paris, professeur de physiologie à la même faculté ; — Paul Bert, membre de l'Institut, professeur de physiologie générale à la faculté des sciences de Paris ; — Bouley, membre de l'Institut, professeur de pathologie comparée au Muséum d'histoire naturelle; — le D' Villemin, membre de l'Académie de médecine, professeur de clinique médicale à Técole d'application de médecine et de pharmacie militaires de Paris; — le D' Vulpian, membre de l'Institut, professeur de pathologie compa;rée et expérimentale à la faculté de médecine de Paris; — Tisserand, conseiller d'Etat, directeur au ministère de Tagriculture.
Nominations. — M. le D' Rio vient d'être nommé médecin du quartier des aliénés de l'hospice d'Orléans.
Académie royale de médeqne de Belgique. ~ Extrait du programme des concours. — 1882-4 88.5. Étudier l'influence du système nerveux sur la sécrétion urinaire, en se basant spécialement sur des recherches personnelles. Pria? ; 800 francs.
Conditions des concours. — Les mémoires, lisiblement écrits en latin, en français ou en flamand, doivent être adressés, francs de port, au secrétaire de l'Académie, à Bruxelles. Seront exclus des concours : !• les mémoires qui ne rempliront pas les conditions précitées; 2» ceux dont les auteurs se seront fait connaître directement ou indire/>.tement ; 3<^ ceux qui auront été publiés, en toutou en partie, ou présentés à un autre corps savant ; 4» ceux qui parviendront au secrétariat de la Compagnie après l'époque fixée. L'Académie exige la plus grande exactitude dans les citations ; les
coucurieiits sont donc tenus d'indiquer les éditions et les pa^es des livres auxquels ils les emprunteront.
Les mémoires doivent porter une épigraphe répétée sur un pli cacheté renfermant le nom et l'adresse des auteurs.
Le pli annexé à un travail couronné est ouvert en séance publique par le président, qui proclame immédiatement le lauréat. Lorsqu'une récompense seulement est accordée à un mémoire de concours, le pli qui y est joint n*est ouvert qu'à la demande de Fauteur. Cette demande doit être faite dans le délai d'un an. Après l'expiration de ce délai, la récompense ne sera plus accordée.
Le manuscrit envoyé au concours ne peut être réclamé; il est déposé aux archives de l'Académie. Toutefois, l'auteur pourra toujours, après la proclamation dui résultat du concours, faire prendre copie du travail, à ses frais, lorsqu'il aura fourni au secrétaire de ta Compagnie la preuve que ce mémoire est son œuvre.
L'Académie accorde gratuitement aux auteurs des mémoires dont elle a ordonné l'impression cinquante exemplaires de ces travaux, tirés à part, et leur laisse la faculté d'en obtenir un plus grand nombre à leurs frais.
MoRPBiOMANiE. — Daus la séance de l'institut d'Alexandrie du 9 mai courant, le D" Abbate pacha, a parlé de la morphiomanie en Egypte, surtout parmi les grandes dames des harems. Il a démontré les inconvénients des injections sous-cutanées de morphine au point de vue physique el moral. {Phare d* Alexandrie du iO mai.
— Le D^ Hinkley publie dans New-York médical Journal^ l'observation d*une morphiomane qui en est arrivée à des doses véritablement fantastiques. Cette dame absorbe en injections souscutanées : dans les 24 heures, 85 grains de sulfate de morphine, soit 5 gr. 50; elle présente comme symptômes: de la chute des cheveux, une constipation opiniâtre, de l'anorexie, un sommeil irrégulier, des troubles du caractère et un abaissement de la température assez marqué. Elle est elle-même effrayée de son état et cherche à se débarrasser de cette infirmité, mais jusqu'à présent elle a résisté à tous les moyens que les médecins lui ont proposé pour la guérir de cette mauvaise habitude.
RÉCOMPENSE HONORIFIQUE. — Le D^ Fabre, médecin de l'asile public d'aliénés de Saint-Lizier, vient d'obtenir une médaille d'honneur de seconde classe pour son courageux dévouement dans plusieurs incendies.
Le rédacleur-gérant^ BouKintvu.LE.
C«r»ui. Ch. UwiiftMiir. iiu^. -> 7g4,
Vol. Vlir. Septembre 1884. N« 23.
CLIINIQUE NERVEUSE