‹ Archives de neurologie (volume 3)Chapitre 9 sur 39 · VI. Contribution A la question de la simulation des troubles · texte numérisé non relu

VI. Contribution A la question de la simulation des troubles

psychiques; par F. Siemens. [Arch, f.Psych., XIV, 1.)

L'origine des troubles psychiques et l'observation dans un asile pendant au moins six semaines, tels sont les éléments qui doivent permettre à l'expert de décider s'il y a ou non simulation ; l'évolution des symptômes et leur mode d'enchaînement valent même mieux que l'aveu arraché au malade ou à celui qui se dit tel. Cest cette méthode qui permit à M. Siemens de déceler la simulation dans les trois observations qu'il rapporte. Dans la première, il s'agit d'un homme brutal, querelleur, irascible, accusé d'une tentative de meurtre, qui feignit successivement la fureur maniaque avec désordre dans les idées, la surdi-mutité, des hal-

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lucÎDatioDs sensorielles. Les conditions dan^ lesquelles se manifestaient ces prétendus troubles, l'ostentation misi» par Tinculpé à les étaler, le défaut de méthode dans leur enchaînement perdirent le simulateur. La seconde observation concerne un professeur, coupable de faux, qui, en se faisant passer pour lypémaniaque, espérait échapper à une condamnation et quitter plus tard Tasile comme s'il était guéri. Ici Timilation était parfaite. Seuls les motifs de la dépression psychique n'étant pas pathologiques, Tentité qu'on a sous les yeux est vicieuse; un examen plus approfondi laisse percevoir des côlés faibles. Le troisième cas a trait à un jeune homme qui simule la stupeur, mais ce qu'il est incapable d'imiter, ce sont les troubles vaso-moteurs et trophiques, la dépression profonde, véritable, qui isole complètement le malade du monde extérieur. Telle est l'essence des faits et idées publiés par M. Siemens. P. K.

YIl. Les RAPPORTS annuels sur les asiles d'aliénés ; par J.-L.-A. Koch. {Allg. Zeitsch f. Psych., XXXIX, 2 et 3.)

L'auteur s'élève contre la routine des comptes rendus administratifs moraux et médicaux de chaque année. 11 ne voudrait paF voir répéter tous les ans l'histoire de rétablissement. Une fois qu'un premier tableau a été tracé, il faudrait se borner à consigner les événements qui font époque dans la vie de l'asile. Au lieu d'une statistique banale et bourrée de chiflfres, et par suite fastidieuse, on devrait rapprocher des divers éléments de la population générale du pays considéré, les nombres qui concernent le mouvement delà population de l'asile. M. Koch souhaite donc que de tous les asiles d'aliénés et d'idiots partent : i^ des rapports historiques sur l'asile envisagé, mais à des intervalles de temps mesurés d'après l'importance des événements, où prendraient place les indications correspondantes; — 2" des rapports statistiques annuels limités à l'étude de quelques points, qui s'occuperaient simplement du nombre des places, du nombre des malades au début de l'année, du chiffre des arrivées pendant l'année, des vides occasionnés par la mort, des transferts, des renvois : détails suivant les formes d'aliénation mentale, les sexes, les religions, les classes sociales, etc.. Un état des dépenses et des recettes compléterait heureusement ce factum. P. K.

VllI. Contribution a la situation PArrB par les juges aux experts en matière de médecine légale criminelle ; par Neumann. {Allg* Zeitsch. f. Psych., XXXIX, 5.)

Entre la prétention de revendiquer une influence décisive, exclusive, et la plainte trop bien fondée de n'en avoir aucune, il

existe un terme moyen. C'est ce terme moyen dont M. Neumaan serait à juste titre heureux qu'on réclamât l'application. Voici ce qui lui est arrivé. Appelé à faire un rapport au sujet d'un inculpé préalablement examiné par un confrère, il se trouve en contradiction avec celui-ci; il est évident que l'équité imposait, dans l'espèce, au magistrat le devoir de faire intervenir un troisième arbitrage. Or il n'en fit rien. Si nous en jugeons par le genre du fait, cette légèreté juridique est impardonnable. En effet, il s'agit d'un jeune étudiant en droit, qui, dans un embarras d'argent, comme on va le voir, minime^ vole à l'un de ses camarades, quatre-vingts francs de livres, à l'autre un microscope de cent cinquante francs, et qui va vendre le tout quinze francs. Or, l'enquête montre d'abord que le père du jeune homme lui fournissait une pension convenable, que ce dernier pouvait trouver un large crédit partout, et en particulier chez des amis, qu'il a éprouvé jadis des crises d'épilepsie vertigineuse. L'interrogation prouve que le coupable ne se rend pas bien compte de la gravité de son acte, et qu'il fait preuve d'une apathie, d'une nullité intellectuelle et d'une lenteur dans les conceptions psychiques, témoignant d'un profond affaiblissement mental : la niaiserie dans l'exécution du larcin est par elle-même topique. P. K.

IX. Contribution a l'étude des maladies intercurrentes chez les

ÉPiLEPTiQu ES bromures; par M. P. Le Gendre.

L'observation qui fait l'objet de ce travail semble démontrer, d'une part, que, chez les épileptiques bromures, les affections fébriles prennent souvent la marque de la fièvre typhoïde, et, d'autre part, qu'il faut se hâter de reprendre le bromure, lorsqu'il a été suspendu par le fait d'une maladie aiguë, parce que les attaques reparaissent avec une fréquence et une intensité d'autant plus grandes qu'elles ont manqué plus longtemps. {France méd.^ 4882, t. II.) G. D.

X. Voracité entretenue chez une idiote épileptioue par la présence d'un tœnia. Mort par hémorrhagie méningée; par M. Le Gendre.

Une malade du service de M. Legrand du SauUe, idiote et épiieptique, mourut subitement. L'autopsie démontra que la mort devait être attribuée à un vaste épanchement sanguin qui s'était produit entre la dure-mère et l'arachnoïde. En outre, l'estomac de cette malade était dilaté et rempli d'un kilogr. de lentilles non digérées; les efforts inutiles de vomissements provoqués par cette masse alimentaire paraissent avoir favorisé la production de Thémoi rhagie sus-arach noïdien ne. (France méd., 1882; t. II.) G. D.

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XI. CONTRIRUTIOX A LA CA><Uï-^TigUE UB LA KHUE INDUtTIS foll** H doUX l

par G. Lehmann. {Arch, f. Psych„\{\^ I.)

Les cinq observations de folie communiquée prises à Tasiie de Sarreguemines mettent en évidence que, dans la genèse de la maladie, il faut attribuer une grande valeur aui causes prédisposantes, tellesque lesexe(dans tous ces cas. il s*a^issait de femmes), les chagrins préalables (amour, maladie du mari, position compromise', rhérédiié névropathique ou psychopathique, le défaut de résistance constitutionnelle par suite d'une affection congénitale (tempérament), ou acquise (anémie, affection cardiaque), Tépoqae des règles, l'existence d'une tare psychique ou cérébrale au moins latente, se traduisant, aux yeux d'un médecin exercé, par un caractère mal pondéré, bizarre, instable, indifférent à l'excès, des céphalalgies opiniâtres et fréquentes, une émotivité exagérée, des troubles de la mémoire, des convulsions pendant les premières années de la vie, de l'hyperexcitabilité, un accès de manie antérieur, de l'insuffisance intellectuelle notoire. La constatation de plusieurs de ces éléments, un peu avant l'explosion de la folie communiquée, affaiblit considérablement l'opinion par trop idéale de la transmission de la psychose. P. K.

XII. Dh: l'akfaiblissembnt psycbiquk; par E. Krcepklln. (Arc/i. A P.sycA.,XIII, 2.)

Ce mémoire représente une étude de psycho-physiologie pathologique, basée sur les principes de psycho-physiologie normale, que Wundt a tracés dans son livre intitulé : Grundzùge der pkysiologischen Psychologie (1880). Comme il ne s'agit pas d'un travail clinique et que l'auteur ne fournit pas d'observation à l'appui de ses assertions, une analyse ne saurait être que la répétition inverse des propositions de Wundt. Or, celles-ci sont connues ; qu'on en imagine la réciproque. Voici d'ailleurs comment M. Krœpelin termine son étude: a Nous nous garderons, pour le moment d'entrer plus avant dans le détail de ces spéculations, jusqu'à nouvel ordre peu fructueuses. Le but que nous poursuivions était de présenter une simple considération psychologique de l'ensemble des points qui caractérisent partout où on le rencontre le complexus symptomatique très connu, mais encore peu étudié de l'affaiblissement psychique. » P. K.

XIU. Un cas d'auto -accusation probablkmknt faussk d'un aliéné ; par C.-E. Hœstisirmann. (Jahrbuch f. Psych.y IV, 2 et 3.)

Quand un individu s'accuse, on doit rechercher très exactement

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les motifs de cette déclaration, car il n*est pas rare qu'un trouble psychique préside à de prétendus aveux. Tantôt il s*agit réellement d'un délit commis par le personnage, mais que, dans la plupart des cas, il exagère. Tantôt, ce qui est aussi fréquent, il prend à sa chai'gedes actes délictueux ou criminels exécutés par d'autres. Ou bien enfin, il invente de toutes pièces une accusation contre lui. L'aliéniste a par conséquent à se demander si Tauto-accusation n'est pas un symptôme de perturbation mentale. Dans le cas en question, on ne trouvait aucun point de repère à l'appui de la culpabilité du sujet. Mais les circonstances extérieures ne permettaient pas de décidera quel point les indications du pénitent étaient réelles. Il était donc naturel de conclure à l'existence d'une auto- accusation fausse. Jadis l'inculpé volontaire avait été fou; c'était un motif de plus pour sauvegarder ses intérêts matériels et moraux. La tâche n'était cependant pas sans difficultés à cause de la précision apparente des détails fournis par le malheureux ; chacun le croyait volontiers, et cela d'autant plus que l'enchaînement des faits participait d'une logique que refuse l'opinion publique aux aliénés. D'un autre côté si, le criminel étant reconnu irresponsable comme psychopathe, on admettait qu'il avait iwcendi(^, on le faisait considérer comme aliéné dangereux, et enfermerde par l'autorité, alors qu'aujourd'hui, tout en spécifiant les mesures de prudence habituelles, on a pu le rendre à sa famille. La discussion du rapport ne se plie pas k une analyse, il faudrait la copier. P. K.

XIV. Pression cérébrale et psychose consécotives a une synostosb

PRÉMATURÉE DES SUTURES CRANIENNES; par M. LeIDESDORF. (Jukr-

bûch. f. Psych., IV, 2 et 3.)

Gudden a, de par ses expériences, prétendu que, bien qu'il n'existe pas de sutures crâniennes, la boîte crânienne augmente de capacité ; M. Leidesdorf vient, grâce à deux observations, montrer que, dans certaines conditions, l'amplificaMon du contenant n'est pas proportionnelle à l'augmentation de la masse encéphalique, lorsque les sutures s'ossifient prématurément. Dans son premier fait, il nous met en présence d'une fillette de dix-neuf ans, indemne de tare héréditaire, jouissant d'une intelligence normale, qui, à la suite de suppression menstruelle, présenta successivement de violentes céphalalgies, de la mauvaise humeur, de la lassitude, de la somnolence, des hallucinations et de la diminution de l'odorat, de la confusion dans les idées, de la congestion céphalique et faciale, de la torpeur pupillaire à l'égard de la lumière. Le nez est le siège de Téconlement prononcé d'un mucus clair. Enfin l'on constate du délire des actes, de la stupidité, du gdtisme, et.

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daus les cinq derniers jours, du so|»or avec dilalation des pupilles, tremblements musculaires ; à ce momonl, P. filiforme «• tOO à 120. L'autopsie décèle la soudure dessutures coronaire, sa|;ittale, larabduîde, l'usure de la table interne de la voûte crânienne sous forme de dentelures et de fossettes rugueuses, la tension avec amincissement de la dure-mère, Taplatissenient et l'anémie des circonvolutions, le rétrécissement des ventricules vides de liquide. Poids de Tencéphale : 1,156 grammes. L'auteur conclut à TexisteDce d'une synostose prématurée, k un âge où \h cerveau n'avait pas encore atteint son développement parfait (moins de vingt ans). Il rappelle, à propos de la céphalalgie, et de la somnolence, les expériences de pathologie expérimentale; il rattache Técoulemenl nasal au reflux du liquide céphalo-rachidien par les lymphatiques de la tète, la ft*équence terminale du pouls A la paralysie du pneumogastrique, la dilatation pnpillaire de la fin à la diminulion de Texcitabilité du plancher de l'aqueduc de Sylvius. L'usure de la table interne témoignerait de l'augmentation de la pression intracérébrale ; elle expliquerait eu même temps, de concert avec la dérivation nasale, la longue innocuité de cette compression ancienne, dont l'origine première nous échappe. — Le second fait concerne encore une jeune fille de dix-neuf ans; les symptômes furent à peu près les mêmes; toutefois, à l'apathie, au mutisme, il faut joindre des vomissements, de l'intermittence du pouls, des attaques épilepti formes : mort dans le coma. L'autopsie ne trahit pas de particularités différentes de celles que nous venons d'enregistrer. L'état du pouls, si frappant dans l'espèce, est- il bien, de même que les allures de la respiration, caractéristique de l'augmentation de la pression intra-crànienne, comme le disent Naunyn et Schreiber ? C'est à l'avenir qu'il appartient de se prononcer. P. K.

XV. Rapport médico-légal sur un cas d'affaibussehbnt psychiquk PRIMITIF (contribution casuistique à l'étude de la folie impulsive) ; par J. Fritsch. {Jahrbàch, f. Psych., IV, 2 et 3.)

Un héréditaire de dix -sept ans, caissier dans une maison de commerce, vient s'accuser d'avoir dérobée son patron une somme de 500 florins, et d'avoir nourri le projet de tuer celui-ci; il préfère, dit-il, se constituer prisonnier pour s'éviter le crime. On trouve, en effet, chez lui un revolver chargé de six cartouches et un couteaupoignard. Mais ses explications, les raisons qu'il allègue sont marquées au sceau de l'imbécillité la plus complète; le patron donne de bons renseignement sur le compte du jeune homme et ajoute que le déficit constaté par lui pourrait bien avoir une autre origine. L'historique détaillé de l'affaire, Tétude de la vie et de

Archivbs, t. VIII. 7

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Tétat mental de Tincuipé, rexamen médical actuel démontrent le bien fondé des conclusions de Fritsch. Il s'agit d'une dégénérescence psychique paraissant avoir pour cause l'hérédité et la prédisposition névropathiqne . Sur ce fond d'imbécillité se sont greffées des impulsions à des actes égoïstes, des conceptions irrésistibles contre lesquelles, le malade, tout en conservant la conscience morale, se sent incapable de lutter. L'irresponsabilité en découle. Le tribunal adopte cette manière de voir. P. K.

REVUE DK THÉRAPEUTIQUE

1. Sur l'emploi drs bains permanents dans le décubitus gangreneux DRs ALIÉNÉS PARALYsÂs ; par G. Reinhard. (A%. Zeitsch, f. Psych,, XXXIX, 3 »).

Il est d'abord évident que quelque soin qu'on prenne d'un aliéné paralysé, gâteux, agité, en proie à des attaques apoplectiformes ou épileptiforrnes, sous Tintluence manifeste de troubles vaso-moteurs et trophiques, ou est incapable d'éviter le développement du décubitus gangreneux; on ne saurait non plus, quelques moyens topiques et hygiéniques que Ton emploie, éviter la progression des accidents, et ses conséquences (phlegmons, destruction organique, pyémie, septicémie, infection ambiante). Or, si vous placez le malade sur un drap formant hamac et que vous le suspendiez, en lui as sujettissant confortablement la tête, les épaules et la nuque (coussin d'air bien fixe), les bras (serviette passée sous les aisselles), dans un bain d'eau à30^ R. additionné de soixante grammes d'acide phénique, pendant des jours, des semaines, des mois (M. Reinhard n'a pas dépassé deux mois), vous observez (dix malades ont été traités avec succès) que, souvent dès les premières vingt-quatre heures, les parties nécrosées se délimitent; l'élimination a lieu en quelques jours et la guérison commence. Cette immersion prévient, calme ou fait disparaître les accidents généraux de tous ordres, apaise l'agitation, relève même Tappétit, empoche l'infection de l'air. Il faut simplement veiller à

• V. Archives de Neurologie, t. VI, p. 284.

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maintenir la température de Teau : en couvrant la baignoire avec une étoffe de laine elle-même revêtue d'une toile de taffetas ciré, on n'aurait à la réchauffer qu'une fois dans les vingt-quatre heures. Enfin on doit changer le maladedebain selon ia quantité de déjections et de déchets organiques de tout genre qu'il a excrétés; il est bon pour toutes ces raisons de se servir de baignoires portatives et de procéder à ce traitement dans une infirmerie spéciale. Conclusion: 4o le décubitus gangreneux affecte une évolution d'autant plus bénigne, d'autant moins aiguS qu'il est plus exclusivement et plus constamment traité sous l'eau ; 2* les contre-indications au traitement par les bains permanents sont constituées par une agitation motrice violente, des convulsions continues graves et les débuts du coilapsus. P. K.

II. Contribution a l'étudb du traitsmicnt os l'kpilkpsiic par lrs

BROMURES ; par le D' Rosrnbach. {McMoger nuse,)

L'auteur veut prouver avec des expériences faites sur les animaux, qu'une dose suffisante de bromure de potassium tantôt diminue, tantôt fait disparaître l'excitabilité de l'écorce, tandis que la substance blanche ne subit point de changement T. Kabn.

III. Observations cliniques suft l'emploi des injections btpodbrmiques

DE strychnine DANS LE TRAITEMENT DE QUELQUES AFFECTIONS DU SYS- TÈME nerveux; par M. de Cérenville (de Lausanne). (Soc. méd, de la Suisse romande.)

Dans ce mémoire, l'auteur cherche à réhabiliter les injections de strychnine dans le traitement de quelques affections nerveuses : atrophies musculaireSy myélUes chroniques, ataxies locomotrices ^ ramollissements cérébraux, etc. Ce sont les atrophies musculaires d'origine périphérique qui ont été le plus heureusement modifiées par le mode de traitement ; encore faut-il éviter de réveiller la cause qui leur a donné naissance. Dans les affections des centres nerveux les effets ont été trop variables et les observations sont trop peu nombreuses pour qu'il soit permis d'en tirer une conclusion.

L'incontinence d'urine est le seul symptôme des scléroses postérieures qui ait été combattu avec succès par cette médication. L'auteur recommande de débuter toujours par une injection de i milligr. et d'augmenter de 1 millligr. toutes les semaines. La dose maxima n'a pas dépassé 6 milligrammes. D.

IV. Galvanofaradisation ; par A. de Wattbvjllb. (Neurolog. CentralbL, 488?.)

L'auteur propose une nouvelle méthode consistant à faradiser

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une partie déterminée du corps déjà parcourue par un courant galvanique. On enclave dans ce but le second cylindre d'un appareil d'induction dans un courant galvanique, de telle sorte que le courant faradique, à l'ouverture du circuit, suive la même direction que le courant galvanique. M. de Watteville a fait construire un appareil spécial qui alterne, combine, change les courants et permet d'utiliser soit chacun des deux genres de courants avec les deux électrodes, soit de les combiner, soit de les intervertir isolément ou tous deux ensemble. Ne voulant^ au reste, préjuger de rien d'après des vues théoriques, l'auteur demande qu'on en essaie.

V. Sur l'action dk l hyoscyamine ' ; par Richtrr (de Pankow). (Neurolog. CentralbL, 1882.)

Première observation : manie à l'époque de la ménopause. Une injection sous-cutanée de 3 milligrammes d'Iiyoscyamine calme l'agitation, ramène la lucidité et le bien-être, relève la tension vasculairc, diminue la fréquence du pouls. A chaque accès, résultat identique. L'usage régulier du médicament, sans qu'on augmente les doses, assure le calme. Pas d'intoxication ; le désordre dans les idées subsiste seul, maisil n'y a pas lieu d'incriminer l'hyoscyamine. Second fait : grande chorée invétérée depuis l'âge de dix-sept ans chez une fille de vingt-huit ans, ayant résisté à tout traitement. Amélioration par des doses graduelles de i milligrammes à 1 centigramme en une fois, ou de 16 milligrammes en deux fois. Cette dernière dose amena les accidents d'intoxication que l'on sait sans autre inconvénient. L'injection détermine toujours une sédation de 3 à 5 heures. P. K.

VL La paradisation générale ; par Fischer. (Arch. f, Psyth. v. Nervenk., XII, 3.)

Ce mémoire constitue une réminiscence de la méthode d'électrisation, décrite en 1 87 1 , par Beard et Rockwell [Praktische Abhandlungen ûber die medic. und chiiurgic, Verwerthung der Electricitàt^ Prague, 1874). Voici, au reste, le procédé également usité par M. Fischer.

Il s'agit de soumettre à l'action des courants le corps tout entier en procédant systématiquement, en tenant compte des lieux d'élection, des points sur lesquels un des pôles doit être successivement amené, tandis que l'autre demeurera k un endroit déterminé en station fixe. Le malade, placé sur un siège dépourvu de dossier, pose ses pieds nus sur un escabeau à déclivité anté-

1 Archives de Seurologie^ t. VI, p. 428.)

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rieure, muni d'une fente latérale desttinée à rintrodnctiou des électrodes. L'une des électrodes étant en contact continu avec les pieds, l'opérateur applique Fautre pôle en une série de réfrion» du corps. On commence par la région dorsale, en visitant la colonne vertébrale, et particulièrement les première et deuxième vertèbres cervicales, la septième cervicale (centre cilio-spinal), ainsi que les points douloureux signalés; le pôle demeurera un certain temps en chacune de ces zones, tandis qu'il sera simplement promené de-ci de-là des deux côtés de la charpente musculaire, de façon à provoquer quelques contrpctions dans chaque muscle. On agira de même pour la région lombaire. L*électrisation du thorax réside uniquement dans l'excitation rapide de la contractilité des muscles superficiels, quand la maladie ne présente pas d'indications spéciales, relativement à quelques endroits sur lesquels il faille prolonger Taction du courant. La paroi abdominale toute entière est d'abord excitée de la même manière, par des afQeurements passagers de Télectrode mobile; puis on fait des stations sur la région épigastrique (plexus solaire), sur les régions gastri* que, splénique, hépatique, hypogastrique, en outre des points que la localisation morbide recommande k Tattention, ou au niveau desquels les ganglions du grand sympathique sont pins accessibles. Les extrémités réclament aussi l'action passagère des courants avec les puissantes contractions musculaires généralisées qui en sont la conséquence. La séance se termine par l'électri^-, tion de la tête et des ganglions cervicaux du sympathique ; ici c'est la main de l'opérateur ou ses doigts qui remplacent l'électrode. Tenant d'une main le pôle correspondant, le médecin place, par exemple, sur le front du patient, la face palmaire de son autre main imprégnée d'eau chaude, ou, s'il s'agit des tempes et des yeux (paupières closes), des ganglions cervicaux, il touche chacune de ces parties avec l'extrémité du doigt. En un mot, l'électrisation n'est que médiate. Les autres régions du cou et le cuir chevelu ne subiront l'action de l'électricité qu'en vertu d'indications spéciales. — La même méthode peut être appliquée au courant galvanique ou même à la combinaison des deux sortes d'électricité (galvanofaradisation)^ . La faradisation s'effectue d'ordinaire à l'aide de l'appareil du Bois-Reymond, animé par un élément de Stôhrer. L'électrode podalique fixe se compose d'une lame de laiton de seize à vingt centimètres de longueur sur dix de largeur ; elle est recouverte d'un morceau de flanelle garni de toile. L'électrode mobile est un hémisphère de laiton (diamètre : quatre centimètres), recouvert d'une éponge épaisse. Naturellement chaque électrode est imbibée d'eau chaude. A moins d'un but particulier, conforme aux lois de l'électrothérapie, l'électrode podalique sera la ca-

I Voyez page 99.

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thode, tandis que Télectrode mobile émanera de l'anode. La force du courant mis en jeu, variable au reste avec la sensibilité du malade et avec la susceptibilité de Télectricien quand il sert de transmetteur, ne dépassera pas la quantité nécessaire pour obtenir des contractions moyennes ; pour éviter que le patient se plaigne jamais de Texcès de l'incitation, on débute par des courants faibles. Quant à la durée de chaque séance, Texpérience enseigne que chacune d'elles doit avoir une moyenne totale de quinze minutes, sur lesquels on cousacre :

4 minute à l'action du pôle sur la tête ; 4 - - — — sur le cou, le sympathique cervi-

cal, la colonne cervicale; 3 — — — sur le dos ;

3 — — — sur le ventre ;

4 — — — sur les extrémités.

On n'admet pas plus de deux à trois séances par semaine, la durée du traitement comportant plusieurs semaines et mois. Lorsqu'on renouvelle assez fréquemment les séances^ on peut se borner un jour à a^ir sur les extrémités supérieures, un autre jour à traiter les extrémités inférieures, telle autre séance, à se porter uniquement sur le tronc, le cou et la tête. Les premières séances peuvent notamment être progressives, l'opérateur se limitant la première fois à une seule région, pour empiéter graduellement sur tout le reste du corps et arriver à l'électrisation de Tensemble de l'organisme.

Les effets qui résultent de la stimulation électrique parallèle des centres nerveux, des nerfs périphériques, des organes splanchniques et de toute la périphérie de l'économie (suractivité cutanée, musculaire, circulatoire), devraient être divisés en trois catégories. — A. Les uns, primitifs ou stimulants^ se montrent pendant ou immédiatement après la séance. Ils se résument en l'amélioration de l'état général (sentiment de réparation, gaité, propension au sommeil, apaisement des douleurs et de la fatigue générale ou locale), ainsi que des manifestations morbides inhérentes à la nature de la maladie : la circulation est régularisée, l'appétit reparait, les évacuations vésico-rectales s'effectuent bien. Chez les individus sensibles, ou chez ceux qui sont soumis à une application maladroite, ou note des sensations désagréables : faiblesse ou même lipothymie, refroidissement des extrémités, tremblements des membres et de tout le corps, vertiges, céphalalgie, congestion céphalique. — B, Sous le nom d'effets secondait^s ou réactionnelSy on désigne des phénomènes désagréables, survenant un jour ou deux après la séance, généralement au début du traitement. Souvent absents, du reste, ils dépendent de l'individualité, de la durée de l'électrisation, de la force du courant.

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Toujours passagers, ils ne contredisent pas à la contin nation du mode de traitement. Tels sont : certaines douleurs musculaires, un état de névrosisme, de lassitude et d'épuisement, Ta^gravation de quelques symptômes. — C. Les effets permanents ou foniV/ues, sont en définitive le résultat ultime du traitement. La nature de la maladie, la constitution des malades, le mode de rélerlrisation, la période de la vie du patient, doivent entrer en ligne de compte quant à leur rapidité. La longue énumération des auteurs se résume en Texcellent fonctionnement de tous les appareils, d'où le parfait état de santé physique et mental.

Les maladies auxquelles convient la faradisation générale sont des maladies générales constitutionnelles; ou plutdt il faut l'employer dans tous les cas où la nutrition générale languit, soit du fait d'un élément pathogénétique constitutionnel (dyspepsie nerveuse, neurasthénie, anémie, chlorose, hypochondrie , hystérie, etc.), soit par une cause locale échappant au diagnostic (névralgie, paralysie, épilepsie, hystérie, hypochondrie), soit enfin à raison d'une atifection incurable (traitement palliatif).

En réalité, M. Fischer apporte à l'appui de cette thèse trois observations dans lesquelles il réalisa trois succès d'électro thérapie.

La première concerne une femme de trente ans, atteinte depuis dix ans de mélancolie anxieuse avec conceptions irrésistibles ethal-* lucinations{hérédité); en môme temps, palpitations de cœur, insomnie, convulsions cloniques des jambes, menstruation irrégulière. L'aggravation de la psychose ayant progressé en dépit des modes de traitement les plus variés, on soumit l'aliénée à la faradisation générale ; celle-ci détermina un calme, d'abord passager, puis permanent, la sédation des phénomènes cardiaques, la disparition des manifestations convulsives, enfin la guérison. Les fonctions menstruelles se régularisèrent. De sorte qu'après vingt-quatre séances dans le cours de six semaines, la malade quittait le service ne conservant que de la céphalalgie temporaire et de rares palpitations.

Dans le second fait, il s'agit d'un neurasthénique^ âgé de trentecinq ans, traînant la jambe droite. Douleurs dans le dos et l'articulation du pied droit, pesanteur de tête ; sensation de faiblesse générale et de débilité. Vingt-neuf séances rendent au malade sa force et son énergie premières.

Le troisième exemple a trait à une fillette de douze ans, souffrant d'une chlorose opiniâtre avec céphalalgie, vomissements, insomnie partielle, fatigue accablante. Vingt-six séances en deux mois font disparaître les phénomènes morbides qui avaient antérieurement résisté â toutes les médications. P. K.

SOCIÉTÉ MÉDICO-PSYCHOLOGIQUE

Séance du 3i mars. — Présidence de M. Foville.

M. Briand. Je n'assistais pas au commencement de la dernière séance. quand M. Voisin, s'éievant contre des conclusions formulées à la suite de recherches sur le Délire aigu, faisait des réserves au sujet des altérations du sang que j'avais signalées aune certaine phase de cette grave atfection, et m'opposait l'observation d'une paralytique générale dont le sang contenait aussi des bactéries. Le cas rapporté par M. Voisin n'infirme en rien les conclusions auxquelles je suis arrivé. Je n'ai jamais, en etfet, essayé de démontrer que le délire aigu fût la seule affection présentant des caractères infectieux. C'est, au contraire l'analogie de certains de ses symptômes avec ceux d'une maladie infectieuse très commune, la fièvre typhoïde, qui m'a conduit à rechercher si le sang n'était pas altéré dans le délire aigu, comme de récents travaux nous ont démontré qu'il l'était dans la fièvre typhoïde.

Le délire ai^u essentiel, j'ai essayé, du moins, de l'établir dans une thèse, se manifeste d*abord par les troubles intellectuels qu'on observe dans la manie simple, mais bientôt le tableau change, la fièvre s'allume, la température s'élève et la maladie s'affirme par des caractères très nettement infectieux qui me conduisirent à examiner au microscope le sang de ces malades. Une diminution dans le nombre des globules fut la seule modification que je pus observer tout d'abord; mais plus tard, reprenant ces mêmes recherches dans le service de mon excellent maître, M. Magnan, dont les savants conseils ne m'ont jamais manqué, et grâce aussi à l'obligeance de M. Quinquaud qui voulut bien mettre à ma disposition son laboratoire très richement outillé, j'ai pu me convaincre qu'il existait d'autre altérations.

Ces altérations portent sur la quantité et la qualité des globules du sang qui diminuent de nombre, perdent de leur hémoglobine, et deviennent moins résistants à l'action dissolvante de l'eau.

SOCIBTÊS 8AVANTB8. 105

Pendant lapériode de collapsus, il se produit des organismes qui, trouvant à un moment donné un terrain favorable, s'y développent; les organismes que j'ai le plus souvent rencontrés et dont M. Malassez a bien voulu déterminer les espèces, sont : leszoogléas ou amas de corpuscules arrondis, réunis par un enduit gélatineux de substance amorphe ; le bacterium tbermo, petit bâtonnet renflé à ses extrémités et culbutant dans le liquide de culture ; le baciilus, bâtonnet très mince et effilé, et enfin un corpuscule punctiforme, très dificile à apercevoir, visible seulement à Taide de quelques artifices d'éclairage et de coloratioiis. Il s associe en colonies de trois ou quatre sous forme de chapelets.

Ces organismes se montrent dans le sang des malades ne présentant aucune solution de continuité dans le tégument, leur présence ne peut donc être considérée comme la conséquence d'une escharre.

M. LE Président annonce que le conseil de famille, après en avoir délibéré, propose à la Société d'ouvrir une souscription pour la statue de Guislaiu. La proposition est acceptée.

M. Motet présente quelques graphiques à Taide desquels II. Régis a essayé de noter la durée des accès dans la folie à double forme.

M. Rey lit une note sur le poids du cervelet, du bulbe de la pro tubérance et des hémisphères cérébraux, d'après les registres de Broca qui lui ont été confiés par M. Topinard. L'auteur ne tire aucune conclusion de son travail ; mais il espère que les nombreux tableaux qu'il a dressés avec le plus grand soin pourront être utilisés un jour.

M. LE Secrétaire général donne lecture d'un mémoire de M. Parant, relativement à la séquestration de deux aliénés dans leur famille. Une plainte ayant été portée au parquet à l'occasion de ces faits, la chambre des mises en accusation, saisie de l'affaire, rendit une ordonnance de non lieu, basée sur ce point que l'intention criminelle n'était pas formellement démontrée. Les conclusions suivantes résultent des considérations dans lesquelles est entré M. Parant : 1® on ne peut contester à un citoyen le droit de garder dans un domicile particulier les membres de sa famille qui sont dans un élat d'aliénation mentale, de les soigner et même de les y séquestrer, lorsqu'ils ne constituent pas un danger pour la société ou pour eux-mêmes ; i'* par la pratique, le traitement et la séquestration des aliénés à domicile présente de nombreuses difficultés d'exécution, qui tournent trop souvent au détriment des malades ; 3^ des exemples nombreux démontrent que la séquestration pratiquée dans les familles peut être, non seulement défectueuse, mais encore abusive, et même criminelle; 40 pour prévenir, autant que possible, les abus et les crimes, il est à désirer que la nouvelle loi sur les aliénés donne aux pouvoirs

106 SOCIÂTBS SAVANTBS.

publics un droit de surveillance et de protection directes sur les aliénés séquestrés dans des domiciles particuliers, aussi bien que sur les aliénés séquestrés dans les asiles publics et dans les maisons de santé privées.

M. Christian fait observer que la réglementation désirée par M. Parant rencontrerait dans la pratique une série de difficultés qui la rendraient inapplicable. M. B.

Séance solennelle du 28 avril, — Présidence de M. Foville.

Prix EsquiroL — M. G. Ballet donne lecture du rapport sur le prix Esquirol qui est décerné à M. Vétault, interne de Tasile Sainte- Anne, pour un mémoire intitulé : Du délire hypochondriaque dans quelques formes d'aliénation mentale.

Prix Aubanel. — M. Garnier lit ensuite son rapport sur le prix Aubanel. Le sujet proposé était ainsi conçu ^ : « Existe-t-il des signes ou des indices qui permettent de reconnaître qu'une maladie mentale est héréditaire, en Tabsence de notion sur les antécédents? Exposer ces caractères. » Deux mémoires ont été déposés. Une mention honorable avec récompense de 4 .800 francs est accordée k Tauteur du mémoire n** 2, M. Saury, médecin de la maison de santé du château de Suresnes ; une allocation de 600 francs, à titre d'encouragement, est donnée au mémoire n® 4 . Ce dernier travail a pour auteurs MM. Brun, médecin-adjoint à Tasile de Brou, et Taty, interne du même asile.

M. leSbcrétaire général termine la séance en prononçant Téloge de Renaudin, ancien directeur de Tasile de Maréville.

Séance du 26 mai. — Présidence de M. Foville.

M. LE Président donne lecture d'une lettre de M. Ingeels, qui envoie une liste des souscriptions qu'il a recueillies pour la statue de Pinel.

Il annonce ensuite à la Société que l'Institut vient de décerner le Prix Chaussier à M. Legrand du Saulle et d'accorder une mention pour le Prix Lallemand à MM. Voisin et Bail.

Prix Aubanel. — La commission qui doit choisir le sujet pour le Prix Aubanel est composé de MM. Falret, Cotard, Legrand du Saulle, Magnan et Garnier.

M. KÉRAYAL donne lecture en son nom et au nom de M. Nercam,

Voir la séance de juillet 1882 (Archives de Neurologie), fascicule 11, p. 243.

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d*uD6 note sur l'action de la paraldéhyde chez les aliptiéii. Le plan des auteurs a été le suivant : instituer avant tout chez les chiens un certain nombre d'expériences, pour se fruider relativement aux effets physiologiques principaux et aux doses de l'agent médicamenteux ; puis, administrer la paraldéide paralèllenient chez les aliénés en se conformant aux données fournies par la pathologie expérimentale sur un animal supérieur. Avec deux kilog. de paraldéide les auteurs ont fait des expériences sur trentecinq malades environ^ par les voies buccales, rectales et par la méthode hypodermique dans presque toutes les formes mentales. La dose active moyenne, celle que détermine le sommeil est de 4 grammes administrés en une seule fois; on peut obtenir avec deux grammes, un calme relatif mais non un sommeil aussi parfait et surtout aussi immédiat. Le sommeil se fait sentir dans les quelques minutes qui suivent Tin^estion, mais il est léger. En donnant six grammes d'un coup on est sûr de narcotiser les malades, mais c'est eu pareilles circonstances que trois cas témoignèrent de l'événement suivant : après le coup de massue sommifère presque instantané, les auteurs ont observé un étal ébrieux tirant sur la lypothymie. Un malade, après avoir irrési>libleuienl dormi une heure se réveillait soudain sous l'influence d'un malaise général avec frissons, sueurs froides, petitesse, ralentissement et intermittences d'un pouls filiforme; les battements cardiaques présentaient les mêmes modifications. Ces phénomènes inquiétants durèrent dix minutes environ pour céder la place à une ivresse pure, cette fois, sans sommeil. Les malades qui ne se montrent pas réfractaires sont pris dans les quelques instants consécutifs à l'absorption gastrique de battements paipébraux exactement comparables à ceux qui précèdent le sommeil normal des gens fatigués, puis s'endorment tout simplement; mais voici le revers de la médaille : il semble que les deux ou trois premières heures de sommeil soient seules remplies par une hypnose profonde, car toutes les fois que, au delà de ces limites, on s'approche des malades pour les observer, on les réveille. Pendant ce sommeil, les auteurs n'ont pas noté de phénomènes différents de ceux qui accompagnent le sommeil ordinaire; en outre, parmi les aliénées mises en expériences, celles qui étaient capables de rendre compte de leurs sensations n'ont accusé aucun trouble et ne se souviennent pas d'avoir ressenti d'effets désagréables pendant qu'elles dormaient; celles, notamment, qui avaient pris du chloral, croient pouvoir affirmer que tandis que le chloral provoque souvent des cauchemars, le sommeil paraldéhydique en est exempt. Le réveil chloralique serait lourd et laisserait de l'engouement céphalique de l'empâtement buccal, tandis que le réveil paraldéhydique participerait des qualités d'un réveil agréable, de celui qui- suit un sommeil réparateur. Le seul inconvénient consiste en des renvois

d'un goût et d'une odeur désagréables de vernis. MM. Kéravalet Nercam n'ont rencontré qu'un nombre resireintde cas d'insuccès; une malade cependant ne dormit pas avec près de dix grammes du médicament, elle éprouva seulement une légère sédatiou et encore ce repos relatif ne se produisit-il, non pas sur-le-champ, mais dans la nuit suivante.

Comment s'élimine la paraldéhyde? — Exclusivement par les poumons, si Ton en juge par l'examen organoleptique grossier des excrétions de toutes sortes. Cette élimination dure très longtemps. Si, par exemple, on administre quatre grammes de paraldéhyde à cinq heures du soir, le malade exhale encore une odeur de vernis à dix heures, le lendemain dans la soirée.

Par les lavements, le sommeil a été obtenu un certain nombre de fois, alors que la voie gastrique ne pouvait être choisie pour l'administration du médicament. Chez une paralytique générale on pleine période d'agitation congestive avec désordre excessif dans les idées, hallucinations de la vue et de l'ouïe, le lavement a provoqué un sommeil de huit heures. Comme par la voie gastrique, il faut cinq minutes pour que l'effet narcotique se produise. Les injections sous-cutanées engendrent aussi le sommeil, dans des conditionsidentiques: elles calment, momifient même en une dizaine de minutes et au calme succède souvent, sans interruption, un sommeil de plusieurs heures. Mais, ainsi que pour les autres voies, il faut rapidement augmenter les doses pour obtenir les mêmes effets.

En résumé, si la paraldéhyde à des doses gastriques ou rectales de quatre, cinq, six grammes agit vite en produisant un sommeil semblable au sommeil normal, qui ne présente pas d'inconvénients, il faut, si l'on veut que les effets persistent, augmenter très rapidement les doses. Mais jamais le sommeil que Ton obtient ne peut être considéré comme insensibilisateur. En revanche, les tendances à la lipothymie observées ne contre-indiquent pas l'administration du médicament, mais elles mettent en garde contre l'élévation des doses sans examen préalable et quotidien des individus à traiter. Les auteurs de la note recommandent en terminant la formule de Langrentes et Skybich, qui permet d'administrer par la bouche sous un volume quelconque de véhicule, moitié en gramme de paraldéhyde.

Paraldéhyde 50 grammes

Essence de menthe poivrée. . X gouttes

Huile d'olive q. s. de façon à atteindre 100 centimètres cubes. — 12 centimètres cubes, c'est-à-dire un peu moins d'une cuillerée à soupe, renferment 6 graihmes de paraldéhyde.

M. Briand. Daus Tintéressant mémoire qu*il vient de lire, M. Kéraval nous parle de Inaction narcotique de la paraldéhyde qui provoque un sommeil instantané, mais il ne nous dit pas comment se comportent les malades agitées après leur réveil. Retombent-elles immédiatement dans la même excitation, ou bien au contraire, traversent-elles en se réveillant une phase de calme relatif avant de reprendre leurs anciennes allures?

M. KÉRAVAL. Los maniaques que nous avons endormies par la paraldéhyde restent plus calmes, quelques heures après leur réveil.

M. Briand. Avez-vous pu établir un rapport entre cette phase de calnie relatif et la dose du médicament? Pouvez-vous prévoir la durée du calme qui succédera à un sommeil dont vous connaissez la durée?

M. KÉRAVAL. Je demande la permission de ne pas répondre à cette question; elle touche à un fait dont je voudrais laisser la primeur à la Faculté de médecine ; ce point sera établi dans la thèse que mon collaborateur va soutenir prochainement.

M. Legrand du Saullb. Quelle action la paraldéhyde a-t-elle sur la température ?

M. KÉRAVAL. Nous avons observé dans un cas qu'elle s'était un peu abaissée. (A suivra.)

Helation d'un voyage psychiatrique kn Danemark, EN Suède et en Norvège (Suite) i ;

Par le D^ GLAUS (de Tasile de Sachsenberg).

Cette seconde partie de notre analyse comprend la Suède et la Norvège •.

B. Norvâge.

I. Asile de Gaustad (GaustaiVs Sindssygeasyl), près Christiania. Directeur-professeur :01e Sandberg.— Construit en 1854, par Schir-

• Voy. les Archives de Neurologie, t. Vil, p. 278 et 398.

* Nous rappelons que la couronne vaut 100 œres uu I fr 40 c.

mer et de Hanno, il a coûté 216,533 thaiers (environ 595«i6o fr.}. C'est un asile mixte, cesl-à-dire qu'il contient réunis des malades curables et des chroniques. Le chiffre de la population est de 300 ; égalité numérique des deux sexes. On y trouve quatre classes de pensionnaires : à 4 couronnes ; à 3 couronnes 20 œres ; à 2 couronnes îo œres ; à i couronne 33 œres par jour. Les étrangers paient davantage. Il n'y a pas de places gratuites.

Situé à trois quarts d'heure de chemin de la ville qu'il domine, et au nord-ouest de^ cette dernière, il a vue sur le Fiord du môme nom et les montagnes environnantes. C'est un ensemble d'édifices en briques, flanqués d'une haute tour, et construits dans le style des Tudors ; son aspect, au milieu des promenades étendues que Ton aperçoit, est véritablement imposant. Les hauteurs et les forêts voisines le préservent des vents du nord. Le territoire de l'établissement comprend plus de mille hectares dont 100 en terre arable.

L'axe longitudinal de l'asile va du sud au nord. L'entrée est située sur le côté sud. Quand on l'a franchie, on a à sa droite la quartier des femmes, à sa gauche celui des hommes. Chacun d'eux se compose de trois pavillons érigés à égales distances Tun de Tautre, dont la grande longueur est dirigée de l'ouest à l'est, et d'une division cellulaire placée à l'extrémité nord, formant l'angle droit, pour agités et gâteux. Les trois pavillons renferment, de l'entrée vers la division cellulaire, les malades les plus calmes et les plus aisés (première à troisième classe), puis les malades calmes pauvres et enân les agités et les fugitifs de toutes classes. Des galeries couvertes joignent tous les pavillons les uns aux autres; il en existe aussi dans les promenoirs de chaque section. Ceux-ci sont, comme le reste de l'enceinte de la propriété, enfermés dans des murs élevés, murs qui n'arrêtent pas les regards, grâce à la disposition en terrasse adoptée : quelques sauts-de-loup isolent encore mieux les séquestrés, sans nuire à leur distraction. Entre les deux quartiers s'élèvent les bâtiments de l'administration avec cuisines, bureaux, habitations des médecins-adjoints, temple, etc. ; en arrière de cet ensemble, une petite construction contient la buanderie et différents ateliers. Les bâtiments réservés aux malades comportent un étage ; les locaux d'habitation sont orientés au sud ; les corridors, au nord. Il y a contiguïté entre les salles de jour et les dortoirs, spacieux et clairs comme les corridors. Partout des fenêtres très hautes et très larges peuvent à volonté s'ouvrir et se fermer; leurs croisillons, recouverts de fer, séparent des carreaux assez étendus : chez les agités, on remarque de fortes grilles en fils métalliques qui se peuvent ouvrir à l'aide d'un pêne tournant. Le lieu de séjour des malades de la dernière classe a bon aspect ; les chambres des classes plus élevées sont riantes. La population des dortoirs est un peu dense. Lits en bois et literie comme en

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