RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
r Les attaques d'hystérie, du moins à leur première période, ressemblent très fréquemment^ comme on sait, aux accès d'épilepsie vulgaire (attaques de ma] comitial);
V Quelques cas nous autorisent à penser que Tbystérie peut, d'une façon exceptionnelle, emprunter aussi le masque de l'attaque de petit mal (absences et vertiges) ;
3"" Il résulte, d'autre part, des faits rapportés dans ce mémoire (et les observations ultérieures démontreront probablement que les faits analogues ne sont pas rares) que, chez un certain nombre de malades, la symptomatologie de l'attaque hystérique reproduit avec une remarquable exactitude le tableau de l'épilepsie partielle (épilepsie jacksonuienne, épilepsie par lésion cérébrale) ;
4'' La fausse épilepsie partielle de nature hystérique est caractérisée comme l'épilepsie partielle vraie, soit par de Thémispasme avec rotation de la tète et des yeux du côté convulsé (forme hémiplégique) , soit par des monospasmes (forme monoplégique);
5* Ces convulsions partielles épileptoYdes constituent souvent toute l'attaque d'hystérie, et ne sont suivies ni de phase des grands mouvements, ni de phase des hallucinations. — Cela tient, le plus souvent, à ce que les crises, se succédant sans intervalles, empiètent les unes sur les autres, de façon que les
291 CLINIQUE NKRVKUSK. — l>ES ATTAQUES d'hYSTÊRÏE.
diverses périodes constitutives de Tatlaque n'ont pas le temps de se produire;
6* Les accès de fausse épilepsie partielle se montrent en effet d'ordinaire par séries, quelquefois considérables, constituant alors un véritable éiai de mal épilepti forme;
V II est des signes qui permettent de diagnostiquer la fausse épilepsie partielle (épilepsie partielle hystérique) de Tépilepsie partielle vraie.
a) Le plus important de ces signes est l'absence tt hyper ihermie dsius la fausse épilepsie partielle, conformément à la loi établie depuis longtemps (Cbarcot, Bouchard, Bourneville) d'après laquelle l'hyperthermic constante à la suite d'accès épileptiques multiples, fait au contraire défaut à la suite des accès simplement épileptiformes.
b) Puis vient Fabsence de paralysie des membres convulsés dans la fausse épilepsie jacksonnienne, alors que les accès d*épilepsie partielle vraie laissent, au contraire, à leur suite des] paralysies ou parésies passagères ou déOnitives.
c) Il faut signaler enOn certains autres symptômes, à la vérité moins signi6catifs, mais qui serviront aussi, pour leur part, à établir le diagnostic de la nature hystérique des accidents (ouverture de la bouche pendant les accès, battements des paupières, mouvements ondulatoires du ventre au début et dans l'intervalle des crises).
8"* Il va de soi que les autres éléments de diagnose utilisés pour distinguer l'accès de mal comitial de la grande attaque d'hystérie (effet de la compression ovarienne, inefficacité du bromure de potassium, cousta-
ÉPILKPSÏR .TACKSOXNIRNNJ5. 295
tations des symptômes permanent de Thystérie après les attaques) conserveront ici toute leur valeur.
Ebrata. — Par suite d'erreurs dans la mise en paç^e, les figurer 1, 2, 6, 7, ne sont pas h leur véritable place. Le lecteur est prié de l'établir les choses ainsi qu'il siiit : les lifi^nres désignées sous les n<» i et t, sont celles qui correspondent aux fi^rures mentionnées dans Je texte sous les n'»»6 et 7. — Les y rsiief^ figures 1 et 2 qui correspondent à I'Obs. l; sont intercalées dans I'Obs. II L
EPfLEPSIE JACKSONMENNE; Par UOURNEVILLE et P. BRïGON.
Depuis les remarquables travaux de M. Hughlings Jackson sur la forme d'épilepsie à laquelle il a attaché son nom, un certain nombre de cas ont été publiés par divers auteurs. Personnellement, l'un de nous, il y a déjà plusieurs années, en a recueilli deux très beaux exemples suivis d'autopsie, à la Salpétrière, dans le service de M. Charcot.
Le premier relatif à une malade nommée Laulai..., âgée de 18 ans, a fait Fobjet d'une communication à la Société de biologie \ intitulée : Contribution à V étude des localisations cérébrales; observation d^ hémiplégie cérébrale infantile spasmodigue [épilepsie partielle). Le second cas a été communiqué à la Société anatomique (séance du 28 juillet 1876) ; il avait pour titre : Hémiplégie infantile suivie d'épilepsie partielle, état de mal épileptique; mort^ foyer ancien intéressant les circonvolutions frontale et pariétale ascendantes et le lobule paracentral ^
1 Séance du 5 janvier 1876 [Gaz, méd., 1876, p. 595).
2 Bulletin de la Société anatomique, 1876, p. 552-571.
Le fait que nous allons rapporter peut être rapproché des précédents, il offre des particularités qui nous ont paru suffisamment intéressantes pour mériter d'être mis sous les yeux de nos lecteurs.
Epilepsie jacksonnienne. — Hémiplégie gauche à dix ans, — Verti^ ges à quatorze ans. — Début des accès à dix-sept ans par un état de mal. — Aura du pouce gauche. — Père très nerveux, phthisique. — Grand^mêrCf tantes paternelle et maternelle mortes phthisiques. — Grands-pères paternel et maternel alcooliques. — Mère nerveuse. — Grandmère maternelle morte d'une affection pulmonaire. — Sœur morte de convulsions. — Frère mort d'une imperforation de l'anus. — Bromure de potassium. — Armures magnétiques. — État de mal. r- Mort.
Autopsie : Atrophie de Vhémisphère cérébral droit et de Vhémisphère cérébelleux du même côté. — Foyer ancien occupant ks circonvolutions frontaleSf la frontale et la pariétale aseendanteSy le pli pariétal inférieur , le pli courbe.
Grar... (François), né le 3 mars 1854, est entré à Bicêlre le 9 janvier 4879 (service de M. Bourneville).
Antécédents. {Renseignements fournis par sa mère, Î3 août i 881 .) — Père, cinquante- trois ans, boulanger, maigre, d'une taille assez élevée; il n'aurait jamais fait d'excès de boisson ; il est très nerevux (pas d'attaques) ; très doui de caractère ; il fume peu ; marié à vingtun ans, il n'avait jamais fait de maladie grave jusqu'à ces derniers temps: mais depuis quatre ans, il est presque toujours malade ; bronchite et catarrhe pulmonaire * : épislaxis fréquentes depuis deux ans; un peu d'acné faciale depuis un an. — [Pè*e, mort à soixante-sept ans « un peu d'inconduite »; c'était un vieux soldat; il buvait beaucoup d'eau -de-vie; il avait quitté sa femme. — Mère morte à soixante-six ans, en 185S, d'un catarrhe pulmonaire ; elle n'était pas nerveuse.— Un frère qui, pense-t-on,est eu Aniérique; — Cinq sœurSy dont quatre sont mortes jeunes et l'autre à quarante-sept ans, d'un catarrhe pulmonaire. Pas d'aliénés, pas d'épileptiques, etc., dans la famille.]
Mère, trente-trois ans, ménagère, assez intelligente, sujette à des troubles digestifs et nerveux (gastralgie) : depuis quinze ans, elle éprouve des faiblesses avec perte de connaissance et sueurs froides; pas d'attaques de nerfs, pas de migraines, pas de convulsions; surdité à gauche ; affaiblissement de la vue à droite. [Père, charpentier, mort à quatre-vingt-deux ans, d'une attaque de paralysie gauche qui l'a enlevé en trois jours; il faisait des excès
1 Le 7 mai 1883, lors de la mort de notre malade, son père était en traitement à Thôtel-Dieu pour une « bronchite chroniqu :»,
ÊPILEPSIR JACKSONNIENNE. 297
de boisson (bière et eau-de-vie). — MèrCy ménagère, morte à soixante-sept ans, d'une affection pulmonaire avec ascite; quatre sœurs : une morte h quarante ans, de la poitrine, les autres bien portantes, ainsi que leurs enfants; quatre frères vivants, bien portants; d'autres sœurs et frères sont morts jeunes, on ne sait de quoi (en tout dix-sept enfants^ pas d'aliénés, etc.], — Pas de consanguinité.
Cinq enfants : 4® fille morte à trois ans de convulsions en trois jours; elle était bien conformée et intelligente; — 2" fille mariée ; elle est souffrante d'une affection vénérienne qui lui aurait été communiquée par son mari et pour laquelle elle est restée en traitement huit mois à l'hôpital Lourcine, salle Astruc; elle n'a pas eu de convulsions, est moins intelligente que les autres; n'a pas d'enfants; — 3* notre malade; — 4» fille, dix-neuf ans, très intelligente, très nerveuse, pleure et rit sans motif, n*a eu ni attaques ni faiblesses; elle est mariée et a un enfant d'un mois; — o" garçon, mort à dix jours; il ne serait pas allé une seule fois à la selle et rendait des urines pleines de graviers jaunes; il était très gros. La mère pense, sans qu'on le lui ait dit, que cet enfant avait une imperforation de Vanus.
Notre malade. — Grossesse bonne jusqu'à sept mois et demi, où la mère a eu des chagrins à la suite de la mort de sa fille âgée de trois ans. Accouchement k terme, naturel. — A la naissance, l'enfant n'était pas cyanose; il était assez fort; élevé au sein jusqu'à quatorze mois; il a été vacciné à deux mois. Grar..., quoique assez fort, eut alors du pemphigus aux bras et à la nuque, et cela jusqu'à sept mois; il a parié vers dix à onze mois, a marché à dix-huit mois; il était très intelligent. A cinq ans, rougeole; onanisme. A dix ans, vomissements très abondants pendant trois jours, accompagnés de fièvre et d'un peu de délire; le médecin aurait dit que « ça sentait. la fièvre typhoïde et la congestion cérébrale» ; durée : trois mois. Lorsqu'il a quitté le lit, « tout le côté gauche était en paralysie » ; on n'avait rien remarqué auparavant; on dut, pendant quelque temps le soutenir sous les bras pour le faire marcher; durant un an, il marcha en traînant la jambe; enfin, la marche redevint régulière. La main, à l'origine, était pendante; il ne pouvait rien tenir; « il oubliait sa main »; ce n'est que vers quinze ans qu'il a pu saisir les objets. On a remarqué que, tandis qu'il ne pouvait retenir les petits objets, il pouvait porter un sceau plein et le monter au premier étage, parce que les doigts formaient crochet; il était content de faire ce travail sous prétexte que cela détendait son bras. De onze à quatorze ans, Grar... ne se plaignait pas de la tête; il n'avait pas de migraines: le sommeil était régulier, calme; il n'avait pas de tics, n'éprouvait aucune douleur dans le côté paralysé.
A quatorze aijs, début drs vertiges cpileptir/uês : les yeux tournaient toujours à gauche, «l'œil était presque couvert dans l'orbite, on ne le voyait pas ». Le corps tournait à gauche; il se produisait comme une secousse du corps, il disait : w Maman, on me bat, tu vois on me donne des coups » ; il croyait voir des hommes tout noirs qui voulaient le battre; il les voyait toujours à pauche. II revenait à lui en quelques secondes, poussait un grand soupir ets'écriait : « Ah! mon Dieu ! »
A partir de celte époque, firar... se plaignit de douleurs de télé à peu près générales, mais principalement dans le côté gauche. Pendant un an, il eut des vertiges environ tous les deux ou trois jours, puis presque tous les jours pendant un mois; « ses yeux tournaient presque tout le temps; c'était comme des convulsiovs internesn: il ne tombait pas, la figure devenait « violacée, puis jaune après ». Le bromure de potassium aurait produit une légère amélioration.
A dix-sept ans, après avoir tourné sur le côté gauche, il tombait à terre toujours du côté gauche ; quelquefois, il disait : « Maman, je suis malade! » et il sentait que l'accès débutait par le pouce de la main gauche. C'est alors seulement qu'on a pu arrêter les accès en renversant le pouce en arrière. En 4874, il eut des accès pendant vingt-trois heures sans reprendre connaissance
Les convulsions prédominaient dans le côté gauche du corps d'une manière évidente ; elles ftaienl plus fortes dans le bras et l'œil gauches que dans les parties correspondantes du côté droit. A la suite de cet état de mal, Gra... aurait été comme fou pendant un mois: il ne reconnaissait que sa mère, ne parlait pas ou répétait : « Oh 1 est-ce bête ! » Ses actes étaient « niais ». Il ne pouvait pas marcher; on le promenait sur une chaise; au bout de quinze jours, il a commencé à marcher très doucement, sans traîner la jambe gauche, qui était, disait-il, plus douloureuse que ladroite. Un mois après l'état de mal, la raison et la marche étaient redevenues ce qu'elles étaient auparavant.
Les accès étaient diurnes et nocturnes; leur chiflfrc maximum, en vingt-quatre beures a été de trois; le plus long intervalle entre les accès, huit mois. ]1 avait des étourdissements fréquents^ au plus séparés par un jour d'intervalle. Dans un accès, il a eu l'omoplate droite fracturée; il a été à Lariboisière pendant plusieurs semaines (1872); sauf une plaie du sourcil gauche, c'est le seul accident grave qui lui soit survenu pendant les accès. Depuis son entrée à Bicétre, il aurait eu trois fois des séries; il se plaint souvent à sa mère de douleurs de l'œil gauche, de ne plus y voir de cet œil par moment; un jour, à la fin d'un accès, il lui disait que son œil était sur l'oreiller. Vers 1876 ou 4877, étant à Paris, il aurait eu des hallucinations de la vue.
ÉPILEPSIE JACKSONNIENNE. 299
Pas de manifestations scrofuleuses; en 1871, varioloïde; pas de convulsions ni de vers dans Tcnfance ; de dix à quatorze ans, il aurait présenté un arrêt de développement; depuis il a grandi. Il n'aurait jamais fait d'excès de boisson, ni eu de rapports sexuels; depuis le début de sa maladie, il ne se livrerait plus à l'onanisme. Il n'était pas peureux.
L'intelligence aurait un peu baissé à partir de l'état de mal; toutefois, il fréquentait l'école du soir, et en 1878, il aurait eu le premier prix d'orthographe. Depuis son entrée à Bicêtre, les facultés intellectuelles auraient beaucoup diminué.
Aura. — Le malade paraît éprouver une véritable crainte (idée fixe, persistante que des distractions seules peuvent surmonter) de voir se fermer ses doigts et se fléchir son poignet , parce que celle flexion est l'indice d'un accès. C'est le pouce qui se fléchit le premier; les muscles de la région antérieure se contractent et sont pris de battements; la main se porte vers le bord radial, puis les doigts se crispent; Tavant-bras, le bras se contracturent et il lui semble que les battements montent; tant qu'il a conscience des battements musculaires, il lui semble que son bras, qui parait raccourci dans l'aura, exécute plusieurs mouvements de moulinet. De l'épaule, la sensation qu'il éprouve et qu'il dit très difficile à dépeindre, gagne la tête, mais il n'est pas possible d'en reconnaître le trajet exact. Les muscles du côté gauche se contractureraient, la tête s'inclinerait sur l'épaule gauche et la face se dévierait du même côté. Grar... éprouverait des sensations de traction dans l'œil gauche qui se porterait en dehors, mais sans phosphènes, ni vision colorée.
Une fois l'aura arrivée à la tête, le malade perd connaissance. C'est au moment où la main se crispe, pour employer l'expression du malade, qu'il appelle ses camarades à son secours : « Voilà un accès!» s'écrie-t-il, ou bien: «Tiens, voilà que cela me prend», ou bien encore : « Mon Dien! mon Dieu ! » Quand la contracture des doigts peut être vaincue, l'accès avorte, sinon il éclate.
Le plus souvent l'apparition, de l'aura est provoquée par une peuVy une émotion, une farce d'un camarade; le malade sursaute, le bras se raidit, et les symptômes décrits ci-dessus se produisent. L'action de hxer longtemps avec l'œil gauche déterminerait aussi les phénomènes de l'aura. Le seul fait de ne pas tenir sa main et de ne pas lutter contre sa flexion le tourmente, l'obsède et cette idée fixe parait provoquer la contracture de la main. Quand il est distrait (il travaille au marais, traîne la brouette, etc.), il peut sans danger laisser la main libre, même dans la poche; mais dès qu'il y pense, il est obligé de la tenir. — Il n'a pas d'aura du pied, ni de l'épigastre, etc. Grar... a toujours le temps de s'asseoir avant l'accès.
Description de l'accès. — Si l'accès n'a pu être arrêté par les manœuvres indiquées, Gra... perd connaissance sans cri ou après avoir poussé un petit cri étouffé; los yeux plus humides présentent du nystagmus, se tournent en haut et à gauche, les paupières sont ouvertes, les pupilles dilatées ; la face est tournée à gauche : la rigidité est plus prononcée au bras et à la jambe gauches; les secousses tétaniformes très prolongées sont égales des deux côtés. Secousses clofiiques des deux côtés maisplus prolongées à gauche, surtout au membre supérieur, parfois limitées à la partie gauche du corps. Durée : cinquante secondes : pas de miction involontaire. Gra... reprend généralement connaissance de suite sans avoir eu de période de stertor, ni de ronflement; toutefois on a noté dans plusieurs accès, de l'écume sanguinolente, du stertor et des mouvements automatiques (le malade chiffonnait ses bourses et sa verge).
État actuel (U mars 1882). — Télé normalement développée. Crâne f assez régulier, symétrique, d'aspect arrondi plutôt qu'ovale. La région occipitale, les bosses pariétales et les apophyses mastoïdes sont moyennement développées. Front moyen, assez large, sans proéminence des bosses frontales, et des arcades sourcillières. Oreilles, six centimètres et demie; lobules adhérents.
Diamètre antéro-postérieur 17 8
— l)i-pariélal 14.5
Grande circonférence 52
Demi-circonférence droite et gauche . 26
La face est oblongue, assez sèche; les saillies osseuses sont accentuées. La moitié gauche est moins développée que la droite. La saillie malaire est moins accentuée. La bouche est tirée à droite; la commissure labiale droite est légèrement élevée' au repos; la déviation s'accenlue par le rire; il siffle facilement, le menton est tiré un peu à droite. Les yeux paraissent égaux.
Iris bleus; pupilles égales, pas de lésions oculaires; il fixe difficilement avec l'œil gauche; lorsqu'il le fait, il sent, dit-il, que son œil se tire, qu'il se dévie en dehors, qu'il peut alors voir ce qui se passe derrière lui ; s'il continuait à fixer, il aurait un accès. — Nez aquilin dévié un peu à droite.
Bouche moyenne; lèvres assez fines, bien dessinées. Les maxillaires supérieur et inférieur sont réguliers; dentition irrégulière, très incomplète , cariée. — Langue : pas de cicatrices. — Voûte palatine large, plate, symétrique. — Voile du palais, piliers, amygdales, pharynx, sans anomalies.
CoM long, grêle; cartilage thyroïde saillant; en arrière, deux cicatrices paraissant consécutives à un séton. — Thorax bien con-
ÉPILEPSIB JAGK80NN1BNNE. 301
formé; le muscle grand pectoral gauche parait moius développé que le droit. Pas de déviation du rachis.
Membres supérieurs. — A l'inspection, le membre gauche n'a pas d*atlitude vicieuse et parait un peu moins développé que le droit ; c'est surtout évident pour Tavant-bras. 11 existe une tendance delà main à se conlracturer en flexion dans toutes les parties, tendance à laquelle le malade résiste continuellement. Le bras gauche est à la palpatiun plus dur que le droit; le biceps est contracture, tendu, ferme; Tavant-bras n'est pas dans la flexion, il est aussi très dur, et les muscles de la région antérieure paraissent durs comme du bois; ceux de la région postérieure ne sont pas modiOés. La main n'est pas dans une position vicieuse; la paume est aplatie ainsi que la face antérieure des doigts, par suite de la pression continuelle de la main opposée. iNous notons encore une sorte de subluxation en arrière de toutes les phalangines de la main gauche, luxation due à l'extension continue et forcée produite par l'autre main; dès qu'il l'abandonne à elle-même, les doigts se fléchissent peu à peu, ou bieu, restant droits, le poignet se fléchit. Le malade tient presque sans cesse son pouce, qui a de la tendance à se fléchir et à venir se mettre en opposition avec la base du petit doigt. Lorsque la flexion s'est produite par hasard, il devient alors difficile de ramener le pouce dans l'extension. Grar.. prétend ressentir aussi, principalement la nuit, un engourdissement dans le petit doigt de la main droite ; la sensibilité dans ses divers modes y est conservée. 11 n y a ni troubles de nutrition, ni modification du côté du système pileux. Au toucher, la température parait plus basse du côté paralysé. Cicatrices de vaccin aux deux bras; une petite cicatrice au coude gauche.
ftlOlTI. GAUCHI.
Cil-conférence du bras au niveau de raisselle. ... 27 25.5
— du bras à 10 cent, au-dessus de
rolécrâne 25 i3.5
— de ravantrbras à iO cent, au-dessous
de rolécrâne 22.5 21
— du poignet .*.... 15.5 15
-^ du métacarpe 21.4 21
Distance acromio-olécrânienne 34.5 43
— de rolécrâne à l'apophyse styloïde .... 23 22
— de celle-ci à Textrémité du doigt médius. .17 16.5
Les membres inférieurs ne présentent pas de grande différence à la vue; leur attitude ne paraît pas vicieuse ; toutefois on remarque une sorte d'érection du deuxième orteil gauche, qui se trouve placé un peu au-dessus des deux orteils voisins accolés l'un à Tautre. La position varie, du reste, et elle n'est telle que nous venons de la décrire que lorsque le deuxième orteil est contracture. Le pied
302 HECUKIL DE FAITS.
n'offre pas de mal foriua lion. ~ Mouvements voIoiUaires elfaciles; mouvemenls communiqués complets. — Pas d epilepsie spinale; réflexe tendineux également développé de deux côtés. l*as de modification de nutrition.
DBOITB. GAIXBB.
Cii*conféi'ence de la cuisse au niveau de Taine. . . 47 47
— à 10 cent, au-dessus de la rotule . . 39 38.5 ~ de la jambe à 40 cent, au-dessous
de la rotule 30 30
— de la jambe au niveau des malléoles 22.5 2i.b
— du métatarse 20.5 20 5
Distauce de Tapophyse iliaque ant. et sup. à Tex-
trémité supérieure du tibia 50 49
— de celle-ci à la malléole externe 28 28
— de celle-ci à Torteil médian . 18 18
Organes génitaux bien conformés, testicules volumineux. Onanisme de Irois à dix ans; il n'aurait jamais été porté pour les femmes.
Les fonctions digestives sont normales; cependant Grar... aurait quelques accès éloignés de gastralgie. Selles régulières et volontaires. Foie et rate normaux.
Rijspiration et circulation. — Ni toux, ni sueurs nocturnes, ni points; quelques râles au sommet gauche; expiration soufflante à droite. — Les battements du cœur sont réguliers, forts.
L'd sensibilité générale est conservée dans ses divers modes; le malade prétend que le côté paralysé serait plus sensible que l'autre.
Vue assez lougue, égale de chaque côté.
Ouie et goût. — Rien de particulier.
Odorat, — Coryza fréquent; Grar... perçoit également bien les odeurs des deux côtés, lorsqu'il n a pas de catarrhe nasal.
Intelligen'^e, — Lorsqu'il a une idée, il ne peut s'en détacher. 11 travaillait dans un bureau avant son entrée (banquier, notaire, métreur); il dit que sa tête n'est plus bonne depuis son entrée à Bicôtre; qu'il n'a plus de mémoire; il se rappelle cependant toute l'histoire de sa maladie ^ Caractère doux.
' « A l'âge de dix ans, j'ai été atteint de congestion cérébrale de laquelle il m'est resté une demi-paralysie dans tout le côté gauche. Cette paralysie s'est empirée de plus en plus, si bien que la moindre émotion me donnait sur les nerfs qui se contractaient et me donnent des accès; depuis deux ou trois jours seulement^ tout a changé dans la main qui se contracte toujours et gui correspond à Cœil qui^ si je fixe avec, se contracte immédiatement et me fait perdre ta tête, et me fait tourner, et c'est une agitation que je cherche à arrêter en maintenant les doigts qui se ferment Pendant Cogitation j*ai vu comme cela arrivait, il y a plusieurs années
ÊFILEPSIE JACKSONNIENNE. 303
Ig79. ^6 octobre, Grar... prend depuis longtemps 4 gr. de bromure de potassium.
23 oct. Depuis liier jusqu'à ce matin six Jieures, ce malade a eu 467 accès, et depuis ce matin jusqu'à onze heures 7 accès; la connaissance est parfaitement conservée; elle revient aussitôt après chaque accès. Pouls, petit, régulier, à 92, T. K. 37", 4.
âo oct. 6 gr. de bromure de potassium.
l" novembre. Bromure de potassium, 8 gr.
9 novembre. Purgatif : eau de S ndlilz ; suspension du bromure de potassium pendant deux jours; recommencer par 4 gr. et augmenter progressivement jusqu'à 8 gr.
4880. — 1 juin. Le bromure a été supprimé dans les premiers mois de l'année; depuis le 14 avril, il eu prend 4 gr. — Augmenter progressivement.
4 septembre. Le traitement a été suivi d'une façon fort irrégulière. Bromure de potassium, % gr. ; augmenter d'un gramme par semaine jusqu'à 8 gr.
1881. — 16 avril. Adéno-phlegnion de l'aisselle gauche consécutif à de Veczéma impétiginoux de la lace dorsale des premières phalanges des premier, quatrième et cinquième doigts; pas de traces de lymphangite; par Tincision il sécoule une grande quantité de pus. Pansement phonique.
25 avril. Guérison de Tadéno-phlegmon.
6 août. Le malade a des accès fré(fuents, de la céphalalgie avec éblouissements, la face est congestionnée, il délire. Les accès sont toujours arrêtés par la Uexion de la main en dehors. — Bain, sangsues derrière les oreilles; lavement avec 60 gr. de miel de mercuriale.
13 décembre. On soumet le malade au traitement par les armures magnétiques; on lui applique au poignet un bracelet composé de vin^'t-deux petites plaques.
47 déc. Grar... prétend que, depuis l'application du bracelet, il peut s'étendre dans son lit, ce qu'il n'aurait pu faire auparavant; il ajoute qu'il lui est plus facile de renverser sa main; qu'il est moins émotionnable; cependant il tient tout le temps son pouce gauche de la main droite.
1882. — h% février. Le malade est toujours satisfait de sou bracelet, à condition qu'on le lui charge assez fréquemment.
dans les crises, des êtres fantastiques gui dansent autour de moi, mais je n^ni pas perdu connaissance, car je me rappelle avoir dit : « Ce sont les nerfs gui traraillent ^>; je ne puis dormir, et, le matin en me levant, f ai un mal de tête à ne pas pouvoir la lever, et gui se dissipe petit à petit. Bien souvent, quand les nerfs vienneut d être agités j'ai des maux de cœur qui me retirent l'appétit. »
13 mai. Le traitemeiil par le bromure de potassium a été continué par erreur. On le supprime. Le bracelet est renouvelé.
18 mai. Le malade raconte de lui-même qu'après le renouvellement du bracelet, il aurait éprouvé pendant quelques instants un sentiment de chaleur dans la main gauche.
i" juillet. Suppression du traitement par les armures magnétiques.
Janvier. . .
Février. , .
Mars . . .
Avril , . .
Mai, . . .
Juin. . . .
Juillet . .
Août . .
Septembre .
Octobre. .
Novembre .
Décembre .
Totaux .
bÔ"
hurée du traitement par les ai^iures magnétiques : 6 Uïois \{^. Poids. — 2 novembre 1879 : 50 kil.
— 16 septembre 1880 : 51 kil. 500 gr.
— 31 janvier 1882 : 51 kil. 500 gr.
— 31 juin — : 50 kil 500 gr. taille : l m. 62.
— 31 janvier 1883 : 50 kil. 600 gr.
— 6 mai — ; (après le décès) 42 kil. 700 gr.
En consultant le tableau des accès, on voit que les armures magnétiques, appliquées régulièrement pendant six mois n'ont produit aucune améliorât ion de la maladie qui a suivi une marche ascendante ; si Ton en croit le malade, il en aurait cependant retiré un léger bénéfice ; il lui serait plus facile de vaincre la flexion de son poignet gauche '.
1883. — 3 mai. Le malade a eu une série d'accès (24 accès et 39 vertiges le jour, 29 accès et 432 vertiges la nuit).
4 mai. Gra... est très abattu, il repose dans le décubitus dorsal ; il répond aux questions avec lenteur. — 4 gr. de bromure de potassium dans la nuit; — eau-de-vie allemande, 30 gr. ; — bain;
i Une paille de cette observatiou a été utilisée par M. Bricon dans sa thè^e.
ÊPILBPSIB JAC&SONNISNNB. 3«tô
-- lotions vinaigrées. Soir : T. R. 40«,5. — 64 accès dans la journée; 157 dans la nuit {Etat de mal).
^ mai, A la visite, on le trouve dans un état de stupeur très prononcé; il se plaint toutefois spontanément .d*un empâtement de la langue. — Il n*a pas eu d'accès depuis quatre heures du matin. Jusqu'à sept heures, il n'avait prononcé aucune parole; à ce moment il s'est plaint d'avoir soif. — La face amaigrie présente une coloration terreuse et bronzée ; les yeux sont fortement excavés. Les paupières gauches sont moins ouvertes que les droites; les pupilles sont égales, de dimension normale. Le nez est effilé, les narines sont pulvérulentes; les lèvres légèrement blanches. La langue est couverte d*un enduit gluant, sec etgrisâtre: la gorge est sèche, couverte de mucosités. Les mains sont très cyanosées; la main droite offre des ulcérations consécutives à des engelures. La déglutition est facile ; — il n'y a pas de vomissement. La respiration est dyspnéique; on trouve seulement à la base droite quelques râles sous-crépitants. Percussion normale. Ni toux, ni expectoration. Le pouls est très petit, presque filiforme, à 120.
L'abdomen est un peu déprimé. Le malade est complètement (/dteux depuis deux jours; ordinairement il est propre. Les selles ont été peu nombreuses à la suite de l'administration de l'eau-de-vie allemande. On constate un léger érythème de la fesse droite. On ne trouve nulle part de paralysie ou de contracture; il n'y a pas de raideur du cou. — Lavement purgatif, lotions vinaigrées; un quart de lavement avec 40 centigr. de sulfate de quinine; limonade vineuse; trois sangsues derrière chaque oreille. T. R. 40». — Soir : T. R. 44»
6 mai. Le malade n'a eu ni accès ni vertiges depuis hier. Le matin, il aurait prononcé quelques paroles, il s'est affaibli progressivement et e>t mort à huit heures du matin, sans avoir eu de nouveaux accès. La température rectale, prise aussitôt après la mort est de 44 •jS.
Autopsie le 7 mai 1883. — A l'ouverlure de la cavité abdominale l'on ne constate aucune anomalie ; la position des organes est normale; le péritoine est sain; pas d'épanchement. Le /V)ie(4,305 gr.) remonte normalement et ne déborde pas les fausses côtes; il présente quelques adhérences en deux ou trois points de sa surface, et est un peu gros.
Les cavités pleurale et péricardique ne contiennent pas de liquide en quantité anormale. Le cœur est un peu pâle et mou, en diastole. Les valvules, Tendocarde, etc., ne présentent rien de particulier. Grosse de l'aorte normale. — En arrière, le poumon gauche (653 gr.) présente quelques adhérences assez faibles, tout son lobe inférieur est congestionné. — Pas de tubercules. Sur le poumon droit (4o0 gr.) on trouve les mêmes lésions, mais moins
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accusées. — Là rate (90 gr.) présente deux nodules crétacés de la grosseur d'un petit pois.
Tête, — Le cuir chevelu est normal sans ecchymose. Les os du crâne sont peu épais, denses; le diploé est peu développé et n'existe pas à certains endroits. Au niveau de la partie moyenne du frontal et des deux bosses pariétales, les os sont très amincis et transparents. On constate une dépression au niveau des granulations de Pacchibni, cette dépression est surtout très prononcée à gauche où Tos n'est plus constitué que par une très mince lamelle de moins d'un millimètre. Toutes les sutures sont ossiGées, mais toutefois la suture fronto-pariétale ne Test qu'incomplètement eur Ja table externe. Au niveau de la suture inter- parié taie, surtout à sa partie postérieure, la table externe est irrégulière, bosselée. Dans le diploé se trouvent de petits points jaunes comme crétacés. La face antérieure du rocher fait une saillie un peu plus accusée à droite qu'à gauche
La dure -mère est normale.
Le liquide céphalo-rachidien parait être un peu plus abondant que de coutume. La pie-mère présente une vascularisation généralisée (base et convexité).
Dès l'abord, l'on est frappé de Vatrophie considérable de l'hémisphère droitqvii présente une sorte d'encoche séparant le lobe frontal du lobe pariétal. La pie-mère olire là une véritable infiltration celluleuse ; elle est distendue par le liquide céphalo-rachidien, sous fordie de pseudo-kyste.
Les artères de la base paraissent égales. — Les nerfs olfactifs sont égaux. — Lechiasma, lesnerfs optiques^les bandelettes optiques, les tubercules mamillaires sont égaux et blancs. — Le pédoncule cérébral droit n'est pas aussi bombé que le gauche. II existe au niveau de son tiers interne avec son tiers moyen une petite dépression. La protubérance paraît symétrique ; le sillon médian a une largeur d'au moins deux millimètres. — Les pyramides sont égales ainsi que les olives qui sont très fermes ; ces différentes parties sont également colorées.
Vencéphale pèse 1,090 gr. — Vhémisphère cérébral droit pèse 90 gr. de moins que le gauche. — Cervelet et isthme : 452 gr. — L'hémisphère cérébelleux droit pèse 20 gr. de moins que le gauche qui est un peu plus ferme. On n'y constate aucune lésion microscopique.— La protubérance et le bulbe (celui-ci coupé un peu court) pèsent 22 gr.
LsL décortication de l'hémisphère gauche se fait avec facilité. Le ventricule latéral, la corne d'Ammon, les masses grises centrales, n'offrent rien de particulier.
La décortication de l'hémisphère droit s*opère facilement, sauf au niveau du centre à*un foyer ancien où la pie-mère se présente sous
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forme d'une lamelle qui entraîne un peu de substance nerveuse. Le foyer a une coloration jaunâtre générale avec des ilôts rosés. (Pl. Vl). Il semblerait que la substance grise forme une sorte de voile mobile sur la crête de la substance blanche sous-jacente.
Hémispyre droit, — Face convexe. Dans son ensemble il est plus court et moins large que l'autre hémisphère; tandis que le bord interne du lobe orbitaire gauche mesure quatre centimètres et demi, celui du côté droit n'en mesure que trois en longueur. Le lobe orbitaire gauche a trois centimètres et demi de largeur, le droit a presque la même largeur. Les circonvolutions de la face orbitaire sont un peu moins développées en longueur que celles du côté gauche, mais sont saines. La troisième circonvolution frontale mesure dix centimètres et demi en longueur environ; elle est saine dans un à deux premiers centimètres antérieurs ; mais elle estatrophiée dans ses autres parties; l'atrophie porte principalement sur la face antérieure^ la partie correspondante au lobule deTinsula étant moins défigurée. — La deuxième circonvolution frontale est saine sur une longueur de un centimètre et demi à peine en avant; elle est complètement atrophiée dans tout le reste de son étendue jusqu'à son insertion sur la frontale ascendante. — La première circonvolution frontale est considérablement atrophiée dans sa partie moyenne sur une longueur de 3 centimètres; en arrière son insertion est saine et les deux centimètres qui la précèdent sont complètement sains sur la face interne et le bord supérieur, mais la face externe de cette partie répondant au deuxième pli de la première frontale est lésée (Pl. VI, F, ).— La frontale ascendante est atrophiée dans ses trois centimètres inférieurs; l'atrophie est consi- . dérable; cette partie est par rapport à la partie saine comme 1 est à 3 ; cependant sur le milieu de la face antérieure de la partie saine on trouve un petit foyer (Pl. VI, Fa). — La pariétale ascendante est détruite dans ses trois centimètres inférieurs ; les deux centimètres et demi supérieurs sont sains. — Les parties saines de la frontale . ascendante et de la pariétale ascendante comparées aux parties correspondantes du côté gauche sont beaucoup moins volumineuses (Pl. VI et VIII, Fa, Pa).
Les parties lésées de la frontale ascendante et de la pariétale ascendante comprennent toute Tépaisseur et toutes les faces de la circonvolution. — Le lobule pariétal inférieur e?X détruit dans toute son épaisseur. Il en est de même de la moitié antérieure du pli courbe; à ce niveau il existe une sorte de cavité assez profonde où vient se perdre la partie supérieure de la scissure parallèle (Pl. VI, spp). — Le lobule de Vinsula présente trois branches bifurquées.
Toutes les parties occupées par la lésion sont en retrait sur les parties saines environnantes, d'où une dépression marquée comblée par la pie-mère inGltrée (pseudo-kyste).
Trois coupes verticales pratiquées sur la lésion niontrent que le
:I08 RBCUfilL Dfi FAITS.
foyer n'atteint pas les masses centrales mais qu'il intéresse les circonvolutions ainsi qu'une partie du centre ovale. La couche optique et le corps strié sont un peu moins volumineux que ceux du côté sain.
Au niveau de la lésion, la pie-mère, comme nous Tavons dit plus haut, s'est enlevée avec facilité, mettant à nu une surface rosée, de consistance mollasse, mais cependant assez résistante. Cette subS" tance soulevée avec la pince glissait sur le squelette de substance blanche comme une sorte de membrane : c'est la substance grise détachée de la substance blanche. — La lésion ditl'ère donc de la mérUngo^encéphalite ordinaire dans laquelle la pie-mère est si adhé^ rente à la substance grise que, dans son ablation, on met à nu le squelette de substance blanche tandis que la substance grise, adhérente à la pie-mère, offre les reliefs et les dépressions correspondant aux circonvolutions.
L'examen des autres parties n'a eu lieu qu'après macération du cerveau dans Talcool; la substance grise des parties lésées s'est plissée, ridée sur la substance blanche et a pris une coloration légèrement jaunâtre.
Toutes les parties postérieures ont un aspect normal, mais sont plus élémentaires que 'celles du côté opposé; les sillons^ sauf les principaux, sont très superficiels. Les circonvolutions ont un aspect légèrement chagriné qui ne se retrouve pas de Tautre côté. Le lobe occipital est relativement assez volumineux.
La première circonvolution temporale est parfaitement distincte avec un sillon assez profond, mais la seconde n'est séparée de la troisième qu'en avant. La première temporale envoie au fond de la scissure de Sylvius un seul pli bifurqué (Pl. VI) à sa base seulement. Il est d'ailleurs assez volumineux.
Face interne. — La partie moyenne de la première frontale est entièrement détruite et n'aplus qu'une épaisseur de deux à troismillimètres (Pl. VII). La circonvolution du corps calleux est saine, toutefois elle présente une sorte de renflement en massue à l'origine de sa portion horizontale (supérieure).— Le lobe paracentral est bien développé «ivec un sillon médian central. — Le lobe carré est large et parait normal ainsi que le coin, la face interne du lobe occipital, là corne d'Ammon, la circonvolution de V hippocampe.
Hémisphère gauche. — Face convexe. Le lobe frontal est bien développé. La première circonvolution frontale est très plissée; son insertion est régulière. La deuxième circonvolution frontale est à la fois très plissée et très sinueuse ; elle ne présente pas d'insertion sur la frontale ascendante, La troisième circonvolution frontale est relativement moins développée que les deux précédentes; elle possède une insertion régulière sur la partie inférieure de la frontale ascendante. — La circonvolution frontale ascendante est bien développée^ régulière. Le sillon de Rolando est normal. ^ La
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circonvolution pariétale ascendante parait uormale. — Le pli pariétal supérieur j le pli pariétal inférieur^ cl Je pli courbe sont très distincts; à cet égard c*est un cerveau type.
Les circonvolulions du lobe occipital sont assez volumineuses. Le lobule de l'insula possède trois digitations subdivisées. — Les circonvolutions temporales sont normales, sinueuses. — La première envoie de sa partie moyenne un pli assez large, de forme conique vers le fond de la scissure de Sylvius. Ce pli présente un sillon longitudinal assez superficiel. A un centimètre en arrière de ce pli en part un autre court et simple (Pl. VIII, p.). Entre ces plis vient s*emboiter un petit prolongement du pli pariétal inférieur.
Face interne, — La première circonvolution frontale est double, mais interrompue à sa partie moyenne par un sillon perpendiculaire (Pl. L\, s) ; elle se termine sur le lobe paraeentral) (L P) sans séparation. Le lobule paraeentral est volumineux, presque coupé en deux par un sillon vertical. — Le lobe carré (L Q), le coin (ht), le lobe occipital (L 0), sont normaux (Pl. IX).
RÉFLEXIONS. — Cette observation nous semble comporter les remarques suivantes :
I. Si nous exceptons la tuberculose dont ont été atteints le père de Grar... et plusieurs de ses grands parents, nous ne trouvons aucune affection nerveuse ou héréditaire dans la famille de notre malade; ajoutons seulement que les deux grand-pères étaient alcooliques,
II. Jusqu^à Tàge de dix ans, Grar... ajoui d'une bonne santé, son intelligence était normale. A cette époque, dans le cours d'une fièvre typhoïde (?), il fut atteint d'accidents cérébraux sur lesquels des renseignements précis nous font défaut et à la suite desquels on constata une hémiplégie gauche. Celle-ci alla s'améliorant, la marche redevint régulière, et, sauf une contracture intermittente du deuxième orteil gauche, les deux membres inférieurs ne présentaient, en 1882, que de très légères différences. Au membre supérieur gauche la paralysie persista plus longtemps, et ce ne fut que vers quinze ans que Grar... put saisir certains objets; certains groupes musculaires se contracturèrent.
III. C*est quatre ans après le début de la lésion initiale qu'apparaît Tépilepsie d'abord sous la forme de vertiges (quatorze ans), puis sous forme d'ac^cès (dix-sept ans;. Pendant Taccès, les yeux et la face étaient tournés à gauche ; la rigidité était plus prononcée de ce même côté, les secousses tétani-
formes étaient égales des deux côtés; mais, pendant la période clonique, les secousses étaient plus prolongées à gauche^ surtout au membre supérietir. Enfin, dans certains accès, surtout les accès isolés, les convulsions étaient limitées à la moitié gauche du corps.
L'accès, comme nous Pavons vu (p. 300), était toujours précédé d'une aura siégeant dans la main gauche ; celle-ci avait une tendance à se contracturer en flexion dans toutes ses parties, le pouce se fléchissant le premier; aussi Gr... maintenaitil presque sans cesse, avec l'autre main, la main gauche dans Textension forcée. Le malade pouvait faire avorter les accès en renversant le pouce ou la main entière en arrière. L'accès n'éclatait que si la contracture ne pouvait être vaincue. Cette tendance à la contracture n'était pas permanente ; elle ne paraissait pas se produire quand le malade était distrait.
Grar... se plaignit plusieurs fois de troubles visuels à ga^uche; ceux-ci ne furent que momentanés, mais toutefois l'action de fixer longtemps avec Tœil gauche déterminait les phénomènes de l'aura.
Notre malade a eu, à plusieurs reprises, des s^tes d'accès ; il eut de plus, en 1874, un état de mal sur lequel nous manquons de renseignements. Enfin, en 1883, il survint un nouvel état de mal auquel le malade a succombé et qui a oflTert la plupart des symptômes de l'état de mal ordinaire, entre autres l'élévation de la température.
IV. Les lésions cérébrales; trouvées à l'autopsie n'intéressent que l'hémisphère droit qui présente un ancien foyer comprenant : 1 • la partie postérieure de la troisième circonvolution frontale et de la deuxième circonvolution frontale; 2® la partie moyenne de la première circonvolution frontale; 3° la frontale et la panétale ascendantes dans leurs parties inférieures ; 4** le lobule pariétal inférieur ^ et 5" la moitié antérieure du pli courbe. Ces lésions expliquent parfaitement les phénomènes éprouvés par notre malade, et notamment \di prédominance des accidents convulsifs, dans le membre supérieur gauche, dont le centre moteur, qui occupe la moitié inférieure des circonvolutions frontale et pariétale ascendantes, était détruit à un degré prononcé par le foyer pathologique. En ce qui concerne le membre inférieur qui est plus spécialement sous la dépendance des parties supérieures de la zone motrice, nous avons vu que, dans les accès, il était moins fortement atteint que le memb e supérieur ; or.
DES CIRCONVOLUTIONS CEREBRALES. 311
Tautopsie nous a montré que, au niveau de sa zone, les lésions étaient beaucoup moins prononcées et même nulles dans la portion supérieure de la frontale et de la pariétale ascendantes.
Relativement aux lésions de Textrémité postérieure de la deuxième circonvolution frontale, du lobule pariétal inférieur et du pli courb^y nous nous contenterons de signaler leur relation probable avec les phénomènes observés du côté de la face et surtout avec les symptômes oculaires.
Nous bornons là ces réflexions. Les détails consignés dans l'observation, la description des lésions notées à Tautopsie et que représentent fidèlement les planches dessinées par M. Leuba, permettront d*utiliser notre observation à propos d'autres faits.