XLVIIL DÉMENCE PARALYTIQUE. ALTERATION SYPHILITIQUE DES VAISSEAUX
DE l'encéphale ; par R. Schulz. {Neurol, CentralbL, 1883.)
Un homme de cinquante-trois ans, ayant eu, il y a dix ans, de la choroîdite avec diplopie, présente depuis plusieurs semaines une modification de la manière d'être et des traces de perturbation mentale. Tout à coup, on constate des attaques épileptiformes sans perte de connaissance, puis une agitation croissante et les troubles psychiques et somatiques de la paralysie générale. Durée de cette phase : neuf jours. Finalement explosion de manie furieuse qui, en onze jours, emporte le malade dans le coma. Les seules altérations importantes occupent les deux carotides internes, et les artères de la base, qui sont transformées en tuyaux rigides. Le microscope décèle une infiltration de la tunique adventice par de petites cellules rondes, et Thyperplasie des éléments de la membrane fenêtrée; intégrité de la tunique rausculeuse. Dégénérescence graisseuse athéromasique de l'aorte. P. K.
XLÏX. Constatation de la simulation chez un détenu; par Kirchhoff. {AUg. Zeitsch. f, Psych,, XXXIX, ô.)
La simulation dura, dans l'espèce, du ^^ février 1881 à mai 1882. En somme, à la suite d'un certain nombre de rapports médicaux, sinon contradictoires, au moins ambigus et mobiles en leurs affirmations, on se décide à transporter l'individu en observation dans un asile (20 février 1882). Le 6 avril, M. Kirchhoff certifie que les allures de cet homme ne sauraient être produites par une maladie mentale. Le 26 du même mois, on le réintègre à la prison, en lui
annonçant que, s*il continue à simuler, les soixante-cinq jours passés par lui à Tasile ne compteront pas dans son temps de pénalité, sans préjudice des peines disciplinaires les plus dures. Depuis lors, écrit le directeur de la prison (18 mai 1882), il n'a manifesté aucun signe de dérangement intellectuel. Plus tard une seconde tentative du même genre s'évanouit devant les mêmes représentations. — M. Kirchhoff insiste sur le diagnostic porté, et sur Ténergie du simulateur qui sut supporter la douleur et la faim. Les ruses étaient cependant révélées par des traces évidentes de dents au niveau des articulations de la main. P. K.
L. Sun LES TROUBLES DE LA VUE DANS LA PARALYSIE PROGRESSIVE ;
par HiRSCHBERG. {NeuroL CenlralbL 1883.)
Sans vouloir présenter une statistique minutieuse des observations recueillies par lui, Tauteur peut dire que trois formes de troubles de la vue se montrent chez les paralytiques généraux. Ce sont:
4«L'amblyopie qui repose sur Tatrophie habituelle du nerf optique, qui progresse par conséquent jusqu'à Tamaurose, et que bien des observateurs ont déjà décrite ;
t"* L'hémianopsie dontMendel seul a touché quelques mots <;
3* Le scotome central continu et même progressif, avec décoloration de l'expansion papillaire du nerf optique, auquel on a peu fait attention jusqu'ici. M. Hirschberg en communique une observation accompagnée de mensurations périmétriques très complètes qui confirment, de même que la relation détaillée, le résumé déjà publié ". P. K.
1 Et bien d'autres, notamment Stenger (Voy. Arch. de Neurologie, t. VI, p. 403.
* Voy. Archives de Neurologie, Société psychiatrique de Berlin, t. VI, p. 280.
SOCIÉTÉ MÉDICO-PSYCHOLOGIQUE
Séance du 30 juin. — Présidence de M. Dagonkt.
Mort de M, Moreau {de Tours). M. le Président informe la Société de la perte qu'elle vient de faire en la personne de M. Morian (de Tours), médecin en chef de la Salpêtrière, et donne lecture d'une lettre de M"« veuve Moreau (de Tours) qui otfre à la Société de constituer un prix portant le nom de son mari.
M. RiTTi donne lecture du discours qu'il a prononcé aux obsèques de M. Moreau (de Tours).
Prix Aubanel. — M. Garnier, rapporteur de la commission charfiêe de choisir le sujet que les candidats devront traiter pour le prochain prix Aubanel, propose la question suivante^ qui a été adoptée :
« De la coexistence, chez un même malade, de délires d'origine différente (alcoolique, épileptique, paralytique, vésanique, etc.), au point de vue du diagnostic, du pronostic, du traitement et de la médecine légale. »
La variété des aspects sous lesquels Taliéné se présente à l'observation du cliniciei> n'est due, le plus souvent, il faut le reconnaître, qu'au caractère de la maladie mentale, essentiellement protéiforme par elle-même; toutefois, il convient de remarquer que cette diversité peut tenir aussi à l'intervention de troubles délirants appartenant à des espèces morbides différentes, et nullement solidaires. Ainsi se trouve réalisé un complexus symptomatique qui n'est point l'expression d'états hybrides et fusionnés, mais bien le résultat de la superposition, de la coïncidence, chez un même sujet, de plusieurs affections mentales évoluant côte à côte, chacun suivant la modalité clinique qui lui est propre et en dehors de toute subordination réciproque.
Les exemples de ces pluralités pathologiques sont loin d'être rares; mais, par. un cas^ celui qui s'offre tout d'abord à l'esprit comme réalisant le cas le plus vulgaire, consiste dans la production du délire alcoolique an cours d'une maladie mentale quel-
36 i SOCIÉTÉS SAVANTES.
conque ; paralysie générale, délire chronique, épiiepsie, etc. Qui ne sait que, dans cette intoxication, Taliéné, outre qu'il trouve souvent Tappoint d'excitations nécessaires pour passer Tacte délirant, qui ne se fût peut-être pas produit sans cette cause adjuvante, y puise, d'autres fois, Torigine d'un véritable délire à caractères déOnis et distincts?
Ici Talcool ne fait qu'exciter une activité maladive prête à entrer en jeu au moindre stimulus ; là, exerçant une action plus profonde, il va jusqu'à constituer une folie à part dont les symptômes bruyants, prenant le pas sur Taffeclion préexistante, la masqueront plus ou moins, sauf à s'effacer plus tard devant elle quand cette excitation sera tombée. Que de fois cette situation ne s'estelle pas constatée au début de la paralysie générale.
Tel malade peut tenir de causes héréditaires complexes, à Ja fois l'épiiepsie et la vésanie ; mais ces deux états morbides restent indépendants dans leurs manifestations^ et ne s'influencent que d'une façon purement accessoire et contingente.
Le délire épileptique paroxystique éclate-t-il, il se révèle par un ensemble symptomatique qui lui est propre, s'empare transitoirement de la scène morbide^ sur laquelle le délire vésanique reviendra prendre son rôle, quand les troubles délirants comateux se seront dissipés.
On conçoit qu'il dépende de ce malade, si gravement atteint, d'ajouter à la dualité pathologique dont il souffre un troisième élément; c'est-à-dire qu'un délire alcoolique peut survenir à son heure et constituer ainsi, auprès des deux autres, un troisième état morbide à physionomie spéciale.
11 n'est pas téméraire de prétendre que c'est en faisant ainsi la part exacte de chaque forme nosoiogique qui se conipromet, si l'on peut ainsi parler, dans des rencontres diverses, que l'on aura chance d'éviter ces confusions regrettables aboutissant à des divergences non moins fâcheuses, quand il s'agit d'établir que tel symptôme est pathogaomonique de telle affection mentale déterminée. De cette recherche minutieuse ne dépendent pas seulement l'exacte interprétation seméiologique et la sûreté du diagnostic, on peut en attendre encore de précieux renseignements sur le pronostic, d'utiles indications thérapeutiques et de sérieuses données médico-légales.
Toute liberté est laissée aux concurrents pour étendre selon les hasards de la clinique, leur étude à l'observation des délires complexes les plus variés ; c'est ainsi, par exemple, que pourront trouver place dans ce cadre les troubles intellectuels développés sous l'influence des intoxications parles solanées vireuses, le haschisch, notamment et au besoin, provoquées dans un but thérapeutique, comme cela a été depuis longtemps tenté par MM. Falret et Moreau (de Tours).
M. Basciroff lil un travail anthropologique sur les criminels, basé sur l'étude des courbes céphalo métriques.
M. A. Voisin communique à la Société Tobsrevation d'une aliénée hystérique chez laquelle il a* pendant le sommeil hypnotique, provoqué des phénomènes de suggestion.
Inauguration de la statue de Pinel. — A la suite d'une assez longue discussion, l'inauguration de la statue de Pinel est fixée au mois de novembre prochain. M. B.
Séance du tS juillet.
Après la lecture du rapport de MM. Ballet, Motet et Féré, sont nommés : membres associés étrangers MM. Ladame et Camille Focchi; membre correspondant, M. Séglas.
M. Motet communique à la Société une traduction de Tétude sur le projet de loi des aliénés par M. Depretis, ministre italien.
Marcel Briano.
VHP COiNGRÈS DES NEUROLOGUES ET ALIÉNISTES DE L'ALLEMAGNE DU SUD -OUEST»