‹ Archives de neurologie (volume 3)Chapitre 29 sur 39 · SESSION DE BADE · texte numérisé non relu

SESSION DE BADE

Séance du 46 juin 1883

M. le premier curateur, professeur Jolly (de Strasbourg), salue l'assemblée. Il lui signale les pertes faites, pendant Tannée, de MM. Friedreich, conseiller intime, de Rinecker, conseiller aulique, de Homberger (de Carlsruhe), et consacre à la mémoire de ces hommes de bien de chaudes paroles d'adieu : l'assistance tout entière se lève en leur honneur. Enfin, il souhaite la bienvenue à M. le professeur Erb (d'Heidelberg) qui, par acclamation, est choisi comme président. Secrétaires : Kast, de Fribourg, et Lehmann, de Sarreguemines.

M. ScHULTZB (d'Heidelberg) prend la parole sur la maladie de FHedreich, 11 s'agit, comme on sait, de l'ataxie héréditaire. L'au-

« Voy, Archives de Neurologie i, V, p. 257.

JM SOCIETES SAVANTES.

leur récuse lt.|àrélention qu'on ait affaire dans l'espèce aune sclérose multilociillik%de la moelle spinale et de la moelle allongée ou à une lésion cér^Mkttse avec dégénérescence secondaire des cordons postérieurs. Les Modifications histologiques montrent, d'après M. Schultze, que rafifedioa est constituée par 'une lésion systématique de certains tractus et^ ^ tout cas, par une dégénérescence primitive prenant son origine tfwi les fibres nerveuses. La moelle allongée ne révèle pas de localisalitft anatomopathologique sur certains systèmes déterminés, si ce n^ttksur les faisceaux pyramidaux. L'auteur croit, tant au point de vue^tKjftique qu*au point de vue auatomique, que la désignation de mala(H% 4^ Friedreich vaut mieux que celle d'ataxie héréditaire.

M. Stark (de Stephansfeld). Sur une méthode de conservation 4h^ Vencéphale par voie sèche. L'orateur vante la méthode de Girma qui consiste à durcir la pièce dans une solution concentrée de bichromate d'ammoniaque, et à la placer ensuite vingt-quatre heures dans un mélange de glycérine, d'alcool^ d'acide phénique et d'eau. On sèche ensuite la préparation à l'air, on l'oint trois à quatre fois d'albumine, on la bronze, et Ton passe finalement une couche de vernis des peintres. Mais, ajoute M. Stark, il faut prendre certaines précautions ; ainsi, après le durcissement, on devra se garder de trop faire sécher l'organe, sinon on causerait une rétraction excessive ; en second lieu, avant de vernir, on fera passer à travers l'insula et les ventricules latéraux deux grandes aiguilles à tricoter dont les extrémités serviront à suspendre la préparation. On empêchera ainsi toute adhérence, tout endommagement de la base de l'encéphale sur le plan de sustentation. M. Stark montre à ses collègues plusieurs préparations ainsi obtenues.

M. KoHTs (de Strasbourg). Sur un cas de myosite ossifiante pro^ gressive, avec présentation de malade. A raison de la rareté des faits de ce genre, il convient d'insister sur l'observation en question, l'ensemble des phénomènes morbides étant encore en pleine évolution. L'individu envisagé ici a vingt-trois ans; il n'a, depuis sa plus tendre enfance, jamais quitté le lit. U n'existerait pas d'hérédité myopathique ou névropathique. Quant à la cause immédiate de l'affection (refroidissements, humidité, rhumatisme), le patient est incapable de fournir aucune indication, car il ne se souvient pas du début; pour lui, c'est une maladie congénitale. Sa jambe gauche n'a jamais cessé de demeurer dans l'extension, tandis que celle de droite reste incessamment fiéchie suivant l'articulation du genou et vient appuyer par le pied sur la jambe gauche. C'est à l'âge de neuf ans qu'il tenta de marcher pour la première fois, mais cet essai entraîna une telle aggravation que de douze à quatorze ans il lui fallut garder le lit à nouveau. 11 entre, à quatorze ans, à l'hôpital, où il apprend graduellement à se mouvoir d'un bâton.

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En Tabsence de toute cause morbigène perceptible, on doit supposer un vice constitutionnel ayant successivement présidé à Tiuilammation du tissu cellulaire des muscles atteints et à la formation dans ce tissu de corpuscules osseux qui, en fin de compte, ossifient la substance musculaire, mais en en atrophiant les éléments. Une fois que le processus s'est, spontanément ou à la suite d'un trauma* tisme, attaché aune partie du système musculaire, tous les muscles de la tête, du cou, du tronc et des extrémités sont envahis, et Ton peut simultanément observer des foyers morbides récents dans les régions du corps les plus diverses. Chez le patient actuel, on rencontre, sur de nombreux groupes musculaires, les altérations les plus multiples: atrophie, dégénérescence graisseuse, dégénérescence du tissu conjonclif ou ossification. C'est sur les muscles pectoraux, sur ceux du tronc, sur le grand oblique de l'abdomen, sur les muscles du bras et de la jambe que les ossifications présentent la plus grande netteté. Les néoplasmes osseux sont intimement adhérents au squelette sous-jacent, ou bien ils se présentent dans la substance musculaire même sous la forme de lames larges ou de stalactites pointues, librement mobiles dans le paquet contractile. La contractilité est d'ailleurs, de ce fait, soit extrêmement bornée^ soit totalement supprimée. En même temps, quelques portions du squelette (clavicules, côtes, tibia) sont le siège d'exostoses. Quant aux troubles circulatoires (refroidissement, œdème des membres inférieurs), signalés ailleurs, ils manquent chez l'individu qui nous occupe. Le siget considéré ne saurait, puisqu'il vit encore, apporter de contingent anatomique capable de décider de la nature du mal. Est-ce une myopathie pure, est-ce une trophonévrose? On ne sait. Mais le mode de genèse et la marche permettent de consigner une certaine analogie entre lui et l'atrophie musculaire progressive ou la pseudohypertrophie musculaire. Faut-il donc imputer la myosite ossifiante à une lésion des cornes antérieures de la moelle ou plutôt, si l'on constatait réellement, comme dans les maladies précédentes, une atrophie des cellules de ces cornes, serait-il juste de considérer cette atrophie comme la cause de la myopathie , alors que la longue durée du processus musculaire permettrait de l'envisager comme l'effet de ce dernier? Ce sont là autant d'inconnues.

M. Erb (d'Heidelberg). Sur Vétiologie du tabès dorsalis. Ce travail a été publié pour sa plus grande part dans la Berliner Klinische Wochenschrift, n» 32.

M. Stilling (de Strasbourg). Présentation de préparations d'encéphales. Les unes ont trait à la poursuite des fibres au cœur des centres nerveux; les autres ont été obtenues par la méthode des coupes transversales. Les premières montrent avec la plus grande netteté et parifaitement isolée la racine ascendante du trijumeau.

L'auteur n'a pas suivi plus loin celle racine, mais la pièce prouve la fécondité du procédé. Il est également arrivé, à son aide, à déceler les tractus des fibres du pédoncule cérébelleux supérieur ; il pense que ses préparations démontrent que Tentre-croisement n'en est que partiel, mais il n'a pas poussé plus avant ses investigations, car cette recherche n'entrait pas dans ses vues présentes. Par la méthode des coupes, il a découvert une racine cérébelleuse du nerf pathétique ; la coupe passe à travers les tubercules quadrijumeaux, la valvule de Vieussens et l'extrémité antérieure du vermis cérébelleux. C'est de cette dernière que l'on voit partir une fine racine qui, se dirigeant en avant, se rattache aux tractus des fibres du pathétique issus de l'entre-croisement de même nom ; suivant toute apparence, la racine elle-même ne s'entre-croiserait pas, on peut au reste la suivre jusque dans la région de Textrémité antérieure du vermis. Cette racine cérébelleuse non croisée du pathétique est également prouvée par les expériences d'Exner (section de la valvule de Vieussens). M. Stiiling rappelle que, dans son livre d'après la structure des organes centraux de la vue, il a décrit une racine optique cérébelleuse; mais il n'en avait établi l'existence que sur l'étude des systèmes de fibres ; aujourd'hui il n'y a plus de doute à avoir puisqu'on la constate sur une coupe transverse. C'est, ajoute-t-il, la seule racine cérébelleuse d'un nerf crânien sûrement mise en lumière jusqu'à ce jour, car la connexion de l'acoustique avec le cervelet est loin d'être directe, elle n'a lieu que par l'intermédiaire d'un noyau à grandes cellules dit nucleus magnocellularis aoustici. L'enseignement à tirer de cette catégorie de faits, le voici : il faut invariablement employer de concert la méthode d'analyse des fibres, avec celle des coupes transverses, quand on se propose de pratiquer des recherches sur la structure de l'encéphale.

M. HiTziG (de Halle). Sur un cas de déchet hémilatéral du cervelet. Ne voulant pas exposer la pièce même aux dangers d'un voyage, à raison des peines que sa préparation lui a coûtées, M. flitzig présente à l'assemblée le moule en plâtre d'un tronc d'encéphale, dans lequel l'hémisphère cérébelleux droit est réduit à un mince rudiment. Ce rudiment se compose de deux petits lobules dont le plus gros, du volume à peu près d'un haricot, est adjacent au bord médian de l'hémisphère gauche. A ce lobule est appendu un petit noyau gros comme un noyau de cerise, qui se trouve séparé du premier par l'expansion membraneuse du toit du quatrième ventricule et, en avant, par le pédoncule cérébelleux moyen. Le pédoncule cérébelleux moyen prend naissance dans ces deux lobules, de sorte qu'ils représentent les moitiés supérieure et inférieure de l'hémisphère. Le vermis n'a pas laissé non plus grande trace. Le vermis supérieur se trouve peut-être dans sa plus forte part enterré sous l'hémisphère gauche et sous le rudiment du lobule supérieur

droit. D*un autre côté, on rencontre, à la base de Théroisphère gauche, en arrière de Tamygdale bien développée, un lobe anormal, étant donné la place qu'il occupe; on peut croire qu'il correspond à une grande partie du Ter mis inférieur, de la luette, etc. Le pédoncule cérébelleux moyen et la protubérance paraissent extraordinairement réduits dans toutes leurs dimensions. L'olive gauche est remplacée par une dépression sur la pièce fraîche. Le trijumeau du côté droit, c'est-à-dire du côté malade avait un volume presque de moitié moindre que celui du côté gauche. C'était l'inverse pour les acoustiques. En outre, la valvule de Tarin était à droite considérablement épaissie et légèrement rougeâtre. — Le lobe postérieur du cerveau était très manifestement plus volumineux à droite qu'à gauche et plus gros que normalement. L'encéphale frais, y compris la pie-mère, pesait 4,100 grammes dont 505 grammes pour l'hémisphère cérébral droit et 475 grammes pour l'hémisphère cérébral gauche, 84 grammes pour le cervelet, la moelle allongée et la protubérance ensemble, soit 80 à 90 grammes de différence avec la normale. — La moelle épinière fraîche ne présentait à la vue aucune anomalie ; soumise à l'action de l'acide chromique, elle offrait une coloration jaune des cordons postérolatéraux et non des cordons postérieurs. On en fera plus tard des coupes. De cette description, [il résulte qu'il s'agit d'une anomalie de formation datant des premiers temps de la vie embryonnaire, opinion à l'appui de laquelle vient encore l'état de la base du crâne défectueuse dans sa fosse postérieure droite. iLa branche droite de Téminence cruciforme se rend directement à angle aigu vers le trou de la jugulaire. — La patiente à laquelle appartenait ce cervelet avait été reçue à l'établissement à l'âge de trente-deux ans, le 14 avril 4882. Elle n'avait jamais eu de troubles de la motilité; elle avait appris à marcher en temps opportun et pouvait sauter et danser. Mais à l'école, c'était une arriérée et une inhabile. Instincts sexuels très développés, si l'on en juge d'après ses liaisons avant son mariage. Il y a neuf mois, signes somatiques et psychiques de la paralysie générale, sans qu'on fût en état de constater de causes particulières. Au moment de l'admission, humeur et mégalomanie du paralytique général ; amnésie très accentuée. C'est alors que se produisent des troubles de la motilité et des troubles de coordination de toutes sortes; ce sont : la parésie du facial gauche, des convulsions fibrillaires des muscles de la face, un embarras de la parole excessif, de l'ataxie des extrémités supérieures et inférieures, des oscillations du corps quand on fait tourner la malade, mais non quand on la fait marcher, les yeux fermés : la force, les réflexes tendineux, la sensibilité n'ont éprouvé aucune modification. L'évolution fut à peu près celle de la paralysie progressive. M. Hitzig appelle plus spécialement l'attention sur la parésie du moteur oculaire externe gauche (28 avril) sur la

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parésie du facial droit et de Textrémité inférieure du même côté, sur rapparitiOD d'un vertige entraînant la chute en arrière à la suite de l'occlusion des yeux^ sur rapparitîon par intervalles dMne mydriase gauche, enfin (mars 1883) sur la déchéance générale de la force brutale, avec impossibilité de localiser les excitations sensibles, aboutissant à une augmentation considérable des troubles de la coordination, notamment à droite, et à Tanesthésie. Mort le 3 avril. La publication in extenso sera effectuée, dès que des investigations microscopiques auront été exécutées. En attendant, remarquons que l'absence de cervelet n'avait pas entraîné de troubles de coordination; l'idée que le cerveau avait dans l'espèce, suppléé les fonctions cérébelleuses arrêtées dans leur développement pour ainsi dire ab ovo est corroborée par la marche de la paralysie g-énérale; car, telle est, dès l'apparition de la méningopériencéphalite, l'intensité des phénomènes ataxiques qu'ils constituent le symptôme somatique principal, alors que les cordons postérieurs demeuraient indemnes, et tandis que les réflexes tendineux persistaient. Ces allures permirent à l'auteur de songer, tout en portant le diagnostic paralysie générale, à l'existence d'une affection organique de l'encéphale, probablement du cervelet, sans désignation plus précise, naturellement.

M. FuERSTNER (d'Hcidelberg) lit un Mémoire intitulé : Contribution à la pathologie et au diagnostic de la formation de cavités dans la moelle. Il sera publié m extenso K

M. RuMPP (de Bonn). Contribution à Vanatomie pathologique du tahes dorsalis. 11 s'agit d'une hémorrhagie de la moelle consécutrice à l'élongation du sciatique dans le tabès dorsal. L'auteur saisit l'occasion pour consigner quelques remarques relatives au processus anatomopathologique du tabès. Ce travail sera publié tn extenso *.

M. BoRELL (directeur de l'asile de Hubb), présente un cervelet offrant des lacunes très prononcées dans les hémisphères et le vermis. L'hémisphère gauche manque complètement; son rudiment, à peine gros comme un haricot» correspond à une portion de l'amygdale et au lobule du pneumogastrique. Celui de droite qui représente Tamygdale, le lobule du pneumogastrique et une partie du lobule quadrangulaire, mesure en diamètre, suivant une perpendiculaire qui tomberait sur la moelle allongée» 2,8 centimètres, son plus grand rayon serait 1 ,5 à 2 centimètres; le vermis est très fortement réduit, surtout le vermis supérieur. Le monticule ou éminence du vermis supérieur fait défaut. Les olives de la moelle allongée sont invisibles. La protubérance est très mince. Les tuber-

^ On en trouvera Fan^lyse aux Revues analytiques. - Nous Tanaly serons alors.

cules quadri jumeaux sont normaux. Le pédoncule cérébral gauche est plus fort que celui de droite. La fosse occipitale inférieure présente une moindre capacité surtout à gauche ; le foramen magnum offre une grande circonférence, on est également frappé de la brièveté de la crête occipitale interne, de l'absence du sillon transverse et de la force des sillons destinés aux sinus occipitaux postérieurs dilatés, enfin, de l'étroitesse du plan incliné de Blumenbach qui descend de la selle turcique au trou occipital. — Ces pièces proviennent du cadavre d'un homme de trente-huit ans, entré à l'asile le 42 avril 1883. Les commémoratifs signalent de violentes convulsions dans l'enfance, et le peu de développement des facultés intellectuelles, qui président à l'instruction. En butte aux mauvais traitements d'un père irritable, un beau jour, à la suite d'une scène, l'enfant, âgé à cette époque de dix ans, est pris de convulsions généralisées avec perte de connaissance ; dès lors, les accès d'épilepsie n'ont pas quitté le patient plus d'un mois. Dès ce moment aussi les facultés rétrogradent d'une façon très prononcée la parole et la marche deviennent difficiles, si bien que, lorsque le malade sort de l'asile (il n'a encore que 29 ans), le diagnostic se formule par ces mois: « Démence épileptique ». L'examen révèle ce qui suit. Etat de tension tonique perpétuelle de l'appareil musculaire de la nuque; mouvements difficiles, gauches, tâtonnes, tout particulièrement dans les extrémités inférieures; il se produit pendant la marche un branlement de toutes les parties du corps les unes sur les autres, comme si elles n'étaient attachées ensemble que par des ligaments lâches, en môme temps les pieds s'accrochent facilement; quand l'individu court, il manifeste un certain degré de crainte et tourne en avant le côté droit. Oscillations, môme dans la station debout, pour conserver l'équilibre. Parole lente, traînée, avec des temps d'arrôt à propos de certaines syllabes ou de certaines lettres. L'état très avancé de la démence ne permet pas un examen plus complet de la parole, de la vue de la sensibilité, il sait son nom, celui de ses frères, connaît son lieu de naissance, fait comprendre ses besoins, ses souffrances (céphalalgie) ; mais c'est un ogre vorace et rageur qui, sous Tiniluence des émotions les pi us minimes, récupère, pendant sa farouche colère, l'habileté de sa motilité. Jamais d'onanisme, pas de gâtisme ; constipation opiniâtre, vomissements à l'occasion des écarts de régime. Mort de pneumonie double. Jusqu'au dernier Jour, la voracité a persisté, jamais on n'a constaté de troubles oculaires, ni de paralysie, tandis que les attaques, devenues très fréquentes dans les dernières années, ont continué à s'effectuer isolément plutôt que par groupes. — L'autopsie révèle, en outre, une leptoméningite chronique avec œdème modéré du cerveau ; les méninges molles, dans la région cérébelleuse, sont aussi minces qu'à l'état normal au-dessus des parties relativement nor-

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maies de cet organe; elles sont épaissies dans les plis et au niveau des lacunes. Les artères cérébelleuses sont manifestement plus étroites à gauche. La voûte crânienne, en somme petite, n'est nulle part épaissie. Le diploé est bien conservé. La moelle allongée et la moelle épinière susciteront d'autres détails après examen microscopique.

M. Baeumler (de Fribourg) montre des photographies d'une malade de sa clinique atteinte de maladie de Basedow qui présentait, au maximum de netteté, le symptôme de de Grœfe : absence du concours du mouvement du globe oculaire et de la paupière supérieure, en regardant en bas. Il semblait que ce phénomène fût produit par une contracture musculaire.

Séance du 17 juin 1883.

Présidence de M. Stàei, directeur de Stèphansfeld.

M. HiTziG (de Halle), sous le titre de Contribuiion à la physiologie du cerveau^ examine les fonctions de la pointe du lobe antérieur, du lobe frontal, du chien. Il rappelle ses opinions antécédentes. Jusqu'ici ses expériences tendaient à lui dénier toute faculté motrice. Mais voici qu'après lui Munk, prétendant avoir, à Taide de courants d'induction, provoqué des convulsions, à Taide de réseclions, produit des paralysies, rattache au lobe frontal Tinnervation des muscles du dos, tout en lui refusant le siège de rinteliigence. Hitzig a donc repris ses recherches sur celte région ; il n'entend communiquer ici qu'avec une certaine restriction les premiers résultats obtenus. D'abord l'excitation de Técorce, telle qu'elle a été pratiquée par Munk, ne prouve rien, parce que les courants étaient trop forts. Il n'en est pas de même des mutilations; la séparation du lobe antérieur d'avec le reste du cerveau aurait engendré la paralysie de l'appareil musculaire du tronc du côté opposé, et l'animal serait devenu incapable de recourber en crochet sa colonne vertébrale de ce côté ; Topération a-t-elle été exécutée des deux côtés, la colonne vertébrale s'incurverait en dos de chat. Intégrité de la vue, de l'ouïe, de l'intelligence. Or, le contrôle d'Hitzig montre que les accidents moteurs décrits sont loin d'être aussi faciles à engendrer, aussi réguliers que le prétend Munk ; s'il est des cas qui témoignent de la réalité de ces assertions, et, à cet égard , c'est bien une découverte propre à Munk, il en est d'autres où c'est en vain qu'on a séparé, qu'on a même détruit, à l'aide d'une curette, la substance cérébrale d'un côté, ou dans les deux hémisphères, les manifestations signalées ne sont pas survenues. Par contre, il est bon de remarquer qu'en ce qui concerne d'autres régions du cerveau, la plus minime intervention sur l'écorce déter-

ihine des troubles manifestes des mouvements ou de la vue, alors «lu'ici une lésion profonde jusqu*à Tirradiation de la substance blanche peut demeurer sans résultats^ même dans les premiers jours, bien que le traumatisme ait dû certainement agir à distance. — M. Hitzig ajoute qu'il a souvent observé des troubles considérables de la vue sur Tceil opposé, des troubles de la molilité dans les extrémités, des lacunes très prononcées dans les facultés intellectuelles. Ainsi, si Ton agit sur des animaux dont les allures avant l'opération avaient été exactement étudiées, sur des chiens bien dressés, on remarque qu'à la suite d'une mutilation bilatérale, ils ont perdu cette éducation et ne réapprennent plus; tel est Taffaiblissement de leur mémoire qu'ils oublient^ dès qu'ils cessent de les voir, l'existence de morceaux de viande qu'on vient de leur jeter; ils ne cherchent plus la place qui leur était destinée, pour prendre leur nourriture, etc.... — Faut-il, pour les troubles de la motilité, invoquer la participation secondaire du gyrus sigmolde voisin ? Il y aura lieu de s'occuper de cette question plus tard. En tout cas, M. Hitzig refuse pareille interprétation pour les troubles de la vue, troubles qui cessent après plusieurs jours. L'auteur ajoute qu'il aurait beau jeu à prétendre que ce qui a été observé à cette époque n'a pas de valeur. Mais il s'en tient à ses manières de voir anciennes. Assurément ces symptômes sont passibles de critiques spéciales, mais ils fournissent de très importantes indications à qui veut se former un jugement relatif au mécanisme des opérations encéphaliques. La réalité est que, sans qu'on puisse saisir l'influence qu'un traumatisme de la pointe du cerveau antérieur doit exercer sur les lobes occipitaux (sphère visuelle), il doit exister des connexions directes entre ces deux parties de l'organe ^ M. Hitzig adopterait la même opinion pour cette région que lorsqu'on a affaire à de frrandes destructions dans le domaine du gyrus sigmoîde. Tout en se rapprochant, sur le terrain des faits, de Goltz, il n'abandonne cependant pas ses théories d'autrefois sur la localisation. A Schiff, qui a défendu l'opinion que les convulsions issues de l'excitation électrique de l'encéphale émanaient des réflexes, c'est-à-dire de l'incitation des expansions centrales des nerfs du tact, que ces convulsions devaient être confondues avec des mouvements réflexes consécutifs à une sensation tactile violente et propagée, Hitzig répond qu'il ne connaît pas de mouvements réflexes simplement originaires d'excitations tactiles, et qu'il n'a jamais observé de mouvements réflexes qui aient quelque ressemblance avec les effets de l'excitation électrique. Braun a du reste fait ressortir que l'ablation de l'écorce grise n'empêche pas les convulsions de se produire. Schiff alors a soustrait le centre

4 Voy. Archives de Neurologie, t. Vï, p. 403 (note et texte); t. VIT, p. 365 et suivantes ; t. YIU, p. 90 et auties passim.

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réflexe à Técorce pour le reporter ailleurs sans préciser autrement Tendroit. Les fibres centripètes conductrices des réflexes monteraient avec les cordons postérieurs de la moelle, glisseraient sous Técorce du cerveau, s'enfonceraient encore dans les profondeurs et aborderaient le nouveau centre réflexe de Schiff ; de ce centre partiraient les fibres centrifuges qui, remontant au voisinage de récorce, et non plus loin, gagneraient finalement les cordons postéro-latéraux. Outre que ce rendez-vous sous Técorce est bien artificiel, il n'explique pas les troubles des mouvements après la destruction superficielle de Técorce. Hitzig persiste donc à dire qu'il existe des centres corticaux moteurs, sensitifs et sensoriels desquels partent des fibres possédant les mêmes propriétés et que ce sont les fibres motrices qui sont excitées par le courant électrique. L'expression de champs corticaux moteurs est nette, comme la définition dont elle relève. — Munk fait du centre moteur une sphère de sensibilité. Or, c'est à Hitzig que revient Thonneur d'avoir signalé que l'animal n'avait plus de son membre paralysé une parfaite conscience, qu'il ne s'en représentait plus l'image intégrale. En résumé, l'orateur revendique la découverte des centres corticaux dont il établit l'existence sur une base encore plus solide qu'en 1870, Tous les centres signalés alors sont, de même que ceux qui ont été indiqués depuis, des points de ralliement, une intervention très profonde ou très étendue sur les rouages centraux, déchirera nécessairement quantité de connexions entre chacune des régions encéphaliques, et produira par conséquent des symptômes susceptibles d'une rapide compensation. Dans cette catégorie, il faut faire entrer les troubles visuels promptement passagers qui se manifestent lorsqu'on agit profondément sur di- -erses régions de l'hémisphère. Mais Hitzig combat de front les conceptions de Munk à l'égard de la nature des facultés intellectuelles élevées et de leur rapport avec le substratum matériel. Non pas qu'il pense que l'intelligence ou mieux le bagage des conceptions ne doive être cherché dans toutes les zones de l'écorce, ou plutôt de toutes les parties de l'encéphale ; mais il prétend que l'abstraction rend nécessaire des organes particuliers, et, provisoirement, il s'adresse au lobe frontal. En revanche, il serait à priori tout à fait improbable que l'énorme masse de substance cérébrale qui forme le lobe frontal de l'homme soit totalement préposée à des fonctions aussi simples que les mouvements de la colonne vertébrale, et les expériences instituées jusqu'ici par l'orateur n'ont réussi qu'à le fortifier dans son doute.

M. VON Merino (de Strasbourg) traite des effets du haschisch. Ses essais ont été faits à l'aide du cannabis indica et en particulier avec le churrus. Le churrus, c'est la résine qui s'écoule dans le nord des Indes de chanvres cultivés à S,000 mètres d'élévation. La préparation dont il s'est servi provenait du Yarkand; il la doit

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à l*obligeance du D' Dymock, de Bombay. Elle se présente sous la forme d'une masse compacte, brun-noir, assez molle, exhalant une odeur intense de chanvre; la saveur en est amère et résineuse. Les deux tiers de ce magma se dissolvent dans Talcool, Tétlier, l'essence de pétrole, le sulfure de carbone, Thuile d'amandes. L'insolubilité dansTeau est absolue. Il ne contient pas d'alcaloïdes. Cette résine distillée avec Teau dé^'age une faible quantité d'huile éthérée qui passe avec les vapeurs et répand une odeur intense de chanvre; mais sans exercer sur les individus d'effets spéciaux. Le résidu, c'est-à-dire ce qui ne passe pas avec les vapeurs d'eau, est constitué par une substance résineuse qui, elle, possède des effets physiologiques excessivement accentués. A faibles doses (6 à 45 centigrammes en pilules ou en solution alcoolique)yelle produit chez l'homme, abstraction faite des idiosyncrasies, les phénomènes suivants, au bout de une à cinq heures. Ce sont : de la lourdeur avec engourdissement des membres; des convulsions musculaires, des secousses dans les muscles, des bourdonnements d'oreilles et delà dysacousie, un défaut de perception, une sensation de chaleur ou de froid dans la tête, des vertiges, de la photopsie, de Tobnubilation de la vue, de l'incertitude dans la démarche, de la sécheresse de la muqueuse buccale, un sentiment d'angoisse avec oppression. A ces manifestations désagréables succède la plupart du temps un stade agréable, caractérisé par une galté excessive (rires bruyants), une exagération de limagination, une profusion d'hallucinations etd'illusions(notammentdeJa vue) dépourvues de toute mesure, de toute proportion, qui passent et se succèdent rapidement. Jamais l'intoxiqué ne perd connaissance ; il se rend même parfaitement compte que les tableaux fantastiques ne sont perçus que lorsqu'il ferme les yeux, qu'ils disparaissent quand il les ouvre, et vice versa. Maints individus dorment des heures pendant ce stade. Il est bien rare que Ton observe des effets accessoires tels que céphalalgie ou vertige. Le médicament n'exerce aucune iniluence sur les évacuations intestinales, mais il stimule très sensiblement l'appétit. Le pouls s'accélère au début, et, pendant la période d'activité du haschisch, la pupille se dilate. Certaines personnes présentent passagèrement une rigidité musculaire très forte accompagnée de flexihilitas cerea. M. de Mering s'occupera de continuer ses essais; il s'inquiétera surtout de séparer au point de vue chimique le principe actif de la résine et d'instituer des expériences sur les animaux.

M.R. Berlin (de Stuttgart). Sur la dyslexieAl a observé cinq fois un complexe clinique dans lequel le symptôme prédominant, le symptôme caractéristique, était un trouble de la lecture plus ou moins soudaine. Que le texte typographique soit petit, moyen ou gros, le malade^ qu'il lise à haute voix ou à part soi, ne peut assembler que peu de mots ; puis, l'opération ne marchant plus, il

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met le livre de cAté, et, après une suspension de quelques instants, il se remet à lire quelques mots comme tout à l'heure. L'analyse du patient montre qu'il ne s'agit point d'une altération de la vision ni desrégions voisines, on ne constate ni douleurs oculaires, ni asthénopie, ni amblyopie, ni perturbations dans aucun des organes qui constituent l'appareil de la vue; Texamen fonctionnel et l'ophthalmoscope ne révèlent aucune anomalie. Généralement, au bout de peu de semaines, l'amélioration est assez marquée ; mais toujours on note simultanément des symptômes cérébraux accentués tels que la céphalalgie et des vertiges (prodromes), l'aphasie (2 cas), l'hémianopsie droite (4 cas), des troubles de la motilité dans la langue {t cas), des paresthésies droites {t cas), des hémiplagies associées (deux cas, dont un à droite), des convulsions dans les muscles de la face du c6té droit (i cas). Le premier malade succombait quelques mois après Tapparition de la difficulté de lire, à une apoplexie; un autre mourait un an plus tard d'un érysipèle de la face accompagné de fièvre modérée ; un troisième était enlevé par une paralysie progressive à marche rapide. Deux vivent encore, mais ils ont été hémiplégiques. L'âge des patients composait 72, 62, 63, 43, 30 ans ; il s'agissait de trois hommes et de deux femmes. L'autopsie pratiquée chez deux des morts décela : dans un premier cas, un athérôme très prononcé et très étendu de Tarière sylvienne gauche, mais la substance cérébrale ne présentait aucun résidu anatomopathologique capable d'expliquer les troubles passagers; — dans un second cas, une inflammation chronique dos méninges molles au niveau de la surface entière de Tencéphale, à laquelle participait la substance grise elle-même enflammée ou atrophiée (examen microscopique de Ziegler). La soudaineté du début de la perturbation et la concomitance des symptômes cérébraux, soit dès son installation soit au cours de son développement, permettent d'en rapporter, selon toutes probabilités, la cause anatomopathologique au cerveau; c'est pour accentuer cette manière de voir que M. Berlin l'a, par analogie avec Talexie, désignée sous le nom de dyslexie, sans élever d'autres prétentions physiologiques. Son importance diagnostique et pronostique se rattache à ce fait, qu'elle a, dans tous les cas observés, été le symptôme initial d'affections ancéphaliques graves. Où faut-il la localiser? Si l'on en juge d'après l'aphasie et d'après la prédominance des phénomènes paralytiques du côté droit, ce sont les couches corticales gauches ^qui devraient réceler la lésion pathogénétique. Les convulsions de la face et l'hémianopsie signalées permettent de préciser encore mieux la probabilité et de dire qu'il faut chercher entre la circonvolution de Broca, le centre du facial, le centre moteur des deux extrémités, et le centre de la vue. La lésion dériverait de l'appareil circulatoire (apoplexie, embolie), ou serait de nature inflammatoire, d'après ce qui vient d'être dit. Dans un cas

morte], et chez un malade encore en traitement, la syphilis avait précédé Taccident ; dans ce dernier fait, des onctions mercurielles entraînèrent une amélioration radicale de tous les symptômes. — L*orateur fait remarquer que Kussmaul a observé un état semblable au moment de la période de convalescence de Talexie, tandis que les observations prises parlui concernaient un symptôme initial. Il a vu pareille chose dans l'alcoolisme chronique^ dans le traitement salicylé (à hautes doses), dans certains complexus fébriles, de sorte qu'il y aurait lieu de distinguer une dyslexie toxique et une dyslexie organique. L'évolution de la dyslexie permet de concevoir qu une altération pathologique, plus ou moins aiguë a entravé une partie du travail actif de la zone corticale gauche qui préside à la conversion psychique des symboles écrits en conceptions ou en mots; cette entrave fonctionnelle n'est pas définitive, car, avec de grands efforts, le malade parvient à récupérer, au moins passagèrement, cette faculté. C'est dire que le degré de la lésion est moindre que pour Talexie et qu*elle n'a pas déterminé de destruction complète des régions en question. Aussi, la dyslexie s'améliore-t-elle très vite, trop vite pour que l'on puisse songer à la compensation physiologique d'autres parties de Tancéphale.

Discussion :

Elle met en lumière l'appoint de M. Jolly. Lui aussi a vu la dyslexie se montrer pendant le stade de convalescence de l'alexie. Il demande à M. Berlin si le symptôme observé par lui ne dépendait pas d'un état de faiblesse générale. Celui-ci répond que ses malades examinés à ce point de vue n'ont jamais présenté d'affaiblissement ou d'épuisement. La plupart d'entre eux étaient bien portants et vigoureux jusqu'au jour où la dyslexie survint tout à coup.

M. G. Fischer (deCanstatt\ entretient le Congrès d'une modalité toute particulière de paraparésie observée jusqu'ici par lui dans sept cas. En l'absence de prédispositon héréditaire, eu l'absence de syphilis, sans qu'il existe d'étiologie nette, il s'installe, sous la forme subaiguô ou chronique, un affaiblissement de la motilité des extrémités inférieures, avec des variétés et des alternances graduelles entre une simple diminution de la puissance musculaire et l'impossibilité complète de marcher. Nulle part de paralysies réelles, ni ataxie, ni atrophie musculaire, ni contracture.-. Dans quelques cas, les réflexes tendineux étaient exagérés au début de l'affection ; plus tard, ils décroissaient jusqu'à disparaître chez certains malades. Dans une observation, en pressant le ventre de certains muscles, on déchaînait des réflexes marqués sur des groupes musculaires éloignés. Hyperexcitabilité mécanique des muscles dans cinq cas ; un fait témoigne de la sensibilité des fibres

à la percussion. Il existe fréquemment des convulsions fibrillaircs, sous forme ondulatoire, dont la genèse, aujourd'hui spontanée, pendant la période de repos, est d'autres fois provoquée, soit par un examen assez long, soit par les mouvements volontaires. L'examen électrique révèle trois caractères communs : l® bien qu'il ne s'effectue pas de réaction dégénérative marquée, la convulsion provoquée par le courant faradique direct ou indirect affecte une marche ondulatoire essentiellement différente des contractions fibrillaires simples et invariablement absente chez les patients guéris; 2® la répétition de l'excitation électrique décèle un épuisement de l'excitabilité, qui souvent revêt la forme de la réaction lacunaire de Benedikt; 3® d'une manière générale, l'excitabilité électrique est diminuée. Un cas offrait la forme moyenne de réaction dégénérative de Erb, A SZ se rapprochant fréquemment de K S Z. Chez deux malades, le temps de la réaction latente fut visiblement allongé. Au stade initial, légers troubles delà sensibilité; mais jamais de perturbations objectives de cette fonction, jamais de ralentissement dans la conductibilité des impressions, jamais de points douloureux à la pression. Dans deux observations, la convalescence fut marquée par le rétablissement de la sueur des pieds qui avait disparu au début de la maladie. Intégrité de l'encéphale, des nerfs crâniens, des extrémités supérieures, des fonctions végé tatives, des organes génitaux, des sphincters. La guérison complète fut obtenue chez quatre individus, un patient fut amélioré, les deux derniers échappèrent au traitement. Malgré les analogies irréfutables de cette forme morbide avec la paralysie spinale subaiguë de Duchenne, aucun des symptômes consignés ne permet de conclure résolument à une origine médullaire de l'affection. Peut-être s'agit-il d'un mode rudimentaire ou abortif de la paralysie de Duchenne ou plutôt d'une altération périphérique (myosite)?

M. Waldeyer (de Strasbourg). Sur la muqueuse olfactive de Vhomme. Existe-t-il, ou non, dans la région olfactive de l'homme un épithélium à cils vibratils? Tel est le problème que ce professeur s'est posé. La muqueuse d'un supplicié est venue à point lui permettre de faire des préparations très fraîches. Or, chez cet individu, la plupart des points de l'expansion du revêtement olfactif sont couverts d'épithélium à cils vibratiles bien développé. Maisilest d'autres places irrégulièrement disséminées, où les cils vibratiles paraissent faire défaut. Seulement, enredoublantd'attention,on voit que la pluralité des cellules, qu'il s'agisse de la forme svelte des cellules olfactives de M. Schultze ou de<« cellules épithéliales ordinaires, ont conservé, sinon quelques cils vibratiles, au moins des débris de cils. Aussi, Waldeyer incline-t-il à croire que les zones en apparence privées de cils vibratiles sont des surfaces dont la garniture de cils s'est détruite pendant les manipulations, et non des champs normale-

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ment dépourvus de ces éléments. L'homme posséderait donc dans toute sa région olfactive un épithélium à cils vibratiles. La base de cet épithélium serait doublée de la membrane limitante olfactive décrite par vonBrunn; elle constitue une raie sous-jacente, de sorte que, s'il demeure établi que toutes les cellules de la muqueuse olfactive ont des cils vibratiles, la membrane limitante n aurait pluA de valeur dans ia question de savoir quelles sont les cellules qui se font les intermédiaires des sensations olfactives.

M. Zâcher (d'Heidelberg). Sur les allures des réflexes dans la paralysie progressive et sur les troubles de la vue qui suivent les attaques congestives. Ce travail sera publié in extenso •.

M. MoHHSRN (d'Heidelberg). De V influence de quelques médicaments sur Vexcitabilité des fibres nerveuses. Dans Tensemble des complexus symptomatiques que Ton observe à la suite de l'administration interne des médicaments dits nervins, les modifications de Texcitabilité des fîbres nerveuses périphériques ne jouent à peu près jamais aucun rôle. Mais quand Texpérimentateur se propose d'empoisonner artificiellement des nerfs vivants isolés, on observe des modifications de pareil ordre, parce qu'il est démontré que beaucoup de nervins, en application locale, produisent des cban gements dans l'activité des fibres nerveuses. Ces transformations peuvent apporterleur contingent à Tintelligencc de l'action toxique exercée sur les appareils nerveux complexes. C'est ainsi que les nerfs traités par la digitaline, devenus hyperexcitables, conduisent mieux les courants électriques; une forte dose engendre un tétanos tout spécial du nerf, une manifestation analogue à la raideur observée par Boehm pour le muscle cardiaque dans l'intoxication à l'aide de la digitale. Les essences éthérées se contentent de stupéfier les nerfs, sans qu'on constate d'hyperexcitabilité préalable. M. Mommsen pense que les phénomènes d'excitation observés dans l'emploi clinique de ces essences (du camphre, par exemple) dépendent d'une congestion cérébrale due à la paralysie de la tunique musculeuse des vaisseaux ou des nerfs d'arrêt. L'application locale du nitrite d'amyle sur les nerfs exerce une action égale à celle des essences éthérées, mais la narcose déterminée par le nitrite d'amyle ne peut être aussi fréquemment réitérée, sans nuire à la durée de survie du nerf, que lorsqu'on emploie les essences éthérées.

M. HoENERFACTH (dc Hombourg-lcs-Bains). Sur le traitement de la sciatique au moyen du massage. Les manuels de maladies nerveuses les plus usités ne parlent pas plus que bien des mémoires sur le massage de ce mode de traitement dans les névralgies. Ou plutôt, très souvent on lui refuse toute valeur. Quoique depuis longtemps

1 Nous ranalvserons alors.

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M. Hflnerfaath se fAt convaincu de son efficacité dans plusieurs névralgies, il lui répugnait^en théorie, d'y avoir recours à propos de la sciatique. Il croyait que de légères frictions n'auraient pas nn effet suffisant, tandis que de fortes pressions ne seraient pas supportées. Ce fut sur les instances pressantes d'un malade contraint, par une violente sciatique rhumatismale, de quitter le service militaire (il s'agissait d'un officier de trente ans), qu'il mit le massage en œuvre dans l'espèce. Or, à lui seul, ce moyen débarrassa totalement, et à jamais, le patient de ses tortures. En vain, deux ans durant, il s'était soumis méthodiquement aux courants continus et aux courants induits, en vain il avait pris iOO bains de vapeur, puis 40 bains à Wiesbaden ; dans ces derniers temps même, les séances d'électrisation aggravaient les phénomènes pendant les quelques heures suivantes. Le massage fut commencé peu après la cure de Wiesbaden ; une séance quotidienne d'une demi-heure et davantage le soulagea considérablement. On reprît concurremment réiectrisation par les deux espèces de courants, mais alors, le caJme dû au massage, loin de persister, cédait la place & une recrudescence des douleurs. En somme, au bout de quinze jours le malade était, parle massage, complètement guéri. 11 y a de cela deux ans, et l'on n'a pas noté de récidive. M.Hûnerfauth rapporte encore deux autres exemples de guérison très prompte et très complète de sciatique grave parle même procédé. 11 en expose la technique en pareils cas, ainsi que le traitement combiné à Taide de Thydrothérapie, du massage, de réleclricilé ; l'association de ces deux derniers modificaleur's lui a, notamment en pratique, fourni maints résultats intéressants.

M. Kast (de Fribourg). Contribution à l'albuminurie transitoire dans les états convulsifs. Une malade de la clinique de Fribourg était en proie à des accès répétés de convulsions tétaniformes dans les deux jambes, accès durant chacun entre plusieurs jours et plusieurs semaines; en même temps, elle excrétait une abondante quantité d'albumine par Furine. LMntensité de Talbuminurie, qui coïncidait littéralement avec le début des attaques, était presque totalement parallèle à la violence des crises; cette albuminurie disparaissait graduellement, alors que celles-ci s'épuisaient. En outre, la diurèse diminuait, l'urine concentrée contenait quelques cylindres hyalins; pas de corpuscules sanguins. Pendant deux ans, M. Kast et les médecins traitants observèrent plusieurs accès, de gravités variables, et, chaque fois, Turine, absolument normale dans les intervalles, devint alhumineuse dès que survinrent les accès convulsifs ; la quantité d'albumine diminuait de masse, la dilution de l'urine augmentant, quand la convulsion rétrocédait. Il s'agissait de convulsions toniques, la plupart du temps, écloses à l'occasion d'une cause patente de refroidissement, atlectant, sous la forme intermittente, les extrémités inférieures.

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et de préférence, les petits muscles de la plante du pied, ou, mais à un moindre degré, les muscles du mollet ; elles atteignaient, après plusieurs heures et même plusieurs semaines, à une période d^acmé caractérisée par une rigidité tétanique complète. Intégrité absolue de la santé générale. On parvenait également, en appliquant une bande d'Esmarch au-dessus du jarret, à déterminer une flexion tétanique, d'abord de la jambe soumise à la constriction, puis des groupes musculaires homologues de l'autre jambe. La jeune fille, atteinte de cette affection, très vigoureuse et très florissante, ne présentait aucun trouble du système nerveux, et cependant, sans qu'on eût constaté de perturbation visuelle, Tophthalmoscope révélait, au printemps de 4882 (examen de M.Manz), une névrite optique double. Puis, à la suite d'un état de mal persistant depuis plusieurs semaines ^ Turine demeura albumineuse, dans rintervalle, d'une façon continue, sans qu'il fût possible de trouver de phénomènes généraux consécutifs (ni œdème, ni hypertrophie cardiaque, etc.). Rapprochant cette observation des intéressantes communications de Kussmaul « sur le tétanos rhumatismal et les convulsions rhumatismales toniques qui entraînent dans leur évolution de l'albuminurie ». {Berlin. Klin. Wochenschr.^ 4871.) M. Kast explique cette association de convulsions intermittentes avec l'albuminurie par l'opinion que les deux genres d'accidents dépendraient d'une irritation spinale (névrite optique ?) ; celle-ci, en s'aggravant sous forme d'accès, engendrerait et les convulsions tétaniformes et la contraction spasmodique de la tunique musculeuse des vaisseaux. On sait aujourd'hui que l'albuminurie peut dépendre de l'excitation des vaso-constricteurs des artères rénales et que l'ischémie opiniâtre et répétée des glomérules finit par amener une lésion persistante de la membrane du glomérule et par suite, une albuminurie continue. Telle serait la pathogénie acceptable ici. Les détails sont réservés à une autre place >.

L'assemblée se sépare, après avoir choisi de nouveau Bade-les- Bains, comme lieu de réunion pour Tannée prochaine. MM. Erb (d'Heidelberg) et Franz Fischer (de Pforzheim) sont désignés comme organisateurs du Congrès suivant. {Archiv. f. Psych. u. Nervenk., XV, 4.) P. Kéraval.

1 Nous les mentionnerons, s'il y a lieu.

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