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XIV. Un cas d'uémorruagie de lx protubéranck ayaiNt entraîné

DES DÉGÉNÉRESCENCES SECONDAIRES DANS LE RUBAN DE ReIL; par Paul

Meyer. [Arch, f, Psych. u. Ncrvenk. XIII, 1.)

11 s'agit d'un homme de quarante-huit ans ayant d'al)ord présenté une légère attaque apoplectiforme passagère ; cinq ans après, à la suite d'une émotion, difficulté dans l'arliculation des mots, hémiplégie faciale droite, contracture du coude gauche en flexion, sans ictus ni troubles de la connaissance. Quatre jours plus tard, après une discussion, délire avec affaiblissement des facultés. A ce moment, hémiplégie faciale droite totale, parésie linguale, affaiblissement et incertitude du bras gauche , parésie de la jambe gauche, hémianesthésie très prononcée du même côté, Iiyperesthésie de la moitié droite de la face, alors que sa moitié gauche est anesthésique en partie; auesthésie de la cornée et de la conjonctive droites, paralysie complète des muscles droit externe droit et droit interne gauche, kératite commençante à droite. Rien d'anormal quant à la réaction pupillaire ou à l'état ophthalmoscopique. Exagération des réflexes patellaires à gauche. La motilité des extrémités gauches ne tarde pas à s'améliorer; mais le membre supérieur y reste le siège d'une ataxie extrême, avec incertitude dans les mouvements de par la perte du sens musculaire. A ces phénomènes s'ajoute l'absence de réflexe abdominal et crémastérien des deux côtés, la diminution du réflexe plantaire gauche, la réaction dégéuérative de Erb à Télectrisation du facial droit, l'augmentation de l'hémiplégie faciale gauche. La langue se sillonne, la parole devient de plus eu plus incompréhensible. Broncho-pneumonie. — On trouve à l'autopsie une sorte de

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feston dans la moitié antérieure droite du quatrième ventricule, dont le plancher, à ce niveau, offre une coloration brun-jaunâtre. L'examen histologiqoe démontre Texistence d'un vieux foyer apoplectique dans les deux tiers inférieurs de la moitié droite de la protubérance ; il occupe la région correspondante de Tétage supérieur du pédoncule, c'est-à-dire le champ des fibres motrices (substance réticulée) et le domaine du ruban de Reil (Roller); intégrité du faisceau pyramidal. Destruction du noyau du facial et de Toculo-moteur externe, des fibres radiculaires de ce dernier nerf, des origines fasciculaires et d*une partie des fibres du tronc de la septième paire. Intégrité de l'ocuto-moteur commun. La partie supérieure du noyau de la cinquième paire a disparu; ses racines descendantes ne sont détruites qu'au point d'émergence du nerf ; en ce qui concerne sa racine ascendante, l'altération n'a porté que sur les fibres qui, du locuê ccmileus gagnent l'entrecroisement et le raphé. L'olive supérieure a subi la destruction avec une portion des fibres profondes de la protubérance. Dégénérescence des feuillets médian et latéral du ruban de Reil, & l'exception du faisceau qui l'unit au pédoncule cérébral : l'altération ne dépasse pas en haut la région des tubercules quadrijumeaux inférieurs, mais elle atteint son maximum au voisinage du quatrième ventricule, où le ruban de Reil a en totalité disparu ; plus bas, dégénérescence du ruban • Les fibres motrices moyennes et latérales réticulées, l'olive inférieure et la substance réticulaire avoisinante, les pyramides sont demeurées intactes. Dans la région inférieure de la moelle allongée (entrecroisement des faisceaux sensitifs), on rencontre, à droite, en arrière du cordon pyramidal, une zone de dégénérescence triangulaire. Les lésions ne se poursuivent pas au-dessous de la troisième paire cervicale. Il est & remarquer que les dégénérescences secondaires sontcaractérisées : au-dessous du foyer, par la diminution de volume des fibres et Thyperplasie de lanévroglie ; au-dessus du foyer, par l'abondance de cellules granuleuses. Les nombreux anévrysmes miliaires trouvés à la convexité, dans le centre ovale, dans la protubérance, dans le bulbe, expliquent la pathogénie de Thémorrbagie. P. K.

XV. Altérations du système aNerveux central affectant particulièrement LES CORDONS POSTÉRIEURS DE LA MOELLE DANS l'eRGO-

tisme; par Franz Tuczek. (Arch, f, Psych, u, Nef'venL, XIII, 1.)

L'auteur tient la promesse faite par lui au Congrès de Bade en 18811. ]i complète Tétudc clinique de M. Siemens* et relate les

ï Archives de Neurologie^ t. III, p. 242.

* Archives de Neurologie, %, 111, p. Îf8.

résultats de ses expériences sur les animaux. L'intérêt nosographique de ce nouvel apport (27 observations) réside dans la manifestation d'une manie pure chez deux enfanta de sept et douze ans (fillette et garçon). La forme psychique demeura généralement celle de la démence aiguë avec stupeur, accès d'angoisse, perturbations diverses de la connaissance, phénomènes épileptiformes constants. Pour M. Tuczek il s*agit là d'une épilepsie corticale ; il en appelle à la déchéance intellectuelle concomitante si rapide, à la fréquence de manifestations psychiques équivalentes des accès spasmodiqiies*, à Tataxie et aux troubles de la parole succédant aux crises. Tous les malades présentèrent aussi des symptômes de lésions dans les cordons postérieurs ; l'autopsie de quatre d'entre eux en met Tezistence hors de doute. L'altération bilatérale, étendue à toute la hauteur de la moelle, se limitait symétriquement aux faisceaux de Burdach, ou du moins commençait par les bandelettes latérales. L'analyse histologique décelait l'atrophie des fibres nerveuses* par la prolifération du tissu conjonctif farci de cellules-araignées. C'est, dit M. Tuczek, un tabès à marche aiguë. L'auteur rapproche enfin l'absence du phénomène du genou de l'expansion de la lésion à la région lombaire ; il admet qu'elle puisse être le premier symptôme de l'altération des cordons postérieurs et pense que le phénomène du genou est un réflexe tendineux (une observation de retard du phénomène avant sa disparition). Le bilan anatomopathologique du cerveau est constitué dans l'espèce par de la pachyméningite externe, de la congestion corticale et de la dégénérescence graisseuse des vaisseaux moyens de l'écorce ainsi que de la substance homologue de la corne d'Âmmon. Les expériences entreprises avec l'ergot, Tergotine, l'acide scléroti nique employés à l'intérieur ou en injections sons-cutanées chez la souris, la poule, le lapin, le chien, le chat, demeurèrent négatives. Malgré l'émaciation, les vertiges, la stéatose viscérale, les phénomènes paraplégiques et même ataxiques, les réflexes patellaires persistèrent et la moelle resta indemne. P. K.

XVI. MÉMOIRE SUR LA DÉVIATION CONJUGUÉE DES YEUX ET LA ROTATION DE LA FACE DANS LES LÉSIONS BULBO-PROTUBÉ- RANTIELLES; A PROPOS d'uNE TUMEUR DE CETTE RÉGION;

par Quioc. [Lyon médical^ 1881, n*»» 27-30.)

L'auteur rappelle les travaux publiés sur ce sujet, et les points demeurés obscurs malgré leur importance. Graux n'a pas expliqué la rotation de la tête effectuée du

« Archives de Neurologie, l. IV, p. 93.

môme côté que la déviation des yeux par deux de ses malades et tous les animaux chez lesquels il avait réussi à provoquer cette déviation.

Landouzy à distingué la rotation croisée sans inclinaison de la tète de la rotation directe avec inclinaison^ sans démontrer que le centre immédiat de la première soit le noyau de la branche externe du spinal et non, comme celui de la seconde, les cornes antérieures de la moelle cervic>ale. La clinique et la physiologie permettent de croire que des fibres directes relient à Técorce cérébrale le centre immédiat de la rotation directe et des fibres croisées le centre immédiat de la rotation croisée.

Plusieurs cas échappent aux lois ainsi établies d*après Tobservation. On a trop oublié les ganglions nerveux de la base du cerveau dont deux, la couche optique et les tubercules quadri* jumeaux, sont de nature réflexe. Ces derniers ont des rapports déjà connus avec le noyau de Tabducens^parle faisceau transverse du pédoncule de Gudden. L'auteur montrera qu'ils en ont aussi avec les centres rotateurs de la tête et que la lésion des fibres qui les relient donne lieu à des troubles de nature spéciale consistant dans la suppression de la tonicité des muscles innervés par eux. L'influx volontaire parvient toujours à ces centres et annihilera par moments l'absence de tonicité.

Les tubercules quadrijumeaux envoient leurs bras dans la couronne rayonnante, et les deux faisceaux du ruban de Reil dans la calotte, voie réflexe de Meynert. Les fibres de la calotte ne s'entrecroisent que dans la moelle. On voit l'association croisée qui en résulte pour les noyaux d'origine bulbaires et médullaires des nerfs destinés aux muscles de la rotation.

Âdamûck, en excitant le tubercule quadrijumeau antérieur droit, provoquait la déviation conjuguée à gauche (signe de la marche croisée des fibres dans ces tubercules), et parfois aussi la déviation de la tête. Longet put faire suivre la lumière d'une bougie par pure action réflexe à des animaux privés de toute la portion des hémisphères supérieurs aux ganglions de la base. Peut-on sans effort ne pas tourner la tête du côté où l'on regarde? Ainsi la physiologie démontre les relations annoncées par l'anatomie. Un schéma résume les idées de l'auteur.

Un malade du professeur Gayet, après une céphalalgie intense et continue, fut pris sans diplopie, ni fièvre, ni convul-

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sions, ni paralysie, de déviation conjuguée des yeux à droite. La face tournée de même n'était nullement inclinée; les muscles du cou ni paralysés, ni contractures. Geite rotation disparaissait sous Tinflutence de la volonté. L'occlusion de O G permettait à D de se porter vers la gauche. Le diagnostic porté fut : tumeur de la moelle allongée, destruction du noyau de Tabducens gauche et de son anastomose avec Toculo-nioteur. A Tautopsie, on trouve une tumeur de la grosseur d'une noisette en avant du noyau de Tabducens, parmi les fibres verticales de la calotte, et sur le trajet du tronc de ce nerf.

Ainsi se trouvent confirmées les données anatomiques précédentes; ainsi est contredite l'opinion de Graux qui voyait l'anastomose de l'abducens et de l'ooulo-moteur dans des fibres verticales sous-épendymaires, et leur faisait gagner le noyau même de la troisième paire. Ces fibres obliques dans le plancher se dirigent vers le tronc de l'oculo-moteur. (Pierret.)

La rotation de la tète, corrigée par la volonté, ne dépendait que d'un défaut de tonicité des rotateurs croisés du côté droit et de la prédominance consécutive de ceux du côté gauche.

Passant en revue les observations de déviation conjuguée des yeux et de rotation de la face dans lesquelles l'autopsie a montré des lésions de la moelle allongée, l'auteur conclut que la déviation conjuguée des yeux du côté opposé à la lésion procède d'une lésion portant sur la partie postérieure de la région bulbo-protubérantielle, et celle qui a lieu du même côté d'une lésion affectant les parties de l'encéphale supérieures à cette région. Cette dérogation à la loi de Prévost et Landouzy ne subit elle-même d'exception qu'en ce qui concerne peutêtre le cei^elet et les faisceaux de la calotte unissant à l'abducens les tubercules quadrijumeaux*

L'exiitenoe de ghénomènos pathologiques du côté des membres indique une lésion atteignant les pyramides, leur absence, sa localisation à la partie postérieure de la région bulbo-protubérantielle.

La rotation de la face, dont les conditions sont encore ici obscures, a lieu du même côté que la déviation des yeux et manque plus souvent qu'elle dans les affections de la protubérance. L'état fonctionnel des muscles dont elle relève n'a aucun rapport avec celui des mnscles des membres.

D. Bernard.

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