‹ Archives de neurologie (volume 4)Chapitre 14 sur 51 · SOCIÉTÉ DE PSYCHIATRIE ET PSYCHOLOGIE LÉGALE DE VIENNE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ DE PSYCHIATRIE ET PSYCHOLOGIE LÉGALE DE VIENNE

Séance du 30 novembre 1881

M. Meynert, président, souhaite la bienvenue aux membres de la société réunis pour reprendre le cours des séances. H croit devoir cesser la lecture de son mémoire sur les sensations * parce qu'il a déjà traité complètement le sujet ailleurs (réunion des naturalistes de cette année); il se trouvera d'ailleurs eu mesure d'en remettre des extraits à ses collègues. Enfin, les leçons de choses étant supérieures aux meilleures descriptions, il présente à la société un malade de sa clinique atteint du délire des buveurs.

M. HoLLŒNDER après des considérations générales sur l'hystérie présente deux cas-typesde cette affection. H insiste sur l'importance de la théorie de Meynert : faiblesse irritable qui se traduit par l'exagération de l'action des centres sous-corticaux, comparée à celle du cerveau. Le diagnostic différentiel d'avec l'épilepsie repose sur l'existence des symptômes intervallaires. Le premier fait concerne de l'aphasie, des troubles de la vue, de l'anesthésie de la muqueuse pharyngienne, de l'hyperesthésie cervicale, de la sensibilité à la pression au lieu de passage des portions thoraciques et lombaires de la moelle. Le second fait a trait à de l'analgésie avec hémiparésie gauche. Chez les deux malades, M. Hollœnder provoque des phénomènes d'hypnotisme et de transfert.

M. HoLLER, trésorier-économe de la société, reçoit les remerclments de l'assemblée pour les peines qu'il se donne; ses comptes ont été apurés par les censeurs MM. Pohl et Schwab.

Séance du 21 décembre 1881.

M. Meynert présente un malade de sa clinique et montre qu'il agrémente une prétendue perception tout à fait fugace de détails d'une netteté particulière. Il décrit une place rasée dans la forêt, place tout à fait circonscrite au milieu de laquelle se serait dressée une fleur volumineuse. La raison pour laquelle une hallucination, tout à fait fugitive, devient le point de départ d'idées délirantes qui se poursuivent en de multiples directions conceptuelles, ce

>V. aux Revues analytiques.

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motif poarrait résider dans la durée, la répétition oa l'impression de netteté spéciale de cette hallucination. Voici les explications pathogénétiques de l'auteur. Un épileptique tombe par suite du spasme des vaisseaux artériels de tout un hémisphère ; mais on peut supposer que le spasme vasculaire se puisse limiter à un département des hémisphères. Que ce spasme partiel aille jusqu'à Tobturation et l'on aura, parallèlement, comme dans l'oblitération embolique, une hyperémie artérielle, collatérale, qui engendrera une irritation. Un rétrécissement prononcé d'un vaisseau artériel provoquera une diminution de pression dans les rameaux collatéraux. La production de ces phénomènes dans les hémisphères n'engendre pas l'hallucination, mais Thyperémie en question peut faire illusion à l'individu au moment où l'hallucination s'effectue, où elle parvient à la connaissance. La sensation subjective revêt de telles couleurs, sous Tinfluence de Tafflux sanguin, que le sensorium en conserve l'empreinte. Ces hyperémies collatérales excitent de même les centres sensoriels sous-corticaux ; c'est sous leur action que naissent les hallucinations.

Séance du 8 février 4882.

Le président communique à la Société la lettre de retrait de M. Nusser ObersanUûtsrath,

M. Hollande R lit son travail sur la Moral Jnsanity ^ Il en conclut que cette affection n'est pas autonome, qu'elle n'est qu'un syndrome greffé sur d*autres formes morbides.

La discussion s'engage. — M. Gauster considère ce complexus symptomatique comme le signe de la faiblesse intellectuelle : les motifs égoïstes qui poussent les malades à des actes pervers ne peuvent être domptés par leur jugement défectueux ; c'est donc bien une affection symptomatique d'autres maladies. — M, Holiœnder fait remarquer que si, dans tous les cas, la faiblesse psychique est évidente, la cause des actes pervers est non dans celte faiblesse, mais dans le délire des grandeurs et les idées de persécution. — M.. Heynert 4it que les mêmes éléments nosographiques se retrouvent dans Ta manie, la folie circulaire, la folie systématique, les affaiblissements psychiques qui suivent les maladies graves.

Séance du 29 mars 4882.

Sur la proposition de M. Pohl, la Société décide de multiplier ses séances. Elles auront désormais lieu le deuxième jeudi du mois.

■Nous Tanalyserons aux Revues analytiques.

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; .tt. PoHL prt^se de consacrer désormais une revue critique aux ti:<j^vaux imprimés, tant, dans les séances que dans Torgane dfi ia Société. Adhésion unanime.

M. Je PâÉsiDENT porte à la connaissance de la Société, la mort de M. Emmanuel Mildner, directeur de Ta^ile de Klosterneuburg et du professeur IKichek. Il exalte, comme de juste, leurs mérites dans la spécialité. L'assistance se lève en leur mémoire. Le président conimunique ensuite le motif du retrait de M. Ruben.

M. Meynert présente deux malades de sa clinique : un cas intéressant d'aphasie; un cas de démence.

Séance générale du 4 mat 1882.

M. PoHL communique son travail sur la folie impulsive *. La continuation en est remise à la séance prochaine.

Présentation des comptes pour Tannée 1881-82, par M. HoUer. Restant en caisse 215 florins, 46 kreuzers. Compte-rendu annuel des travaux de la Société, par M. Frilsch. Nous en omettons à dessein la liste. Qu'ils aient été lus en séance ou publiés dans les annales de la Société, nous les analyserons à leur tour dans les Archives de Neurologie,

Bureau pour l'année 4882-83 : Pi^ésidenty M. Meynert; vice-présideiity M. Hofmann; trésoiier-économe^M. Holler;secrétoires,MM. Hollœbder et von Pfungen; conseil dadministrationf MM. Wimmer, Pohl, Fritsch, Pfleger.

La continuation du mémoire de M. Pohl est remise à la séance suivante.

Séance du 29 novembre 1 882.

M. Meynert, président, adresse des paroles de bienvenue aux membres de la Société, rassemblés pour reprendre le cours de leurs travaux.

La Société reçoit comme nouveaux collaborateurs : MM. Nothûagel, Kundrat, Leidesdorf, Svetlin.

Le président annonce le retrait de M. Fieber.

M. le professeur Meynert. De nouvelles manières de voir ont refusé au noyau lenticulaire toute importance immédiate pour l'innervation hémilatérale de la motilité; ces fonctions ont été attribuées exclusivement à la portion correspondante de la capsule interne. L'auteur fait remarquer que tel est le nombre des trous-

ï Voir aux Revues analytiques.

seaux de libres^ qui issus du noyau lenticulaire, Tont se confondre avec Ja capsule interne et a^ec le pied du pédoncule cérébi^, qu*il est tout à fait impossible d*empêcher qu'une lésion de la capsule interne ne détruise à jamais des éléments du noyau lenticulaire. Le noyau lenticulaire commande par là aux mouvements du membre supérieur. Il est aussi en relation avec le système de projection de Técorce ; toute sa surface externe se relie à récorc«par des irradiations très nettes, issues de la capsule externe (préparations de Wernicke) ; c'est ce qui explique ces faits de paralysie bémilatérale, accompagnée d'aphasie par destruction ou intlammation de Técorce de l'insula.

Séance du 1 2 décembre i 882.

Discussion sur la folie impulsive. —Pour éviter que Ton ne se perde en des discussions théoriques, on se guidera sur l'histoire d'Un cas concret, dont M. Fritsch trace avec le soin le plus minutieux le tableau clinique.

M. Meynert, après avoir discuté les mobiles et les raisons des actes du sujet en question, demande à M. Pohl si, pour lui, la folie impulsive est une maladie autonome, ou si elle ne constitue que l'élément morbide de plusieurs entités psychopathiques.

M. Pohl pense que les manifestations 'dont il a trailé ne sont que des éléments morbides, mais qu'il était bon d'appeler l'attention sur eux par une monographie, vu leur importance médicolégale.

Séance du 30 janvier 1 883.

M. Meynert communique un cas d'encéphalite avec aphasie amnésique et atazique mélangées. Ces phénomènes servent de transition naturelle aux troubles de la parole des paralytiques généraux, qui ont pour substratum anatomique l'interruption de la conductilité dans les fibres d'association détruites et la mise hors de fonction des cellules corticales. Comme ces altérations sont grossières dans l'encéphalite et plus légères dans la paralysie générale, les troubles sont plus caractérisés dans la première que dans la seconde.

M. Meynert prend la parole sur un cas d'aphasie qui s'était montré quatre semaines environ avant la mort. L'autopsie révéla une encéphalite de la corne d'Ammon du côté gauche. L'atrophie de la corne d'Âmmon dans Tépilepsie laisse à entendre quit existe un rapport spécial entre la corne d'Ammon et le système vasculaire. L'hystérie, ce type de perturbation vasculaire, est le

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théâtre d'aphasies passagères, qui ne sauraient s'expliquer que par une anémie des centres de la parole, aussi prompte à se montrer qu'à s'évanouir. Dans le cas qui nous occupe, l'encéphalite de la corne d'Ammon pourrait être invoquée comme facteur, vu la persistance de Taphasie, mais à la condition d'admettre que ce foyer en permanence déterminerait une anémie continue des centres du langage.

Séance du \^^ févrùr 4883.

MM. PoUak et Yeronese sont nommés membres de la Société.

M. von Pfungen traite à la lumière d'une série d'observations personnelles les phénomènes de paralysie des muscles de l'œil qui se montrent dans la méningite. Il envisage, en particulier, les paralysies qui ne sauraient s'expliquer par l'interruption de la conductiiité des fibres nerveuses à la base, celles qu'il faut rattacher à la lésion d'un organe coordinateur. La physiologie expérimentale rapprochée de l'anatomie pathologique, permet de localiser cet endroit dans la région du cerveau moyen ; il faut expliquer ces paralysies par l'infiltration méningitique des membranes qui recouvrent les tubercules quadrijumeaux. Ce mémoire sera publié en détail. (Jahrbùcher f. Psychiatrie, IV; 4, 2, 3.)

P. Kéraval.

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