IV. — DU MERYCISMB CHEZ LES IDIOTS
Étiologie, — Les catises du mérycisme peuvent se diviser en deux classes : les causes occasionnelles et les causes prédisposantes. Nous venons d'en passer quelques-unes en revue dans le chapitre précédent; aussi nous ne ferons que les rappeler pour mémoire dans cette classiGcation.
Caisses occasionnelles. — Les causes occasionnelles du mérycisme sont assez nombreuses. Nous avons déjà signalé comme pouvant rentrer dans cette classe de causes : Yîmùation (Obs.III et IV); en voici encore un nouvel exemple, dont nous ne discuterons d'ailleurs pas la valeur.
Observation XXV. — Abraham Will rapporte le cas d'un idiot, né d'une mère idiote, qui s'accoutuma à ruminer après avoir passé des années avec des animaux ruminants. {Dictionnaire en soixante volumes, art. Méi*ycismc.)
Nous avons vu aussi le mérycisme apparaître à la suite de maladies aiguës (Obs. XIII et XIV), d'un voyage en mer (Obs. IX),
DU MÊRTOISMB. 259
d'une chute sur V estomac (Obs. X). De ce dernier genre de causes, on pourrait en rapprocher une qui aurait, suivant Cambay, une certaine valeur : c'est la compression de l'estomac par les vêtements trop setrés.
Mais, le plus souvent, c*est à l'occasion de troubles survenus dans les fonctions digeslives que se développe le mérycisme. Nous avons déjà vu trois observations (V, XVI et XVÙ) dans lesquelles le mérycisme est apparu à la suite d'une indigestion grave ou chez des individus ayant déjà des éructations acides ou souffrant de dyspepsie. Toutes les causes qui viennent entraver les fonctions de l'estomac peuvent par cela même provoquer, dans certains cas, l'apparition du mérycisme. C'est ainsi qu'agirait la voracité, presque ordinaire chez les mérycoles, puisque, sur toutes les observations où l'on a songé à la rechercher, une seule fois (Obs. XII) elle a fait défaut; on comprendrait sous cette dénomination l'action d'introduire dans l'estomac une trop grande quantité d'aliments à la fois et de manger trop vite, de sorte que l'estomac se trouve rempli instantanément.
A la voracité se rattachent les troubles de la mastication, très fréquemment observés chez les mérycoles, qui, pour la plupart, ne mâchent qu'imparfaitement ou même point du tout les aliments avant de les avaler pour la première fois. L'insuffisance de V insalivation y accompagnant presque toujours celle de la mastication^ rentre dans le même ordre de causes.
Les altérations du système dentaire peuvent agir dans le même sens, puisqu'elles sont un obstacle à la mastication. Dans beaucoup de cas, on n'a pas songé à signaler ce point; dans I'Observation XXVIII seulement, il est noté que le sujet était absolument privé de dents. Chez les idiots que nous avons observés à Bicêtre, le système dentaire était toujours défectueux, chez Gren.. surtout, où, avec les incisives supérieures, presque toutes les molaires font défaut ou sont presque complètement cariées. On comprend parfaitement que, dans des cas semblables, malgré les efforts du sujet, la mastication est toujours incomplète, surtout s'il y a coexistence de la voracité, comme chez Gren. . , et doit occasionner par suite des troubles de la digestion. Il n'y aurait donc rien d'étonnant à ce que les altérations du système dentaire soient une cause peut-être indirecte, mais en tout cas efficace, du mérycisme.
On trouve encore, signalées par Cambay, plusieurs causes
!260 EBVUE criuqub. — du mérycismb.
occasionnelles de mérycisme qui n'agiraient toujours qu'en troublant plus ou moins l'exercice de Testomac. Telles sont, par exemple, Yétude et les travaux stationnatres peu ou point actifs immédiatement après le repas; les aliments réfractaires à Faction de Testomac, les aliments crus, trop peu ou trop cuits, les parties tendineuses, aponévrotiques, les substances facilement altérées par le suc gastrique, le lait, les œufs peu cuits ; certains poissons, la morue salée, la raie fraîche, les œufs de brochet; les viandes dures, coriaces; les corps gras, principalement la graisse de mouton ; les substances de mauvaise qualité. Cette dernière cause serait celle du mérycisme dans TObservation XXI, où ce phénomène a suivi Tingestion d'une eau fétide. Enfin, Vinsuffisance des sucs digestifs {Dict. encycl, des Sciences méd.) a été signalée comme pouvant avoir une action sur la production du mérycisme.
Telles sont à peu près toutes les causes que Ton peut appeler occasionnelks de la rumination chez Thomme^ en ce sens qu'elles en déterminent l'apparition à un moment donné et en favorisent ensuite l'exercice. Mais aucune d'elles n'est assez puissante pour la produire nécessairement; il faut en plus une prédisposition particulière tenant à des causes que nous allons maintenant examiner.
Causes prédisposantes, — Vâge^ avons-nous dit plus haut, parait n'être qu'une cause de faible importance, car le mérycisme débute à peu près à tout moment de la vie. Cependant, sa fréquence parait diminuer à mesure que l'on avance en âge. En effet, sur vingtrtrois observations où l'on a noté autant que possible l'âge des sujets au moment du début du mérycisme, on voit que quinze fois il est apparu avant 15 ans; sept fois entre 20 et 32 ans; une seule fois, le sujet avait atteint 40 ans.
Le sexe semble avoir une certaine influence comme cause prédisposante de la rumination. Nous n'oserions pas trop affirmer cette proposition : que l'homme est plus sujet à la rumination que la femme. Nous nous contenterons de dire que, sur toutes les observations de mérycoles parvenues à notre connaissance, il n'y a que cinq individus du sexe féminin en comptant le fait observé chez une idiote épileptique, par le D' Lorenzo Monti, et que nous n'avons pu nous procurer.
Nous avons déjà fait remarquer plus haut le rôle de l'hérédité dans la production du mérycisme (Obs. I, V, VI, VII) ; nous ne reviendrons pas ici sur ce point; on trouvera d'ailleurs
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encore plus loin (Obs. XXYIII) un fait de mérycîsaie héréditaire.
Ces causes prédisposantes générales ou définitives, même avec le concours des causes occasionnelles, sont bien insuffisantes pour expliquer le développement du mérycisme. Aussi se voit-K)n réduit à invoquer une prédisposition particulière de Tindividu. Tous les auteurs qui se sont occupés du sujet n*hésitent pas à en placer le siège dans Testomac; mais ils ne sont plus d^accord pour en expliquer la nature. Les uns invoquent une plus grande excitabilité de la muqueuse de Testomac et une plus grande énergie de ses fibres musculaires tenant à leur développement exagéré (Gambay); d autres attribuent le mérycisme à une paralysie du cardia {Echo médical, 1859, p. 648); d'autres, enfin, en font une névrose de la digestion ou le mettent sous la dépendance d'une conformation particulière de Testomac (Littré et Robin). Cette diversité d'opinions tient vraisemblablement au petit nombre d'autopsies de mérycoles que l'on possède et au peu de renseignements qu'elles donnent sur les causes de ce phénomène, comme nous allons le voir dans le chapitre suivant. {A suivre.)
I. La foub boit-bllb être considbréb commb unb cause DB DIVORCE? (Discussion entre MM. les D'* Blanche et Luys, Bulletin de F Académie de médecine y séances des 9 et 20 mai, I3etii0 juin 188*2; Annales médico-psychologiques, juillet 1882 ; tEncéphale, n»' -2 et 3, 1882.)
On se souvient que, consultés par la commission parlementaire chargée d'élaborer le projet de loi sur le divorce, au sujet de l'opportunité d'un amendement tendant à comprendre la folie parmi les causes de cette mesure légale, MM. les D" Gharcot, Magnan et Blanche se prononcèrent pour le rejet de l'amendement, et que leur avis fut écouté.
Peu de temps aprèg, le 9 mai 1882, M. le D' Blanche exposa à rAcadémie de médecine les idées qu'il avait soutenues devant la commission parlementaire. Le 30 mai^ M. Luys, qui n'avait pas été consulté, développa, devant la même compagnie, la doctrine contraire. II y eut réplique de part et d'autre, et c'est cette discussion que nous voulons résumer très brièvement en nous appuyant sur Targumentation de M. Blanche à laquelle nous nous rallions d'ailleurs, au nom de la science, de la légalité et de la morale.
Cette discussion a placé la question du divorce et de la folie sur un terrain à la fois médical, juridique et moral; elle a soulevé trois questions que nous allons examiner : une question de fait, une question de droit et une question de morale sociale.
A, — La folie, dans certaines conditions, dit M. Luys, doit être considérée comme incurable et entraîner le divorce, car l'aliéné chronique est un être déchu, « étranger au milieu ambiant », un véritable « mort vivant», et place son conjoint dans l'alternative de mener une vie éternellement triste et solitaire ou de se créer une nouvelle famille non reconnue par les lois.
Se fondant sur certaines théories physio-pathologiques qui lui sont propres et « sur des observations statistiques prises sur un grand nombre de malades suivis pendant de longues années », M. Luys déclare à l'Académie que la « folie » est incurable après quatre ans chez les hommes et cinq ans chez les femmes. — Bien que nous sachions à quoi nous en tenir sur le soin avec lequel il prend ses observations, il nous permettra de nous étonner de la précision qu'il apporte dans un sujet d'une appréciation si difficile. « Folie » est un terme vague qui serait plutôt le langage d'un homme du monde que d'un aliéniste ; il comprend un grand nombre d'états psychopathiques très divers, qui sont loin de comporter un pronostic aussi général et une disposition légale uniforme. Nous comprendrions encore que M. Luys nous renseignât, avec sa statistique, sur le pronostic de la paralysie générale ou de la folie circulaire; mais, en allant plus loin, il nous semble aller un peu loin dans la généralisation.
Admettons cependant que les « aliénés », autre mot bien vague et que le véritable aliéniste n'emploie que comme.abréviation, sous réserve de n'y attacher aucun sens précis, soient, en moyenne^ incurables au bout de quatre ou cinq ans de maladie.
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OU, pour accorder à M. Luys le bénéfice de la rectification ultérieure, au bout de quatre ou cinq ans de démence, en est-il bien toujours ainsi? N'a t-on pas vu, et dans les plus mauvais cas, des guérisons tardives plus ou moins complètes ? N*a t-on pas vu, même dans les formes les plus graves de la démence paralytique, des rémissions souvent très longues, permettant aux malades, diminués peut-être, mais encore suffisants, de reprendre le cours d'occupations parfois difficiles et élevées ? Ne sait-on pas enfin, que beaucoup de délirants partiels peuvent être rendus sans inconvénients à leur famille après de longues années de chronicité ? Leur délire persiste, mais reste latent, si on ne cherche pas à le réveiller ; leur intelligence est amoindrie, mais encore suffisante pour leur assurer une occupation simple et facile ; leur sensibilité est émoussée, mais pa§ au point qu'ils ne puissent jouir des soins de leur famille ou souffrir d'en être abandonnés.
Voilà bien des difficultés dont M. Luys semble faire peu de cas. C'est pourtant à cet aliéné chronique, dont le sort est encore si incertain, que l'on voudrait appliquer une mesure qui, elle, est parfaitement nette et certaine. — Que, par hasard, il guérisse, que la maladie interrompe son cours ou que^ lassée, elle lui laisse assez d'intelligence pour rentrer dans la société et assez de sensibilité pour souffrir, il n'en sera pas moins toujours un a mort vivant », sans famille, sans foyer et saiis biens, si sa femme a su lui choisir à temps un successeur légitime.
B. — Que si nous admettons, cependant, que le jugement d'une commission de trois médecins soit tellement infaillible, que la marché de toutes les psychoses soit assez invariable et assez bien connue, que l'usage d'un cerveau humain soit d'une appréciation assez facile, pour qu'au bout d'un délai déterminé, un homme puisse être condamné à la perte définitive et irréparable de son foyer, de sa femme, de ses enfants, de ses droits familiaux, une pareille condamnation serait-elle légale ? Nous ne le pensons pas. Il est, en effet, contraire à toutes les règles instinctives et convenues du droit social de spolier un homme d'une partie de ses droits ou de ses biens sans le mettre à même de les défendre et Taliéné ne pourrait le faire ni réellement ni même légalement et cela, parce qu'il est un aliéné. — Nous ne saurions, sans trop développer cette simple analyse et sans nous exposer à sortir des limites de notre
compétence, nous étendre davantage sur ce point traité, d'ailleurs, par M. Blanche, dans son premier discours académique.
C. — Une loi enfin, autorisant le divorce pour cause de folie, démoraliserait Tinstitution du mariage : ce serait une loi immorale. Les épou?:, dit le Gode, se doivent naturellement fidélité, secours et assistance, et la conduite injurieuse ou Tindignité d'un des deux époux ont pu seuls, jusqu'ici, relever l'autre de ses devoirs. — Il était réservé à M. Luys d'y ajouter la maladie ; il serait difficile de s'arrêter sur cette pente et nous ne voyons pas ce qui empêcherait le mari d'une caneéreuse ou la femme d'un épileptique de réclamer la même faveur.
Ainsi que le fait remarquer justement M. Blanche, les conjoints d'aliénés, dont M. Luys tient à réparer l'infortune, n'ont assez souvent que ce qu'ils méritent et le malheur dont ils se plaignent n'est que le châtiment de leur imprévoyance, de l'avarice et de la vanité qui ont présidé à Taccomplissement de leur mariage. Il est juste qu'ils en soient punis, et ce n'est pas à la loi à réparer leur faute à leur profit, en l'aggravant aux dépens de leur conjoint désemparé. Pour s'accommoder aux nécessités pratiques et à l'état des mœurs du moment, la loi n'en doit pas moins tendre vers l'idéal ; obligée de tolérer souvent le vice, elle ne doit jamais le sanctionner. Or, une loi admettant la folie, c'est-à-dire la maladie, comme cause de divorce, réduisant le mariage à un simple acte d'association commerciale, ne ferait que justifier et sanctionner ce que le mariage a souvent d'immoral et de honteux. Aussi, nous joignons-nous à M. Blanche pour condamner le système que M. Luys a cru devoir défendre devant l'Académie au nom des faits, de la morale et de la légalité. Ë. Chambard.
II. Des rapports de la démexce paralytique avec la syphilis ; par Snell. [AUg. Zeitsch, f. Psych., XXXIX, 2 et 3.)
La pluralité des paralysés généraux qui se sont présentés à Tobservation de M. Snell avaient eu antérieurement la syphilis. La rareté de la paralysie générale chez la femme, rapprochée de la bien moindre fréquence de la syphilis chez elle que chez l'homme, ajoute Fauteur, pourrait également servir d'argument en faveur d'une relation entre la syphilis et la démence paralytique. D'autant plus que les prostituées, chez qui Taffection mentale en question parait être assez f^équente^ constituent le seul élément social
féminin souvent infecté. On sait, au reste, que ]a localisation de la syphilis sur le cerveau engendre souvent des phénomènes morbides très voisins de ceux de la paralysie générale. Toutefois, il n'est pas rare de constater entre l'absorption du virus et la manifestation de la psychose un répit, la nécropsie ne décelant alors aucune altération spécifique du cerveau. Peut-être certaines formes de syphilis sont-elles capables de déterminer dansTorgane central des modifications persistantes prédisposant tout au moins à la paralysie générale ? Peut-être y a-t-il, par exemple, dans ces cas, des lésions syphilitiques du cerveau? La solution de Tensemble de ces questions d'étiologie et de pathogénie réclame de nouveaux documents. P. K.
in. De l'hyoscyamine; par 0. Kretz. {Allgem. Zeitsch. f. Psych, u.psych, gerichtl. medic., XXXIX, 1.)
Ce médicament conviendrait dans certaines psychoses graves ayant résisté à tous les autres sédatifs; telles ces exaltations maniaques, ces manies chroniques, ces folies périodiques et circulaires avec agitation qui sont entretenues par des troubles de la sensibilité. C'est en agissant sur cette fonction qu*elle vient à bout du gâtisme et de la masturbation. Il y aurait contre-indication formelle à l'employer quand il existe des hallucinations sensorielles, principalement du côté de la vue. P. K.
IV. De la sclérose tubéreuse multiloculaire de l'bcorce du cerveau (Contribution à lanatomie pathologique de l'idiotie) ; par 0. Breckner. (Arc^. f, Psych, u. Nervenh., XII, 3.)
Après un résumé de l'état de nos connaissances anatomo-pathologiques sur l'idiotie, M. Bruckner décrit un fait qui se rapproche presque absolument de l'observation de M. Bourneville^ La jeune fille que ce fait concerne, issue d'une famille phthisique, mais indemne quant au système nerveux, est en effet une idiote, non aphasique, en proie dès l'âge de neuf ans à des accès d'épilepsie, ainsi qu'à des attaques choréiformes se montrant à des intervalles assez éloignés ; en ces dernières années, démence complète avec accès d'agitation intercurrents. Incertitude et maladresse dans les mouvements; démarche sautillante, sans cependant qu'on pût noter de perturbation grossière du côté delà motilité ou de la sensibilité. Mort à vingt-deux ans de phthisie. L'ensemble de la surface du cerveau est parsemée, rembourrée de nodosités scléreuses, variant en grosseur du volume d'un pois au diamètre d'une pièce de
* Voy. les Arch, de Neurologie, t. V, p. 94.
266 RRVUB DR PATHOLOOIE MENTALE.
cinq francs en argent : on les voit s'élever au-dessus du plan dcB circonvolutions ou, par places, s'incorporer à la substance corticale qu'elles amplifient du double. Le microscope décèle l'eiisience dans les masses les plus dures d'un tissu conjonctif à fibres résistantes englobant de nombreuses cellules rondes, tandis que les cellules parencbymateuses ont presque entièrement disparu. Les noyaux moins résistants se composent d'un réticulum Iftche, dont les mailles fines semblent avoir condensé en un petit espace nombre de cellules normales de la substance grise. C'est le lobe frontal, à l'exception de la troisième circonvolution (à gauche), ou tout au moins du segment postérieur de celle-ci (adroite), qui constitue, de concert avec les circonvolutions ascendantes du côté gauche, le lieu d*élection des foyers, comme quantité et comme grosseur. L'auteur attribue : aux lésions frontales, la déchéance intellectuelle; à celles de la région molrice,-répilepsie ainsi que les anomalies du mouvement. Les deux hémisphères cérébelleux contiennent chacun un petit nodus scléreux ; on trouve dans les ventricules un épendyrae granuleux ainsi que des proliférations polypiformes. M. Brtkckner fait ressortir l'analogie de cet état avec l'hypertrophie cérébrale. P. K.
V. Quelques mots sur les oscillations pondérales de l'économie CHEZ LES ÉPiLEPTiQUEs ; par von Oldbroggk (de Saint-Pétersbourg). {Arch, f, Psych. u. Nenenk.^ XII, 3.)
La perte de poids que subissent les épileptiques pendant leurs accès est faible; elle ne présente aucun caractère particulier et ne saurait par conséquent servir à reconnaître la simulation. Telles sont les conclusions basées sur quatre observations bien prises que l'auteur dirige contre M. Kowalewski '. P. K.
VL Des frictions du crane dans la paralysie générale progressive; par Oebeke. (Allg, Zeiischr, f, Psych. u. psych, gerichtL Medic., XXXVIII, 2 et 3.)
La révulsion exercée sur le crâne pendant les attaques apoplectiformes ou épi iepti formes qui menacent immédiatement la vie du dément paralytique est-elle utile? L'auteur prétend avoir obtenu des améliorations dans l'attaque môme (six observations), avoir réussi à reculer la production de nouveaux foyers, et, par suite, avoir prolongé la vie des aliénés en question par le procédé suivant : dans les vingt^quatre heures qui suivent l'acte, on frotte toutes les cinq ou six heures une région du crâne déterminée par les
* V, les Archives de Neurologie^ t. !î, p. «78»
REVUE Dfi PATHOLOOIB MENTALE. 267
moyens que Ton sait au niveau des zones psycho-motrices supposées atteintes, sur une étendue du diamètre d'une pièce de un franc, à Taide de la pommade que voici :
î. Bichlorure d'hydrargyre.
Gantharides.
Liqueur de chlorure d'antimoine ^ ââ l nartie
composée avec 5 p. d'HGl. « ' ^
— 1 p. de sulfure noir d*Sb.
Onguent basilicum 4 parties.
Il se produit rapidement une eschare que Ton entretient au besoin. Malgré la nullité des effets sur Tétat mental, M. Oebeke invite à user du remède prématurément, largement, sans en marchander l'activité. P. K.
VII. Communication provisoire sur l'influence de l'atropine sur l'épilbpsie; par Kœllner. {Allg, Zeitsch, f. Psych. m. psych. gerichtl. Mcd,, XXXVIII, 2 et 3.)
Toutes les fois, dit Tauteur que Taccès, quelle qu'en soit la forme clinique, s'annonce par un pouls fréquent dont la résistance au doigt s'écarte de la normale chez l'individu considéré (mollesse ou durelé), et concurremment par du myosis, on peut se croire autorisé à user des injections sous-cutanées d'atropine, aux termes des expériences publiées sur l'action du médicament ainsi employé. M. K... affirme, sans cependant appuyer ses assertions sur des observations, que l'atropine a exercé en ses mains une certaine influence sur l'accès attendu, soit en le retardant, soit en le modérant, toujours en assurant le calme mental et en libérant les facultés intellectuelles. Disparition de l'hébétude, de l'agitation et du gâtisme post — ou prae — paroxystiques, môme chez de vieux épileptiques ; répartition plus uniforme dans l'état de mal des accès successifs et sédation psychique intervallaire ; augmentation du laps de temps intermédiaire à deux accès, et, môme en un cas, diminution réelle du nombre des accès : tels sont les résultats principaux. L'indication vasculaire, le mode d'administration, (un milligr. pour une injection), la nature du médicament (action rapide n'influençant pas l'appareil digestif, suppriment d'emblée les inconvénients d'un emploi continu (toxicité, saturation). Les doses pourraient être élevées à 0,002 (Fasalli) ou 0,003 (Nothnagel), par injection au besoin; on serait averti de la limite de tolérance par des accidents, d'ailleurs passagers, tels que sécheresse de la gorge, vertiges, vomiturilions qui se produisent h la suite
d'un usage prolongé et fréquent : aucun inconvénient local. Cette médication devrait être préférée au bromure^ dans les épilepsies incurables. V. K.
Vin. Superstition et responsabilité; par Otto Schwartzer. {Jahrb. f. Psych. , III, 3.)
Un garde forestier, âgé de quarante-cinq ans, marié, en bonne fortune auprès de sa maltresse, mariée de son côté, achève de s'enivrer en buvant avec elle dans l'obscurité deux ou trois litres de vin. Au moment de se coucher auprès d'elle il croit remarquer que le corps de celle-ci a la frigidité de la glace. Une telle impression lui suggère la pensée qu'au lieu de sa maîtresse il a à ses côtés un de CCS farfadets auxquels la croyance populaire attribue le rôle de vampire. Cette femme répondant affirmativement à ses questions dans ce sens, il la blesse mortellement d'un coup de fusil; la victime a néanmoins avant de mpurir le temps de témoigner de leur parfait accord. Le meurtrier avoue ou conflrme tous les détails de l'instruction. Une condamnation, cassée bientôt pour insuffisance d'examen médico-légal, entraine l'intervention du médecin-conseiller {Landessanitdtsrath), Voici dans quel sens ce dernier rédigea son rapport. On doit, selon lui, ranger les superstitions dans le cadre des conceptions irrésistibles ; toute superstition qui devient pour l'individu un article de foi qu'il accepte à l'égal d'un fait démontré enlève au croyant son libre arbitre et par conséquent sa responsabilité. Dans l'espèce ici considérée, Tabsence de préméditation, la spontanéité des déclarations, l'ivresse constituent autant de facteura additionnels d'irresponsabilité. P. K.
IX. Contribution a l'étude de la sensation sexuelle contraire {inversion du sens génital); par Sterz. {Jiihrb. f, Psych,, IIÏ, 3.)
Le fait rapporté en détail dans celte note n'ajoute rien aux descriptions et analyses, déjà consignées dans les Archives de Neurologie^, Les experts nommés conclurent à l'amoindrissement des facultés mentales de par le fait d'un défaut d'éducation ; en l'absence de tuteur, les impulsions sensorielles ont absorbé l'individu, lui faisant perdre toute force de volonté. Le rapport admit cependant un certain degré de responsabilité, les entraînements de l'inculpé ne participant pas de l'irrésistibilité. Condamnation à dixhuit mois de prison. M. Sterz adopte les conclusions de KralTl-Ebiug sur cette question. P. K.
I Voyez les Archives de Neurologie, t. III, p. 53; IV, p. 132; V, p. 374 et 375.
RBVUB DE PATUOLOGIB MBNTALR. 269
X. De l'infloence des maladies fébriles sur les psychoses; par Fritsch. {Jahrb. f. Pifych., UI, 3.)
11 s'agit d'une communication faite à la Société psychiatrique de Vienne sur deux cas de guérison de maladie mentale par un érjsipèle de la face. Le premier fait concerne des manifestations de paralysie générale chez un alcoolique, le second a trait à une sorte de monomanie exaltée avec hallucinations (hérédité). C'est surtout à la fièvre ^ au sens de M. Frilsch, qu'il faudrait attribuer la guérison de ces psychopathies, par le mécanisme suivant. Le premier effet de la fièvre est d'accélérer les échanges chimiques dans l'intimité des tissus; elle relève donc la nutrition du cerveau languissante dans la mélancolie et dans un certain nombre d'états maniaques. Les améliorations observées dans la paralysie générale, sous la même influence, s'expliqueraient égalemeut par ce coup de fouet régénérateur donné à ceux des éléments nerveux dont la destruction n'est pas encore complète. C'est pour la même raison que l'écorce cérébrale du monomane reprenant sa spontanéité et ses qualités d'assimilation, devient apte à renverser, par ses propres conceptions rationnelles, l'échafaudage des idées délirantes systématiques émanées de l'inertie morbide des hémisphères. Les rouages précis de ces transformations échappent à l'observateur aussi bien que l'enchaînement des phénomènes qui président au rétablissement de la santé de gens valétudinaires tant qu'ils n'ont pas fait les frais d'une maladie fébrile ; on ne peut savoir exactement si la perturbation histogé né tique a.déterminé des régénérations cellulaires, a rendu la perméabilité à des vaisseaux sanguins obstrués ou rétrécis, a augmenté l'irrigation en tel ou tel territoire. P. K.
XL Des sensations; par Théodore Meynert. (Jahrb. f. Psych., lU, 3.;
L'auteur part de l'étude des réflexes. Les uns se manifestent par des mouvements de préhension; les autres, par des mouvements de rejet, chaque espèce étant en rapport avec des actions vasculaires différentes. Le centre vaso-moteur sous -cortical, d'abord affecté par l'incitation, réagit sur l'écorce d'où repart une innervation vasculaire secondaire, et c'est ainsi que la sensation émane de ce double jeu, en même temps qu'elle dépose dans les couches grises des hémisphères, l'image de l'impression perçue et des mouvements qu'elle entraîne. De là les associations d'idées. Exemples : telle excitation de la sensibilité agit par le centre sous- cortical sur la moelle comme vaso-constrictive, engendrant par l'anémie, l'anoxhémie des éléments nei*veux de cet organe,
t Voyex les Archives de Neurologie, t. l^, p. 476-478.
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le mouvement de rejet primitif inconscient; Teffet vaso-constricteur se propage alors jusqu'à Técorce et, nuisant à la vitalité des cellules, arrête de ce fait le travail de la pensée et les phénomènes biologiques pour lesquels le cerveau est indispensable ; il s'en suit des mouvements de rejet secondaires conscients, pouvant aboutir, selon rintensité, à la lipothymie, auxquels est liée la sensation de déplaisir, de douleur (asphyxie vasculaire temporaire des centres). Les tissus nerveux de Tindividu conservent du processus entier, y compris le tonus angio-moteur, un souvenir complet, de sorte qu'ultérieurement, la vue, Touïe, le contact des objets qui ont une première fois développé la douleur elle-même provoquera à une autre époque, sans l'incitation sensible, la conception de l'enchatnepfient phénoménal qui se reproduira avec ses mêmes effets physiques et moraux, par le même mécanisme; la sensation désagréable sans la douleur corporelle s'appelle une émotion, une passion, une douleur psychique et se rattache aussi aux processus d'arrêt vaso-moteurs. La sensation qui entraîne le réflexe d^ préhension développe un mécanisme inverse dans le système cérébrospinal, par les foyers vaso-kinétiques déjà nommés; à l'hyperémie corticale est lié un sentiment de bien-être en rapport avec le flux ininterrompu de la pensée. En somme, d'après Meynert, l'écorce du cerveau préside à deux séries d'élaborations actives : à l'innervation psychogénétique, — à l'innervation des vaso-constricteurs, — l'activité de chaque ordre de ces fonctions étant en opposition l'une par rapport à l'autre. La nature de l'incitation produit soit une anémie, soit une hypérémie vasculaire, et la sensation en soi est la forme de perception subjective de la somme des phénomènes physiologiques énumérés, en même temps qu'elle exprime les états inverses de la nutrition de l'écorce. L*emmagasinement dans les foyers corticaux des images commémoratives des sensations assure l'activité cogitative et la lutte pour la vie en poussant l'être à fuir les sources de destruction, à rechercher au contraire les sensations de félicité. La multiplicité de tous les actes, les manifestations de la liberté, devraient être rattachés à ces mêmes phénomènes, ainbi que les idées de sacriflce et la reconnaissance de l'humanité tout entière pour ses bienfaiteurs, l'immortalité. P. K.
XII. DÉMENCe AIGUE, STUPEUR, ÉTATS DK MÊME ORDRE; par SchCLB.
(AUg. Zeilschr. f. Psych. w. psych. gericktl, Iferftc, XXXVllI, 2 et 3.)
11 n'y a pas lieu, dit l'auteur, de différencier la stupeur de la démence aiguë par la notion de la simple obnubilalion des phénomènes psychiques ou de l'abolition de la pensée, la forme du trouble de la connaissance ne pouvant servir à pareille détermi-
nation. La même évolution, les mêmes symptômes psychiques, sensitifs, moteurs, trophiques, se rencontrent dans les deux modalités cliniques; toutes deux peuvent aboutir aux mêmes terminaisons, et les variabilités du pronostic s'appliquent aux deux processus en dépit des signes attribués par M. 0. Binswanger à chacun d'eux {Charité' Annal,, sixième année). L'intensité plus grande dans les troubles de la conscience qui ressortit pour Binswanger à la démence aiguë, couvre une question de degré dans Tétat pathologique et non une différenciation dans la nature de la maladie. La stupeur au surplus n*est, ajoute M. Schûle, qu'un syndrome qui peut exister ou manquer dans la démence aiguë, de même que dans toute autre entité psychopathique ; il est des cas dans lesquels elle est effectivement synonyme de la démence aiguë primitive, parce qu'elle existe en cette dernière au suprême degré et en constitue le signe principal, comme le délire dans la pathologie mentale : souvent aussi, dans la folie, elle n'est que passagère. Après avoir appuyé l'ensemble de ces idées sur des observations, des analyses et des critiques, M. Schûle distingue, relativement à la cause, une stupeur psychique (pseudo-stupeur de Westphal), qui comprend les formes abortives et aboutit à l'extase, à la catalepsie (mélancolies, folie systématique sexuelle, hypnotisme); — une stupeur directement organique (suite des maladies fébriles graves, puerpéralité, folie épileptique, paroxysmes maniaques, folie suicide, délire aigu) ; — une stupeur cataleptique ou tétanolde (folies systématiques sexuelles , manie avec agitation motrice); — une stupeur intercurrente relevant des formes catatoniques de la folie systématique. La genèse résulte toujours de vaso-constrictions cérébrales (phénomènes d'arrêt psychiques). Quant aux caractères, au pronostic, au mécanisme exact de chacun des éléments de la stupidité, étudiés en détail par M. Schale, ils ne se prêtent pas à l'analyse, la pathologie générale psychologique exigeant la lecture intégrale des explications terminologiques qui la constituent en l'absence d'une physiologie psychique rigoureuse. P. K.
XIIL La perte en poids de L'écoNoiiiE peut-ellb servir de signe
DIAGNOSTIQUE d'uN ACCÈS d'BPILEPSIB ANTÉRIEUR; par G. KraNTZ.
{Allg. Zeitschr, f, Psych.u, psych, gerichtl. Jtfedtc, XXXL\, 1.)
Des pesées méthodiques pratiquées pendant longtemps (quatre cents pesées matinales régulières, cent quarante-huit pesées à la suite des accès), chez sept malades en observation, ont démontré à l'auteur l'impossibilité de formuler une loi concernant le poids du corps à la suite de l'accès d'épilepsie. On ne saurait contester que les accès graves sont plus souvent suivis que les crises légères de déchéance pondérale ; mais il ne s'agit pas là d'un phénomène
27*2 SOCIBTÊS SAVANTES.
coDstant, car M. Krantz a également noté dans les mêmes conditions un état statlonnaire, voire une augmentation dans le poids des individus qui venaient de faire les frais des phénomènes convulsifs. P. K.
XIV. Quelques observations sur la température dans la folie périodique; par Haase. {AUg. Zeirschr.f, Psych. u. psych. gerkhtl, Mcdtc, XXXIX, 4.)
Dix-sept observations servent de justification au travail de M. Haase. 11 prenait chez ces malades la température matin et soir. Voici les conclusions auxquelles il est arrivé : Tagitation des maniaques est toujours liée à une ascension thermique, dont le degi*é correspond à l'accroissement de l'agitation; pendant les rémissions (périodes de calme), leur température somatique est presque constamment au-dessous de la normale. Toutefois, le chiffre de 38« n'a jamais été atteint. Deux de ces aliénés ont présenté le type thermique inverse (température matinale plus élevée que la température vespérale) pendant leurs accès.
Les deux observations qui ont trait à la mélancolie concernent un acmé thermique assez respectable (38<> ont été notés) pendant la période d'agitation. Ici la température baisse également à mesure que l'accès prend fin (apparition de la dépression), mais safls descendre au-dessous de la normale.
Examinés dans leur ensemble, la plupart de ces malades ressortisseut à la folie chronique ou secondaire et sont hantés par des hallucinations. P. K.
SOCIÉTÉ MÉDICO-PSYCHOLOGIQUE
Séance du 23 juin 1883. — Présidence de M. Motet.
Après la lecture d'un rapport de M. Charpentier sur la candidature de M. Feré, qui est nommé membre titulaire de la Société, M. Motet demande à M. Legrand du Saulle où en sont les travaux de la statue de Piuel.
M. Legrând du Saulle. La statue doit être placée, vous le savez, au milieu delà place Pinel, dans Taxe de la porte delaSalpétrière; mais la commission des bâtiments civils, qui voudrait voir la statue dans rintcrieur de la Salpètrière, objecte que si on la place en face de la porte^ elle gênera la circulation et nous propose de la mettre un peu de côté. Le retard dans Térection du monument vient donc du mauvais vouloir de rAssistance publique. Notre Société a fait hommage à la Ville de Paris d*une statue, dont la place a été désignée dans un décret signé du président de la Repuplique; nous sommes donc dans notre droit strict en exigeant la piace qui nous a été promise. L'affaire en est là.
Laissez-moi, maintenant vous entretenir d'un autre sujet. Dans un procès récent, il m'a été posé une question à laquelle il est souvent fort difficile de répondre; vous allez voir pourquoi : En quoi, m*a-t-on demandé, le fait d'avoir un père aliéné constitue-t-il pour un criminel un droit à l'indulgence du jury? Dans le milieu où une semblable question est posée, il y a souvent des fils d'aliénés. Je voudrais que la société m'indiquât une formule qui permettrait de dire la vérité sans froisser aucune susceptibilité. Un jour un fils d'aliéné, siégeant sur le banc du ministère public, me posa cette même question d'hérédité et je fus très embarrassé pour émettre mon opinion.
M. Delaslvuvr. Il est difficile d'établir une règle fixe dans cet ordre d'idées. Pour l'épilepsie, par exemple, les lois de l'hérédité changent suivant que le fils est né avant ou après les premiers accès des ascendants.
M. Falret. En thèse générale, l'hérédité à elle seule ne suffit pas pour constituer fut<ilemeut des circonstances atténuantes pour un criminel ; c'est plutôt Tindice qu'il y a une recherche à faire dans l'observation de l'individu lui-même et non pas dans ses ascendants; il faut trouver en lui des stygmates physiques ou moraux pour pouvoir conclure à une irresponsabilité. Et alors l'expert répond, sans froisser aucune suâceptibité, car chaque fils d'aliéné qui l'écoute pourra dire : « Moi, je n'ai pas ces slygmates, donc je ne deviendrai pas fou ».
M. Legrand du Saulle. L'expert se place bien toujours d'abord à ce point de vue particulier, mais souvent les avocats ou le ministère public généralisent la question.
M. LuYS. Par ce seul fait qu'on est fils d'aliéné, on ne devient pas forcément aliéné, mais on porte en soi des germes qui peuvent se développer tôt ou tard. L'hérédité chez un criminel doit donc faire pencher vers un atténuation de peine.
M. Motet. La préoccupation bien légitiuic de M. Legrand du Saulle nous est commune à tous. En justice, nous sommes quelquefois placés entre une vérité scientifique et les égards dus, noi.
Archivks, t. VI. 18
seulement au public, mais encore à l'accusé lui-même. Il faut mettre do la mesure dans ses réponses, c^tr le médecin ne doit pas oublier que derrière Taccusé il y a un homme qui l'écoute avidement. Dans les cas auxquels il est fait allusion en ce moment, nous ne voulons pas Tacquittement qui serait un déni de justice, mais une atténuation dans la peine, car il y a eu un crime indéniable et que la société doit se défendre. Si Taliénation est manifeste, il est bien évident que l'individu doit être complètement irresponsable et envoyé dans un asile.
M. FÉaé rappelle que dans certains cas d'épilepsie héréditaire indéniable, la maladie était restée à l'état latent chez le procréateur longtemps après s'être manifestée chez le produit.
M. Legrand du Saulle rapporte l'histoire clinique d'une petite fille qui, à la suite d'une fièvre typhoïde, est restée pendant vingt et un jours en état de mal épileptique et dont les attaques ont atteint le chiffre énorme de 8,000, malgré une dose quotidienne de huit, dix, et même quinze grammes de bromure. Les crises ont cessé tout à coup sans que l'enfant parut épuisée; elle dansait même le surlendemain.
M. MagiNan. Si la malade était hystérique le fait serait moins étonnant. A combien de degrés s'élevait la température pendant les crises?
M. Leguand du Saulle. La température n'a pas dépassé 37<»,5.
M. Magnan. Ce n'est pas la règle. Dans Tépilepsie, la température s'élève davantage pendant l'attaque. Peut-être s'agit-il là d'accidents hystériques chez une épileptique. Ce retour brusque à la santé est encore une raison pour mettre au moins un point d'interrogation devant le diagnostic d'épilepsie ^
M. Motet. Vous vous souvenez encore de l'affaire Monasterio qui a fait tant de bruit dans la presse politique ; ne pensez-vous pas qu'il serait bon, pour ramener ce roman fantaisiste à sa véritable proportion, de mettre la discussion de l'affaire à Tordre du jour de la prochaine séance? Ce serait d'autant plus urgent que les médecins aliénistes très injustement attaqués, à ce propos, l'ont été avec une telle apparence de raison qu'un journal médical anglais, s'en rapportant aux racontars de la presse politique, var publier dans un de ses prochains numéros un résumé de l'affaire. L'article en préparation donnera à l'affaire Monasterio une consécration scientifique presque officielle et absolument inexacte, qu'il importe de réfuter. Marcel Briamd.
^ La remarque de M. Magnan est très exacte. Nous avons vu, à la Salpètrière, une malade, nommée Chalu.., qui était en tout point comparable à celle dont il est ici question. (B.)
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