XVII. Quand la conscience parfaite existe avec des
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troubles psychiques isolés, la réaction anxieuse se produit d'ordinaire chez les malades.
XVIII. Quand la conscience parfaite existe avec des troubles psychiques et sensoriels combinés, les malades obéissent à leurs hallucinations qu'ils jugent morbides tout comme s'ils les croyaient vraies.
XIX. L'existence de la demi-conscience ne paraît pas conciliable avec le délire général, sauf peut-être dans la forme circulaire.
XX. Dans le délire partiel, la demi-conscience ne saurait exister, de toute évidence, avec les perversions sensorielles isolées, car elle suppose par sa nature même un trouble intellectuel concomitant.
XXI. Quand la demi-conscience existe avec des troubles psychiques isolés, la systématisation se base toute entière sur le fait même de la conservation de la conscience.
XXII. Quand la demi-conscience existe avec des troubles psychiques et des troubles sensoriels combinés, la conscience des premiers se combine avec l'inconscience des seconds, et deux cas se pré|sentent. Toute systématisation peut faire défaut, les malades vivent indécis sans trouver une explication à ce qui se passe en eux et autour d'eux. Plus fréquemment la systématisation se produit serrée, logique; les malades expliquent les désordres intellectuels dont ils sont conscients par les perversions sensorielles dont ils sont inconscients.
XXIII. Dans quelques cas exceptionnels, les malades ont conscience de tous leurs troubles psychiques et sensoriels et de cette conscience absolue sort la systématisation. Elle devient à leurs yeux la preuve
péremptoire d'une cause extérieure qui agit sur eux. Ils cherchent cette cause, croient la trouver et systématisent.
XXIV. La conservation de la conscience aggrave le pronostic. Non seulement elle impose aux patients le supplice affreux d'assister impuissants aux désordres de leurs facultés, mais elle conduit au désespoir et, partant, au suicide réfléchi par dégoût de la vie. Cette redoutable complication s'estprésentée dans mes observations en proportion de 34,2 p. 100.
XXV. Les aliénés conscients sont peu curables; s'ils guérissent, ils rechutent peu après. Toutefois, chez eux, la démence est rare et tardive.
XXVI. Après l'hérédité, rhystérieet l'alcoolisme sont les deux facteurs principaux de l'étiologie de la folie consciente.
XXVII. En dehors de l'alcoolisme, la conservation de la conscience est incontestablement plus fréquente chez la femme que chez l'homme.
XXVIII. Les folies conscientes paraissent se montrer de préférence chez la femme à la période de la ménopause.
XXIX. Les conceptions délirantes impliquent toujours la complicité de l'intellect et l'inconscience absolue ; seules les représentations mentales peuvent être conscientes.
XXX. Les troubles qui se concilient le mieux avec la conservation de la conscience sont, par ordre de fréquence : l'obtusion intellectuelle, les troubles de l'émoiivité, les modifications du caractère et des instincts, les perversions lypémaniaques de la sensibilité, l'exaltation cérébrale.
. XXXI. Les idées mégalomaniaques paraissent exclui^ives de la conservation de la conscience.
XXXII. L'hallucination est, de tous les éléments du délire, celui que la conscience apprécie le plus difficilement.
NOTES ET OBSERVATIONS SUR L\ MICROCÉPHALïE ; Par BOURNE VILLE et WUILLAMIÉ (Sm7e«;;
Nous avons publié, il y a un an, une première observation relative à la microcéphaliey et, dans les considérations qui l'accompagnaient, nous annoncions au lecteur la publication de nouveaux faits; voici la. relation du second :
Observation IL — Père : hébétude passagère, consécutive à une grande application à la musique. -^Sœur idiote. — Deux frères : Mobilité. — Idiotie. — Microcéphalie. — Epilepsie : marche des accès. — Quelques succès d'éducation. — Corps étrangers de VœsO'
. phage ; asphyxie ; mort. - - Autopsie : poids du cerveau : 650 gr. —
^ Description du cerveau.
Edern (Auguste), âgé de seize ans, est entré à l'asile de Bicêtre (service de M. Delasiauve) le 43 janvier iSoO.
Antécédents, — Son père, employé, parait assez capable; il serait tombé, pendant un certain temps, par suite d'une trop grande application à la musique, dans un état d'hébétude profonde. Ce serait à ce moment-là que la mère de notre malade serait devenue enceinte de lui. Une sœur est morte idiote. Deux frères sont bien constitués, mais d'une mobilité extrême.
' Examen du malade. — La tête est assez bien conformée, mais excessivement petite; elle est aussi légèrement déprimée au-dessus
t Voir t. IV, p. 52; juillet 1R8«,
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des sourcils. Tout lo reste du eàrps est normalement conformé. Lés organes génitaux, surtout le pénis, sont très développés ; onanisme ; incontinence nocturne d'urine.
. Aititttde. — Son regard est stupide, sa démarche, ses gestes, tout en lui dénote la lourdeur et Thébétement. Il est presque constamf ment en mouvement, faisant des gesticulations incohérentes; il saiive de temps en temps.
. Parole, — Son vocabulaire est excessivement restreint et se réduit à quelques mots qu'il articule confusément : « Non, papa, maman, chameau, cochon. » On est parvenu à l'étendre un peu et à lui faire appeler plus ou moins bien les personnes du service, M Jlf. Dezairs, MM^* Morel, Coutarel ».
Caractère, — Ed... a des périodes de calme où sa physionomie est douce ; dans d'autres, au contraire, il est sujet à des accès de colère difficiles à réprimer. Il a une sorte de besoin d'appro6atîon; il est .sensible à la flatterie ; un refus, une préférence provoquent son ressentiment, le rendent maussade et lui font repousser, avec un dédain irrité, les offres les plus séduisantes. La vue d'objets éclatants, la musique lui causent uue vive impression et lui arrachent des transports frénétiques, o Beau, çà ! » En dehors de ces stimulants assez vifs, son attention est difficile à fixer.
Ed... est, en outre, sujet à des accès d'épilepsie sur l'origine desquels nous n'avons pas trouvé de renseignements. . u Rien n'avait été tenté pour cet idiot dans l'asile, dit M.. Delà*siauve, lorsqu'un sentiment de bienveillance porta M. Dezairs k s'eii occuper. Connaissant son genre d'impressionnabilité, il réussit aisément à captiver son intérêt par les modulations variées de divers instruments, et notamment par les sons tantôt bruyants et rapides, tantôt graves et cadencés du tambour. Ed... était donc susceptible d'attention. Première conquête. Pouvait-il le devenir de réflexion ? C'était une épreuve à tenter. L'achat de quelques jouets pour la section nous fournit bientôt l'occasion d'expérimentations curieuses.
« Parmi ces jouets se trouvaient des pistolets-canonnières; Ed.., s'en était épris. Leur détonation le réjouissait : « Beau, çà ! » s'écriait-il en riant aux éclats, en trépignant de plaisir et en agitant tumultueusement ses bras ; puis, tendant l'oreille pour mieux entendre : « Encore î encore I » ajoutait-il.
« Il apprit d'abord le premier des trois temps dont le tir se compose. Plusieurs séances furent nécessaires. Ses yeux, au début, erraient vaguement sur l'arme sans s'y fixer. Dès qu'on eut triomphé de cette inattention, on passa au mécanisme de la manœuvre.
. « Mais en vain lui maintenait-on la main gauche sur le canon, en forçant l'autre à pousser brusquement la tige ; aussitôt qu'on cessait de le diriger^ il abandonnait l'instrument, ou du moins
ropéraiion avortait, soit par suite d'ane pression incertaine et iné« gale, soit en raison du déplacement des doigts, venant malencontreusement appuyer sur le bouchon, se prendre dans la corde ou s'interposer entre le manche du piston et Textréroité inférieure du tube.
« La constance^ toutefois, eut raison de Titiaptitude. Ed... finit par réussir, et ce succès flatta tellement son amour-propre qu'il fut empressé de renouveler les explosions, et devint fort attentif aux deux phases du chargement, dont il comprit très rapidement la succession. Il put retirer le piston sans obstacle; mais il en fut tout autrement pour l'introduction du bouchon, qu'il faisait entrer dans le tube par le gros bout, en travers ou imparfaitement, et qui ne put être surmonté qu'après de nombreuses tentatives.
« Ce développement rudimentaire parut d'ailleurs l'instigateur d'une sorte de réveil intellectuel révélé tout à la fois par des traits moins obtus, une manifestation plus modérée des impressions, et par une certaine initiative. Ëd... variait spontanément son tir, se servant des deux mains ou d'une seule, appuyant la crosse du pistolet sur sa poitrine, sur le parquet ou sur un meuble, imprimant au canon des directions diverses, ripostant aux attaques, et trahissant sa satisfaction quand, feignant d'être atteint, son adversaire lui laissait croire au succès de son tir.
« Le maniement du pistolet-canonnière ne fut pas le seul essai tenté. Ed... eut à faire fonctionner un de ces moulins à vent, qui tournent par le va-et-vient d'une ficelle enroulée sur Taxe qui supporte les ailes.
(( Céder et reprendre à propos, pour que la rotation s'effectue tour à tour et sans intermission dans un double sens, constituent ici une difficulté qu'on ne surmonte pas toujours immédiatement. L'idiot surtout continue la traction, et le mouvement cesse. Â notre vive surprise. Ed... s'est formé assez promptement à cet exercice. Une chose plus simple, en revanche, a été plus péniblement obtenue. La résistance d'Ëd... pour le jet de la boule, dont on fait usage dans les jeux de quilles, a été opiniâtre et longue. Il la laissait rouler à ses pieds, faute, en partie, de pouvoir fixer ses doigts dans les trous. Maintenant, il réussit à lui faire parcourir une certaine distance. Toutefois, cet acte est fait sans rectitude et sa visée demeure incertaine.
(c Au jeu de tonneau, le résultat est encore incomplet, mais non tout à fait stérile. Bien que mal lancés ou s'égarant au hasard, eii^ deçà ou au delà du but, ses palets mesurent, en vacillant, une proportion plus exacte. Pour le cerveau, après avoir paru très longtemps étranger au mécanisme de sa marche, il laisse voir, aujourd'hui, la volonté de le conduire. Dans les batteries de tambour, au lieu d'emmêler les baguettes, de les saisir par le gros bout ou le milieu, et d'en atteindre à chaque fois les i*ebords de la caisse, il
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commence à alterner le choc des olives & la place voulue et avec une certaine régularité.
« Au gymnase, nous avons, le prenant À part, obtenu en bien des points des progrès relatifs : il monte et descend à une échelle ordinaire, s'y retournant, non sans hésitation, d'avant en arrière et réciproquement; il se tient à la force des poignets, soit suspendu aux degrés de Téchelle transversale, soit soulevé sur les barres parallèles, ou il se prête aux mouvements qu'il voit -accomplir; la course volante en rond, la balançoire ont le don de le passionner; graduellement, il est parvenu à exécuter assez prestement le saut en s'élançant d'une hauteur d'environ un mètre ou en franchissant une corde tendue à trente ou quarante centimètres au-dessus du sol ; il conduit enfin, sans trop dévier de l'équilibre, une brouette remplie de terre ou de sable.
tt Par un effet nécessaire et logique, ces perfectionnements ont heureusement réagi sur les virtuaUtés conceptives, artistiques et morales. Les facilités croissant avec les désii*s, la vie commune est devenue tout à la fois pour Ed... une source d'utiles enseignements et de plaisirs variés. L'imitation spontanée amena chaque jour une conquête imprévue dans les actions usuelles.
u 11 a seul appris, pour ainsi dire, à fermer comme à ouvrir les portes et les croisées, à écarter ou à approcher les rideaux, à déployer ou à replier un parapluie, à laver ses mains, et une fouie d'autres soins auxquels antérieurement il était incapable de s'appliquer. Dans nos visites auxquelles il s'associe fréquemment, portant avec gravité les cahiers des élèves, s'il nous arrive d'explorer attentivement un malade, lui aussi penche l'oreille pour ausculter, pose la main pour tâter le pouls, et prend son air le plus bénin et son accentuation la plus douce pour témoigner sa compassion.
a L'expansion succédant à l'inertie, une physionomie plus ouverte et plus sereine, une attitude plus décente, moins de tendance à l'irritation et à la colère, des démonstrations plus senties et plus affectueuses, l'enrichissement du langage par une multitude de mots, nés de Taccroissemeut des pensées et du besoin de les traduire, telle est, au point de vue de la sensibilité, la transformation subie par Ed..., transformation remarquable surtout pour ceux qui peuvent remonter au point de départ. Elle nous laisserait l'espoir et la confiance d'appliquer un jour cet intéressant idiot à quelque fonction utile, si malheureusement les crises nerveuses, auxquelles il est sujet, ne revenaient à de courts intervalles anéantir les forces corporelles, opprimer le jugement et menacer l'existence. »
De 4850 à 4864, Ëd... a été atteint de complications et de maladies intercurrentes diverses que nous allons énumérer : en 4853, variolofde; en juin de la même année, en octobre 4834, en
janTier 1855, en novembre et décembre 4857, congestions mêningitiques succédant à des séries d'accès. A. partir de 1857, les accès sont devenus plus violents et plus nombreux. Voici d'ailleurs leur marche de 4850 à 1860:
AXN&ES.
Accès.
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