VILLE
Antécédents.— RenseigTiements fournis par kjére (24 octobre 4879). — Pare, qudranle et un ans, forgeron, vigoureux et bien portant; pas d'excès de boisson, aurait eu à dix-buit ans k un coup de sanp^ » et le « sang brûlé •. Pa»? de syphilis. [Père, soixante-dixhuit ans, receveur d'octroi, bien portant. Pas de maladies nerveuses, excès de boisson. — Mère, morte subitement à cinquanteneuf ans de la rupture d'un anévrisme : « C'était une femme bien sage. » Aucun antécédent nerveux. Deux frères bien portants, mariés, ont quatre et sept enfants tous bien portants, n'ayant jamais eu de convulsions.]
Méret quarante-deux ans, lingère, intelligente, assez forte, asthmatique, facilement imtable; elle n'a jamais eu d'attaques de nerfs. — Pas de névralgies, de migraines; variole grave- en 1870. Pas de dermatoses. [Père, mort d'une inflammation d'intestin : aucun excès, pas de maladies nerveuses. — Mère, bien portante, intelligente, pas de maladies nerveuses. Trois sœurs bien portantes ont des enfants très bien constitués : un seul, âgé de sept ans, a une tète très grosse, mais est intelligent : il louche et a eu des convulsions. Un cousin germain est mort fou à Tasile de Nantes.]
Pas de consanguinité.
Deux enfants : i^ notre malade; 2® une fille, bien constituée, morte à cinq semaines d'une diarrhée cholériforme.
Notre malade. Pendant la grossesse, à cinq mois, la mère a eu une peur si violente qu'elle s'est trouvée mal sur le coup et n'a repris ses sens qu'au bout d'un quart d'heure. Accouchement à terme, facile; élevé au sein par sa mère jusqu'à ving-six mois. Rougeole à quatre mois ; vacciné, pas de variole. — A trois ans, contusion violente de la tête à la suite d'une chute ; croup à cinq ans. — A sept semai nesy on a remarqué des petites secousses dans les bras avec des crispations dans les mains et des mouvements dans les yeux. Il fut soigné pendant cinq ans par le bromure de potassium ; les accès sont allés en augmentant jusqu'à l'entrée. Le minimun des accès en vingt-quatre heures était de sept à huit, et le maximun de trente. A un moment, il y eut une période de trois mois qui se passa sans accès et pendant laquelle il maigrit beaucoup. Les accès sont diurnes et nocturnes; pas d'étourdissements. Juv... n'a jamais prévenu.
Il n'a marché qu'à quatre ans, n'a jamais parlé, a toujours gâté. Pas d'ophthalmies, d'abcès, de dartres, de croûtes dans les cheveux ; un abcès sur le côté droit du cou dont la cicatrice reste visible. Onanisme fréquent: on était obligé de lui attacher les bras.
Il a commencé à niminrr à dix mois, après avoir mangé ou bu. Il avalait ses aliments de suite, gloutonnement; pas de salacité. On n'avait jamais vu de ruminants dans la famille.
DU MÉRYCISME. 397
Etat actuel{a.otLi 1882). — Tête très volumineuse, développée dans sa partie postérieure, saillie très prononcée deroccipital au niveau de la protubérance. La calotte crânienne est plate et semble taillée suivant un plan incliné de droite à gauche. Front bas et étroit; bosses frontales saillantes ; au-dessous d'elles, dépression assez marquée. Pas de saillie des arcades sourcilières : la partie gauche du front parait un peu plus déprimée que la droite . Circonférence de la base, 50 centimètres ; d'une oreille à l'autre, 30 ; diamètre antéro-postérieur (compas Budin), 16,3; diamètre bi-pariétal, 44,2; diamètre bi-temporal ; 12. Face ronde, symétrique. Yeux : iris giis brun, pupilles normales, égales et contractiles, pas de strabisme, ni de conjontivites. — Nez petit; bouche moyenne, lèvres peu épaisses. Voûte palatine assez large, profonde, symétrique ; voile du palais, amygdales, luette, piliers réguliers et symétriques. Maxillaire supérieur, régulier et symétrique. Les deux incisives médianes sont larges et dentelées : la canine droite, la canine gauche et la première molaire gauche manquent. Les deux petites molaires droites sont cariées jusqu'à la gencive. — Maxillaire inférieur, régulier et symétrique : la deuxième molaire gauche est détruite.
Oreilles grandes, séparées de la tête, bien ourlées; lobule détaché.
Cou court : cicatrice d'abcès ganglionnaire sur le bord antérieur du sterno-mastoïdien gauche ; pas de glandes.
Thoi-ax bien conformé, colonne vertébrale rectiligne. Abdomen souple, sans développement exagéré.
Membres supérieurs bien conformés, assez gros; doigts longs.
Membres inférieurs, — Pas de traces de rachitisme, rectilignes, assez musclés; doigts longs; voûte plantaire normale. — Organes génitaux. Testicules descendus; verge normale; prépuce long, sans phimosis. Pas de poils au pubis. — Peaw. Cheveux châtain foncé très abondants ; sourcils, cils longs et fournis. Pas de poils aux aisselles, au pubis, ni sur les membres. Pas de ganglions au cou, aux aisselles, ui aux aines.
Sensibilité générale intacte; sens spéciaux obtus. — Rien au cœur ni aux poumon^.— Langue bonne ; appétit conservé; immination, — Selles normales y pas de vomissements, pas de dilatation stomacale. — Foie et rate normaux. — Poids, 23 kil. 600 ; taille, i mètre 16.
Cet enfant marche très bien, grimpe partout, mais ne sait pas descendre les escaliers, il est toujours en mouvement, court après les feuilles, tourne dans les cours en secouant ses mains, ou en les tapotant Tune contre l'autre et en poussant de petits cris : « Euh! euh ! » ou en souûant ! Lorsqu'il aperçoit une porte ouverte il sort sans savoir où il va aller et sans idée du danger, s'il y en a. Il aime à clapoter dans l'eau et à pousser les cailloux avec ses pieds. Parfois colère, surtout quand on le débarbouille, quand on lui coupe les cheveux. Bave, balancement; suce rarement ses doigts;
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a plutôt rhabitudo de los mettre dans ses oreilles. Jl est vorace, gourmand et voleur; pas do salacité; ^'âtisme; onanisme persis^
tant. Il ne sait ni se laver, ni s'habiller, ni se déshabiller. Parole nulle ; ne dit que « papa, mauiau ». 11 ne comprend rien et ne^fait
DU MÊKYCISMK. 3*J0
môme aucun signe, il reconnaît maintenant son père et sa mère, ce qu*il ne faisait pas à rentrée. Il est caressant, et parait affectionner d'une façon particulière l'enfant Perrin qui s'occupe uu peu de lui. 11 est impossible de fîxer son attention.
\.*épilep$ie se traduit chez lui par des accès et des vertiges : en 1880 il a eu 132 accès et 4o vertiges ; en 1881, 286 accès et 512 verti^'es, en 1882, 259 accès et.o2 vertiges jusqu'au mois d'août. Il a eu, en janvier 1881, une rouz/eo/e qui a duré six semaines cl pendant laquelle il n'a eu aucune manifestation épileptique. (Voir Profjrês médicaly 2 septempre 1882, p. 663.) {Pig. 7) >.
Description des accès •. Chez cet enfant, les grands accès euxmêmes n'ont jamais une grande intensité. Le plus ordinairement, il pousse un cri, penche le dos en arrière, tend la tôle et les bras en avant; les pieds et les mains sont dans l'extension et la rotation en dedans. En même temps les globes oculaires sont tournés en haut et la bouche est largement ouverte. (Période tonique.) Petites secousses téta niformes dans les membres, mais surtout dans les paupières ; puis secousses cloniques généralement de peu d'étendue et de durée : elles sont quelquefois moins prononcées à droite. Ronflement, bave sanguinolente, émission d'urine; sommeil. Les accès se produisent surtout après les repas.
J... ne sait pas manger seul. Il est très vorace. Sitôt que son repas est devant lui, il se saisit du pain qu'il se met à manger tout d'abord; puis il prend les autres aliments à pleine main, môme les bouillies, et les porte à sa bouche en en laissant tomber la plus ^Tande partie. Lorsqu'on le fait manger, il avale la plupart des aliments de suite, sans les mâcher. Parfois quelques bouchées ne sont avalés qu'après des efforts de mastication, i^endant tout le temps du repas, il ne cesse de gratter la table avec les ongles, il ne manifeste pas de répugnance pour les liquides; néanmoins, la plupart du temps il boit peu, et finit à peine sa portion do vin. il lui arrive souvent de prendre avec sa main ce qui se toruve dans l'assiette des voisins ; mais ces emprunts sont toujours faits au hasard et sans distinction d'aucun mets, différent en cela de Gr... qui, lui, ne vole jamais que la viande. Il n'a de préférence pour aucun aliment.
Cet enfant, qui d'ailleurs est toujours très remuant, n'a pas plutôt fini ses repas qu'il se met à courir de tous côtés en tapant dans
< Voir aussi : Bourneville et Bonnairc. — Recherches cliniques et thé' rapeutiques sur Npilepsie, Chystérie et Vidiolie, compte rendu du service pendant 1881, p. 97.
* Gomme le lecteur Ta sans doute remarqué, nous continuons à donner dans nos observations la description des accès ^ aûn d^amver bientôt à donner au tableau aussi exact que possible des diverses variétés d'accès épileptiques.
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ses mains et en poussant ses cris habituels. Il ue reste assis que si on le place sur une chaise basse : mais^ même dans c^ cas, il se balance la plupart du temps en soufflant bruyamment et en agitant ses mains. Lorsqu'il reste par hasard tranquille, il se penche en avant, met Tindex de chaque main dans Toreille correspondante et demeure ainsi quelques minutes, puis reprend son balancement. 11 ne suce ses doigls que très rarement; il ne cesse de baver.
La rumination met toujours un certain temps avant de se produire et ce n'est, en général, que 3o ou iO minutes en moyenne après le repas que la première régurgitation se produit. A ce moment, il allonge le cou, penche un peu la lôte, provoque une éructation, qui est suivie du rejet des aliments qui remontent avec bruit dans la bouche. Ces phénomènes sont constants. Chez cet enfant les efforts sont encore moins exigeants que chez Gr... et même en l'observant avec attention et à plusieurs reprises nous n'avons noté ni grande inspiration^ ni mouvements du thorax, mais seulement parfois une légère ondulation de la paroi abdominale. La respiration est réguhère,le vjsage reste le môme et l'enfant interrompt à peine son balancement ou sa promenade. Parfois il demeure quelques secondes la tôte penchée en avant, les joues gonflées, semblant attendre que toute la gorgée soit revenue. Alors il la retourne dans sa bouche comme s'il se gargarisait^ fait à peine trois ou quatre mouvements de mastication et la ravale de suite. Pas de mouvements de latéralité.
11 nous a été impossible de reconnaître ici l'ordre de retour des aliments et leur état au commencement et à la fin de la rumination. Cet acte s'accomplissait toujours la bouche fermée et à chaque tentative que nous avons faite pour l'ouvrir, J... avalait précipitamment ce qu'il avait dans la bouche, de telle sorte que nos efforts sont restés infructueux.
Au début de la f*umination, les gorgées ne sont guère séparées que par un intervalle d'une minute ; mais, à mesure qu'elle s'avance, cet inteixalle augmente, et peut, à la fin, atteindre trente minutes et plus. A ce moment, il est impossible de saisir la moindre trace d'effort; d'un autre côté, la mastication, toujours peu longue môme au début, ne se fait plus et les bouchées sont ravalées instantanément.
Il est assez difficile, dans le cas actuel, d'être fixé sur la durée précise de la rumination et le nombre des gorgées. En effet, Juv... a très souvent, après ses repas, des accès épileptiques qui interrompent toujours la rumination et l'empôchcnt même de se manifester lorsqu'elle n'est pas commencée. Lorsque ce contre-temps ne se produit pas, nous avons observé que la moyenne des gorgées était de douze à quinze et que la durée de la rumination variait le plus souvent entre une heure et demie et deux heures.
DU MBRYCISME. 401
La rumination suit aussi bien le dîner que le déjeuner et se présente toujours sous le môme aspect. Cependant il arrive assez souvent que, môme en dehors des accès d'épilepsie, l'enfant ne rumine pas après un repas, qui alors est toujours celui du soir ; d'autres fois, mais plus rarement, la rumination manque toute une journée. Ce fait ne s'est montré que cette année.
Toutes les substances ingérées sont également ruminées; cependant ce sont toujours les matières solides qui le sont le plus. Les liquides ou les potages ne le sont pas constamment, et, s'ils reviennent, ce n'est qu'un petit nombre de fois et de suite, après leur ingestion, avant que l'enfant n'ait pris le reste de son repas. La rumination ne parait provoquer aucun dégoût. Juv. . . rumine également bien, assis ou debout. Le décubitus dorsal ne fait que suspendre momentanément les régurgitations. Jamais les aliments ne sont rejetés au dehors.
Le mérycisme semble être ici an acte physiologique : Tenfant a belle apparence, sa santé est bonne; son poids a augmenté de 400 gr. depuis le mois de janvier ^ 882 et sa taille de centimètres.
La pepsine, à la dose de 50 centig., puis 75 avant chaque repas, n'a donné aucun résultat.
Nous noterons encore^ dans ce cas, un fait que nous avons déjà signalé dans le précédent : le mauvais état des dents. D'un autre côté, la voracité, ainsi que tous les autres caractères de la rumination, se retrouvent ici, nioins marqués, il est vrai, que chez Gr... mais cependant très évidents.
Les aliments, une fois revenus dans la bouche, sont soumis à une seconde mastication^ généralement longue et consciencieuse. A ce propos, Burgower avait signalé chez les mérycoles des mouvements de latéralité de la mâchoire. On ne les a notés nulle part et nous ne les avons pas observés chez nos idiots. Quoiqu'il en soit, cette seconde mastication, complète au début de la rumination, est moins longue à mesure que Pacte s'avance et les dernières bouchées sont presque avalées de suite après leur régurgitation. Gela peut s'expliquer assez facilement si l'on considère Yétat des aliments qui remontent au commencement et à la fin de la rumination. Dans le premier cas, en effet, ils reviennent presque intacts ; c'est alors qu'intervient énergiquement la mastication ; plus tard ils ne se présentent plus que sous l'aspect de hachis on même de pâte (Obs. XXI, XXVI, XXVII, XXX) et l'on conçoit dès lors qu'ils nécessitent bien moins le secours des dents.
Quant au mode de retour des aliments, le résultat de nos
Archives, t. VI. ^6
402 RRVUB D£ PATHOLOGIE MENTALE.
recherches ne concorde pas avec ce que nous trouvons dans les Observations VI, VII, XVII où il est dit que les aliments reviennent dans Tordre où ils ont été ingérés. Nous avons toujours vu les aliments ingérés, du moins les solides, entrer tous à la fois dans chaque gorgée; quant aux liquides, s'ils remontaient, c'était de suite après Tingestion, à condition, toutefois, que le malade ne mangeât plus rien après.
Vmtervalle qui sépare les gorgées varie aussi aux différents moments de Tacte. Presqu'insensible au début, il va toujours en augmentant à mesure que la rumination progresse. Rosseir avait signalé cette particularité (Observation XXVI).
{La fin au prochain numéro).
XV. I.KS TROUBLES DE LA VUE d'oRIGINE CÉRÉBRALE CHEZ LES PARALYTIQUES
GÉNÉRAUX ; par Carl Stçnger. {Archiv, f. Psych, u, Nervenk,^ XIII, i.)
Sous ce titre, rauteur éludie d'abord la cécité psychique caractérisée par ce fait que les individus voient sans reconnaître les objets, sans en comprendre Tusage ;la notion de ces derniers ne leur revient qu'au fur et à mesure qu'ils en prennent connaissance à l'aide des autres sens. Les lésions, consécutives aux attaques congestives, portaient, soit, comme dans les expériences de Munk, sur le lobe occipital exclusivement (obs. l), soit sur le lobe temporooccipital (obs. II). L'ensemble des attaques dont chacune était invariablement suivie dans l'espèce des mêmes phénomènes finit par amener Vamaurose cérébrale ou cécité corticale (obs, IV et V) ; à ce moment, la perception est abolie, M. Stenger tend à admettre que le lobe occipital renferme deux centres : l'un situé à la pointe et correspondant à la zone A.^ de Munk présiderait aux conceptions que font naître les impressions visuelles, aux images qu'elles déposent dans l'écorce (images du souvenir) ; sa destruction entraînerait la la cécité psychique. L'autre plus étendu aurait pour fonction de percevoir; son anéantissement expliquerait la cécité corticale totale;
il reste au surplus indéterminé ^ Au lobe occipital serait également dévolu yhémianopsie croisée (obs. VI et VII), seulement les couches optiques, les tubercules mamillaires et le lobe pariétal participaient aussi dans ces faits aux altérations. — En terminant, le clinicien fait remarquer les hallucinations de la vue généralement bilatérales comme les autres manifestations, survenues avant ou après les attaques congeslives tant pendant la cécité psychique qu'au milieu de Tamaurose complète (obs. II, V et Vil). P. K.
XVI. Sur l'état de la température dans quelques formes de maladies MENTALES {rapproché du centre régulateur de la chaleur) ; par W. Bechtgrow. {Archiv. f. Psych, u. Nervenk., Xlll, 1.)
L'auteur étudie successivement la température dans la mélancolie, la manie, la démence consécutive et Tidiotie. 43 courbes. Il divise la mélancolie eu égard à ses phases thermiques, et, en particulier, la mélancolie avec stupeur en trois périodes : 1° période de début ou d'agitation : T. R. normale ou hypothermie pouvant atteindre 40»; — 2» stade de profonde dépression; hypothermie parfois très accusée ; 3° stade de guérison : température normale ou hypothermieau début qui, dans ce cas, est de bon augure (amélioration psychique rapide. Le plus souvent, dans l'espèce, (la température du matin est supérieure à celle du soir (type inver.se) mais ceci ne se remarque que lorsque la maladie est à sa phase de parfait développement ou bien pour l'hypothermie du stade de guérison quand elle existe. La température périphérique présente outre un fréquent abaissement de 0,15 k 0,9 des différences locales d'un côté à l'autre qui atteignent quelquefois 4®, 2», 3°, 4«; états passagers sous la dépendance de troubles de la circulation cutanée. Ces manifestations, de concert avec la diminution des matières azotées et de Turée excrétée par l'urine, conduisent M. B... à incriminer des modifîcations dans la circulation et la crase du sang entraînant des diminutions dans les échanges stachiolosiques. L'individu déprimé soumis à un bain tiède perd en effet moins de chaleur qu'un individu sain, c'est-à-dire qu'il en fournit moins. — La manie offre à la période de dépression prodromique une hypothermie qui peut aller à 36,5 ; à la période d'agitation extrême, une hypothermie qui restitue la température normale; à la période de calme ou d'épuisement une nouvelle hypothermie. Type inverse à la période de complet développement du second stade. Diminution des matériaux constitutifs de l'urine ; c'est donc ici le travail mus-
^M. Stenger explique le mécanisme fonctionnel de ces centres par des considérations histologiques qni sont les mômes que celles déjà consignées dans l'analyse du mémoire de M. Tuczok sur la disposition de fibres dans récorce. (Archives de Neurologie.) P. K.
4()4 RBVUB DE PATHOLOGIE MBNTALE.
cuiaire qui est la source de la production de chaleur. — \a démence et Tidiotie présente des irrégularités thermiques irrégulières, inconstantes, dépourvues de type. — Les conditions de la vie des psychopathes étant complètement insuffisantes, comme d'ailleurs les éléments d'ordre extérieur ou somatique, pour expliquer les particularités thermiques, il faut, de concert avec la pathologie expérimentale, admettre les troubles d'un centre régulateur de 2a chaleur siégeant dans Técorce. P. K.
XYII. De la conscience de la maladie dans les affections mentales; par Arnold Pick. (Arch, f. Psych. u. Nervenk. XIII, 3.)
Après un résumé historique des faits cliniques prouvant que les malades avaient conscience de leurs anomalies psychiques, M. Pick admet que la conscience de la maladie se décompose en sentiment de l'état morbide, et discernement de l'état morbide. Le sentiment de l'état morbide provient de sensations ayant pour point de départ le cerveau ; telles la céphalalgie prémonitoire, la sensation de vide, de dilatation, d'ouverture et de fermeture du crâne peuvent bien être en rapport avec des modifications du côté des méninges^ du liquide céphalo-rachid^n, etc.. Le discernement de l'état morbide procède, lui, du raisonnement; ainsi, en est-il pour les héréditaires qui, par exemple, à l'école, constatent leur médiocrité intellectuelle. La plus grande partie de la conscience de la maladie revient encore au discernement dans la folie systématique hallucinatoire. Il en est autrement pour la folie impulsive. D'ailleurs, le sentiment de la maladie conduit fréquemment au discernement de Tétat de maladie (discernement rétrospectif), mais, à coup sûr, ce n'est pas dans l'hypochondrie. La plupart des psychoses témoignent de l'existence de la conscience qui nous occupe ici ; aussi, le groupe des folies avec conscience doit-il simplement signifier que, dans ces dernières, la conscience de la maladie est un des phénomènes les plus saillants et les plus constants. P. K.
XV11I. De la réaction des pupilles des aliénés sous l'influence de l'excitation des nerfs sensibles ; par G. Moeli. (ArcA. f, Psych. Nervenh., XUI, 3.)
(ihez les individus bien portants, l'excitation des nerfs sensibles de la peau à la piqûre et au contact d'objets mousses, entraîne presque toujours une dilatation pupillaire, excepté chez les si^ets d'un certain âge (cinquante ans) où elle fait parfois défaut, malgré l'application de courants faradiques intenses. En tout cas, il faut tenir compte de différences individuelles. Dans la paralysie générale, la dilatation d'origine cutanée (courant faradique cervical) est surtout absente chez les hommes dont les pupilles réagissent
mal à la lumière. Elle fait exclusivement défaut chez les femmes dont la réaction pupillaire à la lumière est défectueuse. L'absence de réaction à Téclairage et à l'excitation des nerfs sensibles prédomine chez les malades .qui ne présentent pas le phénomène du genou. Parmi ces derniers, en effet, les 4/5 n'offrent pas de réaction pupillaire; la proportion n'est que d'4/3 pour ceux qui présentent le phénomène du genou. Aucune espèce de réaction pupillaire pendant Tépilepsie ou le coma qui suit les affections encéphaliques. Les hystériques en état d'hémianesthésie subissent la dilatation pupillaire sous l'influence de l'excitation des régions anesthésiques. Le fonctionnement de l'écorce du cerveau n'est donc pas nécessaire pour que la pupille se dilate à la suite des incitations. C'est probablement à une altération du cerveau moyen, de la moelle allongée^ qu'il faut attribuer la disparition de la réaction pupillaire des paralytiques généraux. P. K.
XIX. Les troubles dans l\ sphère du système nerveux périphérique CHEZ LES AUÉNÉs; par TiGGEs. (/1//^. Zeitsschr, f. PsycA., XXXIX, t et 3.)
Ce mémoire traite successivement des sensations anormales de la sensibilité à la pression, des perturbations des fonctions sensorielles de la peau et de la sensibilité musculaire, des troubles moteurs et vasomoteurs que l'on observe chez les aliénés. Voici les particularités qu'il nous paraît intéressant de mettre en relief.
Les sensations anormales qui se montrent dans la lypémanie peuvent être limitées de préférence ou exclusivement à telles zones ou s'étendre plus ou moins au corps entier. La sensibilité à la pression s'y allie souvent et porte aussi sur des territoires plus ou moins étendus; ces territoires ne sont parfois décelés que par l'application à demeure du courant constant. Les exacerbations de ces phénomènes accompagnent très fréquemment celles des symptômes psychiques ; mais ce n'est pas la règle. Quand la psychose est précédée de sensations anormales il y a lieu d'admettre une relation anatomique entre les deux ordres de manifestations ; il ne s'agit plus de simples réflexes. La moelle et la moelle allongée se font pour les irradiations des sensations et de l'hyperesthésie à la pression les conducteurs de l'encéphale. Les diverses fonctions de la sensibilité cutanée sont très fréquemment atteintes en môme temps que l'on constate des sensations anormales, dans la mélancolie et la folie systématique. Elles sont alors le plus souvent émoussées. On n'observe pas de modalité typique à leur égard non plus que de différences particulières qui permette d'attribuer tel genre à la mélancolie, tel autre à la folie systématique. La môme propriété du tact en divers endroits du corps ou les différentes qualités de ce sens chez le môme individu, offrent des diversités multiples. Le dé-
doublement de la pointe du compas constitue un phénomène d'irradiation qui provient soit de ce que la faculté d'apprécier ia distance est exagérée, soit de ce que la sensibilité à la douleur est plus grande (mélancolie, folie systématique, épilepsie) ; les troubles trophiques et fonctionnels propres à la psychose entrent aussi en ligne de compte. La diminution de la sensibilité à la douleur dans la stupidité est susceptible d'une prompte compensation. C'est la moelle, la moelle allongée, et, môme en certains cas, le cerveau qu'il faut dans l'espèce incriminer. Parmi les troubles moteurs qui appartiennent à la lypémanie, il faut remarquer les tremblements, la raideur de la colonne vertébrale et des membres, les convulsions cloniques des membres et du tronc ; les contractions toniques sont plus rares. De ces symptômes, les uns sont des réflexes issus des troubles de la sensibilité avec lesquels ils coïncident quant au temps et quant au lieu. La tension musculaire et la résistance que l'articulation oppose aux mouvements qu'on essaie d'imprimer au membre se présente, au moins temporairement, dans tous les cas de stupeur et de démence paralytique, chez 77 p. 400 des mélancoliques, chez 24 p. 100 des maniaques; ce n'est pas un réflexe, car elle coïncide avec la diminution de la sensibilité à la douleur. Parmi les troubles vaso-moteurs assez fréquents dans la mélancolie qui s'accompagne de sensations anormales, il importe de noter la rougeur de la face et des oreilles avec sensation subjective de chaleur, soit continue, soit par accès de plusieurs heures, souvent unilatérale, qui affecte tantôt le môme côté, tantôt des côtés différents, tantôt les deux côtés à la fois avec une égale intensité. Elle passe quelquefois de l'autre côté après avoir occupé un seul côté pendant des années : en un cas, ce passage s'effectue sous l'influence du chloral. Les différences thermiques d'un côté à l'autre n'ont jamais dépassé 1<',4 R. A. la moitié de la face plus rouge peut correspondre du myosis, mais ce n'est pas la règle. Parfois, le côté plus rouge présentera une plus forte sécrétion sudorale. P. K.