BB LA MALADIE DE BASEDOW
jours, avec ou sans atrophie des organes génitaux, absence complète de manifestations génésiques, à Texception, toutefois, de Conrad SchubelndreyerS qui, une seule fois, eut Tair de vouloir violer la femme de son frère, et de la Paria indoue, de Shortt, qui eut, paratt-il, un enfant mort-né ». Uétat et le fonctionnement des organes génitaux, chez nos deux malades, ne confirme pas cette opinion.
Comme on le voit par ces quelques remarques, Thistoire de la microcéphalie est loin d'être faite. C'est avec des observations bien prises, des descriptions précises et des planches dessinées avec un soin méticuleux, qu'il sera possible d'arriver à une notion précise. Ce qui ressort, cependant, de ces deux observations et de la comparaison des planches, c'est que la microcéphalie n'est pas toujours due au même genre d'arrêt de développement.
SUR LA N.ATURE ET SUR QUELQUES-UNS DES SYMPTOMES DE LA MALADIE DE RASEDOW;
Par PiBRftE MARIE.
La maladie de Basedow a passé par des fortunes bien diverses depuis qu'elle a été élevée au rang d'entité morbide, et l'ingéniosité des physiologistes en chambre s'est exercée sur elle avec une prédilection toute particulière; pneumogastrique ou grand sympathique, afTection du cœur ou anémie, tout ce qui de près ou de loin a quelque rapport avec le goitre et rexophthalmie, tout cela, disons-nous, est devenu la base d'une théorie sur la pathogénie de cette affection. Fallait-il dilater un vaisseau ? vite on paralysait le grand sympathique;
i Vogt. — Mém, sur les microcéphales, p. 26.
— faire coutracter des fibres musculaires lisses? on excitait ce même grand sympathique ; — accélérer les battements du cœur? ici) grand embarras» quel choix faire entre l'excitation de ce nerf et la paralysie du pneumogastrique ? Il en est, croyons-nous, en pathogénie comme en thérapeutique : beaucoup de remèdes, peu de guérisons ; beaucoup de théories, peu de vérité.
Nous n'avons pas, pour notre part, Tintention d'ajouter une nouvelle hypothèse à toutes celles qui onl été émises à plaisir sur ce sujet; mais^ comme il nous arrivera forcément, dans l'interprétation des symptômes de la maladie de Basedow, d'employer, faute de mieux, le mot de névrose, nous tenons à donner dès maintenant une brève explication à ce sujet. Certes, nous nous garderions bien, et pour cause, de chercher à définir ce que c'est qu'une névrose ; aussi, nous ne nous servirons de ce mot que dans le sens purement conventionnel d'affection caractérisée par un trouble des fonctions nerveuses d'une nature spéciale, et ne s'accompagnant pas des lésions que l'on observe plus ou moins communément dans les autres affections.
Dans un récent travail ' inspiré par notre maître, M. le professeur Gharcot, nous nous sommes efforcé de démontrer que la maladie de Basedow était due, non pas à l'altération plus ou moins apparente de tel ou tel nerf, non pas môme à une névrose du pneumogastrique ou du grand sympathique, mais à une névrose affectant les caractères d'une névrose générale. Nous préférons ce mot de névrose générale à celui de névrose centrale, parce que cette dernière épithète préjuge en quelque sorte un siège à cette affection, et que, de plus, elle n'exprime pas assez, à notre avis, la dissémination à tout l'organisme des symptômes observés.
Plus récemment encore a paru un travail fort intéressant de notre ami G. Ballet, sur quelques troubles dépendant du système nerveux central dans le cours de la maladie de Ba« sedow, et dont le titre seul indique assez l'esprit dans lequel il a été conçu '. C'est ainsi que l'auteur y rapporte plusieurs
* p. iMarîe. — Contribution à Vétude et au diagnostic des formes frustes de la maladie de Basedow. Thèse de Paris, 1883.
* Gilbert Ballet. — De quelques troubles dépendant du système nerveux central observes chez les malades atteints de goitre exophthalmique, {Revue de médecine^ avril 1883.)