‹ Archives de neurologie (volume 4)Chapitre 6 sur 51 · DB LA MALADIB DB BASEDOW · texte numérisé non relu

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observations, dans lesquelles les malades présentèrent de véritables attaques épileptiques ou des attaques épileptiformes ; dans d^autres cas, il montre que des phénomènes paralytiques pins ou moins prononcés peuvent survenir, et que ces phénomènes peuvent consister soit en hémiplégies, soit en paraplégies^ soit en ime gêne plus ou moins accentuée de certains mouvements volontaires ; on a même observé une paralysie à forme hémiplégique accompagnée de troubles de la sensibilité (hémianesthésie) et même d'un léger degré d'aphasie passagère. En outre de ces accidents placés sous la dépendance immédiate du système nerveux central, M. Ballet en signale d'autres qui, bien certainement, sont dus à un mécanisme analogue. Nous voulons parler des troubles de la sécrétion urinaire : polyurie, glycosurie, albuminurie, qui, très probablement, et nous partageons en cela Topinion de M. Ballet, sont beaucoup plus fréquents qu'on ne serait tenté de le croire, d'après les observations recueillies jusqu'à ce jour.

Nous-mêmes nous avons, dans le travail cité plus haut, rapporté un certain nombre d'observations soit personnelles, soit puisées dans des publications diverses où se trouvent signalés des symptômes dépendant très vraisemblablement d'un trouble des fonctions du système nerveux central. Diarrhées paroxystiques présentant ce caractère spécial de survenir d'une façon brusque, généralement sans coliques, de durer quelques heures et de se terminer non moins brusquement qu'elles avaient commencé ; — boulrmie, ou tout au moins violents et fréquents accès de fringale ; — vomissements quelquefois incoercibles; — accès d'angoisse précordiale revêtant absolument l'aspect du syndrome angine de poitrine \ — augmentation du nombre des respirations qui se trouvent portées en moyenne au chiffre de vingt-quatre par minute ; — toux fréquente, quinteuse, sans expectoration notable; — sufiurs abondantes généralisées ou localisées, s'accompagnant souvent d'une sensation de chaleur purement subjective; — manifestations cutanées telles que vitiligo, taches pigmentaires, chute des sourcils et des cils, urticaire, etc.

Tous ces symptômes si divers pourraient à la rigueur, pris isolément, s'expliquer, il est vrai, par l'hypothèse d'une altération des nerfs pneumogastrique ou grand sympathique, mais quand on les voit exister chez le même malade simultanément, quand on les voit coïncider avec des troubles psychiques

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OU avec les phénomènes décrits par M. G. Ballet (accidents convulsifs, hémiplégie, hémianesthésie, glycosurie, etc.), comment pourrait-on s'arrêter à cette idée qu'une altération plus ou moins grossière du nerf vague ou du grand sympathique soit seule en cause ?

D'ailleurs, il est un autre phénomène propre à la maladie de Basedow, dont nous avons, dans notre thèse, fait une étude détaillée, et qui nous semble apporter un argument précieux à la manière de voir que nous venons d'exposer : c'est le tremblement. Dans aucun des quinze cas de maladie de Basedow, type ou fruste, qu'il nous a été donné d'observer, nous n'avons vu manquer ce symptôme; aussi avons-nous cru, dans nos conclusions, pouvoir le considérer comme constant dans la maladie de Basedow, et nous sommes-nous efforcé de décrire les caractères particuliers qui'permettent sinon de le considérer comme absolument spécial à cette affection, du moins de le distinguer des tremblements observés dans d'autres affections (paralysie agitante, tremblement sénile, paralysie générale, alcoolisme). Dans ses formes les mieux accentuées, ce tremblement est généralisé et occupe les différents muscles du corps; mais fréquemment aussi, il n'est constatable qu'aux seules extrémités, et notamment aux extrémités supérieures ; quelquefois assez prononcé pour ]i*endre celles-ci tout à lait inhabiles à certains travaux (écriture, couture, etc.)^ il est souvent moins marqué, et, pour le reconnaître, il est nécessaire de faire étendre le bras du malade et d'observer directement sa main et ses doigts. Le rhythme de ce tremblement est assez rapide, surtout si on le compare à celui du tremblement sénile ou de la paralysie agitante, et avec le tambour à réaction dont nous avons fait usage, nous avons constaté que le chiffre moyen des oscillations par seconde est de huit et demi, tandis que, dans les deux maladies ci- dessus désignées, il n'est que de cinq ou six oscillations dans le même laps de temps.

Du reste, l'existence du tremblement dans la maladie de Basedow n'avait pas échappé à un certain nombre de médecins, et nous avons pu relever sa mention dans dix-huit observations provenant de différents auteurs; mais son existence n'avait pas frappé spécialement l'attention de la plupart de ces auteurs, qui se sont contentés purement et simplement de le noter ou qui ont rapporté son apparition à la présence d'altérations des centres nerveux indépendantes de la maladie

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de Basedow. Parmi les médecins qui avaient déjà remarqué le tremblement de la maladie de Basedow, il en est un, M. Guéneau de Mussy, que nous avons omis de citer dans notre thèse. Son mémoire ' sur ce sujet nous étant inconnu à cette époque, M. Fernet a bien voulu nous le signaler et nous sommes heureux de réparer ici notre omission, les faits qui y sont rapportés sont trop intéressants et concordent trop bien avec ceux des autres auteurs et les nôtres pour que nous manquions l'occasion d'en donner un rapide résumé.

Observation L — Jeune mariée de dix-neuf ans; surmenage intellectuel; exophthalmie ; goitre. Pouls : 120. u Les mouvements étaient saccadés, irréguliers, tout à fait choréiques ; ce trouble des fonctions motrices persistait pendant le sommeil qui était intei^ rompu et agité. Les yeux, saillants outre mesure, étaient par moments agités d*une sorte de nystagmus ; pendant plusieurs semaines les anomalies de la fonction locomotrice furent poussées si loin que la malade ne put pas marcher ; elle faisait quelques pas irréguliers, et tantôt se précipitait en avant, tantôt se rejetait en arrière ; elle sentait d'ailleurs très bien qu'outre son arythmie et son incohérence, la contractilité musculaire était affaiblie; en explorant le pouls, de fréquents soubresauts des tendons se faisaient sentir au niveau du carpe, i» — Grises de vomissements inquiétants par leur persistance ; d'autres fois, après plusieurs semaines de constipation, des crises de diarrhée soudaines, violentes, mais de peu de durée. Au bout de huit ou dix mois, les mouvements choréiformes cessèrent pour ne plus reparaître, bien qu'il y eût toijgours quelque chose de brusque et de saccadé dans ses mou* vements, et un peu de tremblement dans les membres. La voix était habituellement rauque ; il y avait une toux fréquente, quinteuse, persistant avec opiniâtreté. Quelques mois plus tard, la malade succomba, probablement à la suite d'une tuberculose pulmonaire aiguë. .

Observation n. — Homme atteint d'une affection cardiaque, présentant une tuméfaction du corps thyroïde et une saillie considérable de l'œil limitées au côté droit, et ayant des mouvements choréiformes dans le bras du môme côté.

Observation III. — Demoiselle de trente ans; saillie anormale au côté droit du cou ; lobe droit du corps thyroïde très Volumineux. — Les deux yeux sont saillants, mais l'œil droit Test beaucoup plus que le gauche. Quand, étant assise, elle appuie la pointe du

« Mémoire lu à la Société de Thérapeutique (9 novembre 1881) par M. Guéneau de Mussy.

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pied sur le sol, elle est parfois prise de tremblement; elle a remarqué ce phénomène qui n*est pas constant, et elle ignore s'il est plus prononcé d'un côté que de l'autre. Pouls : 432.

Observation IV. — Homme de quarante ans, arthritique, lymphatique, hypochondriaque ; amaigrissement considérable ; exophthalmie; plus tard, goUre. Pouls : 420 à 128. — Coloration bistre foncée de la face avec plaques pigmentaires en virgules dans les fosses temporales et sur la paupière inférieure. Quand il était debout, il écartait les jambes d'une manière insolite, comme s'il avait besoin d'élargir sa base de sustentation, et quand, étant assis, il soulevait le pied en l'appuyant sur sa pointe, tout le membre se mettait à trembler jusqu'à ce qu'il laissât le talon retomber sur le sol. Ses bras tremblaient fortement quand il les étendait en écartant les doigts. Sur les deux côtés du cou et au niveau du médiastin, il y avait tuméfaction des ganglions lymphatiques.

M. Guéneau deMussy fait à ce propos remarquer les troubles de rinnervation cérébro-spinale présentés par ces quatre malades, simulant la chorée chez deux d'entre eux, et revêtant chez les deux autres Faspect de tremblement ; il pense que ce tremblement pourrait bien exister plus souvent qu'on ne le signale généralement. Il se demande si le développement des symptômes de la maladie de Basedow n'est pas, jusqu'à un certain point, sous l'influence de l'incitation produite sur le pneumogastrique parles ganglions tuméfiés situés au voisinage de ce nerf. Peut-être la maladie de Basedow serait-elle d'origine périphérique comme certaines myélites ? Peut-être la production exagérée du pigment cutané serait-elle due (ainsi que le pense M. Grunhow, Congrès international de Londres) aussi à cette incitation morbide du pneumogastrique qui, on le sait, prend une si grande part dans la formation du plexus solaire.

Et maintenant que nous avons énuméré tous ces symptômes si divers, ne semble-t-il pas plus rationnel de les rapporter à un état morbide spécial qu'à une altération localisée au tronc de tel ou tel nerf? D'ailleurs, si, abandonnant pour quelques instants le terrain purement clinique sur lequel nous nous sommes placé jusqu'à présent, nous voulions, nous aussi, emprunter à la physiologie quelques arguments à l'appui de notre manière de voir, ne pouvons-nous pas invoquer en sa faveur les expériences de Filehne»? On sait, en effet, que cet auteur

* W. Filehne. — Zur Pathogenese der Basedow'schen krankheit {Sit^ kungsberichten der physxk. med. Societdt zu Erlangen, 14 juillet 1879).

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parvint, dans un cas chez le lapin, par la cautérisation du quart supérieur des corps restiformes à produire simultanément la tachycardie, le goitre et Texophthalmie (celle-ci était, parait-il, peu prononcée); plusieurs fois, la section pratiquée au même niveau amena l'apparition isolée d'un ou de deux de ces symptômes. C'est donc là une expérience qui prouve assez nettement que le fameux trépied qui sert de base au goitre exophthalmique peut être directement produit par une lésion centrale. Est-ce à dire pour cela que l'on puisse produire expérimentalement la maladie de Basedow ? Nous ne le croyons pas, du moins dans l'état actuel de la méthode expérimentale. En effet, nous admettons que l'on puisse, comme l'a fait Filehne, donner naissance, soit isolément, soit simultanément, à la tachycardie, au goitre, à l'exophthalmie; on aura produit ainsi un goitre exophthalmique, mais non la maladie de Basedow, de même que la piqûre du quatrième ventricule donne naissance à la glycosurie, mais non au diabète, de même qu'une lésion de la partie postérieure de la capsule interne produit l'hémianesthésie, mais non l'hystérie. Nous l'avons déjà dit, la maladie de Basedow ne dépend pas uniquement de la triade goitre, exophthalmie, etc., elle est constituée aussi et surtout par cet état nerveux particulier que nous avons décrit! plus haut et dont le tremblement est un des symptômes les plus nets et les plus constants.

Aussi pourrait-on, jusqu'à un certain point, admettre V existence distincte (Tun goitre exophthalmique et de la maladie de Basedow. Dans la première classe, on rangerait ces goitres, dans le cours desquels on pourrait voir (ainsi que notre excellent collègue Bénard en a publié des exemples récemment), par suite de la compression, survenir de l'exophthalmie, et qui nous semblent faire partie de cette variété que notre maître, M. Le Dentu, appelle le goitre exophthalmique chirurgical; la seconde classe, la maladie de Basedow proprement dite, serait constituée par les cas où se trouvent coïncidant ou non avec la célèbre triade le tremblement et les phénomènes nerveux multiples dont nous avons parlé plus haut.

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DU MÉRYGISME; Par BOURNEVILLE et SÉ6LAS.

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