CONSERVÉES AU MUSÉE ANATOMO-PATHOLOGIQUE DE LA SALPÊTBIÈRE
Par Cn. FÉRÉ.
Depuis que M. Gharcot a appelé l'attention sur les affections articulaires et osseuses développées chez les ataxiques, un grand nombre de pièces de ce genre ont été recueillies à l'hospice de la Salptètrière. Plusieurs d'-entre elles ont été déposées par M. Gharcot au musée Dupuytren, d'autres dans des musées de l'étranger, notamment au musée Huntérien et au musée de l'hôpital Saint-Thomas de Londres, au musée de Manchester, d'autres ont été égarées. Les spécimens actuellement conservés au musée de la Salpêtrière proviennent de huit sujets, et elles ont été réunies depuis 1876.
Les pièces provenant d'une nommée C... ont été décrites par M. Gharcot 1 . (N 08 7et8.)
Une autre pièce, une arthropathie du coude, qui a été donnée au musée par M. Alph. Robert, est décrite en détail dans les bulletins de la Société anatomique*, nous n'y reviendrons pas. .(N°9.)
Nous nous arrêterons seulement sur les préparations qui n'ont jamais été le sujet d'aucune description en règle.
I. La plus remarquable est le squelette de la nommée B..., que M. Gharcot a présenté avec le moule en cire de la malade au Congrès de Londres 8 en 1881. C'est la première fois que le
1 J.-M. Charcot. -— Leçons sur les maladies du système nerveux, t. II, 3« édit.,1880, p. 305.
«Alph. Robert. — Bull. Soc. anat., 1878, p. 512. » A Report on the Congress Muséum, p. 20.
squelette entier d'un ataxique a été examiné complètement; et l'épreuve n'est pas sans intérêt, car elle a permis de découvrir plusieurs lésions ignorées pendant la vie, ce qui permet de supposer que les lésions osseuses des ataxiques sont encore plus fréquentes que les faits publiés semblent l'indiquer. (N° 10.)
Ce squelette présente des arthropathies temporo-maxillaires scapulo-humérales, coxo-fé morales, fémoro-tibiales,eten outre une fracture deTos iliaque droit et du péroné gauche. Ces deux dernières lésions avaient passé inaperçues sur le vivant.
1° Articulations temporo-maxillaires. — Cavité articulaire du temporal droit. La partie de la cavité glénoïde située en avant de la fissure de Glaser est plus que doublée d'étendue par l'usure de la racine transverse de l'apophyse zygomatique. Cette surface articulaire de nouvelle formation, qui est assez régulière à distance, présente, à la considérer de près, un aspect spongieux.
Cavité articulaire du temporal gauche. — La racine transverse de l'apophyse zygomatique est très légèrement usée à sa partie postéro -inférieure. La mâchoire supérieure est absolument dépourvue de dents et l'arcade alvéolaire à peu près complètement effacée.
Maxillaire inférieur (Fig. 3). — Le condyle droit est tellement usé que sa partie la plus élevée arrive presque au niveau du fond de l'échancrure coronoïdienne , ou plutôt on peut dire que le condyle a complètement disparu et que la surface articulaire actuelle .
est constituée par le col du condyle légère- . Jty. 3. — Maxillaire . a> k i > •!' r> li * inférieur avec usure
ment renfle à son extrémité. Cette surface (lu con( i Y i e droit.
est d'ailleurs rugueuse et ne présentait à
l'état frais aucune trace de fîbro-cartilage. Le condyle gauche est
seulement un peu usé à sa partie postérieure.
11 semble que ce soit le premier fait qui ait été observé jusqu'ici d'arthropathie de l'articulation temporo-maxillaire. Nous ne connaissons point d'autre exemple de lésions de la base du crâne chez les ataxiques. Le maxillaire inférieur a aussi rarement été trouvé atteint. Toutefois M. Vallin 1 a signalé l'expulsion des dents et l'élimination du bord alvéolaire, et M. P. Olivier (de Rouen) a observé une fracture spontanée du maxillaire inférieur chez un ataxique *.
1 Vallin. — Des altérations trophiques des os maxillaires dans Vataxie locomotrice. (Union médicale, novembre 1879.)
* Ancelin. — Considérations sur les fractures spontanées dans Vataxie locomotrice. Thèse de Paris, 1881, p. 38.
2* Epaule gauche {Fig. 4). — A. Omoplate. La surface articulaire, la cavité glénoïde et le col ont complètement disparu. A leur place, on ne voit plus qu'un prolongement du bord axillaire de l'omoplate, se terminant par une épine verticale qui n'est autre que l'apophyse coracoïde dont le crochet a disparu. Cette espèce d'épine est lisse, quoique un peu irrégulière.
B. Humérus. L'extrémité supérieure de l'os ne constitue plus qu'une saillie conique où on ne reconnaît plus ni surface articulaire, ni tubérosités. Ces dernières ne sont pas complètement détruites, mais ne sont plus représentées que par des mamelons à peine saillants. La face externe a conservé à peu près l'aspect du tissu osseux normal, tandis qu'en dedans, à l'endroit où existait autrefois le col, on trouve une surface rugueuse, d'aspect spongieux. La tête humérale était luxée en avant et faisait saillie sous la peau comme on le voit dans la figure 5.
L'extrémité inférieure de cet os est saine ; on y remarque seulement une perforation qui fait communiquer la cavité olécrânienne avec la cavité coronoïdienne ; c'est là une disposition fréquente chez la femme.
Fig. 4. — Épaule gauche, usure de la tête de l'humérus et de la cavité glénoïde de l'omoplate.
3° Epaule droite. — A. Omoplate. La cavité glénoïde est complètement effacée. Le col et la surface articulaire sont tellement amincis d'arrière en avant que cette partie de l'os n'a pas plus d'un centimètre d'épaisseur. 11 reste seulement à la partie inférieure de ce moignon une surface d'un centimètre carré environ, encore encroûtée de cartilage. La partie antérieure du col ne présente aucune altération appréciable ; c'est aux dépens de la face postérieure que s'est faite l'usure. Cette partie postérieure, aplatie et déformée, est irrégulièrement anfractueuse, spongieuse, percée d'un grand nombre de petits trous. L'usure porte jusque sur le bord axillaire de l'omoplate qui est devenu tranchant à sa partie supérieure, jusqu'à ce qui reste de la surface articulaire. — L'épine de l'omoplate est épaissie , et paraît plus dense que celle du côté opposé. Sa face supérieure, au lieu d'être concave, est devenue irrégulièrement convexe, et elle est creusée d'un grand nombre de petites cellules. La face inférieure, au lieu d'être convexe, est concave et forme une espèce d'arche ; une grande partie de cette surface est éburnée et lisse, sauf quelques petites érosions qu'on
remarque surtout vers la base de l'épine. C'est la partie inférieure de Fépine de l'omoplate où l'os est éburné qui était en rapport avec ce qui reste de la tête humer aie.
B. Humérus. X la partie antérieure et interne du col chirurgical, il existe une dépression semblant résulter d'une usure.
Au dessous , au contraire, l'épaisseur de l'os est plutôt exagérée , et on remarque en ce point plusieurs petites excavations qui logeraient une lentille. La tête humérale est profondément déformée ; le col anatomique est à peine appréciable , de sorte que la tubérosité externe semble confondue avec la tête. La grosse tubérosité semble d'ailleurs diminuée de volume; la petite est presque effacée, et c'est à peine si on trouve la trace de la coulisse bicipitale. La surface articulaire est complètement dépour- Fig.o. — Reproduction de la photographie de vue de cartilage et **•••' montran t l es déformations de l'épaule et du offre une surface S enou S ai,ches ' spongieuse, sauf à la partie antérieure où on remarque un ilôt
Fig. 6. — Face externe de l'os iliaque droit montrant l'absence de consolidation de la fracture et l'usure de la cavité colyloïde.
irrégulier, lisse et dur, comme éburné. — L'extrémité inférieure
de l'humérus ne présente aucune particularité à noter.
4° Hanche gauche. — A. Os iliaque.
Au pourtour de l'arrière-fond de la cavité cotyloïde, il existe en arrière et en dehors un petit bourrelet rugueux. Le reste de l'os n'offre rien d'anormal. Le ligament rond était détruit et il ne restait qu'une fongosité violacée à la place des insertions.
B. Fémur (Fig. 9). Rien de particulier du côté des tubérosités, ni du col. La tête fémorale est à peu près lisse dans toute son étendue, mais en arrière et en haut, la limite de la surface articulaire est marquée par un petit bourrelet légèrement saillant et irrégulier. — Un peu au-dessous du petit trochanter, sur la face antérieure et près du bord interne de l'os, on remarque une petite dépression peu profonde, à surface lisse, et semblant résulter d'une usure.
5° Hanche droite. — A. Os iliaque.
Avant de décrire l'état de la surface articulaire de cet os, nous dirons quelques mots d'une autre lésion qui n'avait point été soupçonnée pendant la vie.
Fracture de Vilion. Sur la face externe de l'os (Fig. 6) on trouve un sillon profond, trace d'une fracture non consolidée, qui se dirige un peu obliquement de haut en bas et d'arrière en avant, partant à peu près de l'union du tiers moyen et du tiers antérieur de la crête iliaque et se dirigeant vers le fond de l'échancrure du psoas. En avant de ce sillon qui entoure presque toute son étendue d'une profondeur égale à l'épaisseur de l'os, on trouve sur la fosse iliaque externe, des saillies rugueuses; en arrière on trouve une crête également rugueuse d'en-
Fig. 7. — Face interne de l'os iliaque droit ; consolidation de la fracture par un cal exubérant et ditlorme.
viron 5 millimètres de hauteur au niveau de l'inversion du petit fessier.
Du côté de la fosse iliaque interne (Fig. 7), on voit, suivant la même direction que le sillon de la face externe, une production osseuse irrégulière, un cal difforme, formant une saillie rugueuse d'un centimètre d'épaisseur et de 4 centimètres de large en moyenne. Cette production forme comme une espèce d'attelle accolée à l'os. Cet aspect de la face interne de la fosse iliaque contraste avec celui de la face externe où, au lieu d'un cal exubérant, on constate l'absence complète de tout travail de consolidation.
La forme anatomique de cette fracture se rapproche de celle qui a été décrite par Duverney sous le nom de fracture en travers de l'os des îles et dont, dans un autre travail 1 , nous nous sommes efforcé de démontrer le mode de production par choc ou pression latérale agissant obliquement de bas en haut et de dehors en dedans. Il est probable que la malade s'est fracturé le bassin en se tournant brusquement dans son lit, car elle n'avait subi aucun traumatisme grave, et d'ailleurs la lésion n'avait pas été soupçonnée de son vivant. L'absence de consolidation du côté externe peut s'expliquer par ce fait que la malade n'ayant jamais été traitée, les fragments qui n'ont jamais été rapprochés, tendaient toujours à s'écarter par dehors, tandis que, du côté interne où ils ne s'étaient jamais abandonnés, le défaut d'immobilisation tendait à déformer le cal à mesure qu'il se constituait.
A. La cavité cotylotde est à peu près effacée, on ne trouve plus trace de rebords; à la place qu'elle occupait, il n'y a plus qu'un large méplat, interrompu par une petite dépression à peu près de la largeur de la pulpe du pouce. Sur la branche horizontale du pubis, au niveau de la partie supérieure de l'ancienne cavité articulaire, on trouve une petite dépression qui logerait une lentille, et autour d'elle, l'os est un peu poreux. En arrière, vers la base de l'épine sciatique, on trouve une petite dépression en forme de cupule, qui se trouvait en rapport avec l'extrémité supérieure déformée du fémur.
B. Fémur (Fig. 8). A l'union du quart supérieur avec les trois quarts inférieurs de l'os on trouve une dépression portant sur la demicirconférence externe de l'os, dépression irrégulière, semblant résulter d'une usure comme si l'os avait été râpé. Le grand tro-
1 Ch. Féré. — Étude expérimentale et clinique sur quelques fractures du bassin. (Progrès médical, 1880, p. 3.)
chanter n'est plus représenté que par une épine ayant à peu près le volume de l'épine sciatique, Le petit trochanter ne forme plus qu'une petite éminence rugueuse à peine saillante. Le col et la tête du fémur ont complètement disparu ; le moignon qui subsiste forme une saillie de 2 ou 3 millimètres sur le côté interne du corps de l'os. La partie de ce moignon qui était en contact avec l'os iliaque est recouverte d'une couche de tissu fibreux rappelant le fibrocartilage.
L'extrémité inférieure de l'os est extrêmement poreuse, mais il n'y a pas de destruction de cartilage.
6° Genou gauche. {Fig. 9). — A. Fémur.
L'extrémité inférieure du fémur gauche présente une usure considérable du condyle externe. Ce condyle parait avoir été coupé obliquement de bas en haut et de dedans en dehors, de sorte que l'extrémité externe de la surface articulaire répond à la tubérosité externe et est située à un peu plus de 4 centimètres au-dessus du plan du condyle interne. — Le condyle interne est lui-même rétréci dans son diamètre transversal, car la partie externe est aussi usée. Ce qui représente la surface articulaire du condyle externe est lisse et assez dense ; quant au condyle interne, il présente un aspect poreux. En avant, le contour de la surface articulaire des deux condyles est marqué par un bourrelet retroussé formant une gouttière profonde ouverte en haut et surtout marquée sur le condyle interne.
Quand on considère l'os par sa partie postérieure, on ne trouve plus trace de condyle externe ; le condyle interne aminci présente de nombreuses aspérités rugueuses. Toute l'étendue de la surface poplitée présente une usure formant une cavité de plus d'un centimètre de profondeur d'une forme générale triangulaire et destinée à recevoir l'extrémité supérieure déformée du tibia.
B. Tibia (Fig. 10). La surface articulaire des plateaux du tibia a à peu près complètement disparu, il n'en reste qu'à peu près un centimètre carré à la partie antérieure et interne
Fig. 8. — Membre inférieur droit, usures des saillies de l'extrémité supérieure du fémur. (Les autres lésions~ f sont dues à la macération.}
du plateau interne. Cette partie offre une liâurc considérable formant une concavité transversale, dont le fond descend à peu près jusqu'au niveau de la tubérosité antérieure du tibia, llrésalte de cette altération que la surface supérieure du tibia présente deux saillies latérales simulant à peu près la forme des condyles du fémur.
Cette même surface supérieure est en outre divisée par une crête transversale qui la sépare en deux parties inégales ; l'antérieure
Fig. 9. — Fémur gauche. Lésions peu prononcées de l'extrémité supérieure. Usure et déformation considérable de l'extrémité inférieure.
Fig. 10. — Os de la jambe gauche. Usure et déformation de la surface articulaire supérieure du tibia, fracture consolidée du péroné.
moins étendue, taillée obliquement de haut en bas et d'arrière en avant; la postérieure, plus large, taillée en sens inverse, est plus profondément échancrée, surtout vers le reste du plateau externe qui est fortement usé, tandis que le renflement qui représente le plateau interne forme une saillie ovalaire de un centimètre et demi de hauteur dont le grand axe antéro-postérieur a 45 millim. et le petit axe transversal 30. Cette saillie était en contact avec la concavité décrite au niveau de la surface poplitée du fémur. A l'autopsie, nous avions constaté que l'extrémité supérieure du
âiO RECUEIL DE FAITS.
libia était remontée en dehors et en arrière du condyle externe du fémur, de sorte que ce qui reste du plateau interne du tibia se trouvait être à 40 centimètres plus haut que le condyle interne du fémur. La rotule se trouvait située entre la lubérosité du tibia déplacé et le bord externe du fémur tout à fait en dehors de Taxe de la cuisse. Le tendon du biceps élait dévié à sa partie inférieure et se dirigeait en dehors ainsi que le ligament rotulien qui était presque horizontal. Toute l'étendue de la synoviale présentait une teinte ocreuse foncée se rapprochant de la couleur de terre de Sienne, mais sans altérations appréciables à l'œil nu de sa structure. Les ligaments croisés n'étaient pas détruits, mais extrêmement allongés et déviés en dehors puisque leur extrémité est un plan plus élevé que l'insertion fémorale; l'externe avait 6 centimètres de long, l'interne 4. Les ligaments latéraux étaient également très allongés et déviés dans le même sens. Quant aux cartilages semi-lunaires, ils avaient complètement disparu. On peut du reste se- rendre compte en considérant la figure o de la position vicieuse des surfaces articulaires.
8° Le péroné gauche a été fracturé à sa partie moyenne et offre un cal un peu volumineux, mais assez régulièrement fusiforme [Fig. iO).
La cinquième côte gauche est bifurquée à sa partie antérieure ! , et chaque branche de bifurcation se continuait par un cartilage spécial.
IL Les pièces provenant de la nommée G... consistent en deux arthropathies des hanches et une arthropathie du genou droit.
1° Articulation coxo-fémorale droite. — A. Os iliaque (Fig. 1 1). La cavité cotyloïde est effacée par l'usure de ses bords. Cette usure d'ailleurs est beaucoup plus marquée en haut et en arrière qu'en bas et en avant, ce qui est enrapport avec le déplacement du fémur.
Vers le haut, la cavité est éculée, de telle sorte qu'elle arrive très près de Téminence iléo-pectinée. En arrière et en haut la cavité s'avance vers la base de l'épine iliaque antéro-inférieure. En arrière, l'usure est encore beaucoup plus marquée et s'étend jusqu'à la base de l'épine sciatique et jusqu'au bord antérieur delà grande échan-
1 Les fibres musculaires comprises dans l'espace losangique compris entre les branches de bifurcation de la côte et les deux cartilages offraient la même coloration que celles des autres muscles intercostaux. C'est une remarque que nous avons déjà faite à propos d'une autre pièce analogue, et qui est intéressante au point de vue de l'interprétation du rôle physiologique de ces muscles. (Bull. Soc. anat., 1880, p. 290.)
cruré. Il existe de ce côté, en arrière de l'ancienne cavité -cotyloïde, et à peine séparée d'elle par une crête peu saillante, une large surface qui se trouvait en rapport avec ce qui reste de l'extrémité supérieure du fémur. Cette surface où l'os est aminci, s'étend depuis la base de l'épine sciatique le long et jusqu'au niveau du fond de la grande échancrure, et elle remonte à peu près jusqu'au milieu de la partie antérieure de la fosse iliaque externe.
En bas, l'usure du sourcil cotyloïdien est beaucoup moins marquée, et en avant l'échancrure cotyloïdienne est intacte. Cette disposition de l'usure montre bien qu'elle est déterminée par le : frottement du fémur, tendant toujours à se porter en baut et en arrière.
Fig. 12. — Fémur droit, usure de la Fig. 11. — Os iliaque droit, usure de la moitié inférieure de
cavité cotyloïde. la tète.
Le fond de la cavité n'est pas complètement déformé, l'arrièrefond est encore reconnaissable.
Toutes les parties qui sont le siège de la déformation offrent un aspect poreux tout spécial, indiquant une raréfaction de l'os.
B. Fémur (Fig. 12 ). La moitié inférieure de la tête fémorale est coupée obliquement de baut en bas et de dedans en debors, et présente de ce côté une surface plane comme usée à la meule. Cette usure, qui résulte du frottement du fémur contre la fosse iliaque, peut servir à faire reconnaître la position occupée pendant la vie.
Ûigitizedby G00gle
La partie antérieure du col est dépolie et offre an aspect spongieux, et sur quelques points il existe des rugosités saillantes également spongieuses.
2° Articulation coxo-fémorale gauche. — A. Os iliaque (Fig. 13). De ce côté il n'y a qu'un point de la cavité cotyloïde qui soit intact, c'est réchancrure antérieure. Le fond est complètement lisse, il n'y a plus trace de l'arrière - cavité. Sur tout le pourtour, les bords sont émoussés, et les limites de la cavité sont à peine distinctes sur certains points. En arrière de l'ancienne cavité, il existe une large plaque d'usure à peu près lisse allant de la base de l'ischion et de l'épine sciatique au fond de l'échancrure sciatique, et, en s'arrondissant à la base de l'épine iliaque antérieure et inférieure,
Fig. 14.— Fémur Fig. 13. — Os iliaque gauche. Usure de la gauche, disparition
cavité cotyloïde et de la partie voisine. totale de la tête.
atteignant enfin l'échancrure comprise entre l'épine iliaque antéroinférieure et l'éminence iléo-pectinée.
B. Fémur (Fig. 44). La tête et le col ont complètement disparu, il ne reste plus à la place de l'insertion du col sur le corps du fémur qu'une surface rugueuse et poreuse. (N° 5.)
3° Genou droit. — Les surfaces articulaires du fémur, du tibia et de la rotule ne présentent pas de déformations très accentuées ; elles offrent seulement sur toute l'étendue des parties en contact un aspect spongieux, avec usure généralement peu marquée de la surface, sauf pourtant sur les plateaux du tibia qui sont, surtout l'interne, assez notablement effondrés. (N° 6).
III. La nommée A... ne présentait que des fractures de l'humérus gauche de Tavant-bras droit, de la jambe gauche. (N° 11.)
1° Humérus gauche (Fig. 15). Cet os présente vers son tiers inférieur une fracture avec cal difforme. Le fragment supérieur chevauche de près de dix centimètres en avant de l'inférieur, de sorte que sa pointe arrive presque au niveau de la cavité coronoïdienne. Les deux fragments éloignés de plus d'un centimètre sont réunis par un cal volumineux et irrégulier.
2<> Avant-bras droit (Fig. 16). Les deux os sont fracturés au-dessus de leur extrémité inférieure.
Le cubitus a été fracturé à peu près à quatre centimètres au-dessus du niveau de la surface articulaire. Le fragment supérieur a chevauché en dedans et est réuni latéralement à l'inférieur par un cal difforme, volumineux et à surface poreuse. La pointe du fragment supérieur forme encore une saillie de plus d'un centimètre dans l'espace interosseux.
Le radius a été rompu plus d'un centimètre plus haut que le cubitus.
Les deux fragments qui étaient restés mobiles présentent un renflement d'aspect poreux par places, éburné sur d'autres. points, mais il& ne sont nulle part réunis par une soudure osseuse, il y avait deux réunions par du tissu fibreux.
3° Jambe gauche. (Fig. 17). Les deux os sont fracturés, mais à des hauteurs très différentes; mais tous deux offrent une double déviation analogue, en angle obtus ouvert en dedans et en arrière. Fig. 15. - Fracture de l'humé-
Le péroné est rompu à huit centi- rus gauche,
mètres environ de son extrémité inférieure et les deux fragments sont réuni s par un cal peu volumineux.
Le tibia a été fracturé plus de dix centimètres au dessus et il s'est consolidé également par un cal peu volumineux. Sur sa demi-circonférence externe au niveau du foyer de la fracture du péroné
Fig. 16. — Fractures des deux os Fig. 17. — Fractures des deux de l'avant -bras droit (face posté- os de la jambe gauche (face posrieure). térieure).
avec lequel il était en contact, il existe une petite production osseuse irrégulière.
IV. Sur la nommée X... il n'existait qu'une arthropathie de la hanche. (N° 12.)
Hanche gauche (Fig. 48). — A. Os iliaque. La cavité cotyloïde n'est intacte qu'au niveau de Téchancrure antérieure; l'arrière-fond est élargi, déformé, rugueux. En avant et en arrière, le sourcil cotyloïdien fait une saillie exagérée et est déformé par des aspérités rugueuses. Dans toute sa demi-circonférence postérieure au contraire il est complètement usé et remplacé par une plate-forme à surface lisse, limitée en arrière par une crête saillante demi-circulaire. Cette plate-forme est surtout large en haut et en arrière, du côté do la fosse iliaque avec laquelle elle se confond.
B. Fémur. La tête et le col ont complètement disparu, la perte
de substance à surface irrégulière mais non rugueuse, forme comme une section allant de la base du grand trochanter à la base
Fig. 18. — Os de la hanche gauche. Usure de la cavité cotyloïde, disparition de la tête fémorale.
du petit trochanter qui n'est plus représenté que par une très petite rugosité.
V. La nommée P... offrait une arthropathie de la hanche droite et du genou droit. (N° 13.)
i° Hanche droite (Fig. 19). — A. Os iliaque. Toute la demi-circonférence postérieure du sourcil cotyloïdien est usée et constitue une sorte de plate-forme semi-lunaire de un centimètre de largeur à peu près. Sur certains points cette surface est lisse et comme éburnée ; sur d'autres elle est rugueuse et présente un aspect spon-
gieux. U n'existe plus de trace de cartilage articulaire sur la cavilé -cotyloïde* qui offre un aspect rugueux sur toute son étendue, sauf au niveau de l'échancrure cotyloïdienne, où l'os a conservé son apparence normale. Le fond de la cavité cotyloïde est rempli par une masse ovoïde qui lui est intimement soudée. Cette masse est
Fig. 19. — Os «le la hanche droite, déformation de la cavité cotyloïde au fond de laquelle est la tête fémorale.
constituée par la tête fémorale sur une petite étendue, mais il n'y reste aucune trace de cartilage. La partie du col qui reste adhérente à la tête montre une surface irrégulière et spongieuse.
Sur la face interne de l'os iliaque entre la crête innominée, le trou sous-pubien et la grande échancrure sciatique, on voit une saillie à peu près régulièrement hémisphérique et représentant à peu près les dimensions dû fond de la cavité cotyloïde à laquelle elle correspond exactement. La surface de cette saillie est percée d'une quantité considérable de petits trous; en arrière et en haut tout près de la crête innominée, il existe une perte de substance -d'un centimètre carré environ comprenant toute l'épaisseur du fond
de la cavité cotyloïde qui à ce niveau est très amincie. 2 lîetle solution de conti- o nuité permet d'apercevoir &■ la surface rugueuse de la .2 tête fémorale, qui vient ,§ ainsi, en quelque sorte, ** faire saillie dans le petit bassin.
B. Fémur. Du côté du fémur, nous voyons que le col a été comme coupé à son insertion, obliquement de haut en bas et de dehors en dedans. Il ne reste plus à sa place qu'une surface irrégulière, rugueuse et percée de trous. Ce même aspect se retrouve du reste sur la partie postérieure de l'os jusqu'à la bifurcation supérieure de la ligne âpre.
2° A V extrémité inférieure du fémur on trouve sur la partie inférieure du condyle externe une évasion antéro-postérieure du cartilage de deux centimètres de long sur .un de large, au niveau de laquelle l'os est détruit sur une petite épaisseur. Il n'y a pas d'autre lésion appréciable des surfaces articulaires du genou.
s VI. La nommée B..., "^ ancienne ataxique, con- g finée au lit depuis long- '= temps, s'est fracturée le g fémur droit en se tour- g nant dans son lit sans £.
qu'on ait pu savoir au I juste par quelle combi- g naison de mouvements. ^ Le fragment supérieur S
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avait percé la peau et, malgré la résection de l'extrémité du fragment, la réduction n'avait pu être maintenue et la malade mourut des suites de cette fracture exposée.
Les deux tiers supérieurs du corps du fémur forment un renflement fusiforme, dont la surface présente un aspect poreux sur certains points, éburné sur d'autres. C'est un peu au-dessus de la limite de cette altération que siège la fracture (Fig. 20).
Un peu au-dessus de l'union du tiers moyen avec le tiers inférieur de l'os, à cinq à six millimètres en dehors du bord interne, sur la face antérieure, on voit partir un trait de fracture qui se dirige obliquement en dehors dans la direction de la tubérosité externe du fémur, mais la fracture s'arrête à 5 centimètres environ avant d'arriver à cette tubérosité. Un autre trait parti du même point contourne le bord interne, la face interne, puis la face externe pour venir se terminer en bas en se réunissant avec le premier pour former deux fragments aigus. La pointe du fragment supérieur a été réséquée. 11 n'existe aucune fissure, pas plus à l'angle inférieur qu'à l'angle supérieur. (iN 14.)
Cette fracture rappelle celles que nous avons décrites sous le nom de fractures par torsion de la partie du corps inférieure, du fémur et reproduites expérimentalement ! ; mais elle en diffère seulement parce que le trait spiral au lieu de parcourir la face antérieure de l'os, contourne les faces interne et externe , et que le trait rectiligne se trouve à peu près tout entier sur la face antérieure. Il est probable que cette différence tient à la différence de structure des deux tiers supérieurs de l'os où on voit un renflement fusiforme d'un aspect éburné ; comme il est de règle dans ces fractures que l'obliquité du fragment rectiligne indique le sens dans lequel l'extrémité inférieure de Tos a tourné, il est probable qu'il s'agit ici d'une fracture par torsion en dehors. Un autre cas de fracture du fémur observée chez un ataxique par M. Heydenreich, peut peut-être à juste titre être rapproché de celle-ci ; il est dit en effet que « les fragments sont pointus, extrêmement obliques, disposés en spirale* ».
1 Gh. Féré. — Bull. Soc. anat., 1880, p. 448. « Heydenreich. — Bull. Soc. anat., 1874, p. 255.
IX. Note sur l'un des « symptômes » de l'ataxie locomotrice ; par J. MortimerGranville. {Practùioner, novembre 1881, p. 333.)
L'hypothèse de la dissolution, proposée par Herbert Spencer, et appliquée par Hughlings Jackson à l'explication de certains phénomènes pathologiques, trouve son application dans ce qu'on est convenu d'appeler le symptôme pathognomonique de l'ataxie locomotrice, c'est-h-dire la perte de l'équilibration en l'absence du secours fourni par le sens de la vue.
L'auteur explique ainsi ce phénomène : la fonction auto matique qui consiste à équilibrer le corps et à le maintenir dans la station droite, a le sort de toutes les fonctions qui s'accomplissent en vertu d'une coordination des mouvements musculaires : elle est une fonction apprise à l'aide du sens de la vue, avant de devenir une fonction semi-consciente et finalement automatique ; et le sujet ataxique est ramené, par le processus de la dissolution, à l'état d'un enfant qui apprend à se tenir debout et à marcher.
Non seulement cette manière de voir donne du phénomène en lui-même une explication nouvelle, mais l'auteur estime qu'elle entr'ouve une voie nouvelle au traitement. Si bizarre et si peu physiologique que puisse paraître au premier abord une pareille idée, M. Mortimer Granville propose d'enrayer la déchéance ou de réveiller l'activité du « sens musculaire » par la rééducation des cellules nerveuses qui constituent les sources de cette forme particulière d'énergie. Pratiquement, le traitement qu'il propose est le suivant : faire tenir le malade debout, les yeux fermés, dans un bain, après avoir versé le long du rachis une petite quantité d'eau froide (dans quelques cas, il a paru utile de sinapiser la colonne vertébrale dans toute sa hauteur, tous les soirs, jusqu'à rubéfaction); faire persister le malade dans ses efforts pour se tenir ferme et droit sur ses
jambes pendant un quart d'heure d'abord, puis une demi-heure avec un point d'appui à sa portée, mais en lui recommandant de ne l'utiliser que s'il se sent en danger imminent de tomber. Pendant les deux ou trois premières semaines, on n'obtiendra que des résultats très peu appréciables; mais après ce délai, et en moins de trois mois, on verra s'amender non seulement le symptôme ainsi combattu, mais tous les autres symptômes, en même temps que l'état général du malade s'améliorera d'une façon sensible. R. de M. G.
X. Note sur la maladie de Ménière et en particulier sur son traitement par la méthode de M. Gharcot; par Gh. Fêré et Ach. Demars. [Revue de Médecine, 1881.)
Les auteurs débutent par une étude de la maladie d'après les documents récents et l'observation de plusieurs malades de la Salpêtrière. — Des troubles auriculaires variés, la surdité, quelquefois inaperçue, d'une oreille, une sensation passagère de vertige précèdent les symptômes de la maladie de Ménière confirmée. Elle se présente sous deux formes: Tune, grave, ne laissant nulle trêve au patient; l'autre, moins fâcheuse, constituée par des vertiges revenant à de longs intervalles et pouvant revêtir la forme des paroxsymes décrits plus loin. — Dans les cas les plus graves, la position horizontale calme seule la sensation vertigineuse continue, l'état d'instabilité constante qu'éprouve le malade, malgré oreillers et coussins entassés autour de lui. Le simple mouvement des yeux, l'approche d'une personne, un ébranlement du lit peuvent compromettre cette situation lamentable et jeter après une secousse violente le malade dans les horribles sensations du paroxysme. — D'autres fois, l'état vertigineux est moins marqué et permet la vie active. La démarche se fait alors comme d'une pièce, avec inclinaison du corps d'un côté, les bras placés en balancier, et trahit la préoccupation de se maintenir en équilibre. Des bruits subjectifs variés en même temps dans les oreilles, bourdonnements, bruits de la mer, et surtout sifflements aigus. Ils redoubleront à l'approche du paroxysme. A ce moment, si le sujet ne peut quitter le lit, il se sent précipité dans un gouffre sans fond, tournoyant, enlevé en l'air, suspendu par la tête ou les pieds, projeté diversement. Au contraire peut-il marcher, il y a tantôt sensation subjective de chute, tantôt chute véritable.
Une force supérieure le pousse, le terrasse subitement ou lui permet de diriger et d'amortir sa chute, qui a lieu toujours du même côté. La conscience demeure entière. Nausées et vomissements terminent l'accès. En certains cas légers, il n'existe que des vertiges séparés par un long intervalle et pouvant revêtir la forme d'un véritable paroxysme. La maladie dure tant que la surdité n'est pas complète.
L'autopsie n'a révélé aucune lésion constante. M. Pierret a décrit parmi les symptômes céphaliques de Tataxie locomotrice des vertiges en tout pareils à ceux qui viennent d'être passés en revue, dont on retrouve deux exemples dans ce travail.
Longtemps réputée incurable, la maladie de Ménière ne fut véritablement améliorée que par le traitement que M. Gharcot faisait connaître à ses auditeurs, à la Salpê trière, en 1875, par l'emploi prolongé, à dose élevée, du sulfate de quinine.
Des tracés indiquent exactement et parallèlement, et la dose de sulfate de quinine donnée et l'état des symptômes chez les malades observés par MM. Féré et Demars. La dose a varié [de trente à quatre-vingts centigrammes. On l'administre pendant quinze jours, on le suspend un temps égal, on lereprend quinze jours encore et ainsi de suite jusqu'à ce que la guérison soit obtenue. Les bruits quiniques s'ajoutent au début aux bruits morbides et l'état s'aggrave tant que, sans l'espoir de la guérison, le malade préférerait revenir à son état ordinaire de souffrance. Amélioration dès ia première suspension du traitement, exacerbation moindre à la première reprise et finalement amélioration considérable ou guérison. Il ne faut pas oublier que l'affection peut récidiver et que le traitement agit alors aussi bien que la première fois *. D. Bernard.
XI. Lésion grave du cerveau, guérison ; par William Wood. {The american Journal of the médical Sciences, juillet 1881, p. 168.)
Voici le résumé de l'observation : il s'agit d'un homme sur le corps duquel un tramway avait passé et qui portait à la tète une plaie allant de l'angle interne de l'œil jusqu'à l'occiput.
1 Depuis cette époque, M. Gharcot a employé avec un certain succès, le salicylate de soude dans les mêmes circonstances que le sulfate de quinine. (Gh. F.)
Le cerveau était mis à nu et Ton constatait sur sa portion antérieure un sillon long d'environ trois pouces. L'œil gauche était attiré en haut de telle façon que la pupille était cachée ; de l'autre côté de la tête, il y avait une plaie du cuir chevelu de trois pouces et demi de longueur. Le conducteur du tramway fit savoir que le blessé avait été atteint à la tète par une pièce saillante de la machine. M. Wood introduisit les doigts dans le crâne pour en extraire des esquilles, des cheveux et des fragments de substance cérébrale ; puis il ramena l'œil en place et fit plusieurs points de suture, en laissant une petite ouverture vers l'augle interne de l'œil ; puis il banda la tête en faisant de son mieux la coaptation des os. Pendant tout ce temps le blessé était sans connaissance. Quelques heures après, il eut un vomissement de sang (ceci se passait le 29 mai). Le lendemain miction involontaire, vomissements de sang, délire. — Le 1 er juin, le malade est plus tranquille. — Du 2 au 4, la conscience et la raison reviennent, on enlève les points de suture ; la réunion se fait par première intention. Le dixième jour, l'écoulement cesse, l'ouverture se ferme ; le malade se lève un peu. Vingt-six jours après l'accident, le blessé, parfair tement guéri, reprend ses occupations (il est mécanicien dans une manufacture de papier). Depuis ce moment, il a continué à se bien porter, et son intelligence est parfaitement nette ; la seule trace qui reste de l'accident consiste dans l'impossibilité où il se trouve de regarder en bas (avec l'œil qui a été atteint) sans baisser la tête. Dans la moitié postérieure de la plaie, il y a eu réunion osseuse ; mais dans la moitié antérieure, les os demeurent séparés par un espace d'environ un quart de pouce.
Au point de vue de la guérison, ce cas est intéressant ; mais il est fâcheux que l'auteur n'ait pas indiqué d'une façon plus précise la topographie de la lésion cérébrale, sa largeur, sa profondeur, et les régions de l'écorce qu'elle intéressait.
R. de M. G.
XII. De l'hystéro-épilepsie ; par Gharles-K. Mills. {The american Journal of the médical Sciences, octobre 1881, p. 392.)
L'auteur rapporte deux observations originales et très intéressantes d'hystéro-épilepsie ; ces observations sont accompa-
gnées de dessins représentant les diverses attitudes prises par les malades pendant les attaques. M. Mills fait ensuite l'histoire de l'hystéro-épilepsie, en mettant à profit les travaux de MM. Charcot, Bourneville et Richer ; son but, il le dit luimême au début de son travail, a été de donner à ses confrères des États-Unis une description de l'hystéro-épilepsie claire, complète, et conforme à l'enseignement de l'école de la Salpêtrière. R. de M.-C.
XIII. Sur la pathogénie de l'êpilepsie, lettre au professeur Luciani; par le professeur V. Ghirone. (Il Morgagnï, 188* , fasc. VI.)
Le professeur Chirone affirme que l'écorce cérébrale n'est pas le centre indispensable des mouvements épileptiques, ainsi que le pense le professeur Luciani pour lequel l'excitation de la moelle allongée n'est qu'un phénomène secondaire et non nécessaire.
Pour le prouver, il a observé que certaines substances donnent des convulsions épileptiques en agissant, les unes sur l'écorce cérébrale, les autres directement sur la moelle sans qu'il soit besoin de la substance corticale. — C'est ainsi qu'avec la cinchonidine il a déterminé chez des pigeons des convulsions épileptiques généralisées ; mais, après leur avoir enlevé un lobe cérébral, il n'a plus obtenu de convulsions épileptiques que dans la moitié du corps correspondant au côté de la lésion ; si on enlève les deux lobes cérébraux, on ne peut plus déterminer du tout de convulsions.
Avec la picrotoxine, au contraire, l'auteur a pu voir régulièrement se produire les manifestations épileptiques alors même que les deux lobes cérébraux avaient été extirpés ; il ne saurait donc dans ce cas être question de l'action épileptogène de l'écorce cérébrale.
L'auteur n'admet pas l'objection faite antérieurement par Luciani : qu'on n'a pas affaire là à de l'êpilepsie vraie, ni à des phénomènes qui lui soient absolument comparables. 11 pense que si quelquefois l'êpilepsie est produite par l'excitation de l'écorce cérébrale, souvent aussi elle est due à l'excitation d'autres régions des centres nerveux, telles que la moelle allongée. P. M.