‹ Archives de neurologie (volume 5)Chapitre 16 sur 41 · XIV. L'albuminurie comme symptôme de l'accès épileptique · texte numérisé non relu

XIV. L'albuminurie comme symptôme de l'accès épileptique

par le D r Fiori. {ltalia medica, Genova 1881.)

M. Fiori constate que l'albuminurie est un phénomène très fréquent, mais non constant de l'accès d'épilepsie ; on l'observe souvent lorsqu'on provoque des convulsions épileptiformes chez les animaux; souvent aussi chez les hystériques à la suite des convulsions. Il a de plus observé une hystérique qui, atteinte pendant ses accès d'aphasie et de rétention d'urine, voyait disparaître l'aphasie quand on plaçait une plaque de zinc au-devant du larynx, et la rétention d'urine quand on en plaçait une à l'hypogastre. De plus l'application des plaques de zinc avait une influence sur l'excrétion môme de l'urine. — Quand les plaques étaient retirées, l'urine devenait plus abondante en quantité et plus pauvre en matériaux solides au point de vue absolu et au point de vue relatif; quand les plaques étaient appliquées la quantité de l'urine diminuait et se maintenait au-dessous de la moyenne des individus sains, mais sa composition se rapprochait des urines normales.

L'auteur a constaté aussi que, pendant l'application des plaques de zinc, les différences entre la température centrale et les températures périphériques étaient plus accentuées qu'en dehors de l'application des plaques, et attribue ces différences dans l'excrétion de l'urine à des variations dans la circulation sanguine. P. M.

XV. Contribution a l'étude des phénomènes post-hémiplégiques (hémiataxib posthémiplégique) ; par le D r Ugo Bassi. (Lo àperimentale, 1881, fasc. 7.)

Le D r Bassi rapporte l'observation d'un homme de 57 ans qui, après avoir été frappé d'hémiplégie gauche, avait vu les mouvements se rétablir dans le côté paralysé assez pour permettre la marche à l'aide d'une béquille; mais en même temps la jambe du côté malade était prise d'une incoordination que l'auteur ne peut mieux comparer qu'à celle de l'ataxie; rien d'analogue ne se montrait au membre supérieur. L'autopsie faite plus tard fit voir un foyer hémorrhagique situé dans le noyau lenticulaire droit et dont une des parois attenait à la capsule interne.

L'auteur rapproche ce fait de celui qui a été publié par Grasset

dans le Progrès Médical de 1880, n° 40. — Il fait remarquer que, contrairement à ce qui se passe dans Tataxie, la fermeture des yeux n'augmente pas l'incoordination, et pense que, lorsqu'on aura un nombre suffisant de documents, on pourra peut-être reconnaître comme génératrices de ces phénomènes certaines lésions de la partie antérieure du corps strié et de la capsule interne. P. M.

XVI. L'auscultation de la parole a la surface de la tète ; par le D r Roberto Adriani. (Rivista sperimentale di Medlcina légale, 1881.)

L'auteur rappelle que l'étude de l'auscultation céphalique est loin d'être nouvelle. — Mais elle n'a jamais été appliquée au même but que celui qu'il poursuit : le diagnostic des maladies mentales. — Suit une description des modalités diverses que prennent les sons suivant que le sujet parle à voix haute ou basse et suivant le point du crâne où l'oreille est appliquée ; — l'auteur recommande de faire parler à voix basse la personne en expérience et d'ausculter dans la région occipitale.

Dans ces conditions, il a trouvé le son de la voix chez cent soixante-deux malades atteints d'affections mentales : trente-neuf fois exagéré, trois fois amphorique, treize fois affaibli, trois fois indistinct, ou nul; — tandis que chez cent deux personnes saines, il ne l'a trouvé que quatre fois exagéré et trois fois affaibli ; mais jamais amphorique, ni indistinct.

Il n'a pu saisir aucun lien entre les variations de diamètres et de courbures et les données de l'auscultation ; non plus qu'entre ces dernières et les différentes formes d'affections mentales.

Il pense que la transmission de la voix se fait par l'intermédiaire des parois du crâne et non par le cerveau, qui, au contraire, amortit plutôt les sons; si la voix s'entend mieux au niveau de l'occiput, cela tient à ce que l'apophyse basilaire étant en rapport avec le pharynx entre plus facilement en vibration. Mais si le cerveau concourt peu à la transmission de la voix, il est loin d'être sans influence sur elle ; c'est probablement aux différences de densité du cerveau que sont dues les modalités différentes de celle-ci; et, depuis les recherches de Crichton Browne (Brain, 18/ 9), on sait que la densité du cerveau varie dans les différentes formes de maladies mentales. Aussi le

Û2é REVUE DÉ PATHOLOGIE NERVEUSE.

D r Àdriani, tout en reconnaissant qu'il n'est arrivé encore à rien de précis, espère-t-il que, dans un avenir peu éloigné, l'auscultation céphalique pourra être d'un grand secours dans le diagnostic des affections mentales. P. M.

XVII. Sur le centre cortical de l'iris chez les oiseaux ; par OElh. {Rendiconti del R. Istituto Lombardo di scienze lettere> vol. XII.) Rivista di Freniatria.

A la suite d'expériences sur les pigeons, les poules et les dindons, l'auteur arrive aux conclusions suivantes :

1° Si, chez les volatiles, on applique les pôles d'un courant induit sur la substance corticale de la partie postérieure des hémisphères cérébraux, on observe ordinairement le resserrement de la pupille dans l'œil opposé à l'hémisphère excité ;

2° Cet effet s'obtient mieux encore si on applique les pôles sur l'angle postérieur et interne de l'hémisphère ;

3° Plus rarement, au lieu du resserrement, on observe de la dilatation qui semble correspondre à une intensité moindre du courant excitateur;

4° Les effets du courant sur la pupille cessent quand on a fait une section nette entre les hémisphères et les lobes optiques. P. M.

XVIII. Tabès incipiens ; par Erlenmeyer. ( Bulletin de la Société de médecine mentale de Belgique, année 1880, 2 e fascicule, p. 103-106.)

L'objet de cette brochure consiste surtout dans l'étude des prodromes de la maladie dont le nom ataxie locomotrice induit le médecin parfois en erreur, car bien souvent la maladie est constituée alors que l'ataxie n'a pas encore apparu.

Un catarrhe stomacal, tenace, résistant aux moyens thérapeutiques, sur lequel insiste Erlenmeyer, l'excitabilité vénérienne, avec pollutions plus nombreuses, malgré les abus vénériens, un besoin plus fréquent d'uriner, une facilité plus grande à la fatigue des extrémités inférieures, les caractères de dicrotisme du pouls, des douleurs fulgurantes, sans les points douloureux des névralgies, la douleur constrictive du cou et de la poitrine, des symptômes résultant d'un commencement d'à-

trophie du nerf optique, inégalité pupillaire, rétrécissement du champ visuel, dyschromatopsie, diplopie, disparition du réflexe du genou avant même l'apparition des douleurs fulgurantes : tels sont les prodromes dignes d'attention pour Erlenmeyer, qui met le dernier prodrome bien au-dessus du phénomène de Romberg (la chute les yeux fermés), signé qui n'apparaît qu'assez tard et existe dans d'autres affections. E. Ch.

Page 1