XIX. Etude sur les hémorrhagies primitives, immédiates ou
DIRECTES DES VENTRICULES CÉRÉBRAUX (2 e partie SvmptO-
matologie ! ) ; par Edward Sanders. (The American Journal of the médical Sciences, juillet 1881.)
Après avoir indiqué dans un précédent mémoire l'existence, l'étiologie, l'anatomie pathologique, le diagnostic et le pronostic de ces hémorrhagies, l'auteur se propose actuellement d'étudier leur symptomatologie. Il divise les symptômes en deux catégories : 1° les symptômes prémonitoires; 2° les symptômes de l'hémorrhagie.
A. Symptômes prémonitoires. — Ils n'ont rien de caractéristique et sont entièrement analogue^ à ceux de l'hémorrhagie cérébrale ordinaire, dont il est impossible de les distinguer.
B. Symptômes de l'hémorrhagie. — En ce qui concerne le début, la ressemblance avec l'hémorrhagie cérébrale ordinaire est, ici encore, complète. En effet, on peut observer dès le début : 1° la mort rapide; 2° les convulsiohs ; 3° la paralysie sans perte de connaissance ; 4° la paralysie avec perte de connaissance (mode fréquent) ; 5° la perte de connaissance partielle ou totale sans paralysie. — L'auteur constate qu'il lui a été à peu près impossible d'établir une relation exacte entre le mode de début d'une part, et d'autre part le siège ou l'importance de l'hémorrhagie; cette relation existe, eu revanche, entre le mode de début et la rapidité plus ou moins grande de l'issue fatale.
Avant d'aborder l'étude des symptômes, M. Sanders croit devoir rappeler qu'aucun d'eux n'est pathognomonique : puis il passe en revue les divers groupes symptomatologiques.
1° Troubles intellectuels. — Fréquents et pouvant varier depuis la confusion des idées et la somnolence jusqu'au délire, à la stupeur, au collapsus, à la perte de toute conscience.
* Voy. Arch. de Neurologie; n" 7, p. 100.
2* Troubles moteurs. — Contractures, convulsions, paralysies, chacun de ces symptômes est étudié dans son époque d'apparition, son siège, sa durée plus ou moins persistante, sa valeur diagnostique.
3° Troubles de la sensibilité. — Il peut y avoir intégrité des sensations ou anesthésie : cette dernière est plus ou moins accusée, plus ou moins tardive, et quelquefois variable chez le même malade. — Les actions réflexes sont presque toujours conservées, mais généralement affaiblies. - Les étourdissements sont fréquents au moment même où Thémorrhagie va se produire : ils sont habituellement soudains. — La céphalalgie est assez fréquente et précoce.
4° Troubles de la sensibilité spéciale. — Ouïe : on a constaté une fois seulement des bourdonnements d'oreille. Vue : l'état des pupilles est très variable : elles sont tantôt dilatées, tantôt contractées; quelquefois (deuxième cas) Tune est dilatée, l'autre contractée. Lorsqu'il y a contraction égale ou dilatation égale des pupilles, on constate que, dans les ventricules, le sang ou le sérum sont disposés de manière à provoquer une irritation ou une compression égale sur les deux côtés du cerveau.
— Le strabisme parait ragre (premier cas) et passager. — Dans deux cas, déviation de la tète, mais sans déviation des yeux.
— Langage : la perte du langage est partielle ou complète; elle varie depuis l'impossibilité d'articuler nettement jusqu'à l'aphasie complète.
5° Troubles de t appareil digestif. — La présence de l'écume à la bouche est assez fréquente ; la déviation de la bouche a été trouvée dans six cas seulement. — La déviation de la langue paraît rare. — La difficulté ou l'impossibilité de la déglutition parait également rare (quatrième cas) et passagère.
— Malaise : fréquent et peu accusé. — Nausées et vomissements : rencontrés dans douze cas. — La constipation est la rigle: elle est souvent opiniâtre.
6° Troubles circulatoires. — Le pouls ne saurait être considéré comme caractéristique ; mais on peut constater qu'il est habituellement lent, plein et dur au début; plus tard, l'épuisement survient, et il devient rapide et faible ; dans quelques cas rares, il demeure normal.
7° Troubles de la respiration. — La respiration stertoreuse est fréquente et précoce.
8 # Température. — Le frisson, la sensation du froid sont des
phénomènes peu communs. — La température a été notée dans trop peu de cas pour que Ton puisse utiliser ces données incomplètes.
9° Troublesdes fonctions urinaires. — Ils sont sans importance.
10° Symptômes superficiels. — Expression delà physionomie : elle revêt le caractère de l'apathie (dans les cas rares où elle a été notée). — Etat de la peau : la pâleur de la face est d'un pronostic grave. — Presque aussi souvent on trouve le visage congestionné. — Dans un cas, on a observé la tache cérébrale.
11° Amélioration apparente. — Elle a été observée dans dix cas ; elle est probablement due à l'arrêt de Thémorrhagie et à la tolérance du cerveau à l'égard de la compression qu'il subit, tolérance qui permet un fonctionnement plus ou moins complet ; puis, une nouvelle hémorrhagie survient, et l'amélioration disparait. Dans les dix cas observés, l'amélioration a été purement transitoire et bientôt suivie de l'aggravation des symptômes et de la mort, sans rémission nouvelle.
R. de M. C.