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IX. AVIS RELATIFS A l' ALIENATION, A L'USAOB DES GBNS DU

monde; par Koch, médecin directeur de l'asile royal de Zwiefalten (Wurtemberg). {Bulletin de la Société de médecine mentale de Belgique, année 1880, 4* fascicule, p. 21-82.)

Soixante pages consacrées à ces avis et l'œuvre n'est pas terminée. C'est une lecture utile pour le médecin praticien bien plus que pour les gens du monde, malgré son titre ; doit être lu en entier, mais ne peut être résumé ; l'auteur examine successivement les questions suivantes :

Quelle idée doit-on se former des aliénés? — A quoi peut-on reconnaître l'existence d'une maladie mentale ? — Situations

qui se rapprochent des maladies mentales ; comment faut-il les envisager? — Quelles sont les causes de la folie? — Comment doit-on se conduire vis-à-vis des aliénés? — Par quelles considérations doit-on se laisser conduire quand il s'agit de la collocation d'un aliéné dans un établissement? E. Gh.

X. Sur l'écriture dans la paralysie générale; parScHÛLE. (Allgemeine Zeitschrift fur Psycyiatrie ; Bulletin de la. Société de médecine mentale de Belgique, année 1880, 3 e fascicule, p. 87-88.)

L'écriture est d'abord « dysgrammatique », c est-à-dire émaillée de fautes de sens et d'interversions, ou d'ellipses ; puis « ataxique », c'est-à-dire altérée dans la forme des lettres. Les fautes grammaticales se rencontrent tout à fait dès le début. Erlenmeyer pense que les troubles dysgrammatiques de l'écriture doivent être rattachés uniquement aux altérations corticales organiques, à l'exclusion des troubles circulatoires qui peuvent survenir. E. Ch.

XL Contribution a l'étude des conceptions irrésistibles; par L. Wille (Archiv. f. Psych. u. Nervenk., XII, 1.)

Ce mémoire admet en premier lieu l'identité des conceptions irrésistibles et de l'entité décrite sous le nom de: Grûbelsucht (manie des subtilités), folie du doute avec délire du toucher, pseudomonomanie, délire partiel, folie avec conscience, délire émotif, folie lucide, expressions auxquelles sont attachés les noms de Griesinger, Westphal et des aliénistes français que chacun connaît. Les seize observations nouvelles que l'auteur apporte à l'appui ont en effet trait à la production subite de pensées accablantes pour le patient, sous forme de crises; elles s'imposent à ce dernier malgré ses efforts, malgré la conscience qu'il a de la non réalité de leur teneur, et entraînent une angoisse pénible qui finit par devenir le facteur presque unique de la perturbation intellectuelle. Tel s'imagine, par exemple, qu'il ne peut plus être heureux, qu'il est maudit, qu'il est souillé, qu'il va mourir bientôt. — Aprèsen avoir rapproché les descriptions de Legrand du Saulle,M. Wille fait remarquer que le délire du toucher n'est que l'extension de cette anxiété. Mais il croit que la distinction établie par Westphal entre la

conception irrésistible (persistance de la conscience) et la conception délirante (aberration totale), est trop absolue; car il est des cas de folie systématique aiguë primaire dans lesquels l'aliéné comprend l'absurdité de son délire, tandis qu'il n'est pas rare d'observer des conceptions irrésistibles au rang de symptômes dans les folies aiguës et chroniques. A l'encontre de Westphal, il pense que la conception irrésistible peut dériver d'une émotion ou d'afflictions morales chroniques (misère, soucis, chagrins). Il adopte enrevanche la théorie duprofesseur de Berlin, aux termes de laquelle l'intensité excessive du processus conceptuel morbide arrête l'ébranlement idéogénique du reste du cerveau, et ferme la connaissance aux autres pensées : de là l'angoisse. Mais il s'inscrit contre l'allégation que le sujet des conceptions irrésistibles est toujours absurde ou en contradiction avec des conceptions antérieures. Il y aurait lieu, suivant lui, de distinguer deux sortes de fonds sur lesquels roulent ces conceptions : l'un absurde, à contre sens, tout à fait insensé ; l'autre naturel, intelligible, simplement faux. Au point de vue clinique, il admet trois formes, selon que les conceptions irrésistibles se bornent au rôle passif, théorique, qu'elles sont suivies d'actes, ou qu'elles entraînent des impulsions irrésistibles, — se rangeant à l'avis que quand la psychose a duré un certain temps, les actions succèdent généralement aux conceptions, mais pas régulièrement à chacune d'elles (périodes dans lesquelles le malade peut résister). Le mécanisme ordinaire serait le suivant : le progrès dans l'intensité et la durée des conceptions irrésistibles, en exagérant l'arrêt de l'ensemble du travail cérébral, augmente à ce point les tensions centrales qu'il s'en fait une irradiation sur d'autres centres ; l'angoisse se complique alors de décharges motrices commençant aux actes et aboutissant au délire, aux convulsions, suivant la résistance apportée intus et extra aux manifestations agies. Il faut en exclure les cas relevant d'une simple prédisposition individuelle en vertu de laquelle, comme à l'état normal, toute pensée donne rapidement naissance au fait (indépendance des conceptions et des actes). Quanta l'impulsibilité immédiate, qui, spontanément, sans cause, se manifeste dès le début de la conception, elle constitue un degré de développement plus grave et plus accentué, parce que l'excitation précède la conception, le malade obéissant au sujet de ses conceptions, bien qu'il le sente en contradiction avec ses conditions objectives:

ici, la personnalité disparait devant la folie systématique. Cette impulsibilité apparaît en effet chez des individus présentant une disposition originelle à de telles irritations qui glissent sur le terrain des crises vaso-motrices spontanées et réflexes. Mais, en somme, les trois groupes représentent trois étapes dans l'évolution d'un seul et unique processus dont chaque phase nouvelle appelle, par sa répétition, par l'habitude du même mécanisme psychopathique, la soudaineté dans la production et l'enchaînement des réac'ions, depuis la conception irrésistible jusqu'à l'acte irrésistible et à l'impulsion spontanée. Un pas encore, et la conception délirante émerge, c'est-à-dire la folie proprement dite avec ses états émotifs, ses altérations morales profondes (Legrand du Saulle et Willej ; ainsi en estil de la mysophobie de Hammond avec ses trois stades ^laquelle l'auteur ajoute deux observations. — Voici, à cet égard, ce que M. Wille aurait le plus souvent noté. L'intensité des angoisses consécutives aux troubles de la conception augmente de plus en plus ; bientôt elles deviennent spontanées sans conception irrésistible préalable, pour se prolonger entre les accès et prédominer: l'arrêt psychique qui leur est lié finit par oblitérer la connaissance et déterminer graduellement de la lypémanie (délire d'autoaccusation, plaintes, etc.). Le tableau clinique doit être complété par les symptômes nerveux ou somatiques de l'anémie (stéatose ou émaciation) ; des sensations anormales ou désagréables à l'épigastre, dans les régions céphaliques, articulaires, musculaires ; des excitations sexuelles en présence ou en l'absence de causes (spermatorrhées spontanées nocturnes et même diurnes); de la constipation ; des troubles de l'appareil digestif, de l'insomnie, de la dyspnée. L'étude des malades (sept hommes et neuf femmes) enseigne que ce genre d'affection évolue sur les constitutions neuro-psychopathiques, suivant de préférence l'hérédité (dix faits). La marche de la maladie est paroxystique (intermittences et rémissions) ; on peut la faire remonter à l'enfance (habitudes déjà méticuleuses de propreté, rangement, nettoyage), et la voir cesser brusquement (guérison ou intermission très prolongée?). Le deuxième stade (actes irrésistibles) exige une surveillance attentive ; à fortiorile troisième et lafolie confirmée: celle-ci n'aboutit jamais à la démence. La conscience, qui ne cesse jamais d'abandonner

1 Voir Archives de Neuroloyie, t. II, p. 266.

le malade, assure aux conceptions irrésistibles, y compris les sensations, perceptions, actes et impulsions de même source, une place à part dans la. nosographie sous le titre de folie arec conscience ; à ce point de vue la folie systématique et la mélancolie terminales seraient plutôt de nouvelles maladies prenant la place de la première qu'un degré plus avancé de l'entité psychique en question. Traitement général tonique et reconstituant. L'excitation des crises réclame l'administration du bromure de potassium, exceptionnellement des narcotiques. P. K.

XII. Sur les invalides psychopathiques de la guerre de 1870- 71; par Schwaab (6° Congrès des aliénistes et neurologistes de l'Allemagne du sud-ouest). Quelques remarques sur les invalides psychopathiques de la guerre de 1870-71 ; par Garl Frœhlioh. — (Arch. f. Psych. u. Nervenk., XII, 1, 2.)

Schwaab apporte une observation. L'homme qu'elle concerne, absolument bien portant jusqu'en 1870, indemne de toute diathèse ou d'élément héréditaire, supporte admirablement les fatigues de la campagne, y compris le service du siège de Paris; ce n'est qu'à son retour (septembre 1871) que soudain, sans prodromes, la face, le front, la tète, les oreilles deviennent le siège d une éruption purulente et accompagnée d'une énorme tuméfaction laissant, après une durée de quelques semaines, des ulcérations, puis des cicatrices irrégulières varioliformes (calvitie commençante); en même temps, chaleur et douleurs lancinantes très violentes dans la tête. Seconde poussée aussi subite et sans plus de raisons pendant l'automne de 1872-73. Des accès de céphalalgie fronto-bregmatique n'ont cessé de visiter le patient durant l'intervalle. Parallèlement et dès l'apparition de l'exanthème, l'humeur s'assombrit ; aux idées mélancoliques se joignent de l'excitabilité, de la confusion et de l'obtusion mentales, de la dipsomanie, des goûts d'aventures, si bien que, le 11 mai 1879, on trouve le malade en plein champ auprès d'Auerbach nu, mourant de froid et de faim, totalement amnésique. Mégalomanie pendant deux mois ; puis manifestations de la démence compliqiiées d'incertitude de la parole, de tremblement fibrillaire de la langue, de parésie faciale faisant bientôt place au rétablissement physique et psychique. Rechute pendant l'été de 1S80. Cette fois à la lypémanie s'ajoutent des crises à congestion céphalique : hyperthermie, excitation motrice, démence, malpropreté, agitation, insomnie, paralysie de

la parole et des mouvements volontaires. Une attaque apoplectiforme avec convulsions de l'épaule et du bras gauche, (janvier 1881) se renouvelle le 1 3 avril et enlève le malade dans le coma. On trouve à l'autopsie le cerveau entièrement enveloppé d'une pseudomembrane d'un jaune terne, constituée par un exsudât fibrineux organisé en couches mesurant par place plusieurs millimètres, qui présente plusieurs points adhérents, notamment à l'extrémité postérieure des première et deuxième frontales.

M. Schwaab en conclut que les fatigues de la guerre ont causé un ébranlement du système nerveux tel que progressivement s'est développée cette affection cérébrale La manifestation d'un exanthème aussi violent à la suite d'une campagne et sa relation chronologique, même à longue échéance, avec une psychose sont, dit-il, des faits déjà constatés aux dernières années à propos des affections rhumatoïdes ; les uns et les autres témoignent du désordre causé dans l'économie par le surmenage militaire. — M. Frœhlich critique au fond cette manière de voir. Il admet un rapport étiqlogique évident entre l'exanthème et la psychose, à l'exemple de Krœpelin \ mais c'est précisément l'affection cutanée qui n'aurait rien à voir avec la campagne ; outre qu'on ignore quel était l'état des soldats et des populations avec lesquels le malade venait d'être en contact, l'incubation lui semble bien longue (rentrée des troupes à Berlin le 6 juin) pour qu'on soit en droit de relier l'éruption à l'époque de la guerre. P. K.

XIII. Les maladies de la connaissance ; par J. Weiss, de Vienne, (Allg. Zeitsch. f. Psych. u.psych.gericktl. Medicin, XXXVIII, 1 )

En présence de l'incertitude nuageuse des définitions sur la connaissance au regard du fait clinique précis que traduit l'expression perdre connaissance, l'auteur se demande quel est le processus physiologique en rapport avec la conscience. Un acte cérébral complet se composant de deux éléments, l'un centripète qui est la sensation, l'autre centrifuge, qui, parle mouvement, en constitue la réponse, la connaissance n'est ni un phénomène autonome du mécanisme cérébral, ni une fonction d'un ordre élevé, ni une propriété fondamentale des processus psychiques, puisque les actions les plus promptes, les plus sûrement exécutées sont celles immédiatement réfléchies par l'axe centrifuge. Or, dues à la faiblesse de l'incitation (Fechner) ou à la

répétition fréquente des mêmes processus, elles mettent en jeu les voies d'aller et de retour sans intéresser l'ensemble de la masse nerveuse; tel l'automatisme de l'habitude. De sorte que la connaissance résulte de la participation plus ou moins complète des mille foyers d'élaboration du cerveau àl'évolution du processus sensitivo-moteur; aussi le caractère de Tacte inconscientest-il d'échapper à la mémoire. Voilà pour la physiologie. La pathologie de la connaissance est précisément basée sur l'observation d'actes accomplis indépendamment de tout motif. Nous pensons alors que des incitations ont pu se réfléchir sous la forme motrice sans qu'elles soient entrées en rapport avec l'ensemble fonctionnel du cerveau. Le type de l'affection à perte de connaissance est Yépllepsie ; qu'il s'agisse de l'accès complet, du petit mal ou des troubles mentaux, l'amnésie absolue des patients témoigne de leur inconscience. Par quel mécanisme celle-ci se produit-elle ? Comme, à raison de l'intensité des réactions, il n'est guère permis de se rallier à la faiblesse de l'incitation, M. Weiss pense qu'en ce cas c'est la suracuïté de l'excitation qui, dépassant la limite maxima, franchit brusquement le foyer de réflexion centrifuge sans rayonner sur les départements voisins ; exemples : l'insensibilité des soldats pendant la bataille, l'amnésie qui succède aux émotions violentes et subites. De là la brusquerie d'explosion et de cessation du complexus symptomatique et la monotonie stéréotypée .des accidents chez le même malade, toujours aussi incapable de se souvenir et d'analyser les périodes de l'évolution de sa crise, de les reproduire mentalement. P. K.

XIV. Sur l'action de l'hyoscyamine et sa valeur thérapeutique dans les maladies mentales; par G. Riva. (Rivista di Freniatria, 1881, fasc. i et 3.)

Voici les conclusions auxquelles sont arrivés les auteurs de ce mémoire :

L'hyoscyamine possède indubitablement des propriétés sédatives et hypnotiques, mais celles-ci ne méritent pas de la faire préférer à d'autres substances d'action analogue, si l'on considère les accidents qui peuvent résulter de l'usage prolongé de l'hyoscyamine (perte de l'appétit, sécheresse de la bouche, gêne de la déglutition; dans un cas hoquet rebelle ne cessant qu'après la suppression du médicament; — mydriase persistant un ou deux jours après l'injection d'hyoscyamine).

Au point de vue de l'action physiologique, les auteurs ont observé la fréquence plus grande du pouls, l'augmentation d'énergie des battements cardiaques, une légère augmentation de température, l'accélération des mouvements respiratoires.

De toutes les formes de maladies mentales, c'est dans la manie récurrente que Thyoscyamine peut offrir le plus d'avantages: lorsqu'elle est donnée assez à temps, elle peut sinon empêcher le retour des accès, du moins les atténuer beaucoup.

L'hyoscyamine diminue quelquefois l'intensité des accès d'épilepsie et en retarde l'apparition.

On peut l'employer chez tous les malades à qui on ne peut administrer le chloral ni par la bouche, ni par le rectum, ou lorsqu'on veut calmer rapidement les malades trop agités.

Ils administrent l'hyoscyamine en injections sous-cutanées à la dose de 5 milligrammes à 1 centigramme par jour, en une ou deux injections, dans deux cas de manie chronique, ils sont allés jusqu'à 3 centigrammes par jour en trois injections. Ils recommandent de tàter au début la susceptibilité du malade. Ils ont surtout fait usage d'hyoscyamine amorphe qu'ils ont trouvée plus active et beaucoup moins chère que l'hyoscyamine cristallisée. P. M.

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