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SARCOME DE LA MOELLE Ê PIN 1ÈRE

tement de forme, sans pour cela perdre sa conductibilité, on ignorait pourtant ce fait, que non seulement les nerfs, mais les ganglions aussi pouvaient être modifiés dans leur forme sans subir aucune altération fonctionnelle. -Nerfs et ganglions réduits à une petite fraction de leur volume naturel ne perdent rien de leurs facultés fonctionnelles.

J'évite à dessein de me laisser entraîner dans des considérations auxquelles les faits cités plus haut donneraient facilement lieu, mais je dois cependant insister sur un point de la question.

Nous sommes disposés aujourd'hui à considérer comme un devoir de chercher une explication matérielle aux phénomènes vitaux, et nous usons de ce procédé dans les limites du possible pour expliquer différentes fonctions nerveuses.

Une proposition fondamentale de mécanique nous enseigne que la force est une propriété inhérente à la matière et que sa grandeur est en rapport direct avec le volume de la matière que contient cette force.

En physiologie, beaucoup de faits démontrent que cette proposition peut s'appliquer à des phénomènes vitaux. Un exemple suffit pour en donner la preuve. La hauteur à laquelle un muscle peut élever un poids donné dépend de la longueur des fibres de ce muscle et sa force est déterminée par le nombre de fibres qui entrent dans sa composition, La longueur et le diamètre du muscle déterminent la masse.

Dans notre cas, le malade avait le bras gauche aussi fort et bien nourri que le bras droit, nous ne pouvions avoir le moindre doute sur sa capacité fonctionnelle, et pourtant la plus grande partie des ganglions de la corne antérieure, qui innervent le bras, avaient subi une réduction d'une 30 e partie de leur volume. Ce fait bien évident nous conduit à cette conclusion que la loi fondamentale des rapports de la force à la masse souffre une exception pour la substance des ganglions.

. A cette exception nous pouvons en ajouter une autre, l'intelligence, qui est une fonction du cerveau, varie dans la race humaine dans des proportions énormes, tandis que la masse cérébrale subit des variations très limitées.

Notre cas offre encore quelque intérêt sous le rapport histologique.

D'après Klebs, la plupart des tumeurs du cerveau et de la moelle sont des neurogliomes, c'est-à dire des hyperplasies des tissus normaux du cerveau et de la moelle. Les tumeurs plus

rares qu'on rencontre encore dans Taxe cérébro-spinal rentrent dans la catégorie des tumeurs de tissu conjonctif. Parmi cellesci, il distingue celles dont les éléments cellulaires, liés entr'eux par une substance interstitielle, se rapprochent le plus du tissu conjonctif normal comme le sarcofne, et, celles qui sont constituées par des cellules indépendantes comme l'épithélion. Il faut encore, dit Klebs, distinguer les vrais sarcomes de ceux qu'on appelle faux sarcomes. Lies vrais sarcomes sont ceux qui sont composés de tissu conjonctif jeune, primitif; tous les autres, qu'on distingue généralement sous ce nom, sont des neurogliomes.

Plus loin Klebs indique les différences qui existent entre les sarcomes et les neurogliomes sous le rapportée l'origine et des fonctions.

Les sarcomes naissent de la surface endothéliale de la piemère ou des vaisseaux, tandis que les neurogliomes surgissent du système nerveux lui-même. Les sarcomes forment des masses de tissus hétérogènes qui ne se confondent jamais avec le tissu nerveux et s'étendent à ses dépens en le comprimant; les neurogliomes, au contraire, sont des excroissances du tissu nerveux qui se développent à côté d'éléments de môme nature et qui s'épanouissent sans limites dans le tissu nerveux normal. Là où surgissent les sarcomes, le tissu nerveux périt; où les neurogliomes se développent, là les éléments du système nerveux augmentent. Il s'en suit que les sarcomes provoquent de bonne heure des troubles fonctionnels, tandis que les neurogliomes ne les provoquent que fort tard ou pas du tout. Enfin Klebs conclut que, les neurogliomes ne se distinguent pas histologiquement entre eux, qu'ils sortent de la névroglie ou du tissu nerveux lui-même.

Il considère, par conséquent, la névroglie elle-même comme un tissu d'origine et de caractère nerveux, et propose de donner de préférence le nom de neurogliome ou gliome de Virchow.

Malheureusement notre cas ne peut pas servir de soutien aux conclusions de Klebs. La structure de notre tumeur ne laisse aucun doute à cet égard ; d'après Klebs lui-même, c'est un vrai sarcome. Et pourtant, d'après les rapports microscopiques de la tumeur, elle ne provenait ni delà surface de la moelle, ni de la pie-mère, ni des vaisseaux, mais très vraisemblablement de la névroglie de la substance grise. La tumeur ne tenait à la piemère que par un petit faisceau de tissu conjonctif parcouru de

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quelques vaisseaux. Quoique la tumeur possédât les propriétés des sarcomes cités par Klebs, c'est-à-dire de se développer aux dépens du tissu nerveux et de ne pas se confondre avec celui-ci, il n'y avait aucune altération fonctionnelle dans notre cas, fait contraire aux conclusions de l'auteur.

Notre cas est important avant tout, parce qu'il donne des éclaircissements définitifs sur la nature histologique du tissu de la névroglie.

Quand un vrai sarcome surgit de la substance grise, si riche en névroglie, cette névroglie ne peut être d'origine nerveuse, mais bien, comme la tumeur elle-même, procéder du tissu conjonctif. Et même dans lecas où on ne trouverait pas encore dans la description que j'ai donnée une preuve suffisante de la genèse du sarcome et de la névroglie, la réaction par le violet de gentiane, que j'ai très minutieusement décrite plus haut, prouve que cette dernière substance appartient au tissu conjonctif. En effet le violet de gentiane a coloré la substance blanche, en violet le tissu du sarcome et la substance grise en bleu.

Il résulte donc que la névroglie a les propriétés du tissu conjonctif.

Ce fait nous conduit à une conclusion intéressante et nouvelle.

Dans mon travail sur « les vaisseaux de la moelle épinière chez l'homme » * publié récemment, j'ai fait constater que les travées de la substance blanche accompagnent les plus grandes ramifications des vaisseaux de la moelle et que la substance grise est le siège des capillaires. Or, les travées delà substance blanche sont composées de tissu conjonctif ordinaire fibrillaire, tandis que la substance grise contient surtout des névroglies.

Il résulte que le système nerveux central se distingue des autres organes par la pression de deux sortes de tissus conjonctifs. Il possède : 1° un tissu conjonctif ordinaire, fibrillaire, comme les autres organes, qui accompagne les gros, vaisseaux, et, 2° une espèce particulière de suhstance de soutien dans le domaine des capillaires, c'est la névroglie.

* Sitzungber. dér K. K. Akad. der Wiss. zu Wien. Math, naturwiss. Classe, LXXX1V, 1882.

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