DE LA PUPILLE CHEZ LES BPILEPTIQUKS
L'auteur considère ce symptôme comme ayant une valeur suffisante pour permettre en l'absence d'autres signes de faire le diagnostic entre l'hystérie etPépilepsie, ou de reconnaître l'existence du mal comitial chez les individus dont on n'a pu observer les attaques. — Ainsi, dilatation manifeste, variations plus rapides, tels sont les caractères attribués par L. C. Gray aux pupilles des épileptiques.
Lorsque nous nous sommes mis en devoir de procéder à la vérification du fait avancé par L. C. Gray, nous avons été tout d'abord frappé d'une chose, c'est que l'auteur n'indiquait ni l'intensité de lumière, ni le procédé de mensuration employé dans ses recherches.
Désirant échapper nous-même à un reproche analogue, nous avons cherché à faire nos mensurations dans des conditions toujours comparables à elles-mêmes, et faciles à reproduire.
Tout d'abord, pour ce qui concerne Vintensité de lumière employée, nous avons opéré de la façon suivante : la malade est placée dans une chambre noire dans laquelle il n'y a, comme source de lumière, que deux bougies stéariques ordinaires placées l'une à droite, l'autre à gauche de la malade; chacune de ces bougies est éloignée de quarante-cinq centimètres de l'œil correspondant et ses rayons tombent sur la cornée suivant un angle de 45° par rapport à l'axe visuel. — Pour éviter le rétrécissement de la pupille, qui pourrait être dû aux efforts d'accommodation, on engage la malade à regarder un point peu brillant situé h l'autre extré* mité de la chambre noire. Mais en même temps que nous examinions les pupilles par cette méthode, nous recherchions aussi leur état à la lumière du jour. La
malade était dans une pièce éclairée par deux rangées de fenêtres ; toutes les fenêtres sauf une étaient fermées par des rideaux de toile écrue; la malade était placée à trois mètres de la fenêtre laissée libre qui donnait sur une cour plantée d'arbres encore peu garnis de feuilles; temps clair, mais légèrement couvert; les mensurations ont eu lieu en trois jours différents.
Maintenant que nous avons exposé les conditions d'intensité lumineuse dans lesquelles nous avons opéré, il nous reste à indiquer par quel procédé nous avons fait les mensurations.
Ce procédé est celui recommandé par Hutchinson [The Brain,yo\. I). Il consiste à prendre comme échelle des pupilles une filière de sondes, et à l'appliquer près de l'œil à examiner; on compare alors la pupille aux différents trous qui composent la filière et on arrive facilement à trouver celui dont les dimensions s'en rapprochent le plus; on n'a plus qu'à lire le numéro et à en déduire le diamètre ce qui est facile si on se sert d'une filière graduée par tiers de millimètres comme celle d'Aubry dont nous avons fait usage.
Voici les résultats auxquels nous sommes arrivé sur cinquante-trois femmes épileptiques appartenant toutes au type classique.