REVUE D'ANATOMIE
I. Sur les vaisseaux de la moelle épiniêre (Analyse et critique du mémoire de M. Adamkiewicz); par H. Duret, chirurgien des hôpitaux.
Le travail remarquable et digne d'intérêt de M. Adamkiewicz, eût pu être l'objet d'une juste appréciation de la part de ses lecteurs, si l'auteur eût donné à nos recherches sur la circulation de la moelle épiniêre la place qu'elles méritent, et qui leur est attribuée partout. Il se borne, en effet, dans le cours de son mémoire, à cette simple mention, que nous croyons devoir reproduire en entier : « Enfin il nous faut signaler un travail méritant de Duret sur la circulation des centres nerveux, et en extraire ce qu'il dit sur la vascularisation de la moelle : Il y a une harmonie complète dans toute la vascularisation de l'axe cérébro-rachidien. Dans notre mémoire sur le bulbe, nous avons divisé les artères nourricières en artères médianes ou artères des noyaux bulbaires, et en artères radiculaires. Les premières occupent le sillon médian, les autres pénétrent dans le bulbe en suivant les racines : elles arrivent ainsi jusqu'aux noyaux. Il en est de même pour les artères nourricières de la moelle : les unes sont médianes, les autres radiculaires... Il y a dans la moelle des artères médianes antérieures et postérieures et des artères radiculaires antérieures et postérieures. » ' M. Adamkiewicz paraît ignorer que nous avons publié une note très complète sur la circulation des vaisseaux nourriciers de la moelle épiniêre. Il y a bientôt neuf ans. (Voy. Note sur les artères nourricières et sur les vaisseaux capillaires de la moelle épiniêre y in Progrès médical, 22 novembre 1873, n° 24). Il est encore fait mention de ce travail, avec l'indication bibliographique exacte dans notre mémoire des Archives de Physiologie, 1874, dont M. Adamkiewicz a extrait les lignes précédentes. Il
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est reproduit en entier dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, art. Moelle — et dans plusieurs ouvrages français et étrangers. Depuis plusieurs années, M. le professeur Gharcot a introduit ces recherches sur la circulation de la moelle épinière dans son enseignement public à la Faculté : des dessins demi- schématiques figurent nos préparations et nos injections qui ont été montrées dans nombre de ses leçons. Ces études sont aussi l'objet de l'enseignement vulgaire à l'École pratique. La priorité de nos recherches ne saurait donc être récusée. Leur valeur pourra facilement être appréciée par ceux qui voudront bien parcourir la note du Progrès médical. Nous y décrivons en effet d'une manière succincte, mus pourtant complète, l'origine et la distribution des artères nourricières de la moelle épinière
— c'est-à-dire des vaisseaux artériels qui pénètrent dans la substance nerveuse : nous signalions pour la première fois, croyons-nous, le trajet et les ramifications des artères médianes antérieures et postérieures, des artères radiculaires, des artères périphériques ; nous indiquions la configuration des réseaux capillaires dans la substance grise et dans la substance blanche. Tels sont sommairement les résultats principaux de nos recherches sur la circulation de la moelle épinière. Si leur originalité reste entière, et si, selon nous, M. Adamkiewicz ne leur a pas rendu une justice suffisante, nous aurions mauvaise grâce à ne pas reconnaître que le travail de l'auteur allemand ren-
erme plusieurs détails complètement personnels, et que, dans son ensemble, il est conduit d'une façon remarquable. Nous croyons qu'il mérite d'être l'objet d'une analyse complète. —Il comprend deux parties : la première est relative aux vaisseaux artériels et veineux dans l'épaisseur de la moelle épinière; la seconde, sur l'originalité de laquelle nous n'avons aucune revendication personnelle à établir, s'occupe de leur étude à la surface de la moelle 1 .
Première partie. — Les injections ont été faites à l'aide de gélatine colorée au bleu de Thiersh, ou du carmin selon les procédés de Gerlach. L'auteur étudie la distribution géographique des vaisseaux sur des coupes horizontales faites à différentes hauteurs dans la moelle épinière, sur des coupes transversales ou frontales, et enfin sur des coupes antéro-postérieures ou
l Die Blutge fasse des Menschen Ruckenmark, vonpiof. A. Adamkiewicz,
— I. Theil in (LXXXIV Bande der Sitzb. der K. Akad. d. Wissensch., HI^Abth. nov. heft, jahrg. 1881). — II. Theil aus dem LXXXV, 1882.