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XX. De l'éducation des aliénés et du système sôolaire en

VIGUEUR A L'ASILE d' ALIÉNÉS DU DfSTRICT DE RlCHMOND (Dublin) ; par John Fox. (The Journal of Mental science, n° d'avril 1882.)

M. John Fox est directeur de l'école de l'asile de Richmond, et les renseignements que renferme son travail sur le fonctionnement de cette institution sont du plus haut intérêt ; c'est avec beaucoup de regret que nous serons forcés de les abréger, et de n'en retenir que les grandes lignes, ou en quelque sorte les idées directrices. Par une comparaison qui ne manque ni d'ingéniosité, ni de justesse, il fait remarquer que le médecin qui soigne une maladie d'estomac se garde bien 4e refuser lep

aliments à son malade ; il se borne à les choisir, à les approprier à l'état dç l'organe, cherchant surtout à utiliser les fonctions demeurées indemnes ; en agissant ainsi on guérit parfois le malade; en tous cas on ne le laisse pas mourir de faim. Pourquoi donc n'agirait-on pas de même lorsqu'il s'agit du cerveau? Si les personnes qui s'étonnent de voir créer une école dans un asile d'aliénés comprenaient qu'il ne s'agit pas d'instruire des fous, mais d'assurer, par une méthode graduée et appropriée le fonctionnement cérébral de ces malades, leur surprise, née d'une erreur, se dissiperait rapidement.

Le premier point qui frappe dans l'étude de M. Fox, c'est le grand nombre des aliénés qui prennent part aux exercices scolaires : toutes les divisions de l'asile (à l'exception bien entendu de l'infirmerie) envoient à l'école leur contingent presque complet ; les travailleurs de la ferme et des ateliers suivent le soir des exercices scolaires moins longs, mais réguliers; c'est à peine, en somme, si dans chaque division on rencontre quelques malades qui, par mauvaise volonté ou par déchéance intellectuelle absolue demeurent réfractaires a l'école. — Les malades sont divisés en six classes, suivant leur instruction acquise ou suivant le plus ou moins de conservation de leurs facultés mentales : cette division en classes se base principalement sur les connaissances en lecture, en arithmétique et en géographie. Les principales matières de renseignement, que Tou s'est proposé de faire correspondre aux diverses facultés de l'esprit, sont : l'instruction religieuse, les lectures .morales avec déductions pratiques, les leçons de choses, la lecture, la géographie et l'arithmétique, l'écriture, le dessin, la musique, la marche au pas et les exercices militaires* — En outre tous les jeux de jardin et d'appartement, depuis le criketetles quilles jusqu'au billard et aux échecs sont enseignés et encouragés. Enfin l'asile renferme une bibliothèque de 200 volumes, destinés aux malades, et dont la distribution, aussi bien que la responsabilité est confiée aux chefs de quartier. Des journaux quotidiens, des périodiques illustrés et plusieurs recueils mensuels complètent les ressources intellectuelles mises à la portée des malades et utilisées avec plaisir par le plus grand nombre d'entre eux. — Nous passons ici sous silence un grand nombre de détails, d'une application plus ou moins utile, plus ou moins facile ; nous souhaiterions que le travail de M. Fox fût lu. et médité par. tous les directeurs d'asile ; nous avons la conviction qu'ils

ne tarderaient pas à instituer, dans la mesure des ressources dont ils disposent, un système scolaire dont M. Fox, qui l'applique avec un dévouement digne d'éloges, résume ainsi les avantages: 1° Fournir une occupation à ungrand nombre de malades qui sans cela resteraient oisifs ; 2° varier les occupations de tous ces malades ; 3° appliquer la méthode de l'éducation à l'amélioration ou au soulagement de l'état des malades atteints d'affections mentales; 4° rompre la monotonie de, la vie de l'asile et contribuer ainsi au bien-être de ceux qui y sont internés 1 . R. de M.-C.

XXI. Folie associée a la chorée; deux observations; par Joseph Wiglesworth. (The joum. of Ment. Science, avril

Voici le résumé de ces deux observations:

1° Femme de vingt-un ans, mariée, d'une bonne santé habituelle, ne comptant pas d'aliénés dans sa famille ; un mois avant son entrée à l'asile, elle a eu une attaque de rhumatisme articulaire qui paraît avoir été subaigu; les troubles mentaux datent de ce moment ; ils étaient caractérisés par des hallucinations de la vue; trois semaines plus tard, c'est-à-dire huit jours avant son entrée à l'asile, elle a présenté des mouvements choréiformes. limités au bras droit et à la jambe droite; ces mêmes mouvements existent et sont très intenses au moment de son entrée. En même temps, manie sans violence, agitation, incohérence. Elle donne son nom et son adresse, mais ce sont là les seules questions auxquelles elle répond d'une façon raisonnable ; elle a des hallucinations manifestes du toucher. Trois jours après l'entrée, retour de quelques symptômes de rhumatisme. Cœur : pas de matité anormale, bruit systolique court à la pointe, entendu également à la base ; le second bruit est clair. Au bout de huit jours, disparition des mouvements choréiformes, amélioration de l'état mental. Pendant plus de dix mois reste à l'asile, présentant les signes d'une amélioration progressive, mais lente ; elle a une grande difficulté à parler, qui paraît due à un défaut de coordination des muscles qui servent à l'articulation du langage. Au bout d'un

« Leuret avait organisé à Bicêtre, dans le même but, une école, une bibliothèque et des jeux; mais l'administration impériale a tout fait disparaître. (B.)

an environ, elle est en pleine convalescence : elle parle raisonnablement, sa mémoire est bonne ; elle n'a toutefois pas encore entièrement recouvré la direction volontaire de sa langue. — Cœur : pas de matité, bruit doux à la pointe, ne se propageant pas dans Faisselle. — La santé générale est excellente.

2° Fille de quinze ans, mère épileptique, un oncle aliéné ; les renseignements sont peu explicites; cependant elle aurait été choréique depuis un mois, et aurait présenté des troubles intellectuels depuis une semaine; on n'aurait pas constaté de rhumatisme. Lors de son entrée à l'asile : pas de matité cardiaque anormale; bruit systolique un peu musical à la pointe, s'entendant dans Faisselle. Mouvements choréi formes généralisés, d'intensité moyenne. Parole indistincte à force d'être saccadée; délire tranquille; incohérence dans les idées. Cette incohérence cesse quand on pose à la malade des questions simples, auxquelles elle répond d'une façon assez raisonnable; elle reparait dès qu'on ne sollicite plus son attention. Durant un mois, persistance, avec alternatives légères d'amélioration et d'aggravation, des mouvements choréiformes. — Hallucinations de l'ouïe et du goût. — Après six semaines de séjour, amélioration générale, physique et mentale. — Les mouvements choréiformes ont disparu ; plus d'hallucinations ; cependant la malade croit encore à la réalité des hallucinations de l'ouïe : elle se souvient' d'avoir entendu la voix de son père bien qu'elle ne l'entende plus. — Elle sort au bout de trois mois et demi ; sa santé générale est bonne ; au point de vue mental, elle est tout à fait convalescente.

L'auteur rappelle que M. Glouston a publié en 1870 {The Journal of Mental Science, n° de juillet) deux cas de folie rhumatismale : dans les deux cas qui viennent d'être résumés, le rhumatisme n'a été constaté que chez une seule des malades ; mais l'absence de renseignements suffisants ne permet pas d'affirmer qu'il n'existait pas chez l'autre. Quoiqu'il en soit la présence simultanée de la chorée et de l'endocardite permet de rapprocher ces deux cas de ceux de M. Clouston. On remarquera ici le caractère très accentué des troubles de la sensibilité spéciale, qui se sont montrés plus rebelles que les troubles qui affectaient ou détruisaient momentanément des fonctions

r intellectuelles plus élevées, telles que l'attention et la mémoire.

'• R. de M. C

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