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VIII. UXE FAMILLE ATTEINTE D'ATAXIE LOCOMOTRICE ; par M. R

Gowers. (Trans. ofthe Clin. Soc. of London, vol. XIV, 1881 ,

Le père est mort depuis deux ans, d'utte maladie deBright; il n'a pas eu d'affection nerveuse. Il avait deux frères, dont l'un est mort aussi de maladie de Bright, et l'autre est aliéné. Deux de ses cousins seraient aussi aliénés. La mère du père était paralysée de la langue, quand elle est morte. — La mère est morte d'une tumeur abdominale, elle avait eu deux attaques de chorée dans son enfance.

La famille se compose de neuf enfants. L'aîné a trente-neuf ans, il a commencé à souffrir d'incoordination de la marche à vingt et un ans, aujourd'hui l'ataxie a gagné les mains, il a perdu ses réflexes tendineux, etc. Le deuxième enfant était une fille qui est morte à dix ans d'une affection fébrile. Le troisième est un fils, il a trente-cinq ans, bien portant; il a plusieurs enfants aussi bien portants. Le quatrième est encore un fils, qui a trente-trois ans et est bien portant. Le cinquième est une fille qui à vingt-neuf ans, et qui a commencé à dix-huit ans à avoir de la difficulté à marcher ; les troubles tabétiques se sont accentués depuis. Le sixième est un fils de vingt-six ans qui se porte bien et a des enfants en bonne santé. Le septième est un fils qui a vingt-quatre ans; il n'est plus capable de traverser la chambre tout seul, il avait dix-neuf ans quand il a éprouvé les premiers symptômes. Le huitième est un fils de vingt-deux ans paraissant bien, mais il a des troubles de l'équilibration dans l'obscurité, il a de temps en temps un peu d'incoordination ; il a perdu ses réflexes, sa parole est légèrement troublée, etc. Le plus jeune fils, qui a dix-neuf ans, est aussi affecté : parole scandée, un peu d'instabilité de la marche, perte des réflexes. Ainsi sur huit enfants, qui ont atteint l'âge adulte, cinq sont affectés. Carré, Duchenne, Carpenter, Dreschfeld ont déjà rapporté des faits de ce genre ; Friedreich a noté dans ce cas la fréquence des troubles du langage qui dans cette série ont été presque toujours observés. Quelquefois, dans cette forme d'ataxie ; dite héréditaire, il existe du nystagmus, comme le montre un cas de Seeligmuller. En ce qui regarde l'étiologie, il n'existait pas de traces de syphilis héréditaire ou acquise ; il n'y avait pas non plus d'ataxie connue chez les ascendants, mais du côté paternel, il existait plusieurs aliénés, et la mère qui avait eu des attaques de chorée et avait évidemment une disposition névropathique. Ces particularités de l'histoire de la série de M. Gowers sont en rapport avec l'opinion que nous avons souvent entendu exprimer par M. Charcot : à savoir que ce qui joue le plus grand rôle dans l'étiologie de l'ataxie, ce sont les états névropathiques des ascendants ; et il ne manque jamaisd'interrogerlesmalades, sur l'existence chez leurs parents directs ou collatéraux, non seulement d'affections médullaires, mais encore d'affections cérébrales ou de troubles psychiques.

Ch. F.

I. Folie postépileptique ; par Wilhelm Sommer. (Arck. /. Psych. u. Nervenk., XI. 3.)

Sous ce titre, M. Sommer se propose d'étudier, à l'aide de cent cinquante observations prises à l'asile d'AUenberg, la démence persistante qu'amène l'épilepsie à la longue et les formes vésaniques passagères, intervallaires, considérées comme épiphénomènes de l'accès.

Relativement à la démence, l'auteur s'attache à mettre en lumière les caractères qui distinguent cette impotence intellectuelle, d'origine épileptique, d'avec les démences émanant de toute autre affection. Telles sont sa non-continuité (du moins au début, intervalles lucides) et les difficultés de perception qui entraînent une difficulté de comprendre et de retenir (lenteur de la lecture et de l'écriture) contrastant avec le souvenir facile des anciennes sensations. Ainsi l'épileptique qui lira péniblement une ligne, résoudra aisément des équations algébriques ; d'où son emphase, sa pédanterie. Bientôt l'amnésie s'étend également au passé, mais elle est incomplète, inégale, et nullement proportionnée à l'importance des événements ; en essayant de suppléer aux lacunes de sa mémoire, l'épileptique se crée un style maniéré, agrémenté de périphrases et de néologismes. C'est aussi cette déchéance intellectuelle qui, par défaut de conception, entraîne le malade à devenir irascible, susceptible, méchant, méfiant, en même temps qu'une certaine conscience de sa faiblesse et de l'incurabilité de son affection le rend pessimiste, misanthrope, bigot, obséquieux (hypocrisie). Enfin quand il a épuisé son ancien bagage mnémonique, dans l'impossibilité où il se trouve d'enregistrer avec fruit de nouvelles impressions, le malheureux est réduit à une idiotie muette par suite des progrès des lésions bulbaires. Des lettres de malades prises à diverses époques de la maladie font foi de cette progression. Notons ici, qu'à l'inverse de ce qui était admis

jusqu'alors, la statistique de M. Sommer fait remonter la plus forte part de responsabilité dans la démence épileptique aux grands accès et non au petit mal.

Les troubles de la connaissance en rapport avec l'épilepsie sont de deux sortes. Les uns se montrent en l'absence de tout accès convulsif et souvent sans qu'on puisse jamais saisir la moindre trace de ce dernier; c'est l'épilepsie anormale: les autres sont en relation d'origine et de temps évidente avec les convulsions épileptiques complètes. Psychoses absolument isolées de l'accès et le remplaçant (équivalents), ou vésanies intervenant à la suite d'accès antérieurs, toutes auraient même pathogénie. L'accès complet ordinaire, dit M. Sommer, se compose de plusieurs accès partiels dépendant chacun du département nerveux qui lui donne naissance; adoptant l'opinion que l'épi lepsie est corticale c'est-à-dire que la moelle allongée influence d'abord les vasomoteurs cérébraux, et que l'attaque classique est la résultante de l'accumulation de ces effets, il pense qu'il «'agit précisément en tous les cas de la limitation des troubles angioparalytiques ou angiospastiques à tel ou tel district de l'écorce; cette localisation dépendrait delà variabilité de la modalité réactionnelle propre à chacun des départements en question ou de la lenteur de généralisation des effets vasomoteurs. Quoi qu'il en soit, M. Sommer ne traite que des psychoses chez des épileptiques avérés, à l'exclusion des équivalents(épilepsie psychique) isolés et de la combinaison de la névrose avec un des types cliniques connus (mélancolie, folie systématique, paralysie générale). Périodiques et souvent précédées d'aura, elles ont pour caractère principal et pour fondement l'insuffisance de perception etde raisonnement (rudiment du sopor de l'acmé paroxystique) ; les autres perturbations de l'acti vite men taie qu i s'y aj ou ten t dérivent précisément de l'impossibilité, pour le malade hébété, d'interpréter les sensations anormales dont il estl'objet (délire): ces sensations anormales seraient l'équivalent de la perte totale de sensibilité du début de l'accès complet. Un premier degré qualifié d'état dobnubilation postépileptique embrasse trois espèces de phénomènes : 1° l'obtusion intellectuelle accompagnée de maussaderie, excitabilité, angoisse vague, qui précède ou suit un accès; illusions de la vue désagréables ou fantastiques ; 2° l'accès maniaque précurseur d'une crise convulsive ou d'un long sommeil; 3° des auras passagères psychosensorielles praeparoxysmiques telles que la double sensation

auditive, les illusions et hallucinations spéciales et familières au même malade ; à leur égard la statistique d'Allenberg indique les mêmes proportions de fréquence qu'en ce qui a trait aux troubles de la sensibilité postparoxystiques. Ce sont justement ces perturbations sensorielles qui, mal interprétées par l'épileptique ahuri, fournissent, de concert avec le genre de caractère du malade, les éléments du délire. Selon que domineront en lui la préoccupation de son état, la méfiance, l'irritabilité, les sentiments religieux, il sera en proie aux conceptions délirantes dépressives , au délire des persécutions, à Y angoisse accompagnée d'impulsions irrésistibles, à Y expansion extatique. L'analyse détaillée de chacune de ces formes psychopathiques n'ajouterait rien aux descriptions répandues partout ; on consultera cependant avec fruit les cinq observations de délire expansif. Il importe également de faire remarquer la rapidité de systématisation de ces conceptions et leur non moins prompte disparition. De plus greffées sur le fond premier d'obnubilation, ces psychoses sont loin de se manifester isolées ; une d'elles apparaît pour faire, après une durée indéterminée, brusquement place à une autre entité. Quand l'épilepsie est invétérée, l'intrication, la fusion est si étroite, que le délire perd sa couleur ; de cette nuit obnubilatoire persistant des jours et des semaines, se dégagent de temps à autre, comme autant de météores, des accès psychopathiques fugitifs durant des minutes, des heures au plus. Seul, le délire expansif conserve en toute circonstance son autonomie, ne se mélangeant que très rarement avec d'autres modalités. Que ces accidents précèdent, suivent (majorité des cas) ou remplacent l'accès d'épilepsie (équivalents), ils sont toujours identiques à eux-mêmes et conservent le moment qu'ils ont dès l'abord adopté pour leur manifestation. Ce n'est d'ailleurs qu'après des années que l'épilepsie se double de l'état d'obnubilation mentale continue, la psychose augmentant d'abord de fréquence avec chaque accès, puis d'intensité, de durée, et de variété quand les accès diminuent de nombre jusqu'à ce que la démence apathique termine l'ensemble pathologique. Guérison extrêmement rare : six cas nets. Sur quatre-vingt-onze épileptiques morts en démence, la durée moyenne du séjour dans l'établissement d'aliénés était de sept années. M. Sommer complète au surplus sa description par les résultats statistiques portant sur le sexe, l'hérédité, î'àge et la cause de l'épilepsie, la fréquence des perturbations

mentales et la durée de Fépilepsie avant qu'elles n'apparussent. P. K.

IL Côtes fracturées dans les asiles anglais; par Lauder Linsay, médecin de l'institut royal de Murray, pour les aliénés, à Perth, en Ecosse. (Bulletin de la Société de médecine mentale de Belgique, année 1880, 2 e fascicule, p. 31-53.)

Ce mémoire réfute l'assertion que toutes les fractures de côtes ou d'autres os sont le résultat de mauvais traitements de la part des gardiens. Ces lésions peuvent se montrer très facilement en dehors de toute violence ou rudesse des servants ; beaucoup sont dues à l'abolition inopportune de la contrainte mécanique. L'auteur est ennemi du système du no-restraint, aussi dangereux pour les patients que pour les fonctionnaires et les gardiens des asiles.

Ces lésions peuvent s'expliquer par l'extrême fragilité du tissu osseux chez les aliénés ; elles sont souvent produites par l'aliéné lui-même, elles sont souvent dues à une violence très légère. Ce mémoire est suivi de l'exposé : 1° d'un cas d'ostéomalacie; 2° de la relation de cas de fractures de côtes découvertes seulement à l'autopsie ; 3° de l'exposé de cas de fractures de côtes découvertes à l'admission dans les asiles d'aliénés. E. Ch.

III. Le traitement médical rationnel des maladies mentales aiguës et curables; par le D r Wiltie Burmann, médecin en chef du « Wilts country lunatic asylum, Devizes. »(The Journal of mental science, octobre 1879 et janvier 1880) [Bulletin de la Société de médecine mentale de Belgique, année 1880, 2 e fascicule, p. 84-93.)

Le D r Burmann demande comme Mundy, Lockowt, Robertson, Griesinger, lord Shaftesbury, la séparation des cas récents et des cas curables et des cas qui ne laissent plus guère d'espoir de guéri son.

1° La proportion des cas curables étant de 7 à 7, 25 p. 100, ceux-ci doivent être à l'hôpital bien moins grand que l'asile destiné aux incurables ;

2° Au point de vue économique, cette séparation est avantageuse ;

3° Cette division déconsidérerait moins le malade placé à l'hôpital et les familles, comprenant la différence d'avec l'asile, hésiteraient moins à y placer leurs aliénés; la médecine y ferait plus de progrès ; les cas de suicide seraient plus rares ; les médecins spécialistes s'attacheraient davantage à l'étude des malades de l'hôpital. L'auteur n'admet pas que son projet soit impraticable à cause de la difficulté qu'il y aurait à distinguer les curables des incurables; il n'admet pas que son projet entraîne à trop de frais, tant s'en faut. On ne ferait pas d'économies sur les malades de l'asile au point de vue du traitement et de l'entretien, mais on prélèverait une surtaxe sur les malades de l'hôpital. L'auteur réclame un bureau d'admission comme à Sainte-Anne , mais il insiste pour que l'hôpital et l'asile soient connexes, enfin il réclame l'emploi plus que jamais de l'hydro et de l'électrothérapie, de la lumière, de l'obscurité, et de la lumière cobici, l'emploi du pneumatomètre, du stétographe, de l'apnographe, enfin de toute la thérapeutique pneumatique. — Ces opinions ne peuvent être admises sans un examen approfondi. E. Ch.

IV. Sur l'aphasie et sur la chronicité et l'hérédité dans la détermination des types DE folie ; par M. lô D r Billod. (Bulletin de la Société de médecine mentale de Belgique, année 1880, 2- e fascicule, p. 94-102.)

En tenant compte de deux éléments qui chez l'aphasique peuvent être conservés ensemble ou détruits chacun séparément, à savoir : 1° l'intelligence, 2° la force morale ou l'énergie du caractère, M. Billod, en faisant ressortir combien l'aphasique ressemble à l'enfant et au vieillard, pense que l'aphasique, tout intelligent qu'il soit resté, n'en est pas moins dépourvu d'une certaine force morale, devenu accessible à certaines influences, désarmé devant le danger des captations. « Si peu nombreux que soient les cas d'aphasie dans lesquels l'intelligence reste intacte, il est impossible de ne pas les admettre. Seulement il ne faut pas se croire autorisé à conclure toujours de l'intégrité de l'intelligence à celle de la force morale, et par suite à la responsabilité entière. A l'opinion de M. Billod, le D r Cuylitz oppose la définition de M. Jules Falret, qui signale comme caractère distinctif de l'aphasie,

revue de Pathologie mentale. 9?

l'intégrité de l'intelligence et des organes de la phonation. M. Guylitz ne partage pas l'opinion de M. Billod qui, par la théorie de la suppléance cérébrale, explique comment l'intelligence peut rester entière chez l'aphasique : il n'est pas besoin de cette théorie ; l'intelligence reste intacte parce que les parties du cerveau réservées aux fonctions intellectuelles ne sont pas atteintes. En admettant la suppléance, comment si peu de malades en profitent-ils? M. Cuylitz n'admet pas l'application de la théorie de la suppléance pour le langage, car il n'y a qu'un centre et non deux pour le langage. Par conséquent il n'admet pas la conclusion de M. Billod relativement à son cas d'aphasie chez un paralytique général à savoir que : si la suppléance pour le langage n'a pu s'établir dans ce cas, c'est vraisemblablement que les deux circonvolutions étaient symétriquement lésées.

Quant à la chronicité, elle constituerait un procédé à l'aide duquel la folie héréditaire qui évolue par générations successives d'individus, développerait ses différents stades sur un même individu, ce qui se réduit à une question de part et d'autre. Les aliénés qui doivent à la chronicité leurs apparences héréditaires sont rares. M. Billod n'en a observé que quinze cas bien nets sur quinze mille aliénés. E. Ch.

V. Le morphinisme ; par le D r Frantz Muller, de Gratz, ( Wiener medizinischen p?*esse, 1880 )

Lorsque Wood, l'inventeur des injections sous-cutanées, créa par sa méthode un admirable moyen de soulagement }ouv l'humanité souffrante, il ne se doutait guère qu'il allait donner naissance à un mal aussi grave que l'opiophagie de l'Orient, mal d'autant plus triste que ses victimes habituelles sont des gens instruits et surtout des médecins. Cette maladie, qui consiste dans l'usage continu des injections de morphine, s'appelle le morphinisme.

Le tableau clinique du morphinisme est vaste, car, d'ordinaire, toutes les fonctions de l'organisme sont atteintes.

I. Au premier plan sont les troubles de la nutrition. Après six, huit, douze mois de fortes doses de morphine injectée sans interruption, les malades commencent à se plaindre d'anorexie et de constipation opiniâtre; puis, ils maigrissent rapide-

'JH revue de pathologie mentale.

ment. Le visage pâlit, devient cadavéreux, la peau se ride ; les yeux sont cerclés, les globes oculaires perdent leur éclat, le regard n'a plus aucune expression. Les membres inférieurs s'œdématient, la démarche devient chancelante. Plus tard, le catarrhe de l'estomac, les vomissements, les pituites du matin ne font jamais défaut.

II. Tout aussi importantes sont les altération -des sécrétions. L'urine contient, dans les cas accentués, de l'albumine et même du sucre. (Krage et Levinstein ont signalé ce fait chez des chiens morphinisés.) — On observe presque toujours chez les femmes la cessation des règles et l'apparition des pertes blanches, et chez l'homme l'absence des spermatozoïdes et l'impuissance. La sécrétion sudorale est aussi profondément troublée : les malades sont souvent baignés d'une sueur visqueuse, qui les oblige à changer de linge plusieurs fois par jour.

III. Des troubles vaso-moteurs s'ajoutent aux précédents : le pouls est ralenti, petit, souvent filiforme et irrégulier. — Plus tard survient de l'angoisse précordiale : des crises douloureuses éclatent, caractérisées par une sensation particulière de constriction épi gastrique et par de violentes palpitations ; elles débutent ordinairement par une douleur que le malade compare à un coup de couteau dans le cœur.

IV. Les troubles de la motilité sont observés sans exception. Ce sont de l'affaiblissement musculaire, du tremblement de la langue et des mains, quelquefois môme de l'incoordination des membres inférieurs. Les paralysies véritables manquent habituellement, et n'ont guère été observées que pour l'appareil de la vision ; c'est ainsi qu'on a pu constater la parésie des muscles de l'œil (diplopie), et du muscle ciliaire (troubles de l'accommodation) ; d'autre part, l'immobilité de la pupille et le myosis sont caractéristiques. — La vessie est contracturée, souvent aussi paralysée, et il y a dysurie, rétention d'urine. — Les réflexes cutanés sont augmentés, et les réflexes tendineux diminués ou même abolis ; cet antagonisme entre les deux ordres de réflexes est très net aux membres inférieurs, absolument comme dans le tabès classique.

V. Du côté de la sensibilité, on observe les troubles les plus variés, tels qu'engourdissements, fourmillements, démangeaisons, etc. ; et en même temps les malades souffrent de névralgies diverses, intercostales, viscérales.

VI. Dans la sphère sensorielle, on a observé à plusieurs reprises l'amblyopie morphinique, des modifications du goût (saveur amère des aliments), et. plus rarement des troubles de l'ouïe et de l'odorat (bourdonnements d'oreilles, odeur de charogne).

VIL Les symptômes cérébraux et psychiques sont très importants. Les plus constants sont une céphalalgie sourde, particulière, des syncopes, des vertiges, des troubles de la respiration ;• et, 'dans l'ordre psychique, un changement fréquent du caractère qui devient sombre, morose, timide, un dégoût prononcé pour le travail, une indifférence qui va jusqu'à l'apathie complète, et par dessus tout la disparition de toute énergie, de toute volonté. La mémoire qui réagit encore promptement et fidèlement dans les cas récents, s'affaiblit à la longue. — Les perceptions sont singulièrement ralenties. Les hallucinations de la vue sont rares.

Ces troubles somatiques et psychiques conduisent fréquemment les malades au dégoût de la vie et à des tentatives de suicide.

En dehors de ces symptômes, surviennent souvent, dans la période ultime du morphinisme, des accès de fièvre qui méritent une mention spéciale : ils revêtent la forme intermittente et sont caractérisés par des stades habituels de frisson, de chaleur et de sueur. La température atteint de 38° à 40°; la rate est augmentée de volume. — Le type tierce est le plus fréquent ; mais, parfois, l'intermittence est irrégulière. Au paroxysme de la fièvre, survient souvent du délire. Parfois on n'observe aucune intermittence, et la fièvre revêt l'apparence d'une fièvre typhoïde ; les malades ont de la céphalalgie, des bourdonnements d'oreilles, des vertiges, de la prostration ; ils sont obligés de garderie lit plusieurs semaines (forme typhoïde de Levinstein).

Le diagnostic ne présente ordinairement aucune difficulté, bien que la séméiotique du tabès, surtout quand il n'existe pas encore d'incoordination, soit assez semblable à celle du morphinisme; rappelons en effet l'anesthésie, les douleurs fulgurantes, la dysurie, la constipation, l'extinction du réflexe tendineux, les vertiges. Mais c'est avec l'alcoolisme chronique que le morphinisme a le plus de ressemblance et même d'analogie ; toutefois l'examen minutieux des circonstances étiologiques établira facilement le diagnostic.

La marche est essentiellement chronique et fatalement pro-

gressive, les malades augmentant chaque jour la dose de morphine pour obtenir les mêmes effets; ils tombent alors dans un état cachectique qui les mène plus ou moins vite à la mort. Les récidives sont fréquentes : un malheureux atteint de morphinisme entre à l'hôpital ; il est privé de morphine, il guérit, et il sort jurant de considérer la seringue de Pravaz comme un Noli me tang ère; mais, au plus prochain accès douloureux, sa force de résistance est vaincue, et il a de nouveau recours aux injections. Levinstein a compté soixante et une récidives sur quatre-vingt-deux cas, dont trente-deux chez des médecins.

Comme étiologie, il faut signaler d'abord l'existence d'une affection douloureuse qui a nécessité l'emploi de la morphine et qui, calmée d'abord par des doses faibles, ne l'est plus tard que par des doses de plus en plus fortes, un, et même deux grammes ! Le sexe masculin, la profession médicale, pour des raisons faciles à comprendre, sont le plus souvent atteints.

Le traitement doit évidemment consister à priver les malades de morphine et à empêcher les récidives. On a beaucoup, discuté dans ces derniers temps la question de savoir si la cessation de la morphine devait être brusque (Levinstein et Boek) ou progressive (Gùntz). A priori, tout parle en faveur de la cessation brusque; mais voyons les résultats de cette méthode. Les premières heures qui suivent la dernière injection s'écoulent dans le calme; puis surviennent des frissons, des bâillements, des éternuements, de la céphalalgie et des névralgies pénibles; un peu plus tard, de la diarrhée, des vomissements, une insomnie persistante. A ces symptômes s'ajoute une prostration profonde, de la dépression psychique, et une anorexie complète. On peut réussir à combattre cet état par des excitants et des analeptiques, parfois par une petite dose de morphine; mais les symptômes peuvent aussi s'aggraver au point d'amener la mort. Ainsi mourut à l'hôpital de Dresde une couturière, qui, privée de morphine, tomba dans un collapsus dont on ne put la tirer. Un jeune médecin succomba de même, malgré la précaution prise de lui injecter de temps en temps une petite quantité de morphine. Au lieu de ce collapsus redoutable, on peut voir apparaître un délire, sur lequel Levinstein a le premier attiré l'attention, et qui est très analogue au delirium tremens : délire, tremblement, in-

somnie, hallucinations, terreur, tels sont les traits habituels ! . Plus rarement, on a vu, à la suppression subite de la morphine, survenir des pneumonies.

Cette méthode n'est donc pas inoffensive. Le morphinisme étant caractérisé surtout par un état d'épuisement du système nerveux central, il n'est pas étonnant qu'un moyen qui prive complètement et brusquement les centres nerveux de leur irritant accoutumé puisse entraîner les accidents les plus graves, Il faut ne se faire aucune illusion sur les prétendus avantages de la suppression brusque, et ne s'attendre nullement à un résultat réel et durable si le malade quitte l'hôpital au bout de huit ou quinze jours; l'affaiblissement de sa volonté rend la récidive tout aussi sûre que chez l'alcoolique qui, quelques jours après un accès de delirium tremens, sort de la clinique soi-disant guéri.

Seul, un traitement de longue durée et systématique et une surveillance étroite du malade peuvent amener un soulagement durable, et c'est vers ce but que le médecin doit diriger tous ses efforts. La cessation graduelle doit être uniquement employée.

Ici, l'auteur expose sa méthode. Elle consiste à substituer à la morphine de petites doses d'opium, et à diminuer ensuite la quantité d'opium jusqu'à sa suppression. L'opium unit à l'action de la morphine une action tonique et trophique sur les centres nerveux, et il calme les troubles gastriques. Le patient reçoit encore un soir son injection accoutumée; puis, le len*demain, au lieu de morphine on lui fait une injection d'opium qui représente la moitié ou le tiers de l'alcaloïde habituel. En même temps, on administre un peu d'extrait thébaïque et de noix vomique sous forme de pilules qui auront pour avantage de permettre de cesser un peu plus tôt les injections. On soustraira ensuite chaque jour un centigramme à la dose de l'injection, jusqu'à ce qu'on arrive à une quantité très peu élevée, à laquelle on se tiendra plus longtemps, avant de la supprimer elle-même peu à peu. — Un régime fortifiant sera prescrit; et comme les malades éprouvent tout d'abord une répulsion invincible pour la viande, on leur fera prendre du jus de viande

1 M. Bourneville a rapporté dans Y Iconographie photographique de la Salpétrière (t. III, p. 53) un cas très remarquable de morphinisme. Son traitement a consisté en la diminution progressive de la morphine; en injections de plus en plus faibles d'atropine ; en douches, etc.

fraîchement exprimé, ou du « fluid méat», dans le potage. Le premier jour de ce traitement, le malade est abattu; il a des frissons, des bâillements, des sueurs, et surtout de l'insomnie ; on combattra facilement ces symptômes par l'administration, le soir, d'un verre d'un vin généreux ou de Sherry. Le matin on fera des frictions humides à 12° ou 16°.

Par ce mode de traitement, l'auteur n'a jamais vu survenir d'accidents graves, tels que le collapsus. L'état général s'améliore peu à peu; la langue se nettoie, la fétidité de l'haleine disparaît, l'appétit renaît rapidement; les selles reprennent leur régularité, le sommeil revient, le tremblement cesse, les pupilles redeviennent normales, la vue s'améliore, la nutrition enfin s'accomplit d'une manière satisfaisante,

Un point aussi important que la cessation de la morphine est d'empêcher les récidives. Pour éviter les rechutes, il est nécessaire, avant tout, de faire subir à la maladie qui avait nécessité primitivement l'emploi des injections, un traitement rationnel et d'essayer de la guérir.

Mais la prophylaxie la plus importante est placée entre les mains des médecins et des pharmaciens, elle doit consister en ceci : 1° jamais, en aucun cas, le médecin ne remettra au malade ou à son entourage ni seringue de Pravaz, ni liquide à injecter. En faisant une pareille concession à ses clients, un médecin les condamne à mort ; 2° les pharmaciens ne délivreront les solutions de morphine qu'aux médecins.

En face des commandes incessantes de seringues à injections sous-cutanées qui sont faites par le public aux fabricants d'instruments de chirurgie, la presse médicale a le devoir d'avertir le public des suites terribles du morphinisme. L'auteur résume en terminant l'intéressante observation qui suit :

«Th. L..., trente-huit ans, célibataire, institutrice, mère névropathe et tante hystérique. A. vingt-trois ans (4864), à la suite d'émotions violentes, elle perdit le sommeil ; puis, céphalalgie, cardialgies, et névralgie intercostale gauche. En 4869, après une fièvre typhoïde, cet état s'aggrava tellement qu'on dut remplacer le traitement interne par des injections de morphine. Ces injections produisaient chaque fois un soulagement momentané, sans enrayer le mal. Au commencement de 4875, la malade Commença à se les faire ellemême, et elle arriva rapidement à huit, neuf, dix seringues par jour. Elle s'injectait par jour en moyenne quarante-cinq centigrammes d'hydrochlorate de morphine. Dans le courant de 4 877, fort tremblement des extrémités, constipation opiniâtre, perte complète de

l'appétit, vomissements surtout le matin, cessation presque complète des règles et flueurs blanches abondantes, affaiblissement de la mémoire, apathie, diplopie, accès de fièvre intermittente. Elle pri à diverses reprises la résolution de renoncer aux injections de morphine, mais ne put y parvenir. En janvier 1880, elle alla consulter le D r Walser, qui me l'adressa.

Voici le résultat de mon examen : taille moyenne, amaigrissement considérable, 'état squelettique, aspect cadavéreux. La face antérieure des deux cuisses est parsemée de nombreuses piqûres et de petites cicatrices. P. 88, filiforme, lent. T. 38, myosis; langue très chargée, fétidité de l'haleine ; tremblement de la langue, des lèvres, des mains, oscillations des paupières, névralgie intercostale gauche. — Extinction du réllexe tendineux; exagération des réflexes cutanés; - urines troubles, sédimenteuses, albumine appréciable.

La malade reçut le soir même pour la dernière fois l'injection habituelle. Le lendemain, 30 janvier, au lieu de la dose ordinaire (quarante-cinq centigrammes) de morphine, on lui injecta à deux heures de l'après-midi neuf centigrammes d'extrait aqueux d'opium ; plus tard, elle prit six pilules contenant chacune un centigramme du même extrait; le soir, un verre de sherry. Puis, tous les matins, frictions de 42° à \ 6°. Comme régime, du jus de viande, des œufs, du vin ; et, contre la névralgie intercostale, application des courants constants.

Chacun des jours suivants, on injecta un centigramme d'opium de moins jusqu'à ce qu'au 4 février la dose fut réduite à quatre centigrammes; elle fut maintenue telle jusqu'au 20. A ce jour, les règles qui avaient cessé depuis l'automne de 4 877, réapparurent sans douleur. Le 20 février on injecta trois centigrammes, et la malade prit quatre pilules ; le 22 février, elle reçut une injection de un centigramme et trois pilules en tout quatre centigrammes d'extrait d'opium, c'est-à-dire quatre milligrammes de morphine. Depuis le 31 janvier, la malade eut par jour trois à quatre* évacuations alvines spontanées. A.u 2 février, le myosis avait disparu, et, le 40, il n'y avait plus que des traces d'albumine dans l'urine. — La patiente jouit aujourd'hui d'un bon appétit; sa langue est tout à fait nettoyée, le tremblement a cessé. Les pupilles sont moyennement dilatées et réagissent bien sous l'influence de la lumière; la névralgie intercostale s'est dissipée, le réflexe tendineux a reparu des deux côtés du corps, et l'état physique et psychique s'est considérablement amélioré. »

L'auteur ajoute comme complément de son observation que la malade ne prend plus depuis le 1 er mars que trois centigrammes d'extrait d'opium, et qu'elle a engraissé de 3,700 grammes du 30 janvier au 12 mars.

lOi REVUE DE PATHOLOGIE MENTALE.

Elle n'a pris en secret aucune dose de morphine, ainsi que l'a révélé l'examen des urines, qui a été fait depuis le 5 mars, dans le laboratoire du professeur Hoffmann, à l'aide du réactif de Frôhde (solution de dix milligrammes de molybdate de sodium dans dix centimètres cubes d'acide sulfurique pur concentré). L'énergie de ce réactif est telle qu'il peut mettre en évidence jusqu'à cinq dix-millièmes de grammes de morphine.

Gh. Maygrier.

VI. Education des idiots; par le D r G.-H.-S. Davis, de Meriden (Gonaecticut). (American médical bi-hebdomadaire, juin 1881.)

De même que le D r Berlin, il arrive aux conclusions suivantes en ce qui concerne l'éducation des idiots : 1° les idiots et les imbéciles doivent être traités d'une façon différente et séparément des autres malades; 2° il n'y a aucun avantage à les placer dans les écoles avec les autres enfants ; 3° il ne faut pas les enfermer avec les fous dans les asiles; 4° on ne doit pas les incarcérer dans les maisons de correction ; 5° on ne les réunira pas aux pauvres pensionnaires des maisons de charité ; 6° dans la grande majorité des cas, le traitement sera beaucoup meilleur s'il est bien organisé et fait à domicile. Toutes ces conditions, sauf la dernière, paraissent bien fondées. Il est en effet fort difficile, sauf pour les enfants riches, d'organiser à domicile un traitement et un enseignement convenables.

VII. Aliénation mentale chez un sujet atteint d'anémie et de cachexie palustres ; par W.-Julius Mickle. (Practitioner, novembre 1881, p. 338.)

Cas curieux d'aliénation mentale, chez un sujet, qui ne présentait ni antécédents personnels ou héréditaires, ni cause prédisposante quelconque : quelque temps après le dernier accès palustre, le malade devient incohérent et violent, sans que l'on puisse toutefois constater chez lui ni hallucinations, ni illusions ; pendant un certain temps il a été gâteux. En même temps, on voit apparaître des signes d'anémie et de

cachexie avancées ; teinte jaune sale de la peau, œdème très marqué des extrémités inférieures, troubles cardiaques, altération des globules sanguins, etc. Cet état physique et mental dont le début remonte à environ six mois, n'a pas cessé de s'aggraver d'une façon progressive.*Le traitement par l'arsenic ayant complètement échoué, le sulfate de quinine est administré à la dose de 1 gramme environ par vingt-quatre heures, et en deux jours on obtient une amélioration appréciable. Au bout de cinquante jours de traitement quinique et martial, le malade est presque guéri ; on suspend la quinine, et on maintient le fer (on avait graduellement abaissé la dose de quinine) ; un mois après, quelques symptômes palustres ayant reparu, on a de nouveau recours au sulfate de quinine, et six semaines après, le malade sort parfaitement guéri, tant au point de vue physique qu'au point de vue mental. R. de M.-C.

VIII. De l'influence des maladies aiguës sur la genèse des maladies mentales ; par Emile Krœpelin. {Arch. f. Psych. u. Nervenk., t. XI, 2 et 3) 1 .

B. Rhumatisme articulaire aigu, — L'appréciation générale des diverses opinions classiques dont l'auteur fait précéder ce chapitre nous ramène, à peu de chose près, aux généralités qui inaugurent le mémoire. M. Krœpelin se rattache pour certains cas à l'influence de la prédisposition individuelle ; pour d'autres, à l'action de l'hyperthermie (directe ou chimique). Les théories de la métastase, de la propagation inflammatoire, de la dyscrasie hématochimique, doivent à son sens céder le pas à l'étude des ferments infectieux. Le rôle psychopathique des complications disparaît devant l'anémie, conséquence de la dystrophie rhumatismale. Les variations énormes de la fréquence des psychoses en question, selon les diverses statistiques (0,07 à 12, 3 p. 100), seraient favorables à l'interprétation spécifique de leur nature (transformation du génie morbide). Un relevé de cent quatre-vingt-dix faits a fourni à M. K... : Sexe : M., 61, 3 p. 100 ; F., 38, 7 p. 100 ; — âge : moins de trente ans, 68 p. 100; — prédisposition, constitution nerveuse, anémie, puerpéralitè, 31,5 p. 100; — influences eausales quelconques, 72 p. 100.

1 Voir Archives de Neurologie, t. II, p. 263.

REVUE DE PATHOLOGIE MENTAtE.

Aux termes des indications, ni l'alcoolisme, ni l'intensité du rhumatisme, ni l'hérédité ne mériteraient les anathèmes lancés contre eux, tandis que l'importance des complications cardiaques serait représentée par la proportion de 57,3 p. 100.

La classification repose également, ici, sur la phase de la maladie à laquelle les vésanies se montrent.

I. Celles de l'acmé fébrile, les plus fréquentes, contribuent aussi pour la plus forte part à la mortalité d'ensemble causée par les complications mentales du rhumatisme (69 à 70 p. 100). Atteignant surtout les hommes (55 hommes sur 95 cas), elles sont anatomiquement constituées par l'hypérémie des centres, ou la méningite. Celle-ci est, soit purulente (18 observations de ce genre), et dérive alors de foyers pyémiques abarticulaires, soit embolique d'origine cardiaque, soit vasculofibrineuse, et mérite alors le nom de méningite rhumatismale vraie (10 observations à l'appui). Il n'y aurait d'ailleurs aucun signe clinique différentiel entre ces formes nécroscopiques, l'ophthalmoscope lui-même étant impuissant à déceler autre chose qu'une congestion papillaire variable (Schreiber), même en ce qui concerne la méningite rhumatismale proprement dite. Une agitation violente durant quelques heures pour faire place au collapsus, tel en est le tableau habituel à la deuxième semaine du rhumatisme, en l'absence de complications cardiaques. Voici, au surplus, lp résumé synoptique des distinctions d'ordres divers établies par M. Krœpelin dans cette catégorie.

Définition, Division. Symptomatotogie. Pathogénie. Evolution. Traitement.

Comprend tous les cas dans lesquels s'établit du délire sous l'influence d'une hyper thermie rapide \ prodigieuse.

Vingt - deux faits de la bibliographie | anglaise représentant l'apoplexie rhumatismale des vieux auteurs — le rhumatisme ataiique, nerveux, typhoïde.

Prodromes. Léger délire, agitation nocturne. Loquacité.

Puis, dans la"2 # semaine, brusquement 41% 42°, 43°. 44», et mort dans un délire suraigu ou dans le coma, carus.

Age. — Moins de trente ans, 77 p. 100.

Sexe. — Féminin, 59 p. 100.

Toxhémie par La guérison n'a hyperpyréxie,té- lieu qu'en 18 p.

moin la remis- 100, à la conçu sion de l'arthrite tion qu'il n'y ait dans 36 p. tOO. point de complication.

Bains froids stimulants en ca< de collapsus.

Définition. Division. Symptomatologie. Pathogénie, Evolution.

Embrassent les formes délirantes des anciens auteurs et quelques types de formes apoplectiques et méningitiques.

Quarante observations relatives aux I types eraves des 2 e , 3 ; , 4« degrés.

Moins aigus ; ils appartiennent à la l r0 semaine ou au début de la 2*.

Agitation maniaque intense, accompagnée de convulsions et névralgies, suivie très vite de collapsus (congestion papi Maire ou rétinite de Bouchut.)

Rarement mélancolie , hypoebondrie accompagnée d'angoisse et d'hallucinations ou stupidité, démence alternant avec do délire nocturne.

Chez les jeunes hommes surtout.

Congestion cérébrale, témoins le fond de l'œil et les épistaxis de bon effet.

Les cas graves témoigneraient aussi delà toxhé-

■ Ici également rémission del'arthrite dans 32 p. 100 des cas.

Généralement après deux à six jours de durée.

Mort (52,5 p.

Traitement.

A nti thermique et de plus saignées locales , opium.

A la période de collapsus, alcool, bains tièdes.

II. Le second groupe de complexus psychiques, intermédiaires, survient alors que l'organisme surmené parThyperthermie est à la fois en proie à des complications (endo-péricardites, affections cardio-pulmonaires). Emanant de Vhyposthénie du système nerveux, ils durent tant que l'équilibre physiologique n'est pas réalisé. Ceux-ci (13 cas), constitués par une grande agitation accompagnée d'hallucinations, d'angoisse, entraînent, au bout de deux ou trois semaines généralement, la mort dans le coma (complications séreuses) ; on y rencontre la série des lésions déjà énumérées. Ceux-là (17 faits), concernant des individus prédisposés (anémie, alcoolisme, hérédité), se prolongent le plus souvent quelques mois ; leur forme est celle, tantôt de la mélancolie anxieuse (suicide, chorée, etc.), mortelle ou conduisant à la démence au moment où la fièvre tombe, — tantôt de la démence agitée à caractère mélancolique (chorée, sitophobie, hallucinations diverses) chez les jeunes sujets (évolution favorable). L'anémie cérébrale en est le substratum anatomique. Calmer la fièvre, relever l'économie et le système nerveux affaiblis, traiter les types morbides conformément aux principes de la psychiatrie ; voilà les indications à remplir.

III. Les psychoses de la convalescence proprement dites, ou asthéniques, prolongées, constituant la folie rhumatismale de Mesnet (1856), ont pour seul facteur l'hypotrophie déterminée

par le rhumatisme. Leur développement est évidemment favorisé par toutes les causes d'adynamie (excès, etc.) que Ton observe chez 30 p. 100 des malades, y compris les complications cardiaques graves (11 p. 100). Age toujours le même, sexe indifférent. Durant les unes moins, les autres plus de quatre semaines , ce sont elles qui représentent l'aliénation vraie. Leur symptomatologie polymorphe permet toutefois la systématisation suivante :

Pbesibbb SBB1B.

Formes qui débutent par de la mélancolie ou de la manie, avec agitation vraie.

Le plus grand nombre : trentesept faits.

DlUXIBNBBBBIB.

Malades présentant d'abord de ia mélancolie tranquille, avec ou sans idées monomaniaques (systématisation).

!• Soit légères et ressemblant alors aux délires fébriles, sauf l'hypertbermio.

2° Soit graves, caractérisant la forme de mé- 1 lancolie anxieuse.

3* Un tiers des cas :

au moment de l'abaissement de la fièvre, forme de démence aiguë des . auteurs.

Délire survenant surtout le soir \ et la nuit (agitation violente et démence exaltée), parfois accompagné d'idées mono-maniaques, d'exaltation passagère et d'hallucinations.

Explosion brusque par une agitation suraiguë (parfois cependant quelques légers troubles \ précurseurs) dans laquelle on / distingue des idées de persécu- [ tion. aiec quelque démence; vio- 1 lences, suicide, sitophobie.

Agitation maniaque alternant i avec de la mélancolie agitée,

tandis qu'hallucinations îuces- ) santés de la vue, de l'ouïe ; puis

calme, ou stupeur anergitique.

Généralement prodromes : excitabilité, irritabilité, rêves pénibles ; idées fantastiques. Graduellement, sous l'influence d'hallucinations di- | verses, délire mélancolique basé sur des idées systématiques enracinées, suivi généralement de stupidité à caractère de démence aiguë ; parfois d'emblée stupidité, mutisme monosyllabique : émaciation, apathie.

Iï

If

M. Krœpelin termine ce chapitre en combattant la suppléance métastatique. Il pense que la rémission articulaire, toute apparente, n'indique pas la disparition du rhumatisme, puisque persistent l'acmé fébrile et l'état général ; si le malade ne sent plus de douleur, c'est à raison de son état mental, celle-ci reparaissant dès que se calme le délire. Les cas où réellement la température et l'état général rétrocèdent, prouveraient que l'affection mentale résulte, non du rhumatisme alors disparu, mais de ses conséquences ; le retour des douleurs articulaires démontre simplement qu'il s'est produit une rechute qui, en ramenant le syndrome pyrétique, ranime le cerveau anémié et fait cesser la psychose. Cette alternance physiologique aurait en sa faveur l'observation que les psychoses sont

en rapport avec les récidives du rhumatisme. Quant aux manifestations choréiformes, elles ne seraient pas spéciales aux psychoses, d'autant qu'il est fréquent de voir les deux syndromes évoluer différemment.

C. Pneumonie. — La collation des statistiques des auteurs prouve la fréquence des psychoses dans cette maladie. Les cent cinquante cas réunis par M. K... ont trait à 83,8 p. 100 du sexe masculin ; 52,6 d'un âge inférieur à trente ans. Le mésusage de l'alcool y joue un grand rôle. Marche très prompte. Pronostic relativement favorable.

I. Cent sept cas appartiennent à la période fébrile. L'alcoolisme étant établi comme terrain primigène, c'est à l'hyperthermie, qui dans 60 p. 100 dépasse 4<»°, qu'il faut en attribuer le développement. C'est pour cette raison qu'on y note alors si fréquemment des pneumonies du sommet et que l'évolution, suivant la matche de la température, ne dépasse pas quelques jours. La mort ne se montre que dans 29 p. 100. La symptomatologie comporte deux catégories de types. Les premiers, en majorité, ne dépassent pas l'ascension pyrétique : ils se montrent du quatrième au sixième jour de la pneumonie avec l'élévation thermométrique dé plus de 40°, par une agitation nocturne dégénérant bientôt en un délire confus, calme, entrecoupé parfois d'accès de manie ; les accidents marchent parallèlement avec les ascensions et descentes, vespérales et matinales, du thermomètre, la continuité échéante de l'hyperthermie supprimant les rémissions psychiques. Mortalité 35,4 p. 100, concernant principalement des buveurs : congestion méningocorticale. Le diagnostic repose sur la recherche des signes de la pneumonie, l'examen thermométrique ; la différenciation d'avec le délirium tremens n'est possible que pour les formes accentuées, la parenté étant si intime, que celui-ci leur succède souvent immédiatement. La seconde série d'observations (28) concerne les accidents psychiques qui se prolongent jusqu'à la convalescence; l'hérédité et l'excitabilité nerveuse interviennent déjà dansl'étiologie. Ce sont, ou bien les formes du premier groupe, mais aux derniers jours delà pneumonie, lors de la chute de la fièvre : 38° à 39°, engendrés momentanément par la faiblesse du cœur (hypérémie stasique des centres nerveux); ou bien du délire avec agitation, soit mélancolique (angoisses, persécutions, violences), soit euphorique (mégalomanie exaltée, expansion

joyeuse exultante), soit circulaire, produit et entretenu par des hallucinations visuelles auditives, tactiles, qui, apparu au quatrième ou cinquième jour de l'affection pulmonaire, se prolonge des semaines, des mois après la maladie. Toutes bénignes, ces psychopathies exigent la thérapeutique précédemment nommée et la proscription absolue des actions antiphlogistiques exagérées.

II. L'épuisement nerveux qui résulte de l'hyperthermie pneumonique entraine, comme à la suite de toute autre pyrexie, des accidents cérébraux de nature asthénique au moment de la convalescence chez des sujets prédisposés par l'hérédité (60 p. 100), l'anémie, l'irritabilité du système nerveux. Aussi les voit-on sévir au delà de trente ans, revêtant, quelque masque clinique qu'ils assument, et ils les adoptent tous, une extrême acuité, en même temps qu'apparaissent les signes de l'épuisement somatique : T. 37° ou 36°,2 ; P. 60. Durée : généralement moins de huit jours ; guérison rapide, grâce au rétablissement de l'équilibre circulatoire par les reconstituants.

Pleurésie. — Bien moins aiguë que la pneumonie, cette maladie, qui d'ailleurs l'accompagne souvent, donne lieu bien plus rarement à des troubles psychiques. M. Krœpelin n'a pu en relever que huit cas dans lesquels l'hérédité exerçait une influence indéniable. Ceux de la période fébrile, d'une durée de quatre, douze jours à deux mois, seraient rattachables à la fièvre ; légers ou graves selon le processus anatomique (hypérémie ou inflammation cérébroméningée), ils se présentent sous la forme de la mélancolie anxieuse. Tel est aussi l'aspect clinique de ceux de la convalescence en rapport avec l'anémie ; durée longue (un an et davantage), généralement guérison.

Coqueluche, — Il s'agit de trois observations de Ferber concernant deux filles et un garçon en proie à la mauvaise humeur, à la crainte, à la sitophobie. Mort d'une des filles. Le garçon, entaché d'hérédité, guérit au bout de quelques semaines. La pathogénie échappe complètement.

D. Exanthèmes aigus et érysipèle. — 1° Variole. Quelle que soit la part réelle ou idéale prise par l'état fébrile, la congestion encéphalique, l'infection du ferment morbide agissant ou non par décomposition de l'albumine dans les pustules (Emminghaus), à la genèse des phénomènes nerveux, c'est encore à la distinction clinique qu'il convient d'avoir recours alors que les

modalités du délire dépendent de la diversité des stades de F exanthème fébrile, et peuvent toutes être rattachées à l'existence de l'hyperthermie (stade initial et période de suppuration) ou de l'asthénie (phase d'éruption et période terminale). De là le maintien des deux catégories préalablement établies. — Les psychoses fébriles, relevant surtout de l'hyperthermie, se montrent principalement pendant le stade initial c'est-à-dire du troisième au cinquième jour de la maladie; leur évolution dépend de la variabilité de l'ascension thermique : c'est ce qui explique que dans plus de la moitié des cas elles se prolongent sans interruption jusque pendant la suppuration ou même pendant la convalescence mais aussi en diminuant de violence. Elles sont constituées par de la mélancolie avec agitation, excitation psychique, confusion et précipitation dans les idées. Durant en moyenne moins d'une semaine, rarement plus d'une année (hérédité, influences individuelles) elles admettent un pronostic très favorable et la guérison. Le diagnostic ne peut avoir à s'exercer que lorsque le délire précède l'invasion variolique ; le thermomètre et la constitution épidémique jugent du cas avant qu'il ne soit bien caractérisé. La vaccination, les antipyrétiques locaux et les calmants , tel sera le traitement. Les psychoses asthéniques se développent : les unes, avec la chute de la T. entre la période d'éruption et la fièvre de suppuration; les autres pendant la desquamation. Les premières, caractérisées par un délire hallucinatoire (ouïe et vue) calme, à part les crises occasionnées par la nature désagréable de l'hallucination, seraient en rapport avec la théorie toxhémique d'Emminghaus ; M. Krœpelin fait remarquer à ce propos qu'il serait plus logique d'admettre une action zymotique se produisant, dès les premiers jours, directement sur le système nerveux central. D'où cette conclusion d'avoir à réserver pareille pathogénie pour les délires du début, et d'admettre plutôt dans l'espèce un épuisement aigu du système nerveux succédant à l'oscillation thermique considérable, ainsi qu'à la déperdition séreuse centrale (pustulation périphérique). En effet, fréquentes dans les varioles graves, confluentes, ces psychoses se montrent du quatrième au cinquième jour plus ou moins tôt selon que la T. s'abaisse plus ou moins vite, ne durent pas plus de trois jours, excepté quand elles fusionnent avec les accidents cérébraux de la suppuration (25 p. 100 des faits sur vingt observations) et sont mortelles dans le quart des cas. Les deux autop-

.sies relevées ne jettent aucune lumière sur la nature des lésions encéphaliques. L'hypothermie indique et le genre de la vésanie et le traitement' à mettre en œuvre : fortifiants, opiacés. Les psychoses asthéniques de la desquamation se rapprochent bien plus de l'aliénation mentale vraie ; elles en ont la lenteur graduelle d'évolution, et la profondeur d'implantation. Répondant à l'entité mélancolie anxieuse greffée sur des idées délirantes dépressives avec hallucinations, accès d'agitation, tentatives de suicide et sitophobie, elles commencent au début de la troisième semaine par de l'insomnie ou une crise de manie, après la fièvre de suppuration, pour se prolonger de un mois à un an. Sur huit observations, cinq malades ont guéri ; trois, au bout de trois semaines à sept mois, sont simplement améliorés. Toniques ; fortifiants, nutritifs. Elles appartiennent assez souvent à une variole très grave ayant déjà fourni un délire fébrile.

2° Scarlatine. Cette fièvre éruptive serait la cause essentielle et non pas l'occasion des troubles nerveux, puisque 44 p. 100 des patients avaient une scarlatine grave à hyperthermie excessive. Elle agirait ainsi particulièrement sur les adultes, car 42 p. 100 des individus observés avaient dépassé l'âge de vingt-cinq ans. Les psychoses fébriles y revêtent deux formes, celle du collapsus succédant à une agitation initiale de courte durée ou de la lypémamie avec excitation et obnubilation psychique, hallucinations désagréables (angoisse, agitation, violences). L'exagération de l'ascension thermique et sa promptitude (il°,4) et la malignité de l'intoxication (cas foudroyants de collapsus), voire la complication albuminuro-urémique (ici pas d'hallucination, guérison) en sont les facteurs. Début du quatrième au cinquième jour. Evolution en peu de jours. Deux morts seulement sur seize cas : autopsie négative (infection). Le diagnostic facile de l'urémie comporte le traitement que l'on sait; sinon thérapeutique antiphlogistique et symptomatique. Les vésanies de la convalescence groupées par Thomas sous le nom de délire nei % veux, résultat de l'épuisement, concernent également un délire lypémaniaque confus à idées changeantes, rarement exaltées, accompagné d'hallucinations. Il apparaît du neuvième au onzième jour pendant la desquamation : durée ordinaire , une semaine. Pronostic absolument favorable.

3° Rougeole. Très rares, les troubles psychiques s'y montrent pendant lejeune âge (faible résistancedu système nerveux).

REVUE DE PATHOLOGIE MÉNtAtfi. 113

Ceux qui accompagnent la fièvre se bornent, au moment de l'acmé thermique, à de l'agitation, de l'insomnie, un léger délire. Quand l'hyperthermie reste médiocre, c'est que l'infection agit seule. Les accidents prononcés devraient toujours êlre rattachés à une atteinte cérébro-méningée . Marche courte; pronostic favorable. Quatre cas concernent l'asthénie , ayant tous guéri ; ils ont trait à un délire furieux avec hallucinations de la vue et de l'ouïe chez une fillette de treize ans ; — à de l'agitation avec mélancolie confuse chez une petite fille de huit ans ; — à de la manie confuse avec violences et sitophobie chez le frère de cette malade âgé de six ans (folie à deux); — enfin à un délire hallucinatoire chez un homme de vingt-sept ans.

4° Erysipèle. Il ne donne lieu à des manifestations psychiques que lorsqu'il occupe ou envahit la tête et se transporte sur l'aponévrose épicrànienne. C'est bien la localisation céphalique (troubles de circulation) et l'hyperthermie, jointe à l'action zymotique en certaines épidémies, qui engendrent un délire furieux, une agitation extrêmement violente, pendant la fièvre ainsi qu'en font foi deux autopsies : taches rosées dans Técorce du cerveau et obstructions emboliques des sinus. Dans les cas favorables, les accidents cessent avec l'état fébrile, à moins qu'une prédisposition ne les prolonge, transformés, jusque pendant la convalescence. La même cause, du reste, paraît donner la raison du délire asthénique qui peut se montrer à cette seule période. En cette double occurrence, on a affaire à une exaltation mentale caractérisée par de la mégalomanie, de la loquacité incohérente, de l'insomnie, des hallucinations de la vue et de l'ouïe gaies, rarement à de la mélancolie anxieuse ou stupide. M. Krœpelin signale, chez une jeune fille de vingt-deux ans, une espèce de démence à forme d'imbécillité succédant pendant la convalescence à un délire gai de la période fébrile. Durée habituelle : une semaine. Guérison.

E. Fièvre typhoïde. — C'est la maladie aiguë par excellence du délire et des troubles psychiques. La division comporte les manifestations du stade prodromique et des premiers jours rassemblées sous le nom de délires initiaux : comme ils se montrent avant l'hyperthermie et les anomalies de circulation, ils doivent être rattachés uniquement à la toxhémie typhique (dyscrasie hématique), ainsi qu'à l'action directe du poison sur le tissu nerveux. Ils affectent d'une manière générale la

forme de la mélancolie active : ressemblant à certains types de fièvre intermittente larvée ou au début d'une psychose ordinaire, ils précèdent d'un peu ou de quelques jours l'évolution thermique classique, pour persister ordinairement jusqu'à la convalescence. Sous le nom de psychoses fébriles, il conviendrait de rassembler d'abord les délires de lapremière semaine, plus ou moins semblables aux délires initiaux (formes de passage); puis ceux de la période d'état de l'affection : c'est alors qu'interviennent progressivementles éléments pathogénétiques: fièvre, hyperthermie, troubles circulatoires, dégénérescences parenchymateuses, consomption du tissu nerveux, complications agissant immédiatement ou médiatement sur le cerveau. A ces psychopathies doit être réservée, toutes choses égales d'ailleurs, la dénomination de manie ; mais c'est une manie polymorphe, protéique, combinée à des phénomènes d'excitation et de dépression. On en rapprocherait la forme méningitique (excitation cérébrale) de Liebermeister, survenant brusquement au cours de la deuxième semaine, en même temps que la température baisse, accident d'ailleurs passager. L'évolution de toutes ces modalités cliniques ne dépasse pas d'habitude quelques heures à un mois. Un quart des observations démontre leur prolongation au delà de la convalescence pendant des mois, voire des années. Le pronostic des psychoses fébriles est bien plus favorable que celui des délires initiaux. La mortalité de ceux-ci étant de 62, 5 p. 100 (infection intense), celle des délires delà première sema' ne n'atteint que 41 p. 100, tandis qu'il ne meurt que 21,8 p. 100 malades en proie aux accidents psychiques de la période d'état. Les symptômes défavorables sont : les convulsions et le trismus qui indiquent toujours l'intensité des processus cérébraux. Les autopsies pratiquées décèlent de l'hypérémie méningo-cérébrale, de la méningite de la base et de la pachyméningite ; ce sont la courbe thermique et les manifestations somatiques qui décideront du diagnostic. Les antithermiques, l'hydrothérapie et les sédatifs habituels seront également mis en œuvre. Aux psychoses de la convalescence ou asthéniques appartiennent et les psychoses des stades terminaux prolongées, et celles qui apparaissent sous l'influence de l'épuisement général, et de la dénutrition de l'économie. L'asthénie survenant chez des individus prédisposés exagère leurs côtés faibles et produit des troubles profonds, voire irréparables dans la uutrition du système nerveux central. Aussi,

malgré les 71,8 p. 100 de guérisons de cette sorte de perturbations, la marche est-elle plus longue que pour aucune des vésanies antérieures : elle va de un mois à un an et même davantage en 38 p. 100 des faits. Les entités cliniques observées se ramènent aux quatre rubriques synthétique suivantes : 1° idées délirantes isolées ou hallucinatoires; — 2° agitations plus ou moins aiguës; — 3° mélancolie calme, parfois stupide accompagnée d'idées délirantes ; — 4° faiblesse mentale. Les indications ressortissant à la communauté de la cause se résument à relever les forces, stimuler l'énergie cardiaque ; l'amélioration mentale une fois obtenue, on peut essayer de la gymnastique psychique (Maresch). Quant aux vésanies qui se manifestent longtemps après l'épuisement du poison typhique, il en est d'elles comme de toute psychose née sur un terrain prédisposé ; la fièvre typhoïde a simplement préparé le système nerveux, elle n'est plus en cause. — Les maladies voisines de la fièvre typhoïde donnent bien plus rarement lieu qu'elle aux psychopathies. M. Krœpelin en a réuni six exemples relatifs à la fièvre récurrente, dont cinq appartenant à la période fébrile (manie furieuse) et un au stade apyrétique de la seconde reprise (mégalomanie avec agitation); terminaison favorable.il renvoie à Panthel, Delasiauve, Holthoff (Correspondenzblatt de Erlenmeyer, XVIII, 8, 1872) pour les cas semblables concernant le catarrhe gastrique et intestinal aigu.

F. Choléra asiatique. — La diffusion et la brièveté des documents bibliographiques sur cette question expliquent le peu de connaissances acquises. Les recherches de M. Krœpelin lui ont appris l'absence de psychoses pendant le stade prodromique, leur rareté excessive malgré les troubles circulatoires (stases veineuses) émanant de la déperdition aqueuse rapide delapériode algide. L'excitabilité et l'insomnie, souvent même la violente agitation que l'on observe pendant la phase de réaction, seraient imputables aux congestions en retour (brusque reprise de la tension normale), bien plus qu'à l'influence du ferment cholérique. — C'est le choléra typhoïde qui brille par la fréquence et l'accentuation des perturbations mentales : quelques jours après l'évolution des premières manifestations somatiques se développe soudain un délire aigu avec agitation violente, loquacité, insomnie (observ. personnelles), ouunétatsoporeux, comateux (observ. des auteurs). L'ignorance où l'on est de la nature et des causes de cette forme clinique explique

l'impossibilité d'éclairer la pathogénie de ces psychoses, d'origine fébrile, congestive ou peut-être urémique. — La convalescence ou plutôt les oscillations considérables subies par la constitution des humeurs chargées de la nutrition, en un mot la dystrophie cholérique sont responsables des trois types: agitation maniaque aiguë — mélancolie avec idées délirantes et hallucinations — stupeur. Durée moyenne, un mois. Guérison. Hydrothérapie, et, contre les accès épileptiformes, électricité (van Holsbek).

L'impossibilité de réunir des matériaux sérieux, touchant la genèse des psychoses par d'autres maladies aiguës, dut forcer l'auteur à borner làses monographies.il signale la diphthérite (Lombroso), la métrite et l'oophorite aiguë (Becquet), la péritonite (Krafft-Ebing), la dysenterie (Moussaud), l'angine phlegmoneuse (Thore, Weber, Ghéron), la glossite suppurée(Acten der Mùnchener Kreisirrenanstall), la néphrite w aiguë, l'ictère grave, la pyémie, la puerpéralité et la lactation ! . P. K.

SOCIÉTÉ MÉDICO-PSYCOLOGIQUE

Séance du 27 mars 1882. — Présidence de M. Dally.

M. Motet, qui a entre les mains un projet de loi sur les aliénés présenté au parlement italien, en développe devant la Société les principales dispositions.

M. Billod. A mon dernier voyage à Rome, M. Depretis m'a mis au courant de ce projet, et m'a fait l'honneur de me demander mon avis sur certains points incomplets.

1 Voir Archives de Neurologie, t. I, p. 604.

M. Voisin. A l'occasion du malade de M. Bail présenté à notre dernière réunion comme atteint d'hallucination unilatérale consécutive à une lésion de l'oreille, je tiens à faire remarquer que ces faits ne sont pas nouveaux. J'ai déjà publié en 4868 des observations analogues.

Prix Belhomme. — M. Legrand du Saulle annonce à la Société qu'il vient de recevoir de la famille Belhomme un titre de rente de trois cents francs destiné à récompenser le meilleur travail présenté à un concours dont les conditions seront réglées ultérieurement.

Auscultation des parois du crâne. — M. P. Marais (de Tours) lit une note sur un mémoire du docteur Roberto-Adriani, médecin directeur du Manicôme de Pérouse. Ce médecin italien, se basant sur ce fait qu'en appliquant la main sur la tête d'une personne qui parle on perçoit une vibration, a recherché si certaines maladies cérébrales ne pourraient pas modifier la transmission des paroles du sujet à l'oreille de l'observateur.

De la responsabilité des faibles d'esprit. — M. Motet fait une savante communication sur les débiles héréditaires, sur ces êtres aux apparences brillantes, facilement accueillis dans le monde qui se laisse séduire par des dehors trompeurs. Quelques aptitudes, une vaniteuse confiance en soi, suffisent bien souvent à masquer leur insuflisance la plus complète.

Mais comme ces individus subissent des entraînements les plus irréfléchis, si le hasard les a servis, ils peuvent avoir dans leur passé des actions d'éclat qui leur donnent une réputation de courage, voire même d'héroïsme, que l'on serait malvenu à contester. Etsi l'on puisait plus avant dans leur vie, on y trouverait les plus singulières défaillances, l'instabilité dans l'esprit, le décousu dans les actes, des lacunes profondes qui pour nous sont significatives. A l'appui de sa thèse, M. Motet apporte plusieurs observations qu'il a recueillies avec M. Blanche. 11 suffit d'en citer une.

X... appartient à une famille dans laquelle on compte plusieurs cas d'aliénation mentale et d'affections nerveuses. Son père a succombé à une maladie pendant laquelle il a eu la raison profondément troublée ; un de ses proches parents est mort à la maison de Charenton ; son grand-père, sa grand 'm ère et une grand'tante, ainsi qu'une cousine du côté de son père étaient connus par leur originalité et leurs excentricités et présentaient des désordres du système nerveux.

Dès sa première enfance, on remarqua chez X... des signes non équivoques de ces mauvaises prédispositions héréditaires, et malgré les soins affectueux dontil a toujours été l'objet, on n'a pas réussi à détruire chez lui les effets du vice congénital. A peine âgé de quelques mois, il avait déjà des colères inquiétantes parleur fréquence,

leur longueur et leur intensité ; il était dans un état constant de surexcitation qui altérait sa santé générale, et on ne l'éleva que grâce à des soins exceptionnels. Il était si délicat et si nerveux qu'on le garda longtemps dans la maison paternelle et qu'on ne le mit que très tard au collège.

D'une pétulance et d'une turbulence excessives, d'une intelligence peu ouverte, incapable d'attention et d'application, il était rebelle au travail et ne montrait d'aptitude que pour les exercices corporels. Lorsque la guerre éclata, il avait seize ans et demi ; il était fort avancé dans ses classes. Sans écouter aucun conseil, il s'engagea ; enfermé dans Paris pendant le siège, il se conduisit bravement. La guerre terminée, il rentra au collège, reprit ses études, et parvint très difficilement à se faire recevoir bachelier.

Depuis il a été successivement auxiliaire au ministère des finances, attaché à la trésorerie d'Afrique, et enfin commis d'administration centrale. Sa conduite dans ces divers emplois semble avoir été plutôt régulière; mais dans sa vie privée, il a toujours témoigné d'une grande inconstance dans ses idées et d'un défaut d'équilibre dans ses facultés.

Ainsi, nous l'avons déjà dit, X... n'est pas intelligent; si l'on ne peut le considérer comme un faible d'esprit, c'est au moins une tête extrêmement légère ; une idée lui traverse le cerveau, si étrange qu'elle soit, il l'accepte sans réflexion, sans jugement ; ses désirs sont tout aussi impérieux ; il ne peut leur opposer aucune résistance, et ce n'est qu'après les avoir satisfaits qu'il en reconnaît les dangers, alors qu'il n'y a plus qu'à en regretter les conséquences. Au collège, il n'a jamais pu se mettre à la discipline, et ni les remontrances, ni les punitions, n'avaient d'effet sur son caractère impétueux et désordonné. Dans sa famille, il a toujours été un sujet de préoccupations et de soucis ; la sollicitude la plus éveillée était impuissante contre ce qu'on appelait ses coups de tête . Jamais avec lui une heure de tranquillité et de confiance ; alors qu'il semblait être le plus calme, il partait, disparaissait, et, lorsqu'au retour on l'interrogeait, il répondait simplement qu'il ne pouvait s'expliquer à lui-même ce qu'il avait fait, qu'il avait cédé à un entraînement irrésistible: au milieu de la conversation la plus paisible, ses yeux devenaient hagards, ses paroles incohérentes, et il perdait toute conscience de lui-même. Souvent, pour les motifs les plus futiles, il avait des colères terribles, proférant des menaces, brisant tout ce qui lui tombait sous la main. En même temps, et bien qu'il n'ait jamais eu devant les yeux que les meilleurs exemples, et que son éducation ait été fondée sur les préceptes de la moralité la plus scrupuleuse, X... donnait des preuves d'une absence complète de sens moral, froissait sans s'en douter les sentiments les plus respectables, ne craignant pas, par exemple, de demander à ses parents des meubles pour une femme avec laquelle il vivait, s'éton-

nant que cette demande ne fût pas accueillie, et ne pouvant comprendre qu'on en fût froissé.

Ainsi qu'il arrive souvent, on espéra que le mariage serait un remèle à ce désordre d'esprit et de conduite, que l'affection d'une femme dévouée, les devoirs d'abord d'époux, puis de père, contiendraient cette effervescence et auraient un effet salutaire.

Cet espoir fut déçu. Depuis qu'il est marié, il n'est pas devenu plus raisonnable ; il continue d'être sujet aux mêmes emportements ; le prétexte le plus insignifiant provoque chez lui des colères folles, il crie, il brise, il menace de se tuer, de se jeter par la fenêtre. Les facultés affectives ne sont ni modifiées, ni améliorées ; il semble toujours aussi étranger aux sentiments les plus naturels et les plus respectables ; il n'a d'autre loi que ses goûts et ses désirs ; le mal aussitôt accompli, il le déplore, il en exprime un grand repentir, non à la façon d'un homme qui mesure la gravité de sa conduite , cette notion ne peut pénétrer dans son esprit, mais comme un enfant qui a été pris en faute. S'il a sur le moment même l'intention sincère de ne pas en commettre de nouvelles, ce bon mouvement ne dure pas et le souvenir en est probablement effacé. Il ne peut en être autrement, parce que X..., quoique arrivé à l'âge adulte, est encore un enfant, intellectuellement et moralement : il obéit à ses instincts, sans que sa débile raison puisse les contrôler et les réprimer; ses facultés effectives et morales sont oblitérées, il a déjà fait des actions qui eussent pu avoir pour lui de sérieuses conséquences; il est légitime de craindre qu'il n'en fasse de plus graves encore; mais on ne saurait lui en attribuer la responsabilité.

Un jour X... est arrêté au jardin d'acclimatation au moment où il sortait emportant des oiseaux d'espèce rare qu'il avait tués, comptant les manger avec sa maîtresse, et pendant l'instruction de son affaire qui avait entraîné un rapport médico-légal de M. Blanche, il se faisait arrêter de nouveau pour un outrage public à la pudeur commis un soir sous les arcades de la rue de Rivoli.

Chez ce malade l'influence de l'hérédité s'accuse de la manière la plus évidente, et il n'est pas besoin de faire ressortir l'inconséquence de la conduite d'un homme qui, sous le coup de poursuites judiciaires pour vol, au lendemain d'une intervention médicale, au milieu des angoisses de sa famille, se laisse surprendre en flagrant délit d'outrage public à la pudeur dans l'un des lieux les plus fréquentés de Paris.

M. Motet termine sa communication en faisant remarquer que ces faits, d'une appréciation souvent si délicate, si difficile, ne sauraient être jugés sans la connaissance exacte de tout le passé. Il n'est pas permis de présenter à leur sujet une formule générale, avec la prétention qu'elle pourra s'appliquer à tous les cas. Il faut étudier chaque fait isolément, et, si cela est vrai dans toutes les expertises médico-légales relatives à la folie, cela est vrai surtout

dans l'examen des débilités mentales, où chaque individu, tout en appartenant à un type classique, n'en a pas moins son caractère propre. Et comme il s'agit là de degrés, quelquefois même de nuances, c'est en s'entourant des renseignements les plus complets, en procédant avec la plus prudente réserve, que le médecin donnera la solution d'un problème grave intéressant à la fois l'individu dont la liberté peut être compromise, la société qui a le droit de se défendre.

Le divorce pour cause d'aliénation mentale. — M. Ball fait observer que le divorce, cette question palpitante d'actualité qui passionne l'opinion publique, s'impose d'elle-même à la discussion de la Société médico-psychologique, et doit être inscrite d'urgence à l'une des séances. Deux éminents aliénistes * ont été invités par la commission parlementaire à donner leur avis sur la curabilité de la folie et l'opportunité d'inscrire dans la nouvelle loi, l'aliénation mentale parmi les causes de divorce. La réponse faite par nos savants confrères, qui semblent vouloir repousser l'aliénation mentale comme cause de divorce parce que, paraît-il, ils ont vu guérir certaines maladies chroniques sur la guérison desquelles on ne comptait guère, ne laisse pas que de me surprendre un peu. Je me sens poussé à leur demander s'ils sont eux-mêmes, en principe, partisans déclarés du projet de loi qui va venir en discussion. Car s'ils le repoussent d'une manière générale, je n'ai rien à ajouter; mais si, au contraire, ils l'acceptent, je crains qu'ils ne se soient trop laissé guider par des questions de sentiment. Il ne faut pas, en

1 MM. Charcot, Magnan et Blanche ont en effet été appelés à donner à la commission parlementaire du divorce leur avis sur différentes questions laissées à leur appréciation.

Nous croyons savoir que les questions principales qui leur ont été posées peuvent se résumer à peu près ainsi : Quelles sont les formes mentales dont vous pouvez affirmer la constante incurabilité ?

La paralysie générale, qui par sa fréquence se présentait en première ligne à l'esprit, a été écartée parce que le conjoint atteint de cette affection confirmée, serait mort dans la plupart de cas avant la fin des démarches que nécessiterait la demande de divorce introduite par l'autre conjoint.

Le délire chronique a été également repoussé par la commission, à cause de certains cas assez nombreux de guérisbns inespérées observées par M. Magnan dans ces temps derniers.

L'épilepsie n'a pas non plus été acceptée comme cause de divorce, parce que les futurs conjoints peuvent s'éclairer sur leur santé réciproque avant le mariage, et, aussi parce que le nombre des épileptiques déjà mariés est fort considérable.

Si la commission s'est montrée sévère, c'est surtout pour ne pas surcharger la nouvelle loi et diminuer ainsi les chances de la voir aboutir.

effet, perdre de vue l'intérêt de la société en général, lequel prime bien, on en conviendra, celui des deux conjoints.

Or, si vous refusez la dissolution du mariage pour cause d'aliénation mentale, vous allez ainsi favoriser la procréation d'individus entachés de la tare héréditaire et, partant, la diffusion des cas de folie. De nos jours on prend pour habitude de concentrer à tel point sa sollicitude sur les faibles, qu'il n'en reste plus pour les forts. Je regrette donc les tendances qui se sont fait jour jusqu'à ce moment, et j'estime que dès l'instant qu'une occasion s'offre à nous de réduire l'hérédité morbide, dont personne ne tentera de contester le rôle si considérable, il faut s'empresser de la saisir et admettre, en conséquence, l'aliénation mentale très nettement caractérisée, au nombre des causes du divorce.

Marcel Briand.

Séance du 22 mai 4882. — Présidence de M. Dally.

M. Dally développe quelques considérations sur l'histoire d'un homme gaucher, âgé d'une cinquantaine d'années, qui venu d'Amérique à Paris pour se distraire, fut frappé, étant au théâtre, d'une attaque apoplectiforme que rien ne faisait prévoir. A la suite de ce choc, il est resté hémiplégique à gauche, aphasique et agraphique avec conservation assez complète des autres facultés intellectuelles. Après quelques jours, l'aphasie disparut presque complètement, mais l'agraphie persista et maintenant encore le malade, qui a reconquis le langage oral, est dans l'impossibilité absolue d'écrire son nom, et de plus, malgré tous ses efforts, il n'est pas encore arrivé à épeler un seul mot. Aujourd'hui le bras gauche, autrefois paralysé, peut lui rendre beaucoup de services, tandis qu'au contraire la jambe correspondante s'est progressivement contracturée.

M. Lunier rapporte un cas à peu près analogue qu'il a observé chez un chef de bureau bien connu d'une grande administration.

M. Voisin met sous les yeux de la Société une série de planches représentant des cerveaux d'idiots.

M. Luys montre quelques cerveaux durcis par le procédé ordinaire : bichromate de potasse et à la glycérine phéniquée ; son interne, M. Variot, les a recouverts de poudres métalliques de diverses couleurs qui délimitent très nettement les différentes régions de l'encéphale. Marcel Briand.

i'22 SOCIÉTÉS SAVANTES.

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