ABCÈS DU LOBB TEMPORAL DROIT DU CERVEAU
la nuqae. La percussion même forte de la calotte crânienne ne produit pas de douleurs.
Les poumons et le cœur sont sains, le pouls bat 70 à la minute. Langue blanche, présentant au niveau du V lingual et un peu en avant une surface mamelonnée presque ulcérée, rouge et qui semble être la cicatrice d*une ancienne lésion spécifique. Ni diarrhée, ni constipation.
Pas de troubles de la sensibilité sauf peut-être un peu d'hyperesthésie des membres inférieurs. Les réflexes sont couservés, le crèmastérien étant diminué. Les urines sont normales. L'intelligence, est conservée, la parole un peu traînante et les syllabes mal articulées.
Le 29 octobre la céphalée reste toujours aussi intense, la nuque est raidie et douloureuse à la pression, la tête est lourde, les mouvements sont pénibles, seuls les mouvements de latéralité se font plus facilement et sans raideur. Dans la partie supérieure de la nuque on observe l'empâtement déjà signalé.
Le 30 octobre lorsque nous-même voyons le malade, nous constatons les phénomènes suivants :
Le malade est couché en chien de fusil et lui-même prétend que c*est là sa position habituelle, mais Tenlourage a remarqué qu'elle est plus exagérée que de coutume. La peau est fraîche, il n*y a pas de fièvre, le pouls est régulier, il bat 64 à la minute et son impulsion est normale. Il a les yeux fermés car la lumière, comme le bruit, augmente sa céphalée; le visage est pâle.
Léger degré de macrocéphalie avec asymétrie crânienne portant principalement sur Tos pariétal droit qui est plus volumineux et plus bombé que le gauche. A la tempe gauche, cicatrice du cuir chevelu. La percussion du crâne ne provoque aucune douleur. A la nuque, immédiatement au-dessous de la protubérance occipitale externe, on note l'empâtement sur une hauteur d'environ 1 centimètre, empâtement qui ne s'accompagne, ni de rougeur, ni de chaleur, ni de battements, est nettement médiane. La palpation ne provoque ici aucune douleur, non plus que la percussion des apophyses épineuses de la colonne cervicale. Cependant à l'occasion des mouvements de la tête, il y a là un point douloureux. Ces mouvements sont tous possibles, mais le mouvement d'extension est très limité et la rotation â gauche détermine de vives douleurs de telle sorte que la position favorite de la tête, que nous pouvons considérer suivant les lois ordinaires comme position de moindre douleur est-elle la flexion légère avec rotation à droite comme dans le torticolis de moyenne intensité.
D'ailleurs nous ne notons aucune particularité au niveau des slerno. .
Pas d'inégaUté pupillaire, les pupilles réagissent à toutes les excitations (lumière et accommodation) trè^ rapidement et sans
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paresse. Pas de nystagmus, nous avons dit précédemment que le malade gardait constamment ses yeux fermés.
Légère dureté (Toreille à droite avec quelques bourdonnements , phénomènes datant de deux mois et d'ailleurs très atténués aujourd'hui.
Langue couverte d*un enduit blancb&trc, sans tremblements fibriilaires, Thaleine n'est pas fétide. Cœur, poumon, foie, rate sans particularités. Abdomen un peu dur et tendu, mais indolore, de sonorité partout normale. Au niveau des organes génitaux diminution considérable de la sensibilité testiculaire.
Ongles bombés, contractions idiomusculaires des biceps.
Membres inférieurs normaux sans œdème ni troubles trophiques. Sphincters continents, constipation habituelle, envies constantes de vomir.
Les réÛexes irien, cornéen, pharyngien étaient conservés; le réflexe crémastàien très diminué des deux côtés; réflexe patellaire aboli à gauche, diminué à droite; réflexe cutané plantaire aboli des deux côtés, réflexe plantaire de Babinsky diminué à gauche, plus diminué encore à droite, avec extension pour les trois derniers orteils, La raie méningitique déjà observée le 29 octobre existait encore le 30, mais elle était lente à se produire et peu accusée.
Pour la sensibilité générale, il y avait hyperesthésic à gauche pour les membres supérieur et inférieur, réaction normale pour le tronc et la face. Aux membres supérieur et inférieur droits, un peu d'hypoesthésie. Normale pour les sensations thermiques et tactiles.
La force musculaire était conservée et suffisante à droite, très nettement diminuée et presque nulle à gauche. La coordination des mouvements est suffisante, pas de tremblements. Aucune particularité en ce qui touche les organes des sens, sauf les bourdonnements et la diminution de Tacuité auditive à droite.
L'eiamen du fond de Tœil pratiqué par M. le D' Frenkel ne révèle aucune modiflcation pathologique.
Coordination des idées suffisantes, l'expression en est lente parce que la parole augmente la céphalalgie. Abattement marqué, le malade reste figé dans la même attitude.
Sommeil nul, alimentation insuffisante en raison des nausées. Le malade ne se plaint que de céphaUilgie localisée à la moitié postérieure du crâne, comprenant lui-même que la douleur frontale est une douleur d'irradiation. Le soir épislaxis de 60 centimètres cubes environ par la narine droite. Température toujours infé^ rieure à 38^. Le pouls oscille entre 60 et 70.
Le 1®' novembre, la raideur de la nuque est moins marquée, mais il y a du trismus. L'examen du fond de l'œil pratiqué de nouveau est encore négatif.
Le malade demeure toujours les yeux fermés dans une apathie
complète; il répond toujours correctement mais avec plus de lassitude. Il est maintenant allongé dans son lit.
La paralysie parait aujourd'hui complète à gauche mais plus marquée au membre supérieur dont la force musculaire est nulle et qui conserve la position qu*on lui donne. De ce même côté gauche la réaction aux excitations est difficile : pour la douleur ce sont les membres droits en effet qui réagissent et il faut une piqûre bien profonde pour provoquer un très léger mouvement de la jambe gauche. A droite, la force musculaire est beaucoup moins forte que le 30 octobre.
Les réflexes ont subi depuis le 30 les modifications suivantes : le réflexe plantaire de Babinsky donne comme résultat l'extension du gros orteil (à gauche), le réflexe crémaslérien est aboli à gauche, presque nul à droite. II y a aujourd'hui incontinence des urines mais les selles sont encore volontaires.
Dans la journée le malade pousse quelques gémissements, l/iotolérance gastrique est complète, toute alimentation est impossible. Le soir, le trismus est au maximum.
Le 2 novembre, la raideur de la nuque a augmenté, la position de la tête est toujours la même, la rotation à gauche est plus douloureuse que jamais. De temps à autre le malade ouvre les yeux alors que les jours précédents, il les tenait constamment fermés. Toute tentative d'alimentation est suivie de régurgitation. La bouche est sale, le trismus toujours très marqué. La parésie de la jambe gauche n'augmente pas. L'incontinence des urines persiste.
Le soir vers quatre heures le malade est presque dans le coma, sa position est toujours la même, la raideur de la nuque est moins prononcée, les mouvements de la tête sont plus amples, sans doute parce que le malade sent moins ou qu*il n'a plus la force de réagir. La parole est rare, à peine intelligible, les plaintes sont maintenant presque nulles.
Yeux toujours fermés, conjonctives ternes, réflexe cornéen presque nul à droite, aboli à gauche ; strabisme divergent de \\m{ gauche. A la lumière la pupille gauche se contracte; il en est de même de la droite, mais ici la contraction est incomplète, et lorsqu'elle est arrivée à un certain degré, elle fait place à de la dilatation. Inégalité pupillaire (PD>PG).
Anesthésie complète à gauche, h} peresthésie à droite. Hémiplégie complète; tous les réflexes sont abolis.
La peau est chaude, plus chaude sur le côté droit du corps, avec sueurs, alors que à gauche la peau est simplement moite. Intolérance gastrique ou plutôt pharyngée complète. Le trismus persiste, la bouche est pleine de glaires, l'haleine est fétide. Le pouls qui était le matin à 94 est maintenant à 178. Température du matin 37<^7. Température du soir 38<>9.