ASILES I>* ALIÉNÉS. 39S
M. Paris ne nous donne pas de renseignements sur Taugmentation de la population des femmes ni sur le cubage de ses salles, mais il est probable qu'il en est de même que pour les hommes.
Le nombre des décès a été de 87 pour les hommes et de 79 pour les femmes, ce qui donne, par rapport au nombre d aliénés traités, une proportion p. 100 de 7,76 pour les premiers et de 8,07 pour les secondes. Cette proportion n*est pas exagérée pour les hommes, si Ton considère que sur les 87 décès, 23 aliénés étaient atteints de paralysie générale ; pour les femmes dont 7 seulement ont succombé à cette affection, elle est encore un peu élevée. La mortalité des années précédentes a été très grande et sa diminution a été attribuée à Tamélioration du régime alimentaire. Pendant les années 1895, 1896, 1897, 1898 elle a été de 11 p. 100 chez les hommes et cette grande mortalité me parait tenir en grande partie à Tencombrement. L'amélioration du régime alimentaire suflira-t-elle pour continuer à en combattre les funestes effets? Je ne le crois pas et il serait désirable qu'on prit les mesures nécessaires pour le faire disparaître, ce qui serait facile, en ne recevant plus de malades de la Seine. Ceux-ci ne présentent plus, d'ailleurs aujourd'hui, aucun avantage économique pour les asiles de province, la Seine gardant ses aliénés tranquilles et demitranquilles, ne transférant plus que ses gâteux et ses agités, qui demandent beaucoup de surveillance, rendent le service très difficile, très pénible. Ils ne sont susceptibles d'aucun travail, et lorsqu'ils deviennent calmes, la Seine les renvoie chercher pour les conduire à Dun-sur-Auzon. J'avoue que si j'étais resté à l'asile d'Evreuz, je ne me serais jamais soumis à des conditions pareilles et je ne conçois guère qu'un asile qui, comme celui de Maréviile, a des ressources considérables, puisqu'il compte 242 pensionnaires, OQtre les indigents de Meurthe-et-Moselle, Vosges, Haute-Saône, Belfort, les accepte.
M. Vernet se plaint, avec juste raison, de recevoir un grand nombre de vieillards, nullement dangereux, qui seraient mieux placés dans des hospices d'incurables; malheureusement ces hospices n'existent pas partout et la part afférente aux communes, dont le budget est très restreint, est beaucoup plus élevée pour les personnes qui y sont admises, que dans les asiles d'aliénés.
1K Daniel Brunet.
VIL L'évacuation du « Sewage » à l'asile de Hawkhead; par W.-R. Watson. (The Jowmal o^ Mental Scieiicef octobre 1898.)
Détails intéressants sur le système de Sutton et son application à l'asile dirigé par Tautear. R. M.-C.
336 ASILES d'aliénés.
Vlil. Le coUectionnement méthodique des données anthropologiques dans les asiles ; par Edwin Goodall. {The Journal of Mental Science, avril 1898.)
Les recherches anthropologiques sont un champ encore peu cultivé dans les asiles. De quelque façon que Ton juge la théorie de Lombroso, ei si vivement critiquée qu^elle ait pu être, elle a eu tout au moins le mérite d^attirer Tatlention sur certaines hérédités morbides et sur certains défauts anthropologiques de conformation. Dans beaucoup des cas observés dans les asiles, l'observateur le moins attentif est frappé par la concomitance de certaines défectuosités physique et de certaines insuffisances mentales; mais il convient de ne pas se contenter de ces observations superficielles il est désirable que chaque malade à son entrée à Tasile soit examiné au point de vue anthropologique suivant une méthode qui, pour rendre possible le groupement des résultats, devra être partout uniforme; il ne sera pas moins utile de prendre comme élément de comparaisan les données anthropologiques fournies par des sujets absolument sains d'esprit. R. de Musgravb-Glay.