NOMBRE
de lits.
PRIX de revient.
Heidelberg
LeiDziff
(sans le terrain} 1825 000 »
Strasbourg
Fribourg
Halle
Wurzbourg
Tubingen
Giessen
Rostock
Xiel
{A suivre,)
* Parchappe (1864) était d*avis de « substituer à la centralisation des bains sur un seul point, dans un bâtiment unique, leur dissémination dans les quartiers, suivant les nécessités du classement par sexe et par catégorie ». On ne saurait trop approuver Topinion formulée par Parchappe.
I. Quelques remarques nouveUes sur les rapports du diabète (y compris la glycosurie) avec Taliénation mentale ; par Hubbrt- C. Bond. (The Journal of Mental Science, avril 1897.)
Ce travail est la continuation et le complément de celui que Fauteur a publié dans le numéro de janvier du même recueil, dont il ne parait pas modifier les conclusions. R. M. C.
II. Les guérisons dans les maladies mentales ; par J. G. Soutar.
(The Journal of Mental Science, juillet 1897.)
Pendant la période de cinq ans qui va de 1890 à 1895, 85 malades sont sortis, réputés guéris, de Tasile que Tauteur dirige. 11 a pu être renseigné sur 73 d'entre eux, et il les divise en trois catégories : 1^ ceux qui ont promptement donné des signes de dérangement mental, ou qui, en d'autres termes, n^étaient pas guéris ; 2^ ceux qui après leur sortie ont donné des signes d'affaiblissement mental ou de bizarrerie, leur permettant de continuer à tenir leur place dans la société, mais non de reprendre utilement leurs occupations ordinaires ; 3^ ceux qui un an au moins après leur sortie n'ont donné aucun signe de trouble mental et ont repris à la fois leur place dans la société et leurs occupations.
La première de ces catégories comprend 11 malades, et la seconde 13. La troisième comprend le reste des 73 malades, c'està-dire 49 sujets ; il est vrai que 7 d'entre eux ont eu une rechute après plus d'un an ; mais sur ces 7 sujets 4 ont de nouveau guéri. 4 sont morts depuis 1890.
Le résultat total et la conclusion, c'est que dans 15 p. 100 des cas le malade n'était pas guéri et n'aurait pas du être réputé tel ; que dans 17 p. 100 des cas la guérison n'a pas été complète et que dans 67 p. 100 des cas, la guérison a été absolue et complète.
R. DE Musgrave-Clay.
III. Manie arec amaurose et paralysie : gliome probable ; par
W. J. Vincent. .(The. Journal of Mental Science, juillet 1897.)
Femme de trente ans, mariée ; malade depuis un an ; irrégularités menstruelles ; pertes, dont deux paraissent avoir été des
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fausses couches ; douceurs de tète, quelquefois avec vomissements. Vers le mois d*août 1895, perte de connaissance, et attaque convulsive, suivie dans la nuit de deux autres attaques semblables, débutant par les bras, avec déviation de la face et vomissements. Le matin, impossibilité de marcher, ou de faire quoi que ce soit ; céphalalgie intense ; continuation des vomissements. Tout cela se calme un peu ; mais alors surviennent des hallucinations de la vue. La vision est imparfaite, agitation, insomnie, malpropreté. Un mois après ce brusque début, elle entre à TAsile ; elle est agitée, incohérente, puis un peu plus tard somnolente. Tous les organes sont sains. Strabisme interne et ptosis à gauche, œil gauche amaurotique, pupilles modérément dilatées. À l'ophthalmoscope, névrite optique double, plus accusée à gauche, tremblement de la langue et des lèvres, articulation des mots imparfaite. Ouïe normale ; odorat affaibli ; goût conservé. Réflexe rotulien inégal, plus accusé à droite. Réflexes superflciels normaux, ainsi que la sensibilité au toucher et à la douleur. 11 se produit chez la malade une amélioration très marquée presque à tous les égards. — Le diagnostic est difficile, intéressant et Tauteur ne se prononce pas définitivement. Il est évident qu'il y a une grosse lésion du cerveau, et par voie d^élimination, on peut conclure qu'il s'agit d'un néoplasme. — En faveur du néoplasme, il y a les crises convulsives, les vomissements, la céphalalgie et la névrite optique : ces deux derniers symptômes persistent ; il n*est pas rare de voir les convulsions peu fréquentes ; en revanche, les vomissements auraient dû persister ; leur disparition est un élément de doute.
Parmi les symptômes localisateurs les plus importants sont : le ptosis gauche et la parésie du droit*externe gauche, donnant lieu à du strabisme interne ; la lésion plus avancée de la papille gauche.; enfin la céphalalgie, rapportée surtout à la tempe gauche et au côté gauche de la tête. Un autre point important, c'est la rapidité de la perte de la vision, avec cécité complète six semaines après les convulsions. Cette perte rapide de la vision indique une lésion du chiasma ; on peut donc situer la lésion à la base du cerveau, et la supposer presque centrale, mais peut-être intéressant un peu plus le côté gauche et envahissant partiellement les nerfs de la troisième et de la sixième paire à gauche. En Tabsence d'antécédents spécifiques que Ton n'a pas pu trouver, la parésie de l'extrémité inférieure est assez difflcile à expliquer à moins qu*une compression directe sur le corps strié ait pu la déterminer. Si c'est un néoplasme, quelle est sa nature ? l'auteur propose à titre d'hypothèse, mais d'hypothèse rentrant tout à fait dans le domaine de la possibilité, l'explication suivante : nous savons que le gliome est une variété commune de tumeur cérébrale, et qu'il est sujet à des hémorragies qui se produisent à l'intérieur ou
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autour de sa .substance ; il est probable qu'ici la lésion est plus ancienne qu'on ne pense, qu'elle a été longtemps à peu près silencieuse, que la brusque exacerbation des symptômes est la conséquence d'une hémorragie intra-gliomateuse, et que les symptômes graves ont été amendés par la résorption partielle de répanchement sanguin. R. dk Mosgraye-Clay.
IV. Qaelqnes cas tirés de la pratique des maladies mentales, paF H.-J. Mannlng. (The Journal of Mental science, avril 1897.)
€e travail se compose de trois observations.
Obskrvation I. — Homme de quarante-huit ans, marié depuis ▼ingt ans : en J894, paralysie faciale passagère suivie d'excitation mentale et de violences de caractère : tout cela passe, mais le malade reste totalement changé, néglige ses aiïaires* consacre sa journée aux cigarettes et au whisicy, et est soupçonné de masturbation. Peu après, hémiplégie gauche ayant disparu en deux jours : puis reprise de la vie de violence et d'alcoolisme. Gomme il ruinait sa famille, on le mit à l'asile, où il entre ayant signé sa feuille d'admission volontaire sans difficulté. A son entrée, il est tout à fait raisonnable et d'un commerce fort agréable ; les pupilles sont un peu dilatées, les réflexes rotuliens absents ; perte du goût et de l'odorat : insomnie. Il déclare n'avoir pas eu la syphilis, et conteste tous les renseignements fournis sur son compte. 11 est menteur, voleur et buveur; il parait manquer de sens moral. Il a eu à deux reprises des défécations paraissant inconscientes. Après seize mois de séjour il quitte Tasiie et prend un logement dans le voisinage, où il est ramené un jour par des passants qui l'ont trouvé sans connaissance et dans un état convulsif. 11 se rétablit et est condamné à deux mois de prison pour un vol insignifiant qu'il nie ayant l'objet volé dans la poche. Sorti de prison il se fait de nouveau arrêter pour avoir voulu voler une croix en cuivre dans une église. Le jury l'acquitte comme aliéné, et il est mis à l'asile. Il n'a pas d'antécédents héréditaires.
Observation 11. — Homme de quarante-deux ans, célibataire, sans profession : tout d'un coup, changement de caractère, perte de la mémoire et des sentiments affectifs, fréquentation de basse compagnie, enfin tenue générale en complète opposition avec ses idées et ses manières antérieures : devenu un fou exbibitioniste. Parait à peine conscient de ce qu'il fait ou a fait. Inégalité pupillaire, absence des réflexes rotuliens, aspect hébété. Il consent à entrer à l'asile comme pensionnaire volontaire. Pas d'alcoolisme, pas d'insolation, pas de syphilis ; pas d'antécédents héréditaires. A son entrée, il est agité, instable, ne dort pas ; puis il se calme, nie tous ses actes délirants, en quoi il est probablement de bonne foi, car il parait les avoir commis inconsciemment. Il demande sa
sorlie qui lui est accordée ; actuellement, il est installé dans le voisinage, calme et raisonnable, mais il éclate en sanglots à la moindre émotion, et s'il s'excite un peu dans une discussion, on perçoit un très léger tremblement fibrillaire dans les lèvres.
L^auteur est d'avis que les malades qui font le sujet de ces deux observations sont atteints de paralysie générale. Ils n'en présentent pas assurément le type classique, mais ils sont une preuve de plus que cette maladie a changé d'aspect.
Observation III. — Femme de cinquante-six ans, sujette depuis son adolescence à des attaques récidivantes de manie : la maladie se présente avec ses symptômes ordinaires. Pour calmer la malade on lui donne 20 grains (gr 20 cent.) de sulfonal le soir et 10 grains (060 centig.) le matin, régulièrement pendant six semaines, en omettant cependant quelquefois la dose du matin. Au bout de ce temps elle est prise de malaises, de troubles gastriques et l'urine prend une teinte violet foncé. Les vomissements cessent, mais il survient une douleur hépatique et une prostration considérable, avec paralysie des muscles volontaires, relâchement des sphincters, émaciation, pouls fuyant, enfin menace de mort imminente. La malade guérit pourtant, mais sa maladie restait un problème pour Tauteur, lorsqulllut par hasard l'article du D' Oswald dans le Glasgow Médical Journal, où il relate un cas d'empoisonnement par le sulfonal. Depuis la Semaine Médicale a publié un article du professeur Lépine relatant dix cas de mort après l'emploi du sulfonal, survenus tous chez des femmes.
V. L'habitude considérée comme un état mental morbide et son traitement ; par W. Henry Kkstbven. (The Journal of Mental Science^ juiUet 1897.)
L'auteur définit l'habitude : « Une action nerveuse volontaire qui, par une répétition constante, est devenue automatique. » il n'est pas nécessaire que l'action nerveuse soit originaire de l'individu chez lequel l'habitude existe : elle peut être héritée sous sa forme automatique ou habituelle.
Toute action nerveuse, dit M. Kesteven, est constituée par une perturbation moléculaire dans le tissu nerveux : qu*on appelle cette perturbation du nom de vibration ou d'un autre nom, peu importe ; toujours est-il qu'elle a pour résultat de rendre les molécules du tissu nerveux plus aptes à répéter leur mouvement dans la même direction sous l'influence d'une stimulation qui se répète elle-même, et à offrir une moindre résistance à la force qui les met en mouvement. C'est de cette manière qu'ont pris naissance les actions automatiques des centres nerveux sympathiques et cérébro-spinaux. A un moment de la vie de l'animal ou de ses as-
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cendants, ces actions ont été intentionnelles et conscientes ; puis elles sont passées dans le domaine subconscient, pour devenir dans certains cas tout à fait automatiques et absolument soustraites au contrôle de la Yolonté. D'autres sont en partie automatiques et en partie volontaires, comme l'action de marcher, etc.
Il semblerait donc que la vie d'un individu consiste dans la formation de ses habitudes, et que par conséquent, grâce à la sélection naturelle, suivant qu'il acquerra des habitudes plus ou moins avajilageuses à son existence, il aura une chance de survie plus oU moins grande, étant plus ou moins bien armé dans la lutte pour la vie. Mais ces faits ont un intérêt encore supérieur au point de vue mental, quand on y cherche un moyen de jeter quelque lumière sur ce que l'on appelle les maladies mentales.
Il est évident qu'il y a des habitudes et des formations d'habitudes qui au point de vue physiologique sont parfaitement normales, et qui au point de vue psychologique peuvent parfaitement être morbides et cela par elles-mêmes, et indépendamment de leurs conséquences physiologiques et pathologiques : psychologiquement une habitude peut être un phénomène morbide, la masturbation par exemple, qui appartient à la pathologie psychologique à la fois par elle-même et par ses conséquences. La masturbation des petits enfants, d'abord réflexe, puis volontaire, est très démonstrative sur ce point. Il en est de même de l'ivrognerie, qui ne peut naître chez un individu que par une action nerveuse physiologique héritée ou excitée chez le sujet par la manière dont il s'y est volontairement abandonné. Ceci est presque prouvé par les cas où le sujet, ayant résisté à la tendance héréditaire, ne présente aucun signe de maladie nerveuse.
Dans chaque région mentale, on peut observer des habitudes de pensée qui sont psychologiquement morbides. Même de bonnes habitudes peuvent avoir des résultats anormaux soit physiques soit mentaux. Si bonne que soit une habitude mentale, sa prédominance a un effet fâcheux sur l'ensemble de l'intelligence. Moins nos pensées sont habituelles, moins il y a de chances pour qu'elles deviennent prépondérantes et plus notre puissance mentale s'accroit. L'habitude n'est donc pas un état volitionnel qu'il soit désirable de cultiver : nous devons au contraire essayer d'empêcher nos pensées de cristalliser ; notre esprit en sera plus ouvert et plus sain : sans doute il y a des habitudes bonnes et utiles qu'il faut eultiver, telles l'observation, l'attention^ la curiosité, l'expérimentation, le discernement ; c'est quand on dépasse les phénomènes de sensation et de perception qu'une tournure d'esprit habituelle devient fâcheuse, tout comme l'usage persistant d'une forme particulière de raisonnement. Appliquées à toutes choses, la forme mathématique et la forme imaginaire du raisonnement peuvent être également défectueuses : l'habitude d'insister sur une idée
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sans la comparer ne peut pas être avantageuse pour notre esprit, et celle de considérer une idée sous trop d'aspects et sous trop de rapports enlève à Tesprit toute décision et toute précision de jugement. De pareilles habitudes sont psychologiquement anormales et par conséquent morbides ; car, en psychologie, il n*y a pas de milieu, Taclion psychologique est normale ou anormale, c'est-àdire saine ou malade; et par là on conçoit que l'habitude amène celui qui la possède ou qu'elle possède en deçà de la ligne forcément arbitraire qui sépare la folie de la raison.
Le législateur anglais a appliqué à la folie, sans tenir compte de cette ligne arbitraire, un critérium aussi facile que grossier, qui est la connaissance de la nature bonne ou mauvstise de l'action commise ; mais la folie confirmée est parfaitement compatible avec cette connaissance, et on en trouverait la preuve quotidienne dans le système de punitions et de récompenses adopté dans tous les asiles. Il faut donc en chercher un autre : on pourrait dire que lorsque, par ses actes, un homme nuit à lui-même ou aux autres, il doit être considéré comme aliéné : ceci supprime naturellement toute distinction entre la méchanceté et la folie : mais cette distinction, si elle existe réellement, n'est pas indispensable à établir dans le cas qui nous occupe : elle est d'ailleurs arbitraire ellemême ; car il convient de tenir compte de l'équation personnelle, le caractère nuisible d'un acte pouvant être variable suivant les esprits. Un esprit parfaitement sain d'ailleurs, n*existe pas plus qu'un corps parfaitement sain. Mais il y a des sujets sur la folie desquels tout le monde est d'accord : ce que l'auteur soutient c*est que parmi ces cas, il y en a dont les symptômes sont dus à des lésions cérébrales, et d'autres dans lesquels ces lésions ne se rencontrent pas : ce sont ceux chez lesquels la folie est prouvée par les habitudes pernicieuses qui constituent la caractéristique de leur esprit. Parmi ces habitudes quelques-unes sont entretenues par la volonté de l'individu qui s'y abandonne ; d'autres voient leur existence favorisée par des états nerveux, qui sont physiologiquement normaux, ou par des états nerveux hérités qui ne sauraient à aucun point de vue être appelés des lésions cérébrales.
On peut donc distinguer parmi les habitudes mauvaises, celles qui sont dues à ce que l'individu s'y abandonne volontairement; celles qui sont dues à des états cérébraux héréditaires ; celles qui sont dues soit à un vice d'éducation, soit à l'absence de toute éducation. Enfm, au-dessus de ces différents groupes, qui comprennent les habitudes apparentes et objectives, il y a le groupe des habitudes mentales, qui pour être de nature subjective et peut-être même inconsciemment pratiquées, n'en peuvent pas moins conduire, et n'en conduisent pas moins eifectivement l'homme, par leurs résultats éloignés, à nuire aux autres et à lui-même; ces habitudes là se rencontrent dans les processus complexes du rai-
RBVUB DB PATHOLOGIE BfBNTALB. SI
sonnement. L'auteur poursuit l*étude de ce point particulier d'une manière fort ingénieuse, et avec des détails qui échappent à l'analyse ; et il conclut ce paragraphe en disant que les habitudes mentales qui produisent des folies objectives ayant trait à Timpureté, à Tivrognerie, à la gourmandise, etc., sont des exemples de ce que Ton a appelé la a folie morale » et que, au fond de toutes ces habitudes, comme d'ailleurs au fond de presque toutes les habitudes mentales morbides, on trouve Tégoïsme; c*est lui qui est le véritable état pathologique, c'est lui qu'il faut éliminer ou anesthésier.
Beaucoup de malades de ce genre ne sont ni des fous ni des criminels définis, cela est incontestable ; mais il y en a parmi eux et en grand nombre, qui font la désolation et le malheur de leurs parents et de leurs amis et le médecin à fort souvent à faire à eux. Sont-ils incurables ? Et que faut-il faire d'eux ? Il faut d'abord se souvenir que dans la guérison de ces malades, le temps est un élément indispensable : il en faut beaucoup avant d'obtenir un résultat appréciable, surtout si l'habitude est invétérée ; il faut aussi remonter à Tétiologie de l'habitude et rechercher si elle est héréditaire ou acquise ; tous ces éléments en effet sont de nature à modifier le pronostic.
Le traitement consiste surtout, comme on peut le prévoir, à imposer la cessation de l'habitude mauvaise, et à ramener par cette cessation les molécules nerveuses à leurs rapports normaux ; l'applicalion des lois pénales est pour cela souvent fort utile ; non pas assurément qu'il faille mettre en prison tous les fous, mais il faut les placer dans un milieu où le repos, le régime et la discipline exercent sur eux une action permanente; mais ce qui importe surtout c'est le changement, non seulement de lieu, mais de milieu et de genre de vie. Ce ne sont d'ailleurs ni les parents, ni les amis qui peuvent appliquer un tel traitement ; les étrangers seuls y sont propres. Mais surtout, l'auteur y revient encore une fois, il ne faut ni ménager ni mesurer le temps nécessaire à la guérison. H. M. G.
YL Notes BUT nu cas de fracture du péroné chez nne mélancolique, avec quelques remarques sur le traitement des fractures en général, par J.-F. Briscoe. {The journal of Mental Science^ janvier 1898.)
L'observation ne présente rien de particulier, et l'auteur s'est surtout proposé en la rapportant, de demander à ses collègues quel est le meilleur traitement des fractures chez les aliénés, les méthodes ordinaires n'étant naturellement pas toujours utilement applicables à des sujets dépourvus de raison.
VII. Un cas de concnsBion dn cenreau simulant le deliriam tremens; par J.-R. Amblbr. {The Journal of Mental Science, janvier 1898.)
Homme de cinquante ans, admis à l'asile le 4 octobre 1897, sur un certificat le déclarant atteint de delirium Iremens, et mort le 15 octobre. A son entrée, il a le visage couvert de contusions, une plaie au nez, du sang coagulé dans Toreille gauche; il a l'air ébloui, hébété, et marmotte des paroles incohérentes. Il a fait quelques jours auparavaot une chute grave et est resté quelque temps sans connaissance ; la police l'ayant trouvé en état de vagabondage. Ta envoyé à l'asile. Pendant les trois jours qui suivent son entrée, son état s'améliore notablement à tous égards; puis rechute, état d'inconscience et mort presque subite.
A l'autopsie, lors de l'ouverture de la dure-mère, qui était très adhérente sur les côtés du sinus longitudinal supérieur, il s'échappe une grande quantité de sérosité. Arachnoïde et pie-mère normales. Epanchement cérébral à la surface du cerveau, dans la scissure de Sylvius et les sillons adjacents des deux côtés, ainsi qu'à la surface du lobe frontal droit. Hémisphère gauche congestionné, le droit est p&le. Léger epanchement sanguin sur le plancher du quatrième ventricule à gauche.
Remarques : l'accumulation du sérum sous la dure-mère avait probablement commencé avant Taccident, et était la cause de certains troubles mentaux observés avant le traumatisme ; celui-ci a déterminé la rupture des capillaires dont le sang s'est mélangé à la sérosité préexistante, provoquant ainsi les phénomènes de compression qui ont amené la mort. On n'a observé aucun symptôme pouvant se rapporter k l'existence du caillot du quatrième ventricule. R. DE Musgravb-Clay.
VIII. Sur certains signes physiques dans la mélancolie; par W.-H.-B. Stoddart. [The Journal of Mental Science, avril 1898.)
L'auteur tient à attirer l'attention sur ce fait que la rigidité qui affecte surtout les muscles du cou et des épaules, et que Kahlbaum a décrite il y a près d'un quart de siècle comme particulière à la katatonie n'appartient pas exclusivement à cette maladie, qu'elle se rencontre à un degré plus ou moins accusé dans tous les cas de mélancolie, plus accentuée dans les cas graves et surtout dans ceux qui s'accompagnent de stupeur.
Cette rigidité a ceci de particulier qu'elle se comporte d'une façon absolument inverse de la rigidité hémiplégique, laquelle est ^ plus marquée aux doigts qu'aux poignets, aux poignets qu'au coude, et ainsi de suite ; la rigidité dont nous parlons est au contraire plus accusée au coude qu'au poignet, au poignet qu'aux
RBYUB DB PATHOLOOIB MBNTALB. 53
doigts, etc. Les raisons de Fauteur pour faire de cette rigidité un véritable signe physique de la mélancolie sont les suivantes : elle ne se rencontre pas dans les autres formes d'aliénation mentale ; elle disparait au fur et à mesure que le malade approche de la guérison ; la rigidité volontaire appartient à ce qu'il appelle le type périphérique, c'est-à-dire le type observé dans Thémiplégie ; on peut s'en assurer en observant le siège de la résistance chez les enfants.
La rigidité accompagnant ordinairement la paralysie, ou devait se demander s'il n'y avait pas un certain degré d'affaiblissement dans les jointures les plus atteintes par la roideur ; Tauteur croit avoir découvert cette paralysie, en constatant avec quelle difQculté les malades tiennent leurs mains droites au-dessus de la tète. On sait de longue date, par des observations répétées que les mélancoliques se tiennent ordinairement dans une attitude fléchie, qui appartient également à la sénilité et à la paralysie ; c'est une attitude de faiblesse, ou en d'autres termes une attitude de paralysie, aussi légère que l'on voudra, mais enfin de paralysie. Il est à prévoir que l'on trouvera dans d'autres muscles un certain degré de faiblesse ou de paralysie légère, et l'auteur pense que Textrème sensibilité au bruit que présentent les mélancoliques résulte de la faiblesse des muscles tenseurs du tympan, et il se propose de démontrer dans un travail ultérieur que l'imperfection de leur vision est due à un affaiblissement temporaire des muscles de l'accommodation.
Kahlbaum a sigpalé aussi dans la katatonie à la période mélancolique une diminution du nombre normal des nictitations des paupières et une diminution de l'amplitude des mouvements thoraciques de la respiration normale ; l'auteur n'a point constaté ces faits dans la mélancolie, et il ne s'attendait pas d'ailleurs à les rencontrer, ces mouvements étant involontaires et sans point de départ cérébral.
Pour expliquer ces phénomènes, il invoque un principe d'abord théoriquement formulé par Hughlings Jackson, et confirmé ensuite par les observations de M. Bevan Lewis, à savoir, que dansl'écorcc cérébrale les mouvements des grandes articulations sont représentés par les grandes cellules et les mouvements des petites articulations par les petites cellules. Il suppose que dans la mélancolie, les cellules corticales sont jusqu'à un certain point impuissantes à excréter leurs produits métaboliques, et par là, il devait naturellement être conduit à essayer, dans celle forme d'aliénation, les agents thérapeutiques auxquels on reconnai^a propriété de favoriser cette excrétion, et au premier rang de ces agents, la pilocarpine. Les mélancoliques montrent à l'égard de ce médicament une tolérance tout à fait remarquable ; l'auteur indique les moyens à l'aide desquels il a étudié la réaction de la pilocarpine chez divers mélancoliques. R. de Musgrâve-Glay.
54 RBVUB DE PATHOLOOIB MBNTALB.
IX. Les rapports de la 83rphili8 acquise et de la folie; revne critique; par W.-H. Dawson. {The Jownal of Mental Science^ avril 1898.)
Intéressante revue, dont l^auteur résume les conclusions sous la forme d'un schéma provisoire de classification qae nous reproduisons ici :
I. — Folie de la syphilis précoce (période primaire et secondaire) : 1^ folie toxique aiguë (analogue au délire ou à la manie alcoolique) ; 2^ mélancolie, avec ou sans démence, probablement due à Tanémie cérébrale.
II. — Folie de la syphilis tardive (période tertiaire) : 1® folie due à une lésion syphilitique de la base et des vaisseaux ; 2^ folie due à une lésion syphilitique de la convexité.
Beaucoup de cas, sinon tous les cas de syphilis cérébrale dans lesquels la folie a été causée par Tépilepsie rentreront dans la seconde catégorie (II, 2), mais seraient plus logiquement classés avec la folie épileptique, puisqu'ils ne se rattachent qu'indirectement à la syphilis.
III. — Folie mctasyphilitique (parasyphilitique) : 1* folie du tabès (à la condition qu'elle soit due à d'autres causes que les causes « morales » ; 2° paralysie générale des aliénés. Cette classification ne renferme que les cas dans lesquels il existe comme cause des symptômes mentaux de grosses lésions anatomiques, certaines ou probables. Mais il est évident qu'il y a bien d'autres voies par lesquelles une maladie comme la syphilis peut exercer une influence pathologique sur des esprits instables. R. db Musgrave-Clay.
X. Le système osseux chez les aliénés ; par J.-F. Briscoe. (The Journal of Mental Science^ avril 1898.)
L'auteur résume l'état de la question et présente plusieurs pièces anatomiques intéressantes. R. M.-G.
XI. Sur les bases et les possibilités d'une psychologie et d'une classification scientifiques dans les maladies mentales; par
W. Lloyd Andriezen. (The Journal of Mental Science, avril 4899.)
Ce travail à la fois philosophique et médical, est très intéressant et très bien conduit ; faute de pouvoir analyser des raisonnements très serrés et des déductions très sévères, nous reproduisons ici, aussi textuellement que possible les conclusions générales formulées par l'auteur.
i^ La doctrine de la localisation des fonctions dans un organe central (nerveux) est la base qui rend possible 1 étude de la psy. chologie et de la psycho-pathologie, cet organe central réunissant
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nécessairement en lui les fonctions sensorielles, kinésithétiques et cœnesthétiques ;
2f* Les données fournies par la psychologie normale ont besoin d'être complétées par — et comparées avec — celles de la psychogenèse et de la pathologie pour constituer la science pratique qu'il convient d'opposer h la science spéculative et métaphysique;
3^ Il faut repousser le naturalisme grossier qui fait croire à l'existence, derrière les phénomènes chimiques, vitaux et psychiques à de prétendus « principes » ou « essences » subtils et mystérieux ; et il faut écarter aussi les théories métaphysiques, le dualisme et le monisme, parce qu'elles ne sont pas satisfaisantes, parce qu'elles sont basées sur des données insuffisantes, et parce qu'elles sont étrangères à la méthode scientifique;
40 Les capacités que possèdent les simples organismes protoplasmiques a) d'être sensibles aux stimulations qu'ils reçoivent, et 6] de répondre à ces stimulations d'une manière définie, constituent le fait de sentir; ces capacités qui sont desservies chez les protozoaires (en règle générale) par un seul et unique corps cellulaire, sont associées chez les métazoaires à des éléments spécialement développés qui constituent le système nerveux (méduse, etc.);
5<^ Chez les vertébrés, on constate sur les types ancestraux (acraniens) une segmentation de l'organisme, et le système nerveux présente une structure en forme de chaîne ou de tube ganglionnaire (axe bulbo-spinal) ;
6® Le cerveau se développe à l'extrémité antérieure de cet axe, et n'est, au début, qu'un simple agrégat de centres sensoriels a) des sens spéciaux, b) du sens musculaire et cutané, et c) du sens viscéro-organique. A mesure qu'on s'élève dans l'échelle des vertébrés, d'autres centres (faisceaux ou centres annexes ou associés) se développent par dessus et au-dessus de ces centres primitifs.
1^ Les centres secondaires sont préposés à des fontions d'origine composite et de nature complexe, et ils persistent, dans une période d'accroissement et par conséquent moins fixe et plus plastique, pendant quelque temps après la naissance de l'animal (mammifères, enfant) ;
8® Dans le cerveau de l'enfant (comme dans celui du petit chat et d'autres mammifères supérieurs) il y a non seulement une augmentation quantitative de la masse après la naissance, mais aussi un développement quantitatif de la complexité de structure et de connexions des cellules nerveuses corticales. Il se forme ainsi des mécanismes susceptibles d'exercice et d'éducation dans une certaine mesure ;
9^ L'éducation du système nerveux commence après la naissance, alors que les innombrables variations du milieu ambiant commencent à marquer leur empreinte sur l'enfant, et à mettre en mouvement les premières variations accentuées de sa vie senso-
rielle, kinesthétique et orgauiqae. La vie végétative somnolente du fœtus est remplacée graduellement par une autre forme de vitalité, dans laquelle des sensations diverses, de nature forte et intense, parcourent son cerveau, sensations qui ne sont encore ni reconnues, ni clairement discernées, et qui, tout d'abord, produisent une confusion ;
10^ La « loi de psychogenèse » veut que ce développement se produise non seulement dans les centres sensoriels et kinesthétiques, mais encore dans la sphère psychique (sphère de relation) qui les combine suivant une marche définie ; pendant ces périodes Tenfant est particulièrement impressionnable par les choses qui Tentourent ;
11^ L'évolution du langage, entant qu'instrument de renforcement des activités psychiques (lesquelles, toutefois, peuvent s'exercer sans lui) vient alors apporter une co-opération considérable au développement cérébral. Le langage permet à l'enfant de représenter les objets les plus variés et les plus divers par les termes d'une dénomination commune : c'est lui qui a la valeur formelle la plus haute dans l'exercice et la répétition des processus psychiques sur lesquels repose l'évolution mentale ;
12<^ La reconnaissance progressive du moi empirique comme centre et comme source des activités spontanées, et sa séparation distincte d'avec — et son antagonisme avec — le monde extérieur sont les bases de la conscience et de l'affirmation de la personnalité, ainsi que de la volition. Les instincts propres à cette période sont surtout égoïstes (gourmandise, appropriation, parasitisme) et dominent énormément les actes et la conduite ;
13^ A mesure que le développement progresse, l'enfant franchit cette période ; et le cerveau antérieur, par l'accroissement de sa vie psychique et de relation, agit comme un frein à l'égard des fonctions et des appétits d'ordre végétatif : il se développe un moi consécutif (moi éthique) qui prend (plus ou moins) le dessus sur le moi primitif. La moralité et la conscience se développent et prennent la priorité ;
ii^ Avec la puberté, naissent et se développent, considérablement et rapidement (comme les organes qui se rattachent à cette période de la vie) des instincts et des sentiments d'un ordre nouveau qui réorganisent, et, partiellement, transforment le moi. Cette période est caractérisée aussi par le développement d'aspirations et de sentiments qui tendent à l'abnégation, à l'altruisme et à la religion ;
15^ La « loi de pathogenèse » consiste en ce que plusieurs de ces évolutions du cerveau et de l'esprit, depuis la période fœtale (somnolence végétative) jusqu'à celle de l'adolescence (maturité sexuelle) peuvent pécher par altération (perversion) ou par défaut (absence) : ce sont ces états pathologiques du cerveau qui constituent la base des différentes formes de folie ;
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16^ Les folies, envisagées à ce point de vue, rentreot dans des groupes qui prennent la disposition en série, ou si Ton veut, celle d'un arbre. Au bas de la série, on trouve a) les arrêts profonds (aphrénies, idiotie) et b) les affaiblissements (oligophrénies, itnbécilité) du développement cérébro-psychique ; à l'autre extrémité de réchelle sont placées (Tj les phrénopathies (vésanies, folies alcooliques aiguë et chronique, paralysie générale, folie de la ménopause, etc.) ; entre ces deux extrêmes, figure c) le groupe de dégénérescence (paraphrénies, obsessives ou impulsives, vicieuses et criminelles, paranoïaques et hallucinatoires, hystériques et épileptiques, à types cyclique et hebephrénique). Enfin, en dernier lieu, on trouve e) les lipophrénies, véritables états de dissolution psychique, avec diminution et dégradation correspondante de la personnalité, et qui sont consécutives et secondaires aux autres formes de folie. R. de Musgravb-Glay.
Xll. Obsenrations sur la classification de la folie, par Edwin Stephen Pasmore. (The Journal of Mental Science ^ janvier 1899.)
L'auteur a été frappé dans ses recherches du groupement de certains symptômes mentaux : par exemple dans un état particulier de dépression, on trouve celle-ci associée d'abord à des idées morbides avec diminution de la mémoire, plus tard à des hallucinations de Touïe, plus tard encore à des idées morbides, à des hallucinations de l'ouïe, à des idées de persécution, mais sans perte de la mémoire ; quelquefois, si le malade est jeune, la maladie aboutit à la guérison ; s'il a dépassé la période moyenne de la vie, le cas se termine promptement par la démence : c'est l'ensemble de ces faits cliniques que Fauteur propose de désigner sous le nom de deprimentia. Dans les 500 cas qui ont servi de base aux recherches de l'auteur, il a trouvé cet ensemble de symptômes mentaux associé à des états psychiques pathologiques qui ne paraissaient pouvoir être attribués à aucun agent extérieur. Au premier abord, il semble que ce complexus mental soit fréquent; en y regardant de plus près on constate qu'il n'en est rien. Les états somatiques auxquels il s'associe peuvent être classés comme suit : I. Excès d'un élément normal ; 1^ Glycosurie ; 2^^ Diabète ; 3«> Goutte; 4«> Ictère. — II. Insuffisance d'un élément normal: {^ Anémie (insuffisance d'hémoglobine) ; 2^ Goitre exophthalmique (Insuffisance et altération de la sécrétion de la glande thyroïde, d'après Horsley). — III. a) Altération d'un processus physiologique sans modiQcation anatomique : i^ aménorrhée de l'adolescence ; 2® métrorrhagies de la ménopause ; b) altération avec modifications anatomiques : 1^ maladies glandulaires gastrointestinales (non dues à un germe spécifique) ; 2° maladies du cœur, des reins, etc.
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De la classificatioD de ces états morbides physiques, de la constatation de ce fait que les états mentaux ne s'associent à eux que lorsque ces états physiques ne sont dus ni à un microbe spécifique, ni à une cause extrinsèque, on peut conclure qu'ils sont dus à un excès, à un défaut ou à une altération d'un élément normal, ou à la perturbation d'un processus physiologique nécessaire au métabolisme normal. C'est à l'ensemble de ces phénomènes somatiques et mentaux que l'auteur réserve le nom de deprimentia, et il s'attache à démontrer par l'observation des faits expérimentaux et cliniques, que cet état particulier existe réellement et qu'il est dd à l'autotoxémie, et il indique les éléments du diagnostic différentiel avec diverses autres formes mentales. Puis il expose que la taxonomie actuelle de la folie est insuffisante et qu'une classiQcation judicieuse devrait avoir pour but d'indiquer la cause de chaque forme de folie ; il propose la classification suivante qui repose non seulement sur la clinique, mais sur l'étiologie et Tanatomie pathologique :
Classification principale : i^ Folie autotoxique; 2® Folie exoloxique ; 3<> Folie épileptoïde ; 4<^ Folie de dégénérescence ; 5^ Folie hystéroïde ; 6° Folie congénitale ; 7^ Folie simulée.
Détail de la classification :
I. Folie autotoxique ou deprimentia : i^ diabétique ; 29 goutteuse ; 3<* néphritique ; 4<> cataméniale ; 5® cardiaque.
II. Folie exofoxique. A) pathogénique : a) folie infectieuse : 1^ folie accompagnant ou suivant les fièvres aiguës spécifiques ; t^ manie puerpérale, probablement d'origine pyémique ; ^^ manie aiguë délirante (spécifique ?) — 6) Folie phthisique ; c) folie syphilitique; d) folie blennorrhagique, manie de l'hydrophobie. — B). Toxique ; i^ folie alcoolique ; 2° folie métallique (plomb, etc.) ; 3<> folie médicamenteuse (morphinomanie, etc.).
m. — Folie épileptoïde: 1^ idiopathique ; 2<> hystéro-épileptique ; 3<* psycho-épileptique : a) manie récurrente ; 6) folie dite circulaire ; c) épilepsie larvée des auteurs français.
IV. — Polie de dégénérescence. A. Paralysie générale et ses variétés. B. Démence pure (différente de la démence symplomatique terminale de la plupart des affections mentales) : a) altérations séniles : 1® Alhérome et dégénérescences atrophiques connexes ; 2<» Pachy-méningite cérébro-spinale. — b) grosses lésions : i^ Tumeurs et abcès (y compris les gommes) ; 2? Traumatisme. — c) atrophie idiopathique du cerveau. — d) méningite progressive chronique. — e) folie consécutive aux maladies du système nerveux (ataxie locomotrice avec symptômes mentaux, etc.).
V. — Folie hystéroïde : !<> Grande hystérie ; 29 folie morale ; 3^ folie de la masturbation ; 4^ hypocondrie et neurasthénie ; 5^ Stupeur mentale aiguë, catalepsie, « trance », extase, etc.).
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YI. — Folie congénitale : i^ Idiotie ; 29 imbécillité ; 3^ crétiDÎsme ; 4^^ paranoïa (état douteux).
VII. — Folie simulée (n'est ordinairement que symplomatique).
R. DE Musgrave-Clay.
XIII. Cas d'impulsion au suicide en état d'automatisme cérébral, par W. E. Sullivan. (The Journal of Mental Science, avril 1899.)
L'état d*autoraatisme cérébral est un état intéressant au double point de Yue de la psychologie et de la médecine légale.
L*auteur rapporte trois cas dans lesquels Timpulsion au suicide s'e.st manifestée dans cet état automatique, un cas d'épilepsie, un cas d'^piiepsie avec alcoolisme, et un cas d'alcoolisme pur.
Ces cas ne présentent aucun caractère particulier, mais on y observe nettement le mode suivant lequel les processus cérébraux antérieurs influencent la nature et la direction des actes accomplis pendant Tautomatisme. — Le caractère particulier de ces actes est naturellement l'inconscience de leur accomplissement ; à moins, ce qui est peut-être plus probable qu'ils ne s'accompagnent d'un état de conscience particulier, tellement différent de la conscience normale qu'elle ne s'y rattache par aucun lien, ou par un lien lâche et imparfait, en sorte que, après la cessation de l'acte automatique le sujet, ou bien n'en conserve nul souvenir, ou bien ne s'en souvient que d'une manière extrêmement vague, comme s'il s'agissait d'un rêve. — Les phénomènes subjectifs de la mémoire étant éliminés par la rupture de la conscience, c'est la clinique seule qui nous renseigne sur révolution des faits physiques et mentaux qui aboutissent à l'acte. Il faut ajouter que lorsque l'acte est automatique, une cause d'erreur importante est éliminée,' la simulation de l'amnésie, avantageuse au sujet en cas de crime, inutile même en cas de survie au suicide.
R. DE Musgrave-Glat.
XIV. La folie dans la cientèle privée ; par H. G. Bristowe. {The Journal of Mental Science, janvier 1899.)
Les cas d'aliénation mentale sont une source d'embarras et de difficultés dans la pratique privée. La première pensée du médecin en présence d'un cas de folie est tout à la fois de dégager sa responsabilité et d'agir au mieux des intérêts du malade en l'envo3'ant le plus tôt possible dans un asile. Mais à combien de difficultés on se heurte. Il n'est pas toujours facile de décider si le cas est justiciable d'un certificat d'aliénation ; le magistrat refuse quelquefois de signer l'ordre malgré le certificat, oubliant trop souvent que ce document médical est l'équivalent d'une déposition faite en justice sous serment. Puis c'est la famille, c'est l'entou-
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rage du malade qui s'oppose à son înternemeot : bien souvent dans ces cas, le meilleur traitement du malade, c'est le traitement de son entourage par la persuasion. On veut toujours attendre, avant d'envoyer le malade à l'asile : combien de suicides sont dus à ces tergiversations. Une autre difficulté, c'est que le médecin lui-même n'a pas l'expérience d'un spécialiste pour découvrir les premiers indices du mal, et dans le doute, il craint d'engager, en si grave matière, sa responsabilité.
Il est fort rare, malgré l'opinion contraire répandue dans le public, que les aliénés puissent être convenablement et utilement traités chez eux, quelle que soit leur situation de fortune. Il y a pourtant une exception à faire, elle est en faveur des malades qui évoluent sur ce territoire que l'on a justement appelé la frontière de la folie.
Il faut évidemment laisser loin de l'asile le plus longtemps possible, ces malades qui sont parfois très intelligents ; mais il est indispensable de les surveiller de près, et de les interner sans retard dès qu'ils franchissent le moins du monde la frontière en question. — Les déments séniles, inoffensifs, peuvent aussi sans inconvénient être gardés dans la famille, pourvu que celle-ci soit dans l'aisance : sans quoi ils sont infiniment mieux à l'asile. — Enfin, Fauteur regrette que dans les institutions où l'on forme des garde-malades professionnelles ou volontaires, une ou deux conférences ne soient pas consacrées aux soins spéciaux que réclament les diverses formes d'aliénation mentale.
R. DE Musgrave-Glay.
XV. NoteB pathologiques sur quelques affections cardiaques obser- * vées à l'asile du comté de Durham, par T. Aldous Glinch. (The Journal of Mental Science^ janvier 4898.)
Ces notes comprennent cinq cas de lésion mitrale, trois cas de dégénérescence cardiaque, et un cas de vice de conformation congénital. R. M. -G.
XVI. Etiologie de la paralysie générale; par Sérieux. (Revue de médecine , février 1900.)
Ginquante-huit observations de paralytiques généraux avec le relevé des facteurs étiologiques. L'étiologie syphilitique a été classée en cas : d'origine syphilitique certaine, probable, probablement négative et en cas négatifs. Dans près de 80 p. 100 des cas, la syphilis peut être considérée comme certaine, ou du moins comme très probable. Son absence peut être affirmée avec quelque certitude dans 7 cas. La durée d'incubation entre l'accident primitif et l'apparition des premiers symptômes de la paralysie générale
semble être en moyenne de dix à quinze ans. Gomme autres facteurs étiologiques pouvant exister seuls, soit associés à la syphilis, les auteurs ont noté par ordre de fréquence Thérédité névropathique ou vésanique, Tarthritisme, Talcoolisme, la dothiénentérie, etc. Ils croient pouvoir en conclure que la syphilis semble de beaucoup la cause déterminante la plus fréquente de la paralysie générale, mais qu'en somme le rôle principal doit être attribué à la prédisposition. Il semble à peu près démontré aujourd'hui que la syphilis n'exerce pas une action spéciilque sur la paralysie générale, mais une action toxique pouvant être connexe avec d'autres poisons qui eux aussi sont capables de déterminer la méninge encéphalite. Cette affection devrait être considérée non comme parasyphtlitique, mais plutôt comme paratoxique. M. Hambl.
XVII. De la paranoïa aignd; par M. Kœppen. {Neurologisckes Centralblat, XVIII, 1899.)
Délire à idées systématisées passagères survenant le plus souvent chez des dégénérés, des imbéciles, des hystériques, des épileptiques, parfois chez des paralytiques et des déments séniles.
Il existe à côté de cela des cas simples à érolution rapide aboutissant à la guérison, notamment^ chez les alcooliques. Il peut même arriver que le tableau morbide en impose pour un délire systématisé chronique qui cesse tout à fait pour ne filus reparaître.
Ce sont surtout des idées systématisées, mal liées, mélangées sans ordre à des hallucinations qui ne détruisent pas la personnalité du malade ; il y a confusion mentale généralisée suivie d'une amnésie totale sous cette influence le malheureux ne peut plus penser, associer ses idées , est incapable de se rendre compte de ce qui se passe autour de lui, ne reconnaît plus exactement les actes et les qualités des personnes et cet arrêt de sa pensée il l'attribue à une influence extérieure ; là, gtt précisément l'élément de la systématisation.
Les illusions sensorielles sont multiples ; l'aliéné croit voir les rues plus pleines de monde que jadis, les gens lui paraissent avoir les yeux à fleur de tête; il prend les personnes les unes pour les autres, éprouve des sensations irrésistibles et.se sent obligé à courir derrière le médecin, à tourner en cercle. Anxieux, il est souvent excité, et ressemble par moments à un maniaque. Malgré cela, il ne perd pas aussi absolument sa personnalité que dans la confusion mentale.
Ces paranoïaques pensent qu'on est derrière eux, qu'on les observe, qu'on essaie de leur donner à entendre toutes espèces de choses sur ce sujet, ils ont toutes sortes d'idéeâ, de grandeur
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d'idées hypocondriaques, ea un mot toules les idées de la folie systématisée chronique.
Le terrain sur lequel se greffe le paranoïa aigu lui donne une nuance spéciale. Dans le paranoïa aigu alcoolique, interviennent tous les rêves imaginaires et mobiles d'origine sensorielle dans lesquels le malade joue un rôle quelconque, tel celui qui raconte qu'il lui est entré par Taine quelque chose qui venait en volant de la fenêtre, et que depuis ce temps-là il n'est plus le même homme parce qu'une autre personne dont il cite le nom, parle en lui par son ventre,
La paranoïa aiguë pure provient du surmenage, des veilles, des émotions, de l'inquiétude, d'un changement d'existence souvent chez un original. Greffée sur un fonds pathologique, elle se voit principalement chez les imbéciles (angoisse, idées de persécution absurdes) à l'état fugitif et chez les dégénérés où elle constitue le délire d'emblée de Magnan. Elle émane alors d'idées fixes fondées puis prédominantes, tel en temps d'épidémie la crainte d'être contaminé et l'idéel qu'on est atteint bien qu'on soit en parfaite santé. Il faut également tenir compte des idées délirantes à tendance systématique des saturnins, des névropathes, des paralytiques généraux, des séniles.
Il ne faut point cependant confondre la paranoïa aiguë avec les poussées aiguës de la folie systématisée chronique ; à côté de cela il y a la paranoïa aiguë avec rémission, la paranoïa aiguë à répétition, la paranoïa périodique.
Le traitement consiste à discuter les idées délirantes ce qui réussit parfois, à placer le malade dans d'autres conditions que celles où il se trouvait au moment où a débuté la maladie.
P. Kbraval.
XVIII. Deux cas d'idiotie familiale amaurosiqne. (The Journal of nervousand mental Discase, mai i900.)
L'un de ces cas est présenté par Hugh T. Patrick, l'autre par Sydney Kuh. L'examen ophthalmoscopique. est fait par Chas H. Beard.
i^' cas (celui de Patrick). — L'enfant présente les manifestations suivantes : paralysie cérébrale infantile bilatérale, imbécillité ou idiotie, amblyopie progressive, extrême sensibilité au bruit, lésions ophthalmoscopiques absolument caractéristiques. Disque de dimensions normales, au bord très net, plus net que normalement; anneau choroïdal très distinct, c'est-à-dire ne présentant pas la striation radiée qui existe normalement dans les yeux des enfants. Lamina cribrosa légèrement voilée, cependant visible. Pas d'atrophie marquée du nerf optique et de la rétine.
La moitié temporale de la papille est nettement blanche, et les
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vaisseaux réliniens soot tous un peu diminués de volume. La choroïde et le pigment hexagonal, partout où il est visible, semblent normaux. Mais la lésion absolument pathognomonique deTafifection se voit au niveau de la macula lutea. Entourant la fovea centrale et concentrique à elle, bien que deux ou trois fois aussi large, se voit un disque de coloration analogue à celle du tissu hépatique. Ce disque est le centre d'une zone blanc grisâtre, qui présente en tous sens, à partir du centre, la largeur de deux papilles. Cette zone s'atténue graduellement et se confond avec la couleur rougeorangé normale du fond de Tœil. Ce disque livide est net sur ces bords comme une pièce de monnaie^ régulier dans sa limite phériphérique à Rencontre de ce qui se passe dans les lésions inflammatoires aiguës où la rétine avoisinante est infiltrée; il n'est pas non plus rouge-cerise ou carmin, comme cela se voit dans d'autres cas, mais très nettement brunâtre. Au lieu de coïncider en étendue avec la fovea, il a des dimensions plus étendues. C'est-à-dire, au lieu de marquer Taire occupée par les cônes seuls, il marque celle qui est privée de cellules ganglionnaires.
Un autre signe distinctif de haute valeur existe dans le caractère de la zone blanchâtre qui entoure le centre. Celle-ci est nébuleuse plutôt que nuageuse. Elle est presque blanche à la circonférence du disque brun; et delà s'atténue graduellement, mais elle est transparente et au travers d'elle on perçoit une certaine coloration, Loin d'obscurcir les vaisseaux qui la pénètrent, elle les rend plus distincts par contraste, de telle sorte qu'on peut suivre les plus petits d'entre eux jusqu^au point central.
2« cas (celui de Kuh). — Idiotie, amblyopie progressive, grande sensibilité au bruit. A l'encontre de l'autre enfant, il est de race sémitique, fait habituel dans cette affection.
Les lésions ophtalmiques sont, dans ce deuxième cas, exactement les mêmes que dans le premier, à tel point que Beard ne donne pour les deux qu'une seule description. A. Foulard.
XIX. Nonveiles observations d'érenthophobie; par W.-M. Bech- TEREW. (Obûzrènie psichiatrii, III, q9 5, 1898.)
Article russe déjà publié en allemand dans le Neurologisches CentralbL de 1897. Déjà analysé. P. Keraval.