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PARALYSIE GÊNBRALB ET SYPHILIS HÉRÉDITAIRE

rentre au corps, puis le 3 janvier 1899 est présenté devant la commission de réforme directement par son médecin major pour affaiblissement progressif des facultés intellectuelles.

Durant son séjour à l'hôpital, le nommé L... n'a pas présenté de manifestations psycliopathiques assez accusées pour appeler Tattention du chirurgien sur son état menlal. Doux et discipliné, n*étant astreint à aucun travail manuel ou intellectuel, il passait pour un esprit faible dont Tinstruclion militaire restait des plus lentes. Ce ne fut que le 3 janvier 1899, date de la réforme, que nous connûmes par le médecin major du régiment et par le capitaine commandant sa batterie les troubles psychopathiques que présentait L... depuis son incorporation en novembre 1897, caractérisés essentiellement par une insuffisance intellectuelle absolue. Mal^^ré son application à l'étude, il n'avait jamais pu apprendre quelque peu ses théories militaires; désireux de bien faire et très obéissant, il était incapable d'exécuter les ordres les plus simples. Un de ses camarades l'envoyait-il à la cantine chercher du tabac, il lui rapportait du pain ; s'il était chargé de balayer la chambre, il s'en acquittait très scrupuleusement mais en divisait les balayures en autant de petits tas que la chambre comptait de lits, pour les déposer ensuite religieusement sur ceux-ci. Les chefs et les médecins du corps ayant certifié au conseil qu'après observation cet homme leur paraissait réellement inapte, au point de vue intellectuel, au service armé, sa réforme a été prononcée. Le service hospitalier n'a jamais été appelé à l'examiner et à donner son avis sur son état mental.

Il semble donc ressortir nettement de ces faits que les troubles psychopatiques présentés par le nommé L... sont antérieurs à sa fracture de cuisse et que son traumatisme n'a pas semblé exercer une influence au moins immédiate sur cet état psychique. »

Je n'ai rien à ajouter à un document si plein d'intérêt et d'enseignement, et j'insiste à nouveau sur le caractère effacé, fruste, de la paralysie générale juvénile et sur la nécessité d'y songer et de la rechercher chez les adolescents en voie de déclin mental, si on ne veut pas s'exposer à la méconnaître.

Fracture spontanée. Radiographie, — Il ne me reste plus maintenant qu'à dire un mot de la fracture de cuisse survenue chez mon malade pendant sou séjour au régiment.

Les conditions dans lesquelles s'est produite celte fracture chez un jeune homme de vingt-deux ans, sans traumatisme, sans chute véritable, dans un simple afîaissement du corps de sa seule hauteur, permettent de la considérer comme une fracture à peu près spontanée.

Je ne veux point traiter ici cette question de fractures spontanées dans la paralysie générale, où elle est encore disculée, et je me borne à dire qu'il serait étrange que ce trouble trophique seul ne put se produire dans la maladie de Bayle, alors qu'on y rencontre tous ceux, depuis le mal plantaire jusqu'aux dystrophies ungucales et dentaires, qu'on a décrits dans le tabès. Pour ma part, j'ai déjà observé et signalé plusieurs faits de ce genre.

Par une sorte de contradiction pour ainsi dire paradoxale» la facilité aux fractures, dans certaines maladies, comme la paralysie générale, n'a d'égale on le sait, que leur facilité de réparation. C'est ce qui est arrivé chez Victor L..., qui a* parfaitement guéri, sans complication, sans trace de raccourcissement et de boiterie. La figure ci-contre donne, du reste, une reproduction de la radiographie de sa cuisse, exécutée dans le laboratoire de physique de mon ami le professeur Bergonié. Elle montre la perfection du cal osseux.

J'ai pensé, à ce propos, que la radiographie serait suscep« tible de montrer si le fémur, chez mon malade, était plus grêle que normalement, et aussi si ce fémur présentait une raréfaction plus ou moins grande du tissu osseux.

Grâce à l'amabilité du professeur Bergonié, qui a bien voulu radiographier la cuisse de A'ictor, sur un même cliché, à côté de celle d'un individu du même âge et de même taille, j'ai pu m'assurer qu'il n'existait entre les deux aucune différence appréciable.

Pour le reste, mon collègue, si compétent, estime que la radiographie n'est pas actuellement en mesure de déceler, d'une façon précise, l'état de nutrition des os, des circonstances multiples pouvant faire varier l'opacité du membre radiographié.

11 n'en reste pas moins que cette nouvelle et merveilleuse méthode d'exploration, appliquée à l'étude de certaines lésions profondes chez les paralytiques généraux, en particulier à celles des fractures, est susceptible de donner des résultats intéressants, et je rappelle que le D'' Lalanne, continuant

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mon premier essai sur ce point, a présenté au récent Congrès international de médecine (section de psychiatrie) et à celui de l'Association française pour Tavancement des sciences, une série de plusieurs cas curieux do fractures dans la paralysie générale, nettement relevées par la radiographie.

Quant aux hernies musculaires de cavalier, chez mon malade, que le professeur Lanelongue de Bordeaux et son chef de clinique le D"" de Boucaud ont bien voulu examiner et vérifier chirurgicalement, je me borne à signaler, à leur égard, la possibilité de la même cause adjuvante que pour la fracture spontanée : le trouble de nutrition.

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