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ET JOFFROY

M. Magnan, avant de céder le fauleuil de la présidence à son successeur qui Ta déjà aussi occupé, passe en revue les principales discussions qui se sont déroulées devant la Société dans le cours de sa présidence. Il conclut en constatant que la Société a pris une très large part dans l'importante manirestation scientifique qu*a été le Gong^rès de médecine, réuni à Toccasion de TExposition universelle. En adressant un dernier mot de souvenir aux membres décèdes en 1900, M. Magnan fait connaître que M"** Y"' Bouchereau et M"° Bouchereau ont versé, en mémoire du D' Bouchereau une somme de 5 000 francs à la Société des médecins aliénisles de France.

M. JoFPROY fait réloge de la présidence de son prédécesseur et ami M. Magnan et remercie la Société qui Ta appelé de nouveau à diriger ses travaux. — M. Motet qui l'année prochaine prendra aussi pour la seconde fois la présidence, h l'occasion du cinquantenaire de la Société, annonce son intention de faire la biographie de tous ses membres fondateurs.

Commission des prix : Prix Belhomme (900 francs). La question à traiter était la suivante : Du délire chez l'idiot et Timbéciie à Texclusioa des arriérés. Un mémoire a été déposé. Commission : MM. Blin, Legrain, Rou-binowitch, Sérieux et J. Voisin. — Frix Esquirol (200 francs et les œuvres d'Esquirol). Deux mémoires. Commission : MM. Antheaume, Boissier, P. Garnier , Motet et Vallon. — Prix Moi'eau (de Tours) (200 francs). Huit mémoires. Commission: MM. Briand, Deny, Dupain, Legras et Moreau (de Tours). Prix Sémelaigne (500 francs). Questions : De la protection de la fortune des malades placés dans les établissements d'aliénés (Deux mémoires). Commission : MM. Brunet, Febvré, Meuriol, Sémelaigne, Taguet.

Un cas de décnbitus aigu,

M. DouTREBEi^TF. commuuique à la Société un cas de décubitus

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aigu chez un hémiplégique du côté gauche; la lésion siégeait exclusivement au centre de la région fessiére droite. M. Uoulrebenle fait remarquer que le déciibilus aigu, après hémorragie cérébrale suivie d'hémiplégie, se produit habituellement du côté paralysé et se distingue neltement par la rapidité de son évolution et le peu de profondeur de la lésion des eschares sacrées dues au séjour prolongé au lit.

Considérations sur la pnralysie générale, à propos d'un cas sinrvenu chez une jtwic fille hérédo-syphililique; par M. L. Marchand et Cl. Vurpas.

Le sujet de l'observation, ï..., est une jeune fille âgée de vingttrois ans à son entrée à IWsile de Villejuif, dans le service de M. le D' Briaud où nous Tavons observée. Elle présentait des signes très nets d'hérédo-syphilis et d'infantilisme. L'affection mentale débuta à dix-sept ans par uu alTaiblissement progressif de l'intelligence. Jusqu'alors la malade avait été relativement intelligente, et avait même obtenu son certilicat d'études. Elle eut aussi de? mélancolies alternant avec les périodes d'agitation de attaques épileptiformes et de Taphasie passagère. A Tàge de vingt-trois ans, l'embarras de la parole s'accentua; plus tard les attaques apoplectiformes, laissèrent à leur suite des troubles paralytiques passagers (hémiplégie à gauche). Puis survinrent de l'atrophie, musculaire et des eschares. La perle de l'intelligence ne fut jamais ui complète ni globale. La malade T... succombait à vingt-quatre ans et demi, six mois après l'entrée à l'asile, huit ans après le début de raiîeclion.

L'autopsie permet de relever une atrophie cérébrale manifeste, des adhérences de la pie-mère avec le cortex et l'existence des granulations au niveau du plancher du quatrième ventricule.

A l'examen histologique des vaisseaux du cortex on constata de la diapédèse autour de la moelle, une néoforniation vasculaire au niveau de la substance grise, de Thypcrproduction névrogliquc surtout au voisinage des vaisseaux et la disparition des fibres taugentielles et de la strie de Baillarger.

Les grandes cellules pyramides, mais surtout les petites sont lésées; il en est de même des cellules de la moelle.

Les cordons postérieurs de la moelle sont sclérosés ainsi que la bandelette externe de Charcot et Pierret. Ce tableau ressemble à ceux que les auteurs donnent de la P. G. juvénile, alors que )a maladie est étiquetée idiotie, imbécilité, démence précoce, etc. L'excitation maniaque, la dépression mélancolique sous lesquelles raffection s'est maiiifesLée au début chez cette malade, aurait pu passer pour de la manie ou de la mélancolie, les attaques épilcptilormes pour des attaques d'épilepsie.

SOCIÉTÉS SAVANTES. oOl

S'agil-il ici de P. G. ou de syphilis cérébrale comparable aux myélites embryonnaires dilTuses ((lilbert et Lion) ou aux encéphalites embryonnaires diffuses (Rumpol, Uaymond]? L'examen anatomique ne dévoile aucune lésion qui soit indubitablement de nature syphilitique. La néoformation vasculaire expliquerait la disparition rapide des paralysies ainsi que Taphasie consécutives aux attaiques apoplectiformes. La lésion tabétiforme coexistant avec l'exagération des réflexes pendant les attaques semble donner un gage à l'hypothèse de Scherrington, qui vent que le réflexe soit produit par la secousse transmise par le tendon aux muscles.

M. Briand. — L'observation que vous venez d'entendresoulève un autre problème que celui des paralysies générales juvéniles. Je veux parler de celui des pseudo-paralysies générales. Le syndrome paralysie générale, (affaiblissement en masse des facultés intellectuelles, hésitation de la parole, inégalité pupillaire et troubles de la réflectivité pour ne parler que de ses principaux éléments constitutif') peut-il exister en dehors de renlitc.raorbide*? Ou bien la pseudoparalysie générale alcoolique saturnine, syphilitique, arthritique, etc., n'est-elle qu'une paralysie générale vraie, en rémission ou guérie, survenue chez un alcoolique, un saturnin, un syphilitique, un arthritique., etc., à moins encore que les faits publiés ne soient des cas mal observés pouvant, à la rigueur, être confondus avec la paralysie générale sans cependant la simuler?

La question reste posée, sans que l'observation qui vient devons être communiquée ail la prétention de la résoudre.

J'ai publié autrefois * l'observation d'une malade qu'on avait tout lieu de croire paralytique générale et dont le cerveau était farci de kystes hydatiques donnant l'aspect d'une lésion diffuse.

Daiis l'observation qui fait Tobjet principal de la communication que vous venez d'entendre, s'agit-il d'une de ces paralysies juvéniles, sur lesquelles mon savant ami licgis a, il y a quelques années, rappelé l'attention? On ne peut lafArmer : 11 manquait à cette jeune fille, très manifestement hérédo-syphilitique ce que je voudrais appelerl'aspect sincèrement paralytique général. Ses facultés intellectuelles, si elles s'étaient progressivement amoindries, ne l'étaient pas également dans leur masse ; la preuve en est dans ce fait que, peu de temps avant de succomber dans le marasme, au milieu de son indifférence, survivaient quelques sentimcnls affectifs. Elle montrait, par exemple, de la joie en voyant sa mère et nous a toujours reconnu jusqu'au moment de l'agonie.

Vous avez entendu la lecture des pièces du procès, on a fait passer sous vos yeux quelques photographies macroscopiques. A vous de juger.

* Journal des Connaistiances médicales du professeur Cornil, numéro du 11 décembre 1879.

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S'il me fallait cependant conclure, je dirais que la jenne T. .. était atteinte d'une encéphalopathie hérédo- syphilitique d'un caractère assez diiTus pour se traduire par un syndrome rappelant celui de la paralysie générale. Que serait donc alors la paralysie générale vraie? Sans préjuger de Tordre de subordination des altérations pathologiques, on peut la considérer comme une lésion inflammatoire à étiologie multiple et produite indifféremment par un agent infectieux, syphilis, alcool, aulo-intoxicalion (surmenage) ou etc., etc.

Cette interprétation nVùt-elle pour effet que de mettre d'accord des observateurs comme Magnan, Mierzejewski, Mendel, etc. d'une part; avec Tuczeck, Ziegler, Binswanirer, Joffroy, Pierre t, etc. ou Ballet, Klippel, etc.; ou encore d'autre part : Fournier, Régis et plusieurs autres cliniciens distingués, qu'elle mériterait d'être soutenue.

J'y trouve, pour ma part, l'explication de bien des faits en apparence discordants : quand chez. un syphilitique devenu dément on trouve encore la signature de la syphilis, on ne devra par exemple, diagnostiquer qu'une encéphalopathie-syphililique. Si la signature est efTacée que la démence soit globale et que la lésion soit celle de la paralysie générale, les partisans de l'éliologie syphilitique pourraient s'approprier le cas et qualiiler la lésion de para-syphilitique.

M. le professeur Raymond a d'ailleurs publié trois observations dans les(}uelles on pnsse hislologiquement de la syphilis cérébrale à la paralysie générale. La même interprétation s'applique tout aussi bienaux faits magistralement enseignés parM. Magnan quand il montre la transition insensible de l'alcoolisme chronique vers la paralysie générale qu'à ceux signalés par M. Klippel quand il décrivait dans ces temps derniers une paralysie générale d'origine rhumatismale.

M. Toulouse insiste sur les difflcultés du diairnostic delà paralysie générale juvénile à une certaine époque de la maladie, il lui semble que les lésions décrites dansTobservation de la malade de M. Hriand sont tellement voisines de celles de la paralyse générale, qu'il y a lieu de croire qu'il s'agit bien d'une paralysie juvénile. Parfois celle-ci revêt la marque de la débilité mentale, parfois on la confond avec la démence précoce. M. Briand, dil-il, fait remarquer que ce qui crée le syndrome clinique c'est surtout le syndrome aiiatoraique. Je ne crois pas qu'on puisse pousser la comparaison aussi loin. J'aimerais mieux admettre que le syndrome hormis le cas de paralysie générale vrair*, est seulement un syndrome simulé comme dans l'observation qu'il a publiée de kystjes hydatiques du cerveau faisant croire à l'existence d'une paralysie générale vraie. En ce qui concerne sa dernière malade je me

rallierais assez volonliersau diagnostic de paralysie générale juvénile vraie, car elle se rapproche beaucoup d'un autre cas publié par M. Marchand et qui pour moi était très net.

M. Legrain. — Les réserves de M. Briand et les observations de M. Toulouse sont tout à fait à leur place. J'ai publié, il y a quelques années, un cas comparable dont le diagnostic est resté malgré Taulopsie, très difficile. Celle-ci a démontré que le malade avait débuté par une lésion circonscrite devenue plus tard diffuse. La débilité mentale qui traduisit cet état, était peu aisée à différencier de celle qui caractérise un début de paralysie générale.

M. Briand. — Ce qui m*a fait surtout réserver le diagnostic de paralysie juvénile vraie, c'est la persistance de quelques lueurs d'intelligence au milieu de l'effondrement général. En effet, jusqu'au moment de Tagonie celte malade nous a toujours reconnus H. Vurpas et moi ainsi que sa mère et rinfirmière qui la soignait.

Séance du 25 fécrier 1901. — Présidence de M. Jofproy. Bôk des compressions kinesthésiques dans la maludie du doute.

M. P. SoLLiER développe l'opinion que certaines formes de la maladie du doute tiennent à des troubles de la mémoire : quelques douleurs croient n'avoir pas fait ce qu'ils ont fait ; d'autres craignent d'avoir accompli des actes qu'ils n'ont pas accomplis. La discontinuité dans les souvenirs peut donc parfois expliquer le doute, mais cette disconlinuité n'est pas un fait primitif : elle résulte d'un trouble momentané de la conscience. On peut alors se demander pourquoi le sujet remplit le temps d'inconscience par des actes en contraste avec son caractère habituel, plutôt que par des actes quelconques, auxquels aucune préoccupation ne serait attachée'.

Une de ses malades craignait de mettre des épingles dans les carafes de la table et une autre de les porter à sabouclie et les avaler. L'une et l'autre éprouvaient une sorte de contraction dans le bras parfois assez forte pour que, dans la crainte de succomber elles se prissent le poignet avec l'autre main. Mais, quand l'impression n'était pas aussi forte, et qu'aucun sens n'intervenait pour contrôler leurs actes, il leur restait une impression vague du mouvement nécessaire à l'accomplissement de l'acle redouté et la crainte de l'avoir accompli. Gomment n'auraient-elles pas douté?

Un jeune homme se figurait encore porter sa main à ses parlies génitales et projeter du sperme ou d'autre liquide sur les personnes qui se trouvaient devant lui, ou loucher les plaies, les boulons qu'il voyait à d'autres personnes, et mettre ses mains dans les saletés qu'il pouvait rencontrer. Aussi passait-il son temps à se

contracler les bras derrière le dos pour résister à ce qull appelait ses mouvements nerveux. Or un jour il sentit son bras s'allonger tellement qu'il pouvait atteindre un mur situé à plus de 30 mètres, passer par-dessus et plonger avec la main dans des ordures situées de l'autre côté, il reconnut cette fois que ce n'était pas possible et qu'il était le jouet d'une illusion, mais cela ne rempêclia pas d'ailleurs de rester absolument convaincu que, dans tous les autres cas, les mouvements qu'il croyait exécuter n'étaient pas également une simple impression subjective. Ce qui le confirmait dans son doute c'est qu'il avait constaté que lorsqu'il se sentait ainsi poussé à faire ce qu'il ne voulait pas, il avait comme un vertige qui lui faisait perdre la conscience nette des choses, et que dès lors il était incapable de savoir combien cela durait et ce qu'il avait fait pendant ce temps.

Illusion kinesLhcsique des mouvements nécessaires à l'accomplissement de l'acte qu'on redoute, contredite par les sens, mais avec obnubilation .de la conscieuce^^empêchant de tenir compte du contrôle de ces derniers, tel parait êiâ>.^our M. Sollier le mécanisme du doute dans certaines phobies.

M. SÉGLAs croit qu'il faut établir des distinctions entre les Couleurs. Au point de vue du mécanisme, l'idée de doute ne se présente pas toujours de la même façon dans la crise obsédante : elle est fiéquemment due à des troubles de mémoire, non primitifs, mais secondaires tenant au défaut d'attention au moment de l'accomplissement de certains actes. D'autres fois l'illusion est la conséquence de dissociation d'idées par contrastes. En effet, une idée amène toujours une idée contraire. L'homme normal ne s'en préoccupe pas, tandis que le douleur hésite entre les deux. L'idée de doute peut aussi se transformer en auto-accusation, comme dans l'exemple suivant : une femme avait la crainte de frapper les personnes qu'elle rencontrait, parce qu'elle avait la sensation que sa main accomplissait l'acte de frapper. Plus lard elle crut avoir frappé et eut des idées délirantes d'auto-accusation et de culpabilité imaginaire. Un autre malade devenu auto-accusateur par le même mécanisme a fini par se transformer en persécuté.

M. Sollier partage l'opinion de M. Séglas en ce qui concerne l'évolution de l'idée de doute vers un délire systématisé.

Hallucinations psychojnotrices et spintiifme ckez une paralytique générale.

M. ïrénel rapporte l'observation d'une paralytique générale, ayant des hallucinations psychomotrices qu'elle rattache au spiritisme. La malade est âgée de quarante-huit ans; elle prend part depuis des années à des séances de spiritisme. Depuis d.x-huit mois elle se livre à ces pratiques avec frénésie, mais ne parait pas

avoir obtenu elle-raéme les résultais habituels, malj^ré ses essais répétés. En avril 1900, des troubles nienlaux deviennent manifestes. La malade exprime des idées hypochondriaques à propos d'une sialorrhée intense qui dure plusieurs mois. Entrée à Tasile Saint- Yon en octobre 1900 à la suite d*un accès d'agitation, elle présente alors des hallucinations psychomotrices (on lui parle dans le ventre, elle est ventriloque) accompagnées de sialorrhée, de mâchonnement et de mouvements plus ou moins conscients de la main droite. Les pratiques spirites, au mo^'en de la table, sont accomplies par la malade d'une façon tout à fait niaise et absurde. Les signes physiques de paralysie générale consistent en un trouble d'ailleurs lé^'er, de la parole, de troubles pupillaires, de Texagéralion des réflexes.

Ce qui fait Tintérét de cette observation c'est la présence d'hallucinations psychomotrices dans la paralysie générale, dont il n'existe que 9 observations, et d'autre part leur apparition, à la suite de pratiques spirites qui, peut-être, ont produit unéréthisme particuher des centres psychomoteurs.

M. Brian D. — La sialorrhée n'est pas rare dans la paralysie générale; elle s'explique, le plus souvent, par une idée hypochondriaque qui pousse la malade à cracher continuellement. En ce qui concerne les idées spirites présentées parla malade de M. Trénel, je ne suis pas éloigné de croire que Tliallucination psychomotrice est très fréquente chez les médiums du type Allan-Kardec et qu'elle explique la sincérité de quelques-uns. J'ai observé un malade très instruit, appartenant à une famille spirite dont il plaisantait la crédulité, jusqu'au jour où il eut lui-même une hallucination psychomotrice. Le Christ lui parla par sa propre bouche. Il se crut médium et à partir de ce jour accomplit les actes les plus dangereux pour lui-même (auto-mutilations, tentatives répétées de suicide, etc.) en exécution d'ordres qu'il recevait delà sorte.

M. SÉGL.As a publié l'observation d'une aliénée spirite avant son aliénation et qui finit par tomber dans un délire chronique de persécution. Sans dire que toutes les personnes qui se livrent au spiritisme sont hallucinées, on doit cependant reconnaître que, dans les descriptions d'Allan-Kardec, on retrouve souvent tous les caractères des hallucinations verbales.

M. DuPAiN a suivi une malade demeurée fort longtemps dans un complet mutisme à la suite des faits suivants : c'était une spirite qui interrogeait les tables. Un jour la table lui annonça un fort héritage et lui défendit désormais de parler. A partir de ce jour elle ne proféra plus une parole.

M. G. Ballf.t ne voit pas bien où est la limite qui sépare le spirite de l'aliéné. Un médecin adonné depuis longtemps aux pratiques du spiritisme se crut d'abord médium moteur, puis médecin

enlendant. Longtemps spirile vulgaire, il sauta iio jour par sa fenêtre, puis chercha à se couper la gorge, se frappait la léte contre les murs pour obéir aux esprits, sans dilTérer sensiblement de ce qu'il était comme spirite. On dut Tin terner pour k protéger contre lui-même.

Aujourd'hui, il a des hallucinations plutôt psychiques que psychomotrices vraies. 11 entend la voix des esprits et de son père qui lui ordonnent de prier et il s'use les genoux en prières. M. Ballet donnera plus tard Tobservalion complète de cet intéressant malade.

M. Thknel. — L'histoire de ma malade m'a paru digne d*étre rapportée parce qu'il s'agit d'une maladie à lésions définies dans laquelle s*ost rencontrée rhaUuc>nation, symptôme qu'on observe dans les vésanies, muladies sans lésions. La sialorrhée était très abondante et plus vraisemblablement d'origine bulbaire que d'origine hypochondriaque.

M. Magnan. — Quels étaient les antécédents héréditaires de votre paralytique ?

M. Trknel. — 11 m'a été impossible de les connaître. Elle avait les oreilles mal ourlées et était sujette dans l'enfance à des crises hystériformes.

M. Magnan. — Ses antécédents personnels peuvent très bien expliquer, à défaut delà connaissance d'une hérédité plus ou moins charc^ée, qu'elle ait eu des troubles psychiques. Un paralytique général peut se présenter sous les dehors familiers aux vèaauies vraies. M. Maguan développe l'opinion que c'est dans l'hérédité plutôt que dans la pratique du spiritisme que M. Trénel doit cliercher rétiologie et l'explication des hallucinations psychomotrices présentées par sa paralytique générale. M. B.

Séance du 25 mai'S 1901. — Présidence de M. Joffkoy.

Le Skcrktaire général adresse au nom de la Société des félicitations a son président M. Jofîroy qui vient d'être élu membre de l'Académie de médecine.

M. JoFKROY remercie la Société de la nouvelle marque de sympathie qu'elle lui donne alors que chacun des membres en particulier lui a déjà adressé des compliments individuels.

Suppression de Viniage d'un hystérique, reflétée dans une glace.

M. SoLLiER a observé un jeune garçon hystérique qui, brusquement, a cessé do voir sa propre image reflétée dans une glace en face de laquelle il se trouvait. Tous les autres objets qui l'environnaient étaient visibles pour lui, alors que la glace lui sem-

blail un verre transparent. Guy de Maupassant, ajoute M. Sollier, a déjà décrit ce phénomène dans le Horla, Peut-être Tavaii-il luimême éprouvé ?

Le bromure de potassium dans répilepsie,

M. TcULOLSE rapporte le résultat de quelques recherches qu'il a effectuées relativement à l'administration du bromure dans Tépiepsie. il lui semble qu'il est préférable d'administrer le bromure aussitôt après Tattaque. Marcel Briand.

SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE

Séance du 18 avril 1901. — Présidrsce de M. Gombaclt, vice-président.

Syndrome de Webcr et iitubatian.

M. Touche rapporte le cas d'une malade ayant présenté ces deux phénomènes, rophtalmoplêgie droite était très nette, la parésie et surtout l'incoordination est marquée au bras gauche; les deux membres inférieurs sont alrophiques, parétiques et privés de réflexes; la titubation surajoutée est intense. Au début, il y a eu des céphalées, des vertiges et des vomissements. A l'autopsie, on trouve une tumeur volumineuse de la région pédonculaire comprimant l'oculoraoteur commun droit et inégalement les deux pédoncules. La titubation était due à la compression cérébelleuse déterminée par la tumeur ; les deux amygdales sont en effet refoulées et engagées dans le trou occipétal dont elles portent encore l'empreinte.

M. P. Marie a déjà attiré l'attention sur cette altération par compression des amygdales cérébelleuse dans des cas d'hémorrhagie cérébrale de la région postérieure.

A dipose douloureuse.

MM. AciiARD et Laubry rapportent l'histoire et présentent des photographies d'une malade de 79 ans, qui à la suite d'un traumatisme présenta les premiers signes (actuellement au complet) de la maladie de Dercum. La face, les mains et les pieds sont indemnes, l'infiltration adipeuse est diffuse sur le tronc mais net-

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tement Dodulairc aux membres: les doaleurs sont sponlanéos et augmentées par la pression; les réflexes sont intacts; la sensibilité n^est pas modifiée, il y a eu au début des métrorrhagies, actuellement il y a des épistaxis ; il n'y a pas de troubles thyroïdiens. Ce cas vient donc compléter les descriptions de Dercum, de White, de Gindiceandrea, d'Eshner, etc., qui n'ont rencontré aussi celle affection que chez la femme.

M. Marie a dans son service un homme atteint d« symptômes analogues, fait évidemment très rare.

Hémia$yn€rgic et hémUremllement d'origine cérébello-protubérantielle,

M. Babïnski. — Le malade atteint d'hémiasynergie et d'bémitremblement du côté droit que j'ai présenté à la société au mois de février dernier a succombé à une infection grippale le 25 mars.

L'autopsie a décelé l'existence d'une cholisléalome qui remplit l'espace compris à droite, entre le bulbe, la face inférieure du cervelet et la protubérance, celte tumeur n'est pas énuclédhle et envahit la substance du cervelet; elle empiète sur la protubérance; le facial et l'acoustique sont perdus dans la masse. Aucun œdème sous-arachnoïdien. Le cerveau n'est pas comprimé.

Naturellement, quand les pièces seront en état d'être étudiées sur des coupes, un examen microscopique sera fait et nous en ferons connaître les résultats.

Mais dès maintenant je suis en droit de dire que le nécroposie a confirmé dans leurs traits essentiels les déductions que j'avais tirées de l'observation clinique de ce malade.

11 existe bien un syndrome consistant en des troubles de motilité qui occupent un côlé du corps, qui se caractérisent principalement au membre supérieur par un tremblement, au membre inférieur par une perturbation de la faculté d'association des mouvements, la synergie musculaire et ce syndrome dépend d'une lésion cérébelleuse ou cérébello-protubéranlielle siégeant du même côté.

Les causes provocatrices et la pat/wgénie des tics de la face et du cou,

M. H. Mkige et Keindel. — Le tic, geste motivé au début, devenant dans la suite machinal et irréfléchi en raison d'une prédisposition du sujet reconnaît le plus souvent comme cause provocatrice Vimitation ; mais pour chaque tic particulier certaines causes semblent agir plus spécialement.

Dans les tics des yeuXj ce sont les corps étrangers, lesinflamma- I tions des paupières, l'action de la vive lumière, ou certains défauts

de la vision. Pour les tics du nez, les coryza», les petits furoncles ; pour les tics des lèvres, les gerçures, pour les tics de la langue, les anomalies de la denlilion ; pour les tics duconet de Vépaule la gêne produite par une coiffure ou un vêtement. Il faut toujours chercher celte origine en vue de la prophylaxie et du traitement.

M. Pari.naiid confirme ces données. On guérit souvent un blepharospasme clonique en faisant disparaître des granulations.

M. E. DcPHi. Le tic est un réflexe cortical, taudis que le spasme est un réflexe sous-cortical. 11 se produit à l'origine du tic un phénomène analogue à celui qui préside à la genèse des obsessions ou des impulsions, et que Ton qualifie de choc émotionnel. Aussi IfS obsédés et les impulsifs appartiennent-ils à la même catégorie morbide que les liqueurs. Le fait principal, c'est la participation de la conscience au début ; puis peu à peu par la répétition de lacté réflexe la disparition du rôle de la conscience.

M. Meigk. C'est là précisément ce que montrent les cas que nous avons observés et ce qui prouve Tiniportance thérapeutique de la connaissance de la cause provocatrice.

Endothélioma cérébral.

MM. DupRB et Oevaux montrent la pièce et des dessins d'un gros épithélioma développé à la base de Thémisphère gauche d'un malade n'ayant éprouvé que les symptômes généraux d'une tumeur sans signes de localisation.

Spasme névropathique d'élévation des yeux.

M. P. Marik présente pour la troisième fois un malade que M. Crouzon a montré en janvier 1900 et que M. Babinski a montré aussi en juin l'JOO. M. Marie pense que Ton a affaire à un spasme de rélévation comme M. Crouzon, premier présentateur. Pour M. Babinski (avis confirmé par M. Parinaud), il se serait agi d'une paralysie du mouvement associé d'abaissement, paralysie de nature organique et d'origine supranucléaire. Or, si le malade tient la tête en l'ai-r dans l'extension forcée, il peut aisément suivre un doigt qu'on abaisse et cela sans baisser la tête, le mouvement en bas des globes oculaires est donc possible. Dans une position normale au contraire, il ne peut regarder ses pieds par suite du spasme d'élévation qui s'élablit lui faisant porteries yeux en haut quand il fléchit la tète. Au bout d'une demi-minute les yeux reprennent une position directe, le spasme étant vaincu. Un peu de bégaiement à l'orme hystérique, le rétrécissement bilatéral du champ visuel, le bon effet de l'application d'un aimant militent avec les anamnestiques, en faveur de la nature purement névropathique et non pas organique de ce trouble.

M. Parinaud reconnaît la possibilité de cette interprétation, cependant reprenant le mécanisme physiologique des mouvements de rœil, il localiserait la lésion supposée corticale de ce malade à la zone inférieure du centre oculomoteur en avant de la frontale ascendante,

M. Babinskt. Lorsque j*ai présente ce malade, Tannée dernière, j'ai combattu Thypothèse qui avait été émise d'après laquelle les troubles oculaires dont il est atteint devraient être considérés comme un « tic d'élévation des yeux », analogue aux tics d'habitude et en particulier au tic mental.

Je faisais remarquer que dans TafTection dénommée torticolis mental ou spasme du cou, le malade est en mesure d'accomplir dans des moments de calme un mouvement opposé à celui que le spasme fait exécuter, tandis qu'ici le mouvement opposé à l'élévation, c'est-à-dire l'abaissement, est toujours impossible, que, de plus, dans le cas qui nous occupe, le début a été marqué par un ictus et qu'on n'observe jamais rien de pareil dans le torticolis mental. Ces arguments me paraissent avoir toujours la même valeur. M. Marie, il est vrai, est disposé à abandonner ce diagnostic.

il soutient seulement qu'il s'agit non d'une affection organique, mais d'un trouble fonctionnel qu'il tend à rattacher à l'hystérie et que le spasme des élévateurs est bien primitif et non consécutif à une paralysie de l'abaissement, dont il conteste la réalité.

Il cherche à établir d'abord que le malade est hystérique cela Càt possible. Je ferai observer toutefois que lorsque M. Crouzon l'a présenté à la Société, il n'avait pas été question d'hystérie et dans sa communication, il n'y a pas un seul stigmate de cette névrose qui ait été noté : on peut donc penser que l'apparition de l'hystérie, si tant est qu'elle existe nettement pour le moment, a été consécutive à l'affection oculaire. Du reste, que le malade soit ou ne soit pas hystérique, que l'hystérie soit de date ancienne ou de date récente, c'est là un point secondaire, car les associations hy s téro-organiques sont très communes et pour prouver qu'un trou* ble nerveux est hystérique, il fauts'appuyer sur ses caractères intrinsèques^ On n'a pas affaire, dit M. Marie, à une véritable paralysie de l'abaissement, car en plaçant la tète du malade dans une certaine attitude, ce mouvement serait exécuté d'une manière correcte. Je viens d'examiner les yeux dans ces conditions et si je reconnais que l'abaissement s'opère ainsi dans unecertaine mesure, M. Marie doit reconnaître de son côté qu'il n'est pas aussi étendu, tant s'en faut, qu'à l'état normal. Il y a donc bien de la paralysie ou de la parésie de l'abaissement. Dès lors il est tout au moina permis de considérer le' spasme comme un phénomène secondaire à la paralysie. Cela n'a rien d'irrationnel, cela est même conforme à ce que nous savons sur l'action des antagonistes dans les cas de

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paralysie localisée dans un groupe de muscles, comme, par exemple, dans la paralysie des extenseurs delà main où les effets d'extension provoquent une flexion de la main. Scrôder a du reste observé un cas de paralysie de rabaissement très analogue à celui qui nous occupe ; dès que le malade tâchait d'exécuter ce mouvement, il se produisait, au contraire, un spasme des muscles relevcurs.

J'ai dit que Tidée de lésion organique cadrait parfaitement avec rictus, raffaiblissemenl intellectuel, les troubles de motilité. rembarras de la parole, je le répèle aujourd'iiui. Je ne prétends pas et je n'ai pas prétendu au l refois avoir démontré rigoureusement qu'il s'agissait ici d'une lésion organique; j'ai dit simplement que celte hypothèse semblait s'adapter aux faits observés.

Je ne vois aucun signe essentiel qui permette de séparer ce cas des autres observations de paralysie des mouvements associés des yeux qui ont été publiées jusqu'à ce jour. Le critérium des troubles hystériques consiste en ce qu'ils sont susceptibles de paraîtra et de disparaître sous l'influence de la suggestion.

Pour admettre l'opinion de M. Marie, il faudrait au moins qu'il fut établi que le syndrome présenté par ce malade puisse être reproduit par suggestion chez des hypnotiques et on ne serait en droit d'aftîrmer que dans ce cas particulier l'hystérie est en cause que si l'on arrivait à modifier ce syndrome d'une manière notable sous l'influence do la suggestion, si surtout on la faisait disparailie brusquement. Si M. .Marie obtient un pareil résultat, il ne me coûtera rien de reconnaître que son hypothèee s'est vérifiée.

Bégaiement hystérique.

M. GuiLLAiN présente un malade de quarante-huit ans atteint depuis quatre ans, à la suite d'un traumatisme, d'un bégaiement qui semble dépendre d'un processus mental morbide de nature hystérique.

Aphasie hysléricjw.

M. GciLL\iN présente un malade atteint d'iiêmiplcgie droite ancienne avec aphasie, l'examen des signes considérés en eux mêmes feraient diagnostiquer Thémiplégie organique commune, les réflexes même sont exagéré? ; mais le réHexe cutané plantaire se fait en flexion. D'autre part Tattitude et la mentalité du malade comparées et examinées dans leurs rapports avec les symptômes doivent faire porter le diagnostic de la nature hystérique des accidents.

M. B.4BINSK1. Je ne veux pas discuter la question delà nature de l'aphasie chez ce malade. S'agit-ii bien d'une aphasie hystérique?

Pour me former une opinion à ce snjet, je serais obligé d'étudier le malade avec soin, ce que je ne puis faire ici. Le point que je veux relever est le suivant : je constate très nettement l'exagération des réflexes tendin^uï au côté droit, parliculièremettt au membre supérieur ; les réflexes du biceps brachial et du poignet sont manifestement plus forts et plus brusques à droite qu'à gauche ; je suis donc, à cet égard, d'accord avec les présentateurs. Mais je me sépare d'eux en ce qui concerne l'interprétation de ce phénomène, d'après MM. Marie et Guillain, tous les troubles nerveux observés chez ce malade sont de nature hystérique. Or, je soutiens depuis longtemps que dans l'hémiplégie hystérique pure il ne peut y avoir d'exagération des réflexes tendineux au côté de la paralysie. Je crois donc que chez ce malade il y a tout au moins une association hysléro-organique et que l'exagéralion des réflexes tendineux relève d'une altération du système pyramidal.

Je demande à MM. Marie et Guillain de soumettre de nouveau, dans quelque temps, le malade à l'examen de la Société, car la question de savoir si dans l'hémiplégie hystérique les réflexes tendineux peuvent être exagérés dans les membres paralysés est d'une grande importance et jusqu'à présent on n'a pas fourni à la Société de neurologie un seul fait démontrant que cela est possible.

Di,ux cas de, maladie familiale intermédiaire entre hi maladie de P. M'ivie et la maladie de Friedreich,

MM. Lbnoble et Aublneau (de Brest). Il s'agit de deux frères ayant présenté des signes se rattachant nettement à Thérédoataxie cérébelleuse ; des signes de la maladie de Friedreich, et des signes se rattachant à ces deux types cliniques.

MM. Gestan et Iisfroit montrent les radiographies d'un ca$ d'achondroplasie.

Note préliminaire sur la toxicité du liquide céphalo-rachidien dans

Cépilqme.

MM. DîDE et Sacoi:epée exposent leurs expériences et, tenant compte des causes d'erreurs et contingences, ils concluent :

i^ Le liquide céphalo-rachidien est dépourvu de toxicité chez les épileptiques en dehors des paroxysmes convulsifs ; 2® en injection in tracé rébrale, il produit chez le cobaye, après une attaque isolée des phénomènes variables et généralement légers, abat ement, stupeur, parfois quelques secousses généralisées ; 3® après des attaques en série, ce liquide produit très généralement à la

dose d*un quart de cenlimèlre cube eu injection intra-cérébraie, des convulsions généralisées intenses et se reproduisant parfois de façon subinlrante. Â plus forte dose la mort survient.

Note hùtologiqiie sur les myélites tuberculeuses.

MH. Oddo et Olmer (de Marseille) envoient une observation qui est un type aussi pur que possible de leplomyélite difîuse à forme infiltrée, avecspérificité bactériologique évidente.

M. A. Thomas rapporte l'observation d'un cas de syndrome de Web^r d'origine syphilitique , Il y avait aussi une amaurose complète gauche, les lésions étaient mulliples. Celles qui avaient déterminé la paralysie, alterne siégeaient sur la capsule interne et le pédoncule. F. Boissier.

Séance du 2 mai 1901. — Prksidknce db M. le Professeur Raymond.

Contribution à VAnatomie pathologique de la chorée héréditaire,

MM. Lannois, Paviot et Monisset ont observé un nouveau cas de chorée héréditaire dont ils ont fait Tautopsie. Au point de vue histologique, la lésion dominante est une infiltration de grains fortement colorés en bleu dans Técorce et la substance blanche centrale des circonvolutions. Ils forment des amas de 3 ou 4, isolés ou réunis dans la gaine lymphatique des cellules, notamment des grandes pyramidales. Les cellules les plus entourées par ces grains ont souvent des corps potoplasniiques pâles, uniforniéinenl teintés en bleu, mais à côlé on trouve de nombreuses cellules dont les grains et les bâtonnets cliromalophiles ne sont pas allciés. Leur nombre ne parait pas diminué.

La méthode de Marchi donne des résultats négatifs démontrant ainsi qu'il n'y a pas de dégénérescence en activité des fibres blanches. Il n'y a pus non plus de lésions vasculaires. La moelle et les racines sont intactes. Les auteurs, après avoir discuté et rejeté l'hypothèse d^altérations iniectueuses survenues à la période ultime, passent en revue les diverses lésions signalées par les» auteurs, diminution des fibres tangentielles, lésions vasculaires, altérations et disparition partielle des cellules nerveuses, et ne leur reconnaissent qu'une valeur relative et contin;:ente. La lésion constante est pour eux l'inliltration par les grains bleus de Técorc^î cérébrale et de la «aine lymphatique des cellules nerveuses; qu'il s'agisse là de leucocytes comme on l'a soutenu, ou de cellules d'origine névroglique comme ils le pensent, c'e>t là le substrat uni organique de la chorée de Huntington. C'est d'ailleurs la lésion qui rend le mieux compte de l'évolution des symptômes.

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Pression artérielle dans la Myopathie atrophiquc,

M. P. Marie. — Chez tous les amyotrophiques i( existe uoe diminution très considérable et constante de la pression iiitravascul aire, sans qu'il oxiste chez eux la moindre altératioa cardiaque. Cette dépression qui n'existe ni dans la syringomyélie, ni dans les autres affections médullaires serait due à un trouble de rinuervation du cœur; trouble d'origine sympathique. Dans deux cas de maladie de Thomsen il y avait au contraire hypcpteDsion artérielle. De ces deux cas on ne peut encore conclure que ce phénomène est constant, mais il y a lieu de le rapprocher de la constatation qui précède en aitendant de nouveaux faits.

Tremblement chez un enfant.

M. Cestan présente un petit garçon de trois ans environ atteint d'un tremblement de la léte du type « négateur » ; trembleiii«ot qui se modifie par l'action des muscles volontaires et qui disparaît pendant le sommeil ; les membres ne tremblent pas. G est donc un tremblement identique au tremblement dit sénile. Ce tremblement essentiel dit sénile n'a jamais été signalé chez un aussi jeune sujet. Dans la thèse de Bourgarel le malade atteint le plus tôt fait remonter le symptôme à Tàge de drx-huît ans. Cli€z l'enfant présenté il n'existe aucun autre phénomène névro pat h îqtie; la santé est bonne, aucun des ascendants ne tremble. La mère est saine, le père a commis des excès alcooliques. Le tremblement est donc congétinal mais non héréditaire.

Myopathie avec troubles faciaux particuliers,

M. P. Marie présente un myopaihique dont las bras, le thorax et la face sont pris, mais dont le type diffère absolument du type Landouzy-Déjerine. C'est un homme de vingt-cinq ans, qui a un frère et une sœur bien portants et qui n'a marohé qu'à cinq ans. L'amyotrophie a débuté à l'âge de douze ans et a régulièrenMtit progressé depuis. Actuellement les quatre membres sont impotents; le thorax est pris au point que les mouvements respiratoires ont été fortement compromis au cours d'une bronchite réoente. L'intérêt réside surtout du côté de la face. 11 existe un ptosis bilatéral très accentué. Contrairement au type L.-D. le malade peut fermer complètement les yeux, mais ne peut les ouvrir que très imparfaitement et ne peut pas regarder en haut.

Les muscles masticateurs sont perdus, leeujet ne peut rapprocher ses arcades dentaires et le maxillaire inférieur eal pendant, seuls les mouvements d'abaissement et de latéraliié peraistent. Sa langue un peu aminoie à sa pointe conserve presque tous ses

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mouvements mais au repos elle fait saillie sur la lèvre inférieure. La parole articulée est assez nette sauf un certain zézaiement. Le ptosis date de l'enfance, tandis qne les troubles masticateurs remontent à trois ou quatre ans. De semblables cas n'ont pas été signalés souvent. On trouve seulement un malade de Sano, un de Bouveret, un de Raynolii, un de Hoffmann, encore les uns n'avaientils que le ptosis et les autres que les troubles masticateurs. Pour éviter toute confusion, M. Marie montre un malade type Landouzy- Déjerioe dont l'œil gauche est classique et dont l'œil droit est atteint de ptosis. Mais ce ptosis est congénital et n'empêche pas Tocclusion complète ne soit impossible, chez ce second malade la mastication est intacte et le faciès général est typique; ce ptosis n'a donc chez lui rien de commun avec Tamyolrophie, contrairement à ce qui a lieu chez le premier. L'examen électrique n'a pas été faitetne donnerait vraisemblablement que les signes communs de la myopathie.

Paralysie radiale double subite.

M. P. MAaiE présente un malade qui depuis de longues années ne marche qu'avec des béquilles sans que l'innervation de ses membres supérieurs ait jamais été altérée. Or, après une seule débauche alcoolique est survenue une paralysie radiale bilatérale. Il a donc fallu l'intervention de l'intoxication pour que la compression réussisse à produire la paralysie. Des faits semblables ont d'ailleurs été déjà signalés.

M. JoppROY. — Il faut en effet que le nerf ait été préparé par une intoxication ou une dystrophie pour que la compression devienne efficace. Ici la compression était habiiuelle et l'intoxication a été occasionnelle. Dans un cas que j*ai vu, l'alcoolisme était au contraire h&bitael et la compression a eu lieu accidentellement ; aussi cette compression peut-elle quelquefois passer inaperçue.

M. Lat«noi9 a vu récemment une femme chez laquelle une paralysie radiale réalisait Teffet de trois causes: alcoolisme, hystérie et compression.

Importance du réflexe du tendon d\ichille,

M. Babinssi. — Anatomiquement le réflexe du tendon d'Achille devrait avoir plus d'importance que celui du tendon rotulien, le domaine du scialique étant autrement vaste et autrement important que celui du nerf crural. En réalité„le fait est d'ailleurs exact. Dans les cas de névralgie scialique l'abolition du réflexe d'Achille est fréquente et peut servir à différencier la névrite sciatique de la pseudo-sciatique hystérique; en présence du réflexe, peut par contre servir à déjouer la simulation.

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Dans le tabès, ce réflexe est aussi plus important que le réflexe rotulien. Très souvent, en efl'et, il est aboli alors que le réflexe pateltaire existe encore, tandis que Tinverse ne se rencontre jamais. La disparition du réflexe du tendon d'Achille est même un signe très précoce de tabès. Il est aboli en eflet chez un homme de quarante ans qui a eu la syphilis à vingt-quatre et qui s'estbien porté jusqu*à ces derniers jours où se sont maniTestés de la dyplopie et de légers troubles pupillaires. 11 est aboli aussi chez une femme que présente M. Babinski. Celle-ci a eu des crises de douleurs à l'estomac et des troubles nerveux qui Tout d'abord fait prendre pour une hystérique, mais qui présente aussi de légers troubles pupiU laires. C'est donc une tabétique au début avec crises gastriques. Enfin, il est encore aboli chez un homme âgé ayant eu aussi la syphilis et qui présente de la rigidité pupillaire; chez ces trois sujets le réflexe rotulien est intact. F. BoissiEa.

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