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ŒUFS

. Œufs de Gastropkilus intestinalis.

Description. — L'œuf de Gastrophilus intestinalis a la forme d'un cône comprimé dont la base, ou pôle antérieur, obliquement tronquée, est munie d'un opercule ovalaire, convexe extérieurement et entouré d'un rebord ; le sommet, ou pôle antérieur, est pointu ; toute la surface est finement striée transversalement. Il est d'une couleur jaune blanchâtre. Sa longueur est de i'"°^28 et sa largeur, à la base, de 0«n™35.

Les œufs sont placés sur les poils à la façon des lentes de poux ; ils leur adhèrent par la moitié de leur longueur, à partir du sommet, de telle sorte que la base, dirigée vers le bas, reste libre et écartée du poil.

Adhérence aux poils. — Les œufs sont retenus très solidement aux poils au moyen d'une matière glutineuse émise par la femelle au moment de la ponte. Pour les en séparer, il est nécessaire d'exercer un effort assez grand et, très souvent, on n'arrive qu'à détériorer l'œuf. Dans le but de m'assurer si cette substance agglutinante était soluble dans l'eau, j'ai laissé séjourner, durant plusieurs heures, poils et œufs dans l'eaii froide, sans aucun résultat. Maintenus pendant quelques minutes dans l'eau bouillante, les œufs restaient aussi intimement adhérents qu'avant l'expérience.

Fréquence. ^ On sait que la femelle, guidée par un instinct particulier, dépose ses œufs sur les parties du corps que la langue peut atteindre, et que l'endrpit de prédilection est la face interne des genoux.

J'ai remarqué que les Chevaux infestés de ces parasites sont très nombreux, surtout les Chevaux de la campagne. S'ils en ont presque tous, la Mouche s'attaque néanmoins, de préférence, à ceux qui

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oot uDe robe de couleur; sur les Chevaux blancs ou en trouve très peu ou pas du tout. Pour les apercevoir sur ces derniers, il est nécessaire de s'approcher de très près du quadrupède à cause de la couleur blanc jaunâtre des œufs; sur les autres, on les distingue facilement à plusieurs mètres de distance, accumulés à la face interne des genoux et tout le long du canon, jusqu'au sabot.

Il est extrêmement commun de rencontrer les œufs ailleurs qu'aux genoux ; on les trouve souvent à l'extrémité libre des poils de la crinière, derrière les épaules et sur les flancs, mais alors ils sont très clairsemés. Les larves n'en sont pas pour cela destinées à périr ; il est, en effet, fréquent de voir, dans les pâturages, les Chevaux se lécher mutuellement. D'autre part, il est possible, selon Numan, que la larve rampe sur la peau à l'aide de ses crochets et arrive ainsi à s'introduire dans la bouche du Cheval. D'après mes constatations, une jeune larve venant d'éclore, déposée sur la main préalablement humectée d'un peu de salive, parcourt deux centimètres environ à la minute, lorsqu'elle marche en ligne droite. Mais comme il lui arrive souvent de changer de direction et même de revenir sur ses pas, elle évolue en somme dans un espace très restreint. Il en est sans doute de même lorsqu'elle se meut entre les poils du Cheval ; dans ce cas elle risque fort de périr avant d'atteindre la bouche. Il me semble qu'il y en a bien peu qui puissent arriver à pénétrer de cette façon dans le tube digestif. Je crois plutôt que ces larves sont, pour la plupart, destinées à manquer leur but et que, seuls, les œufs des régions accessibles à la langue sont capables de laisser échapper des larves qui s*introduiront dans la cavité buccale, lorsque le Cheval les fera éclore par le contact de sa langue humide et chaude. La Nature parait d'ailleurs avoir prévu le cas en accordant aux femelles une très grande fécondité.

ÉcLOSiON. — Tant que dure le développement de l'embryon, l'opercule adhère assez fortement à l'œuf ; quand Téclosion est sur le point d'avoir lieu, il se détache au contraire avec facilité ; aussi la larve n'a-t-elle que peu d'efforts à exercer pour le faire tomber entièrement.

Pour s'assurer de la maturité de l'œuf, Numan l'humectait de salive et lui communiquait la chaleur de la main en 16 roulant entre les doigts ; la coquille éclate et la larve en sort. Cette expérience, à laquelle on soumet les poils portant des œufs, ne réussit pas si ces derniers ne sont pas arrivés à maturité.

LARVES DE OA8TROPHILE8 (OESTRIDBS) ' 179

J'ai constaté que, lorsque l'œuf est bien mûr, il suffit de le déposer simplement sur la main pour que la larve fasse immédiatement sauter l'opercule et se mette à ramper avec agilité. Si, quoique mûr, il ne s'ouvre pas, un excellent procédé qui réussit toujours consiste à souffler avec précaution entre les deux mains appliquées l'une contre l'autre; l'haleine humide ainsi projetée sur l'œuf le fait éclore aussitôt. En agissant de la sorte on ne fait qu'imiter les Chevaux ; ceux-ci font, en eflet, éclore les œufs en leur communiquant la chaleur humide de la langue, lorsqu'ils se lèchent.

Durée de l'incubation. — On ignore le temps qui s'écoule entre le moment de la fécondation et celui de la ponte ; on ne connaît pas davantage celui qu'un œuf pondu exige pour arriver à maturité. Bracy-Clarkadmetque4ou 5 jours suffisent pour le développement complet de l'embryon. Joly (1) contredit formellement cette assertion, en se basant sur ce fait qu'ayant placé des œufs recueillis aux poils d'un Cheval, les uns dans un flacon humide et les autres à sec dans une botte de carton, il a vu les premiers éclore au bout de 23 jours et les autres 2 ou 3 jours plus tard. A la suite de ces expériences et d'autres analogues, il conclut en ces termes : « il faut au moins 20 ou 25 jours pour que les œufs éclosent, lorsqu'ils ont été séparés du Cheval qui les portait. Un peu moins de temps suffit peut-être si on les laisse sur ranimai ; mais, môme dans ce dernier cas, nous sommes disposé à croire que l'évolution du germe ne peut jamais s'opérer en cinq jours ».

Les conclusions de Joly ne peuvent être prises en sérieuse considération ; il ne dit pas, en eflet, si ces expériences portaient sur des œufs venant d*étre pondus ou sur des œufs fixés depuis un certain temps aux poils du Cheval. C'est que, sur le même animal, on trouve à la fois, le même jour, des œufs sans doute fraîchement pondus, puisqu'ils renferment une masse fluide blanchâtre, et des œufs mûrs, que l'on fait éclore au moyen du procédé indiqué tout à l'heure. Je me suis assuré du fait dans maintes circoDstances; toutes les fois que j'ai pris des œufs sur les poils des Chevaux, j'ai constaté qu'au moment même on pouvait faire sortir des larves de quelques-uns d'entre eux.

(1) Recherches soologiques, p. 187.

180 J. ODYOT

Désirant savoir combien de temps après lear séparation de Thôte les œufs contenaient encore des larves vivantes, je mis en observation ceux que j'avais recueillis le 22 septembre 1900. Je plaçai les poils couverts d*œufs dans des cornets de papier, après avoir fait des lots séparés, chaque lot correspondant à un seul cheval, et je mis tous les paquets dans une botte de carton, à la température de l'appartement.

De temps en temps je m'assurais qu'il en sortait des larves vivantes. Chaque fois, je pouvais constater que quelques œufs étaient éclos spontanément et avaient laissé sortir des larves que je retrouvais complètement desséchées.

Le 28 décembre 1900, c'est-à-dire 3 mois et 6 jours après la récolte des œufs, j'obtenais encore des larves bien agiles, en plaçant simplement les œufs dans la main. Je restai ensuite jusqu'au 7 janvier suivant sans pouvoir les observer ; mais à cette date, malgré toutes mes tentatives, je ne pus faire éclore un seul œuf. La température extérieure ayant considérablement baissé pendant cet intervalle de temps et par suite aussi pelle de l'appartement non chauffé où se trouvaient les œufs, je me suis demandé si le froid n'avait pas contribué à faire périr les larves dans l'œuf. Je suis porté à admettre qu'il n'en est rien ; j'ai réussi, en effet, le 7 janvierJ1901 et jours suivants, jusqu'au 13 inclus, à faire éclore des œufs pris sur des Chevaux le 6 octobre de Tannée précédente. Or, ils avaient été soumis aux mêmes changements de température que les premiers.

Comme il est peu probable que les œufs mettent 3 mois et 6 jours pour arriver à maturité, à partir du moment où ils ont été pondus, il est donc extrêmement curieux de voir ces petits êtres, en apparences! fragiles, rester en quelque sorte à l'état de vie latente pendant un intervalle de temps aussi considérable.

Cette expérience prouve que pour avoir une idée de la durée d'incubation des œufs, il est nécessaire, abstraction faite du temps qui s'écoule entre le moment de la fécondation et celui de la ponte, d'assister à la ponte, de recueillir les œ.ufs pondus et de les suivre dans leur développement ultérieur.

Il doit être relativement facile d'avoir des œufs fratchement pondus, si j'en juge par ce fait que j'ai pu m'emparer, le 6 octobre dernier, d'une femelle de Gastrophilus intextinalù occupée à déposer ses œufs sur les poils d'un Cheval, dans l'enceinte même de la ville

LARVES DE GASTROPHILBS (OESTRIDES) 181

de Vannes. Le même phénomène doit s'observer encore bien mieux en pleine campagne, au moment des fortes chaleurs, alors que ces Insectes se livrent avec ardeur à la reproduction.

Lorsque Thiver approche, les larves renfermées dans les œufs qui sont restés adhérents à Thôte doivent évidemment se ressentir du froid et mourir si celui-ci devient trop vif. J'ai toutefois observé qu'en octobre et en novembre il est possible de Caire éclore des œufs pris sur des Chevaux en plein air. J'ai même assisté, le \^^ décembre IdOO, à l'éclosion d'un œuf dans ces conditions : au contact des doigts il en sortit aussitôt une jeune larvule bien vivante. Je dois ajouter qu'à cette date le froid ne s'était pas encore fait sentir et que, pendant les mois précédents, le temps était resté très doux et très humide.

STADES LARVAIRES Larve de Gastrophilus intestinalis au premier stade

A cause, sans doute, de leur fréquence dans l'estomac et de la facilité de se les procurer, les larves adultes seules ont été à peu près exclusivement l'objet de l'attention des vétérinaires et des naturalistes. Les jeunes larves, au contraire, de très petite taille et se prêtant par suite plus difficilement à l'examen à l'œil nu, ont été plus délaissées. Rien de plus facile, cependant, que de se les procurer, en plus grande quantité même que les larves adultes, puisqu'il suffit d'approcher les Chevaux dans le courant de l'été, pour faire une abondante provision d'œufs et, par là même, de petites larvules.

Avant le mémoire de Joly, il n'est question des jeunes larves que pour en signaler l'existence. Numan, cependant, y découvre les germes des couronnes d'épines et les crochets de la tête. Dans le travail qu'il publia en 1846, Joly (1) décrit la larvule de la façon suivante : «Au moment de sa naissance, la larvule a une forme et même une structure assez différentes de celles que nous verrons chez la larve parvenue au terme de son accroissement. En effet, au lieu d'être à peu près conique et ramassée comme cette dernière, elle est presque f usiforme, très allongée et formée de treize seg-

{!) JoLT, Loeo cilato, p. 1S8.

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ments, dont les premiers sont très difficiles à compter. Dans Tétat de repos, les deux ou trois premiers segments sont invaginés l'un dans l'autre, ce qui rend la supputation des anneaux beaucoup plus difficile et quelquefois même entièrement impossible.

» Le segment céphalique, outre deux prolongements charnus et rétractiles marqués d'un point noir à leur extrémité (palpes ou antennes?), porte encore deux crochets (mandibules) qui servent à la jeune larve, une fois introduite dans l'estomac, à s'attacher à la membrane interne de cet organe. Une couronne et un faisceau d'épines presque aussi grandes que les crochets, mobiles, recourbées comme eux, et placées tout à fait en avant du deuxième anneau, concourent également à fixer l'animal, rappelant ainsi jusqu*à un certain point l'organisation de plusieurs Vers intestinaux et notamment celle des Ecbinorhynques.

» Des épines analogues aux précédentes garnissent les bords postérieurs de chacun des neuf anneaux qui suivent la tète : le dixième, le onzième et le douzième en sont complètement dépourvus. Ce dernier offre à son extrémité libre deux espèces de lèvres, entre lesquelles on voit sortir de temps en temps deux tubes rétractiles destinés à remplir un rôle important dans l'acte de la respiration.»

il dit aussi qu'à sa sortie de l'œuf, la larve est couverte à sa partie antérieure d'une portion de la membrane vitelline dont elle ne tarde pas à se débarrasser.

Cette description de Joly ne concorde pas avec les figures qu'il a dessinées. Alors qu'il admet que les épines sont placées au bord postérieur des anneaux, il semble qu'elles soient plutôt représentées au bord antérieur, tout au moins aux premiers anneaux.

Frappé de ce défaut de similitude entre le texte et les figures, persuadé, ainsi que le fait remarquer Brauer, que les épines doivent être placées, comme chez la larve adulte, au bord antérieur des anneaux, j'entrepris d'élucider cette question. Je ne tardai pas à m'apercevoir qu'il y avait, en e&et, erreur et qu'en outre un grand nombre de détails n'avaient pas été indiqués. Je me mis alors en devoir de représenter la larve d'une façon aussi exacte que possible, afin de pouvoir en faire une description plus complète.

Pressé par le temps je ne me suis occupé que des caractères extérieurs ; je laisse à dessein de côté, du moins pour le moment, ce qui se rapporte à Tanatomie interne.

LARVBS DE GASTROPHILES (OBSTRIDES) Itô

Moyen employé pour examiner la larve. — L'animal est si petit lorsqu'il quitte sa prison, qu'il est absolument nécessaire, pour se rendre compte de sa constitution, de se servir du microscope. On l'observe dans une goutte d'eau, entre lame et lamelle, en ayant soin d'interposer entre elles de petites cales de papier. Il est extrêmement intéressant de suivre cette petite béte dans ses évolutions. Malgré la surface unie du verre, elle réussit, à l'aide de ses crochets, à ramper sur la lame porte-objet par une série de contractions successives de son corps, pendant lesquelles les anneaux se pénétrent les uns les autres à la manière des tubes d'un télescope. Si Ton a soin de renouveler l'eau sous la lamelle, on arrive, sans autre précaution, à conserver la larve vivante pendant vingt-quatre heures et même davantage.

Le déplacement incessapt de l'animal ne permettant pas de le dessiner ni de l'examiner à un fort grossissement, on l'immobilise en faisant une autre préparation, sans interposition, de cales de papier. Les seuls mouvements que la larve puisse effectuer dans ces conditions sont des mouvements de latéralité de la partie postérieure de son corps. Par suite de la compression exercée parle poids de la lamelle, les deux faces de la larve se rapprochent l'une de l'autre, l'air contenu dans les trachées est expulsé et la transparence du corps devient telle que Ton aperçoit à la fois les épines de la face ventrale et ceMes de la face dorsale.

Cette disposition ne permet pas de conserver la larve longtemps en vie ; au bout d'une demi-heure à une heure, les anneaux commencent à se déformer, ils se gonflent et la mort survient. Pour l'avoir non déformée, on remplace l'eau par une solution de potasse très concentrée, la glycérine ou le baume de Canada. Au bout de quelques secondes, Tanimal cesse tout mouvement dans le baume ; mais dans la potasse, il peut résister plus d'une demi-heure, et dans la glycérine, environ une heure et demie. Si Ton désire une préparation immédiate,il est donc nécessaire de tuer la larve ; pour cela, on la plonge dans l'ammoniaque, le chloroforme ou le xylol. Dans les deux premières substances, la vie cesse instantanément, tandis qu'avec la seconde, la mort n'arrive qu'au bout de quelques secondes. On monte ensuite l'animal dans la glycérine ou dans le baume. Si l'on emploie le baume, on tue la larve à l'aide du chloroforme ou du xylol ; ces substances enlèvent Thumidité qui

J. QUYOT

recouvre la surface du corps et empêchent ainsi de se produira le trouble que l'on observe dans le baume, sans cette précaution. Description de la lartk a la boatie de l'<buf. — J'ai examiné beaucoup de larves au moment de leur éclosion; je ne les ai jamais vues recouvertes de la membrane vilelline dont parle Joiy.

A ce moment, la jeune larve est allongée, fusiforme, transparente, bifurquée à son extrémité postérieure; elle oBre à la surface des stries noires transversales et espacées, dues aux épines qui entourent le corps de l'animal. Elle mesure l'°<° 2S de longueur sur 0'°™30 de largeur, au niveau des quatrième et cinquième anneaux.

On peut lui considérer une face supérieure Ou dorsale (fig. 1), uue face inférieure ou ventrale (fig. 2), celle sur laquelle rampe l'animal, et deux faces latérales.

Le corps est divisé en là segments par des sillons transversaux placés immédiatement en avant des couronnes d'épines. A l'extrémité antérieure, si la larvule est bien étalée, on distingue uu renflement couvert de nombreuses épines disposées sur plusieurs rangées et diminuant de taille d'avant eu arrière ; c'est la première couronne d'épines. Viennent ensuite 9 autres couronnes placées non pas, comme le dit Joly, au bord postérieur des anneaux, mais bien, ainsi que le suppose Brauer, à leur partie anté* Heure. Quoique le dessin de Joly soit assez imparfait, on y voit néanmoins que les épines sont figurées au bord antérieur des anneaux, disposition que l'on retrouve chez ^"" la larve adulte. Les couronnes sont inter-

rompues latéralement et sur le milieu des faces dorsale et ventrale, de sorte qu'on a quatre bandes claires longitudinales rappelant

Ftg. t. — Larve de Oaxtrophitim tnteilinali»

an l" stade, vue par la [ace dorea le.— a. organe tactile ; l, antenne ; Ph, squelette du pharynx ; Tr. trachée.

LARVES DE GASTHOPHILKS (OESTRIDBs)

les cbamps latéraux des Nématodes.

large que les autres.

Après le dernier aaoeau porteur d'épines, oo ne trouve pas les trois auueaux de Joly, mais seulement deux segments, le segmeat terminal étant limité à sa partie postérieure par deux lèvres entre lesquelles ou voit sortir deux lubes rapprochés à la base et séparés au sommet. C'est à tort, je crois, que Joly les qualifie de rétractiles. Le dernier anneau, lorsque l'animal se contracte, entre bien dans l'avantdernier, mais les deux tubes en question ne pénètrent pas dans le dernier segment dont ils ne paraissent être que des prolongements.

Nombre des segments. — Si l'on adopte la même façon décompter que pour la larve au dernier stade, on trouve exactement le même nombre de segments dans les deux cas, c'est-à-dire douze. Seulement, chez la larve adulte, le douzième segment, peu visible extérieurement, est représenté par les deux lèvres vésiculeuses situées à l'arrière du onzième, ce qui réduit leur nombre à onze. Pour (aire voir qu'il y a similitude entre les deux stades, il n'y a qu'à couper en deux le tégument de la larve mAre par uu plan qui sépare la (ace ventrale de la face dorsale, à étaler les deux moitiés sur une lame de verre el à les examiner à un (aible grossissement; la ressemblance alors s'impose.

Archive» de Poratitohgie, IV, »■ i, l'JOl.

La bande venlrale est plus

Fig. 2. — Larve de GaxtropliUm mUitinalis au premier stade, vue par la (ace ventrale. X 80.

— a, ilftux crochets de i» couronne câpbiill(iuu,X230; ''.ëplnu»

desHDnfHUX 2, 3 el 4, X 230:

., ,^ des aDoeuux 5 et 6, X

£»} ; d, éirincs dc9 anneuux 7, 8, 9 et 10, X 830 ; f, A slylot ; g, g; liimefl chUiDetiHus du pharynx, X 185 1 'H. crnchet m and Ibu la Ire, Xa30; I»', 1« mim.. en place; iJ, une des épines de la première rangée, X sW ; p- criH^hot de la premlÈFu rangée. X ^30; g, crochet Hc lu deuxième rangée, X 230 ; (, organe lacllle ; Tr, trachée.

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Anneau cÉPHAUQUEffig.l et 2). — Le premier segment de la larvule, ou anneau céphalique, comprend tout ce qui est situé en avant de la deuxième couronne d*épines. On y distingue une partie antérieure, celle qui est placée immédiatement en avant de la première couronne d'épines, et une partie postérieure. Celle-ci est elle-même divisée en deux par un sillon transversal très net qui correspond à la constriction placée au même endroit chez la larve à son complet développement.

La partie antérieure porte les deux antennes (fig. 1, /.), se touchant par leur base élargie, séparées au sommet où l'on aperçoit un petit organe jaune (fig. 1, a), lequel a la forme d'un bouton relié par un pédicule à l'extrémité de Tantenne. Les antennes sont protractiles et rétractiles. Le point jaune qui les surmonte ressemble plutôt à un organe du tact qu'à un œil. Je ne me rends d'ailleurs pas bien compte de l'utilité des yeux chez des animaux destinés à passer toute leur vie dans une cavité où ne pénètre jamais un rayon lumineux.

A la base des deux lobes antennaires, du côté ventral, on aperçoit les deux crochets buccaux (fig. 2, m, m') et, entre eux, un stylet pointu (fig. 2, p). Ce dernier, nettement dessiné lorsque la larve fait saillir la partie antérieure de la tète, n'est qu'une partie du squelette du pharynx contenu dans le premier et le deuxième anneau. Le squelette en question est formé de deux lames longitudinales (fig. 2, Qj ji^'), amincies en arrière et légèrement recourbées en dehors ; à leur extrémité antérieure renflée, elles s'articulent avec les deux crochets mandibulaires. Entre les deux lames se place le stylet (fig. 2, /), lequel est divisé postérieurement en deux branches qui vont se fixer sur elles.

Si l'on compare cette disposition à ce que l'on trouve chez la larve plus âgée, il est peut-être permis de considérer les crochets mandibulaires de la jeune larve comme étant les homologues de celles de l'adulte; le stylet médian correspondrait alors aux deux mâchoires. Quant aux lames chitineuses longitudinales du pharynx, elles sont identiques dans les deux cas.

Immédiatement en arrière de la partie antérieure du segment céphalique vient un renflement presque sphérique, recouvert d'un grand nombre de crochets chitineux disposés sur plusieurs rangées. Ces crochets sont plus longs et plus nombreux à la face ventrale qu'à

LARVES DE GASTROPHILES ((ESTRIDES) 187

la face dorsale et les dernières rangées sont, en outre, interrompues au milieu, dorsalement. Il y a environ 5 rangées à la face inférieure et 2 ou 3 seulement à la face supérieure. La première rangée (orme une couronne complète ; elle présente cette particularité remarquable que les huit crochets médians de la face ventrale (fîg. 2, a) sont beaucoup plus longs, moins recourbés et plus mobiles que les autres. Lorsque la larve se déplace, elle s'accroche d*abord à Taide de ces épines spéciales, puis elle tire après elle le reste de son corps, sans préjudice des autres couronnes d'épines qui jouent également un rôle important dans la locomotion.

Les crochets de la tête (fig. 2, a) se composent d'une base élargie, implantée dans le tégument, et d'une partie conique à pointe acérée et fortement recourbée. Les longues épines mobiles paraissent dépourvues de base élargie, mais la partie conique est très grande et assez faiblement concave ; leur taille dépasse légèrement celle des crochets mandibulaires.

Il n'y a pas de doute que cette couronne de tubercules épineux ne représente celle que Ton observe chez la larve au dernier stade; seulement, les épines sont, comparativement à celles des anneaux suivants, beaucoup plus développées au premier stade qu'au dernier.

Le renflement céphalique se continue par une partie qui se rétrécit graduellement pour se terminer au sillon séparant en deux la partie postérieure du premier anneau; le segment s'élargit ensuite peu à peu jusqu'à l'anneau suivant.

Telle est la configuration du premier anneau sur l'animal bien étalé ; il est absolument semblable, sauf en ce qui concerne la taille et la forme des crochets épineux, à ce qui existe chez la larve adulte. Il est très difiicile de reconnaître ces diflérentes parties sur le vivant à cause des mouvements continuels d'invagination et de dévaginalion qu'effectue la larve. Pendant l'invagination tout se confond, mais au moment de l'évagination toutes les parties de la tète se distinguent facilement; c'est alors que Ion voit le squelette pharyngien projeté en avant, les deux lames chitineuses poussant devant elles les deux mandibules dont les pointes s'écartent en dehors, pendant que le stylet médian fait saillie droit devant lui. La difficulté n'existe pas pour les anneaux suivants qui demeurent intacts et toujours nettement visibles.

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Anneaux suivants pourvus d'épines. — De tous les anneaux qui suivent la tète, le second est le plus court. Du troisième au dixième ils vont légèrement en augmentant de longueur pour diminuer ensuite jusqu'au douzième.

La largeur augmente du 1*^ au 4' anneau. C'est à ce niveau que la larve atteint sa plus grande largeur ; elle la conserve à l'anneau suivant, puis cette largeur diminue ensuite progressivement jusqu'au dernier.

A la partie antérieure des anneaux, du 2* au 10^ inclusivement» il existe une couronne d'épines qui fait tout le tour du corps. Chaque couronne est interrompue sur les côtés, et un peu dorsalement, par un petit espace dont la largeur est la même à tous les anneaux. Il y a également une interruption sur la ligne médiane ventrale, mais à partir du 3^ anneau seulement. Au milieu de la face dorsale, l'espace nu s'observe à toutes les couronnes d'épines ; il est plus visible qu'à la face opposée et d'autant plus large que l'anneau est plus postérieur.

Répartition des épines. — Chaque couronne, ou cercle, est formée de deux rangées d'épines alternes, dont le nombre, à chaque rangée, va en diminuant d'avant en arrière, aussi bien à la face inférieure qu'à la face dorsale ; mais du côté ventral on observe toujours, sur le même anneau, quelques-unes de plus qu'à la face dorsale. En outre, il est fréquent de trouver une épine de plus d'un côté de la ligne médiane que de l'autre. Sur la larve représentée dans les figures 1 et 2 on compte à chaque rangée :

au 5* anneau î face dorsiile, 7 épines d'un côté de la ligne médiane, 8 de l'autre, (le plus large) | face ventrale, 10 — — 9 —

( face dorsale, au lO* anneau ( i^^^^^i^^^^^

face dorsale, 3 — — 3 —

Forme ncs épines. — Les épines ont des formes différentes, selon la rangée que l'on considère, à un anneau déterminé, et aussi suivant le rang de l'anneau. Ayant déjà décrit celles de la tète, je n'y reviens pas.

Examinés en place, sur la larve même, les crochets des anneaux 2, 3 et 4 (lig. 2, b) semblent, au premier abord, très différents de ceux des anneaux 5 et 6 (fig. 2, c) qui eux-mêmes ne paraissent pas semblables aux épines des anneaux suivants 7, 8, 9 et 10 (fig. 2, </).

LARVES DE 6ASTR0PHILE8 (CESTHIDES) 189

Eo réalité, une observation attentive montre qu'il y a passage d'une catégorie à l'autre. Je considère comme étant la première rangée celle dont la base des épines est située le plus près du sillon de séparation des anneaux.

Épines des anneaux 2, 3 et 4. — Les épines de la première rangée sont formées de deux pièces (fig. 2, b) disposées, sur la larve, de telle sorte que Tune d'elles (fig. 2, p) parait être une dépendance de l'autre (fig. 2, o). La première est un crochet chitineux semblable à ceux de la tète, à base large, implantée dans le tégument, à pointe très acérée et fortement recourbée. La seconde a la forme d'un petit cylindre aplati, étranglé vers son milieu et terminé en pointe à l'extrémité postérieure. Elle recouvre le crochet de telle façon que ce dernier ressemble à une petite pince placée à l'extrémité de la pièce cylindrique. On h*arrive à bien distinguer ces deux parties l'une de l'autre que quand l'animal se contracte; la seconde pièce se présente alors sous l'aspect d'un clapet qui se rabat sur le crochet sous-jacent.

La deuxième rangée se compose de crochets semblables à celui qui vient d'être décrit (fig. 2, q), seulement ils sont beaucoup plus longs. Leur pointe est dirigée en arrière et fortement recourbée comme les premiers.

Ces trois sortes d'épines ne sont autre chose que des tubercules de forme particulière, faisant saillie à la surface du revêtement de chitine qui entoure le corps de la larve.

Épines des anneaux 5 et 6. — Aux deux anneaux suivants, 5 et 6, on retrouve les mêmes tubercules épineux (fig. 2, c) ; ils diffèrent de ceux du premier groupe en ce que Tune des pièces (fig. 2, o) a augmenté de taille alors que les autres, les crochets (fig. 2, p, 9), ont diminué de longueur et sont moins recourbés.

Épines des anneaux 7, 8, 9 et 10. — Dans ce groupe (fig. 2, d)^ la différence que je viens de signaler entre les deux premiers est encore plus accentuée. L'opercule (fig. 2, 0) est devenu très grand, tandis que les crochets (fig. 2, p, 9), très réduits, ont pris l'aspect de petits cônes chitineux, à pointe droite ou très faiblement recourbée.

Anneaux entièrement dépourvus d*£pines. — Les anneaux 11 et 12 sont complètement nus. Le dernier se termine, comme nous le

savons, par deux lèvres entre lesquelles passent les deux prolongements qui terminent les trachées. La lèvre ventrale présente au milieu de son bord postérieur une petite fente longitudinale dont les bords portent de chaque côté un filament chitineux fin et court. Les deux filaments sont dirigés en arrière et convergent l'un vers l'autre.

Les tubes du dernier anneau oflrent à leur base des rides transversales permanentes ; à l'extrémité Kbre de chacun d'eux on aperçoit l'orifice stigmatique.

Ornements spéciaux. — La surface extérieure du corps, principalement la face inférieure, est recouverte de petites productions chitineuses que je signale à cause de la régularité de leur disposition. Au milieu de la dernière partie de l'anneau céphalique, itinsi qu'au milieu des deux anneaux suivants, un peu en dehors de la ligne médiane ventrale, on distingue, de chaque côté, un groupe de trois petites aiguilles chitineuses qui partent du même endroit et dont la pointe libre est dirigée en arrière. De plus, il existe aux sept premiers anneaux des pointes chitineuses très petites, ayant l'apparence de boucles de raie, disposées symétriquement de chaque côté de la ligne médiane.

Trach^s. — Sans entrer dans l'anatomie des organes internes, je ferai toutefois remarquer que la transparence du tégument laisse voir deux énormes trachées (fig. 2, Tr) qui courent tout le long du corps. L'air qui a pénétré par les deux stigmates postérieurs séjourne dans les renflements des deux derniers anneaux et de là se répand dans les grosses trachées. Celles-ci diminuent graduellement de diamètre d*arrière en avant, émettant tout le long de leur trajet des ramifications latérales symétriquement disposées. Ces ramifications se divisent à leur tour en trachées de plus en plus fines qui fiuissent par former un réseau inextricable à l'intérieur du corps de la larve.

Au niveau du 1^' et du 2« anneau, on distingue assez nettement les contours du pharynx. Les conditions dans lesquelles j'ai fait mes observations ne m'ont pas permis de voir le gros ganglion nerveux que Joly a décrit et figuré.

LARVES DE 6A8TR0PH1LB8 (OBSTftlDBS) 191

Action d'un certain nombre de uquides sur les larves de Gastrophilus intestinalis au premier stade

Ayant remarqué que les petites larves de G. intestinalis prolongeaient leur existence peadant plusieurs heures dans l'eau et dans la glycérine dont je me servais pour les examiner au microscope, me rappelant, d'autre part, les expériences tentées pour essayer de détruire les larves adultes, en les plongeant dans des substances toxiques variées, je me suis livré vis- à- vis de ces jeunes larves à une série de recherches dans le même sens, en les soumettant à l'actiou de liquides où je les plongeais aussitôt après leur sortie de rœuf. Mes expériences out été faites le 21 et le 22 novembre 1900, dans un appartement dont la température se maintenait à peu près uniformément aux environs de 14<>. Les larves provenaient d'œufs recueillis sur plusieurs Chevaux le 22 septembre précédent ; ces œufs étaient âgés par conséquent de deux mois.

Lorsque, par des expériences préliminaires, je savais que les larves, plongées dans une substance, devaient périr en quelques minutes ou quelques heures, je les plaçais dans une goutte de cette substance, entre lame et lamelle, maintenues écartées à l'aide de petits morceaux de papier. Je pouvais de cette façon les observer facilement, en .ayant soin toutefois de remplacer le liquide à mesure qu'il s'évaporait. Si, au contraire, elles résistaient une demi journée ou plus, j'introduisais le liquide dans de petits tubes où les larves pouvaient séjourner sans craindre la dessiccation. De temps en temps je m'assurais qu'elles étaient vivantes en les plaçant dans la main ou bien je les observais au microscope dans une goutte d'eau tiède.

Le tableau suivant résume les résultats que j'ai obtenus :

Substances Employées

Eau ordinaire

Eau distillée

Solution saturi^e d'alun dans l'e^iu . . .

Huile d'olive

Sublimé au 1000*

Eau de chaux

Solution saturée d'acide borique. . . .

Alcool méthylique

Pétrole

Glycérine »...

Alcool à 4o*

Eau de Javelle du commerce étendue de 5

fois son volume d'e^u

Solution très concentrée de potasse dans

l'eau

Solution saturée de sublimé dans l'eau.

Acide azotique à 5 */«

Acide chlorhydriquo à 5 •/»

Formol à 5 •/•

Acide sulfurique à 1 '^/q

Acide acétique glacial à 5%

Eau do Javelle du commerce

Formol du commerce pur

Essence de pétrolo

Xylol pur

Essence de térébenthine

Teinture d'iode .........

Acide azotique pur .

.\cide sulfurique pur

Acide chlorhydrique pur

Acide acétique pur

Alcool à 9()»

Alcool à 100»

Sulfure de carbone

Benzino

Ammoniaque liquide

Ether sulfurique

Chloroforme

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