‹ Archives de parasitologie (volume 2)Chapitre 27 sur 104 · DES LÉSIONS · texte numérisé non relu

DES LÉSIONS

Après un examen attentif des désordres produits sur la muqueuse stomacale et de la manière dont la larve y est implantée, j'ai cherché à interpréter un certain nombre de questions qui se présentent naturellement à l'esprit.

â16 J. GUYOT

1** Pourquoi les larves Biègent-elles exclusivement dans le sac gauche ?

11 est probable que les larves arrivant dans Testomac se fixent n'importe où, mais que, seules, celles de gauche trouvent dans répithélium pavimenteux stratifié de cette portion de Torgane une base d'implantation suffisamment résistante pour leur permettre de s'y fixer solidement.

Celles qui s'implantent dans la membrane molle et friable du sac droit, à épithélium formé d'une seule assise de cellules sans cesse renouvelée, sont délogées à la première occasion. Ce n'est qu'exceptionnellement qu'elles arrivent à s'y maintenir.

2"" Pourquoi sont-elles groupées dans le wisinnge de la crête qui sépare les deux sacs ?

Cette question restera très embarrassante tant qu'on ne saura pas exactement de quoi se nourrissent ces êtres singuliers. Peutêtre les substances élaborées dans le sac droit ont-elles une actiou efficace sur le développement des larves; celles-ci se placeraient alors le plus près possible de ces substances, tout en se fixant en dehors de la muqueuse gastro-pylorique, où il leur est impossible de se maintenir.

3" De quoi se nourrissent-elles ?

Bracy Clark désignait les larves de Testomac sous le nom de (( gastricoles chylivores » , croyant qu'elles se nourrissaient du produit de la digestion stomacarle.

Puisqu'on les a rencontrées dans l'œsophage et le pharynx, il est bien évident qu'elles ne vivent pas de cette matière, car il n'y en a pas dans ces régions. Si l'on admet que d'autres animaux delà même famille, l'Cflstre du Mouton [Œstrus ovis L.) et l'Hypoderme du Bœuf (Hypoderma bovis Degeer) se nourrissent, le premier du mucus sécrété par la muqueuse du nez et des sinus frontaux du Mouton, le second, du pus de l'abcès qu'il a créé en s'introduisant sous la peau du Bœuf, il sera permis de supposer que les Œstres de l'estomac trouvent leur aliment dans les produits inflammatoires de la muqueuse gastrique.

Le mode d'implantation de la larve prouve en faveur de cette hypothèse. Le parasite est, en effet, si intimement appliqué au fond de l'alvéole par sou anneau céphalique, que les liquides de l'estomac ne peuvent arriver à sa bouche ; c'est, par conséquent, dans la paroi même qu'il est obligé de chercher sa nourriture.

LARVES DE GASTROt>HIL£S ((JESTRIDBS) M

Il m'a semblé reconnaître entre les deux lames chitineuses du pharynx (fig. 11, Ph) un organe dont le rôle serait de servir de piston lorsque la larve exerce des mouvements de succion.

Malgré mes recherches je n'ai pu découvrir de globules blancs ou rouges dans le pharynx, ni même entre les mâchoires. Si ces élé* ments ne servent pas à la nutrition, il devient alors très probable que celle-ci s'effectue aux dépens de la partie liquide de l'inflammation, c'est-à-dire du plasma conjonctif exsudé, comme cela arrive partout où il y a irritation d'un tissu quelconque.

CoNCLUSiOiNS

io Les œufs de Gastrophilus intestinalis s'observent plus fréquem* ment et sont plus nombreux sur les Chevaux à robe de couleur que sur les Chevaux blancs.

Plus de trois mois après qu'ils ont été séparés du Cheval on peut encore y trouver des larves vivantes. Comme il est peu vraisemblable que les œufs aient besoin de tant de jours pour atteindre leur complète maturité, les jeunes larves doivent, par conséquent, posséder la propriété de rester en état de vie latente, jusqu'à ce que les conditions favorables à leur éclosion viennent à se produire.

11 est possible de voir Téclosion s'effectuer assez tard ( le 1*^' décembre) sur le Cheval même, si les conditions atmosphériques ne sont pas trop rigoureuses.

29 Le nombre des segments de la larve de G. intestinalis au premier stade est le même que chez la larve adulte. Seulement, chez ceUe*ci, le 12^ et dernier anneau est en grande partie caché, de sorte qu'elle parait avoir un anneau de moins que la jeune larvule.

Les couronnes d'épines sont placées, comme chez la larve mûre, au bord antérieur des anneaux. A la partie ventrale de la couronne céphalique il existe^ à la première rangée, huit épines beaucoup plus longues et plus mobiles que les autres.

Aux neuf anneaux qui suivent, chaque couronne est constituée par deux rangées d'épines alternes qui diffèrent de forme, selon Panneau que l'on considère. Ce sont des tubercules chitineux coniques , fortement recourbés aux trois premiers anneaux, presque droits aux suivants. Chaque crochet de la première rangée est en outre recouvert incomplètement d'une autre pièce chitineuse.

Archivée de Parasilologie, IV, n» 2, 1901. 15

218 i. GUTOT

Les dernières couronnes d'épines sont largement interrompues sur la ligne médiane dorsale, comme chez la larve ndulte.

Les deux derniers anneaux seuls sont totalement dépourvus de tubercules épineux ; le dernier est terminé par deux tubes, plissés transversalement à la base, mais non rétractiles, et présentant, à leur extrémité libre, les deux orifices stigmatiques. A la surlace du tégument, aussi bien du côté dorsal que du côté ventral, il existe de très petites épines disposées d'une façon régulière et symétrique par rapport au plan sagittal de Tanimai.

Deux grosses trachées longitudinales courent le long du corps et vont se terminer postérieurement aux deux orifices stigmatiques.

Le squelette du pharynx est formé de deux lames chitineuses longitudinales et d'une pièce médiane en forme de stylet que l'on aperçoit entre les deux crochets mandibulaires.

Plongées dans l'eau et dans différents liquides, les jeunes larvules, fraîchement écloses, montrent qu'elles sont douées d'une grande résistance à l'asphyxie. Les liquides volatils seuls les tuent instantanément ou en quelques secondes.

3® J'ai observé la mue chez la larve de Gastrophilus intestinalis à Tavant-dernier stade. A cette phase, la larve se compose du même nombre de segments, disposés de la même façon que chez la larve au dernier stade.

Elle possède une couronne d'épines de moins que cette dernière et chaque couronne se compose d'une triple ou d'une quadruple rangée d'épines très petites et alternes d'un rang à l'autre.

1^8 arcs des plaques stigmatiques, peu courbés, sont au nombre de deux de chaque côté.

Si l'on remarque qu'il en existe trois chez l'adulte, alors qu'il n'y en a pas du tout chez la larve au premier stade, il est vraisemblable d'admettre une quatrième forme larvaire qui aurait sa place entre la première et l'avant-dernière phase. Le développement de la larve comprendrait ainsi quatre stades séparés par trois mues.

i^ Les épines de la larve de Gastrophilus intestinalis au dernier stade présentent à leur extrémité libre un renflement divisé en deux transversalement. Ce caractère ne se retrouve pas chez les larves de G. hœmarrhoïdalis ou de G. nasalis.

La disposition et la forme des épines permettent à elles seules de différencier rapidement ces trois espèces les unes des autres.

LARVES DE 6ASTR0PH1LES (OESTRIDES) 219

5^ D'après quelques observations que j*ai faites, j'ai constaté que des larves adultes de Gastrophilus inteslinalis, plongées dans le formol à 3<>/o, vivaient encore cinq jours apnès leur immersion dans le liquide. Immergées dans le sublimé en solution saturée dans Teau distillée, d'autres larves n'étaient pas mortes au bout d'une heure.

Une larve, après un séjour de six heures dans le formol à 3 o/o, n'avait pas encore cessé de vivre au bout de cinquante-quatre jours.

Une autre larve, après être demeurée pendant six heures dans le formol à 3 ^/o, a survécu quarante-huit jours, quoique le lambeau d'estomac sur lequel elle était placée fût en putréfaction. Ceci démontre une fois de plus la grande vitalité de ces singuliers animaux.

B"* Plusieurs cas de myase cutanée et de myase du tube digestif dus à des larves de Gastrophiles ont été signalés chez l'Homme.

70 Les lésions provoquées par la larve de Gastrophilus inteslinalis sur l'estomac du Cheval se réduisent à une destruction d'une partie de la muqueuse ne dépassant pas le derme et à un afflux leucocytaire autour du point de fixation du parasite.

Les globules blancs proviennent à la fois de la diapédèse des vaisseaux de la muqueuse et de la sous- muqueuse, ainsi que des cellules flxes du tissu conjonctif dermique revenues à l'état embryonnaire. C'est une réaction inflammatoire banale analogue à celle qui se produit autour d'un corps étranger quelconque.

Du mode d'implantation de la larve on peut déduire que les liquides digestifs ne parviennent pas à sa bouche; l'animal se nourrit fort probablement des produits de l'inflammation qu'il détermine.

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Wedl, voir ScBEiBER, loco citato.

Pour la bibliographie antérieure à 1863, consulter Bracy Clark, Joly et Brauer.

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