‹ Archives de parasitologie (volume 2)Chapitre 33 sur 104 · SOUVENIRS MALGACHES. — LES MOUSTIQUES · texte numérisé non relu

SOUVENIRS MALGACHES. — LES MOUSTIQUES

eu vain on écrase d'un coup dix, vingt, quarante Moustiques sur' ses mains, sur sa figure; le sang coyle; il en revient cinquante, cent, des milliers.

Et ce ne sont pas seulement les parties découvertes du corps qui sont la proie de ces Insectes : leur armature buccale est telle, qu'ils sucent le sang à travers les vêtements. Ils traversent la triple épaisseur de toile d'un pliant sur lequel vous êtes assis, du pantalon et du caleçon. La couverture de laine réglementaire dans la marine et épaisse environ d'un centimètre, enroulée deux fois autour des jambes ne protège pas contre leurs piqûres.

L'assaut à soutenir est si rude que des hommes dont la vie est vouée aux dangers et aux combats demandent grâce à ces minuscules bourreaux, et souvent sont obligés de fuir lorsque l'heure approche où ils vont surgir. Je connais des postes, Âmpasimena, par exemple, dans la baie d'Ampasindava, où l'on est obligé, à moins de nécessités de service, de dîner bien avant le coucher du soleil, car plus tard cela devient impossible, et d'aller aussitôt se réfugier sous les moustiquaires. Dans ce poste, personne, blanc ou noir, n'échappe à la fièvre dès le premier mois de séjour.

Et ce n'est pas à la pointe du jour que cesse le supplice; il faut que le soleil soit déjà haut à l'hori/ion, entre huit et neuf heures suivant la saison, pour que les moustiques regagnent leurs repaires.

Heureusement, je me hâte de le dire, leurs innombrables et inexorables légions ne sévissent pas également en tous temps et en tous lieux. Pendant la saison sèche le nombre de ces Insectes diminue très considérablement. Du commencement de juin au mois d'octobre on n'a presque pas et souvent pas du tout à en souflrir sur la côte Ouest de Madagascar. Sur la côte Est, où il pleut toute l'année, on a toujours des Moustiques. Dès que reviennent les orages et les pluies d'hivernage, et jusqu'à ce que le mois de mai ait desséché les mares, ils pullulent. Ce n'est pas la fraîcheur relative de l'atmosphère, c'est la sécheresse, le manque d'eau douce indispensable aux larves qui les rend moins nombreux.

Tous les lieux ne sont pas également infestés. U\ où il n'y a ni eau douce ni humidité, il n'y a pas de Moustiques. Ainsi, à Djiboutil, désert de sable où ne poussent que des maisons et, faute d'eau douce, pas la moindre végétation, on ne souffre pas des

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