II. — Le 8 septembre 1900, la même expérience est répétée
iHi A. LIICKT
sai^s plus de succès, sur une Poule <i'un an, avec une dose de cinq centimètres cubes.
III. — Le 6 octobre 1899, avec deux centimètres cubes d'une culture récente sur moût de bière, j'inocule :
i^ Un Lapin, dans une des veines de Toreille droite;
!2^ Un Lapin, par injection intra-péritonéale;
3*^ Un Lapin, dans le tissu ronjonctif sous-cutané;
4<> Un Cobaye, sous la peau;
.> Un Cobaye, par voie intra péritonéale.
Aucun de ces cinq sujets ne présente d'accidents consécutifs.
IV. — Répétée le 5 mai 1900, avec cinq centimètres cubes, cette série d'inoculations au Uobaye et au Lapin, fournil encore pour chacun des sujets inoculés, le même résultat négatif.
V. — Le 2o juillet 1900, j'injecte sous la peau du dos d'une Souris blanche adulte, un demi centimètre cul)e d'une culture Agée de quelques jours et faite dans du liquide de Colin glycosé. Klle meurt dans la nuit du '2H au 29. Au point d'inoculation il existe un peu d'exsudaticm séro-purulente. Le foie et la rate sont congestionnés.
Des cultures faites avec ces deux organes et des examens de frottis sur lamelles, après coloration par le (îram, fournissent des résultats positifs.
VI. — Le U) août 19U0, une inoculation semblable faite chez un sujet de même espèce, donne le même résultat.
VU. — Le 20 août 19<K), deux auties Souris blanches sont inoculées de même façon, avec quelques gouttes seulement d'une culture récente, (^hez toutes deux, il survieni, au point dinocula tion, une réaction inflammatoire accusée, puis une petite collection purulente. Chez Tune d'elles, cette collection est ponctionnée le 27. I^e pus renferme des éléments du Saccharamyces inoculé qui, ensemencés, se montrent encore vivaces. Cette ponction semble apporter un soulagement et de fait l'animal guérit.
L'autre Souris, laissée en Tétat, maigrit, mange peu et finit pai* succomber le 2 septembre. Son foie et son sang renferment des cellules de Levure.
VIIL — Le 30 juin 1900, je tue, en 48 heures, une Souris blanche, à qui j'injecte, dans le péritoine, quelques gouttes d'une culture
âgée de huit jours. A Tautopsie, il existe de la péritonite exsudative et l'ensemencement de quelques gouttes de la sérosité péritonéale donne des cultures positives.
Mais là ne se sont pas tiornées mes recherches sur le rôle pathogène de ce Saccharomyces. J'ai essayé, en effet, de reproduire expérimentalement, au moins chez le Lapin, les lésions linguales, je n'ose dire qu'il détermine chez l'homme, mais au milieu desquelles je Vai trouvé après bien d'autres, mais dont, seul, je l'ai isolé.
A cet effet, à ditlérentes reprises, chez quatre ou cinq Lapins, j'ai lésé, par scarifications, la muqueuse superficielle et dorsale de la langue, puis j'ai abondamment et pendant plusieurs jours de suite, badigeonné les plaies légères ainsi produites, avec des cultures jeunes. Or, à aucun moment chez aucun des sujets mis en expérience, il n'est survenu quelque chose de comparable aux lésions viileuses de la Langue noire.
En présence de ces résultats négatifs et malgré son action pathogène chez la Souris blanche, aucun fait précis convaincant ne prouve donc que cette Levure joue un rôle actif, prépondérant, dans la production de la Langue villeuse. Néanmoins, la régularité avec laquelle on semble l'avoir observée dans les lésions qui caractérisent celte affection, milite en faveur de cette hypothèse et justifie les recherches que je viens de rapporter. Peut-être, du reste, d'autres seront-ils plus heureux que moi.
(Iakactêres DIFFÉRENTIELS. — « L'étudc des Blastomycètes parasites chez l'Homme, de date encore récente, s'est trouvée dans ces flerniers temps enrichie d'une série de faits nouveaux » (1).
Achalme et Troisier (2), Grasset (3), Busse (4), Gurtis (o), San
(t) CuHTis, Contribution «i l'étude rie 1h sitrcharomycose humaine. Annales de rinstitut Pasteur, 1896.
(2) Achalme et Troisibh, Sur une angine causée par une Levure et cliniquement semblable au Muguet. Arch. de inéd, exp , 1893.
(3) Grasset, Étude d'un Champignon pyogène parasite de l'Homme. Archives de méd. expérimentale^ 1893.
(4) Busse, Ueber Saccharomycosis hominis. Virchow's Archiv, CXLIV, p. .%0. (0) Gurtis, Presse médicale, 25 sept. 1895 et C. R. de la Société de biologie,
9 nov. 1895.
Felice (1), Mailucci et Sirleo (2), Lydîa Rabinowitscb (3), Vuillemin et Legrain (4), ont en effet, depuis quelques années, signalé la présence dans différentes lésions humaines de végétaux de cette classe et étudié leur morphologie.
Dans ces conditions, il est intéressant d'indiquer les ressemblances ou les dissemblances pouvant exister entre ces Saccharomyces et celui que je viens d'étudier.
La Levure d'Achalme et Troisier, n'a aucune tendance à former de voile dans les cultures en milieux liquides, pas plus du reste que celle de Grasset qui pousse au fond du vase, en donnant un semis de petits points blancs se résolvant en poussière si on agite la culture. En outre, celle-ci possède, en inoculations sous-cutanées ou intra-musculaires, une action nettement pyogène chez le Lapin et le Cobaye.
Il n'y a donc, tout d'abord, aucun rapport à établir entre ces deux Levures et celle de la langue noire. On peut en dire autant des Saccharomyces étudiés par Curtis, San Felice, Mafucci et Sirleo, Vuillemin et Legrain.
Le premier de ceux-ci, en eOet, ne se développe jamais en membrane ou en pellicules superficielles, ne cultive qu'entre 15'' et 39% donne des cultures blanches sur pomme de terre et détermine chez le Lapin, en injection sous-cutanée, une tumeur remplie de pus, qui se vide et rétrocède sans laisser de trace.
Les deux suivants sont pathogènes pour le Cobaye; quant au dernier qui, chez le Lapin, en injection intra-péritonéale, détermine une péritonite plastique, il s'en distingue encore par la coloration rosée de ses cultures.
Restent la Levure de Busse et les sept espèces pathogènes étudiées par Rabinowitscb.
Celle-là, comme le Saccharomyces lingua^'pilosae, cultive, dans les milieux liquides, en voile superficiel et tue la Souris blanche; quelques-unes des autres, sans action sur le Cobaye ni sur le Lapin,
(i) San Feugb, Ueber die pathogène Wirkung der Blastomyceten. Zeitschrift fur Byqiene, 1895-1896.
(2) Maffuggi 6 Sirleo, Oaservazione ed experimenti ad un Blastomiceto patogeno con inclnsione dello stesso nelle cellule det tessutl patologicl. Policlinico,
(3) Lydla Rabinowitsgh, Untersuchungen ûber pathogène Hefearten. Xettschrtft fur Hggiene^ 1895.
(4) Vuillemin et Legrain, Sur un cas de saccharomycose humaine. Archives de Parasiiologie^ 1900.
agissent aussi sur les Souris qui meurent par infection; mais, comme pour aucune, je n'ai de plus amples renseignements, je/ me contente de signaler ces vagues ressemblances, sans pousser plus loin le rapprochement que peut-être on pourrait établir entre une uu plusieurs d'entre elles et celle de la nigritie linguale.