ÉCOLE DE MÉDECINE TROPICALE DE LONDRES
La London School of tropical medicine est annexée à la Société de rilôpital des marins (Seamen's Hospital Society). Pour bien comprendre son fonctionnement, il est nécessaire d'avoir quelques notions précises au sujet de cette Société.
Société de l'Hôpital des Marins. — Cette Société, fondée en 1821, a été incorporée (reconnue d'utilité publique) par acte du Parlement (3° Gui. IV, cap. 9). Comme c'est la règle pour toutes les œuvres d'assistance ou d'instruction en Angleterre, elle ne reçoit pas son budget de l'État, mais uniquement de la générosité publique ; divers ministères lui servent une cotisation annuelle, mais atteignant un chiflre relativement minime. Pendant l'année
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1899, ses recettes ont été de 83181 livres 18 shellings 5 deniers (environ 585000 fr.). Elle reçoit les marins dans ses hôpitaux et dispensaires et leur donne des soins gratuits, sans distinction de nationalité : aussi, parmi ses bienfaiteurs ou souscripteurs annuels voit-on figurer les gouvernements du Brésil , du Chili , de Chine, de Danemark, d'Espagne, de Finlande, de Hollande, de Norvège, du Pérou, de Russie, de Siam, de Suède, ainsi que les rois, reines, empereurs, princes ou chefs d'État d'Allemagne, d'Angleterre, d'Autriche-Hongrie, de Danemark, de Grèce, de Hollande, d'Italie, de Portugal, de Russie, de Suède et Norvège. A aucune époque, la France n'a figuré sur cette liste, bien qu'on ait hospitalisé 16 Français en 1899 et un total de 1094 Français depuis la création de la Société.
Les installations hospitalières dont dispose la Société sont les suivantes :
lo Le « Dreadnought » Seamen's Hospital, installé à bord du Dreadnought, navire de 120 canons concédé à la Société en 1857 et transformé alors en hôpital flottant. Ce navire est ancré dans la Tamise, à Greenwich ; il contient 225 lits et possède un service de consultation externe. Il est ouvert jour et nuit. On s'y rend de Londres par le South eastern railway.
2» Le Royai Victoria and Albert Docks Hospital, encore appelé Branch Hospital, Cet établissement occupe une construction en briques qui s'élève dans Canning town ; on s'y rend par chemin de fer en 20 à 30 minutes, mais la station de départ se trouve dans Whitechapel, c'est-à-dire en un point déjà très éloigné du centre de Londres.
Le Branch Hospital est parfaitement aménagé ; jusqu'en 1899, il ne comprenait que 23 lits, avec un service de consultation externe. L'Ecole de médecine tropicale lui ayant été annexée, il est devenu nécessaire de mettre à la portée des élèves un plus grand nombre de malades, afin d'éviter la perte de temps qu'entraîneraient des courses trop fréquentes vers Greenwich et le Dreadnought. Aussi a t-on construit, en 1899-1900, une aile nouvelle, comprenant deux salles qui peuvent contenir 13 à 18 lits chacune, avec leurs dépendances : salles de bains, cuisines, chambres pour les nurses (infirmières) et pour les serviteurs. Cette consiruction nouvelle a
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coûté environ 11 000 livres (875.000 fr.), tant pour rédification que pour l'installation ; les donations et souscriptions du public pourvoiront à cette dépense.
Nous avons dit que les malades, à quelque nationalité qu'ils appartiennent, sont hospitalisés et soignés gratuitement. Néanmoins, on reçoit parfois des malades payants, soit dans les grandes salles communes, soit dans des chambres particulières. Ce sont, en général, des officiers du Service colonial, de l'armée des Indes ou de la marine, atteints de maladies tropicales. Suivant les cas, ils paient une à deux guinées (26 à 52 fr.) par semaine.
S"" VEast and West India Docks Dispensary, ouvert tous les jours, sauf le dimanche, de midi à 2 heures. Son siège est 51, East India dock road, à Poplar, E.
i"" Le Dispensary for Seamen, à Gravesend, ouvert tous les jours, sauf le dimanche, de 9 h. 30 à 10 h. 15 du matin.
La Société de l'hôpital des marins dispose donc d'au moins 275 lits, répartis entre deux hôpilaux, et de deux dispensaires. Dans la pratique, en raison de la distance assez considérable qui sépare ces quatre établissements, le Branch Hospital, auquel est annexée l'École de médecine tropicale, est seul visité par les élèves et sert seul à leur éducation spéciale. Les 50 à 55 lits qu'il possède actuellement assurent un mouvement de malades qui suffit amplement aux études cliniques et aux démonstrations de laboratoire. En raison de la grande activité qui ne cesse de régner dans le port, la consultation externe est elle-même très importante.
Le 18 octobre 1899, par exemple, on observait au Branch Hospital un (^s de lèpre, diverses formes du paludisme, un abcès amibien du foie, un cas de chylurie avec Filaria noctuma^ un cas de dysenterie amibienne, etc. Il est commun d'y voir aussi la Filaire de Médine, le béribéri, les diverses formes de iilariose, la bilharziose, la fièvre de Malte, la fièvre hémoglobinurique, les Calabar stoelUngs, l'ainbum et tant d'autres maladies que les médecins d'Europe ne connaissent que de nom. La population hospitalière comprend des Hindous, des Cinghalais, des Chinois, des nègres de toute origine, sans compter des matelots Anglais ou Irlandais ayant séjourné plus ou moins longtemps aux colonies.
Pendant Tannée 1900, la Seamen's Hospital Society a accueilli
dans ses deux hôpitaux plus de 2500 malades : 165 seulement étaient atteints d'affections tropicales, savoir :
Paludisme aigu 59 cas
Dysenterie 44 —
Béribéri 29 —
Abcès du foie 8 —
Lèpre 2 —
Dracontiase (Pilaire de Médine) 7 —
Filariose (Pilaire du sang) 3 —
Fièvre bilieuse hémoglobinurique 1 —
Peste 4 —
Plèvre oscillante (fièvre de Malte) 5 —
Hépatite 3 —
Fondation de TËcole. — L'Ecole de médecine tropicale a été fondée en 1899, sous l'impulsion éclairée du D' Patrick Manson, le célèbre parasitologue anglais. M. Joseph Chamberlain, secrétaire d'Etat pour les colonies, s'est mis à la tète d'une commission constituée par la Seamen's Hospital Society et, grâce à ce haut patronage, l'Ecole est entrée promptement en voie de création. Dans le courant de Tannée 1898, elle n'était encore qu'à l'état de projet ; le lundi 2 octobre 1899, elle était entièrement construite et organisée et ouvrait ses portes à la première série d'élèves.
Elle est installée dans un léger bâtiment en fer et briques, parfaitement adapté à son buL Sa construction a coûté environ 4000 livres sterling (100000 fr.); l'organisation intérieure et l'installation scientifique ne sont pas comprises dans cette somme. Pour faire face à la dépense, la Seamens Hospital Societii organisa un grand banquet qui eut lieu le mercredi 10 mai 1899, sous la présidence de M. Chamberlain. Le ministre y prononça un important discours, dans lequel il démontra l'urgence de l'institution projetée et adressa un pressant appel à la générosité de ceux qui s'intéressent aux questions coloniales. On recueillit ainsi, par voie de souscription volontaire, une somme de 16000 livres (400 000 fr.). Les ministères des colonies et des affaires étrangères souscrivirent 3550 livres (90000 fr. environ) ; le ministère de l'Inde garantit une somme de 1000 livres (25 000 fr.). Le reste de la souscription fut couvert par des particuliers et par des Compagnies financières, commerciales, etc. Le roi des Belges s'inscrivit pour une somme de 20 livres (500 fr.).
Les frais de construction et d'installation dépassèrent légèrement les sommes recueillies ; la différence a été payée par la Société de l'hôpital des marins.
Organisation de l'École. — L'Ecole comprend trois grands laboratoires, une bibliothèque, un musée, des salles d'incubation ou étuves, une salle à manger et diverses dépendances. Au premier étage se trouvent l'appartement de l'administrateur ou surintendant, ainsi que six chambres confortables qui sont mises à la disposition des étudiants. Les autres élèves se logent à proximité de l'Ecole; il est rare que quelques-uns d'entre eux rentrent à Londres tous les soirs. Tous prennent leurs repas à l'Ecole, fréquemment en compagnie de leurs maîtres, et ces déjeuners en commun, pendant lesquels la conversation roule sur les questions étudiées au laboratoire ou exposées au cours, créent entre maîtres et élèves un esprit de camaraderie et des liens d'amitié qui ont les plus heureuses conséquences.
La proximité immédiate de l'hôpital n'est pas moins favorable, puisqu'elle permet aux étudiants d'être sans cesse en contact avec les malades. Dans ces conditions, il devient possible d'observer à toute heure de jour et de nuit les malades ayant des embryons de Pilaire dans le sang ; on sait, en effet, par les découvertes de Patrick Manson, que ces parasites se montrent dans le sang périphérique à des heures différentes, suivant l'espèce à laquelle ils appartiennent.
Le deuxième étage de l'aile nouvellement annexée à l'hôpital doit être occupé par des chambres réservées aux étudiants. On pourra mettre quelques chambres à la disposition des femmesmédecins : plusieurs de ces dernières se sont présentées, dès la première heure, pour suivre les cours, mais on n'a pu en admettre qu'un très petit nombre, vu l'impossibilité de les loger.
Étudiants ; leur provenance ; lear avenir. — On reçoit à l'Ecole de Londres des docteurs en médecine et des étudiants de cinquième année. En réalité, ces derniers seront toujours peu nombreux, en raison de l'éloignement des Ecoles de médecine générale^ à moins qu'ils n'interrompent le cours régulier de leurs études, pendant le temps passé à la Tropical School.
Les élèves sont le plus souvent des médecins d'âge divers, ayant
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déjà fait un séjour plus ou moins long aux colonies. Les étrangers sont admis au inéine titre que les Anglais ; aucune condition particulière, autre que d'être un « médical man » ou une « médical woinan », n'est exigée lors de l'inscription.
Du 2 octobre 1899, date de l'ouverture de l'Ecole, au 6 décembre 4900, le nombre des élèves inscrits à l'Ecole a été de 102, se répartissant ainsi :
Service colonial ... 37
Service des afifaires étrangères 2
Douanes chinoises 2
Marine 1
Service de l'armée des Indes 1
Gouvernement de Zanzibar . . 1 Corps médical de Tarrnée de terre
Marine japonaise
Élèves libres 47
Femmes-docteurs 9
Dans ce nombre figurent un Allemand (à destination de l'Afrique orientale allemande), un Suisse (à destination de la baie de Delagoa), un Suédois (à destination de la Chine), un Japonais, un Cubain et deux Américains des Etats-Unis. Tous les autres élèves sont de nationalité anglaise et se sont répandus dans toutes les régions tropicales, principalement dans les colonies anglaises.
Deux anciens élèves ont été nommés professeurs de médecine tropicale : le D' J. Guiteras à l'Université de la Havane et >e Dr Bassett-Smith, de la marine anglaise, à l'Ecole de médecine navale de Haslar. Il est hors de doute que le chiffre de 102 élèves n'eût été dépassé dans une très large mesure, si la guerre sudafricaine n'était venue dépeupler l'Angleterre de jeunes médecins, dont un bon nombre se seraient destinés à exercer aux colonies.
Nature de renseignement; programme des cours. — Les cours sont organisés de telle sorte que les élèves restent à l'Ecole aussi peu de temps que possible. 11 y a trois sessions par an et chacune d'elles dure seulement trois mois : du 1" octobre au 31 décembre, du 15 janvier au 14 avril et du 1®' mai au 31 juillet. L'inscription coûte 1 livre 9 shellings (36 fr. 50) pour une semaine, 11 livres 11 shellings (290 fr.) pour un cours de huit semaines et 18 livres (510 fr.) pour le cours complet de trois mois.
On reste à l'Ecole de 10 heures du matin à 5 heures du soir, Le
travail est généralement réparti comme suit : de 10 à H heures, visite des malades de l'hôpital; de 11 heures à 1 heure, instruction systématique (travaux pratiques) sous la direction du D^ Rees, surintendant médical ; de 1 à 2 heures, déjeuner ; de 2 à 4 heures, instruction clinique dans les salles de l'hôpital et à la consultation externe ; de 4 à 5 heures, cours.
L'instruction systématique envisage sous toutes leurs faces les multiples questions relatives à la pathologie et à l'hygiène tropicales. Les exercices pratiques sont variés de telle manière que les étudiants se familiarisent de la façon la plus complète avec les méthodes d'examen à l'état frais, de préparations au moyen des divers réactifs, de fixation et de conservation, non seulement du sang, de l'urine et autres déjections, mais encore des différents tissus et organes. Pour le sang, par exemple, on leur apprend à déterminer le pouvoir calorimétrique, le nombre des globules, le poids spécifique, la coagulabilité. Ces notions acquises, on passe à l'étude des Hématozoaires et il va sans dire que celui du paludisme occupe la première place.
Les cours théoriques durent huit semaines. Nous croyons utile d'en donner le programme :
D' Patrick Manson, 11 leçons. — Maladies paludiques, kala-azar, fièvre hémoglobinurique, fièvre de Malte, fièvre rémittente, dengue, fièvre jaune, peste, fièvre japonaise de rivière, béribéri, hydropisie épidémîque, névrite endémique, maladie du sommeil, fièvres non classées.
D' R. Tanner Hewlett, 6 leçons. — Protozoaires sanguicoles chez les animaux, bactériologie des maladies tropicales (lèpre, tétanos, mycétome, etc.).
D' Andrew Duncan, 6 leçons. — Différentes sortes de dvsenterie, choléra, rectite gangreneuse, hépatite, abcès du foie, cirrhose biliaire infantile.
Mr Jas. Cantile, 4 leçons. — La chirurgie sous les tropiques abcès du foie, tumeur scrotale, calculs, tétanos.
Mr OswALD Baker, 2 leçons. — Lèpre.
Prof. W. J. Simpson, 8 leçons. — L'hygiène et l'administration hospitalière sous les tropiques.
D' L.-W. Sambon. 12 leçons. — Cestodes, Trématodes, Nématodes, Arachnides et Insectes parasites, Annélides (Sangsues),
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Tiques, Scorpions, Poissons toxiques, Serpents venimeux, racines vénéneuses des tribus indigènes, intoxications alimentaires (pellagre, lathyrisme, atriplicisme, empoisonnement par le manioc), coup de chaleur (siriasis), distribution géographique des maladies et acclimatation.
Mr Malcolm Morris, 4 leçons. — Yaws, verruga peruana, ulcère oriental, boils, pemphigus, phagédénisme, granulome ulcérant, kéloîde, anakhre, piedra, pinta, dhobie itch, tokelau, mycétome, ainhum.
Mr Treacher Collins, 2 leçons. — L'ophtalmologie soué les tropiques : affections paludiques de l'œil, amblyopie quinique, lèpre, Filaria loa et autres parasites attaquant l'œil sous les tropiques, trachome et ses suites, xérophtalroie, ptérygium, cataracte, etc.
Au total, 55 leçons réparties sur 40 jours, car l'après-midi du samedi reste libre. On ne saurait trop approuver un tel programme, encore qu'il puisse être l'objet de quelques critiques. Par exemple, il est incontestable que les douze leçons consacrées à l'étude des. animaux parasites ou nuisibles sont loin d'être suffisantes^ même en tenant compte de ce que l'Hématozoaire du paludisme et les formes voisines sont décrits par un autre professeur. De même, la bactériologie mérite un enseignement plus complet. De même encore, il serait très utile de confier à un seul professeur l'enseignement des mycoses, qui se trouve actuellement réparti entre MM. Hewlett et Collins et qui, en tout cas, mérite plus de quatre leçons. Mais ce sont là des détails que le développement de l'Ecole conduira sans doute à modifier prochainement.
Comme on le voit, aucune des questions qui touchent de près ou de loin à la parasitologie n'est laissée de côté. Un bon nombre de maladies apparemment infectieuses ou parasitaires, mais dont l'agent pathogène reste encore inconnu, sont également étudiées, comme le béribéri, le coup de chaleur, la névrite endémique tropicale, la rectite gangreneuse, les yaws, le goundou, l'ainhum, etc. Nous ignorons la cause de ces états morbides : raison de plus pour attirer sur eux l'attention de médecins destinés à vivre aux colonies et pour leur signaler avec insistance les points encore obscurs dont la solution dépend peut-être de leurs investigations.
Il va sans dire que les étudiants reçoivent aussi un enseignement
très complet en ce qui concerne les conditions de la vie dans les climats chauds, tant au point de vue des individus et de leur acclimatement qu'à celui de la connaissance générale des eaux, du sol, de la nourriture, de Thygiène des villes et des plantations, etc.
D'ailleurs, le dévoué directeur de l'enseignement pratique, M. le Dr D.-C. Rees, complète par ses démonstrations les parties insuffisamment traitées dans les leçons théoriques.
Ajoutons que, dès maintenant, l'Ecole fait des bénéfices, les sommes payées par les élèves dépassant la dépense.
Enfin, l'Ecole a un organe officiel, le Journal of tropical medicine, qui paratt mensuellement, depuis le 15 août 1898, sous la direction de MM. J. Cantlie et J.-W. Simpson. Ce périodique a déjà publié une série de travaux importants et constitue un recueil précieux, indispensable à quiconque étudie la pathologie exotique.
Certificat d'études. — Un certificat d'études est délivré aux élèves qui ont suiyi le cours complet et qui ont subi avec succès un examen de sortie. Cet examen comprend deux épreuves écrites, -dont une est en même temps pratique, et une épreuve orale; il est accordé trois heures pour chacune des deux premières. Voici les questions posées aux candidats d'une même série.
Épreuve écrite
1» Décrire le cycle que le parasite de la fièvre estivo-automnale parcourt chez le Moustique. Comment distingue-t-on les Culex des Anophèles ?
2» Décrire brièvement les méthodes à employer pour démontrer la réaction de Widal dans les fièvres typhoïde et méditerranéenne.
3^ Indiquer le traitement du choléra, apprécier la valeur des inoculations prophylactiques de Hafikine.
4<) Indiquer les caractères différentiels des divers embryons de Filaire.
5^ Une éruption serpigineuse étant donnée, indiquer brièvement le diagnostic différentiel de la lèpre, de la syphilis et du lupus.
6» Chez un malade atteint d'un abcès du foie ouvert dans le poumon, dans quel cas y a-t-il lieu d'opérer?
7» Par quelles méthodes peiit-on purifier Teau pendant la marche? Quelle méthode considérez-vous comdie la meilleure?
8» Qu'est-ce que la Dhobie itch? Comment la traitez-vousl^
9o A quoi distingue-t-on Tamblyopie paludique de Tamblyopie qui-
nique ?
Epreuve pratique •
1» Examiner une culture en bouillon, au point de vue du diagnostic. Indiquer la marche de Texamen.
2p Teindre une lame de sang desséché avec un colorant mettant en évidence le parasite du paludisme. Décrire en détail toute anomalie observée dans le spécimen et donner un diagnostic.
3» Nommer les préparations microscopiques portant les numéros i à 6.
4o Que sont les cultures en tut>es portant les numéros I à 5? Donnez vos raisons.
L'examen oral est passé devant un jury composé de trois personnes. A la session où ont été posées les questions précédentes, les examinateurs étaient MM. Manson, Duncan et Simpson.
Les exemples ci-dessus montrent la rigueur de l'examen de sortie et, par conséquent, la grande valeur du certificat d'études. Aussi comprend-on que l'Université de Londres, récemment fondée, ait reconnu l'Ecole de médecine tropicale et ait conféré le titre de Professeurs à quelques-uns des hommes dévoués autant qu'éminents qui y enseignent, sans en retirer aucun avantage personnel et sans autre souci que de contribuer au progrès de la science et d'améliorer l'état sanitaire des colonies.
Le Gouvernement anglais reconnaît officiellement le diplôme délivré par l'Ecole. Il oblige les médecins qui doivent se rendre aux Indes ou aux colonies de l'Océan Indien et de l'Océan Pacifique à suivre les cours avant leur embarquement; il paie alors leurs frais d'études.
Fondation Craggs. — M. J.-C. Craggs a eu la très généreuse et intelligente pensée de fonder une bourse de voyage ou de recherches, qui est connue sous les noms de « Craggs trax^lhng Scholarship » ou (( Craggs researck Scholarship, » Une somme annuelle de 300 livres (7500 ir.) est remise, pendant trois années consécutives, à l'élève le plus méritant.
Cette bourse a été attribuée pour la première fois, en 1900, à M. G.-C. Low, qui s'était distingué entre tous les élèves par une découverte de la plus haute importance, dont il sera question tout à l'heure. M. Low a déjà passé six mois dans la Campagne romaine et y a pris part à une expérience d'un grand intérêt, dont nous allons parler également. 11 va partir maintenant pour les Antilles, où il se propose d'étudier la filariose.
RésaltatB scientifiques obtenus jusqu'à ce jour. — Depuis le peu de temps qu'elle existe, TEcole de L^idres a déjà vu s'accomplir dans son sein une série de travaux intéressants. Nous n'en mentionnerons que deux, en raison de leur extrême importance.
lo M. le D*" Low a pu démontrer que les Moustiques sont les propagateurs des Pilaires du sang, dangereux parasites qui causent diverses maladies très redoutables, répandues sous les tropiques, notamment Téléphantiasis et certaines formes d'hématurie.
2^ Le paludisme est sans contredit la plus grave des maladies tropicales qui s'opposent à l'acclimatement des Européens dans les pays chauds : le nombre de ses victimes est incalculable ; chaque année, les colons, les troupes d'occupation et les explorateurs lui paient un lourd tribut. Notre illustre compatriote, M. le professeur Laveran, a fait connaître, voilà déjà vingt ans, que cette terrible endémie est causée par un très petit parasite qui vit et se multiplie dans le sang, où il se nourrit aux dépens des globules rouges. Les conditions de sa transmission étaient demeurées inconnues. M. Laveran avait bien émis l'opinion que les Moustiques jouaient un rôle capital dans sa dissémination, mais il n'avait pu en fournir la preuve décisive.
Celle-ci a été donnée par le major Ronald Ross, médecin de l'armée des Indes, et par le professeur B. Grassi, de l'Université de Rome. On sait maintenant, grâce à ces habiles observateurs, que les Moustiques du genre Anophèles sont les propagateurs de la redoutable maladie. En suçant le sang d'un malade, ils avalent les parasites : ceux-ci subissent des métamorphoses compliquées dans l'estomac et les glandes salivaires de l'Insecte, puis sont inoculés par ce dernier à tout individu qui subit sa piqûre.
L'Ecole de Londres a contribué puissamment à la solution des problèmes importants que soulevaient ces premiers résultats. Elle recueillit par voie de souscription une somme importante, qui lui permit de réaliser une expérience du plus haut intérêt. On fit construire une maison en bois, dont les fenêtres étaient fermées par une toile métallique à mailles assez serrées pour que les Moustiques ne pussent pas les traverser ; la porte était doublée d'un tambour de toile métallique. MM. Sambonet Low installèrent cette maison au milieu d'un marécage, tout près d'Ostie, dans l'endroit le plus insalubre de la Campagne romaine. C'est là qu'ils
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passèrent trois mois, pendant la saison la plus redoutable, sans ressentir la moindre atteinte du paludisme, en s*astreignant simplement à rentrer dans leur maison avant le coucher du soleil et à n'en jamais sortir pendant la nuit. Il suffit donc de se mettre à l'abri de la piqûre des Moustiques nocturnes pour éviter le paludisme.
On conçoit Timmense portée de ces découvertes; il est superflu, après cela, d'insister sur l'utilité d'une institution telle que l'Ecole de médecine tropicale de Londres; aussi le Comité directeur de l'Ecole a-t-il eu raison d'adresser récemment un appel au public, dans le but de l'engager à mettre à sa disposition l'argent nécessaire à la fondation de nouvelles bourses de voyage ou à la formation de nouvelles expéditions scientifiques, qui seraient chargées d'étudier dans les pays chauds les diflérentes questions qui restent encore à résoudre. L*Ecole songe à envoyer une expédition dans le sud de l'Océan Pacifique: elle demande 2000 livres (50 000 fr.) dans ce but; un seul souscripteur, qui désire garder l'anonyme, lui a déjà versé 500 livres (12 500 fr.). il est vraisemblable qu'à l'heure où nous écrivons la souscription tout entière est couverte.
Voilà de nobles exemples, qui honorent grandement les généreux donateurs. Le progrès de nos connaissances dans le domaine des maladies tropicales ne peut s'accomplir que grâce à l'intervention pécuniaire de ceux qui, à un titre quelconque, s'intéressent au succès de la colonisation, ou qui sont favorisés de la fortune et détiennent les capitaux sans lesquels il est impossible de mener à bien de semblables études. On ne mettra jamais assez de moyens d'action, tranchons le mot, jamais assez d'argent à la disposition des savants qui s'y consacrent.
Avenir de l'École de Londres. — Nous en avons dit assez pour faire comprendre qu'une Ecole, dont les débuts ont été si brillants, est appelée à jouer un rôle considérable dans la science. En elTet, son succès a dé[)assé toute prévision. Etablie en vue de 18 à 20 élèves, elle s'est trouvée, dès la première année, tout à fait insutlisanté, tant était grand le nombre des demandes d'admission ; et pourtant, on peut affirmer que la guerre du Transvaal a nui considérablement à son essor.
Il est donc devenu nécessaire de bâtir une nouvelle Ecole beau-
coup plus vaste, avec des laboratoires pouvant recevoir au moins 40 élèves à la fois, avec amphithéâtres de cours, musée, « mosqui* tarium », c'est à-dire aquarium, chambres et étuves destinés à rélevage des Moustiques ; il est nécessaire encore de mettre à la disposition des élèves un plus grand nombre de chambresà coucher. L'Ecole demande pour tout cela une somme de 100 000 livres (2 500 000 fr.) ; comme toujours, c'est à la générosité publique que Ton s'adresse. Cet appel sera entendu et il est certain que la souscription sera promptement couverte. Tous ceux qui, en Angleterre, s'intéressent au succès des entreprises coloniales et c'est, peut-on dire, la nation tout entière, apporteront à l'entreprise leur concours empressé. La petite Ecole de Londr.es a vécu : son existence éphémère a été marquée pourtant par des découvertes capitales. La grande Ecole va bientôt sortir de terre : elle fera plus encore, sinon mieux que sa devancière.