‹ Archives de parasitologie (volume 2)Chapitre 8 sur 104 · LB PARASITE · texte numérisé non relu

LB PARASITE

Manière de le récolter. — Tous les moyens mis en œuvre pour avoir un Ver complet, étalé en son entier, ont échoué. La dissection, sous la loupe ou le microscope, de fragments de ligament parasité, la macération dans divers liquides, notamment l'eau de baryte ou de potasse, ne nous ont donné que des morceaux plus ou moins longs et impossibles à raccorder.

La méthode la plus simple nous a donné les résultats les meilleurs. Elle consiste à sectionner le ligament suspenseur en fragments de deux ou trois centimètres de long et de presser entre les doigts ces fragments placés dans un repli de serviette. On voit alors jaillir sur la coupe des sortes de filaments blanchâtres qui ne sont autres que des fragments de Ver coupés par l'instrument tranchant. Avec une pince on peut prendre ces bouts et, en les tirant un à un jusqu'à ce qu'ils se rompent, on obtient des fragments plus ou moins longs, généralement de un à

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quelques centimètres. En recommençant ces tractions sur un grand nombre de bouts, on arrive quelquefois, avec de la patience, à obtenir des extrémités qui seules sont caractéristiques.

Le plus gros de ces filaments, les plus nombreux aussi, appartiennent au corps de la femelle. Leur enroulement serré et sinueux ne permet généralement pas d*en obtenir des fragments très longs. Le plus souvent, on n'obtient que des bouts de 2 à 6 centimètres. Exceptionnellement, nous avons obtenu un fragment de 30 centimètres du corps de la femelle sans la tête ni la queue.

Le mâle se présente sous l'aspect de filaments plus fins et d'un blanc moins nacré. II. forme moins de sinuosités dans son trajet et ses tours de spire sont plus lâches; aussi cède t-il plus facilement à la traction et est-il possible d'avoir des fragments plus longs. On obtient assez facilement des fragments de 10 centimètres avec une extrémité. Nous en avons eu un de 15 centimètres n'ayant que la queue sans la tète.

Moyens d'étude. — C'est sur des fragments terminaux que Ton peut étudier les ouvertures naturelles, la tète et la vulve chez la femelle, les spicules et les tubercules de la région anale chez le mâle, tous éléments qui servent à déterminer l'espèce. Mais l'organisation intérieure se voit assez mal par transparence; même après coloration par le carmin boracique. Il faut l'étudier sur des coupes, soit en faisant des séries sur le tendon lui-même, soit dans des inclusions dans la celloîdine. Comme agent fixateur, nous avons employé le formol du commerce dilué au dixième.

tiSTUDS ZOOIiOGIQUE

DÉNOMINATION, CLASSIFICATION. -- La Filairc réticulée fut dénommée pour la première fois par Diesing Spiroptera reticulata. Ces deux noms ne lui convenaient pas plus l'un que l'autre, car ce n'est pas un Spiroptère et le corps n'est pas réticulé. Ce qui, sans doute, fît illusion à cet auteur, c'est que ce Nématode, ne pouvant être observé qu'enroulé en tire-bouchon (fig. 1), les stries opposées à la face frontale de l'objectif apparaissent par transparence, croisent dans leur mouvement hélicoïdal les stries les plus rapprochées de cette face en formant un beau lacis en losanges qui donne au Ver l'aspect écailleux d'un Serpent. Mais ce n'est là

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qu'une appareoce objective, quand on observe à un très faible grossissement.

' Le qualificatif de cincinnata, proposé par Ercolani, était plus juste. Filaria cincinnata, donné par Ziim en 1872, était parlait, car la longueur du Ver, sa ténuité, ses caractères anatomiques et son habitat en font bien une Pilaire, comme l'avait déjà reconnu Creplin en 1846. Mais, d'après les règles de la nomenclature zoologique, nous la désignerons sous le oom de Filaria reiiculala (Diesing) Creplin : d'où le nom de filariose que nous avons cru devoir donner à l'alTection déterminée par ce parasite chez les Équidés.

Dimensions. — Le corps, fin et long, s'atténue graduellement vers les extrémités. Sa longueur, quoique indéterminée, est relativement très grande. Elle dépasse certainement 30 centimètres cbez la femelle, car nous avons obtenu un fragment de cette longueur sans les extrémités terminales. Le diamètre du corps, dans sa région moyenne, est, chez la femelle, d'environ 0'°'»2!}.

Le mâle est d'uu tiers à moitié-moins gros que la femelle. Il s'atténue également vers les extrémités (1). Sa longueur n'est pas exactement connue. Cbez les Nématodes, le mâle est toujours plus petit que la femelle. Ici, nous constatons qu'il est plus ^m; il est probablement aussi plus court. Les cbifTres de 9 à 19 centimètres, que l'on a donnés pour déter- ^'''- ^- " miner sa longueur, ne nous paraissent pas fondés, ^ ^> tout au moins le premier. Nous avons, en eUet, meiie.obtenu un fragment d'environ 13 centimèires de poreséniui. longueur et ce fragment ne présentait que l'extrémité postérieure.

Étude de la couche ectodermique. — La cuticule se compose de deux parties essentielles : une couche profonde, de nature évolutive, et une couche externe, de nature chitineuse, sorte de cuirasse protectrice.

(1| ImmMlatem«nt eo aniit dea ipfculM, ib qume mecure 0'*Û8 ou M ii.

La couche évolutive (flg. 2, cp] a uoe base granuleuse sur laquelle se dressent des éléments allongés ayant l'aspect d'un épitiiélîum cylindrique. La surface de cette couche est régulièrement ondulée dans le sens transversal. Le sommet de chaque ondulation correspond exactenient à une strie de la surface cuticulaire.

La couche externe, chitiaeuse et transparente, se compose de trois lames : !■> une lame mince, hyaline (a), qui se moule exactement sur les ondulations de la couche précédente et qui conserve toujours UD aspect bien distinct; 2° une lame épaisse (b), biréfringente, très régulièrement nuancée et de fort bel aspect : 3o enfin,

tout à fait à la surface, une densification de la chitine donne lieu à une mince épicule (cj.quidessineles stries du Néma- Flg. 2. — Cuticule. — a, lame mlDce ondulée ; b, lame tode.

épalue blrélrlngeote ; C, lame superflcielle ou épicule ; ^a COUChe épais-

ec coache Interoe chlUneose ; !?>, couche profonde ; ....

m. appareil mu«nlalre. «^ intermédiaire

laisse deviner une structure finement fibreuse, plus ou moins bien marquée selon les sujets ou selon la période de mue dans laquelle ils se trouvent. L'origine cellulaire de cette couche, douteuse d'après certains auteurs, nous est neltement apparue dans une préparation montrant une coupe longitudinale d'un fragment du Némâtode. Elle était exclusivement constituée par un amas de globules réfringenU, glissant facilement les uns sur les autres. Ces éléments étaient doués d'une vitalité très active, car un grand nombre était en voie de division scissipare (fig. 3). Leurs caractères les plus nets nous onl paru être leur forme globuleuse, leur mobilité et leur réfringence un peu analogue à celle des globules graisseux.

La cuticule s'amincit légèrement vers l'extrémité antérieure où les stries deviennent plus fines et plus serrées. Elle constitue une sorte de bourrelet autour de la vulve el quelques tubercules en séries déterminées. Autour de la bouche, au contraire, les tubercules cuticulaires paraissent irrégulièrement dispersés.

FnARIOSB DBS TENDONS CHBZ LK CBKVAL 65

Vers l'exlrtimité postérieure, les stries se serrent également, mais la cuticule s'épaissit sur la queue de la femelle dans des conditions un peu variables selon les sujets.

Chez le mâle, les stries sont beaucoup plus Unes et plus serrées, sur tout le corps, que cbez la lemelle. A l'extrémité postérieure, la cuticule s'épaissit latéralement de façon à donner à la queue l'aspectd'unferde lance. Cette espèce de palette s'incurve légèrement en forme de gouttière ducôtédesspicules. Les papilles se trouvent en dessous et à la base même de ces sortes d'ailettes (ûg. 9, ^).

Ftg. 3. — CnUcule. — a, globule de la eoncbc cgt vu sons de* mises aa point diaérentei ; b trois globules eo état de segmen tatlon plus oa moloa avancée cgi, coucbe de globales rétrio geoto: egr, couche granuleuse m, coocbe muscalslre.

Ptg. i. — Coupe trana versa le du corpa de la lemelle. — am, appareil musculaire-, c, cuticule ; ce, canal excréteur ; cl, ebamp latéral ; egr, couche granuleuse sons-cntlcnlalre ; t. InteatlD ; OD, ovlductes.

La coucbe évolutive de la cuticule s'épaissit considérablement vers le centre de la cavité en deux points diamétralement opposés, de façon à former les rMmpx latéraux. Ces bourrelets longitudinaux, très épais, s'étendent de chaque cdté jusqu'aux tubes de l'oviducte et de rintestin, qu'ils relient entre eux et maintiennent en leur position centrale (lig. 4). Us forment ainsi, avec ces or^oes, uoe cloison transversale qui divise nettement la cavité générale du Ver en une section supérieure et en une section inférieure.

Les champs latéraux sont eux-mêmes formés chacun de deux cordons, accolés l'un à l'autre et limités par une lamelle chitineuse. Sur leur coupe transversale, ils apparaissent généralement

Arehiveê de Purantotogie, IV. n' 1, 1901.

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formés d'une masse homogène parsemée, par ci par là, de quelques gros noyaux. Cependant, sur certains sujets, sans doute jeunes, on aperçoit une organisation d'éléments arrondis, serrés les uns contre les autres, et dont le centre prend la couleur comme un noyau cellulaire.

Les deux lames chitineuses qui, par leur rapprochement, forment la cloison médiane de chaque champ latéral, s'écartent en un point, près du hord périphérique, de façon à former un petit pertuis (fig. 4, ce). Ce pertuis apparaît sur les coupes comme une sorte de boutonnière; il nous parait représenter de chaque côté du corps un canal excréteur.

En dehors des champs latéraux, cette couche granuleuse lance encore des prolongements rayonnes plus ou moins étendus qui s'insinuent entre les cellules musculaires de façon à leur former une sorte de lit sur lequel elles se moulent. Cette masse englobante se distingue sur les coupes transversales par son aspect homogène et en ce qu'elle se colore en rose par le picro-carmin.

L'appareil musculaire^ qui doit aussi se rattacher à la couche ectodermique, se trouve constitué par des éléments cellulaires spéciaux occupant les espaces dorsal et ventral du corps du Ver. Comme chez tous les Nématodes, ces éléments ont une partie périphérique de nature contractile et une partie centrale vésiculairo possédant un gros noyau. Des cloisons protoplasmiques s'étendent de la région centripète de la cellule vers sa région périphérique en se divisant selon le mode dichotomique pour limiter des aréoles de forme analogue à celles qui, en architecture, caractérisent le style flamboyant.

Appareil digestif. — Bouche. — La tête, ou mieux l'extrémité antérieure, s'effile légèrement en forme de cône émoussé. Le pore oral s'ouvre à son sommet. La bouche a la forme d*un petit entonnoir plissé, plus ou moins bien marqué selon les mouvements de rétraction que lui font subir les fibrilles musculaires s'insérant à son pourtour. Elle se continue directement par un fin conduit phor ryngien à paroi assez mince, présentant des saillies longitudinales à bord largement ondulé, qui la relie à l'œsophage.

Œsophage. — L'œsophage est très long. Sur la femelle, il ne mesure pas moins de 3°»n»5. A 0°»*»3 de la bouche, les parois du

FILARIOSE DES TENDONS CHEZ LE CBKVAL

cooduit pharyngien s'épaississent assez brusquement au point de remplir en grande i)artie le calibre du corps de l'animal et de ' façon à constituer un puissant appareil musculaire qui se continue, semi-rigide, jusqu'à l'origine de l'intestin. L'intérieur du tube oesophagien est tapissé par un épithélium pavimenteux, formé de cellules cubiques très régulières el ayant chacune leur noyau («g- 5).

Cet organe, comme on le voit, est remarquable parsa longueur et la puissance de sa musculature. Cela fait supposer un pouvoir aspirateur considérable, nécessaire, sans doute, pour (aire passer par un tube relativement étroit une alimentalion suffisante pour un corps aussi long.

Intetiin. — L'œsophage s'arrête en formant un étranglement "assez brusque auquel fait suite l'intestin k paroi mince, onduleux et semi-flottant. Le tube intestinal s'étend assez régulièrement sur toute la longueur du corps du Ver, en formant par ci par là quelques replis peu compliqués.

Il se termine à une petite distance de re.\trémité postérieure par une partie réirécie, sorte de

rectum, qui s'ouvre à la surface de la cuticule par (rig. 6, o).

L'intestin parait s'atrophier chez l'animal adulte, ou, tout au moins, il devient d'une importance assez secondaire à ci>té du développement et du diamètre considérable des tubes utérins.

Les parois sont formées par une tunique externe d'épaisseur très régulière, sans organisation déterminée, et un épiihélium cylindrique.

FIg. 5. — Extrémité anlérleure de Filaria rrUculata. — i, tnlesUn; ai, (BBopbugc ; pk, conduit pharyngien.

ï porc anal

L'amu, comme il a été dit, s'ouvre près de l'extrémité terminale et sur la face ventrale. ■

Appareil excréteur. — L'appareil excréteur n'a pu être nettement déterminé. Cependant, nous avons cru trouver des traces d'un canal lon^tudinal dans chacun des cliamps latéraux, comme nous l'avons vu précédemment (fig. 4). Mais, quelle que soit la valeur de cette détermination, l'existence même de cet appareil ne laisse pas de doute. 11 est aussi nécessaire au point de vue organique que comme moyen de parasitisme. Nous voyons, en eOet, la Pilaire, dont la bouche ne présente pas d'armature, progresser activement dans certains tendons en se livrant passage entre les faisceaux libreux et même en attaquant directement les fibres tendineuses dont la résistance est grande. Il serait difllcile d'expliquer ce fait par les seuls moyens mécaniques dont dispose le parasite.

!1 est donc certain que ce Nématode sécrète, comme la plupart de ses congénères, d'ailleurs, un liquide irritant qui provoque une inflammation locale. Cette irritation détermine de la diapédèse et une formation cellulaire abondante aux dépens des éléments conjonctifs. Se trouvant ainsi environné d'un tissu embryonnaire, tendre et alibile, le parasite peut progresser à travers ces éléments tout en y puisant une nourriture abondante. Ce lait sera mis liors de doule plus loin, quand nous ferons l'étude des lésions.

Si l'appareil excréteur n'a pu être déterminé dans son ensemble, des corps glandulaires u'en ont pas moins été mis en évidence sur certaines coupes. Ces glandules se trouvent de chaque côté des champs latéraux ; elles paraissent munies d'un canal excréteur se dirigeant vers la cuticule.

Ces organes d'excrétion sont probablement limités h certaines régions du corps, car un ne les retrouve pas dans toutes les coupes transversales.

FIg. 6. — Extrémité poaUrleure de la lemelte. — a, pore anal ; i, partie termlnaledellDlesUii ; 11, anse formée par l'utérusdaiula partie la plus po»t6rlsure de la cavité générale.

PILARI08B DBS TENDONS CHKZ LR CHEVAL

Appareil REPHOoticreun i>e la femelle. — Le pore génital se trouve vers l'extrémité antérieure du Ver, à environ 0""4 de la bouche (fig. 7). Il forme une sorte de mameloa, au sommet duquel s'ouvre le conduit vaginal. Vu de profit, ce mameloa rompt la régularité de la ligne culiculaire et fait de suite distinguer la femelle du mâle. Mais lorsque le pore se trouve selon l'axe optique du microscope.sa reconnaissance est moins aisée, surtout s'il est à l'opposé de la face frontale de l'objectif. Cependant en faisant varier la mise au point, on parvient à le distinguer, et, dans certains cas favorables, on peut même en étudier les détails.

De profil, le mamelon génital laisse apervevoir, sous la cuticule, les plissements du tube vaginal qui s'ouvre il son sommet. En avant s'observe aussi un organe, glande annexe ou réservoir spermatique, à pourtour limité et dont le fond parait rempli d'élé ments globulaires (fig. 8).

De lace, on voit le vagin s'ouvrir au fond d'un évasement cratéri forme en formant une sorte de bourrelet îrrégulier.

Nous n'avons jamais constaté qu'un seul orifice. En avant et à la base du mamelon, sur la ligne ventrale, se trouvent deux petites papilles. En arrière sur la même ligne, et à peu près à la même dislance de l'orifice vulvaire, se trouvent également trois petites papilles régulièrement espacées; puis, plus en arrière, est encore une grosse papille ovalaire à tête arrondie.

FIg. 8. — Pore génital. — A, le mameloD v dn profil ; B, le mamelon vu de face.

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De ce point, l'utérus se développe en formant deis ondulations et des plissements. 11 parait se dédoubler bientôt en deux oviductes très longs, lesquels se terminent par un tube ovarique en cœcum. Ces organes, plus larges que l'intestin, occupent dans tout le corps une place prépondérante. L'un d'eux s'étend jusqu'à l'extrémité même de la queue où une anse extrême s'aperçoit presque immédiatement sous la cuticule (fig. 6). Les tubes ovariques sont formés de trois membranes : i^ l'externe, qui est composée d'une couche de cellules aplaties renfermant un noyau épais et saillant ; 2f* la membrane moyenne qui a un aspect hyalin sans oi^anisation apparente, et 3<* la membrane interne, de nature épithéliale, et qui présente un aspect bien différent selon qu'on l'examine dans l'ovaire, Toviducte ou Tutérus. Dans la région ovarique, l'épithélium est pavimenteux, sans noyaux apparents. 11 se trouve en contact avec une matière granuleuse qui parait être une substance vitelline au sein de laquelle naissent les œufs.

Au-delà, la muqueuse change d'aspect : les cellules sont plus épaisses, irrégulières et à noyaux volumineux fortement granulés. La couche moyenne s'épaissit aussi, mais reste toujours amorphe. C'est la région correspondant à l'oxMucte, Ici, l'épithélium granuleux concourt évidemment à la constitution de la couche externe des œufs. C'est aussi dans cette région de l'organe, la plus étenduei que les embryons prennent naissance et se meuvent au travers d'œufs non encore éclos et d'éléments nutritifs abondants.

Enfin, dans la région ut&rine, la couche externe conserve à peu près son même caractère; la membrane moyenne devient plus épaisse et parait contenir des éléments contractiles et la couche interne se transforme en épithélium pavimenteux.

Appareil reproducteur du mâle. — L'appareil reproducteur du mâle se trouve représenté extérieurement par deux spiculea situés près de son extrémité postérieure. Cette extrémité est ellemême recourbée d'une manière caractéristique en formant un tour de spire plus serré, disposition qui permet sans doute au mâle d'enserrer le corps de la femelle au moment de l'accouplement.

Le cloaque est situé entre deux rangées de papilles petites et peu apparentes. Elles sont au nombre de six paires, dont trois

FILARIOSB DBS TBND0N8 CHBZ LE CHEVAL

préaoales. Eo arrière, une papille plus petite encore, pas toujours visible, porte quelquefois le nombre total à sept paires.

Les spicules sont inégaux. Le plus grand, incurvé en forme d'alêne, a 260 [i. de long. Le plus court n'a que 100 ]x. Ces organes paraissent creux et ont l'extrémité coupée en biais comme un bec de plume. 1^ tube testiculaire est très long. Il est rempli par des corps spermatiques ronds et granuleux. Sur les coupes transversales du Ver, ces corps ont parfois une forme polygonale par suite de leur pression réciproque dans le conduit séminal.

Mode de reproduction. — Propagation, — Comme on vient de le voir, la Pilaire réti- .

culée a les sexes séparés.

L'accouplement nécessaire à la reproduction se fait dans le corps de l'bôte, dans le ligament suspenseur, par exemple, qui constitue son habitat de prédilection. Le cercle de ses phases biologiques une fois fermé, le rdle du Nematode est accompli : il n'a plus qu'à mourir. 11 n'est pas rare de trouver dans le même ligament des Pilaires au développement encore imparfait, des adultes et des cadavres à des divers degrés d'altération, tant de mâle que de femelle.

La plupart des observateurs ont signalé des nodules vermineux dans le tissu conjonctif du canon. Nous avons constaté nous-méme ce fait. Sans lui donner toute l'importance qu'on lui a généralement attribuée, nous nous sommes demandé si ce ne serait pas là un moyen d'accouplement ou de dissémination de l'espèce. L'observation semble démontrer qu'il n'en est rien. Comme nous l'expli querons plus loin, ces cas sont purement accidentels et ne paraissent avoir aucune signification biologique.

PIg. 9. — A, extrémllé postérieure du mâle; B, eitrémitâ terminale vue pat la tace veDtrale, montrant les apicules et les papilles.

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La femelle est ovovivipare. L'évolution des embryons parait coïncider avec le printemps. Le professeur Railliet, d'Alfort, a vu des embryons libres dans les tubes génitaux dès le mois de janvier. Tshulovski, à Kasan, ne les a vu apparaître qu'en mars et avril. Pour notre compte, à Nîmes, nous n'avons pu voir des embryons qu'à partir du milieu du mois d'avril. Encore, à cette époque, les individus embryonnés étaient sensiblement moins nombreux que les autres. Mais nous en avons trouvé pendant tout Tété et jusqu'au mois de novembre.

Les œufs embryonnés sont légèrement ovales. Ils mesurent de 45 à 50 (A selon leur grand axe et de 30 à 35 [jl selon le petit axe.

L'embryon éclos ressemblée tous les embryons du genre Pilaire et particulièrement à ceux de la Pilaire des boutons hémorragiques des Équidés, de la Filaria immitis du Chien, de la Pilaire Barvcrofti^ etc.

Que deviennent ces embryons?

Évoluent-ils sur place dans le sein même de l'organe envahi par le parasite? Ou doivent-ils sortir du corps du Cheval pour subir une série de transformations, dans un ou plusieurs hôtes intermédiaires, avant de se retrouver dans le milieu propice à leur développement complet?

Ces questions si importantes au point de vue prophylactique restent malheureusement encore sans réponse.

Tshulovski a bien trouvé des embryons dans les vaisseaux lymphatiques des extrémités, dans le tissu conjonctif périvasculaire, dans la synovie des articulations phalangiennes et jusque dans la sérosité des gaines synoviales. — Pour notre compte, il ne nous a pas encore été donné de voir, malgré des recherches minutieuses, d'embryon en dehors du corps de la mère. — Mais, quelle importance faut-il donner à cette constatation de Tshulovski, au point de vue de la connaissance des moyens de dissémination de l'espèce? Ce ne sera que dans la connaissance de faits nouveaux que Ton trouvera une réponse à ces diverses questions.

Fig. 10. — Embryons et œufs embryonnés.

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Mais, sans préjuger d'une façon absolue, on peut se demander, en se basant sur des faits déjà connus chez des espèces analogues, quel est le mode de reproduction de ce parasite qui paraît être si commun chez nos animaux domestiques; quel est le sens, en un mot, vers lequel doivent porter de préférence les recherches toujours si ardues dans ce genre de constatation.

L'hypothèse de l'évolution sur place ne peut guère se soutenir. Le nombre formidable d'embryons que peut fournir une femelle est trop hors de proportion avec la quantité de parasites qu'on peut trouver dans un ligament suspenseur pour y voir une relation possible. Cette reproduction sur place n'expliquerait pas non plus la propagation de l'espèce par le passage du parasite d'un hôte dans le corps d'un autre hôte.

Il est plus logique de penser que la Pilaire réticulée se multiplie et se propage selon le mode qui semble propre à son espèce.

Mis en liberté dans les canaux capricieusement creusés par la mère, les embryons trouvent là des tissus néoformés riches en capillaires aux parois cellulaires facilement vulnérables. Il leur est donc relativement facile de pénétrer dans les vaisseaux sanguins ou lymphatiques. Une fois livrés au courant circulatoire, se répandent-ils indifféremment dans toute l'économie, ou se cantonnent-ils de préférence dans certaines régions? Cherchent-ils à aboutir dans l'intestin pour être rejetés avec les matières fécales? ou plus probablement, viennent-ils vers la surface cutanée où ils sont sucés avec le sang par quelque Moustique ou quelque Taon? Ce Diptère les transporterait soit dans l'eau, soit sur quelque plante où ils trouveraient encore un hôte intermédiaire au sein duquel ils constitueraient Tavant-dernier chaînon du cycle de leur existence! Ces hypothèses qui, naguère encore, auraient paru des plus hasardées et des plus invraisemblables, s'imposent aujourd'hui par analogie, depuis les si remarquables travaux de Fedtshenko et de Patrick Manson sur la reproduction et les migrations des Filaria medinensis et immitis. Il nous paraît que c'est dans ce sens que les travailleurs ont le plus de chances d'aboutir.

A. — Lisions MACRaSOOPlQCES

Extérieurement, la filariose du ligament suspenseur peut inaperçue, échapper même à l'exploration la plus minutieuse^ comme elle peut donner l'impression d'une distension de cette corde à tous les degrés.

L'aspect du ligament sur le membre autopsié est très variable selon l'ancienneté et Timportance des lésions produites par le fiarasile. La forme et la couleur de Toi^ne peuvent ne pas être modiûées. Mais le plus souvent, pour peu que les Vers soient nombreux, le ligament apparaît plus gros qu'à l'état normaU d'une couleur plus pâle ou plus ou moins jaune-rougeàtre. Cette tuméfaction peut s'étendre sur une partie seulement ou surtout le ligament. Elle lui fait avoir dans certains cas le double et même le triple de sa grosseur normale. Quelquefois, ce sont les branches inférieures qui sont atteintes, souvent l'une plus que l'autre: d'autres fois, les branches sont nettes et c'est le corps qui est enflé.

Ces lésions sont bien le fait du parasitisme; elles coïncident toujours avec la présence de la Pilaire accompagnée des néoformations qu'elle provoque.

Dans le cas d'invasion récente, la coupe transversale du ligament ne montre rien d'anormal, ou, tout au plus, peut-on voir avec un peu d'attention un ou deux foramens, comme des ouver tures d'artérioles privées de leur paroi, dans le tissu conjonctif interfasciculalre. Si on comprime l'extrémité ainsi coupée entre les doigts, on voit sourdre de ces ouvertures un filament blanchâtre, translucide, facilement visible à l'œil nu. L'examen à la loupe montre la striation transversale et fait reconnaître le corps d'un Nématode.

Si les lésions sont plus anciennes et plus nombreuses, la coupe apparaît d'un jaune sale ou grisâtre, avec des marbrures de tissu cicatriciel. Les pores canaliculaires sont nombreux, quelquefois assez grands, comme formés par la réunion de plusieurs. A la pression on- fait sortir des Vers isolés en filament ou en paquet, ainsi que des gouttelettes d'un liquide huileux.

Le tissu conjonctif qui entoure le ligament a changé son aspect

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blaoc oacré contre une teinte terreuse ; il est épaissi, ses feuillets sont adhérents et fortement garnis d'éléments graisseux, ce qui leur donne un aspect suintant et huileux.

Sur une coupe longitudinale du ligament desséché, on peut apercevoir, grâce à la (ranslucidité que ta dessiccation donne au tissu, les spires et les sinuosités formées par le Nématode. La figure 11 est la reproduction tidèle d'un de ces aspects.

Assez fréquemment, les ligaments parasités présentent à leur surface des nodosités irrégulières, plus ou moins saillantes, qui vont quelquefois jusqu'il former des sortes de nodules. Ces nodosités,

au nombre d'une ou deux, rarement j.,g „ p,,^^ ^„„, j^ davantage, se présentent une lois sur liKameot suspenscur itu

cinq ou six cas de liganrents filariosés bouiei.

(flg. 12).

Plg. 1!. — Trois tragmeols de ligaments suspeDseurs présentaol des Dodoaltés parasitai

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Ces intumescences sont produites par le Ver, qui est sorti du sein des faisceaux fibreux du ligament pour venir s'enrouler, se pelotonner, se tasser dans la gaine conjonctive périphérique.

On pourrait se demander si celte situation particulière du parasite ne constituerait un stade marqué de son existence; s'il ne serait pas, par exemple, en situation d'attente ou de pénétration dans Torgane qu'il envahirait de cette manière?

Il n'en est rien, comme le montrera l'étude histologique de cette lésion; ce n'est qu'une migration accidentelle de l'intérieur vers l'extérieur, migration même fatale au parasite, lequel ne tarde pas à mourir dans ce milieu nouveau et anormal pour lui. Toujours le nodule parasitaire communique par une ou plusieurs galeries avec l'intérieur du ligament; parfois, même, le Ver se trouve partie intra et partie extra.

C'est à ce genre de migration, effectuée d'une façon plus complète, qu'il faut probablement aussi rattacher ces nodules parasitaires isolés, déjà signalés à plusieurs reprises dans le tissu conjonctif des membres du Cheval. Nous avons trouvé, comme nous l'avons déjà dit, un certain nombre de fois cette lésion. Dans un cas, même, le nodule était accolé directement à la corde formée par les deux tendons fléchisseurs. Le Ver était enkysté en deux petits paquets réunis par un filament, indice de l'unité parasitaire des deux masses. Mais, à rencontre de ce que nous avons trouvé à la surface du ligament suspenseur, ici, l'enkystement s'était produit entre les feuillets des gaines contentives et le parasite n'avait aucune communication avec les faisceaux constitutifs des tendons, lesquels étaient, d'ailleurs, parfaitement sains et ne présentaient aucune trace ancienne ou récente du parasitisme.

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