B. — LÉSIONS MICROSCOPIQUES
Structure du ligament normal. — En anatomie comparée, le ligament suspenseur du boulet représente, pensons-nous, les 2» et 3« inter-osseux dorsaux de la main de l'Homme. La constitution de ce ligament, en dehors môme de ses attaches, plaide en faveur de cette hypothèse. Il renferme, en effet, dans sa région supérieure, quelquefois jusqu'à son tiers inférieur, des faisceaux de fibres musculaires formant des plans d'union entre diverses couches fibreuses. Ce sont bien là des vestiges de muscles, dont la partie
FILARI08K DBS TENDONS CHKZ LE CHEVAL 77
cbarDue se serait atrophiée au profit de la partie tendineuse, plus en rapport avec le rtVle qui lui est dévolu chez le Cheval, par exemple.
Rien de plus inléressant, au point de vue hîstologique, que l'étude de ces faisceaux de fibres striées, minces et délicals, s'élancanl parfois d'un côté à l'autre de gros espaces interfasciculaires, rappelant dans leur disposition les étais qui maintiennent le cuvelagfljde certains puits de mine. Ces faisceaux musculaires sont enveloppés dans un lacis conjonclil assez lâche, parmi les mailles duquel se trouvent des amas de cellules adipeuses, des vaisseaux et des nerJs (fîg. 13 et 14, /m).
Fl){. 13. — Coupe trsDSTentile de llRameot Dormal. — (e, [atBceanx codioDctUs ; fm, faisceaux muscnlHiKe,
Pig. li. — Coupe loDgltDdlDale rie llgameat normal. — /<;, fibres tcodlneuses ; [m, taleceaux mnsculalrea.
A côté de ces séries de plans musculaires, assez irrégulièrement orientés et plus ou moins importants selon les individus, sont des faisceaux de libres connectives ayant la structure et la disposition que l'on trouve dans les tendons en général. Leur coupe transversale est régulièrement parsemée de points étoiles, d'où partent les lignes limitatives des faisceaux, plus ou moins accentuées selon leur ordre d'importance.
Sur les coupes longitudinales, cfn voit les séries musculaires formant des rubans colorés au milieu des lignes conjonctives parallèles plus discrètement nuancées.
Dans la partie supérieure du ligament, les éléments musculaire et («ndioeux se trouvent quelquelois en parties à peu près égales.
Mais la partie musculaire diiniDue au fur et à mesure que I'od desceud le long du ligament, lequel devient de plus en plus exclusivement teudineux. La moitié inférieure de cet organe ne possède généralement plus ou peu de fibres musculaires.
Lésions parasilaires. — Le Néraatode trouve là, grâce à cette structure complexe, un ten-ain de pénétration et de développement des plus propices. Il paraît atlectionner particulièrement la partie supérieure du ligament, peut-être à cause de la présence des plans musculaires au milieu desquels il pénètre plus aisément ; mais il
FiK. 13- — Coupe traDsverule de IIkhmont altérA par le paraille. — ce, coupe db Kil^l^ea parasitaires ; e, espaces garnis de cellules adipeuses, [le tiBBU coii)oDctll, de biisceaux altérés, etc.; ft, lalaceaux lendl- Deux allelnta par la sclérose ; 1, tissu muu résullant de l'action du Ver.
FIK' 16. — G>upe longitudinale dans le lltcameot altéré par le parasite. — ff, espaces creusés de galeries au sein du tissu modIBé par le Ver ; la. tissu ayant subi la transformalion graisseuse.
s'introduit aussi dans les parties exclusivement Tibreuses en suivant les espaces conjonctifs interfasciculaires.
Les galeries creusées par le Spiroptére réticulé sont circulaires et assez exactement proportionnées à son diamètre; elles forment des sinuosités, comme on le voit sur les coupes longitudinales, tout en restant, le plus souvent dirigées selon le sens des fibres. Ces galeries présentent quelquefois sur leur trajet des espaces plus larges, aplatis ou fusiformes, mais allongés toujours dans le sens des libres, dans lesquels la Pilaire s'enroule et se pelotonne plus
Tous ces pertuis paraissent creusés au sein d'un tissu composé
d'éléments embryonnaires et lymphoîdes qui lorme autour de leur paroi une zone très sensible aux réactifs colorants (1).
Ce tissu, mou et alibile, offre sans doute au Ver, qui en a déterminé la formation par son action irritante, une nourriture abondante et un milieu dans lequel il peut progresser.
En dehors de cette condition éminemment favorable, le parasite, peu favorisé dans ses moyens de locomotion et dépourvu de toute armature buccale, ne pourrait jamais percer à travers les fibres serrées du tissu ligamenteux.
Il est permis de se demander à la vue de ces lésions si l'irritation qui les a produites est simplement due à la présence du Ver, à ses frottements et à son action térébrante dans les tissus.
Nous répondons nettement par la négative.
En outre, qu'on s'expliquerait difficilement, comme nous venons de l'exprimer, le parasite se frayant un chemin en dehors des tissus modifiés et amollis, l'eUet purement mécanique serait trop faible pour provoquer l'inflammation dans une zone relativement aussi étendue. Il est probable que, conformément à la plupart des espèces de sa classe, ce Nématode sécrète un liquide irritant qui détermine une inflammation ramollissante au sein des tissus qu'il pénètre.
Mais le processus inflammatoire ne se limite pas exclusivement à ces parties directement atteintes par le parasite, elle s'étend aussi au tissu conjonctif interfasciculaire, à ses vaisseaux et jusqu'aux membranes périligamenteuses. Les cloisons conjonctives sont plus épaisses et plus vivement colorées ; les vaisseaux, souvent thromboses, présentent les lésions de la phlébite ou de l'artérite.
Dans les préparations microscopiques, le corps du Verse trouve souvent coupé par le rasoir en segments ronds ou plus ou moins allongés, selon sa direction par rapport à celle de la coupe. Assez fréquemment, ces segments restent à leur place, comme sertis par la paroi du trou qu'ils occupent; mais comme ils ne sont que faiblement maintenus, la moindre manipulation, surtout quand les coupes sont minces, suffit pour les détacher.
Quelquefois, des trous de galeries très rapprochés, ou empiétant les uns sur les autres, se confondent en des hiatus formés d'hémicycles.
(1) Cette zone contient de nombreux éléments éoslnc^htles.
Quand la Pilaire vient à abandonner un de ses quartiers, les éléments cellulaires qui s'étaient tormés autour d'elle ne tardent pas à subir soit l'eavahissemeut graisseux, soit la transformation scléreuse. De là. ces larges espaces irréguliers que l'on trouve quelquefois occupés par du tissu adipeux, et aussi ces tlots de tissu cicatriciel qui parsèment les coupes transversales des ligaments anciennement atteints par la lilariose. Il n'est pas rare de trouver
Fig. 17. — Coupe transversale dn llftameot suspenseor, montrant le puratlte eo pince iluDS les tissus.
au sein de ce tissu rt^parateur des débris cadavériques du Ver plus ou moins altérés, crétiliés. mais encore reconnaissables. Enfin, on constate toujours, particulièrement à la périphérie, de nouveaux faisceaux fibreux qui paraissent s'être formés à l'aide des éléments coDJonctifs les plus voisins.
Lorsque le Ver, dans ses pérégrinaliuns, se rapproche par trop de la surface du ligament, il se constitue, dans la région menacée
d'eflraction, des faisceaux nouveaux qui viennent consolider le point menacé. Il s'est alors formé une de ces intumescences sans délimitation précise, mais si parfaitement visibles à la dissection.
Si la sortie du parasite se produit trop vite pour que le travail de barrage soit effectué à temps, il se pelotonne plus ou moins complètement sous la membrane conjonctive périphérique en formant une de ces nodosités parasitaires que nous avons déjà décrites.
Dans les coupes que nous avons pratiquées dans ces tumeurs vermineuses on constate ce qui suit :
Tandis qu'extérieurement la nodosité est recouverte par des gaines conjonctives qui se continuent avec la membrane périligamenteuse, il n'y a pas de délimitation nette de tissu du côté du ligament. Les galeries occupées ou non par le parasite communiquent toujours avec celles de l'intérieur du ligament. Le plus souvent, le Ver a été trouvé mort dans la nodosité et en voie plus ou moins avancée de dégénérescence granulo-graisseuse. On peut voir tous les passages intermédiaires entre le début de la dégénérescence du corps mort et le moment où il disparait pour faire place au tissu réparateur. Il est possible également de constater des réparations complètes devant amener avec le temps la disparition totale de ces tumeurs.
L'adjonction de nouveaux faisceaux fibreux au corps du tendon, Tépaississement des cloisons conjonctives et la formation du tissu cicatriciel expliquent l'accroissement de volume, quelquefois considérable, du ligament suspenseur atteint de filariose. Nous en avons trouvés qui atteignaient le triple, et peut-être plus, de leur grosseur normale.
Ce fait a dû donner souvent le change aux praticiens qui ont pu prendre l'altération parasitaire pour une distension accidentelle de cette corde.
OONSAQUENCES PATHOLiOGIQUES de liA FIIiARIOSE
DU UaAMENT SUSPENSEUR
LMmporfance pathologique de la filariose du ligament suspenseur du boulet chez le Cheval dépend évidemment de sa fréquence et de sa gravité.
Archives de Partuitologie, IV, n» 1, 1901. 6
82 J. PADER
Fréquence de l'affection. — Sa fréquence est très grande, au moins dans la région de Nîmes.
Dans une série de trente-deux Chevaux de tout âge, mais dont la plupart tués à Tabattoir de la ville avaient, en moyenne, de 15 à 20 ans, vingt-six ont été trouvés atteints de filariose des suspenseurs, le plus souvent des quatre ligaments à la fois.
Parmi les six Chevaux sains, étaient deux Chevaux de 4 ans 1/2 et de 5 ans, récemment arrivés du dépôt de remonte d'Angers, et un Cheval de 7 ans mort accidentellement au régiment. Les trois autres étaient des Chevaux d'abattoir, âgés de plus de 14 ans.
Ajoutons immédiatement que parmi les vingt-six atteints étaient un Cheval du pays, croisé arabe, âgé de 5 ans, livré à l'abattoir pour cause d'accident, un Cheval de 6 ans, provenant du dépôt d'Angers, et un Cheval de pur sang également âgé de 6 ans.
Le Cheval croisé arabe avait ses tendons sains; mais, trois ligaments suspenseurs sur quatre étaient atteints par le parasite. Un de ces ligaments a une de ses branches furcales près du double plus grosse que la congénère. Elle a un aspect rougeâtre et un peu noduleux. Sur sa coupe elle apparaît fortement altérée par les lésions parasitaires et elle laisse suinter une sorte de liquide huileux caractéristique de ces lésions.
Les autres ligaments ne présentaient presque pas d'altérations apparentes. Ils ne paraissaient pas être atteints de longue date:
Les quatre ligaments suspenseurs du Cheval de 6 ans, venant du dépôt d'Angers, sans être sensiblement plus gros qu'à l'état normal, ni sans présenter des lésions apparentes très graves, étaient littéralement infestés de Pilaires. Les ligaments du jeune Cheval de pur sang présentaient de nombreuses lésions anciennes en même temps que des Pilaires vivantes.
A cette série, nous devons ajouter trois Anes et neuf Mulets que nous avons placés dans une catégorie à part à cause de leur espèce.
Les trois Anes étaient atteints par la filariose et sept Mulets sur les neuf portaient également les traces de cette aflection (1).
Un des Mulets ci-dessus a été trouvé porteur, en dehors de lésions parasitaires des suspenseurs, d'une Pilaire dans le tendon perforé
(1) DaDs ces neuf Mulets est compris un Muleton de 6 mois, abattu à l'abattoir, qui compte parmi les deux à ligaments sains.
d'un de ses membres postérieurs. Ce Ver nous a paru absolument isolé. Le tendon ne présentait aucune lésion apparente en dehors de la galerie unique qui renfermait la Filaire.
Nous insistons sur ce cas, car il est le seul où nous ayons constaté la présence d'un parasite dans un tendon. Nos observations s'étendent cependant à plus de soixante dissections minutieuses de tendons, faites dans le but unique de cette recherche.
En somme, sur une série de quarante-trois Équidés, Chevaux, Anes ou Mulets, de tout âge, mais en général plutôt âgés, huit, seulement, ont été trouvés indemnes de parasitisme des ligaments suspenseurs.
Cela donne une proportion de 82 Vo d'animaux atteints.
Ce chiflre s'éloigne quelque peu de celui que donne le professeur Tshulovski, de Kasan, où, sur cinquante-trois Chevaux, cinquanteun ont été trouvés en état de fllariose. Mais il vient à l'appui des recherches de ce professeur pour démontrer combien la filariose des suspenseurs des boulets est une affection fréquente chez les Équidés en général.
GRAvrrÉ DE l'affection. — Maintenant que la fréquence de cette aflection a été établie, il nous reste à l'étudier au point de vue de sa gravité,
La gravité d'une maladie chez les animaux domestiques dépend, en dehors de la mortalité qu'elle peut entraîner, de la gène fonctionnelle qu'elle détermine dans l'aptitude de l'animal au travail et de sa plus ou moins grande facilité de guérison.
Nous allons donc rechercher jusqu'à quel point la filariose des ligaments suspenseurs peut être cause de gène fonctionnelle et si elle est susceptible d'un traitement efficace.
On est naturellement porté à penser qu'une affection si générale et qui est restée méconnue jusqu'à ce jour ne peut pas être grave.
Cette réflexion serait absolument juste, si on était certain qu'on ne se soit jamais trompé sur l'origine des affection^ qui doivent s'y rapporter et qu'on ne les ait jamais attribuées à d'autres causes.
Malheureusement, cela a dû se produire souvent à propos de certaines tires des membres, tares tendineuses ou autres, que l'on doit, pensons-nous, légitimement reportera l'altération parasitaire des ligaments suspenseurs.
84 i. PADKR
Considérons d'abord la tare propre au ligament suspenseur lui-ménie.
Nous avons trouvé dans nos dissections environ les deux tiers des ligaments atteints de ûlariose à divers degrés sensiblement enflés. Cette enflure s'étendait soit sur la totalité, soit sur une partie seulement de leur hauteur. Chez certains, la grosseur parasitaire était limitée aux branches de la bifurcation et même à une seule de ses branches. Quelques-uns atteignaient, dans la partie enflée, jusqu'au triple de leur dimension normale.
Nous évaluons au moins au tiers des ligaments atteints le nombre des cas qui auraient pu être perçus sur l'animal vivant par une exploration méthodique.
Il est évident qu'un praticien appelé à se prononcer sur ces derniers cas aurait diagnostiqué — ce qui nous est arrivé maintes fois à nous même — autant de distensions ou d*eff(yrts chroniques du ligament suspenseur qu'il .lui aurait été présenté de sujets. Et, cependant, parmi les suspenseurs des quarante-trois sujets atteints de fllariose, qui ont fait Tobjet de notre élude, nous n'en avons pas trouvé un seul atteint d*une lésion traumatique, ancienne ou récente, de ce qu'on est convenu d'appeler une distension.
Pareil fait porte à réflexion. Aussi, notre pensée ne peut s'éloigner de certaines statistiques où Ton établit un parallèle entre la fréquence des eflorts de tendon proprement dits et la distension du ligament suspenseur du boulet.
Certes, nous ne nions pas celle ci. C'est un accident qui se produit quelquefois. On cite même des cas de rupture des deux branches du suspenseur. Mais nous pensons qu'en dehors des cas aigus, accidentels, suite de traumatismes évidents, il faut être très réservé dans son diagnostic. On devra aussi se demander, dans le cas de lésion accidentelle évidente, jusqu'à quel point l'altération préalable du tendon a pu contribuer à sa défaillance.
Si, maintenant, nous cherchons à nous rendre compte de l'influence que peut avoir l'altération parasitaire du ligament suspenseur sur les tendons ses congénères et l'appareil du boulet, la réalité se dégagera moins facilement, moins nettement surtout, quoique cette influence ne soit pas douteuse.
Notre statistique est peut-être encore un peu étroite pour en
tirer des déductions trop absolues. Le contrôle doit certainement s'établir sur des bases plus larges.
Ces restrictions posées, nous allons essayer, cependant, de dégager les données qui nous ont paru s'établir avec assez de rigueur pour s'imposer au praticien aux prises avec la pathologie encore obscure des eOorts de tendon et de boulet.
En étudiant notre tableau de statistique, relevé d'après les notes détaillées prises sur chacun des quarante-trois sujets, Chevaux, Mulets ou Anes, qui ont fait l'objet de notre observation, nous constatons que sur ces quarante-trois animaux, dont les ligaments suspenseurs étaient plus ou moins altérés par le parasitisme, cinq seulement ont été trouvés atteints d'effort de tendon plus ou moins prononcé. C'était le perforé qui était lésé chez tous les cinq ; un seul avait un double effort des fléchissures.
Chose à remarquer aussi, chez ces cinq Chevaux les brides carpienne et tarsienne étaient normales.
Cela semble d'abord prouver que l'altération du ligament suspenseur ne détermine pas fatalement la distension des tendons. Ces lésions sont subordonnées, en effet, au genre de travail exigé des animaux, à la force de résistance de leurs tendons, à certaines tares osseuses concomitantes, très probablement aussi au plus ou moins d'altération fonctionnelle du ligament suspenseur et surtout à la force de résistance et au développement des brides carpienns ou tarsienne.
Il est à remarquer aussi que le perforé est toujours lésé, tandis que le perforant ne l'est qu'une fois avec son congénère.
Nos connaissances physiologiques suffisaient déjà pour nous faire prévoir ce fait. Â l'affaiblissement fonctionnel du suspenseur correspond un abaissement plus prononcé du boulet pendant l'action. Et nous savons que, dans cet abaissement, le perforé se trouve plus tendu sur la poulie sésamoldienne que le perforant qui a éprouvé un certain relâchement (1).
L'étude de ces faits nous met donc en mesure de dire, pour le moment, que l'altération parasitaire du suspenseur favorise les efforts de tendon, et tout particulièrement l'effort du perforé.
(1) Pader, De la ferrure normale. BulL de la Société centrale de médecine vétérinaire^ 1888. — Barribr, Sur la production de la Nerf-férure. Ibidem, 1891.
86 J. PADER
Notre statistique montre aussi que sur nos quarcmte trois sujets atteints de filariose, douze ont été trouvés ayant les brides carpiennes ou tarsiennes, quelquefois les unes et les autres, hypertrophiées. Nous remarquerons également que sur ces douze chevaux les tendons sont absolument nets, tandis que les ligaments suspenseurs sont toujours fortement altérés.
L'altération du suspenseur et l'hypertrophie de la bride des tendons correspondants n'est pas le résultat d'une simple coïncidence; l'étude approfondie de ces lésions nous a prouvé qu'il y avait une véritable relation entre ces deux faits.
Nous disons, bien à dessein, hypertrophie et non disten^sion des brides de renforcement. Nous n'avons jamais trouvé, en eflet, dans les douze cas ci-dessus et nombre d'autres — maintenus en dehors de notre statistique comme n'ayant pas été l'objet de notes suffisantes — de trace de traumatisme, de distension proprement dite.
L'étude microscopique montre, au contraire, des faisceaux fibreux parfaitement constitués et normalement irrigués par des vaisseaax aux parois saines. Dans le cas où ces faisceaux sont en voie de multiplication, on constate l'épaississement des lames interfasciculaires, la dilatation des vaisseaux, tous les signes, en un mot, de l'inflammation discrète; mais sans aucun de ces délabrements, sans les déchirures fibrillaires et les larges suflusions sanguines que l'on trouve toujours dans les distensions tendineuses.
Dans ces deux cas, d'ailleurs, les résultats diilèrent autant que leur mode de production. Dans le premier, il y a simplement augmentation des faisceaux fibreux : c'est une hypertrophie; dans le second, il reste comme des noyaux de fibres ondulées, plus ou moins noyés dans la sclérose cicatricielle : c'est un affaiblissement de l'organe.
De même que pour le ligament suspenseur, nous ne disons pas que la distension avec déchirure fibriliaire des brides de renforcement ne se rencontre pas; mais bien, que la grosseur anormale de cet organe n'est pas un signe certain de sa distension ; qu'elle représente, le plus souvent, le résultat d'un renforcement compensateur. C'est bien une hypertrophie compensatrice que nous avons constatée dans les cas de notre statistique.
La chose s'explique. Â mesure que l'altération du suspenseur
du boulet s'accentue, il devient douloureux et moins résistant aux tractions. Les muscles fléchisseurs du pied doivent suppléer à cette faiblesse. Mais c'est surtout la bride de renforcement des tendons de ces muscles qui subit ce supplément d'effort.
De là son développement anormal.
Que ce développement se produise en vertu de l'adage : c'est la fonction qui fait l'organe; ou bien en vertu d'une de ces influences conservatrices, comme on en constate si souvent en anatomie pathologique sans qu'il soit possible d'en donner une explication logique, peu importe. Nous nous bornons à constater le fait.
Ce développement compensateur se manifeste tout d'abord dans les parties latérales et aponévrotiques qui complètent la gouttière de la bride, et se continuent avec l'aponévrose commune aux deux tendons.
La bride elle-même se développe en épaisseur et en largeur. Elle forme parfois une gaine enveloppant le corps des tendons, particulièrement celui du perforant, en s'étendant jusqu'au tiers ou au quart inférieur du canon, et même jusqu'à l'anneau du perforé, avant de s'identifier complètement avec le fléchisseur profond.
Ces faits sont assez communs, et les dissections des membres lésés les montrent très fréquemment.
Voici la relation de quelques cas relevés dans les notes qui ont servi à composer nos statistiques :
1* Relation de robservation n^ 8 (5 janvier 1899).
Ligament suspenseur gros, épaissi de 1/3 environ. Il est grisâtre, mou. Sa coupe d'un gris sale laisse perler une sorte de suc. Elle est criblée de petits trous à Pilaires. Seules, les branches apparaissent saines.
L'ensemble des tendons (perforé, perforant et bride, le tout formant une seule corde) est enflé du haut jusqu'au tiers inférieur et atteint vers le milieu (mi-canon) 0"'045 mill. au diamètre latéral. — Par la dissection de cette corde, on constate que les tendons sont de grosseur normale et, à part une couleur un peu terreuse, ne présentent aucune trace d'altération. Ils sont comme enchâssés dans une gangue fibreuse constituée par la bride carpienne hypertrophiée. Cette bride s'étend, en les englobant en partie, jusque près du boulet où elle s'identifie complètement avec le perforant. Elle parait avoir suppléé au ligament suspenseur du boulet altéré par la fUariose.
I^ous soulignons cette dernière phrase, car elle indique bien que, dans le cas, ridée de suppléance fonctionnelle s'Imposait naturellement. A cette
époque, en effet, l'idée du renforcement compensateur ne s'était pas encore établie dans notre esprit, soit que les (ails réunis lussent trop peu nombreui, soit qu'ils lussent encore incomplètenient coordonnés.
2* Rttation de l'obstrvalion n* 3i — Cheval de trult de 15 à 16 ans, Les quatre membres paraissent atteints d'e/forl de tendon. Les quatre ligaments euspenseurs sont altérés par la Blarîose. Voici la description du membre antérieur gauche qui est bouleU.
Le tissu conjonctil sous-cutané de la région intérieure du membre est épaissi et induré. Dans la région des molettes il a la consistance du cartilage. Une (orte bride transversale (flg. IS) s'est formée en dessous du boulet, en arriére du paturon. Elle parait destinée à maintenir les tendons dans le pli du paturon. Ces tendons, en effet, devaient avoir une tendance â s'éloigner de l'angle rentrant du boulet chaque fois qu'il» se contractaient.
^ Les tendon» exteiueun nont saint. L'ex-
pansion capsulaire de l'extenseur antérieur, vis-à-vis le boulet, est renforcée par des couches assez denses de tissu conjonctlf. Tout autour du boulet se trouve une sorte de gangue mi-libreuse, rai-cartilagineuse qu'il faut enlever au bistouri, {>ar couches successives, pour arriver sur les fibres tendineuses que t'oD reconnaît à leur direction et à leur aspect nacré.
Les tendons fléchisseurs sont également sains. Leur grosseur est absolument normale et leur surlace a l'aspect blanc nacré des tendons non altérés. La synoviale de la gaine grande ténamoidienne ne présente pas de trace d'inflammation.
La bride carpienne est hypertrophiée. Ue Fig. 18. — A, hypertrophie de forme aplatie à sou origine et présentant la bride carpienne simulant environ un centimètre d'épaisseur, elle ne tellori du tendon. tarde pas à s'épaissir et à fornjer un gros
cordon englobant les tendons comme dans une gouttière. A S centimètres de son origine, elle présente déjà denx centimètres et demi d'épaisseur. Environ un centimètre plus bas, elle commence à se souder intimement avec le perforant qu'elle renforce jusqu'au tiers inférieur du canon. Ses bords se confondent sans limite précise avec le tissu conjonctil induré qui entoure les tendons.
Cette bride ne présente pas desulfusions sanguines; elle est d'un blanc très légèrement rosé, à reflets nacrés. Composée de faisceaux libreux ^rès homogènes, elle' est légèrement translucide sur sa coupe. Cet aspect la
fait trancher sur la coupe des tendons dont le tissu est un peu jaunâtre et opaque.
Le ligament suspenseur du boiUet est légèrement épaissi depuis son insertion supérieure jusque vers sa bifurcation. Ici, il s*étale sur une largeur de 5 centimètres en s'é tendant surtout du côté de la branche gauche,tandis qu'il ne mesure que 3 centimètres 1/2 sur le reste de son étendue. Le tissu conjonctif périphérique lui est fortement adhérent. Ce tissu devient cartilagineux entre ses branches et se confond avec Tosslûcation survenue autour de Tanneau grand sésamoldien.
Le ligament suspenseur présente sur les diverses coupes faites sur sa hauteur de nombreuses traces du passage de Pilaires (perforations» galeries, tissu cicatriciel, suintement huileux, etc.); vers le tiers inférieur, vis-à-vis sa plus forte grosseur, on trouve des galeries plus larges, sortes d'espaces vacuolaires,où le Ver parait s'être pelotonné pour y mourir. Il n'y a pas de Ver "vivant, soit que le tissu du ligament, trop altéré, ne se prête plus à son développement, soit que tous les individus soient arrivés au terme de leur carrière.
Dans cette observation nous trouvons tous les caractères extérieurs de Veffort de tendon avec raccourcissement (bouleture), et en réalité il n'y a qu'une altération ancienne du suspenseur du boulet, due à la filariose, et une hypertrophie de la hHde carpienne. La bouleture n'a probablement été acquise qu'à la suite des efforts continuels faits par l'animal pour se soustraire à la douleur produite par le tiraillement du ligament suspenseur malade, en portant son boulet en avant.
3» Relation de l'observation n* 36. — Vieux Cheval de trait (abattoir). Ce Cheval présente tous les caractères d'un double effort de tendons. Les boulets antérieurs sont affaissés (bas- jointe); l'animal marche en talons; les boulets sont gros et indurés; les tendons sont gros sur toute leur hauteur.
Les ligaments sv^spenseurs ont un volume double de leur grosseur normale. Leur tissu est profondément altéré par la filariose, facilement reconnaissable à ses lésions, quoiqu'il ne soit pas trouvé de ver vivant. Il n'y a pas de trace d'inflammation d'origine traumatique. Les branches sont en partie ossiGées, ainsi que toute la gangue cartilagineuse qui entoure les grands sésamoldes.
Les tendons fléchisseurs qui, à première vue, devaient être profondément atteints sont sains; la bride carpienne seule est hypertrophiée.
Voici l'état de ces trois organes considérés 1" vers le haut du canon, ^ à mi-canon, 5* au quart inférieur.
Haut. — Ijes fendons perforé et perforant sont de grosseur normale. Ils ne présentent sur leur coupe aucune trace d'altération; mais le perforant est d'une teinte un peu feuille morte. La bride carpienne est considérablement épaissie (environ trois fois son épaisseur normale); elle entoure les deux tendons en se confondant sur les côtés avec l'aponévrose péritendineuse épaissie. Sur sa coupe, cette bride a une teinte légèrement
roBée, indice d'une circulation en rapport avec le travail d'organisation qu'elle représente; mais elle n'est pas ramollie, ni, à proprement dire, enflammée.
Les tendons glissent dans une séreuse lubrifiée qui tapisse la gaine formée autour d'eux par la bride carpienne.
Mi-UNON. — La bride carpienne est aussi épaisse et présente les mêmes caractères que ci-dessus. L^b tendons, sans être complètement soudés à la bride carpienne, ne glissent plus librement dans la gaine que leur fournit ce ligament. Li bride se soude en partie avec le perforant.
Quart inpéiiieur. — La soudure de la bride carpienne avec le perforant est complète dés le tiers inférieur du canon.
Plus bas. au quart inférieur, ces deux luniculcs sont -si intimement liés l'un A l'autre qu'il est Im- "-* possible de les délimiter
■ S " .- J* sur une coupe.
Le perforé a conservé sa forme; mais il est renforcé sur ses bords par du tissu fibreux blanc, fortement
„ .„ „ . ^ . „ ,. .^ condensé, qui se didéren-
Fig. 19 — Coupe vers le « baut u. — B, bride ■ , .■ \ ..
carpienne hy^rlrophlée ; Pé,per[oré; Pt. per- "'^ '^" "««" tendineux par
(g^^j sa couleur plus nacrée.
Ces Tibres aponévrotlques vont se confondre avec celles qui entourent le boulet et renlorcenl l'anneau sésamoidien. Le lout constitue une sorte de gangue libro-cartilagineuse, avec des plaques d'ossification, paraissant avoir pour but d'empécber la fermeture de l'angle du boulet.
Le tendon perforant, après s'être engagé dans l'anneau sésamoldien, se présente dilacéré sur ses bords dans sa partie aplatie. Et. un peu plus bas, là où il subit tout l'eOort de la poulie sésamoldien ne, cette dilacëration s'étend à tout le corps du tendon qui est eHiloché, comme racorni, et a pris une couleur brune de vieux boia. C'est dans cette région qu'il paraît avoir cédé et s'être allongé sous la pression du boulet.
Nous voyons oettemeot dans l'ensemble de ces lésions : 1° une déchéance fonctionnelle primitive du ligament suspenseur; â* un elTet compensateur dans l'bypertropbie de la bride de renforcement du perforant et dans l'importance qu'ont prise toutes les membranes péri tendineuses et périarticulaires du t>oulet; 3* eniin la lésion tendineuse au-dessous du boulet qui a permis l'affaissement linal de la région inférieure do membre
4° Relation de VohUTMtion n'a?.— C'est un Cheval d'abattoir, âgé d'environ 17 ans. Les quatre ligaments suspenseurs sont fortement et anciennement |ésés.l.eBdeux perforés antérieurs paraissent gravement distendus.
nLARIOSE DES TRND0N3 CHB2 LE CHEVAL 91
La lésion de ces tendons débute' vers le quart inférieur du canon et va en remontant jusque dans la gaine carpienne. Elle se continue probablement jusqu'au muscle lui-même, maibeureusenieol la pièce, coupée à l'articulation du genou, ne nous permet pas de la suivre plus haut- La grosseur a son maximum vers le tiers supérieur du canon. Le ventre qu'elle forme en ce point a un diamètre de 4 centimètres dans le sens latéral. Sur la coupe de la corde tendiDeuse en celte région, on constate que, seul, le perforé a pris un développement considérable et constitue A lui seul ta grosseur anormale que l'on remarquait sur l'animal vivant. Sur près de 4 centimètres de large, il présente une épaisseur de ï centimètres.
Par contraste, le perforant et sa bride de renforcement parais-
flCDl faibles. Mais l'aspect de leur «»'
coupe indique leur bon état. 3-
Le perforé présente sur sa cou- f*. pe une légère teinte rose violacé; il a l'aspect un peu nacré et légèrement translucide. A la périphérie est une zone grise, asee^
danse, qui paraît provenir de ^ ,j, ,„ ,„^ ^„
l'adjonction de fibres conjonctl- « ,^^^ ^^^^^'^^ ^/^„„^ ^ b. bride ves. Il ne présente ni suffuslons carpleuae ; Pé, perforé hypertrophié ;
sanguines, ni trace de déchirures it, perCoraot.
flbrillarres. Le tissu conjonctif
interfasciculaire est un peu épaissi et plus vascutarisé qu'à l'état normal. C'est cet te vascularisation qui donne l'aspect rosé A la coupe du tendon.
Incontestablement, il ; a eu ici une multiplication très grande des (aisceaux fibreux primitifs du tendon. C'est une hypertropkie-
L'étude histologique de l'organe montre que les faisceaux périphériques paraissent s'être formés en partie aux dépens des membranes conjonctives péritendineuses : ils forment une zone grise, plus dense et plus opaque. Dans le corps même du tendon, la multiplication s'est faite aux dépens du tissu conjonctif interfasciculaire.
Incontestablement aussi, cette hypertrophie est de nature pathologique, car elle dépend, à notre avis, de l'altération du suspenseur du boulet; mais si c'est tétion qu'on doit l'appeler, c'est une lésion heureuse. Klle a. en effet, considérablement augmenté la force de résistance de la corde tendineuse- Ici, l'effet compensateur s'est porté sur le perforé, comme, dans les cas précédents, il s'était porté sur la bride carpienne.
Les conséquences de la déchéance fonctionnelle du suspenseur se fait aussi certainement sentir sur le boulet. Mais, ici encore plus qu'ailleurs, il est difficile de les déterminer d'une façon précise.
92 J. PADER
Il est à peu près impossible de faire une juste part de ce qui est dû à la conformation, à la fatigue, aux accidents du travail et de ce qui revient à l'insufTisance des moyens de soutien.
Cependant, nous avons vu, dans des cas de filariose ancienne, les aponévroses péritendineuses épaissies s'étendre jusqu'au boulet où elles s'identifiaient avec la gangue fibro-cartilagineuse qui l'enveloppait^ en le renforçant, jusqu'aux branches mêmes du ligament suspenseur. Dans des cas plus avancés, nous avons vu ces branches ossifiées ainsi qu'une partie de la gangue fibro-cartilagineuse, l'ossification formant même un anneau complet autour de la coulisse sésamoîdienne.
Mais, nous le répétons^ ces lésions étant assez communes chez les vieux Chevaux de trait, il serait plus que téméraire de vouloir les faire se rattacher exclusivement à une altération primordiale du ligament suspenseur. Si nous les citons, c'est parce que la conséquence s'impose d'elle-même et pour que chacun puisse approximativement faire la part de son action.
Tels sont les faits pathologiques que l'on peut plus ou moins directement reporter à l'actif de la filariose du ligament suspenseur du boulet. Il serait temps de voir si l'on peut opposer à cette affection un traitement efficace.
La réponse est malheureusement négative. // n'y a pas de traitement pratique, actuellement connu, que l'on puisse opposer à la filariose ligamenteuse.
L'extraction chirurgicale des nodules parasitaires égarés dans le tissu conjonctif du membre a été déjà pratiquée. Il serait encore, dans certains cas, possible d'atteindre les tubérosités qui se manifestent parfois sur le ligament lui-même; mais ces opéra, tions nous paraissent sans utilité. Ces tumeurs, qui sont appelées à disparaître spontanément par résorption, ne nous paraissent pas susceptibles de déterminer une boiterie ni d'être par elles-mêmes une cause de gêne.
La principale indication pratique qui résulte de cette étude consiste simplement à redoubler de prudence et d'attention chaque fois qu'on se trouvera en présence de certaines lésions tendineuses.
Quand on aura affaire surtout à des engorgements de la bride carpienne et du ligament suspenseur du boulet existant en même
temps, il y aura lieu de se rendre compte du caractère aigu ou non de ces lésions et de faire fond des commémoratifs qui peuvent seuls mettre sur la voie des cas d'origine purement traumatiques.
Dans les cas où ces commémoratifs seront vagues ou négatifs, où Tengorgement sera étendu et peu douloureux, il faudra savoir se rappeler que ces lésions sont fréquemment la marque de la filariose.
Il faudra surtout faire acte de perspicacité et avoir quelquefois le courage, vis-à-vis du propriétaire, de ne rien faire, tout au moins de s'abstenir de tout traitement susceptible de tarer l'animal et dont les frais et les suites malheureuses viendraient s'ajouter sans utilité aucune au mal dont il est déjà atteint.
Et cependant, il faut bien le dire, un traitement, môme inconséquent, bénéficiera toujours du doute qui enveloppera la nature du mal. Si ce traitement est inoiïensif par lui-même, tel que, par exemple, les douches, les embrocations résolutives et les massages, il aura pour avantage de faire bénéficier le malade d'un repos pendant lequel des évolutions compensatrices pourront peut-être s'accomplir d'une manière suffisante pour éviter des accidents plus graves.
Il faudra aussi avoir soin de recommander au maréchal de tenir les talons bas, ce qui diminue la tension du ligament suspenseur et du perforé.
En résumé, la filariose du ligament suspenseur du boulet chez les Équidés parait être une affection très répandue;
Elle n'acquiert pas fatalement une intensité susceptible d'entratner une gêne fonctionnelle chez les animaux de travail et de diminuer, par conséquent, leur valeur marchande;
Mais, elle est assez fréquemment cause d'engorgement chronique, d'affaiblissement du suspenseur du boulet et, par contrecoup, d'hypertrophie compensatrice, particulièrement de la bride carpienne, et d'altérations tendineuses et périarticulaires.
Il y a lieu de croire, en un mot, qu'elle entre pour une bonne part dans la cause de certaines tares exclusivement attribuées jusqu'à ce jour à des accidents du travail ou à l'usure.
Nous avons déjà vu que la prophylaxie de cette affection nous échappe encore ; et nous sommes obligé de constater notre impuissance absolue au point de vue thérapeutique.
si
Is
s-* "Ce ^ S
ta
.S 0 o ex
'Il
"Su.