SS80 L BRUM1>T. — NOTES SUR LES MALADIES PARASITAIRES
géographique de cet Argas, facile à expliquer d'ailleurs, serait considérable. Presque tous les noirs qui nous accompagnent ont effectué des voyages dans l'Afrique entière et ils ont souvent souflert des piqûres de cet Argas dans les régions suivantes, pour lesquelles je donne entre parenthèse le nom indigène de l'animal : Nubie et Soudan (Gourât), Abyssinie (Mechger), pays Gallas(CoMrdoud), Kilimandjaro (Oldirrhô), Zanzibar (Pappasi). Cet Argas est également très fréquent dans l'Ougandah, la vallée du Zambèze et au Cap ; on le rencontre également, paratt-il, au Caire dans les casernes et les prisons malvenues.
La piqûre de TArgas n'est nullement douloureuse. Dès qu'il a enfoncé sa trompe dans la peau, on voit se produire une aréole rouge, large de 4 à 10°^i° suivant la taille de l'exemplaire qui pique et la quantité de salive injectée. Pendant la succion, qui dure environ une demi-heure, l'animal reste complètement immobile ; au fur et à mesure qu'il se gorge de sang, il expulse par l'anus un liquide tenant des granules blancs amorphes en suspension. Quand la succion est terminée, il se détache et la petite plaie qu'il laisse à sa suite saigne pendant quelques minutes. Au centre de l'aréole inflammatoire, se trouve une petite goutte de sang extravasé, qui se résorbe en quelques jours, en passant par les couleurs habituelles des résorptions sanguines. Les cicatrices sont peu prurigineuses ; elles persistent plus d'un mois et disparaissent sans laisser de pigmentation, sauf s'il y a eu des lésions de grattage. Un Argas de grandes dimensions peut se gorger de près de 50 centigrammes de sang. Il digère rapidement et, au bout de 5 à 10 jours, il éprouve le besoin de piquer de nouveau : on conçoit donc facilement l'anémie des gens mal nourris qui sortent des prisons de Zanzibar ou d'autres villes africaines où ces animaux pullulent. — Harrar, 1" juin 1901.