OBSERVÉS A ALGER
PAR
le D' J. BRAULT,
Professeur à l'Ecole de médecine d'Alger.
Dans une note communiquée à la Société de Chirurgie (1), j'ai signalé deux cas de botryomycose constatés à Alger même ; je tiens à revenir ici, avec un peu plus de détails, sur ces deux observations.
On sait que, dès 1870, Bollinger a signalé la botryomycose pulmonaire du Cheval et que, d'autre part, en 1897, Faber et Sietholl, E. Legrain, puis Poncet et Dor, ont rapporté les premiers cas observés chez l'Homme (2).
Sur quatre cas signalés par ces derniers auteurs, trois fois ce sont les mains qui sont prises < les extrémités digitales sont les plus exposées à l'inoculation. Toutefois, le soin avec lequel on traite de plus en plus les plaies, rend à mesure plus rares les manifestations botryomycosiques, qui sont déjà une exception chez l'Homme ; ces bourgeons mùriformes se rencontraient certainement plus souvent autrefois et on aurait alors colligé, sans aucun doute, un nombre beaucoup plus considérable d'observations, si Tatlention avait été attirée de ce côté.
Cependant, si la chose est exceptionnellement rare dans les milieux aisés et dans les services bien tenus des hôpitaux, dans certains milieux arriérés et pauvres, on la rencontre encore de temps à autre.
C'est ainsi que, par un bizarre concours de circonstances, j'ai pu en recueillir deux cas, que j'ai observés à quelques jours d'intervalle, dans le quartier dit de la Marine, à Alger. Dans ce quartier populeux et malsain, grouille une population ignorante et cosmopolite de pécheurs et de miséreux. Au point de vue de la thérapeu-
(1) J. Brault. Société de Cbirur^e, séance du 19 juin 1901.
(2) BoLLiNOER. Vtrchow'8 Archiv, XLIX, p,583, 1870. — Fabbr en Tbn SiSTHOFr, Nederlandche oogheekundige Bidjragen, 1897. - Pongbt et Doa. Concret de ehirwrgie, 18 octobre 1896.