A. LUCET
(i'une façon précise, ses caractères, les milieux dans lesquels il cultive, sa résistance à divers agents, son action pathogène, etc., recherches dont voici les résultats.
Morphologie. — Dans les milieux qui lui sont favorables, tels que le liquide de Raulin, ceux de Cohn ou de Charrin, préalablement glycosés, ou encore le moût de bière, les jus de fruits ou de raisins et en général tous les milieux acides et sucrés, le Sa^^charomyces liv^iuaepilosae, en pleine évolution, c'est-à-dire après quarante-huit heures ou trois jours de séjour à Tétuve k 37°, apparaît, à un grossissement suffisant et sans coloration spéciale, constitué par des cellules rondes, ovoïdes ou allongées. Celles-ci, en raison racme de la variabilité de leur forme, possèdent des dimensions très inégales. Ayant de 4 à H \l de diamètre lorsqu'elles sont rondes, elles peuvent atteindre 12, 15, 17 uuet plus encore de longueur sur une largeur moyenne de 6 }jl, quand elles présentent une forme allongée.
Limitées par une membrane d'enveloppe très apparente, assez épaisse et à double contour, ces cellules montrent un protoplasma
Fljç. 5. — Culture de trois jours dans du jus de raisin. I^s cellules du Saccharomyces sont plus volumineuses, plus allongées, x 788.
Fig. 6. — La m(>mc. x 940.
hyalin ou très finement grenu, dans lequel existent, dilïéremment répartis, de petits corpuscules réfringents plus ou moins volumineux et abondants. Au nombre de un, deux, trois ou quatre au plus dans les formes rondes ou ovoïdes, mais courtes, et occupant alors un point presque central, ces vacuoles sont plus nombreuses
dans les formes allongées et généralement situées alors, dans les cellules jeunes, près des extrémités ; dans les autres un peu partout et au hasard (fig, 3, 5 et 6).
Du reste, la forme et l'aspect de ces cellules, le nombre et les dimensions des granulations réfringentes qu'elles contiennent, sont en rapport avec le milieu dans lequel on les cultive et Tâge de la culture. Sphériques ou ovoïdes quand la culture est jeune ou faite dans un milieu peu favorable et alors ne présentant seulement que quelques petites vacuoles réparties au milieu de leur protoplasma hyalin, elles sont d'autant plus allongées, plus riches en corpuscules réfringents et plus finement grenues que le milieu où elles sont cultivées est plus apte à leur entretien et que leur dévelopjjement est plus avancé. Parfois, dans ces cas, leur longueur est telle qu'on pourrait croire, à première vue, à Texistencc d'un véritable mycélium (lig. 7, 8 et 9).
I^ méthode de Gram et celles qui en dérivent, colorent d'une façon très intense les éléments de ce Sœcharmnyces; pour cette raison, ces méthodes, excellentes pour différencier dans certains cas spéciaux, cette Levure d'autres éléments cellulaires avec lesquels elle pourrait être confondue, donnent de mauvais résultats quand on veut seulement en étudier la morphologie (fig. 2 et 4). Dans ce cas, il est préférable de recourir soit à la thionine phéniquée qui la oolore plus légèrement, soit encore simplement et préférablement à la solution iodo-iodurée de Lugol.
Étudiées à l'aide de ce dernier moyen et avec un grossissement suffisant^ les cellules du Saccharomyces Ztngfuae-pttosae apparaissent colorées en jaune ou en rouge acajou clair dans tout leur ensemble et leur protoplasme laisse voir, outre les vacuoles déjà citées et également colorées, une infinité de très petites granulations brunâtres qui lui font perdre son apparence hyaline ou à peine grenue.
Si on ensemence une goutte de milieu favorable placée en chambre humide et sur platine chauffante avec quelques-unes seulement des cellules de ce Saccharomyces^ il est facile de suivre pas à pas leur développement et leur mode de reproduction qui se fait par bourgeonnement.
A Tune ou l'autre des extrémités de l'une de ces cellules, si elle est ovoïde ou allongée, parfois à toutes deux en même temps, ou sur un point quelconque île sa périphérie si elle est ronde, il