‹ Archives de parasitologie (volume 3)Chapitre 7 sur 127 · L. JOUBIN · texte numérisé non relu

L. JOUBIN

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etc.. . Il n*a manqué à Dujardin que de distinguer nettement le noyau ; \\ le signale, le figure, mais le confond avec une vésicule du sarcode. Cette lacune l'a conduit à nier l'existence des organes génitaux décrits par Ehrenberg : c'était une erreur.

Il faut cependant signaler encore dans ce mémoire la notion parfaitement nette qu'avait Dujardin sur la continuité du protoplasma ancestral, comme l'on dit aujourd'hui. Je cite une phrase qui me paraît caractéristique à cet égard : « Les deux moitiés de rinfusoire, divisé par étranglement, commencent alors chacune pour leur compte, une nouvelle vie, une période d'accroissement au bout de laquelle elles se diviseront de même et ainsi de suite à l'infini si les circonstances le permettent. C'est pourquoi Ton pourrait imaginer tel Infusoire comme une partie aliquote d'un Infusoire semblable qui aurait vécu des années et même des siècles auparavant et dont les subdivisions par deux et toujours par deux se seraient, continuant toujours à vivre, développées successivement ».

On a cru qu'il était un adepte de la théorie 'des générations spontanées; il dit au contraire de la façon la plus nette que, comme Spallanzani, il croit que les Infusoires se développent dans les infusions par des germes organisés, apportés par l'atmosphère et susceptibles de résister à diverses actions physiques qui détrui raient des œufs proprement dits.

Laissons de côté quelques mémoires d'importance secondaire sur les Monades à filaments multiples, sur les ïnfusoires vivant dans les Mousses, sur le Volvox, pour arriver à son Histoire naturelle des Infusoires,

Dujardin à résumé dans ce volume de près de 700 pages, les travaux de ses devanciers et les siens et exposé en une introduction détaillée l'organisation de ces êtres d'après les données les plus récentes. Plus équitable que ses contradicteurs, chaque fois qu'il en trouve l'occasion, il s'empresse de leur rendre justice, en particulier au pluséminentde tous, Ehrenberg, dont il a gardé, dans sa systématique, le plus qu'il a pu de familles, genres et espèces. Abordant ensuite la classification, il a commencé par éliminer une série d'êtres qui sont des plantes, comme les Diatomées, ou d'autres objets variés, confondus avant lui avec les Infusoires. Le terrain ainsi déblayé, il expose ses idées sur la classification de ces êtres

OÙ il détermine 20 familles, subdivisées en un grand nombre de genres. Beaucoup ont été conservés, souvent dans les limites mêmes qu'il leur avait assignées. Je n'en citerai que quelquesunes : les Amibiens, les Rhizopodes, avec les genres Gromia, Euglypha, ; les Monades et les Volvox qui correspondent à peu près aux Flagellés actuels. Nous y trouvons le genre Cerconumas, si intéressant au point de vue médical. C'est lui qui a reconnu la vraie nature du flagellum de ces animaux, qu'Ehrenberg prenait ,pour une trompe. Ses dernières familles constituent les Infusoires proprement dits, les Ciliés actuels (Infusoria Dujardin). Il serait facile de citer là encore une quantité de genres définis par lui ; mais cela m'entraînerait trop loin. Le volume se termine par la description des Systolides (Rotifères actuels), que Dujardin a eu bien soin de séparer, de la manière la plus formelle, des Infusoires.

Il me semble que c'est ici le lieu.de dire encore un mot du Manuel de l'observateur au microscope. Ce petit volume, si original, si souvent copié, peu à peu modifié aa fur et à mesure des progrès de la science, paru à la suite et à l'occasion des travaux de Dujardin sur les êtres microscopiques, renferme tant de renseignements intéressants, tant de détails précis sur une foule de sujets, qu'on peut le considérer comme une véritable encyclopédie.

Toute la théorie du microscope, simple et composé, la description des divers instruments accessoires, de la chambre claire, de la technique, alors fort peu développée, des observations anatomiques, s'y trouve exposée avec le plus grand soin. La seconde partie du volume est un véritable traité d'histologie telle qu'on la concevait alors, avec de nombreux perfectionnements de détails dus aux recherches de l'auteur. Vient ensuite une série d'observations particulières sur les groupes d'animaux les plus divers : Insectes, Acariens, Vers, Infusoires, Rotifères, etc. Ce sont autant de mémoires originaux. Un traité de botanique microscopique fait suite à la partie zoologique; tous les tissus des végétaux sont successivement examinés. Il faut lire à la page 301 son chapitre sur les ferments, en particulier sur ceux qui se développent dans les solutions sucrées, en se souvenant que le volume est de 1843. L'ouvrage se termine par quelques courts chapitres sur les applications du microscope à la chimie, à la minéralogie, à la médecine

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