LUCET ET C08TANT1N
à la chambre claire avec le même grossissement des deux Mucor (fig. là 6), ces différences apparaîtront tout de suite très nettement. Dans les deux cultures, nous retrouvons les caractères si reconnaissables qui appartiennent aussi i^u Mucor corymbiferquï sont les suivants :
io Mycélium lâche et en général vigoureux.
2p Ramification en grappe corymbifère ou plus souvent encore
Fig. 1-2-3. — Mucor Truchist : i. Ombelle terminale de sporanges; dans tous ces sporanges, la débiscence a eu lieu et la membrane sporangiale est partout dissoute; les parties teintées correspondent aux columelles. 2, sporange avant la débiscence; la partie supérieure fortement teintée laisse apercevoir les spores grâce à la transparence de la membrane ; la région supérieure de la columelle est comme tordue dans cet écbantillon; 3, spores.
en ombelle terminale à rayons inégaux, les plus externes s'allongeant d'ordinaire plus.
30 Pédicelle du sporange renflé au dessous de la sphère reproductrice, de manière qu'après la débiscence de la membrane (qui demeure lisse et qui est transparente) la columelle parait divisée en deux par la collerette formée par les débris de cette membrane sporangiale.
Ces divers caractères, nous les retrouvons dans les deux types Truchisi et Hegnieri mais nous remarquons dans les cultures précédentes de même âge (tout à fait comparable par conséquent) que les sporanges terminaux, par exemple, sont en moyenne plus gros dans le premier type que dans le second.
Voici, par exemple, la mesure de la largeur et de la columelle et du pédicelle fructifère du sporange terminal.
Truchisi Regnieri
Laryear de la columelle
60 IL 26 [JL
Largeur du pédloelle 12 {1
Il est à remarquer, en outre, que chez le Truchisi un grand nombre de sporanges sont encore clos (fig. 2) ; ceux de la forme Regnieri
Flg. 4-6. — Mucor Regnerf : 4, ombelle terminale de sporanges ; mêmes remarques que pour la flg. i (les deux dessins i et 4 sont faits au même grossissement) ; 5. sporange avant la débiscence, la partie supérieure de la columelle est arrondie (même grossissement que la flg. ±): 6, spores (même grossissement que la flg. 3).
sont, au contraire, presque tous ouverts et les columelles qui sont ainsi apparentes ont une teinte notablement plus foncée.
Les résultais de cette comparaison êont, comme nous le voyons, très remarquables, ils indiquent une précocité plus grande chez le second type, qui est en même temps plus grêle et beaucoup plus fortement fructifié.
Il ne faudrait pas croire cependant que ces différences sont d'une
LUCET ET COSTANTIN
constance absolue. Voici quelques observations qui montrent ce qu'il faut penser à cet égard; elles ont été faites sur des cultures à 3Sft sur des milieux solides divers. Mais ces variations s'observent souvent dans une même culture.
Mucar Truc/im.— Un sporange non ouvert esta membrane translucide lisse, sans ornements, il est rond et mesure, par exemple, 35 [1 de diamètre ; la columelle qui apparaît par transparence mesure 20 |i., le filament a 4 |i. de large.
En un autre point, on observe un sporange ouvert, la columelle
FiR. 7 à 12. — Muchor Truchisù Ces six dessins montrent les varlaUons que peut présenter la ramification dans cette espèce.
est piriforme brune vers sa base et cette teinte va en s'atténuant sur le pédoncule fructifère jusqu'à une distance de 30 [i de la columelle; cette columelle mesure ici 23 [i.
Les sporanges précédents avaient des pédoncules fructifères simples mais on peut avoir des pédoncules ramifiés en grappe (fig. 8, 10, H), en ombelle (fig. 7, 9, 12). L'ombelle se composera, par exemple, de trois pédicelles (fig. 7) : le pédicelle médian est en continuité avec le pédoncule et mesure 58 (/. de long depuis le
GONTRIBUnONS A L'ÉTUDE DES MUCORINÉES PATHOGÈNES 371
haut de la columelle jusqu'au point de séparation des deux autres pédiceiles; les deux autres pédicelles mesurent 148 {jl et 195 [i. Les rayons latéraux de Tombelle sont très inégaux et les pédicelles latéraux dépassent de beaucoup le pédicelle principal. Les columelles sont ici petites, elles ont 15 \l de diamètre et la largeur du filament est 3 jjl 8.
Nous voyons que nous observons ici des sporanges avec columelle de très faible taille, ayant des dimensions même plus petites que dans le M. Regnieri. Ce n'est d'ailleurs pas la plus faible columelle que nous ayons eu l'occasion d'observer : nous en avons rencontré une mesurant, dans un sporange ouvert, 4 [jl à peine et le filament avait 2 {i de diamètre.
Ce rabougrissement n'est d'ailleurs pas spécial au Truchisi; nous le retrouverons dans le Regnieri et il a été signalé par Lindt dans un type très voisin du corymbifer sur lequel nous allons revenir plus loin, le Mucor ramosus.
La ramification présente également des variations, mais qui demeurent toujours à l'intérieur de certaines limites et qui, dans leur inconstance, offrent cependant une assez grande stabilité.
On verra, par exemple, partir à une faible distance de l'extrémité d'un pédoncule principal, trois pédoncules secondaires à angle droit, tandis que dans le cas précédent ils faisaient un angle de 45<> (fig. 9). Los columelles ici mesurent 19 fjt> 35 ; la largeur du filament est 7 \l.
Dans un autre cas, à une faible distance de l'extrémité d'un pédoncule principal (55 \l), il part à angle droit un seul pédicelle de 140 [JL de long. Les columelles mesurent 30 (jl et le filament 7 [i.
Enfin, pour terminer l'examen de ces types, signalons-en un dernier intéressant, dans lequel il natt d'abord à angle droit un pédicelle de premier ordre terminé par un sporange et sur celuilà un pédicelle de deuxième ordre faisant avec le premier un angle de 90<> environ (fig. 8). Il n'est pas rare d'ailleurs de voir un pédicelle secondaire naître d'abord à angle droit sur le pédoncule principal, puis s'infléchir et s'orienter presque parallèlement à lui (fig. 10).
La forme de la columelle est ordinairement arrondie en haut, piriforme dans l'ensemble, mais quelquefois elle a plus nettement une forme de toupie. Dans les sporanges non ouverts, on voit sou-
872 LUCET ET C08TANTIN
vent des columelles régulièrement sphériques dans la partie supé^ rieure et la sphère passant insensiblement vers le bas à la forme conique, puis cylindrique du pied. On retrouve ces variations dans le M. Regnieri, La membrane du sporange laisse rarement une trace sur la columelle de sorte qu'on ne distingue plus finalement la limite de la région qui était primitivement incluse. Il nous est arrivé quelquefois d'observer au-dessous d'une portion régulièrement arrondie terminale, une région régulièrement conique sous-jacente. La partie renflée du pédicelle ou pédoncule sporangif ère, caractéristique du stirpe con/mfci/ifr, s'étend quelquefois sur une assez grande longueur, par exemple 45 y. avec un
diamètre en haut de 19 {jl. Nous avons
^^^ observé quelquefois des anomalies dans
fll^H ^^^^ la forme de la columelle par transparence
T j ^Km ^^^^ '^^ sporanges jennes, les figures 13
\ / \/ ^^ *^ donnent une idée de ces cas sin-
II il guliers.
' ' ' 1 Les spores du M, Truchisi méritent
*^ ** d'être signalées car elles sont assez carac-
^%SJ^ ^L^den^l^^s téristiques malgré une certaine variabimontrent Taspect varié Hté. Elles sont assez régulièrement otxnqu'offre souvent la coiu- des un peu allongées (fïg. 3), Ce n'est pas là "^ ®' un caractère constant et absolu, mais
c'est un caractère prédominant. Les dimensions moyennes sont 4 (X de long sur 2 {i. 5 de large. Mais ces spores changent entre certaines limites. Il n'est pas rare d'observer des spores plus petites à peu près de même forme (3 u. 75 sur 2 \l 5), mais on en voit quelquefois, quoique plus rarement, d'un peu plus grandes (4[i5 sur 2 fjL 5; 4 [JL 5 sur 3). Ce ne sont pas seulement les dimensions qui changent, c'est aussi la forme : on en voit, rarement il est vrai, quelquefois de rondes de 2 (x 5, mais on peut supposer que ce sont des spores ovoïdes qui se présentent par le bout à l'objectif ; il n'en est pas toujours ainsi, car nous avons observé des spores rondes de 4 jt de diamètre, dimension supérieure à la largeur de toutes les spores normales.
Mucor Regnieri, — Dans les mêmes conditions de température et de milieu, le Mucor Regnieri présente également des variations aussi
CONTRIBUTIONS A L'ÉTDDE DES MUCORINÉES PATHOGÈNES 373
ÎK^
sensibles, parmi lesquelles cependant on parvient cependant à démêler les caractères de l'espèce.
Les columelles d'ordinaire sont fréquemment petites et celles qui mesurent 11 {t 7 avec un filament de 3 ji de diamètre ne sont pas rares. Mais il y a des columelles plus larges de 23 [i avec un filament de 8 ji. On peut, par contre, en observer de plus grosses de 35 [1 et de dimensions plus élevées qui peuvent se rapprocher beaucoup des plus grosses columelles du Tnkchx&i^ mais ceci est plus rare. Les filaments atteignent aussi de grandes dimensions, car nous en avons trouvé de 12 [i et même de 19 {& 5.
Le mode de ramification nous ofire d'abord les mêmes types en grappe (fig. 15, 16 et 18). Le sporange terminal pouvant être plus gros que les sporanges qui terminent les pédicelles latéraux, mais l'inverse pouvant aussi se produire. La longueur de ces pédicelles secondaires peut être plus faible ou plus grande que celle du pédicelle terminal. Souvent il n'y a qu'un pédicelle secondaire (fig. 15) mais il peut y en avoir quelquefois un plus grand nombre (fig. 16 et 18). L'angle qu'ils font avec l'axe principal est aussi inconstant (fig. 19) le plus souvent de 40 à 6(y> mais quelquefois 90*". Au lieu d'une grappe on a quelquefois une ombelle (fig. 4 et 17) dont le nombre des rayons est variable, quatre par exemple. Fréquemment les pédicelles font un angle variable avec l'axe principal, mais il peut arriver qu'ils soient à angle droit- On peut observer enfin qu'un axe principal terminé par une ombelle présente un axe secondaire offrant une inflorescence analogue (comme dans la fig. 12).
Nous avons signalé pour le Mucor Truchisi des variations de taille des sporanges sur des pousses différentes, mais elles peuvent quelquefois se produire sur la même pousse comme on peut s'en rendre compte en examinant la figure 20.
La columelle est ovoïde piriforme (fig. 2t et 23) ou quelquefois en toupie, d'une coloration brun clair qui s'étend à une certaine distance sur le pied. La membrane sporangiale lisse et transparente
Fig. 15 à 18. — Mucor Regnieri. Ces quatre dessins nous montrent les ▼arlatlons de la ramification dans cette espèce.
LUCET ET COSTANTIN^
laisse en général (il y a quelquefois des exMptioiifl* comme on le voit sur la figure 24) peu de traces sur le haut du pied.
Les spores sont également variables, mais il y a cependant nn caractère de beaucoup prédominant, elles sont rondes le plus ordinairement (fig. 6). Leurs dimensions moyennes sont entre 3 fx. 2 et 3 (X 75; il y en a cependant de plus petites de 2 {& 5. A côté de ces spores typiques, il y en a en petit nombre d'ovalaires (3 {t 8 sur 3 {i;
Flg. 19. — Mueor Regnieri, Ramification en grappe où les pédicelies secondaires font des angles variables avec l'axe principal. La dôhlscence a eu lieu, les spores sont tombées et il ne reste que les colamelles cutinisées à l'extrémité des filaments fructifères.
Fig. 20. — ifucor Regnieri, A la base d'une ombelle primitive, on voit deux petits sporanges qui sont d'ailleurs ouverts comme les autres.
3 |x 2 sur 2 [L 9), quelques-unes un peu irrégulières, presque comme si elles étaient légèrement polygonales.
m. — A côté des cultures obtenues dans les conditions optimales de température où les Champignons pi'écédents se développent bien et rapidement, nous avons examiné celles qui s'obtiennent à des températures basses.
CONTRIBUTIONS A l'ÉTUDE DES MUGORINÉES PATHOGÈNES
Comparons deux cultures abandonnées dans le laboratoire. Le semis a été fait le 2 décembre et l'observation le 7 décembre. En général, les cultures ne réussissent pas aux basses températures, mais le thermomètre est monté pendant cette période à plusieurs reprises au-dessus de 20^, sans jamais descendre la nuit au-dessous de 10 ou 120.
Macroscopiquement, les différences ne sont pas très appréciables entre ces cultures, à cause de la lenteur du développement : on n'a que de faibles filaments qui commencent à s'enchevêtrer les uns dans les autres.
Fig. 21 à 24« — Muear Regnieri. Les deux flgoreB 21 et 23 montrent les changements de forme de colnmelle après la chute des spores. — La figure 22 montre un sporange avant la déhlscence : on volt que le pédicelle est renflé au-dessous du sporange. La figure 24 montre exceptionnellement la persistance de la membrane du sporange après la mise en liberté des spores.
Microscopiquement les dissemblances sont saillantes. Les pédicelles sporangifères sont encore simples, ce n'est que très accidentellement qu'un rameau se produit.
Voici quelques mesures :
Sporanges non ouverts :
Sporanges ou la déhiscence a eu lieu
Largeur des filaments fructifères :
Tmchisi 70 \t Regnieri 30 [l Truchiai 70 ji Regnieri 38 ,a Truchisi 14 fi Regnieri 3 u. 8
- 6ul5.
Dans une autre série de cultures, faites également à basses températures non déterminées avec précision puisqu'elles étaient variables mais qui ont été identiques pour les deux séries de tubes,
376 LUCET ET COSTANTIN
OQ constate au bout de 17 jours une différence extrêmement appréciable entre Taspect des deux cultures sur carotte.
La culture du Truchisi est tout à fait chétive : le substratum n'a pas été envahi ou irrégulièrement sur un centimètre carré à peine ; le mycélium est à peine développé, il est resté très fin et très délicat comme aux premiers débuts d'une culture, mais les filaments grêles ont presque un centimètre de haut. La culture ne rappelle en rien les tubes bourrés d'une sorte de feutrage cotonneux que Ton obtient en très peu de jours à la température de SO^. La culture est blanche et à peine fructifiée.
Les tul)es du Regnieri présentent avec les précédents une différence saisissante, car ils ont presque l'aspect normal. Tout le substratum a été couvert du feutrage ordinaire des filaments de sorte qu'il est presque complètement caché. Les fructifications sont extrêmement abondantes et de couleur grise ordinaire. On voit donc que c'est l'aspect normal d'une culture encore jeune.
Il résulte donc manifestement de cette comparaison que le Regnieri réussit bien mieux aux basses températures que le Truchisi.
IV. — La distinction des deux types se confirme par la comparaison des cultures à hautes températures, à 51**-52<>.
Dans une première série d'essais, les cultures sur milieu solide ont été examinées au bout de cinq jours. La différence est bien évidente entre les deux séries de tubes.
Le Trucliisi a poussé très richement à la partie supérieure du substratum, le mycélium a pris ici un aspect gazonnant, serré tout à fait inusité; tous les tubes de culture sont comparables.
Le Regnieri n'a pas poussé.
Dans une deuxième série d'essais dans laquelle les tubes ont été maintenus à 53^ pendant une période plus longue de 17 jours, on voit se maintenir les différences.
Tous les tubes de cultures ensemencés avec les spores du Truchisi ont été fertiles. Le milieu s'est desséché à la fin mais le développement a été très notable ; le mycélium ne s'est pas étendu sur tout le substratum ; il a formé un mycélium gazonnant de 2 centimètres et il s'est élevé relativement peu; il n'a pas pris sa teinte grise caractéristique.
Dans la moitié des tubes ensemencés avec le Regnieri, le déve-
CONTRIBUTIONS A L ETUDE DES MUCORINEES PATHOGENES 377
loppement a été nul; sur les autres il y a eu un très faible développement deux fois moindre que dans la première espèce.
Nous avons répété à maintes reprises à M^ la culture comparée de ces deux espèces et nous avons constaté que le Mucor Truchisi y pousse toujours bien, que le Aiucor Regnieri y pousse quelquefois mais mal. A 53'' le Mtu^r Truchisi pousse toujours et dans tous les tubes, \e Mucor Regnieri pousse dans un nombre variable de tubes et en général dans un nombre inférieur à la moitié, quelquefois dans la proportion de 1 à 5, quelquefois môme pas du tout.
Ces deux espèces à SS^'-oG^ ne poussent pas et soumises, pendant quatre jours, à cette température, puis reportées à 37^, nous n'avons pas obtenu de régénération de la culture.
Il est intéressant de constater ici une sensibilité plus accusée du Regnieri au point de vue des hautes températures : non seulement il se distingue ainsi nettement du Truchisi, mais dans le Regnieri lui-même on observe que certaines spores possèdent la propriété de germer à des températures qui ne conviennent plus à la plupart d'entre elles.
Nous retrouvons d'ailleurs, à ces hautes températures 51o, 53^, les ressemblances et différentes entre ces deux espèces au point de vue microscopique.
Dans les deux cas, les ressemblances s'accusent par les caractères des pédicelles sporangifères et des sporanges. A ces températures, les pédicelles restent simples aussi bien dans le MtAcor Truchisi que dans le M. Regnieri. La fructification est abondante et en 5 jours les sporanges sont presque tous ouverts, leur membrane d'abord transparente se dissout rapidement et il ne reste qu'une très légère collerette en haut du pied.
Mucor Truchisi. — Les sporanges clos remplis de spores ont i6 [j.. Les columelles mesurent 17 {j. de large 19 fi ; elles sont culinisées de brun clair, ainsi que le haut du pied renflé. Nous avons trouvé des columelles (fig. 25, 26, 27) plus petites, de 10|jl avec un pédicelle fructifère très ténu de 3 \l 75, mais en général il a de 5 à 6.|x. — Dans une autre série de cultures, nous avons cependant observé des sporanges plus gros avec des columelles mesurant 37 et 25 u.
Les spores sont encore normalement owides allongées (fig. US), le type le plus commun et abondant mesure 5 {#. sur 3, 5 (& sur 2,5.
LUCET ET COSTANTIN
Mais il y a des spores plus grosses et de forme diQérente, elles sont d'ailleurs moins fréquentes. Nous avons observé des spores rondes de 5 (ii 5; nous avons rencontré des spores piriformes de 7 fi 5 sur 4 fjL 5, d'autres ovoïdes mais beaucoup plus larges qu'à l'ordinaire de 6 (a 5 sur 4,5; on observe quelquefois mais rarement de légères incurvées.
MtKor Regnieri. ^ Les sporanges de petite taille (fîg. 29 à 30), à pédicelle simple sont également visibles. Nous avons trouvé des sporanges non ouverts de 19 (&; les spores qui s'y forment ne peuvent évidemment pas être bien nombreuses. La columelle est brune après la déhiscence et cette teinte s'étend sur le haut du pied qui
Fig. 25 à 28. — Mucor Trwhisi développé k de hautes températures ; 25 et 26, sporanges ouverts, U reste k la columelle une collerette formée par la membrane ; 27, la collerette n'est plus visible ; 28, spore.
Flg. 29 à 3i. — Miicor Regnieri développé à de hautes températures ; 29, pédicelle renflé audessous de la columelle ;
30 et 3t, sporanges ouverts contenant encore quelques spores.
est renflé quelquefois un peu irrégulièrement au-dessous du sporange détruit (flg. 29) ; nous avons trouvé comme dimension de la columelle 10 fx, 17 [a. Les pédicelles fructifères qui portent ces petites fructifications sont évidemment grêles, de 5 à 6 fi et même moins ; nous avons observé cependant un filament stérile de très gros diamètre, 10 jx.
Les spores sont ici rondes (fig. 30 et 31), mais leurs dimensions sont variables : voici quelques mesures, 5 jt qui est un diamètre commun, puis des dimensions plus faibles (3 jx 5 — - 3 [a 75 — 4 a 5 — 4 a 7o), mais aussi plus fortes quoique assez rarement (5 [x5 — 6 fjL 25 — 6 ji. 8) ; on observe quelques spores légèrement ovalaires.
V. — - Uinfluence de l'acidttéoude ralcalinité du liquide de culture se manifeste d'une manière nette.
CONTRIBUTIONS A L ETUDE DES MUCORINEES PATHOGENES 379
Les deux types étant cultivés dans un liquide Haulin normal, de réaction acide, acidité qui a été déterminée dans une expérience 38^9 «>/oo, on obtient comme récolte :
Truchisi 0«r85
Regnieri U^20
Si on alcalinise le liquide Raulinavec du carbonate de soude, de manière que l'alcalinité soit représentée par 0srl43, on a une inversion dans la valeur des récoltes :
Truchisi l««-30
Regnieri 0«r85
Dans un autre liquide analogue au liquide Raulin, mais dans lequel on a remplacé le saccharose par du glucose (1) (dont Tacidité était représentée par lsr95) on a comme récolte :
Truchisi iK^aO
Regnieri 3«'50
Le même milieu à acidité moindre par addition de bicarbonate de soude (acidité Ok'OIo) on a comme récolte :
Truchisi 4«'40 \
Regnieri 68»-30
En somme, de Tensemble de ces remarques, il résulte que nous avons là deux Champignons nettement distincts, bien que les caractères qui les séparent soient fondés sur des différences légères ; nous n'avons cependant pas le droit de les considérer comme négligeables puisqu'elles sont constantes. Y a-t-il lieu d'envisager ces deux formes comme de simples variétés, ou races bien lixées, ou comme des espèces? Nous avouons que, poumons, cette question n'a pas d'importance, car l'espèce n'a qu'une valeur purement subjective. Les formes que nous avons pu étudier se rattachent, selon nous, au type des petites espèces créées autrefois par Jordan. 11 nous
(I) La composition de co liquide est : Eau, 1000 gr. ; glycose anhydre, 80 gr.. phosphate de potasse, 0 gr. 10; phosphate neutre de soude, Ogr. 10; bicarbonate de soude neutre, 0 gr. 15; carbonate de calcium desséché, 0 gr. 05; sulfate de magnésie, 0 gr. (^; sulfate de zinc, 0 gr. 025; sulfate de fer, 0 gr.025; tartrate d'ammoniaque, 20 gr.
38U - LUCËT ET COSTAiNTlN
parait intéressant d'introduire une pareille notion en médecine : elle est destinée à y jouer un grand rôle, non seulement pour les Champignons pathogènes, mais pour les Bactéries quand les idées transformistes seront parvenues à s'y implanter.
Nous devons ajouter que nous avons rangé nos deux petites espèces dans ce que nous appelons un stirpe, c'est-à-dire quelque chose d'analogue à la grande espèce linnéenne. Le stirpe corymbifer comprend, selon nous, actuellement quatre petites espèces, le corymbifer type de Lichteim qui mériterait d'être qualifié de Lichtfteimi, le ramotsus de Lindt et les deux types Truchisi et Hegnieri qui viennent d'être décrits.
U est intéressant de remarquer que le Ifucor ramosiade Lindt est une espèce qui n'a pas plus de valeur, nous croyons même qu'elle en a plutôt moins, que nos deux petites espèces. C'est là un point sur lequel nous ne saurions trop insister, car il fait mieux saisir la portée du présent travail.
En 188S, Lichtheim voulut répéter à Berne, au laboratoire de médecine clinique de l'hôpital de cette ville, les recherches faites antérieurement en Allemagne : il plaça des morceaux de pain à rétuve, et il obtint encore de nouveau spontanément le Mucor corymbifer et un autre Champignon dont il confia l'étude à Lindt. Nous insistons sur ces détails afin de bien montl^r dans quelles conditions le travail entrepris par ce dernier fut réalisé.
Pendant très longtemps, Lindt fut perplexe pour savoir quelle valeur il devait attribuer à la forme qu'il étudiait. Il était frappé de ses ressemblances avec le corymbifer : il observait les mêmes inflorescences typiques, le même caractère très spécial de la columelle renflée au-dessous du sporange. L'aspect des cultures était extrêmement semblable : il crut cependant distinguer dans quelques circonstances que le deuxième Mucor qu'il a finalement appelé raiïu>su$ était un peu plus nuancé de brun : c'est sur quelques vieilles cultures sur pain qu'il a fait cette remarque; mais ce caractère était instable.
Les ressemblances étaient donc, on peut dire, complètes, sauf sur un point : la dissemblance résidait dans les dimensions des spores (5 à 6 [jl de long sur 3 de large dans le M. ramosus^ tandis qu'elles ont 2 à 3 [i dans le corymbifer). Ce caractère a persisté
CONTRIBUTIONS A L'ÉTUDË DES MUCORINEBS PATHOGENES 381
pendant une année de cultare et il s'est maintenu aussi bien dans les cultures jeunes que dans les cultures âgées.
C'est à la suite de cette constatation que Lindt n'hésita pas à élever la forme qu'il observait au rang d'espèce.
Cette dernière plante a été retrouvée, paraît il, dans un cas d'otomycose mucorinéenne par Jakowski (1) provenant d'une membrane d'une personne qui, depuis plusieurs senjaines, se plaignait de bourdonnements d'oreille et qui vint consulter Modrzejewski, à Varsovie. Les spores avaient bien les dimensions indiquées par Lindt ; le traitement fut long, l'affection ne disparut qu'avec la plus grande difliculté, résultats qui, selon Jakowski, s'accordent avec l'extrême malignité du ramosus pour le Lapin.
Les différences de nos deux Champignons Truchisi et Regnieri avec le corymbifer de Lichteim et le ramosus de Lindt sont surtout frappantes par ce fait que, selon Lichtheim et Lindt, ils se cultivent à température plus basse, 12 et iS"*. Nous n'avons pas fixé d'une manière bien précise la température minima, à laquelle croissent nos deux espèces, cependant nous n'avons pas observé de développement de nos deux Champignons à la température du laboratoire variant entre 15 à IS^ de 2 heures à 11 heures du soir et 10 à 12» le reste du temps. Les dimensions des spores en outre, comme nous l'avons dit plus haut, dans les deux cas présentent des variations notables.
En somme, nous avons été amenés ainsi à distinguer dans le stirpe corymbifer une série de petites espèces caractérisées par un ensemble de particularités tout à fait stables qui établissent la possibilité d'une suite continue entre des formes extrêmes divergentes. Les différences très légères que nous avons pu signaler dans les températures inférieures et supérieures où la croissance cesse sont très intéressantes; elles semblent indiquer en passant du Mucor Trucliisi (qui supporte bien les hautes températures et mal les basses) au Mucor Regneri (qui végète mieux à de basses
|1) Jakowski, Otamycosis mucor inea (Labor. bactérlolog. de l'Ënfaot Jésus de l'hôpital de Varsovie). Gazeta lekarska, 1884, n* 34 Ipoionals, analysé dans le Centralblatt fiir Bakt., V, p. 338, 1889). Noyant pas vu Toriginal nous ne saurions affirmer que ce travail a été soigneusement fait. Nous remarquons seulement que Jakowski dit que la culture avait une coloration brune, mais le mot gris serait plus exact pour le M. ramosus.
Archives de Parusitologie^ IV, n* 3, 1901. i5
382 LUCEt Et C08tAKtlK
températures) un acheminement vers des types qui cesseraient de croître à des températures élevées et qui pourraient peut-être ainsi cesser d'être pathogènes.
Ces résultats nous ont conduit à étudier d'autres types pouvant se rattacher au mémestirpe. C'est ainsi que nous avons été amenés à examiner un autre corymbifer qui avait été rencontré sur une Vache atteinte d'une dermite pustuleuse chronique, d'origine ancienne, tenace mais peu grave, provoquant des démangeaisons. La culture de ce troisième type n'est pas encore terminée, mais tout nous fait supposer jusqu^ici qu'il se rapproche du TruchisL
Il était intéressant de chercher à comparer les Champignons précédents au point de foue pathologique. Voici le résultat de quelques essais.
Mucor Truchisi, — 1. —Un Lapin adulte est inoculé dans les veines avec spores en masse délayées dans de l'eau physiologique, le 11 juillet. Il meurt dans la nuit du 13 au 14. Le sang est coagulé; le foie et la rate congestionnés, hypertrophiés, sans tubercules apparents. Les reins sont énormes, hypérémiés avec des traînées plus rouges ou taches ecchymotiques. Les poumons offrent un pointillé hémorragique. Les ganglions mésentériques sont congestionnés, volumineux.
II. — Le 31 mai, un Lapin est inoculé encore dans les veines avec une culture du 23 mai, il meurt le 4 juin. Les caractères de la maladie mycotique sont les suivants : rate noire, foie congestionné, reins énormes avec traînées blanchâtres ou rouges, aspect général marbré. En coupe, les reins sont congestionnés dans leur partie centrale d'une façon accusée, de coloration presque noire; ganglions mésentériques volumineux.
III. — Le 31 mai, un Lapin est inoculé dans le péritoine, il meurt le 11 juin. On observe quelques petits tubercules blanchâtres su* perficiels du foie ; les tubercules de l'intestin sont en saillie sur le péritoine, d'autres sur le diaphragme ou le mésentère. Les reins sont énormes, surtout celui de gauche qui est littéralement infiltré en totalité par le Champignon.
Mucor Regnieri. — I. — Un Lapin adulte de même âge que celui de l'expérience n« 1 précédente est inoculé dans les veines le 11 juillet, il meurt le 14 juillet avec des lésions de même aspect
CONtRIBUtlONS A l'ÉTUDK DëS MUCORINÉES- PATHOGENES 383
partout, notamment sur les reins et les ganglions mésentériques.
II et III. — Ces deux expériences sont faites dans les mômes conditions exactement avec le Regnieri qu^avec le Truchisi (Il et III). Les résultats sont les mêmes.
Il serait évidemment difficile, d'après ces résultats, de dire exactement quels sont les caractères différenciels pathologiques de ces deux espèces. Ce qui apparaît surtout ce sont les caractères communs. Les lésions, on peut le dire, sont semblables, elles portent surtout sur les reins (bien plus que sur le foie) et sur les ganglions mésentériques, alors que, dans Taspergillose, c'est surtout le foie qui est atteint.
Cependant, malgré cela, nous remarquons que les deux Mucorinées sont très virulentes, qu'elles amènent la mort en un temps très court. Ces deux espèces paraissent peut-être cependant moins virulents que le Mucor ramosus. En effet, d'après Lindt ce Mucor a tué les Lapins en 36 heures (6^ de liquide d'inoculation) en 50 heures (avec 1^0).
Il semblerait, d'après cela, que cette espèce est plus active que le Af . Truchisi et le Regnieri, plus énergique également que le M. corymbifer type de Lichtheim. Avec le Mucor ramosus, ce sont également les reins et les ganglions mésentériques qui sont atteints; sur les reins, Lindt a vu à la surface des plaques du Champignon nettement apparentes, la section était très hémorragique, des raies blanches s'observaient dans les papilles de l'écorce; le bassinet était intact ; ce caractère hémorragique se retrouvait pour les ganglions mésentériques. Dans les cas de maladie très aiguë, l'animal mourait avant que le mycélium se soit développé dans le rein; les plaques de Peyer étaient aussi atteintes et aussi hémorragiques. Dans aucun cas, Lindt n'a observé chez le Lapin inoculé avec le ramosus les troubles de la fonction d'équilibre et les mouvements de constriction observés par Lichtheim.
En somme, on voit en Mycologie pathologique comme en Phanérogamie qu'une étude attentive et soutenue des êtres vivants amène à constater que l'espèce n'est qu'une conception abstraite qui n'a de valeur que lorsqu'on ne la creuse pas trop. Quand on se donne cette peine, on arrive à mettre en lumière des caractères diSé> rentiels infîmes dont la fixité surprend beaucoup ceux qui ignorent à quels résultats merveilleux Jordan est arrivé en poursuivant,
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peudaal trente aus, ses études sur la pulvérisation de l'espèce linnéenne Draba venta. Ces résultats contrôlés et étendus par Thuret et Bornel, par de Bary, par Rosen se montrent vrais ici pour les Champignons pathogènes. La connaissance de la variabilité de ces parasites est intéressante, et elle peut contribuer à jeter une certaine clarté sur l'allure variable de certaines maladies.