‹ Archives de parasitologie (volume 4)Chapitre 15 sur 169 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

A Monsieur le D' Miguel Couto Professeur à la Faculté de Médecine de Rio de Janeiro,

Briançon (Hautes- Alpes], le 16 août 1905.

Très honoré Collègue,

La question au sujet de laquelle vous me faites l'honneur de me consulter est l'une de celles qui m'ont le plus préoccupé ; elle est encore l'objet de mes soucis constants. Ma réponse, j'ose le dire, est donc mûrement réfléchie ; elle tient en cette déclaration formelle : oui, il est indispensable que le Brésil organise, dans ses diverses Facultés de Médecine, un enseignement clinique de la pathologie tropicale, ainsi que des laboratoires pour l'étude expérimentale des maladies des pays chauds.

Il serait facile d'appuyer cette affirmation sur de nombreuses raisons.

mais ce serait donner trop d'extension à une sinaplc lettre ; cela me conduirait d'ailleurs à répéter ce que j'ai déjà dit et écrit dans maintes occasions. Je me borne à vous rappeler que la fondation d'un Institut de Médecine coloniale près la Faculté de Médecine de Paris est due à mon initiative ; c'est vous dire à quel point je suis convaincu de la nécessité de mieux connaître les maladies des pays chauds et de répandre, parmi les médecins coloniaux, les notions fort importantes que nous avons récemment acquises au sujet de ces maladies.

L'intention de votre gouvernement serait de créer, dans les Facultés de Médecine du Brésil, une chaire spéciale de clinique des maladies tropicales, à laquelle serait adjoint un laboratoire. Pour ma part, j'estime que la proposition doit être renversée : il est nécessaire de créer dans chaque Faculté un laboratoire ou plutôt un institut, auquel serait adjointe une clinique.

Les maladies tropicales sont essentiellement parasitaires ; les parasites qui les produisent sont essentiellement de nature animale. Ils appartiennent d'ailleurs à des groupes très variés : Prolozaires, Vers, Acariens, Insectes. Les parasites des deux premières catégories sont fréquemment transmis par la piqûre de divers Acariens ou Insectes; l'étiologie se résume donc en une question de zoologie pure, tendant à la détermination précise des espèces animales qui transmettent et disséminent les germes pathogènes. La prophylaxie consiste elle-même en une question de zoologie, tendant à la connaissance exacte des mœurs et des métamorphoses de ces mêmes animaux. Le problème est plus complexe encore, puisqu'il importe d'élucider les transformations que le parasite peut subir dans l'organisme des animaux qui l'hébergent transitoirement.

Ces questions capitales ne peuvent être tranchées avec toute la rigueur voulue que par des savants ayant une éducation zoologique très complète. Elles comportent de nombreuses expérimentations, qui ne peuvent être entreprises, avec quelque chance de succès, que dans des laboratoires spécialement organisés dans ce but. Quand l'étude d'une maladie parasitaire prend une telle ampleur et s'avance si loin dans le domaine de l'histoire naturelle, on peut dire que le côté clinique de la question devient véritablement secondaire. Cela justifie pleinement mon opinion quant à la nécessité absolue de ne pas subordonner le laboratoire à la clinique. L'étude des maladies tropicales, déjà si brillamment entrée dans la voie expérimentale, se fera de plus en plus au laboratoire, par des méthodes que le clinicien ignore ou connaît mal ; l'expérience de laboratoire est seule capable de préciser les conditions de linfection, d'indiquer la prophylaxie et de déterminer le traitement.

J'ai parlé uniquement des zooses, parce que ce sont les maladies qu'on connaît le mieux à l'heure actuelle ; mais la nosographie tropicale comprend aussi des bactérioscs et des mycoses. Leur étude expérimentale est tout aussi importante que celle des précédentes ; elle exige d'ailleurs des connaissances techniques d'un autre ordre.

iNOTES ET INFORMATIONS 109

Un Institut de Médecine tropicale doit donc consister essentiellement en un Laboratoire de Parasitologie comprenant plusieurs sections : Bactériologie, Mj-cologie et Parasitologie animale. Cette dernière section ne lardera pas à prendre une importance considérable, eu égard aux problèmes très complexes qu'elle sera appelée à résoudre. On ne peut espérer obtenir de résultats sérieux, qu'autant qu'on placera à la tète de chaque section des savants qui, outre les connaissances médicales indispensables, soient pourvus de solides notions d'histoire naturelle. La Parasitologie animale est dès maintenant si différenciée, qu'un même homme ne peut plus la suivre dans toutes ses branches. L'Ecole de Médecine tropicale de Londres l'a parfaitement compris, puisqu'elle a créé récemment une chaire de Protozoologie et une chaire d'HelminthoIogie. Je crois qu'il faut aller plus loin encore et qu'il est nécessaire, sinon de créer des chaires nouvelles, tout au moins d'attacher au Laboratoire de Parasitologie animale des assistants spécialisés dans l'étude des Acariens et des Insectes.

Le programme que je formule n'est pas une utopie. Je ne puis malheureusement pas dire qu'il soit appliqué, ni même espérer qu'il puisse jamais être en vigueur à l'Institut de Médecine coloniale de Paris ; mais il est plus ou moins réalisé en d'autres villes. D'abord à Londres, comme je viens de le dire; puis à Washington, où mon éminent ami le docteur Ch. Wardell SriLEsa organisé, d'après ces mêmes principes généraux, la division zoologique du Marine Hospital Service. La réforme que la vieille et routinière Europe ne va sans doute jamais tenter, le Brésil doit l'accomplir : il est jeune, en pleine poussée ; il a l'inestimable bonheur de n'être pas écrasé par les charges militaires dont nous mourons ; il ne saurait faire un meilleur usage de ses richesses que de créer un Institut modèle de Médecine tropicale ; il en retirera profit et gloire.

Veuillez agréer, etc.

R. Blanchard.

Impressions d'un Médecin colombien voyageant en Europe. — On lit dans El Porcenir de Carthagène, numéro du 11 décembre 1904 :

(c... En cuanto à las escuelas, me bastarâ decirle que al f rente de las] de [Londres y de] Liverpool estân Sambon, Maxson y Ronald Ross, quien por sus sorprendenles trabajos sobre paludismo mereciô que se adjudicara el premio de Nobel, de Suecia. Pero esta menciôn me obliga también â decirle que al frente de la de Paris estan Wurtz, Chantemesse, Jeanselme, Le Dentu, Gaucher y otros principes de la ciencia francesa entre los cua les se destaca, como figura culminante, clfundador dcl Instituto, profcsor Blanchard.

« Blanchard mcrece un aparté.

« Son ya algunos los hombrcs sabios y eminentcs que me ha tocado ver en mi vida, pero nunca he visto uno como Blanchard que scpa exponer lo que sabe con tanta précision y elegancia. Es un sabio y un retôrico : su memoria es un archivo; en él la palabra y la idea son uni-

sonas como las notas de un acorde ; su manera es don de Dios y nô facultad adquirida. Le o( el otro dia. Ten(a de visila al profesor Sambon quien habfa venido de Inglaterra con el ànimo de visitar la clasedel profesor Irancés. Que màs estfmulo! Lo que dijo no es para narrado. Dos horas seguidas hablando con interés siempre creciente, sobre Esporozoarios y Coccidios, es cosa que solo Blanchard lo puede hacer. Desentranar del fondo de la naturaleza aquellas particulas de vida, niicroscôpicas, hacer su descripciôn anatômica, historiar su evoluciôn y desarroUo, senalar su acciôn palôgena en el Hombre, es hacer de lo infini lamente pequeno, lo iufînitamente grande.

« A quel hombre citando fechas, acumulando citas y proyectando la luz de su inteligencia por la trama de los tejidos para arrancarle secretos à la naturaleza, me trafa el recuerdo de Abelardo en la célèbre discusiôn de la Sorbona. Su rara y extraordinaria conferencia fué un portento que bien mereciô el aplauso de très repeticiones con que, transportados de entusiasmo, cerraron el acto los alumnos... » — Emefe.

Les lettres et mots placés entre crochets ne se trouvent pas dans le texte ; ils ont été ajoutés pour donner à celui-ci une précision qui lui manquait.

Médailles concernant Raspail. — Dans mon étude sur Raspail (1), j'ai décrit ou mentionné jusqu'à vingt médailles concernant cet homme célèbre. Celte liste n'est pas complète, car je trouve dans le catalogue de la collection Fiewcger (2) l'indication de plusieurs autres pièces rentrant dans cette même catégorie. Je crois utile de les signaler ici, avec leur numéro d'ordre.

1* (n* 434) Face. — l'embarras du choix | ca na rd * | étenu | . Sabre, Irois-màts sur des bottes à genouillère, bouteille. Les lettres de la seconde ligne forment le mot canard^ dont on saisit l'allusion empreinte de scepticisme; elles sont disposées d'autre part de manière à indiquer le nom des principaux candidats à la présidence de la République : cA(vaignac), Louis NA(poIéon) et R(aspail). L'auteur anonyme du catalogue de la vente Fievveger estime que les lettres rd doivent se lire Raspail docteur; mais celle interprétation est inexacte : le d se rattache à la ligne suivante et complète le mot détenu. En effet, Raspail était prisonnier à Vincennes, lors de l'élection présidentielle du 10 décembre 1848.

Revers. — enfantement laborieux d'un président | choisissez | le sabre ou I LES bottes I EH CANFRONS NOUS | 1848 | . « . | La forinuic EH CAN-

FRONS NOUS est à double sens : elle peut se lire « eh ! camphronsnous! », tout

(1) R. Blanchard, Notices biographiques. — XVI. François-Vincent-Raspail. Archives de Parasitologie, VIII, p.5-87, 1904; cf. p. 75-80.

(2) Collectio Fieweger. Katalog satyrischer Medaillen iind Milnzen aum dein Nachlass des am 8. October 4883 verstorbenen Professor C. Fieweger. Berlin, in-8" de 11-132 p., 18&Î.

NOTES ET INFORMATIONS lit

aussi bien que « eh! qu'en ferons-noxis? » L'allusion à Raspail et à sa méthode de traitement par le camphre est des plus transparentes.

Jeton en cuivre, 1848. Module 23°*™. Vendu un mark à la vente Fieweger (22-23 avril 1885).

2* (n* 456) Face. - PUISSANCE DE LA DÉMOCRATIE | VENDREDI | I 17 — MARS 1848 | ^ | manifestation pacifique | de | 200.000 prolétaires I CONTRE I les aristocrates | DE PARIS | — |

i?crers. -CH. LOUIS NAPOLÉON BUONAPARTE | dit | NAPOLÉON III, |

I SERGENT— de— VILLE ANGLAIS', | ACH FOULD, | ÉLEVEUR DE JUMENTS ET

lorettes I F. V. RASPAIL, | débitant de camphre | et | dorviétan. Médaille en cuivre, 1848. Module 37"»™. Vendue 2 mk.

3* (n* 457). — Môme médaille, en bronze, vendue également 2 mk.

4- (n* 496). — CH. LOUIS NAPOLEON BUONAPARTE. | DIT | NAPOLEON III, I SERGENT.DE*VILLE ANGLAIS; | ACH. FOULD, | ÉLEVEURDEJU MENTS ET DE LORETTES | F. V. RASPAIL, i DÉBITANT DE CAMPHRE | ET I DORVIÉTAN. | IGNORANCE -MISÈRE- CRÉDULITÉ. | GLORIEU SES I ELECTIOxNS DU 18 7BnE | 1848. | - J.C — HONNEUR A LA VILLE I DE I PARIS! Dans un petit cercle perlé, une croix dont les quatre bras portent chacun une des lettres B, \R, C et Z.

Médaille en bronze, 1848, avec bélière. Module 37™*". Vendue 3 mk.

5* (n* 516) Face, — république (triangle et fil à plomb) faubourienne I SI I Rat traînant un épi de Blé attaché à sa patte (Rat se paille, Raspail)

I EST ÉLU*PRÉSIDENT | PAUVRES SOGIAUSTES, | VOUS COUCHEREZ SUR 1 LA PAILLE ET I MOURREZ DE FAIM | 10 X^*^ 1848.

Revers, — République — sociale (triangle et fil à plomb) | penseriez |

VOUS échapper a I LA PAILLE ET A LA FAIM, | PAUVRES ÉLECTEURS | EN NOM- MANT I A SA PLAGE I CE GRAS COQUIN | L*D — R»N (Ledru-Rolliu) • UBERTÉ • ÉGALITÉ • FRATERNITÉ •

Médaille en plomb, à seize pans, 1848. Module 42°^°*. Vendue 2 mk.

Bibliographie, — F. de Saulcy, Souvenirs numisfnatiques de la Révolution de 4848; cf. pi. LUI, fig, 7. La légende de cette figure est ainsi conçue : « Nous recommandons à l'attention du lecteur la curieuse médaille d'étain à laquelle nous sommes arrivés. Elle ne témoigne pas d'une tendresse ineflable et d'une estime indicible pour les citoyens Raspail et Ledru-Rollin, de la part des républicains socialistes qui ont fait fabriquer la pièce eu question. »

Cette médaille a été déjà décrite dans mon travail sur Raspail, sous le n* 10; j'ai omis de donner la référence ci-dessus aux Souvenirs numismatiques. D'après les dimensions de la figure citée, je lui ai attribué un diamètre de 48"*™, mais il faut croire qu'elle n'en mesure que 42, d'après le catalogue de la collection Fieweger; ni cet ouvrage ni celui de F. de Saulcy n'indiquent qu'il en ait été coulé de deux modules diflérents. Enfin, dans la légende du revers, il faut lire gb gras coquin et non ce gros coquin, — R. Bl.

Présence des œufs de parasites intestinanz dans les matiôres fécales des typhiqnes. — Intéressé par les travaux du D' J. Guiart, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, relatifs au rôle pathogène des Vers intestinaux, j'ai essayé de vériiîer certains faits annoncés par lui et, notamment, la présence des œufs de Vers intestinaux dans les matières fécales des typhiques.

J'ai eu l'occasion d'observer tout récemment une épidémie très intéressante de fièvre typhoïde, dans la ville de Doubnitza, près de la frontière turque. En présence des résultats frappants que j'ai constatés, je suis heureux de pouvoir contribuer à l'étude de cette question.

Avant tout, quelques mots sur l'épidémie même. Doubnitza est une ville de 9.000 habitants, composée en partie de familles immigrées de Macédoine, vivant dans les conditions hygiéniques les plus lamentables, Dans l'espace d'un mois, il s'est déclaré dans cette partie de la population environ 60 cas de fièvre typhoïde.

Lorsque je fus délégué par la Direction de la Santé pour contribuer à l'étude bactériologique de cette maladie, j'ai trouvé, réunis dans l'hôpital de Doubnitza, 13 cas d'une ressemblance frappante avec le typhus exanthématique par leur tableau clinique.

Dans presque tous les cas, après une période prodromique très courte, on observe un accroissement rapide de la température, un développement rapide de l'état typhique complet et, au troisième ou quatrième jour, l'apparition d'un exanthème très abondant sur le dos, la poitrine et les membres. Les symptômes du côté du système digestif sont rares; la température baisse vers le quatorzième ou le seizième jour, après quoi survient rapidement la convalescence.

Un soldat de la garnison, mort de cette maladie puis autopsié en présence de tous les médecins de la ville, a présenté les lésions caractéristiques de la fièvre typhoïde. Deux cas autopsiés plus tard, par le prosecleur de l'hôpital Alexandre, de Sofia, ont présenté, le premier: de la pharyngite, de la laryngite, de la trachéite et de la bronchite catharrale aiguë, de la trachéite diphtérique superficielle, de la dégénérescence des parenchymes cardiaque, hépatique et rénal, de la splénile aiguë; le deuxièn\e : de la dégénérescence parenchymateuse cardiaque, rénale et hépatique et de la splénite aiguë. Un quatrième cas, autopsié le 24 avril, aurait présenté les lésions de rénotyphus.

Je n'ai pu savoir s'il a été recherché des parasites dans les intestins.

Sur les 13 cas que j'ai vus à l'hôpital de Doubnitza, 12 ont fourni la réaction de Widal, positive, au 25'.

Dans cinq cas, j'ai pu examiner les matières fécales en vue d'y rechercher des parasites de l'intestin ou leurs œufs. Ces cinq cas examinés m'ont donné cinq cas positifs à savoir :

1' J. DiMiTRov, 12 ans, au quinzième jour de la maladie, température 38*; réaction de Widal positive ; a présenté des œufs de Trichocéphale en quantité très abondante, visibles déjà dès la première préparation.

2' J. Krstev, 60 ans, habitant une maison déjà infectée. Au sixième jour de la maladie, température 38* 8 ; réaction de Widal positive. Dès la première préparation, nombreux œufs de Tricliocéphalc et d'Ascaride; nombreux Ascarides constates dans les matières fécales^

3* G. Janeva, femme du précédent, 50 ans, sans température, réaction de Widal positive, nombreux œufs d'Ascaride et de Trichocéphale, visibles dès la première préparation.

4* N. C. Nedeltshov, 27 ans. Température 38' 5; réaction de Widal positive, nombreux œufs de Trichocéphale facilement constatés dès la première préparation.

3* .J. G. TsHORLEv, 22 ans, atteint depuis 13 jours. Température 38* 7; réaction de Widal positive ; présence de nombreux œufs d'Ascaride et de Trichocéphale.

Je ne sais si, dans ces cas, ii y a une relation de cause à effet, mais je m3 permets d'attirer l'attention sur les faits suivants :

D'après les observations de médecins de cette région, grâce aux conditions hygiéniques locales, les cas de parasites sont ici très fréquents. La fièvre typhoïde, de son côté, y règne d'une façon permanente, endémique.

Comme Tinfestation peut se faire directement par les eaux de boisson souillées ou les aliments végétaux, il est fort possible que, dans ce cas particulier, l'eau servant à l'alimentation de la ville de Doubnitza, que j'ai étudiée bactériologiquement, soit la cause de la fréquence de ces cas parasitaires.

En effet, cette eau provient de la rivière Bistritza, qui a sa source au Hilo, traverse le village de Bistritza dont toutes les ordures sont charriées dans la rivière même, et une partie du cours de cette rivière sert de route; elle est exposée sur tout son parcours à toutes sortes d'infections, telles qu'ordures déposées à 10 mètres de son bord, matières fécales, cadavres de toutes sortes d'animaux, etc.; sans aucune filtration, cette eau est amenée au moyen de tuyaux en grès à Doubnitza pour Talimentation de cette ville.

Pour que le tableau de la qualité de cette eau soit plus complet, j'ajouterai qu'elle renferme une moyenne d'environ 9.000 germes par centimètre cube, et que, par le procédé de Cambier, j'ai pu isoler un Bacille qui agglutine sous l'influence du sérum sanguin provenant des malades de Doubnitza, ayant fourni la réaction de Widal.

Il est donc hors de doute que l'étude des eaux d'alimentation, au point de vue du rapport de leurs germes parasitaires avec certaines épidémies de fièvre typhoïde, présente un intérêt tout particulier, et mérite d'attirer notre attention. — D' Doctorov, de V Institut antipesteux de Sofia (Bulgarie).

Archives de Parasilologie^ X, n» 1, lOOo.

La cysUcercose humaine à Madagascar. — Le D' Jourdran, Directeur de l'Ecole de médecine de Tananarive, m'adresse l'observation suivante, rédigée sous son contrôle par le D' Andrianjafy, chef de clinique à l'hôpital indigène :

(( Homme de 45 ans, originaire de Tananarive, décédé dans le service du professeur Jourdran. Cet individu était entré plusieurs fois à l'hôpital pour des troubles cérébraux qui avaient fait penser à de la syphilis cérébrale. Il était atteint de cécité presque absolue et d'une hémiplégie bizarre, accompagnée de symptômes d'épilepsie jacksonienne. Malgré un énergique traitement antisyphilitique, la maladie continua son évolution, jusqu'à ce que le malade fut enlevé par l'aggravation de ces symptômes.

« A l'autopsie, on ne trouve aucune lésion syphilitique, mais bien des Cysticerques. Les parasites siègent notamment dans le muscle grand dentelé, dans le muscle pectoral, ainsi que dans l'hémisphère gauche de l'encéphale : ils ont détruit en grande partie la circonvolution de Broca et le pied du sillon de Rolando. »

Quelques-uns de ces Cysticerques m'ont été envoyés; il s'agit du Cysticercus cellulosae, larve du Tœnia solium, ainsi que le D' Jourdran l'avait lui-même reconnu. Les crochets sont au nombre de 28; le plus grand est long de 188 a, le plus petit mesure 148 tx, dimensions un peu supérieures à celles généralement admises, mais ne sortant pas des limites des variations possibles. Ces Cysticerques ont pris place dans les collections de mon laboratoire (collection R. Blanchard, n" 867).

L'observation ci-dessus constitue le premier cas de cyslicercose humaine à Madagascar. — R. Bl.

Présence du Tœnia marginaia chez le Chien, en Rhodésie. — L.e D' A. Loin, ancien Directeur de l'Institut Pasteur de Tunis, a recueilli à Buluwaj'O, en décembre 1902, deux Ténias du Chien; il s'agit du Tœnm marginaia Balsch. Le rostre comprend 36 crochets, mesurant 167 p. pour les grands, et 111 w pour les petits. L'œuf est à peu près arrondi et mesure 30 ;/. Ces helminthes sont incorporés à la collection de mon laboratoire (collection R. Blanchard, n* 872). — R. Bl.

Le « type » en histoire naturelle. — La question du tijpe a pris en histoire naturelle, et spécialement en zoologie, une importance capitale. Le type, c'est, à proprement parler, l'objet d'après lequel a été faite la première description, celui d'après lequel ont été établis les caractères spécifiques; il devient ainsi une sorte d'étalon auquel doivent être comparés tous les objets similaires.

Oux-ci sont (le diverses catégories, parmi lesquelles il importe d'établir des distinctions : Hughes, Schuchert, CossmaniN et d'autres ont pousse fort loin ces distinctions et ont établi une terminologie très précise. Nous la reproduisons ici,na Jim tenexple vœu que les collaborateurs des Archites veuillent bien en faire désormais usage dans leurs descriptions.

Types primaires. — On appelle ainsi l'ensemble des spécimens ayant servi à Fauteur de l'espèce pour la diagnose ou les figures. Ils sont de trois sorles :

a, — Cotypes = tous les spécimens décrits ou figurés par l'auteur de l'espèce.

b, — Holotype = l'un des cotypes, choisi et indiqué par fauteur, r. — Paratype = tous les spécimens décrits, moins l'holotype.

Types supplémentaires ou Hypotypes. — On appelle ainsi les spécimens décrits ou figurés postérieurement à la diagnose originale pour compléter ou corriger celle-ci. Ils sont de trois sortes :

a. — Topotype = spécimen provenant de la même localité (et des mêmes couches géologiques) que le type.

6. — Métatype = spécimen provenant de la localité type, et, identifié par l'auteur lui-même.

c, — Plésiotype = spécimen provenant d'une localité quelconque, et identifié à l'occasion d'une nouvelle description ou figuration de l'espèce.

La lutte contre le paludisme. — J'ai donné ailleurs (1) des indications sur la Limite corse œntre le paludisme. Le D' F. Battesti, de Bastia, fondateur de cette ligue, m'a envoyé récemment divers documents, entre autres une

LIGIË CORSE

contre le Paludisme

SIfeCB A BASTiA

La Ligue a l'honneur d'informer !e public qu'eUe a obtenu pour sea adb«renia une trèa grande réduction de prix but la vente de la Quinine. Tout adhérent peut ae procurer un Caoon de Sulfate de Quinine de 30 gramme a (600 graine) garanti pur. pour la modique aomme de 3 fr. 50. Pour être adhérent il Bumt d'acheter une carte apéciale qui coûte Un franc ; oea oartea aont venduea aux guicheta dea garea du chesnin de fer ; pour l'arrondiaaement de 8ar> tene a'adreaaer à M. Bouchard, ancien Maire do Sartene.

En remettant cette carte à n'importe quel pharmacien, celui-ci délivre un flacon de Quinine au prix aua incUqué. La Ligue engage vivement lea pereonnée qui doivent habiter ou traveraer d^s Icoalitéa paluatrea à faire uaaae de Quinine conformément aux indicatlona contenuee dana une notice délivrée gratuitement avec la Carte : ellea aeront ainsi presque sûres d'éviter la fièvre paludéenne avec une dépenae insignifiante.

N. Bi — On peut ausai se procurer des Cartes d'adhérent â Bastia en a'adreaaant à M. le docteur THIEM. boulevard du Palais. 7. ou à M. le docteur BAT- TESTI, place Saint^Nicclae. 13. mais alors il faut envoyer 1 fr. 15 à oauae dea frais de poste.

I «1 UbMin» 0<!v>t«

aflichc qui est placardée abondamment en Corse et dont je crois utile de donner un fac similc. — R. Bl.

(1) R. Blanchard, Les M(miitiques ; histoire naturelle et médicale. Paris. F. R. (le Rudfival, grand in-8« de XÏIl G73 p. avoc 316 fig.; cf. p. 593.

Médecins de colonisation en Afrique occidentale française. — Le Gouverneur général de l'Afrique occidentale française, commandeur de la Légion d'honneur.

Vu le décret du 18 octobre 190i, portant réorganisation du Gouvernement général de l'Afrique occidentale française;

Vu le décret du 14 avril 1904, relatif à la protection de la santé publique en Afrique occidentale française;

Vu les décrets des 3 juillet 1897 et 6 juillet 1904 sur les concessions des passages et indemnités de route et de séjour;

Arrête :

Article premier. — Il est créé en Afrique occidentale française un service d'Assistance médicale indigène, dont le but est de procurer gratuitement aux populations indigènes des soins médicaux et des conseils d'hygiène générale.

Art. 2. — Le service de l'Assistance médicale indigène est assuré par des médecins des troupes coloniales hors cadres ou des médecins civils recrutés en France par engagement individuel.

Les médecins civils doivent être Français ou naturalisés Français et munis du diplôme français de docteur en médecine. Ils doivent, en outre, être pourvus du brevet spécial délivré par les Instituts de médecine coloniale, tels que ceux de Paris, Bordeaux, Marseille, ou présenter des garanties équivalentes.

Avant d'entrer en fonctions, ces médecins pourront être attachés à l'hôpital principal de la colonie où ils sont appelés à servir, ou dans un hôpital d'une autre colonie, pour y accomplir un stage de trois mois*

Art. 3. — Les médecins civils de l'Assistance médicale indigène sont engagés pour une durée de cinq années, divisées en deux périodes de deux ans, suivies chacune d'un congé de six mois.

L'ensemble des congés de toute nature afférents à l'engagement de cinq ans ne pourra excéder une année.

Art. 4. —- Les médecins de l'Assistance médicale indigène reçoivent une solde annuelle de 10.000 fr., ils ont droit, en outre, mais seulement pendant le temps de leur présence en service en Afrique occidentale française, à une allocation annuelle de 2.000 fr. leur tenant lieu de toute indemnité de déplacement, de cherté de vivres ou autres.

Les moyens de transport pour leur service en Afrique occidentale française leur sont fournis en nature.

Ar. i). — Au point de vue des passages par mer, ils sont assimilés aux fonctionnaires de deuxième catégorie et sont régis par les mêmes règlements que ceux-ci.

Art. 6. — Les médecins civils de rAssislance médicale indigène ne sont nommes qu'après avoir signé le contrat d'engagement qui leur est soumis par l'Administration.

Dans le cas où, pour des raisons personnelles, un médecin résilie son engagement, il supporte les frais de son rapatriement.

Arl. 7. — Les médecins de rAssîstancc médicale indigène ont droit au logement, suivant les ressources de la résidence qui leur est attribuée. Art. 8. — Us sont placés sous les ordres directs de l'administrateur du cercle et correspondent, par son intermédiaire, avec le chef du service de santé de chaque colonie.

Art. 9. — Dans chaque ville indigène ou chef-lieu du cercle où est créé un poste de l'Assistance médicale indigène, une infirmerie ou un dispensaire peut être ouvert, dont la gestion appartiendra au médecin, sous le contrôle de l'administrateur commandant le cercle. Art. 10. — Des arrêtés des lieutements-gouverneurs régleront : L'exécution du service:

L'affectation des locaux;

L'approvisionnement en matériel et médicaments ; L'administration intérieure des infirmeries et dispensaires; L'organisation des séances de consultations gratuites, de vaccinations et des tournées d'hygiène.

Art. 11. ~ Les articles 2, 3, 4, 5, 6 du présent arrêté sont applicables aux médecins chargés des services municipaux d'hygiène et de la vaccination.

Art. 12. — Les lieutenants-gouverneurs des colonies sont chargés d'assurer l'exécution du présent arrêté, qui sera enregistré, inséré et communiqué partout où besoin sera.

Corée, le 8 février 1905. E. Roume.

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