‹ Archives de parasitologie (volume 4)Chapitre 3 sur 169 · II. ~ ÉTUDE BIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

II. ~ ÉTUDE BIOLOGIQUE

L'étude de la biologie des Champignons qui font l'objet de ce mémoire m'a retenu assez longtemps, à cause de son importance. J'ai d'abord recherché quelle était la température la plus favorable au développement de chaque espèce, non pas que j'aie eu l'intention de déterminer l'optimum de température à un degré près; je voulais seulement voir si cet optimum était voisin de la température normale du Lapin et du Cobaye, animaux sur lesquels j'ai pratiqué les inoculations. Pour cela, j'ai ensemencé des spores provenant de cultures récemment et abondamment sporulées sur un bouillon artificiel qui convient bien à ces Champignons. J'expliquerai plus tard pourquoi j'ai abandonné l'usage du bouillon de bœuf, qui m'avait donné, au début, des résultats si satisfaisants en apparence. Ce bouillon artificiel se compose de lOO^*^ d'eau, 1 gr. de peptone sèche et 3 gr. de glycérine.

Les ensemencements sont faits à la surface du liquide, dans des matras à fond plat, de môme forme et de même contenance, pour

(1) Saccardo, Sylloge Fungorum, IV, p. 65.

(2) Rènon, Études SUT VaspergiUose chez les animau<jc et chez l'Homme. Paris,

que les dimensions des cultures soient les mêmes. Je mets dans chaque matras oO^^*' de milieu nutritif, et je stérilise à l'autoclave à 115® pendant un quart d'heure. Les ensemencements étant faits, les cultures de chaque Champignon sont mises à l'étuveà une température déterminée, puis pesées après un certain temps, ce temps étant toujours le môme pour chaque espèce cryptogamique et pour chaque série d'expériences. Ensuite, j'effectue les pesées de la façon suivante : chaque culture est filtrée et lavée à l'eau distillée sur un filtre, préalablement séché à l'étuve à 100«et taré au dixièmede milligramme, puis placée à l'étuve à lOO^ et pesée de nouveau. Je croîs qu'il est très important, pour obtenir des résultats comparables, de dessécher les filtres et les cultures avec le plus grand soin, car, lorsqu'il s'agit d'apprécier des différences de quelques milligrammes ou même moindres, on voit combien la présence d'une petite quantité d'eau, si minime soit-elle, peut être une cause d'erreur.

Il faut aussi prendre plusieurs matras pour une même expérience ; de cette façon, en établissant la moyenne d'après un plus grand nombre de matras, on atténue les erreurs inhérentes à ces sortes d'expériences, erreurs qu'il est impossible d'éviter et qui viennent de ce qu'on.mesuredifficilement la quantité de spores ensemencées, ensuite de ce que toutes les spores, ou une partie d'entre elles, peuvent tomber au fond du liquide et par conséquent germer moins vite que celles qui surnagent. La série de cultures qui donne le poids de culture le plus élevé répond vraisemblablement à la température optimum.

L'étude des milieux nutritifs les plus favorables au développement des Champignons intéresse au plus haut point l'expérimentateur, car elle permet de composer un milieu tel qu'il est possible d'obtenir en un temps très court une culture abondamment sporulée et végétant dans les meilleures conditions. J'ai d'abord utilisé les milieux les plus usuels, tels que bouillon de bœuf, lait, pomme de terre, carotte, chou, etc.; puis j'ai additionné le bouillon de saccharose, glycose, acide tartrique, soude, etc. Puis, il faut déterminer quelle quantité de ces différentes substances il faut employer pour obtenir une végétation très abondante. Pour celte dernière étude, j'ai évité de me servir du bouillon de bœuf, préférant un bouillon artificiel à base de peptone et voici pourquoi : au début de mes expériences, je me servais de bouillon de bœuf. Or, ayant

répété par hasard la même expérience, pour le même Champignon, expérience qui consistait en la recherche du poids de culture sur bouillon additionné de saccharose à raison de 3 gr. pour 100, après un temps déterminé, les résultats furent très comparables pour les trois matras employés dans chaque série, mais entre les deux séries la différence des poids de culture était tellement considérable (1 gr.) que je renonçai immédiatement à l'usage de ce bouillon qui, quoique préparé toujours de la même façon, présente forcément une composition chimique variable. Toutefois, si l'on veut obtenir seulement une culture très abondante, il faut employer le bouillon de bœuf; au contraire, si Ton veut effectuer des pesées, il faut employer le bouillon artificiel à base de peptone qui, s'il donne des cultures de poids moins considérables, fournit certainement des résultats plus comparables entre eux.

Voici la formule de ce bouillon: eau 1000 gr. ; peptone 10 gr. ; chlorure de sodium 2 gr. 50.

On y ajoute une quantité déterminée de la substance nutritive à expérimenter, puis on stérilise le liquide obtenu comme le bouillon de bœuf.

J'ai cherché ensuite à mettre en évidence la valeur nutritive de certains aliments, en opérant par la méthode des pesées comme pour l'étude de la température optima, en employant le bouillon artificiel à base de peptone d'abord pur et neutralisé, puis additionné de soude, d'acide tartrique, de glycérine, de glycose, de saccharose, de maltose et de lactose. Je me suis servi aussi du lait sur lequel les différentes espèces végètent très bien. Quant au liquide de Raulin, il ne m'a donné que des résultats très médiocres, sauf pour ïAspergillus niger.

Les Champignons qui consomment des aliments si variés doivent produire des diastases capables de les transformer pour les rendre assimilables. J'avais songé à démontrer la présence de quelques-unes de ces diastases et à mesurer leur activité, d'après la quantité d'aliment transformée pendant un temps déterminé; j'ai dû me borner à étudier la production de sucrase et de caséase par quelques espèces, réservant l'étude d'autres diastases pour un travail ultérieur.

Sucrase, — Il est facile de prouver qu'unChampignon consomme delà saccharose, et de déterminer, dans le milieu nutritif, la quantité de sucre disparue au bout d'un certain temps, ce qui revient à

mesurer grossièrement l'activité de la diastase. Je fais usage d'uiie solution stérilisée composée de : eau 1000 gr. ; peptone 10 gr. , sucre candi 30 gr. J'ensemence les spores du Champignon à la surface de matras de même forme, placés pendant un même temps à l'optimum de température pour chaque espèce cryptogamique, chaque matras contenant exactement cinquante centimètres cubes de solution mesurés au matras jaugé. 11 faut avoir soin de conserver un matras témoin pour doser exactement la quantité de sucre candi contenue dans le liquide. Le moyen le plus simple pour faire ce dosage est d'intervertir d'abord le sucre candi dans la liqueur, en la faisant bouillir pendant dix minutes, après addition d'un centimètre cube d'acide chlorhydrique ; on laisse refroidir, puis on ajoute de l'eau distillée pour remplacer l'eau perdue par évaporation et on dose le sucre interverti avec la liqueur de Fehling. On répète la même opération sur le liquide de culture; après un temps voulu, la quantité de sucre contenue dans le matras témoin et dans celui de l'expérience donne la quantité de sucre consommée par le Champignon.

Caséase. — Il faut d'abord se rendre compte si le mycélium se développe sur le lait. Je prends donc du lait de Vache écrémé à la centrifugeuse, j'en mets ^^^ dans des matras à fond plat, que je stérilise à llo® pendant une demi-heure; j'ensemence ensuite les Champignons et je place les matras dans l'étuve, à la température optima pour chaque espèce.

Je note ensuite jour par jour les caractères de la culture et du liquide, pour constater s'il se produit un coagulum indiquant la présence de présure et si ensuite le coagulum se liquéfie par suite de l'existence de caséase. Pour mesurer l'activité de la diastase sécrétée, je prends une série de matras contenant 2o<^<î de lait écrémé stérilisé; j'y ajoute la môme quantité de liquide de culture, stérilisé par filtration à la bougie Berkefeld et je porte le tout à l'étuve à 40^. J'ai préalablement dosé la caséine contenue dans 25<^<5 de lait, en la précipitant par addition de 5<^c d'acide trichloroacétique. Je filtre sur un filtre taré ; le précipité est ensuite desséché à lOOo pendant douze heures, puis pesé au dixième de milligramme : c'est le matras témoin. J'arrête les expériences à différents intervalles et je répèle la même opération que pour le témoii), La différence entre le poids de la caséine restante et le

poids de la caséine du niatras témoïn donne le poids delà caséiDC disparue. La comparaison des nombres donnés par les différents malras d'une même .expérience renseigne sur la plus ou moins grande activité de la diastase sécrétée. Cette technique est celle dont se sont servi Bodin et Leaormand pour l'étude de la caséase produite par un Streplotkrir.

Mes observations ont porté sur les espèces suivantes, appartenant toutes les cinq aux genres Mueor, Rkizopus, Rhisomueor et AspergiUm. Ce sont :

Hucor racemosus, M. corymbifer, Rhizopus equinus tar. «, Rhizomueor parasitkm, Aspcrgillus fumigatus.

Genre Mucor.

MuCOn RACEUOSUS

Le Mucor racemosus pousse très bien sur les milieux solides, tels que tranches de pomme de terre, de chou, de carotte, sur moût

rig. 11. — Mucor Toeeniosttt, — Formes oiitienncs, myc<>lluin âgé do six Jours complMomcDt Immerge dans le liquide de RauliD.

de bière et bouillon de bœuf gélose ; en revanche, il pousse mal sur tes milieux liquides, car les spores tombent rapidement au fond du récipient et, en germant, donnent d'abord des formes oïdiennes (lig. 11). Ce n'est qu'au bout. d'un certain temps que le mycélium

peut atteindre la surface du liquide et encore reste-t-il très chétif . Au centre de la culture, les hyphes sporangifères sont très courtes; cependant, à la périphérie, on voit quelques filaments plus élevés grimper le long de la paroi du matras et se terminer par une grappe de sporanges étalée à la surface du verre. Sur les milieux solides, à Tétuve à 2o«, on voit après vingt-quatre heures, un léger duvet formé de filaments blancs enchevêtrés,* le long de la strie d'ensemencement; les jours suivants, on voit ce duvet s'étendre en gazon à la surface du substratum. Vers le troisième jour, commencent déjà à apparaître les hyphes sporangifères, qui sont d'abord de couleur blanche et atteignent leur complet développement vers le sixième jour; elles prennent alors une teinte gris clair. A partir de ce moment, le Champignon commence à vieillir : les filaments mycéliens et les hyphes sporangifères ont une couleur ocreuse et finalement s'affaissent sur le substratum.

Recherche de loptimum de température, — Le Champignon est ensemencé dans quatre matras à fond plat, contenant chacun SO^^ de bouillon artificiel composé de : eau 100^« ; peptone sèche 1 gr. ; glycérine 3 gr.

Les poids des cultures, desséchées à lOO^», après huit jours de végétation sont les suivants :

à 40o Ogr. 0000

à 370 Ogr. 0337

à 250 Ogr. 1120

à la température du laboratoire variant entre :

10«etl5û Ogr. 0450

Il est donc évident que la température la plus favorable au développement du Mucor racemosus est 23° environ; ces chiffres montrent en outre que le poids de la culture donnée par le Champignon est moindre au dessus de 25» qu'au dessous, ce qui permet de prévoir immédiatement que cette espèce cryptogamique ne trouvera pas, chez les animaux dont la température est voisine de 37®, un milieu favorable à sa végétation.

Affinités nutritives du Mucor racemosus.

Les nombres contenus dans le tableau suivant indiquent le poids moyen des cultures obtenues après quinze jours de végétation, ces cultures ayant été ensuite lavées, puis pesées après dessication à 100®.

Moyennes de trois expériences

MILIEUX

Poids de récolle

Peptone 1 gr. •/.

Soude pour neutraliser

0 gr. 0488

Peptone Glycérine

0 gr. 1348

Peptone Glycose

0 gr. 1902

Peptone Saccharose

0 gr. 1894

Peptone Acide tartrique

0 gr. 0481

Peptone Acide tartrique

0 gr. 0520

Peptone Acide tartrique

0 gr. 0568

Peptone Acide tartrique

0 gr. 0515

On peut voir, d'après ce tableau, que les hydrates de carbone sont les aliments de choix pour ce Champignon, puisque ce sont la saccharose, et surtout la glycose, qui donnent les poids de culture les plus élevés. Le bouillon à base de peptone, additionné d'acide tartrique, est aussi favorable à la végétation, à condition qu'on n'exagère pas la dose d'acide ; c'est en effet avec 0 gr. 10 pour cent d'acide tartrique qu'on obtient le poids le plus élevé.

Sucrase. — Le Mucor racemosus, consommant la saccharose, produit évidemment de la sucrase pour l'intervertir et la rendre assimilable. Cette assimilation de la saccharose est même assez rapide, comme le prouve l'expérience suivante : le Champignon est ensemencé sur un milieu contenant :

Peptone sèche 1 gr. pour cent.

Sucre candi 3 gr. 02 pour cent.

La saccharose étant dosée en sucre interverti, au bout de quinze jours de végétation à 2o", on ne trouve aucune trace de sucre réducteur dans le liquide de culture, après avoir soumis ce liquide à rébuUition avec l'acide chlorhydrique, pour intervertir le sucre qui pourrait se trouver dans le liquide.

Caséase, — Il faut d*ab6rd exaniJDer les caractères des cultures sur lait. Le Champignon est ensemencé sur lait de Vache écrémé à la centrifugeuse et placé à Tétuve à 2o<*; les deux premiers jours, on voit des filaments blancs nager à la surface du liquide ; le troisième jour, les filaments s*enchevêtrent et deviennent plus élevés, surtout au voisinage des parois du matras ; pendant ce temps, le mycélium croît surtout immergé dans le liquide, cependant quelques têtes sporifères commencent à apparaître au sommet des filaments qui sont à la surface ; à partir du cinquième jour le mycélium devientde plus en plus abondant et le lait se coagule : le Champignon produitdonc de la présure. J*ai poussé l'observation jusqu'au huitième jour, époque à laquelle le Champignon était complètement sporulé et le coagulum en partie liquéfié: le Mucor racemosus produit donc de la caséase.

Afin de mettre en évidence l'existence de cette diastase, j'ai fait Texpérience suivante: on filtre le liquide d'une culture âgée de vingt-quatre jours, ensemencée, sur un milieu composé de :

Eau 100 gr.

Peptone 1 gr,

Glycose 3 gr.

On met 25^^ de ce liquide dans un certain nombre de matras, contenant 25«<^ de lait écrémé, que Ton place à l'étuve à W ; la caséine est dosée dans un matras témoin, puis l'expérience est arrêtée successivement dans les di/Iérents matras, après un temps plus ou moins long, et la quantité de caséine disparue est recherchée comme il a été dit plus haut. Le tableau suivant donne les résultats obtenus.

Le témoin contient 4 gr. 4i)36 de caséine pour 100.

Caséine restant Caséine disparue après 14 h. 4 gr. 2920 0 gr. 1616

- 17 h. 4 gr. 1321 0 gr. 3215

- 23 h. 1,2 3 gr. 9290 0 gr. 5246

- 35 h. 12 3 gr. 8264 0 gr. 6272

- 53 h. 50' 3 gr. 3684 1 ^v. 0852

On voit que la diastase sécrétée est peu active, quand on la compare à celle du Streptothria^ étudié par Bodin et Lenormand (1 ).

(1) E. Bodin et C. Lenormand, Sur la production de caséaso par un Streptothrix parasite. Annales de l'Institut Pàstevr, 1îK)l.

MUGOR GORYMBIFER

Le Mucor racemostts étant une espèce non pathogène, j*ai tenu à répéter quelques-unes des expériences précédentes avec le Mucor corymbifer, qui est très pathogène.

Recherche de r optimum de température. — Le Champignon est ensemencé sur bouillon artificiel, à base de peptone et de glycérine, dans les mêmes proportions que précédemment. Le poids des cultures desséchées après huit jours est le suivant :

à 40° . 0 gr. 2283

à 370 0 gr. 3155

à 250 0 gr. 1985

à la température du laboratoire variant

entre 10" et 15o , 0 gr. 0000

On voit donc que Toptimum de température est de 370 ; cependant on peut remarquer que le poids des cultures est beaucoup plus considérable qu'avec le Mucor racemosus. Cela tient à ce que les spores du Mucor corymbifer ont moins de tendance à tomber dans le fond du liquide, par conséquent la partie aérienne du Champignon se développe plus rapidement et plus abondamment.

Les cultures sur milieu acide, desséchées et pesées après douze jours, ont donné les poids suivants :

Moyenne de trois expériences

MILIEUX

POIDS DE RÉCOLTE

Peptone 1 gr. p. 100

Ac. tartrique . . 0.05

0 gr. 1358

Peptone 1

Ac. tartrique . . 0.10

0 gr. 1534

Peptone 1

Ac. tartrique . . 0.20

0 gr. 1482

Ces cultures ont été, naturellement, obtenues à 37», température optima du Champignon. Les nombres obtenus prouvent que, comme pour le Mucor racemjosus, c'est le liquide contenant Ogr. 10 p. 100 d'acide tartrique qui est le plus favorable au développement.

Sucrase. — Dans le liquide dune culture ensemencée sur le même bouillon que le Mucor racemosus, on ne trouve plus de sucre au bout de quinze jours. Le Champignon secrète donc de la sucrase.

Caséase, — Les cultures à 37®, sur lait écrémé, présentent les deux premiers jours quelques filaments blancs nap^eant à la surface du liquide; le troisième jour, les filaments se développent surtout au milieu du liquide, quelques-uns seulement commencent à s'élever; le quatrijème jour, le lait est en partie coagulé; le cinquième, le coagulum forme une masse remplissant tout le fond du matras: à sa surface, le Champignon à l'aspect d'un duvet blanc très serré; la liquéfaction du coagulum commence alors et elle est complète au huitième jour.

Le Champignon sécrète donc de la présure et de la caséase : dans un matras témoin, contenant 4 gr. 7996 de caséine p. 100, en répétant la même expérience que pour le Mucor racemosus, on a :

Caséine restant Caséine disparue après 2 h. 3o 4 gr. G452 0 gr. 1544

— 8 h. 25 4 gr. 1464 0 gr. 5632

En comparant les chiffres précédents avec ceux du Mucor racemostis, on voit que la diasta'se sécrétée par le Mucor corymbifer est beaucoup plus active.

Genre Rhizopus

Rmzopus EQUiNL's var. «.

J'ai déjà indiqué plus haut, en étudiant la morphologie de ce Champignon, les principaux caractères qui le différencient du Rhizopus equinus typique de Costantin et Lucet ; au point de vue de la rapidité avec laquelle se développe ce Champignon, on peut dire qu'il arrive à maturité dans un temps moitié moindre que le Rhizopus equimis; seulement, tandis que les filaments sporifères de celui-ci forment un duvet assez épais, ceux de la variété a s'affaissent à la surface du suhstralum et prennent une teinte plus grise.

Recherche de r optimum de température. — - Les poids des cultures obtenues sur liquide peptonisé et glycérine, après huit jours de végétation sont les suivants :

k 40« Ogr. 3454

à 37" Ogr. 3760

à 25" Ogr. 3184

à la température du laboratoire variant entre :

lO^etioo Ogr. 0000

L'optimum de température est doncS?», mais les chiffres montrent que les températures les plus élevées sont les plus favorables : ce résultat peut faire prévoir que l'espèce est pathogène.

Affinités nutritives du Rhizopus equinus rar, «. — Le tableau suivant donne les poids des cultures obtenues à 37°, après huit jours de végétation sur bouillon de bœuf salé et peptonisé, additionné de diverses substances.

Moyennes de trois expériences.

Bouillon neutre 0 gr. 2932

Bouillon -f soude 0 gr. 03 p. 100 0 gr. 2167

Bouillon + acide lartrique 0 gr. 03 p. 100 0 gr. 2949

Bouillon + glycérine 3 gr. p. 100 1 gr. 3513

Bouillon + glycosc 3 gr. p. 100 0 gr. ;)2,-)7

Bouillon -h saccharose 3 gr. p. 100 0 gr. 5911

Les milieux contenant de la glycérine ou des hydrates de carbone sont donc les plus favorables; quant aux milieux neutres, alcalins ou acides, ils donnent des cultures de poids très voisins, cependant le milieu acide paraît le meilleur et, comme pour le Mncor racemosus, c'est avec 0 gr. 10 p. 100 d'acide tartrique qu'on obtient la culture la plus abondante. Le tableau suivant donne les poids des cultures sur bouillon additionné de 0 gr. 50 seulement de peptone et d'une petite quantité d'acide tartrique.

Moyennes de trois expériences :

Bouillon -f acide tartrique 0 gr. 05 p. 100 0 gr. 1677 Bouillon + acide tartrique 0 gr. 10 p. 100 0 gr. 2700 Bouillon + acide tartrique 0 gr. 20 p. 100 0 gr. 1474

Sucrasc. — Le Champignon consomme le sucre candi, mais la diastase sécrétée est peu active : en effet, si dans un bouillon de peptone contenant 59 gr. 63 p. 100 de saccharose, on ensemence des spores, elles donnent une culture abondante; cependant, après quatorze jours, on trouve 2 gr. 70 p. 100 et après vingt-deux jours 2 gr. 20 p. 100 de sucre dans le liquide.

Caséase. — Le Champignon pousse bien sur lait de Vache écrémé ; au bout de. huit jours on obtient une culture qui pèse 0 gr. 3193 après dessication. Le premier jour, on voit seulement quelques filaments blancs à la surface du liquide, les deux jours qui suivent on trouve au contraire un duvet court et serré et un caillot com-

Àrchives de Parasilologie, X, n" 1, 1905. 3

mence à se former dans le liquide ; le quatrième jour, la culture est abondamment sporulée et le coagulum qui avait rempli tout le fond du matras commence à se liquéfier dans sa partie supérieure, la liquéfaction est complète au huitième jour, le Champignon secrète donc de la présure et de la caséase.

Pour un matras témoin, contenant 4 gr. 4536 p. 100 de caséine, le tableau suivant donne la quantité de caséine disparue pendant une expérience qui a duré un peu plus de vingt-six heures.

Casc4ne restant Caséine disparue

après 3 h. 3 4 3 f^r. 9632 0 gr. 4884

- 7 II. 25' 3 gr. 4096 1 gr. 0440

- 8 h. 50' 3 gr. 3140 1 gr. 1396

- 24 h. 3 gr. 2700 1 gr. 1^30

- 26 h. 40' 2 gr. 0440 2 gr. 4096

En comparant ces nombres avec ceux du Mucor racemoaus, on voit que la diastase sécrétée par le Rhizopus equinus aesi beaucoup plus active.

Genre Rhizoxnucor

RhIZOMUCOR PARASITICUS

Le Rhizomucor parasitictis pousse bien sur tous les milieux solides dont on se sert ordinairement: tranches de pommes de terre, de carotte etc., sur les milieux liquides solidifiés par la gélose; sur les milieux liquides et les bouillons il se développe, mais néanmoins donne des cultures assez abondantes; sur le liquide de Rau lin, le Champignon végète moins facilement. Le mycélium a Taspect d'un gazon très court et très serré, d'abord gris clair,qui brunit ensuite et prend une teinte café au lait lorsqu'il est arrivé à maturité.

Recherche de V optimum de température, — Des cultures ensemencées sur bouillon de peplone glycérine, pesées après huit jours, donnent les résultats suivants :

à 40« 0 gr. 6308

à 370 0 gr. 6084

à 25« 0 gr. 0400

à la température du laboratoire variant entre

10« et 15« 0 gr. 00(M)

on voit que l'optimum est 37", mais le Champignon donne encore des cultures abondantes à 40", tandis qu'à 25", le poids des cultures

MYCOSES INTERNES ET LEURS PARASITES 3o

est extrêmement réduit; on peut en déduire que le Champignon est essentiellement parasite et accoutumé depuis longtemps à la vie parasitaire ou bien qu'il est originaire des pays chauds.

A/jînités nutritives du Rhizomueor parasiticus. — Le tableau cidessous donne les poids de cultures âgées de huit jours obtenues à 370 et pesées après dessication, le milieu nutritif étant à base de bouillon de bœuf salé et peptonisé.

Moyennes de trois expériences

MILIEUX POIDS DE RÉCOLTE

Bouillon neutralisé 0 gr. 1405

Bouillon + soude 0 gr. 03 p. 100 0 gr. 0989

Bouillon + acide lartrique 0 gr. 03 p. 100 0 gr. 1919

Bouillon + glycérine 3 gr. 00 p. 100 0 gr. 2991

Bouillon -f glycose 3 gr. 00 p. 100 0 gr. 881)1

Bouillon + saccharose 3 gr. 00 p. 100 0 gr. 7538

On voit que, pour ce Champignon comme pour les précédents, ce sont les sucres et la glycérine qui sont le plus favorables au développement. J'ai répété, par hasard, l'expérience sur la consommation de la saccharose mais avec un bouillon fait avec la viande d'un autre animal ; voici les résultats obtenus :

Moyenne de trois expériences

MILIEUX POIDS DE RÉCOLTE

Bouillon -f sacciiarosc 3 gr. p. 100 1 gr. 7489

on voit donc qu'il y a 1 gr. de différence avec l'expérience précédente ; j'en conclus que, pour une môme série d'expériences sur un (Champignon, il faut toujours opérer avec le même bouillon, ou ce qui est préférable avec un bouillon artificiel à base de peptone, ce que j'ai fait depuis; ce dernier mode de procéder est obligatoire, si l'on veut avoir des résultats comparables, dans une longue série d'expériences, pour un même Champignon.

On remarquera, d'après lesnombresquisuivent, que les milieux légèrement acides, surtout l'acide tartriqueà 0 gr. 10 p. 100 favorisent le développement du. mycélium.

Moyennes de trois expériences Cultures sur bouillon de bœuf peptonisé âgées de huit jours

MILIEUX POIDS DE RÉCOLTE

Bouillon -h acide tartrique 0 gr. 05 p. 100 0 gr. G027 Bouillon -h acide tartrique 0 gr. 10 p. 100 0 gr. 91 GO Bouillon -h acide tartrique 0 gr. 20 p. 100 0 gr. 8102

p. SAVOrRE

Parmi les matières sucrées, la ^lycose et le maltose donnent les cultures les plus abondantes, le tableau suivant résume les expériences que j'ai faites à ce sujet :

Page 1