‹ Archives de parasitologie (volume 4)Chapitre 7 sur 169 · IV. — ÉTUDE DES LÉSIONS ANAT0H0-PATH0L06IQUES · texte numérisé non relu

IV. — ÉTUDE DES LÉSIONS ANAT0H0-PATH0L06IQUES

Si l'on observe macrosco[)i(|ueinent les organes atteints, on constate que la lésion est toujours formée de tubercules, quel que soit le Champignon inoculé. Je me contenterai de donner ici une description rapide des lésions macroscopiques, devant donner dans un chapitre suivant une relation complète des autopsies que j'ai faites, avec tous les détails concernant les lésions observées.

L'aspect des tubercules est variable suivant l'espèce cryptogamique inoculée. Les ditTérences j)ortent surtout sur la saillie plus ou moins grande que font ces tubercules à la surface de l'organe et aussi sur la façon dont ils se comportent au milieu du pareil-

chyme. En effet, avec quelques espèces, on peut voir le tubercule se prolonger de la surface vers le centre en une longue traînée ou bien au contraire rester en surface, sous forme d'un seul point blanchâtre, tandis qu*on constate la présence d'autres tubercules identiques plus ou moins nombreux, isolés au milieu de la substance de l'organe. La couleur de ces tubercules est grisAtre ou blanc jaunâtre, tranchant bien sur la couleur des tissus restés sains. J'étudierai les organes d'après l'ordre suivant : d'abord le rein, puis le foie, la rate, etc., c'est-à-dire en commençant par ceux qui ont, en général, le plus à souffrir de la présence du Champignon.

Dans le rein, avec le iffucarcorj/mfti/cr, les tubercules sont blancs, non saillants à la surface de l'organe, mais ils pénètrent en forme de coin dans la substance corticale. Avec le Mucor Begnieri, au contraire, ils ne pénètrent pas dans le parenchyme; cependant on peut en trouver quelques uns isolés au milieu de la substance corticale et même dans la substance médullaire. Quant au Mucor Truchm. les lésions qu'il provoque ressemblent au premier abord à celles du Mucor Hegnieri, mais si l'on coupe le rein longitudinalement, on les voit se prolonger en traînées vers le centre, comme celles du Mucor corymbifer.

Avec les Rhizopus, les lésions rénales sont peu nombreuses, en général,àla surface de l'organe, surtout aprcs les inoculations intrapéritonéales ou sous-cutanées. On remarque seulement la présence de quelques tubercules blancs, aplatis et isolés, se prolongeant à l'intérieur des tissus; ce qui paraît surtout atteint est le centre de l'organe, qui semble transformé en un amas de tubercules confluents.

Quant au rein des aninaux morts après inoculation de spores de Hhaomucor parasiticus, il est surtout congeslionné et augmenté de volume : j'en ai vu un qui pesait près de trente grammes ; à la surface, on aperçoit un assez grand nombre de tubercules miliaires, confluents en certains points, entre lesquels apparaissent des zones de congestion.

Avec les Aspergillns, les tubercules sont plus petits, bien délimités et rarement confluents.

Après le rein, c'est le foie qui est le plus atteint par ces sortes de mycoses: les lésions se présentent sous la forme de tubercules plus ou moins volumineux, groupés par lots, entre lesquels le paren-

chyme hépatique paraît intact. A la coupe, on constate la présence de lésions identiques dans la profondeur de l'organe. Cependant, avec les Rhizopus, les lésions hépatiques affectent souvent la forme de longues traînées assez larges, rubanées, de couleur jaune, rappelant l'aspect du foie cancéreux ; ak>rs les tissus de l'organe sont très friables et se déchirent facilement. Dans tous les cas, l'organe, très congestionné, est toujours augmenté de volume et les lésions sont toujours prédominantes dans la partie postérieure.

La rate est toujours fortement augmentée, quelquefois même doublée de volume et très congestionnée; le parenchyme de couleur lie de vin présente à sa surface de nombreux tubercules arrondis, rarement confluents.

Le poumon paraît normal macroscopiquement ; la congestion d'un des poumons, qui se rencontre quelquefois, parait due au décubitus de l'animal pendant l'agonie et après la mort.

Après les inoculations de spores de Champignons appartenant au genre Rhizopus, sous la peau de l'abdomen et sous la peau de la cuisse, les ganglions inguinaux et les ganglions mésentériques se trouvent congestionnés et augmentés de volume; ils forment une masse dure qu'on isole facilement des organes voisins.

Les lésions péritonéales se manifestent par la présence d'une petite quantité de liquide et de quelques tubercules peu nombreux disséminés sur la séreuse. Cette séreuse est fréquemment congestionnée et marbrée de plaques rouges; dans certains cas même, on peut voir des adhérences s'établir au moyen de fausses membranes entre les viscères et le feuillet pariétal de la séreuse.

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