‹ Archives de parasitologie (volume 4)Chapitre 8 sur 169 · V. — ÉTUDE MICROSCOPIQUE DES LÉSIONS · texte numérisé non relu

V. — ÉTUDE MICROSCOPIQUE DES LÉSIONS

Si l'on examine au microscope des coupes pratiquées dans les organes malades, on constate que, au point de vue histologique, il n'existe que des différences d'ordre tout à fait secondaire entre les lésions produites par les différentes espèces de Champignons inoculés. Cette ressemblance des lésions tient à ce qu'on ne rencontre jamais d'organes reproducteurs du Champignon dans les organes examinés au microscope; le Cryptogame se présente toujours sous la forme de filaments plus ou moins enchevêtrés et de diamètre variable suivant les espèces, mais ne portant jamais de têtes fructifères.

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J'étudierai d'abord le rein, parce que c'est l'organe qui est toujours atteint le premier et de la façon la plus intense. Sur des coupes faites suivant le plan médian, on voit que l'organe est presque complètement envahi par les filaments mycéliens. A un faible grossissement, les lésions les plus importantes apparaissent dans la substance corticale sous forme d'îlots plus ou moins grands et plus ou moins irréguliers. Si l'on regarde les mêmes îlots à un fort grossissement, on voit que la substance rénale a complètement disparu; le parenchyme est absolument méconnaissable, il est remplacé par un amas de noyaux qui affectent les formes les plus variées; ces noyaux sont caractérisés par une très grande affinité pour les colorants nucléaires, ils les absorbent d'une façon très intense et se détachent nettement au milieu de la préparation. La structure de ces novaux ne ressemble en rien à celle des autres, on n'y constate pas la présence de filaments chromatiques, ce sont simplement des blocs plus ou moins irréguliers qui ont fixé en masse les matières colorantes. Leur polymorphisme peut les faire prendre au premier abord pour des leucocytes à noyau polymorphe. Ils forment le centre des tubercules et se détachent sur un fond granuleux, qui se colore facilement en jaune par l'orange tannique ; on ne voit pas dans le protoplasma de lignes de démarcation indiquant la division en cellules, c'est une simple plage protoplasmique au milieu de laquelle sont groupés les noyaux polymorphes. Quand on s'éloigne du centre de Tamas, apparaissent de nouveaux éléments (jui deviennent plus nombreux à la périphérie ; ces éléments sont des novaux arrondis ou ovalaires, ressemblant à ceux du parenchyme rénal; ils sont colorés en violet clair et pré sentent à leur intérieur des granulations plus fortement colorées. Dans la substance corticale du rein, cette région du tubercule est parfois caractérisée par la présence de cellules géantes, de diamètre souvent très considérable (oO à i'KJy.), contenant des noyaux arrondis, rangés en cercle à la périphérie de la cellule ou réunis en amasà l'une des extrémités ; à l'extrême limite de la lésion, on voit encore quelques noyaux polymorphes infiltrant les tissus du rein, puis ils disparaissent graduellement et le parenchyme reprend son aspect normal ; il y a donc une transition assez marquée entre les parties malades et les parties saines.

Au centre de ces tubercules, on voit quelquefois des éléments

HVCUSES intkhxks et i.kcii

parasitaires ([ui rev(*lcnl laspect de pelils (iliiiiienls plus ou moins contournés et ramifiés, ayant pour point de départ un petit corps sphérique ou ovoïde, qui n'est autre cliosc qu'une spore, ainsi que l'on peut s'en convaincre en mesunml ses dimensions au niiriomëtre (li^. t2).

FiB- li. - dupe (le n>ln dr Uipin iipr.>s inix pillairc rempli d'Iii^malii's ; /, Dlami-nl.t myn' spore ; n, noyaux pulymorphos.

Dans 1.1 résinn des tubes urinitùrcs, l'aspccl nesl plus Its même ; là on ne voit pas de lésions tu lie reuli formes, mais, en revanclie, les Tilaments mycéliens sont très nombreux et très serrés, llig. 13);

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on les voit se diriger Initgiluilînalemenl <]an<< la lumière des cuniiux du rein. De place en [itace, un de ces filaments émet un IH'olougenient i|ui se dirige trdnsversalement à angle droit et lioi'fore la parui du canal pour se rendre dans le canal voisin, où il pmlifèi'e à son tour et s'enlreju^le avec d'autres IHainents qui végètent déjà dans ce tube ou sont venus des tubes voisins; la snbslRuce médullaire du rein es) donc remplie d'un feutrage de lilanu-nls mvréliens. Dans la lumièfe des tubes urinifères et d<tns

l'épaisseur de leurs parois on reinan|ue i-onslainiiieiit la présence de noyaux polymorphes fortement colorés, se détachant sur un fond de proloplasriia granuleux siiiis cloisons cellulaires (lig. 13).

Après le l'ein, l'organe le pins maUide esl le toii'; il est toujours alteinl, fiuelle (|ue soit respécedudiampigutni palliogènc inoculé. Les lésions mérileni dôlre observées avec le jdus grand soin, car ce sont elles qui permettent de comprendre le plus facilement la

MVCOSKS INTERM':S KT LEL'RK l'AHASITKS 51

genèse des mycoses internes. A première vue, elles se présentent comme des tubercules d'un diamètre un peu plus considérable que ceux du rein (80 à 100 fi), disséminés plus ou moins régulièrement dans la substance du parenchyme. Ces tubercules ressemblent parfois it s'y méprendre k ceux de la tuberculose bacillaire ;ils forment une masse bien délimitée, enchâssée dan.s le tissu du foie. Le protopliisma qui forme le fond de celte masse est moins colore que celui des cellules hépatiques; sur ce font] se détachent un grand nombre de noyaux polymorphes et des fragments de noyaux fortement colorés, très semblables à ceux que j'ai décrits plus haut

Viff. H. — Kole (le. Lapin apr^s inoculalioD de Rkiz(ipui< eqvtttuit. — f, mîlulcs hi^pat>qii(t« i h, lii^malics; s, sporn du ChnmplKnun duns lo

prolop]H<>ma d'unie cellule K<^anlc munonuclëtk;.

dans te rein; mais la lésion y est mieux délimitée. Elle est bien entourée d'une zone où les cellules hépatiques sont creusées de vacuoles et présentent dos phénomèneK de dégéiiéreHceuce. seulement cette zone n'est (oriuée que de deux ou trois rangées de cellules au maximum. Eu un point indéterminé de ce tubercule, on trouve une ou deux cellules géantes de même forme et de même structure que celles qui se rencontrent dans les lésions rénales; on pourrait donc prendre ces tubercules pour des tubercules d'origine bacillaire, si l'on ne trouvait dans quelques-uns de nombreux filaments mycéliens.

J'ai dit plus haut que c'est dans le foie que l'on peut le plus faci-

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leineiit recoiiKtiluer l'histoire de la [ormnlinn de ces tubercules et à ce sujet je ne puis que répéter en le résuniRiit ce (|iiej'iii dit avec M. Bodin dans un précédent. méuioire (I). L'étnde du mécanisme suivant leijuel se forment ces lésions se lait plus aisément dans le foie, parce que la structure de cet or^^ane est relativement simple et que ses éléments cellulaires sont de^rande taille. U faut prendre des foies d'animaux inoculés avec des espèces (]ni tuent rapidemeut ou bien sacrilier les animiiux peu de temps a|n'ès l'inoculation, par exemple après 21. .tl>, M ou 72 Iieui-es. On trouve alors, as.«ez fréquemment, dans les capillaires du lobule lié|)Htique, des spores qui

(■'if;- l'>- — '■'"ic ilfi Ijijiin apri's înui'uliition ilc lUinupus niaitius v. -f, ci-tiulcs )K^i>iitii|u<'s; A, hi'niiillrs; f, KporeduCiiiimpiiinijn en voie ili^ gi-rmiDHtion Uciiis unr crilulr Kviinlr- pliirinm-iiV'i'.

n'ont pas encore y;ermé ou dont la pcrminatiiin est peu avancée Ififr- M], On remarque queresspnres. eu [rainées parle torrent circulatoire dans les vaisseaux du foie, s'arrêtent f;énéralement dans un coude sur le trajet d'uncapillatre, Supiiosons unespoi-carrtUée: elle provoque coiitine corjis étranfçer une réaction défensive du crtié des cellules endolhéliales (lu vaisseau, qui peu veut jouer le n'de de pluigocytes. lue ou plusieurs de ces cellules en^'lobent la spore et se dêtaclient de l'épitliélium. les noyaux «le ces cellules se multiplient [ilus ou irioins rapidement et letoiit «oust i tue alors unecel-

MYCOSKS INTERNES F.T LKIIIS l'AHASITES

Iule géante (fîg. 15). Si la spore eiifîlobée apparlient à une espèce non palhogène, elle disparaitrii par pliagorytose et tout rentrera dans l'ordre, après un tein[is |ilus ou moins long; si, au contraire elle appartient fi une es|»èce ])atliogène, elle germera et produira un ou plusieurs filaments ((ig. Hî. r) en forme de tubes, de volume variable suivant les espèces : c'est le point de départ du mycélium

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