‹ Archives de parasitologie (volume 4)Chapitre 83 sur 169 · I. — Vœu concernant le paludisme · texte numérisé non relu

I. — Vœu concernant le paludisme

La section de Médecine et d'Hygiène du Congrès colonial de 1905,

Vu les découvertes qui, chaque jour, viennent démontrer que les Moustiques sont réellement au nombre des êtres les plus dangereux, en raison des maladies diverses et redoutables qu'ils transmettent : paludisme, filariose, fièvre jaune, etc. ;

Considérant que les vœux émis par le Congrès colonial de 1904, relativement à la prophylaxie du paludisme, n'ont pas encore reçu la sanction pratique qu'ils comportent;

Considérant, d'autre part, que le paludisme est la principale cause de l'aflaiblissement et de l'invalidité des troupes coloniales, ainsi que de la mortalité des colons ;

Estime qu'il est urgent d'attirer de nouveau, et de la façon la plus pressante, l'attention des pouvoirs publics sur la nécessité de mener avec vigueur la lutte contre les Moustiques;

Considérant enoutre que l'inelTicacité trop fréquente du traitement préventif ou curatif par la quinine résulte de ce que ce médicament n'est pas distribué en quantité suffisante, c'est-à-dire à la totalité de la population,

tant indigène que blanche, et pendant une période de temps suffisamment prolongée ;

Estime qu'il y a lieu de généraliser la médication quinique préventive, et d'inscrire au budget de chaque colonie ou de chaque municipalité les sommes nécessaires pour l'achat et la distribution gratuite du sulfate de quinine, dans des conditions analogues à celles qui ont été déterminées en Italie par les lois du 23 décembre 1900 et du 7 juin 1901 ;

Considérant encore que les indigènes, qui sont dans une forte proportion atteints de paludisme, sont en quelque sorte une réserve inépuisable d'Hématozoaires et constituent la principale sourcede contamination pour les Européens;

Vu les heureux résultats obtenus par les Anglais dans plusieurs de leurs colonies;

Emet le vœu qu'il soit établi une séparation complète entre les villages indigènes et les villages habités par les blancs et que, dans les limites d'une même agglomération, les habitations des uns et des autres soient établies dans des quartiers différents;

Considérant que les conditions biologiques auxquelles sont soumis les Moustiques dans les différents pays sont essentiellement variables et que, par conséquent, les mesures prophylactiques nécessaires sont soumises aux mêmes variations ;

Emet le vœu que, dans chaque colonie ou pays de protectorat, il soit institué une Commission sanitaire permanente, composée principalement de médecins pourvus du diplôme de Médecin colonial, ayantpour fonction de faire une enquête sur ces conditions biologiques et sur les mesures prophylactiques qui en découlent, ayant notamment mission de dresser la liste descriptive et raisonnée de tous les Moustiques et autres Diptères piqueurs qui, à un titre quelconque, peuvent être considérés comme propageant les maladies;

Considérant que la centralisation à outrance ne peut donner, en matière d'hygiène publique, que des résultats insuffisants;

Emet le vœu que les gouverneurs des colonies, les résidents et autres dépositaires de l'autorité civile, jouissent à cet égard des pouvoirs les plus étendus et soient autorisés à prendre, sous leur propre responsabilité, toutes les mesures nécessaires, conformément à l'avis exprimé par les Commissions sanitaires.

II. — Vœu faisant suite au rapport de M. Crespin stir un facteur de dissévxinaiion de la variole en Algérie.

La section de Médecine et d'Hygiène du Congrès colonial de 1905,

Considérant que l'immigration espagnole est une des causes qui contribuent le plus à développer la variole en Algérie, parce que ces Espagnols, non vaccinés pour la plupart, sont des organismes très réceptifs pour la maladie, qu'ils disséminent à leur tour dans tout lepays,agissantcomme de véritables centres de renforcement;

Considérant que les règlements internationaux de police sanitaire

maritime autorisent les régions menacées à prendre des mesures même contre la variole,

Emet le vœu :

1* Que le gouvernement français s'entende avec le gouvernement espagnol pour parer aux dangers que fait courir à l'Algérie l'immigration constante d'Espagnols non vaccinés ;

2* Que cette entente permette au moins d'exiger, de chaque Espagnol débarquant en Algérie, un certiûcat indiquant une vaccination de date récente;

3" Que ce certificat émane du consul de France de la province d'origine.

III. — Vœu déposé par M, le professeur R. Blanchard, président de la section.

La section de Médecine et d'Hygiène du Congrès colonial de 1905,

Considérant qu'un très grand nombre de maladies des pays chauds sont d'origine parasitaire et que, dans ces conditions, lèdiagnostic ne peut être fait d'une façon certaine que par l'examen microscopique ;

Emet le vœu :

Que tout médecin des troupes coloniales, de colonisation ou de consulat soit pourvu d'un microscope et des accessoires indispensables, notamment d'un objectif à immersion et des principaux réactifs;

Qu'il en soit de même, tant pour les médecins de la marine militaire, que pour les médecins sanitaires maritimes;

Qu'il ne soit procédé à l'embarquement de ces derniers qu'autant qu'ils auront prouvé, soit par la possession d'uii diplômé de Médecin colonial, émanant de lline des Universités françaises qui délivrent ce grade, soit par un examen pratique passé en présence d'une commission compétente, qu'ils sont familiarisés avec l'exameh microscopique du sang, des déjections et des divers tissus et humeurs de l'organisme;

Qu'il soit aménagé dans chaque navire un local convenable, autant que possible sur le pont, exclusivement réservé pour l'usage de laboratoire.

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