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ÉTUDE DES LARVES CITICOLES

Les premières larves ont été observées au Sénégal, parCoquerel et Mondière (1-2) et par Béren^^er-Féraud (3-4); elles provenaient plus particulièrement de la province du Cayor, où Ion crut primitivement que se bornait leur habitat. C'est la raison pour laquelle on les désigna sous le nom de Vers du Cayor. Mais des observations ultérieures montrèrent qu elles se rencontraient dans un rayon plus étendu du Sénégal, sans toutefois, dépasser au nord Saint-Louis. Une des larves décrites par R. Blanchard (9) en 1896 avait la même origine sénégalaise.

Depuis lors, l'habitat de ce genre de parasites s est étendu bien au delà de ces limites primitives, comme il ressort des indications suivantes que nous reproduisons sans tenir compte de l'ordre chronologique de leur publication.

Dans le pays de Togo, des larves cuticoles s'observent chez l'Homme aussi bien que chez les animaux, comme il résulte d'une communication faite parle D' A. Collin, conservateur au Musée zoologique de Berlin et rapportée par R. Blanchard (6). A la Guinée française appartiennent les larves signalées récemment par Le Dantec et Boyé (20).

Pour la Nigérie, nous avons les observations de Strachan et de Rangé. Le premier de ces auteurs (14) rapporte la fréquence des larves de Diptères à Lagos et le D»" Rangé (21) a fait une constatation analogue sur les soldats du corps expéditionnaire au Bénin.

Dans la Nigérie septentrionale, à Kano, T. J. Tonkin (19) signale la présence d'une larve qu'il identifie au Congo floor Maggot.

Une des larves étudiées par Grûnberg (17) provenait de Johann- Albrechtshohe dans le Kameroun et la deuxième larve décrite en 1896 par R. Blanchard était originaire du Gabon.

Au Congo belge appartiennent le (^ongo floor Maggot décrit par Dutton, Todd etChristy (18) et la larve que nous venons de décrire. Le premier de ces parasites se rencontre dans le Bas Congo depuis Matadi jusque Tchumbiri et s'étendrait jusque sur le territoire portugais à San Salvador, où il serait commun.

Plus au Sud, du Damaraland provenaient des larves étudiées par Grûnberg : ces parasites s'observaient pendant l'été chez les Chiens et de petites Antilopes.

Au Natal, les cas de myiase cutanée sont nombreux. C'est d'abord celui rapporté par R. Blanchard (9) en 1893 : il s'agissait d'une

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Mouche et de sa dépouille de pupe, qui résullaient de l'éducation d'une larve développée sous la peau d'un enfant. Ce parasite est très commun sur la cùte de Natal et se présente quelquefois en exemplaires nombreux chez un même individu. Le Colonel J. H. Bovvker rapporte qu'on en a extrait jusqu'à dix exemplaires du bras d'un même enfant.

Peringuey (22) a signalé de même des larves retirées du bras d'un enfant au Nata! et Arnold (13) cile ce dernier pays comme faisant partie de l'habitat des Diptères dont il a étudié les larves. Celles ci s'étendaient dans le Transvaal (Murchison Range) et même dans la Rhodésie (district de ïuli). Pour ce dernier pays, nous pouvons encore citer les observations de Marshall (23), de Townsend (24) et de Mennell (25). Ces deux auteurs s'accordent à déclarer que ces parasites sont tout particulièrement communs à Salisbuiy, où ils constituent une réelle nuisance. D'après Mennell, le Diptère qui donne ces larves a pour habitat principal la Rhodésie, mais s'étend dans l'Afrique centrale anglaise et dans ITganda.

R. Blanchard (6) et Peringuey (22) citent des larves provenant de Delagoa Bay (Louren<;o-Marquez). Fuller (16) attribue à ce genre de parasites comme habitat le Natal et la région de Delagoa-Bay.

Une autre larve décrite par R. Blancrhard (6) sous le nom de larve de lÀimjstone avait été recueillie dans le bassin du Zambèse.

Les données bibliographiques abondent pour l'Afrique allemande orientale. Les deux larves décrites par Brauer (8) et étudiées à nouveau par (îrûnberg (17) provenaient de Tança. Ce dernier auteur signale en outre des larves recueillies sous la peau des Chiens à Dar es Salam. Plehn (26) rapporte de même la fréquence des tumeurs furonculeuses produites par des larves de Muscides chez rilomme et les animaux sur la cùte de Tanga.

Nagel (10) a observé sur lui même de semblables parasites à La Longa (Usagara). Il signale que de pareils cas de myiase sont fréquents chez les indigènes de l'Usagara. Une mention analogueavait déjà été faite par Dutrieux (5) pour la région de l'Uniamwesi, où l'on rencontre fréquemment des larves d'Insectes culicoles chez l'Homme et surtout chez les Bovidés.

Smith (27) signale comme fréquents sur la côte ouest du lac Nyassa des cas de myiase analogues à celui de M. Arnold. Les indi gènes attribuent les larves à une Mouche marbrée de brun, qu'ils

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désignent SOUS le nom tshizeti, A propos de cette même indication d'Arnold, Maberly (28) rappelle une mention du D' Ker Cross, qui parle également de larves cuticoles s observant chez les enfants, les Chiens et les Antilopes dans TAfrique centrale anglaise.

Pour l'Afrique orientale anglaise, on peut citer les observations de Kolbetcertaines larves étudiées par Grunberg. Kolb (11) signale la présence sur le cours supérieur de la Tana d'une Mouche de coloration brun rouge appelée ngumba, dont les larves donnent naissance à des tumeurs furonculeusesde la peau. Quant aux larves décrites par (îrûnberg et originaires de la même région, elles provenaient du Léopard.

Nous pouvons ajouter ici les mentions faites par Hector (15) d'une larve à laquelle il a donné pour origine probable l'Uganda, et par Balfour (29) de cas fréquents de myiase cutanée chez les animaux domestiques (Chameau, Mule et Cheval) dans le Bahr-el-Ghazal.

De ce long exposé, il résulte que des larves cuticoles se rencontrent non seulement sur presque toute la (!Ôte occidentale de l'Afrique depuis le Sénégal, mais aussi sur toute la côte orientale jusqu'au pays Somali et se retrouvent jusqu'à une certaine distance dans rhinterland correspondant et môme au centre du continent africain. Mais, fait digne de remarque, aucun cas n'est signalé d'une région située au Nord du parallèle de Saint-Louis. 11 semble donc que les Diptères qui donnent lieu à ces larves cuticoles ne se rencontrent guère en deçà de ce parallèle. On peut cependant prévoir que des observations ultérieures puissent déceler de semblables parasites au nord du Somaliland, puisque Brauer a signalé une larve originaire de la cùle arabe de la mer Rouge, sans toutefois préciser davantage son lieu d'origine.

Il nous reste maintenant à examiner la question de la nature de ces larves. Les différentes larves citées par les auteurs appartiennent elles toutes à une espèce de Diptère ou bien différentes espèces peuvent-elles fournir des larves cuticoles ? Dans l'une et l'autre hypothèse, quelle est l'espèce ou quelles sont les espèces de Diptères dont les larves vivent en parasites sous la peau de l'Homme ou des animaux?

La réponse à ces questions peut être fournie soit par l'examen comparé des larves qui ont été décrites à ce jour, soit par la détermination des Insectes parfaits obtenus par l'éducation de ces mêmes

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larves. L'examen comparé offre de multiples difficultés en l'absence des pièces originales, parce que les descriptions des auteurs sont trop incomplètes ou encore parce que les larves décrites ne se trouvent pas toutes au même stade de leur évolution et sont ainsi difficilement comparables. C'est pourquoi nous ne pouvons retenir pour les soumettre à la comparaison que les larves décrites par Coquerel etMondière, R. Blanchard, Brauer et Grùnberget la larve étudiée ici par nous-mème. Nous faisons évidemment abstraction du Congo Floor Maggot, qui se différencie nettement des autres larves africaines non seulement par ses caractères morphologiques, mais encore par son mode si particulier de parasitisme.

Un essai comparatif a déjà été tenté par Crûnberg, qui a eu l'occasion d'examiner personnellement les larves décrites en 1897 par Brauer et s'est prononcé pour l'identité des larves de Tanga avec celles qu'il a obtenues lui-même du Cameroun, du Damaraland et de l'Afrique allemande orientale. Il croit pouvoir étendre cette identité aux larves de Coquerel et Mondière et de R. Blanchard. Pour ce qui concerne la larve décrite en 1893 par ce dernier auteur, Griinberg signale quel(|ues différences qu'il attribue à une observation incomplète. L'étude que nous avons pu faire de cette larve nous permet de confirmer et de compléter les descriptions du savant parasitologue français (1).

La larve du Natal se différencie nettement des larves étudiées par Brauer Crûnberg par les caractères du segment céphalique et du segment anal. La bouche est dépourvue des tubercules latéraux (fig. 4), qui s'observent à la base des crochets et qui sont armés d'une série de denticules chitineuses, tubercules qui se remarquent sur les larves de Brauer-Criinberg et sur la larve du Congo qui fait l'objet de la présente note (lig. i). Quant au onzième anneau qui porte les stigmates postérieurs, R. Blanchard en a fourni une description suffisamment détaillée, pour qu'il soit possible de reconnaître combien il diffère du dernier anneau des larves de Brauer- Grûnberg tel qu'il est représenté par ce dernier auteur dans sa

(!) Nous devons la communication do cette pièce si intéressante à M. le Professeur R. Blanchard, qui a bien voulu avec son obligeance habituelle nous la confier pour examen. Nous saisissons avec empressement cette occasion pour lui on témoigner toute notre reconnaissance et lui renouveler nos remerciements pour l'accueil si empressé qu'il nous a réservé en son laboratoire et la complaisance avec laquelle il a misa notre disposition les riches matériaux de ses collections de parasitologie.

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figure 4, que nous reproduisons ici (fig. ii). 11 est vrai que Blanchard ne nous l'enseigne pas sur les caraclères des stigmates postérieurs, (l'est pourquoi il nous a paru utile de figurer ici ce onzième anneau (fig- fi).

Nous ne croyons pas dnvuir insister sur les difTérences de conformation de cet anneau chez la larve du Natal de R. Bliincliard d'une part et les larves de Grûnberg d'autre part. Nous nous bornerou!? à corn parer lesplaques sligmatiques. Si la forme et la disposi- j

tion des feules rap- !

pellent assez exactement celles représen- '; tées parlirûnberg, la 'forme des plaques

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disposition sur l'an- .^■iR■ *■ - ExlrémiW r^phalii[U.' de la ii.TM (lu

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difiérentes, de sorte qu'il ne saurait être question d'une identité spécifique, ni même générique; tout au plus, à raison de la simi-

il' serinent avec plaques sUgmalUiucs Hg, 0. - Larvo du Nalal: If an

d'une larve dtWelopp.^ soiis la peau d'un "«"" "'"''^ plmiues sllgmatliiucs. Chien. D'après Grûnberg.

litude de forme des feules stigmaliques, pouri-ait-ua affirmer que ces diverses larves appartiennent A une mi^me famille de Diptères.

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Un autre caractère dilTérentiel réside dans la nature des ornements qui recouvrent les téguments : la larve du Natal parait au premier abord dépourvue de tout ornementation chitineuse; vue à la loupe, elle présente un aspect tomenteux, qui est dû à l'existence de courtes villosités dont la coloration n'est guère différente de celle de stéguments eux-mêmes. Blanchard a parfaitement reconnu cet aspect particulier et a nettement distingué ces formations tégumentaires des épines proprement dites que l'on rencontre généralement chez les larves de Diptères, puisqu'il a eu bien soin de les désigner sous le nom de villosités. Aussi devons-nous dire que les ligures qu'il donne de sa larve rendent imparfaitement l'aspect réel de celle-ci, qui y apparaît recouverte d'une spinulation très apparente. Nous croyons donc utile de décrire avec quelque détail la répartition et les caractères des productions qui ornent les tégu ments de la larve du Natal.

Ces productions ne sont pas, à la vérité, des villosités au sens exact du mot, mais bien des épines d'un caractère très spécial : elles sont transparentes comme du cristal et leur coloration ne diffère pas de celle destéguments qui les portent, de telle sorte qu'elles sont d'une observation fort difficile, diiïîculté qui est augmentée en outre par leur extrême petitesse sûr les segments postérieurs. C'est sur les premiers anneaux qu'elles possèdent leui's plusgrandes dimensions : mais à partir du o*' segment elles diminuent de taille, pour devenir minuscules sur les derniers segments. Elles affectent en outre cette disposition très particulière d'être réunies par petits groupes linéaires de 2 à 4 et même de 8 à 12, formant ainsi des traînées plusou moins étendues de petites denticulesconliguës, disposées transversalement ou plus ou moins obliquement par rapport à l'axe du corps. Celte disposition en séries n'apparaît qu'à parlir du 2- segment, où ces séries sont relativement ra res et peu étendues, formées de 2, 3 ou 4 épines; sur les anneaux suivants, elles se montrent plus nombreuses et plus étendues, pour atteindre leur développement maximum sur le 6** segment (8 à 12 spinules); cette disjmsilion se maintient sur tous les anneaux suivants, sauf que les séries sont moins longues et les épines plus petites. Des épines isolées ne se voient que sur les segments antérieurs: ellesexistent seules sur l'anneau céphalique; sur les anneaux 2 à 4, elles sont associées aux séries et deviennent d'autant moins

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nombreuses que ces dernières se font plus abondantes du 2^ au 4« anneau : à partir du ;>, elles disparaissent presque complètement. Ces productions tégumentaires présentent en outre une répartition un peu diflérente suivant les anneaux qu'on considère : elles ne recouvrent que la moitié antérieure des J**^ et 2'' anneaux, les deux tiers du 3*" et les trois quarts du i*": à partir du 3", elles sont réparties sur toute la surface des anneaux, ne laissant libre qu'une zone étroite au niveau de la ligne de démarcation des segments.

Dans les larves de Brauer-Griinberg, au contraire, les téguments sont ornés d'épûnes simples, puissantes, plusou moins développées et de coloration variant du brun clair au noir foncé, tranchant ainsi nettement sur le tégument qui est toujours de couleur claire.

Nous voyons donc qu'il existe suffisamment de points de différenciation pour pouvoir affirmer que la larve du Natal, décrite en 4893 par R. Blanchard, ne saurait être identifiée aux larves de Brauer- Grûnberg.

Quant aux larves du Sénégal et du Gabon décrites en 1896 par R. Blanchard, nous ne pouvons mieux faire que de reproduire à leur sujet l'opinion de celui qui les a étudiées. Après avoir déclaré que la larve du Gabon n'est pas identique à celle du Sénégal, R. Blanchard, rapprochant ces larves de celles de Brauer et de sa larve du Natal, reconnaît qu'elles ont entre elles suffisamment d'afTinilés pour qu'on ne puisse douter de leur proche parenté, sans cependant qu'il y ait identité spécifique.

Les caractères qui séparent ainsi la larve du Natal des larves de Brauer-Grûnbergla différencient de môme de la larve sénégalienne décrite par Coquerel et Mondière. Ces mêmes caractères rapprochent au contraire le Ver du Cayor des larves de Brauer-Grûnberg. Y a-t-il identité complète, comme Grûnberg tend à l'admettre? Nous n'ose rions nous prononcer catégoriquement à ce sujet. 11 est incontestable que la conformation de l'anneau terminal du Ver du Cayor, telle qu'elle est reproduite dans la figure 1^ de Coquerel et Mondière, est fort semblable h celle que Grûnberg attribue au même anneau de ses larves. Nous reconnaissons en outre que la spinulalion du VerduCayorrappelleassezparfaitementcelle des larves de l'Afrique orientale, d'autant plus que Coquerel et Mondière ne paraissent pas décrire avec suffisamment de précision la disposition des épines sur les derniers anneaux du corps, lorsqu'ils disent qu'à par-

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tir du neuvième scgmenl les épines sont moins serrées et plus petites et qu'elles disparaissent complètement sur les segments suivants; ils ajoutent immédiatement après que le dixième anneau est nu. Or, ilsuflitdese reportera leur figure 1*^ pour constater que le dixième anneau porte deux séries inégalement développées de petites épines, constatation qui écarte d'autre part l'hypothèse que les petites épines des derniers anneaux auraient échappé à Tobser vation des savants français. Du reste, de légères différences dans la spinulation peuvent s'expliquer par des dilTérences spécifiques. Mais où le Ver du Cayor semble s'écarter davantage des larves de Brauer-drûnberg, c'est dans la conformation du segment céphalique et en particulier dans la forme des crochets buccaux que Coquerel et Mondière décrivent et figurent sous la forme de crochets très aigus légèrement recourbés en dehors. Aussi préférons nous adopter l'avis de Brauer, lorsqu'il déclare qu'il lui semble très probable que les larves qu'il a étudiées appartiennent au même genre ou à un genre très voisin que la forme désignée sous le nom de Ver du Cayor.

Quant à la larve du Congo que nous avons décrite ci dessus, toute assimilation à lune quelconque des larves décrites antérieurement est impossible. Il suffira pour justifier cette assertion de rappeler ses principaux caractères différentiels: absence de champs intermédiaires ou latéraux sur les segments du corps, caractères de la spinulation, stigmates postérieurs à fentes fortement contournées. Ce dernier caractère fait de notre larve congolaise un type spécial à opposer aux autres larves connues à ce jour. Celles-ci constituent un groupe caractérisé par la constitution des stigmates postérieurs, constitution qui rappelle celle des stigmates des Calliphorines parmi les Muscides. Les diverses formes qui rentrent dans ce groupe n'appartiennent pas nécessairement à une même espèce de Diptère ni même probablement à un même genre* Comme nous l'avons montré ci dessus, on peut en effet distinguer trois types qui sont le Ver du Cayor de Coquerel et Mondière, la larve du Natal de H. Blanchard et les larves de Brauer-Grùnberg Les véritables affinités de ces trois types ne sauraient être décidées que par la détermination des Insectes adultes qui leur donnent naissance.

Le problème de cette détermination a préoccupé tous les auteurs

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qui ont eu Toccasion d'observer ces larves, mais les éléments nécessaires pour sa solution, c'est à-dire les Insectes parfaits obtenus de leducation de ces larves, ont manqué à la plupart d'entre eux.

Coquerel et Mondière se bornent à citer l'opinion des indigènes, qui rapportent les Vers du Cayor à une petite Mouche que Bigot a reconnue comme appartenant au genre Idia et que C.oquerel a dé nommée Idia lUgoti. Mais cette opinion, qui ne repose pas sur l'observation directe, ne méritait aucune créance et (-oquerel et Mondière ne s'y sont pas arrêtés davantage. Ils résument leur avis sur ce point en déclarant qu'il leur semble probable que le Ver du Cayor « appartient à un Diptère d'un genre nouveau, qui devra être placé à colé des Ilypodermes, c'est à-dire des (Kslrides cuticules sans caverne stigmatique ».

Bérenger-F'éraud fut le premier qui réussit l'éducation des larves sénégaliennes et qui en obtint le Diptère adulte, (lelui ci fut étudié par Em. Blanchard (30), qui reconnut qu il s'agissait d'un représentant de la grande famille des Muscides, voisin du genre Lucilia et qu'il crut pouvoir ranger dans le genre Ochromyia de Macquart, Il lui donna le nom de Ochromyia anthropophaf/a; c'était une Mouche de coloration gris jaunâtre njesurant de H à 10 millimètres.

Cette détermination n'a pas été acceptée immédiatement : Pruvol (31) et Jacobs (32) se sont prononcés plutôt dans le sens de (^oquerel et Mondière, en considérant ces Insectes comme étant plutôt de véritables (IKstrides. Cependant l'observation si précise de Railliet (33) a définitivement résolu cette question dans le sens d'Km. Blanchard. Les spécimens étudiés par le savant professeur d'AIforl avaient été obtenus par Lenoir eu faisant édore les larves recueillies par la pression de boutons .furonculeux; il s'agissait bien évidemment de la même esj)èce observée par Em. Blanchard comme il résulte de la comparaisiju des descriptions de ce dernier auteur et de Railliet.

R. Blanchard se prononce en 1SÎ)3 dans le même sens, à la suite de l'étude qu'il fait de deux I)i[)lères originaires du Natal et provenant tous deux de l'éducation de larves dévelo|)péessousla peau d'enfants. Bien (juc l'état de conservation de ces deux exemplaires ait laissé à désirer, R. Blanchard a pu reconnaître sans dilllculté qu'il s'agissait d'une Muscide véritable présentant de grandes alTinités avec les Ochromyia, mais sans pouvoir affirmer si ce Dii)tère

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lait réellement partie de ce genre. Il considère rependant cette opinion comme la plus vraisemblable, en présence des observations si précises de Bérenger-t'éraud, de Railliet et de Lenoir. Cependant, Brauer (8) a fait remarquer que la nervation de l'aile de Tlnsecte décrit par R. Blanchard ressemble à celle de Bengalia depressa (Walker) Schiner et d'.4McArweromi/ta luteola (Fabricius) Schîner, tous deux de Port-Xatal. Pour le surplus, il attribue également les larves qu'il a décrites à des Muscides, sans pouvoir déterminer davantage les affinités de ces larves par rapport aux différents genres de Muscides.

La détermination û'Auchmeromyia luteola ne saurait plus être prise en considération, depuis qu'Austen (18) a établi que la larve de ce Diptère constitue le Congo floor Maggot.

Kolb (11), qui a observé le Diptère donnant naissance aux larves cuticoles de l'Afrique orientale anglaise, le signale comme un OEstride (Dasselfliege) décoloration brun rouge. Il n'en fournit pas de description plus ample et se borne à déclarer qu'il correspond au Dermatobia noxialis de l'Amérique du Sud, raison pour laquelle il le désigne sous le nom de Dermaiohia Keniœ.

Un semblable rapprochement a été fait par Plehn (12 et 26) pour les Diptères de la côte de Tanga; il déclare que ces Insectes sont rares et qu'il n'est pas encore parvenu à les déterminer. Smith (27) rapporte que les larves cuticoles observées sur la côte ouest du lac Nyassa et dans la contrée environnante sont attribuées par les indigènes à une Mouche de couleur marbré brun désignée par eux sous le nom de tshizeti, Strachan (14) semble incriminer plusieurs espèces de Diptères au Lagos, lorsqu'il dit qu'il n'a pas identifié toutes les Mouches dont les larves vivent sous la peau et que ces larves sont fort variables entre elles.

Peringuey (22) a eu l'occasion d'étudier une Mouche obtenue de larves retirées du bras d'un enfant au Natal et déclare qu'elle est peut être voisine de Ikngalia depressa (Wsilker). Austen (23) est arrivé à une conclusion analogue pour un exemplaire mâle d'une Mouche provenant de larves recueillies sous la peau de jeunes enfants dans la Hhodésie. 11 signale qu'une espèce analogue sinon identique, avec des mœurs semblables, existe sur la côte occidentale de l'Afrique.

Fuller (16) décrit l'Insecte dont les larves vivent sous la peau

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au Natal sous la forme d'une Mouche de teinte brun gris mesurant 12 à 13»°™. Ce Diptère a été déterminé par Coquillett comme Auchmeromyia (Bengalia) deprcssa Walker. Cette détermination a été acceptée par Mennell (25), du Muséum de la Rhodésie, à Buluwayo.

Cette étude a été reprise par Griinberg (17), qui a disposé de plusieurs exemplaires adultes de ces Diptères; c'était d'abord un mâle avec son enveloppe pupale provenant d'une larve ayant vécu sur un Chien à Bagamoyo; ensuite deux mâles et deux femelles originaires du lac Nyassa; l'un de ces derniers exemplaires résultait de la métamorphose d'une larve recueillie sous la peau d'un Singe. Ce sont des Mouches mesurant 8"»»". 5 à H mm, 5^ de coloration jaune brun. Griinberg consacre à ces Insectes une étude très minutieuse, d'où il ressort qu'ils appartiennent bien à la famille des Calliphorines, mais se différencient cependant nettement des genres Ochromyia, Ikngalia et Auchmeromyia, bien qu'ils montrent beaucoup d'affinités avec ces différents genres. Il les range en conséquence dans un genre nouveau, pour lequel il propose le nom de Cordylobia. 11 compare en outre les descriptions de ses prédécesseurs (Em. Blanchard, Kailliet, R. Blanchard) et constate que les caractères attribués par ces auteurs aux Diptères adultes qu'ils ont observés s'appliquent parfaitement à ses exemplaires de Cordylobia. Il en conclut que toutes les larves cuticoles signalées en Afrique appartiennent à une même espèce, qui prend le nom de Cordylobia anthropophaya (Em. Blanchard), et qui possède une aire de dispersion fort étendue : toute l'Afrique centrale et une partie de l'Afrique du Sud. Cette opinion a été acceptée par Austen, le savant diptérologue du British Muséum, comme il résulte d'une communication qu'il a bien voulu nous faire.

Si l'on envisage que Grunberg n'a pas disposé des Insectes originaux étudiés par Em. Blanchard, Railliet, R. Blanchard, Coquillett, etc., pour les comparer avec ses exemplaires de Cordylobia, et qu'il s'est borné à comparer les descriptions parfois incomplètes que ces auteurs ont données des Insectes qu'ils ont étudiés, on ne saurait adopter les conclusions de Grunberg sans y apporter de très sérieuses réserves. Ces réserves seront d'autant plus justifiées que nous avons montré plus haut que toutes les larves cuticoles africaines connues à ce jour ne sauraient être rapportées à une seule et même espèce.

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Cette opinion est fortifiée encore par ce fait que ces différentes larves ne font pas un égal séjour sous la peau de leurs hôtes. Alors que, pour le Ver du Cayor, ce séjour ne dépasse jamais la durée d'une semaine, Kolb attribue aux larves de l'Afrique orientale anglaise un séjour d'une à deux semaines et Nagel a observé sur luimême que les larves de l'Afrique orientale allemande ne quittent leur hôte qu'après ") à (> semaines. Townsend (2i), en se basantsur des observations faites sur des Chiens dans la Rhodésie, évalue à quinze jours la durée du temps qui s'écoule entre la ponte des œufs et la sortie des larves des tumeurs furonculeuses. Pour les autres larves, nous ne possédons aucune indication à ce sujet, mais cellesci suffisent déjà pour établir (ju'il existe à ce point de vue des différences fort tranchées.

Pour toutes ces raisons et dans l'état actuel de la question, nous estimons qu'il y a lieu de distinguer provisoirement parmi les larves africaines plusieurs tyf)es, dont les principaux sont:

1" Le Ver du Ci\yor dùhVOcbromyiaanthropophagaEïn. Blanchard, qui a pour pays d'origine le Sénégal et les régions voisines ;

2« La larve du Natal, due probablement à la Bengaliadeprcssa (Walker) Schiner, qui serait répandue dans toute l'Afrique de Sud;

3» Les larves de Brauer firûnberg dues à la Cordylobia anthropophaga (îrûnberg, dont l'aire de dispersion comprendrait l'Afrique orientale allemande et les pays circonvoisins;

4*^ La larve de Lund, dont la forme adulte est encore inconnue et qui serait originaire de l'Etat Indépendant du Congo.

Les trois i)remiers types appartiendraient à une môme famille, celle des Calliphorines, tandis que la larve de Lund appartient très probablement à une autre famille deMuscides.

La question de la détermination définitive de ces différentes larves ne saurait être tranchée actuellement avec les matériaux incomi)lets que l'on posscde à ce sujet. A raison de l'intérêt qui s'attache à ce problème de parasitologie, il serait éminemment désirable de voir recueillir le plus de matériaux possibles, larves et Insectes adultes éclos de ces mêmes larves, provenant des régions les plus diverses de l'Afrique et de les soumettre à une étude comparée.

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