‹ Archives de parasitologie (volume 5)Chapitre 25 sur 110 · Aearicns parasites des Culleides de M adag-asear · texte numérisé non relu

Aearicns parasites des Culleides de M adag-asear

M. le professeur R. Blanchard m'a remis tous les envois de Moustiques qui lui étaient parvenus de Madagascar; j'en ai reçu moi-même d'autre part ; j'ai donc eu l'occasion d'examiner un très grand nombre de Culicides provenant de la grande !le africaine et, sur beaucoup, j'ai rencontré des Acariens parasites.

Pour la facilité de nos descriptions, nous diviserons en quatre lots les Moustiques malgaches que nous avons étudiés, selon leur provenance.

Premier lot. — Moustiques capturés en 1901 par le D' Decorse, médecin des troupes coloniales à Imanombo (sud de Madagascar). Dans ce lot, un Pyretophorus costalis 9, porteur d'une larve d'Hydrachnide implantée à la face inférieure du cou.

Deuxième lot. — Moustiques recueillis à Maevatanana (région occidentale de Madagascar), par le D' Decorse, en 1900.

Dans ce lot, 17 Culicides étaient parasités, savoir : 5 Anophelinae Q (3 Pyretophorus costalis et 2 Myzorhynchus Coustani) et 12 Culicinae ? (Mansonia uniformis var. africanà).

Les Anophelinae ne portaient qu'un parasite, à l'exception d'un seul, qui en portait deux. Le parasite unique siégeait trois fois sur les côtés du cou, et une fois sur les côtés du thorax ; des deux parasites observés chez le même Moustique, l'un siégeait à la partie antérieure du thorax et l'autre à la jonction de l'abdomen et du thorax, à la face ventrale. Tous ces parasites étaient semblables entre eux et conformes au premier type décrit ci-dessous ; c*est d'après eux qu'ont pu être établis les dessins ci-contre (iig. 5 et 6).

Des 12 Mansonia uniformis, 5 portaient plusieurs parasites, les 7 autres un seul parasite. On observait une seule fois quatre Acariens, dont trois rangés en collerette autour du cou et un à la face ventrale de l'abdomen : deux fois, il y avait trois parasites» disposés dans un des cas, tous en collerette autour du cou et dans l'autre cas, à la jonction de l'abdomen et du thorax ; deux fois, on trouvait deux parasites placés respectivement comme chez les deux Mansonia précédents.

Quant aux parasites uniques, ils siégeaient quatre fois à la face inférieure ou à l'une des faces latérales du cou ; trois fois sur la face ventrale de Tabdomen, deux fois à la jonction de l'abdomen et du thorax et une fois sur le milieu du premier segment de l'abdomen. C'est d'après uu des Insectes de ce groupe qu'a été dessiné l'Acarien fixé à la face inférieure du cou d'un Moustique (fig. 5).

Dans tous les cas, il s'agissait de larves identiques à celles que nous avions trouvées déjà sur les Arwphelinae de la même localité ; dans un seul cas, le parasite était assez diiïérent, mais trop détérioré pour pouvoir être décrit ; il siégeait sur le milieu d'un

segment abdomioal et non à la joDCtioo de l'abdomen et du tborax comme cela avait lieu pour tous les autres. Quelques parasites de ce lot présentaient à leur iatérieur une masse noire qui aurait pu être prise pour des ébauches de l'appareil génital, mais qui n'était en réalité que des reliquats de la nourriture de l'Insecte.

Troisième lot. — Moustiques provenant des salles de l'bôpital de Helville, à Nossi-Bé, capturés, eu 1900, par le D' Joly, médecin de la marine. Un seul Moustique [Uansonia uniformis S), non gorgé de sang, portait trois Acariens parasites disposés en collerette autour du cou, deux à la face inférieure, et un à la face supérieure.

Quatrième lot. — Moustiques provenant de Mandritsara (nord de

r la face latérale

l'ile), recueillis par M. Vincent de Aima, en 1904.

Trois Culicides portaient des Acariens parasites, un CulexQ indéterminé, avec un parasite fixé sur le cou et deux Mansonia uniformis 9, t'un avec un seul parasite à la jonction de l'abdomen et du tborax, l'autre avec trois parasites rangés en collerette autour du cou.

11 est intéressant de constater la présence d'un Acarien parasite sur un Culex, c'est le seul cas actuellement connu ; c'est donc un fait exceptionnel, tenant soit à ce que les Acariens se fixent rarement sur les Culex, soit à ce que moins solidement fixés que sur les autres Moustiques ils se détachent plus facilement en cours de route et ne se retrouvent plus sur des Insectes venant de loin. Une

LES PARASITES DES CULICIDES ti9

partie des AcarieDs.teous en suspension dans le liquide conservateur, devrait donc reconnaître cette origine. En effet, j'ai reconnu plus d'une fois, au milieu de larves d'Acariens détriticoles, la présence de quelques larves d'Hydrachnides, du type décrit plus loin, dans l'alcool des tubes oit étaient conservés des Moustiques. Une seule fois, dans le deuxième lot, j'ai trouvé une larve hexapode d'un type dîBérent, à très gros rostre, qui se rapprochait beaucoup de la larve d'Bydrachna.

Ces études m'ont conduit à faire les remarques suivantes. Tout d'abord, l'abondance des Mansonia parasités et le grand nombre de parasites qu'ils transportent sont des faits très frappants. D'autre part, tous mes Culîcîdes parasités étaient des femelles ; ces dernières semblent donc plus exposées à la contagion que les mâles. Toutefois Ed. et Et.

Sei^Dt ont vu parmi leurs Anophèle* d'Algérie des mâles porteurs aussi d'Acariens.

Ces Acariens para- "'■ f " Zj^"' l'"'^' ";*"""

*^ Isolée du Cullcide parasité.

sites ont toujours l'axe

du corps dans la direction de celui du Culicide parasité, la tète en avant. Cette position facilitf beaucoup leur résistance à l'air, pendant le vol du Moustique. Ils ont besoin en effet d'être solidement fixés sur leur hOte. puisqu'ils se trouvent transportés avec lui à travers l'air, et par suite très exposés. C'est ce qui explique leur siège de prédilection pour la fixation : au cou et k la jonction de l'abdomen et du thorax ; ils se trouvent ainsi mieux protégés par le corps du Moustique.

Leuradhérence estd'ailleurs très solide, puisqu'elle résiste lors de l'envoi des collections de Moustiques, au ballottement incessant que subissent, pendant tout un long voyage, les Moustiques envois dans un même récipient, parfois au nombre de plusieurs centaines.

En raison de notre connaissance très insufTisante des Hydrach-

nides exotiques, il nous a été impossible de déterminer aucun des Acariens malgaches, parasites des Moustiques. Nous avons pu néanmoins reconnaître, parmi eux, les trois types qui suivent :

Premier type. — Animal d'apparence globuleuse lorsqu'on le regarde par en-dessus, mesurant en moyenne 335 \l de long sur 330 (JL de large; tête petite, élargie dans le sens transversal, semblant articulée et mobile ; yeux au nombre de quatre, deux gros latéraux et deux petits submédians. Palpes larges, à plusieurs articles (3 ou 4?), le terminal en forme de crochet ; sur l'un des articles, une longue soie disposée transversalement (fig. 6). Orifice buccal semblant disposé en forme de suçoir ; mandibules très courtes, cachées dans l'orifice buccal avec deux languettes disposées à plat sur l'orifice buccal, qui semble s'ouvrir à la partie inférieure. Les six épimères des trois paires de pattes distincts, les deux premiers petits et sensiblement égaux, le dernier plus large. Pattes libres, à cinq articles; quelques longs poils sur les articles et de courtes épines, massives et trapues ; pas de soies natatoires.

Une griffe, assez forte et recourbée, à chaque paire de pattes, avec petites griffes accessoires. Pas de pores visibles, ni de carapace sur le dos. Couleur claire. Intérieur du corps indistinct. Pas de traces d'appareil génital.

Vue de profil et fixée sur le Culicide (fig. 5), cette larve prend un aspect moins globuleux ; elle est plus allongée dans le sens longitudinal et mesure alors 3S8 (jl de long sur 212 [x de haut ; elle semble ne tenir au corps du Moustique que par son rostre. Celui-ci est profondément ancré dans les tissus de l'Insecte, qui se déchirent souvent, quand on essaie d'arracher le parasite. Dans cette position, du moins quand il est conservé dans l'alcool, l'Acariena les pattes appliquées contre le corps, ces appendices ne semblant avoir aucun rapport avec le corps du Moustique. Le parasite apparaît alors comme un petit globule, appendu au Moustique, et n'ayant avec celui-ci qu'un seul point de contact, au niveau du rostre.

Deiucième type, — Se rapproche beaucoup du précédent, mais il a une forme moins globuleuse; la tête est moins élargie dans le sens transversal et sans les deux longues soies ; il semble. avoir une enveloppe, qui pourrait bien n'être que l'^ poc/erma des formes de passage de la larve à la nymphe. C'est chez ce type que l'on voit presque constamment à l'intérieur de la larve une masse noirâtre.

qui pourrait être prise pour une ébauche de l'appareil génital, mais qui n'est en réalité, que le résidu de la nourriture de la larve.

Troisième type. — Semble se rattacher par la grosseur du rostre à la larve d'Hydrachna : un seul exemplaire, rencontré sur un Mansonia.

Il reste à élucider deux points essentiels de l'histoire des Acariens, parasites des Culicides^ en dehors de leur détermination : d'une part leur action sur le Moustique, d'autre part la transformation, dans leur corps, du sang puisé par eux dans Testomac ou les tissus du Moustique. Peut-être certains endoparasites des Culicides trouvent-ils là des conditions favorables à leur transmission, ou même à leur dissémination.

Nous aurions voulu pouvoir donner ici, à la fois, les figures et la description de quatre types larvaires principaux d'Hydrachnides, pour pouvoir les comparer avec la forme larvaire rencontrée sur ces Moustiques de Madagascar, ainsi que la diagnose des genres d'Hydracbnides actuellement connues, aucune Hydrachnide adulte de Madagascar n'ayant encore été décrite à notre connaissance. Nous nous proposons de compléter, par ailleurs, ce chapitre des Hydrachnides. forcément très écourté, et dont la description ne pouvait trouver place ici.

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