Diptères
Un seul cas de Diptère parasite des Culicides a été observé par Fearnside. Il s'agit d*une petite Mouche que l'auteur a trouvée fixée sur des Moustiques du genre Culex, gorgés de sang ; on la trouve surtout sur ceux que l'on capture dans des endroits sombres. Si on e}^amine attentivement les Moustiques ainsi capturés, on voit qu'elle est généralement fixée à leur face ventrale. Elle mesure 1,8 mm. à 2 mm.; sa couleur générale est grise, ce qui la rend presque invisible sur le Moustique. A la loupe, on voit que la tête est noire, le thorax brun, avec une tache claire au centre et Tabdoraengris ; lorsqu'elle est gorgée de sang, on distingue, au milieu de l'abdomen, une masse brune ovale, qui n'est autre que du sang décomposé, extrait de l'estomac du Moustique. L'abdomen est de couleur grise, à huit somites ; les ailes sont membraneuses, la trompe courte et épaisse ; les pattes de couleur brune et couvertes de soies. Elle n'a pas été déterminée par l'auteur.
Aucune action du parasite sur le Moustique n'est notée par Fearnside, mais il est tout naturel de penser que ce parasite, qui se nourrit du sang contenu dans l'estomac du Culex, mérite d'être étudié ; il importerait de savoir ce que deviennent chez lui les divers parasites du sang contenus dans l'estomac du Moustique, Hématozoaires, Trypanosomes ou Pilaires, qu'il suce avec le sang de son hôte : sont-ils résorbés ou bien évoluent-ils dans le corps de ce petit Diptère, qui pourrait ensuite les répandre dans le monde extérieur. 11 se peut aussi que le Diptère lui-môme infecte le Culicide sain. Il mérite donc, pour toutes ces raisons, d'être étudié de plus près.
Nous avons vu, dans cette question des parasites des Culicides, qu'il ne faut rien laisser de côté et que, parfois, le parasite qui semblait le plus banal, et sans action immédiate sur son hôte, s'est trouvé, à la suite de découvertes ultérieures, être reconnu comme un stade d'évolution d*un parasite d'un Vertébré supérieur et acquérir, par suite, une grande importance : c'est ainsi que les formes Trypanosomes entrevues par Chattergie, chez le Moustique, n'étaient très probablement que des formes de transition d'un Hématozoaire.
Infestations multiples.
Enfm, avant de terminer cette revue des parasites des Culicides, nous ne devons pas omettre de signaler que l'on rencontre très souvent chez les Culicides des cas d'infestation multiple par endoparasites divers. Cela a lieu particulièrement dans les pays chauds.
C'est ainsi qu'on peut observer, chez le même Moustique, les Hématozoaires du paludisme aux différents états de leur phase sporogonique, kystes enkystés de la paroi externe de l'estomao^et sporozoïtes dans les glandes salivaires, et rencontrer en même temps la larve de Filaria Bancrofti enkystée dans les muscles de la paroi thoracique, et même parfois, en plus, les embryons de Filaria immitis dans les tubes de Malpighi du même Insecte. Ces diUérents parasites ne semblent pas s*exclure les uns les autres et semblent poursuivre leur évolution, chacun dans leur lieu d'élection, sans se gêner mutuellement.
Le Stegomyia calopus est sans contredit un des Culicides noté comme présentant le plus grand nombre de cas d'infestations mul-
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iiples, et le plus susceptible d'être infecté par des parasites variés ; cela tient à ce qu'il a été étudié de plus près que les autres Culicides, en ces dernières années, pour la recherche du parasite hypothétique de la fièvre jaune, que l'on a tout lieu de croire qu'il véhicule: Levures, Grégarines, Microsporidies, Filaires, etc., on a rencontré presque tous les parasites des Culicides dans son tube digestif ; et cette étude systématique n'est commencée que depuis bien peu de temps encore. Celle des autres Culicides est à faire dans le même sens; on arrivera certainement, par ce moyen, à trouver chez ces infatigables suceurs de sang que sont les Moustiques, nombre de stades intermédiaires des Hémosporidies des Vertébrés, encore inconnus à l'heure actuelle.
Ces exemples d'infestations multiples ne se rencontrent pas que dans les pays chauds ; on les voit également dans les régions tempérées ; ils sont seulement plus communs sous les tropiques étant donné l'appoint fourni par les Hématozoaires du paludisme et les Pilaires, qui viennent en multiplier le nombre.
Marlirano signale le cas de larves de Filaria immitis infectant le Moustique en même temps que le petit Distome qu'il a décrit et dont nous avons parlé plus haut. Et l'on pourrait multiplier ces exemples. A ces causes d'infestations multiples de Culicides par endoparasiles peuvent encore venir se surajouter celles dues aux ectoparasites, dont certains d'entre eux, les Acariens par exemple, sont très communément rencontrés sur les Moustiques.