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LA Ï-UTTE CONTRE LE PALUDISME EN ALGÉRIE

tout à l'heure, de quantité négligeable : ce sont les complications et les aggravations qu'il ajoute à toutes les maladies, en ruinant par avance les forces de résistance de notre organisme. Ce sont les entrave.s qu'il apporte aux manifestations de l'énergie individuelle ou collective, les chômages forcés, le travail insuflisant et la misère consécutive à tout cela.

L'un de nous s'est avisé d'éclairer, par une statistique précise, ce côté de la question, en ce qui regarde l'Algérie. Ne pouvant, par ses seuls moyens, relever tous les cas de paludisme qui se produisent annuellement en Algérie, M. Soulié s'est adressé à des Compagnies puissantes, ayant des services médicaux bien organisés et possédant les éléments d'une statistique éloquente, aux Compagnies de chemin de fer. 11 leur a demandé le nombre des journées de chômage de leurs ouvriers pour cause de paludisme, comparé au nombre global des journées de chômage. Or savez-vous ce qu'il a vu? Il a vu qu'à lui tout seul, le paludisme cause autant de journées de chômage que toutes les autres maladies réunies. Peut-on dire, après cela, qu'il est une quantité négligeable?

Aussi bien les esprits sérieux se sont ils toujours défiés de certains paradoxes et toujours appliqués à rechercher les moyens de prévenir et de guérir le paludisme.

Depuis longtemps, grâce aux efforts opiniâtres des colons, grâce à leur lutte courageuse contre la nature ennemie, grâce aux défrirhements, dessèchements, dniinages, canalisations, cultures, grâce à la quinine, grâce à l'extension de son emploi, par Maillot (1), aux fièvres pseudo continues ou continues palustres, les ravages du fléau avaient été bien atténués. Et certaines régions où, suivant un vieux dicton, « les seules colonies prospères étaient les cime tières », sont devenues des centres heureux et salubres.

On peut donc et l'cm doit dire bien haut que, sans les découvertes récentes dont nous allons parler, sans la quinine même, la colonisation de l'Algérie se serait faite. Il y aurait fallu plus d'hératombes humaines que celles qui déjà furent nécessaires; mais les héros n'auraient pas man(jué à ces sacrifices.

Si nous disons cela, ce nest pas pour rabaisser le mérite des

(1) Cf. R. Blanchard, Centenaire ûo la naissance de Maillot. La France médicale, LI, p. 121, 1904 ; Archives de inéd. et de pharmacie militaires, XLIII, p. 414, 1904.

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savants, c'est pour hausser davantage celui des vaillants colons de la première heure; c'est pour rendre à leur mémoire le juste hommage qui lui est dû. C'est enfm jmur répondre à cette ohjec tion qu'on n'a pas manqué de nous faire : « Est ce (ju'avant les découvertes de Laveran et de I^onald Ross, nous n'avions pas colonisé l'Algérie? Est ce que, bien antérieurement à la découverte de la quinine, les Romains, et avant eux d'autres peuples, ne s'étaient pas solidement implantés dans ce pays? »

Sans doute; mais, outre qu'il est difïicile de faire la part exacte du paludisme dans les causes qui finalement firent obstacle à la permanence de quelques peuples sur le sol algérien, cela n'infirme en rien la valeur des nouveaux procédés que la Science met à notre portée pour vaincre le fléau; pas plus que les antiques pataches ne déprécient à nos yeux l'invention des chemins de fer.

Deux découvertes surtout ont, de nos jours, accru dans des proportions énormes nos moyens de défense contre le paludisme, en même temps qu'éclairé et régularisé les moyens dont nous disposions déjà : celle de l'Hématozoaire de Laveran et celle du rôle des Anopheks dans la transmission de ce parasite d'Homme à Homme.

Puisque le paludisme est dû h l'invasion du sang humain par l'Hématozoaire de Laveran, et puisque l'Anophèle parait l'intermédiaire nécessaire pour que ce même parasite soit transmis d'un organisme humain déjà infecté à un autre organisme sain, il devient évident :

1" Qu'il y a un intérêt majeur à guérir, au plus vite, tout individu atteint de paludisme, ou à l'isoler en attendant sa guérison, afin qu'il ne soit pas une source où l'Anophèle vienne puiser des germes morbides pour les répandre autour de lui. Et l'usage de la quinine, qui a fait ses preuves comme agent curatif, et dont l'innocuité, lorsqu'on la manie bien, est certaine, s'impose résolument;

2<> Que les Moustiques, agents de transmission du paludisme, doivent être détruits ou écartés de l'Homme par tous les moyens possibles, sous forme d'Insectes parfaits (moustiquaires, voiles, toiles métalliques, etc.);

3<' Qu'il faut rechercher, détruire ou désinfecter les repaires où ces parasites passent leurs états de larve et de nymphe (canalisation, dessèchement, pétrolage, etc.) ;

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