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LA LUTTE CONTRE LE PALUDISME EN ALGERIE

4" Que les moyens de fortifier l'organisme humain, de le rendre jusqu'à un certain point réfractaire à Tinvasion du paJudisme simposent, comme mesures complémentaires, trouvées ou à trouver : et c'est ici que l'usage de la quinine, à faibles doses préventives, est particulièrement recommandable, sans parler des changements de climat, des séjours dans les sanatoriums d'altitude, des toniques généraux, de Taguerrissement peut-être et des vaccinations.

De tout cela, ce qui est immédiatement applicable a été reconnu, préconisé, mis en pratique à l'étranger, notamment en Italie, et en France, notamment en Corse.

En Algérie, les frères Sergent, sur le conseil de M. le professeur Roux, de rinstitut Pasteur de Paris, et avec l'appui de cette puissante institution, ont fait, depuis bientôt deux ans, dans quelques gares de TEst-Algérien, des essais pareils, pareillement couronnés de succès. Le succès n'est donc pas douteux pour quiconque voudra s'engager résolument dans cette voie. Mais il importe de ne pas s'y arrêter, de répandre les idées nouvelles, de conquérir les bonnes volontés, de multiplier les elîorts, de les faire porter sur tous les points menacés par le paludisme, en commençant par les plus exposés.

De là est née la pensée d'une Ligne de défense cœitre le paludisme en Algérie. C'est l'un de nous, M. le Professeur Soulié, qui en eut, le premier, l'idée et qui sut en prendre l'initiative. Et c'est princi paiement pour la faire connaître, pour lui susciter de nouveaux adhérents et de nouveaux encouragements (jue nous avons sollicité la faveur de prendre la parole dans ce Congrès,

Encouragé par M. le Professeur Laveran, puis par la Société de médecine d'Alger, M. le Professeur Soulié se mit à l'œuvre. Bientôt il groupait un premier noyau d'adhérents, comprenant des membres du Gouvernement, des ingénieurs, des professeurs, des médecins, des agronomes, des industriels, etc. Puis il élaborait les statuts de la nouvelle société, les faisait adopter par nos adhé rents et approuver par l'Autorité.

A peine constituée, la L/çue organisait des conférences destinées à vulgariser les nouvelles do(!trines et à frayer les voies à une propagande de faits. Elle publiait, dans le même but, des brochures, les unes très élémentaires, les autres plus complètes. Elle {)répa-

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rail des planches et des photographies pour projections, destinées à illustrer les conférences.

Bientôt le (îouvernement, l'Université nous prêtaient leur appui. L'un des frères Sergent, sollicité de devenir notre collaborateur, était nommé vice président de la Ligue et mettait à son service son expérience et son activité.

La Ligue compte aujourd'hui de nombreux adhérents, disséminés sur tous les points de l'Algérie; des médecins, pharmaciens, vétérinaires, instituteurs, agriculteurs, administrateurs, et quelcfues personnes de bon vouloir se sont ofïertes pour faire des conférences. A ces conférences se pressent de nombreux auditeurs. Les conférenciers s'inspirent des idées acquises par la science et vulgarisées par les brochures de la Ligue, dont la plus élémentaire a été répandue à îi.OOO exemplaires. Us nous empruntent nos planches et nos clichés photographiques pour projectionji lumineuses. Des brochures analogues aux nôtres se publient. Lune d'elles, due à la plume d'un olîicier distingué, se préoccupe spécialement des applications particulières des moyens prophylactiques auj: armées en campagne. Bientôt des notices très simples, en forme d'affiches, seront mises à la disposition des écoles, des mairies et des autres établissements qui en feront la demande, véritable enseignement par l'aspect.

Nos adhérents nous ont apporté leurs cotisations, modestes, utiles pourtant malgré leur modicité, et parce qu'elles contribuent à les intéresser davantage à une o'uvre pour laquelle ils ont fait un léger sacrilice pécuniaire, et parce que les sommes provenant de cette source sont employées à notre active propagande d*idées.

Ce mouvement ne s'arrêtera pas là, nous l'espérons bien. Nous espérons aussi que des dons volontaires s'ajouteront aux cotisations et permettront de subvenir à l'emploi des moyens de prophylaxie, à ce que nous appelons la propagande de faits : distribution de quinine à bon marché; dessèchement, drainage, canalisation ou pétrolagedes marais, étangs ou flaques d'eau, repaires habituels des Anophèles; préservation des habitations par les toiles métalliques apposées aux portes et fenêtres; création de sanato riums pour les convalescents, etc.

Cette propagande de faits est déjà commencée, avons- nous dit, par le D^ Etienne Sergent. Mais il lui faut des aides. Nous les trouvons parmi nos adhérents. Un certain nombre d'entre eux.

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