‹ Archives de parasitologie (volume 5)Chapitre 85 sur 110 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Arrivé à la fin de ce travail, il me paraît bon d'en dégager les points les plus intéressants et de les présenter sous forme de conclusions, qui en formeront le résumé.

I. — La bilharziose, endémique en Egypte et dans la plupart des colonies françaises du continent africain ou de ses dépendances, existe aux Antilles françaises, en particulier à la Martinique. Pouvant être observée en France sur les immigrés, elle doit être soupçonnée dans tous les cas d'hématurie à répétition ou de diarrhée chronique.

IL — Des différentes formes cliniques que revêt la « maladie bilharzienne », la forme intestinale est à la fois la plus insidieuse, la plus méconnue et Tune de celles dont le diagnostic est le plus aisé sur le vivant, grâce à l'examen microscopique des selles.

III. — Après la mort, la bilharziose intestinale offre des signes anatomo-pathologiques macroscopiques presque pathognomoniques, permettant de la différencier, à coup sûr, de la dysenterie chronique, tant amibienne que microbienne.

IV. — Seslésionsmicroscopiquesse caractérisent, avant tout, par une hyperplasie générale des parois du rectum et de la fin du côlon iliaque.

V. — Sous l'influence directe des œufs de Bilharzie, les lésions hyperplasiques de la muqueuse intestinale se compliquent de deux ordres d'altérations distinctes, non subordonnées et, pour ainsi dire, antagonistes : les ulcérations et les adénomes glandulaires,

VL — Les « adénomes bilharziens » du gros intestin ne sont que des manifestations réactionnelles, de cause purement inflammatoire, qui ne permettent, en aucune façon, de préjuger de l'origine parasitaire des cancers de l'intestin.

VIL — Par ses pontes réitérées à l'intérieur des veinules de la couche sous-muqueuse, le Ver femelle, aidé de ses œufs innom brables, détermine une endophlébite végétante simple, en aucun cas thrombosique, mais patliognomonique de la maladie bilharzienne.

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Les mêmes désordres inâanuDatoires se retrouvent dans les riches plexus veineux de l'excavation pelvienne.

VIII. — Sur les coupes microscopiques, les œufs ne siègent jamais à Tintérieur d'un vaisseau.

IX. — La sclérose diffuse généralisée à toute la région pelvienne du gros intestin, ainsi qu'aux couches cellulo adipeuses tapissant les organes et la cavité du petit bassin, ressortit moins au traumatisme exercé par les parasites adultes et leurs œufs qu'aux toxines émanées d'eux.

X. — La circonscription rigoureuse delà bilharzioseau segment terminal de l'intestin peut servir de guide dans l'étude pathogénique de cette maladie parasitaire.

EXPUCATION DES PLANCHES

Planche I.

Rectum ouvert dans sa longueur et sur sa face postérieure (grandeur naturelle).

L'infection bilharzienne a produit dans toute la hauteur de l'organe deux sortes de lésions caractéristiques : 1' épaississement général des tissus de l'organe, avec sténose rigide de ses parois, 2* ulcérations de la muqueuse dans les régions intermédiaires aux hyperplasies adénometeuses.

Les saillies adénomateuses sont arrondies, sessiles, rougeàtres, et contrastent par leur couleur, leur relief bombé assez régulier, avec l'aspect lisse, déprimé, gris sale des vastes surfaces intercalaires (où l'examen microscopique montrera la muqueuse plus ou moins ulcérée).

Planche II.

Figure 1. — Les lésions bUharziennes de la muqueuse rectale.

Coupe portant à la fois sur une saillie adénmriateu&e de la muqueuse hyperplasiée et sur une région déprimée adjacente, ulcérée largement, x 5.

Coloration à l'hématoxyline-éosine.

Les trois quarts de gauche de la figure sont occupés par des lésions ulcératives. La presque totalité des culs de-sac des glandes de Lieber-^ kûhn y ont disparu. La muscularis mucosae, bien reconnaissable à la mince bande rosée qui soutient la portion encore conservée de la muqueuse enflammée, délimitée souhait la coucbe sous-muqueuse, elle-même tort altérée*

bilhâaziose intestinale 435

Un œuf de Bilbarzie se reconnaît juste au dessus de la musculariSy à droite, presqu'au milieu de la préparation ; il est d'un jaune orangé, et couché parallèlement à la surface de l'ulcération.

Les veines et les artères de la sous muqueuse sont bien apparentes. Au bas de la préparation, la portion la plus interne de la couche musculeuse se montre normale et délimite ainsi la couche sous-muqueuse. II est facile de constater, de la sorte, Tétat inflammatoire de la sous-muqueuse, infiltrée d'éléments embryonnaires (colorés en violet).

A droite de la préparation, le relief est formé par la muqueuse hyperplasiée d'une manière excessive. Les coupes des glandes de Lieberkùhn y forment un demi cercle, à concavité tournée à droite, en bordure autour d'une bande de tissu conjonctif (tissu sous-muqueux hyperplasié) vivement enflammé, et infiltré d'œufs de Bilbarzie.

Non loin de la pointe, dessinée sur la gauche par le bourrelet adénomateux glandulaire, apparaît un paquet de 8 œufs de Bilbarzie. Ces œufs sont fortement teintés (en rouge-orangé); quelques-uns sont cerclés d'une auréole d'éléments embryonnaires (en violet foncé). La cause de rhyperplasie totale de la muqueuse et de la couche nutritive sous-jacente est ainsi appréciable.

Les glandes de Lieberkùhn sont, pour le plus grand nombre, eu voie de prolifération hyperplasique manifeste; leurs culs de-sac ont végété; la lumière glandulaire est, sur plusieurs points, très dilatée.

Figure 2. — Coupe passant par un relief bourgeonnant de la muqueuse rectale et montrant en même temps Vatrophie de la presque totalité des glandes de Lieberkùhn, Vhyperplasie de quelques-unes d'entre elles^ la prolifération conjonctivo-vasculaire du derme de la muqueuse et l'infiltration d'cmfs de Bilharzie à la base de toutes ces lésions, x 24.

Coloration : éosine hématoxvline-Gram.

La saillie papuleusc dessinée par la muqueuse enflammée est composée de nombreux vaisseaux capillaires dilatés sertis au milieu de travées conjonctives riches en éléments embryonnaires. A gauche et à droite de cette papule, on voit trois culs-desac glandulaires diversement sectionnés, mais manifestement hyperplasiés, pour deux d'entre eux au moins.

La partie profonde du derme de la muqueuse est occupée par une soixantaine d'œufs, colorés en jaune- vert sale par la technique, et bien reconnaissables. Quelques-uns, mouchelésde rose orangé, sont envahis par la calcification; le plus grand nombre sont munis d'un éperon latéral.

La muscularis mucosae trace à là base de la muqueuse une bande rosevif, épaisse. Elle est traversée, vers la partie moyenne de la préparation, par un Ilot inflammatoire, reliquat d'un follicule lymphatique atrophié.

Figure 3. — Les œufs de Bilharzie dans la muqueuse rectale.

Coupe de la muqueuse atteinte d'hitperplasies interstitielles et glandulaires. X 28.

Coloration : orcéine-bématoxyline.

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La coupe porte sur une partie voisine du sommet d'un bourgeonnement adénomateux de la muqueuse rectale. L'orcéine n'a pu mettre en relief aucune fibre élastique, tant dans la muqueuse épaissie et bourgeonnante que dans la portion la plus élevée de la couche sous-muqueuse fortement enflammée et sclérosée.

Les travées de la sous muqueuse occupent l'angle inférieur et gauche de la figure. On y reconnaît quelques tractus de fibres musculaires lisses, d'un ton rosàtre, dissociés et épaissis, entre les mailles desquels se sont infiltrés des placards d'éléments lymphatiques (en violet).

Vers le milieu de la préparation, un œuf de Bilharzic se montre, bien reconnaissable à sa forme et à son éclat. Il s'est logé, fait exceptionnel, au milieu d'un follicule lympkatique; c'est le seul exemple observé dans le cas actuel, sur plusieurs milliers d'œufs reconnus et toiM)graphiés tant dans la muqueuse que dans la sous-muqueuse.

Ce follicule lymphaticjue, logé à la base même de la muqueuse, se reconnait à sa circonscription exacte et à sa topographie précise. Il correspond à une partie de la muiiueusc où les glandes de Lieberkûhn sont plutôt rares et font môme, en un point, complètement défaut.

La muqueuse est, dans cette région, le siège d'une inflammation chronique intense, végétante et hyperplasique. Tous les interstices qui séparent les tuyaux glandulaires sont élargis, sillonnés de vaisseaux sanguins dont les ondulations affectent, d'une manière générale, une direction perpendiculaire à la surface de l'intestin. Les éléments lymphatiques se montrent, dans tous ces espaces interstitiels, nombreux et vivement colorés (en violet).

Les glandes qui persistent ont subi un double processus hyperplasique : tout d'abord, elles se sont allongées, d'une façon excessive; les parties les plus heureuses de la coupe permettent de suivre, sur presque toute la hauteur de la mu(|ueuse((|ualreoucinq fois plus épaisse que normalement) une ou plusieurs glandes en tube hyperplasiées en long, proportionnellement à l'épaississement de la mu(|ueuse. D'autres glandes ont subi, en même temps, un travail d'hyperformalion plus complexe: elles ont bourgeonné et, de glandes en tube simple quelles étaient, elles sont devenues glandes ramifiées. Ces proliférations exubérantes des glandes muqueuses du gros intestin s'accompagnent, à l'ordinaire, de dilatations partielles de la lumière glandulaire, ainsi que le montre le haut de la- préparation. On y aperçoit quatre ou cinq coupes de glandes dans lesquelles les épithéliums, hypertrophiés à l'extrême , sont beaucoup plus hauts et beaucoup plus clairs, par exemple, que dans les tubes simples figurés au voisinage du follicule lymphati(|ue décrit précédemment.

Les glandes adénomateuses oITrent les formes les plus diverses, les moins réglées. D'une façon absolue cependant, jamais les culs de-sac les plus profonds ne dépassent la couche de la mu^ci^ton^mtieosae, qui demeure la barrière anatomique au dessous de laquelle l'adénome cesse et où commencerait l'évolution cancéreuse.

L'obliquité de la coupe par rapport aux glandes adénoinateuses met en relief l'hyperplasie excessive du tissu conjonctivo-vasculaire intercalaire, qui bourgeonne à la surface interne de l'organe. Grâce à cette préparation, il est facile d'expliquer le mécanisme des hémorrbagies intestinales, habituelles au cours de la bilhar/iose recto-côlique.

Figure 4. — Un paquet d'œufs de Bilharzie incrustés dans la muqueuse. X 200.

Coloration : orcéine-hématoxyline.

Huit œufs de Bilharzie. avec les dillérents aspects qu'ils montrent sur les coupes microscopiques.

La technique par l'orcéine (agissant avant l'hématoxyline) offre l'avantage incomparable de donner à la membrane de l'œuf) à la coquille, un ton jaunâtre, fixe, fort utile ({uand il s'agit de reconnaître (comme au haut de la préparation) quelque fragment d'œuf isolé au milieu des tissus.

Le double contour dessiné par la coquille est mis en valeur et permet de suivre tous les détails de la membrane anhiste.

Le plus grand nombre de ces œufs est muni de prolongements acérés, de véritables épines, dont la pointe s'enfonce dans les tissus environnants. Deux œufs ont leur épine rompue, mais demeurée dans le prolongement de leur axe; la technique suivie est probablement en cause et donne la preuve de la condensation, de la dureté et de la friabilité de cette partie de l'enveloppe chitineuse de l'œuf.

Les épines sont, ici, toutes latérales par rapport au grand axe de l'œuf. Sur d'autres préparations, nous les trouverons placées dans l'axe même de l'œuf, en prolongement plus ou moins exact de l'un des deux pôles, parfois aussi de l'un et de l'autre des deux pôles.

Un certain nombre de ces œufs montrent, mélangées au tissu de l'embryon, de petites granulations vivement colorées en violet et trop ténues pour [K)uvoir être considérées comme des noyaux de cellules appartenant à l'embryon. 11 s'agit de granulations calcaires, indice de la mort de l'embryon, plutôt que de poussières nucléaires en voie de karyolyse.

Plusieurs des œufs sont manifestement rompus, soit par suite de traumatisme exercé par le rasoir, soit spontanément. Les éléments lymphatiques accumulés autour de cette colonie d'œufs de Bilharzie sont en rapport avec les altérations organiques subies par l'embryon.

Figure 5. — Trois œufs logés dans la sous-muqueuse ^ avec les différents aspectsde lésions qui les atteignent, x 200.

Coloration : orcéine-hématoxyline.

L'œuf de gauche montre son embryon formé de deux niasses ovalaires superposées et mouchetées de granulations petites (fortement teintées par l'hématoxyline). L'embryon est mort et commence à être envahi par la calcification.

L'œuf du milieu (un peu placé hors de sa loge, par suite de la technique) est totalement calcifié. Les parties organisées qu'il contenait du vivant de

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l'embryon se sont toutes fondues en un bloc calcaire, d'un ton rose violet par endroits; la coque elIe-mémc prend part à la dégénérescence calcaire; du moins, elle ne garde qu'à peine visible, parondroits, son ton jaunâtre et son double contour. Quelques leucocytes sont accrochés à la surface de ce calcul d'origine parasitaire. Les éléments embryonnaires (phagocytes) se sont accumulés au pourtour de l'œuf mortifié.

A droite, un œuf vidé par suite de l'expulsion de l'embryon apparaît sous forme d'une fente limitée, de part et d'autre, par une enveloppe chitineuse saine encore, fichée dans le tissu conjonctif intestinal.

Plusieurs vaisseaux capillaires normaux se montrent au voisinage de ces trois œufs; la plupart sont remplis de leucocytes. Par comparaison, on comprend l'impossibilité matérielle pour un œuf de Bilharzie de se loger à l'intérieur d'un vaisseau capillaire sanguin ; les dimensions de ces vais seaux sont toujours extrêmement inférieures au diamètre moyen d'un œuf de Bilharzie vivant ou mort, encore plein ou déjà évacué.

Figure 6. — Deux coquîUes évacuées, au voisinage de glandes de Lieberkilhn, X 200. Déhiscence d^s œufs. Évacuation des embryons.

Coloration : orcéine-hématoxyline.

Deux œufs rompus et vides, bien reconnaissables à leuV couleur jaunâtre, sont logés au milieu du tissu conjonctif, entre deux glandes de Lieberkûhn.

La coque située à droite, tout contre la glande, montre, de face, lou verture par où s'est évacué l'embryon. Les lèvres de la rupture sont nettes ; elles laissent voir l'intérieur de la coque dans laquelle se sont logés quelques lymphocytes, reconnaissables à leur noyau foncé, vivement coloré en violet-noir; plusieurs noyaux en karyolyse les accompagnent et forment des petits amas de matière nucléaire incrustés à la face interne de la paroi de l'œuf.

La coque, à gauche, montre deux orifices diamétralement opposés; l'un est superficiel, tangentiel à la surface de la coupe et parait avoir été, sinon fait entier, du moins élargi par le rasoir ; l'autre est placé sur un plan profond, peut être tangentiel, lui aussi, à la surface inférieure de la coupe microscopique. De toute façon, il est facile d'établir que l'œuf ei\ question était rompu avant tout traumatisme résultant de la pré paration : les leucocytes mono-nucléaires logés à la face interne de la coque, dans l'intervalle qui sépare les deux orifices, suiTisent à cette démonstration. Plusieurs noyaux de C€S phagocytes y sont également en karyolyse et ont formé des poussières nucléaires, ténues, inégales, polymorphes. La surface de la coque montre un éperon latéral contre lequel de nombreux phagocytes se sont groupés.

Le tissu interstitiel (zone inter glandulaire) qui loge ces deux œufs rompus et évacués est parsemé de nombreux vaisseaux capillaires, sinueux et dont les parois sont souvent épaissies. Les phagocytes se sont infiltrés dans les mailles dti tissu conjonctif sclérosé; on en voit surtoutun amas abondant au-dessus de la glande située à gauche de la préparation.

Archines df ParasUolngic .IX. I

nlcslinale. Lésions du i'

'il* Vf.".

BILHARZIOSE INTESTINALE 439

Il faut noter l'absence constante, sur toutes nos préparations, de la moindre hémorrhagie interstitielle soit ancienne, soit récente. Le sang n'a déposé aucun pigment dans ces mailles conjonctivo-vasculaires chroniquement irritées. L'œuf de Bilbarzie est un corps étranger vivant, qui progresse à travers les tissus sans produire jamais autour de lui aucune thrombose intra-vasculaire ni aucune hémorrhagie interstitielle.

Les épithéliums glandulaires, cylindriques, très hypertrophiés, ont été envahis par un grand nombre de leucocytes qui se sont intiltrés dans les interstices intercellulaires.

Figure 7. ~ Déhiscence et évacuation des œufs, x 300.

Coloration : ôrcéine-hématoxyline.

Trois coques, vides de leur embryon, se sont fixées au contact d'une glande de Lieberkùhn. Les deux coques les plus rapprochées de la glande affectent une forme et une disposition des plus remarquables. La rupture de l'œuf s'est produite au niveau du pôle supérieur, vers le sommet de l'ovoïde. Il semble que ce sommet ait été détronqué par une section transversale. Un tel aspect est très fréquent sur les coupes.

La coquille de droite, couchée le long de la préparation montre sa ligne de déhiscence au voisinage d'un éperon latéral, bien visible.

L'évacuation de l'embryon s'est produite dans le tissu interstitiel; peutêtre a-t-elle eu lieu dans la cavité même de la glande de Lieberkùhn adjacente, comme le donne à supposer la figure présente. En tout cas, jamais on n'a trouvé trace d'un embryon, soit dans le tissu interstitiel, soit dans une des nombreuses cavités glandulaires surdistendues qui sillonnent les coupes de la muqueuse, parmi les zones hyperplasiées.

La glande visible sur la ligure est le siège d'une irritation inflammatoire chronique certaine; sa cavité est dilatée; ses épithéliums cylindriques hypertrophiés sont gorgés, pour leur presque totalité, d'énormes gouttes de mucus. Au contact des deux coquilles rompues, le tissu glandulaire et les couches cellulaires sous-jacentes présentent tous les signes d'une irritation hyperdiapédélique et hyperplasique intense.

De nombreux leucocytes ont pénétré à l'intérieur des œufs rompus.

REVUE BIBLIOGRAPHIQUE

\V. KoLLE und A. Wassermanx, Hondbuch der pathogenen Mikroorgaîiismen. lona, G. Fischer, 4 vol. cl atlas, 1902-1904. — Prix : broche, 112 nik; relié, 127 mk.

Nous avons déjà apprécié cette œuvre capitale (V, 609; VI, 507); elle est maintenant achevée : elle s'est soutenue jusqu'au bout et mérite de tous points les éloges que nous lui avons décernés. Avec l'aide d'une cinquantaine de collaborateurs dos plus qualiliés, tant allemands qu'étrangers, les professeurs Kolle et VVassermaxn ont rédigé l'encyclopédie micro biologique la plus complète et la plus précise que nous ayons à l'heure présente. L'ouvrage est volumineux, puisqu'il représente cinq tomes en quatre volumes, plus un bel atlas; aussi envisage t-il sous toutes leurs faces les multiples questions relatives à la biologie et au rôle pathogène des microorganismes; il donne un tableau fidèle de la science actuelle.

Sous le nom de microorganismes, les auteurs englobent les Bactéries, les Champignons parasites et les Protozoaires parasites. Il ^'agit principalement de médecine humaine, mais la médecine des animaux n'est pas laissée dans l'ombre; les chapitres consacrés à l'hémoglobinurie du Bœuf (fièvre du Texas), au rouget du Porc, à la peste bovine, etc., sont là pour témoigner de la part faite à la pathologie comparée, en tant qu'elle éclaire et guide la médecine humaine. Un tel ouvrage ne fait donc, à aucun degré, double emploi avec le livre de Nocard et Leclainche.

J. Darricarrère, Au pays de la fièvre. Impressions dt la campagne de Madagascar. Paris, P. V. Stock, in-16* de xviii-387 p., 1904. Prix: 3 fr. 50.

Ce livre se présente dans le format et sous l'aspect d'un roman, mais combien il diffère des œuvres d'imagination que les écrivains à la mode offrent chaque jour à leurs belles lectrices! L'auteur a fait, en qualité d'aide-major du régiment d'Algérie, toute la campagne de Madagascar, du 5 février au 19 octobre 1895; il a pris, du premier au dernier jour, des notes détaillées, dont ce livre n'est que la transcription.

Rien n'est plus poignant, rien n'est plus intéressant que ces pages où l'on assiste à la lutte incessante et malheureuse des troupes Iranvaises, non contre les Hovas, mais contre les Moustiques, contre le soleil, contre l'ennemi le plus terrible, parce que le plus insidieux et le plus déprimant: la fièvre. Sans prétention littéraire, mais avec un accent de sincérité troublante, l'auteur nous retrace le tableau fidèle et navrant de celte campagne désastreuse, (|ui a coûté à notre armée 14 tués, 97 blessés et au moins 8000 morts de fièvre. Ce livre doit être lu, relu et médité j)ar tous ceux qui affrontent les régions iiilertropicales et qui. médecins ou colons, sont destinés à vivre dans les pays palustres.

PAR

E. VENTRILLON

Pharmacien-major des troupes coloniales

Stegomyia Lamberti n. sp.

DiAGXosE hv MÂLE. — Têtc, — La tête est noire. De chaque côté de rocciput, se trouvent des écailles noires plates ; au milieu sont des écailles blanches. Toutes ces écailles sont plates et larges. La base des antennes et le bord des yeux, aussi bien en dessus qu'en dessous, sont bordés d'écaillés blanches. Sur la nuque, on voit des écailles en fourchette noires. Chjpem noir et couvert d'écaillés blanches plates. Antennes : articles légèrement jaunâtres avec de longs poils noirs. L'article apical possède quelques poils jaunâtres. Palpes noirs et composés de 5 articles. Les articles sont recouverts d'écaillés noires plates, mais leur base porte une tache d'écaillés blanches. Cette tache ne fait pas le tour des deux derniers articles de l'extrémité apicale. Trompe presque aussi longue que les palpes, non rayée, couverte d'écaillés noires, plates, denses. Quelques écailles paraissent moins noires que les autres.

Thorajc. — Les lobes du prothorax portent des écailles noires et des écailles blanches plates. Le mésothorax est noir avec une ligne médiane d'écaillés blanches f usiformes et une petite tache blanche en face du scutellum. Le scutellum porte sur son lobe central une forte plaque d'écaillés blanches plates. Les lobes latéraux ont aussi des écailles blanches plates mais en petit nombre. Les flancs portent de nombreuses écailles blanches, formant de petites taches, au nombre de 10 à 12. Le metanotum est jaunâtre et nu.

Abdomen. — Les segments, vus en dessous, présentent à leur base une ligne transversale d'écaillés blanches plates. Tout le reste du segment est recouvert d'écaillés noires plates. La partie apicale des segments porte quelques poils fauves. La ligne blanche du 1**' segment, du côté de la base, est très large et forme comme une

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grosse toulïe d'écaîlles blanches. Vues de côté, les lignes blanches des segments forment comme une grosse touffe.

Vus en dessits, les segments ont à leur base une ligne d'écaillés blanches plates, mais cette ligne ne va pas d'un bord à l'autre. Les deux derniers segments n'ont pas cette ligne blanche. Chaque segment possède en outre une tache blanche latérale à sa base. Cette tache s'étend jusqu'au milieu des bords des segments ; tout le reste est recouvert d'écaillés noires plates. Les balanciers sont jaunâtres, avec quelques écailles blanches plates. La vrille des organes génitaux est moins large à la base qu'au sommet et ressemble à un yatagan.

Ailes, — Les ailes sont noires. Les écailles des nervures sont toutes noires et de deux sortes : plates-tordues et longues-étroites. L'extrémité de la sous-costale se trouve à la hauteur de la nervure transversale médiane. Les cellules en fourchette : i*''' sous-margi nale et ^ postérieure sont presque de même longueur, néanmoins la base de la 1'^' est plus près de la base de l'aile que celle de la 2r. La 1'® est un peu plus étroite que la seconde. Le tronc de ces deux cellules et presque égal à leur longueur. La nervure transversale surnuméraire est plus près de la base de l'aile que la nervure transversale médiane. La nervure transversale postérieure est la plus longue des trois et est distante de la médiane de près de deux fois sa propre longueur. Les franges ne sont constituées que par deux étages d'écaillés.

Pattes. — Dans la patte antérieure, la hanche possède une forte ligne d'écaillés blanches dans le sens de sa longueur. Le fémur est recouvert d'écaillés noires plates avec une ligne d'écaillés blanches tout le long du fémur. Il y a une petite tache blanche à l'extrémité. Le tibia est tout noir avec une petite teinte jaune à l'extrémité. Le métatarse et le premier article du tarse sont noirs avec une tache blanche à la base. Les autres articles du tarse sont noirs. Il y a deux ongles très longs et inégaux dont un est denté.

La patte moyenne est entièrement semblable à l'antérieure, sauf pour les 3^ et ¥ articles du tarse qui ont des écailles Jaune sale. Il y a aussi deux ongles très longs et inégaux dont Tun est denté.

Dans la patte postérieure, la hanche porte les mêmes écailles blanches que plus haut. Le fémur est couvert d*écailles blanches

sur toute la moitié du côté de la base et d'écaillés noires sur la moitié apicale. Cependant cette dernière moitié est partagée en deux par une ligne d'écaillés blanches. L'extrémité porte une petite plaque blanche. Le tibia est noir. Le métatarse est noir avec une belle bande blanche à la base. Le 1*'' et le 2® article du tarse sont semblables au métatarse, mais la bande blanche est plus petite. Le 3^* article du tarse est blanc avec une petite tache noire à l'extrémité. Le 4*^ article est blanc. 11 y a deux ongles courts, égaux et non dentés. Formule unguéak : 1.0-1.0-0.0.

DiAGNosE DE LA FEMELLE. — Tête, — Semblable à celle du mAle. Les a/i/cnnes ont 14 articles et celui de l'extrémité apicale estétran glé au milieu. Les articles sont blanc sale et portent des poils noirs. L'article basai est entouré décailles blanches plates. Ldii palpes ont 4 articles : les deux basilaires sont très courts, le 3*' est plus long que les deux premiers réunis, enfin le 4*' est le plus long. La moitié apicale de ce dernier article est recouverte d'écaillés blanches plates; tout le reste des palpes est couvert d'écaillés noires. Leclypeus est volumineux et forme comme une boule entre les palpes; il est noir et possède une ligne transversale d'écaillés blanches plates.

Thorax et abdomen. — Semblables à ceux du mâle.

Ailes , — Semblables à celles du mâle sauf les différences suivantes : la nervure transversale postérieure est éloignée de près de trois fois sa propre longueur de la nervure transverse médiane. L'extrémité de la sous costale se trouve à la hauteur de l'espace compris entre la transverse surnuméraire et la base de la première cellule sous-marginale; les franges sont composées de trois étages d'écaillés.

Pattes. — L'antérieure est semblable à celle du mâle, à part les écailles des tarses qui ne sont pas aussi noires et ont une teinte jaune. Les deux autres pattes sont semblables à celles du mâle. Formule unguéale : l.l-l.i-0.0.

Longueur. — G"»»", trompe comprise.

Habitat. — Nous en avons eu de rares spécimens de Diégo-Suarez et d'Ankazobi,mais il nous en est parvenu de Majunga un très grand nombre qui nous ont permis de rédiger la description que nous venons de donner. Sur nos indications, M. Lambert, pharmacien des troupes coloniales, plaça un vase avec de l'eau sur la fenêtre

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de son laboratoire, à Thôpital militaire de Majunga et, quelque temps après, il nous envoyait plus de 50 spécimens de ce Moustique, nés en cage. Cet élevage fut fait en juin-juillet, mais on peut capturer ce Moustique toute l'année.

Eratmapoditas Condai n. sp.

DiAGNOSE DE LA FEMELLE. — Tètc, — La tôtc cst uoire. Le milieu et les bords de l'occiput sont couverts d écailles blanches plates. La nuque porte de nombreuses écailles en fourchette noires et jaunes. Le clypeiis est gris et nu. Les antennes ont les articles gris: les deux articles de la base portent des écailles jaunes plates sur leur côté interne. Les autres articles portent de longs poils noirs et des poils blancs courts. Les palpes sont complètement recouverts d écailles noires plates. Ils sont formés de trois articles : les deux basilaires sont courts, le troisième est plus long que les deux autres réunis. La trompe est très longue par rapport aux palpes. Elle est noire, mais les écailles qui la recouvrent ont des reflets blanc jaunâtre. Le labrum est un peu jaune.

Thorax. — Les lobes du prothorax sont noirs et portent de nombreuses écailles blanches plates : la tige de ces lobes est jaune. Le mésothorax est jaune; il est très écailleux sur le dos dans sa moitié antérieure. On remarque : i^ quelques poils noirs ou jaune noirâtre sur le front et sur les côtés; 2^ une ligne d'écaillés noires faisant le tour du mésothorax ; 3^ deux lignes longitudinales d'écailles noires; 4" entre ces deux lignes et la ligne courbe précédente on voitde nombreuses écailles jaunes. Toutes ces écailles sont courbes mais les noires sont moins larges que les jaunes. La moitié postérieure est très peu écailleuvse. On remarque les mêmes écailles jaunes et noires sur les bords et deux petites touffes décailles noires et jaunes en face du scutellum. Le liane du mésothorax porte une ligne, un peu courbe, à fond noir, couverte d'écailles blanches plates et une petite toulïe d'écailles semblables à la base des trois pattes. Le scutellum est jaune et porte : 1» deux touffes d'écailles blanches plates en son milieu, dont l'une est contre le bord du raésothorax et l'autre sur le bord du lobe central ; 2» de nombreuses écailles noires plates sur ses lobes, mais surtout sur

le lobe central; 3® une touffe d'écaillés jaunes courbes surles lobes latéraux; 4» quelques poils noirs sur le bord des trois lobes. Le métanotum est jaune et est parcouru par cinq bandes longitudinales noires. Les balanciers ont la tige jaune et la boule noire, couverte de petites écailles noires plates.

Abdomen, — La face dorsale des segments est noire et couverte d écailles plates, denses, de couleur blanc sale. On remarque une tache blanche sur le milieu des bords : cette tache blanche envahit Texlrémité des deux derniers segments. La face ventrale est couverte des mêmes écailles mais l'extrémité des segments porte une tache blanche triangulaire. Le 1" segment porte une forte touffe d*écailles blanches.

Ailes. — Les ailes ne sont pas tachées. Les écailles sont petites, plates, noires, un peu asymétriques. L'extrémité de la sous-costale arrive au milieu du tronc de la première cellule sous-marginale. Cette cellule est plus longue et un peu moins large que la 2® cellule postérieure. Le tronc de la première est égal à sa longueur, tandis que le tronc de la 2^ est une fois et demie plus long qu'elle. La nervure transversale surnuméraire est plus près de la base de l'aile que la nervure transversale médiane. La nervure transversale postérieure est éloignée de la médiane d'une fois et demie sa propre longueur. Les franges ont trois étages d'écaillés.

Pattes. — La hanche et le trochanter sont jaunes et portent quelques écailles plates, jaunes et quelques poils jaunes. Le fémur est est jaune, son tiers inférieur est couvert d'écaillés jaune pâle, le reste porte des écailles noires. Le reste de la patte est couvert d'écaillés noires denses. Toutes les pattes sont semblables. Fonnufc unguéak : iA-iA-0.0.

Longueur. — 6'""^5.

DiAGNosE DU mAle. — Têtc. — Semblable à celle de la femelle. Les antennes ont les articles blancs et portent de longs poils noirs. Les deux articles de la base portent des écailles jaunes plates. Les palpes ont 4 articles et sont complètement recouverts d'écaillés noires. La trompe est semblable à celle de la femelle et est un peu plus longue que les palpes.

Thorax. — Semblable à celui de la femelle.

Abdomen. — Semblable à celui de la femelle. Les pinces sont couvertes de poils noirs.

446 E. VENTRILLON

Ailes, — Elles sont semblables à celles de la femelle, mais les (ranges sont à deux étages d'écaillés depuis la base de Taile jusqu'au milieu de la cellule anale et à trois étages d'écaillés depuis ce point jusqu'à l'extrémité de l'aile.

Pattes, — Semblables à celles de la femelle, sauf pour les ongles qui corespondent à cette formule: 0.0-0.0-0.0.

Longueur. — 6"i">3.

Observation, — Je dédie cette espèce au D'Condé, médecin-major de 2<) classe des troupes coloniales. Cest à son obligeance que je dois d'avoir eu des Moustiques de Mayotte.

Haptaphiabomyia argenteopunctata n. sp.

DiAGNOSE Dr MALE. — Tète, — La tête est noire. L'occiput est couvert d'écaillés blanches courbes et d'écaillés noires en fourchette. Les yeux sont entourés d'écaillés blanches courbes. Le clypeus est noir. Les antennes ont les articles blancs avec de longs poils noirs. Les palpes sont h 4 articles, l'article basai est très court, le i** est très long, noir, couvert d'écaillés noires dans sa moitié inférieure : au dessus, il y a une partie dénudée et blanche, puis une portion couverte d'écaillés blanches et de (|uelques écailles noires; l'extrémité est couverte d'écaillés noires. Les deux autres articles sont noirs, couverts d'écaillés noires et de longs poils noirs. La base du 3** article porte une petite touffe d'écaillés blanches. La trompe est plus courte que les palpes. Elle est noire avec une très large bande d'écaillés blanc sale sur son tiers moyen.

Thorajc, — L'extrémitédeslobesdu/>ror/<oraarestcouverted'écailles blanches fusi formes. Le mésothorax est noir avec de petites écailles noires à reflets jaunes. A la partie supérieure, il présente : 1*> une petite touffe d'écaillés blanches fusiformessur son front; 2^ une autre petite toulTe de mêmes écailles de chaque côté, dans la partie la plus large; 3» enfin, un peu plus en arrière, une tache latérale blanche plus large que lesj)récédentes. Decùtéon aperçoit une petite touffe d'écaillés blanches sur le bord du mésothorax, une autre sur le cou et deux autres sur les flancs. Le scutellum est jaune et ses lobes sont couverts d'écaillés blanches fusiformes. Le métanottim est noir sale et nu. Les balanciers ont la tige jaune et la boule apicale noire couverte d'écaillés noirâtres.

Abdomen. — Les segments ont une teinte jaune, sont couverts d'écaillés noires plates et portent quelques poils noirs à leur extrémité. On voit à leur base une tache formée d'écaillés blanches. Cette tache, d'abord confinée à la région médiane, va en s'élargissant jusqu'à atteindre les bords du segment; à partir de ce moment elle se transforme en tache latérale prolongée jusqu'au dernier segment. Les lobes génitaux externes sont assez courts. Ils portent en dessous, vers leur partie médiane, cinq poils et une large lame transparente en forme de spatule. La pince est plus large à la base qu'à l'extrémité et est terminée par deux pointes dont une est plus grande que l'autre.

Ailes. — Les ailes ne sont pas tachées. La première cellule sousmarginale est plus longue et plus étroite que la 2® cellule postérieure; sa base est plus rapprochée de la base de l'aile quel'extrémité de la sous-costale; son tronc est égal à la moitié de sa longueur, tandis que le tronc de la 2« cellule postérieure est égal à sa longueur. La nervure transversale surnuméraire est plus près de la base de l'aile que la nervure transversale médiane. La nervure transversale postérieure est éloignée de la médiane de deux fois sa propre longueur. Cette espèce a une fausse nervure couverte d'une rangée d'écaillés, ce qui fait qu'elle possède 7 nervures au lieu de 6.

Pattes. — Les hanches sont jaunes avec une mince ligne d'écaillés blanc sale. Dans la patte antérieure, la partie dorsale du fémur est couverte d'écaillés jaunes et la partie ventrale d'écaillés noires. L'extrémité est munie d'une petite touffe d'écaillés blanches. Le tibia est couvert d'écaillés jaunes avec quelques écailles noires sur la partie dorsale. L'extrémité porte une petite touffe d'écaillés blanches. Tout le reste de la patte est couvert d'écaillés noires à reflets jaunes. Il y a deux ongles égaux, longs et dentés. La patte moyenne est semblable à l'antérieure : elle porte deux ongles inégaux, dont l'un est denté.

Le fémur de la patte postérieure est couvert d'écaillés blanc jaunâtre sur les deux tiers de sa longueur; l'autre tiers est couvert d'écaillés noires. L'extrémité porte une petite touffe d'écaillés blanches. Le tibia est noir, avec une belle bande blanche à l'extrémité. Tout le reste de la patte est noir. Il y a deux ongles égaux, courts et non dentés. Formule ungaéale : 1.1 - 1.0 - 0.0.

Longueur. — 6°»'"3, trompe comprise.

448 E. YENTRILLON

DiAGNOsE DE LA FEMELLE. — Têtc. — Semblable à celle du mâle. Les articles des antennes sont jaunâtres. Les palpes sont noirs. Là trompe est noire avec une bande jaune au milieu.

Thorax. — Vu de côté, le thorax présente 9 à 10 petites taches blanches. 11 est semblable à celui du mâle. L'abdomen, les pattes et les ailes sont semblables à ceux du mâle. Formule unguéa/c; 0.0-0.0-0.0.

Longtieiir. — o^^S, trompe comprise.

Habitat. — Tananarive et ses environs. On peut le capturer toute l'année mais surtout pendant la saison des pluies. C'est une espèce très rare.

Heptaphlebomyla Monforti n. sp.

DïAGNOSE DU MÂLE. — Tête. — La tête est grise : elle porte sur le milieu des écailles courbes fauves et des écailles en fourchette noires et sur les bords des écailles blanc jaunâtre. Les yeux sont bordés de petites écailles blanches. Les antennes ont les articles blancs et des poils noirs très longs. 11 y a quelques écailles blanches sur l'article basai. Le clypeus est petit, noir et nu. Les palpes ont 4 articles couverts d'écaillés noires : la base des deux articles terminaux porte une petite toulle d'écaillés blanches. La trompe est noire, non rayée, et n'arrive pas à la hauteur de la base du dernier article des palpes.

Thorax. — Les lobes du prothorax portent de nombreux poils jaunes et quelques écailles jaunes allongées. Le mésoihorax est gris noir et est couvert d'écaillés courbes fauves. Lescutellum est un peu jaunâtre et possède de très nombreuses écailles fauves sur ses trois lobes. Le métanotum est grisâtre et nu. Les ilancs portent quelques plaques décailles blanches plates. Les balanciers sont blanc jaunâtre.

Abdomen. — Les segments ont une teinte jaune noirâtre et sont couverts d'écaillés noirâtres. Ils portent une bande d'écaillés blanches plates à leur base et de nombreux poils jaunes au pourtour. Les bords des segments présentent une tache latérale et basale d'écaillés blanches plates. La partie ventrale des segments est couverte d'écaillés blanches plates.

Ailes. — Les ailes (fig. l)ne sont pas tachées. Les écailles des ner

vures sont noires, étroites, excepté celles des nervures sous-costale et première longitudinale qui sont larges et plates. L'extrémité de la nervure sous-costale arrive à la hauteur de la base de la première cellule sous-marginale. Cette cellule est beaucoup plus longue et un peu plus étroite que la 2® cellule postérieure. Le tronc de la première cellule a le tiers de la longueur de cette cellule, tandis que le tronc de la 2^' cellule postérieure est aussi long qu'elle. La nervure transverse surnuméraire est plus près de la base de l'aile

Fig. 1. — Aile d'Heptaphlebomyia Mont font.

que la médiane. La nervure transversale postérieure est éloignée de la médiane de plus de deux fois sa propre longueur. Ce Moustique possède une 7« nervure écailleuse. Les franges ont deux étages d'écaillés de la base de l'aile à l'extrémité de la 5« nervure longitudinale et 3 étages de ce point à l'extrémité de l'aile.

Pattes, — Les hanches sont jaunes et portent quelques écailles blanches. Le fémur delà patte antérieure porte des écailles blanches plates sur la face dorsale et des écailles noires sur la face ventrale. L'extrémité est un peu jaune. Le tibia est noir et presque couvert d'écaillés blanches. Les autres parties sont noires, mais couvertes de nombreuses écailles jaune sale. Les pattes moyenne et postérieure sont semblables à l'antérieure, mais les fémurs sont presque entièrement blancs. FormuU unguéale: Ll-1. 1-0.0.

Longueur. — Q"^^

DiAGNOSE DE LA FEMELLE. — Tête. — Semblable à celle du mâle. Antennes poilues. Palpes à 4 articles, portant quelques écailles blanches plates ; sur l'article apical, toutes les autres écailles sont noires et plates. La trompe est sembhible à celle du mâle.

Le thorax, Vabdomen, et les pattes sont comme chez le mâle. Il en est de même pour les ailes, mais les franges ont trois étages d'écaillés. Formule unguéale : 0.0 0.0-0.0.

Longueur. — 4«°°»3.

4o0 E. VENTRILLON

Habitat. — Cette espèce se rencontre à Ankajobé et à Arivonimamo, mais elle est surtout abondante à Tananarive. On la rencontre pendant toute l'année malgré la sécheresse, dans Therbe sèche des talus abrités contre les vents du sud-est. C'est grâce à l'obligeance du D' Monfort, médecin des troupes coloniales, que j'ai pu avoir les premiers spécimens provenant dWnkajobé.

NOTE BY F. V. THEOBALD

I have examined thèse new species described with such care. he Eretmapodites was placed by the author in Stegomyia, but it Tis quite distinct from that genus and 1 have thus altered the generic name. The Heptaphlebomyinae ^re of great interest and have theseventh vein more definitely scaled than in the type ol the genus.

PROPHYLAXIE DE LA MALADIE HYDATIQUE d

PAR

le Professeur R. BLANCHARD

M. le D' Dévé, professeur suppléant à l'École de médecine de Rouen et médecin des hôpitaux de cette ville, a adressé à l'Académie un très important mémoire sur la prophylaxie delà maladie hydatique.

Cette affection, qui intéresse à un égal degré les médecins, les chirurgiens, les vétérinaires, les zoologistes, et qui mérite, comme nous allons le voir, toute l'attention des hygiénistes, a fait, de la part de M. Dévé, l'objet d'une série de travaux, quïl poursuit méthodiquement depuis plusieurs années.

Ses recherches expérimentales, que j'ai eu plaisir à suivre depuis le mois d'octobre 1900, époque à laquelle il vint me soumettre les premiers résultats de ses expériences, ont porté tout d'abord sur la question de la grelTe hydatique. La pathogénie et la réalité même de cet accident étaient restées, jusqu'alors, des plus discutées. M. Dévé apporta la démonstration expérimentale de la possibilité d'une greffe des éléments spécifiques renfermés dans la vésicule parasitaire. Non seulement il réalisa la greffe des Hydatides, que quelques expérimentateurs étrangers avaient déjà obtenue, mais, le premier, il établit sur des preuves irréfragables la réalité de l'évolution vésiculaire des scolex (2), notion capitale au point de vue de la pathologie, sans parler du haut intérêt qu'elle présente au point de vue purement zoologique.

Généralisant les résultats que lui avait fournis l'expérimen-

(1) Rapport sur un mémoire de M. le D' F. Dévé (de Rouen), lu ù TAcadémie de médecine, le 6 décembre 1904. Cf. Bulletin de l'Àcad.de méd., (3), LU, p. 501-512.

|2) F. Dévé, Des greffes échinococciques. C, R. de la Soc. de biologie 2 février 1901. — Sur la transformaUon des scolex en kystes échinococciques Ibidem^ 16 mars 1901. — Sur l'évolution kystique du scolex échinococcique Archives de Parasitologie, VI, p. 54-81, 1902.

452 n. BLANCHARD

talion, M. Dévé a donné, dans sa thèse inaugurale (I), une magis traie étude d'ensemble de ce qu'il a appelé r^r/u'wofocco«e scca/w/atr^, « affection liée à la greffe des germes échinococciques mis en liberté par la rupture d'un kyste hydatique primitif ». Il y a mis en lumière la place extrêmement importante, restée insoupçonnée jusqu'à lui, qu'occupe l'échinococcose secondaire en pathologie humaine : soit que la greffe spécifique se produise et qu'elle reste sur place, circonscrite, sôit qu'elle se fasse d'une façon diffuse dans le tissu conjonctif, soit encore, et surtout, qu'elle se réalise d'une façon systématisée à la surface d'une séreuse, soit enffn qu'elle se fasse à distance, par la voie circulatoire, donnant alors naissance à des métastases hydatiques dans le poumon, le cerveau, le rein, etc.

Depuis ce travail fondamental, M. Dévé s'est attaché à établir sur des bases expérimentales solides, la prophylaxie à la fois scientifique et pratique delà greffe hydatique (2). Il a montré que cette prophylaxie de l'échinococcose secondaire post-opératoire peut être aisément réalisée par une injection parasiticide faite dans la poche hydatique avant son ouverture large. Tout dernièrement encore, il rapportait les résultats de nouvelles expériences extrêmement démonstratives qu'il a pu faire sur ce point, à l'occasion d'un cas de kyste hydatique opéré par un de ses collègues rouennais, le D"* A. Martin (3). Ces dernières expériences viennent consacrer d'une façon définitive la valeur de « l'injection ténicide préalable », qu'il avait proposée aux chirurgiens dès le mois de février 1901.

Au surplus, la pratique en question a été adoptée par les opérateurs non seulement en France, où MM. Terrier, Ricard, Quénu (4) et d'autres, lui ont donné leur appui à la Société de chirurgie, mais aussi à l'étranger, où cette technique a été recommandée

{\) ¥. DÈ\Èy De Véchinococcose secondaire. Paris, F.-R. de Ru de val, in 8* de aKi p., 1901.

(2) F. Dévé, De l'acUon parasiticide du sublimé et du formol sur les germes hydatiques. C. H. de la Soc. de biologie^ 17 mai 1902 et 17 janvier 1903. — Des grelles liydatiquos post-opératoires. Pathogénie et prophylaxie. Revue de chirurgie, 10 octobre 1902.

(3) Martin et Dévé, Contribution k l'étude delà prophylaxie de la récidive hydatique post-opératoire. Retue de gynécologie et de chirurgie abdominale, n* a, septembre-octobre 1904, p. 811.

(4) Quénu, Technique opératoire contre l'échinococcose secondaire. Bullelin de ia Soc. de chirurgie, p. 719, !«' juillet 1903.

récemment, en particulier par Madelung en Allemagne (1) et par Oliver en Uruguay (2).

Ce n'est plus de cette question, aujourd'hui jugée, de la prophylaxie de la récidive hydatique que traite le mémoire adressé récemment à l'Académie, mais bien de la prophylaxie de la maladie hydatique elle-même.

Il n'est pas besoin d'insister longuement sur la gravité que présente, encore à l'heure actuelle, la maladie hydatique chez l'Homme, en dépit des progrès si importants réalisés depuis quelques années dans le traitement de cette affection. Cette gravité, qu'on ne peut guère espérer atténuer que dans une faible mesure, est liée, soit à la localisation même du parasite dans certains organes nobles (le cœur, le cerveau, etc.), soit aux accidents multiples (compressions, ruptures variées, suppurations, intoxication hydatique, greffes et métastases spécifiques, cachexie), qui viennent si souvent compliquer l'évolution de l'échinococcose, dans ses différentes localisations, pulmonaire, splénique, rénale, et surtout dans sa localisation hépatique habituelle. Deux cliniciens argentins, Vegas et Cranwell, dont l'expérience est grande en pareille matière, estimaient récemment la mortalité globale de la maladie, à 13,6 p. 1(K) des personnes atteintes (3). Fit l'on doit observer que la maladie frappe les individus à l'époque la plus florissante de la vie !

C'est dire tout l'intérêt qui s'attache à l'étude de la prophylaxie de réchinococcose humaine.

Pour n'être pas, tant s'en faut heureusement, aussi répandue en France quelle l'est dans d'autres contrées (Islande, Australie, République Argentine, Uruguay), qui constituent ce que l'on a appelé les (( terres classiques » de la maladie hydatique, cette affection n'en est pas moins d'observation encore suffisamment fréquente chez nous. Certaines régions, comme les Landes, la Normandie, l'Algérie, paraissent même assez gravement contaminées.

(i) Madelung, Ucber postoporativc Pfropfung von Echinokokkencystcn. Grenzgebtete der Medicin und Chirurgie, XIII, p. 21, 190i.

(2) Oliver, Tratamionto do los kûsU^hidutiilicos. Revista delà Societad mêdica Àrgentina, Xlt, p. 1G8, 11K)4.

(3) Vegas y Granwell, Los quistcs hidatidicos en la Rcpublica Argontina. Revista de la Societad médica àrgentina, n* 66, p. 211, marzoabril 19Q4.

Cependant, les hygiénistes en France semblent, jusqu'à ce jour, s'être désintéressés des mesures propres à combattre et à restreindre le développement de l'échinococcose, tant chez THomme que chez les animaux. C'est en vain qu'on chercherait, dans les règlements d'hygiène et en particulier dans le décret du 18 octobre 1904, un article, une ligne même, visant la prophylaxie de cette affection, qui, si elle n'est pas à proprement parler « contagieuse », n'en est pas moins trausmissible de l'animal à l'animal, et de l'animal à l'Homme.

Une aussi importante question d'hygiène méritait d'être soumise à l'examen de l'Académie, et il faut savoir gré à M. Dévé d'avoir attiré notre attention sur ce point.

Envisageons donc les conditions générales du problème prophylactique. L'évolution du parasite est bien connue. On sait que, pour que son cycle évolutif puisse se fermer, il est indispensable que se réalisent : 1« une migration d'aller, du Carnivore à Therbivore, dans la pratique : du Chien au Ruminant; 2» une migration de retour, du Ruminant au Carnivore. Il est entendu que, lorsqu'il migre du Chien à l'Homme, le parasite « s'est, à proprement parler, embarqué dans une impasse : il est sans avenir, sans espoir, car il a bien peu de chances pour passer jamais dans l'intestin du Chien, où il pourrait poursuivre son évolution et arriver à l'état adulte (l) ».

Mais tout d'abord une importante question se pose. Le Chien, hôte par excellence du Twnia echinococcus, constitue-t-il la seule source de contamination pour l'Homme et pour les animaux?

Nous savons bien que le Ténia échinocoque a été rencontré, très exceptionnellement d'ailleurs, chez quelques Carnassiers sauvages, telsque le Loup (Cobbold),le Chacal (Panceri),le Couguar(Diesing); mais, comme il est aisé de le comprendre, de pareilles constatations n'ont guère qu'un intérêt théorique.

On s'est demandé si le Chat, carnassier domestique, ne serait pas susceptible de devenir éventuellement l'hôte du Ténia spécifique. Il était a priori d'autant plus rationnel de suspecter cet animal que le parasite a été observé, nous venons de le rappeler, chez un autre Félin, le Couguar (Fclis concolor). Or, Leuckart (2) et

(1) R. Blanchard, Traité de Zoologie médicale, I, p. 433, 1886. '

(2) Leuckart, Die menscidichen Paraaiten. Leipzig, 2* Auflagc, 1881 ; cf. I, p. 341.

Peiper (1), qui ont tenté de résoudre cette question par l'expérimentation, ont conclu, de leurs essais d'infestation demeurés négatifs, que le Chat est»réfractaire au développement du dit Ténia.

Plus heureux que ces expérimentateurs, M. Dévé a réussi à obtenir le développement du Taenia echinococcus dans l'intestin du Chat. II a communiqué récemment à la Société de biologie le résultat de ses expériences à ce sujet (2). Sept jeunes Chats avaient été infestés avec du sable échinococcique de kystes de Mouton. De ces sept tentatives, six restèrent complètement négatives : la dernière seule devint positive. L'autopsie de Tanimal, sacrifié de trente-trois à vingt-quatre jours après une double inoculation, révéla, dans les premières portions de son intestin, l'existence de plusieurs centaines de jeunes Tœnia echinococcus typiques, dont un certainnombrelaissaient reconnaître, dans leur anneau terminal, une ébauche très nette d'organes génitaux. J'ai examiné un certain nombre d'exemplaires de ces Ténias expérimentaux, que M. Dévé avait tenu à me soumettre : leur nature ne peut être discutée. Le Chat pourrait donc éventuellement devenir l'hôte du Tienia echinococcus.

Je dois toutefois faire ici une réserve au sujet de l'interprétation de cette expérience. Les Ténias obtenus n'étaient pas des parasites adultes, renfermant des œufs, mais des Ténias incomplètement développés, dont le dernier anneau montrait seulement une ébauche d'organes génitaux. Dans ces conditions, il est très possible qu'il ne s'agisse là que d'une de ces infestations incomplètes, comme on en a observé à plusieurs reprises avec lesTrématodes.

A la vérité, M. Dévé est le premier à insister sur l'inconstance du résultat positif obtenu dans ces expériences, malgré les conditions particulièrement favorables dans lesquelles il s'était placé. « 11 est fort probable, écrit-il, que l'infestation du Chat doit être rare dans la pratique, et l'on peut sans doute faire abstraction à peu près complète de cette notion dans le problème qui nousoccupe; c'est par le Chien que l'Homme et les animaux sont contaminés dans la vie courante ».

(1) Peiper, Die Verbreilung der Echinokokkenkrankheii in Vorpommern. Stuttgart, 1894, p. 20.

(2) Dévé, Le Chat domestique, hôte éventuel du Tsenia échinocoque. C. R. de la Soc. de biologie, 22 octobre 1904, p. 262.

Revenons maintenant à révolution générale du parasite. La première de ses deux phases évolutives se trouve réalisée, comme on sait, quand THomme ou le bétail absorbent avec leurs aliments ou leurs boissons des œufs de Ténia échinocoque disséminés par les matières fécales d'un Chien infesté. Est-il possible d'interrompre cette première migration?

« Lorsqu'on y réfléchit, pareille tâche apparaît vaine, a priori: car on ne supprimera pas la dispersion (parle vent, par l'eau, etc.) des excréments d'un Chien parasité. Dès lors, comment empêcher l'Homme d'avaler, quelque jour, des œufs invisibles en mangeant des fruits, des radis ou de la salade? Quant aux animaux, comment les empêcher de s'infecter en broutant l'herbe d'un pré? Car on n'a sans doute pas la prétention d'empêcher les indispensables Chiens de troupeaux de déposer leurs matières fécales dans les pâturages !

(( C'e n'est donc pas dans ce sens, de toute évidence, qu'il faut chercher la solution du problème. Lorsqu'on considère, au contraire, le second cycle évolutif du parasite, on a immédiatement l'impression que sa migration de retour au Carnivore devrait être des plus simples à interrompre. Le Chien — et à la rigueur le (]hat — ne s'infectent, en effet, que d'une seule manière : en mangeant, — c'est-à-dire lorsqu'on leur donne à manger, — les kystes fertiles d'animaux de boucherie (1). Que cette contamination soit supprimée, et du même coup disparait le Taenia echinococcus, et avec lui l'échinococcose tant humaine qu'animale ».

Ayant ainsi précisé les termes théoriques du problème, M. Dévé apporte un fait brutal et précis, qui va nous montrer tous les progrès qui restent à réaliser à ce sujet dans la pratique.

Aux abattoirs de la ville de Rouen, les Echinocoques ne constituent pas un cas de saisie. Quand on y rencontre, dans un organe,

(1) Les kystes hydatiques du Mouton et, k degré un peu moindre, ceux da Porc, sont prôcoccmcnt et abondamment fertiles, contrairement aux kystes du Bœuf, qui demeurent le plus souvent stériles. Tout récemment, d'ailleurs, un vétérinaire de Leipzig, Lichtenheld, a apporté sur ce point des données précises. H a trouvé 92,5 p. 1()0 de kystes fertiles chez le Mouton, 80 p. 100 chez le Porc, 24 p. 100 seulement chez le Bœuf (a). Ce sont les kystes du Mouton qui doivent être surtout visés.

a) Lichtenheld, Teber die Fertilitât und Sterilitât der Echinokokken. Cetitralblati fiir Bakteriologie, Originale, XXWI, p. 546 et XXXVll, p. 64, 1904.

PROPHYLAXIK C)E LA MALADIE HYDATIQUE 457

dans un foie ou un poumon, des kystes en nombre restreint, on en pratique Tépluchage sur place, c'est à-dire qu'on fait lablation des parties atteintes, lesquelles sont jetées sur le fumier, dans la cour de l'abattoir. Le viscère contient-il, au contraire, de nombreuses Hydatides disséminées, deux cas peuvent se présenter. Ou bien il est littéralement farci de kystes, comme cela s'observe assez fréquemment; il est, de l'aveu môme du boucher, absolument inutilisable; il est alors envoyé à l'équarrissage, avec les viandes avariées saisies. Ou bien, tout en étant impropre à la consommation humaine, il est moins complètement envahi ; le boucher est alors autorisé à emporter le viscère contaminé, qu'il vend à bas prix à sa clientèle, comme « nourriture pour Chiens et pour Chats » !

« Est-il besoin de faire remarquer, écrit M. Dévé, qu'on réalise ainsi, comme dans une expérience, comme à plaisir, véritablement, les conditions mêmes de l'infestation d'animaux qui vivent au contact continuel de l'Homme ? »

Et il faut ajouter que l'entrée des Chiens dans l'abattoir n'a été jusqu'ici l'objet d'aucune réglementation stricte. La porte est grande ouverte: on laisse pénétrer librement les Chiens de troupeaux et les Chiens de bouchers, sans parler des Chiens du voisinage; le premier soin de ces animaux, de l'aveu même des surveillants, est d aller sur le fumier manger les rognures de viande qu'on y a jetées (l).

L'exemple de la ville de Rouen est loin d'être isolé. M. Dévé l'a cité parce qu'il a été mieux à même de l'observer, mais il a pu s'assurer que la pratique déplorable qu'il nous signale est en usage dans la plupart des villes.

A Paris même, aux abattoirs de la Villette, les viscères envahis de façon massive par les Echinocoques sont régulièrement saisis ; par contre, répluchage sur place des abats contaminés de façon plus discrète est autorisé, ou tout au moins toléré et, en tout cas, se pratique journellement. C'est ainsi que, au cours d'une de ses

<1) Il est juste d'ajouter que, depuis que son attention a été attirée sur ce point, M. Veyssièrk, le distin^^ur^ vétérinaire des abattoirs de Rouen, a pris certaines mesures. L'entrée des Cliiens dans l'établissement est surveillée. D'autre part, les viscères envahis par les Echinocoques sont saisis, malgré les réclamations et protestations des bouchers, et les résidus d'épluchage sont jetés dans un récipient contenant du crésyl, en attendant d'être envoyés k l'équarrissage.

Archives de Paragitologie, IX, n« 4, 1905. 30

4o8 R. BLANCHARD

visites matinales dans ces abattoirs, à l'époque où, interne de hôpitaux, il y allait faire la récolte de germes hydatiques pour ses premières recherches expérimentales, M. Dévé a pu voir un boucher supprimer l'extrémité d'un lobe de foie de Mouton renfermant un kyste, et la jeter à son Chien. A la Villette, en eflet, pas plus que dans les abattoirs de la province, l'entrée des Chiens n'est réglementée à ce point de vue (1): ces animaux accompagnent leurs maîtres (bouchers, cultivateurs, bouviers, bergers, etc.), non seulement à l'intérieur de l'abattoir, mais dans les «échaudoirs» mômes.

Si les règlements ne sont pas plus sévères dans les abattoirs urbains, même des grandes villes, il est à peine besoin de dire que, dans les campagnes, fermiers, bergers, bouchers ou charcutiers ne prennent aucune précaution au point de vue qui nous occupe : ils donnent couramment en nourriture à leurs Chiens, les abats que leur envahissement par les kystes rend impropres à la consommation humaine.

Comment s'étonner, dès lors, que la maladie hydatique soit d'observation encore si fréquente en France, surtout dans certaines régions où se pratique sur une grande échelle l'élevage du Mouton, en Algérie et dans les Landes en particulier? Il semblerait pourtant qu'il dût être facile de remédier à cet état de choses.

Les faits si suggestifs que je viens de signaler font toucher du doigt tout l'intérêt pratique de la question. Ils mettent en évidence l'urgence avec laquelle certaines mesures prophylactiques s'imposent à cet égard.

Quelles peuventêlreces mesures? Voyons, tout d'abord, comment a été organisée la lutte anti-échinococcique, dans les pays qui constituent les terres classiques de la maladie hydatique.

Diverses mesures ont été proposées et appliquées déjà en différents pays: en Islande ('!); par 1). Thomas en Australie (3) ; par

(1) L'ordunnancc de police du 20 août 1879, actuellement en vigueur, dit : « H est défendu d'amener dans les abattoirs, à moins qu'ils ne soient tenus en laisse, des Chiens autres que ceux des conducteurs de bestiaux ou ceux dont l'entrée est spécialement autorisée pour la destruction des Rats ». Les mots « tenus en laisse » indiquent que seule la rage est visée. Il suflit, d'ailleurs, d'aller quelquefois aux abattoirs de la Villette pour se rendre compte que pratiquement tout Chien peut pénétrer dans les abattoirs sans qu'on songe à l'en empêcher.

(2) Krabbe, Recherches helminthologiquesi, Copenhague et Paris, 18G6.

(3) D. Thomas, Hydatid di$ease. Adélaïde, 1885; Sydney, 1894.

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Peîper eiiPomérame(l) ; parWernîcke, Massi,Cranwell et Vegas en Argentine (2, 3) ; par Oliver en Uruguay (4), et dernièrement par Pericic en Dalmatie (S).

Elles sont de trois ordres et se proposent :

i» De diminuer le nombre des Chiens. — Réduction des Chiens des troupeaux au nombre strictement nécessaire pour la garde du bétail. Destruction des Chiens errants (Dog Acts, en vigueur dans TAustralie depuis Tannée 1860). Immatriculation obligatoire (collier gravé, estampille annuelle) de tout Chien au-dessus de trois mois. Impôt sur les Chiens d'agrément.

2<> De préserver les Chiens de la contamination spécifique. — Recommandation de faire cuire toute viande destinée à servir de nourriture aux Chiens. Recommandation formelle de ne pas leur donner à manger les viscères envahis par les kystes (6). Surveillance particulière, à cet égard, dans les abattoirs. Interdiction de rentrée des Chiens dans ces établissements. Destruction des viandes malades: à la campagne, par enfouissement profond (avec de la chaux vive, Peiper) ; dans les abattoirs urbains, par incinération : d'où installation obligatoire de fours crématoires dans tous les abattoirs.

3° De traiter les Chiens infestés. — Administration systématique et périodique de purgatifs et de vermifuges (en particulier de la racine de Kamala) aux Chiens de bouchers et de bergers. Destruction, incinération de leurs excréments.

Tous les auteurs insistent longuement, d'autre part, sur les conseils à répandre dans le public, au sujet de la préservation de l'Homme. Eloigner les Chiens de l'habitation, ainsi que des jardins potagers et des terrains de culture maraîchère. Filtrer ou faire bouillir l'eau de boisson. Laver longuement et nettoyer méticu-

(1) Peiper, Die Verbreitung der Echinokokkenkrankheit in Vorpommern. Stuttgart, 1894; cf. p. 50.

(2) Wernicke, Massi, cités par Cranwell et Veoas.

(3) Cranwell et Veoas, Los quistes hidatidicos. Buenos Aires, 1901; cf. p. 69.

(4) OuvER, ProÛlaxia de la enfermedad hidatidica. Communication au Congrès médical interdépartemental de San José, 18 juillet 1902; Revista medicadel Uruguay, p. 229, agosto 1902.

(5) Pericic, Liecniki Fie^/ni^-, 1904, n' 1 (en croate); analysé dans le Centralblait fur innere Medicin, 1904, p. 681 .

(6) Peiper demande môme la condamnation à une peine sévère de tout individu nourrissant ses Chiens avec de la viande contaminée.

leusement les légumes et les fruits qui se consomment crus (1).

Vegas et Cranwell demandent en outre que les Conseils d'hygiène répandent, parmi les vétérinaires et les surveillants d'abattoirs, des circulaires destinées à faire connaître la gravité de la maladie hydatique et les moyens de l'éviter.

Dégageant de toutes ces propositions et de ces conseils les points réellement importants et les moyens prophylactiques vraiment applicables, on peut formuler les deux prescriptions suivantes (2) :

i^ Saisie d'office, dans les abattoirs, et destruction effective (par incinération), de tout tiscère envahi par les Echinocoques ;

'29 Réglementation stricte de Ventrée des Chiens dans les abattoirs urbains (3).

* A ces deux mesures directes, dont Tapplication et la surveillance sont assez faciles, on pourrait en joindre une autre, dont l effi cacité est beaucoup plus douteuse. Elle consisterait en:

• .> Affiches dans les abattoirs, rédigées dans un style simple et en usant des termes professionnels. On y indiquerait le danger qu'il y a à donner aux Chiens, et également aux Chats, les viscères envahis parce que les bouchers appellent les « boules d'eau ».

On aurait soin d'insister sur ce fait que les bouchers et les charcutiers sont les premiers intéressés à préserver leurs (Chiens de l'infestation spécifique (4). Aux cultivateurs, aux fermiers, aux

(1) Pour Oliver, on doATait se rc^signor à ne jamais manger de salade. Cranwell et Vegas (écrivaient r<^cemmcnt : « Le jour où l'on boira de l'eau filtrée ou bouillie et où l'on mangera les légumes cuils, ce jour-là les kystes bydatiqucs disparais iront ». — Vegas et Cranwell, loco citato, p. 213.

(2) Dévé a déjà formulé ces propositions dans une note récente : Prophylaxie de l'échinococcose. C. R. de la Soc. de biologie, 22 octobre 1904; cf. p. 261.

(3) Cc^rtaines villes d'Allemagne, Cologne et Berlin entre autres, ont établi à ce sujet des règlements. extrêmement sévères.

A Cologne, l'article 4 du règlement du 18 novembre 1899 dit : « Les Chiens ne doivent pas être introduits dans les abattoirs, s'ils ne sont employés comme Chiens de bouviers. Ils doivent être placés, immédiatement après leur entrée, dans des •niches spéciales.... L'entrée des Chiens est interdite dans les bâtiments de TAdministration et dans les restaurants des abattoirs, n

A Berlin, l'article 1, g, du règlement du 4 octobre 1900 stipule que « les Chiens ne peuvent être amenés dans les abattoirs ».

(4) F^n cfTot, ainsi que je l'écrivais en 1880, u la maladie sera plus fréquente chez ceux qui vivtînt dans la compagnie des Chiens de berger ou des Chiens d'abattoir ((/) ». Dévé confirme celte opinion : dans une statistique personnelle de 45 cas, il a pu faire remonter cinq fois l'étiologie a un Chien de boucher (11 p. 100,). U a réuni, d'autre part, 58 cas de kystes hydatiques observés à Kouen dans ces quinze dernières années et y a relevé 4 bouchers et 1 charcutier (8, 6 p. lUOj. Pelper avait, sur 110 cas, relevé 8 bouchers |7, 2 p. lUOi.

1(1) K. Blancuahd, Traité de Zoologie médicale, I, p. 433.

éleveurs, on ferait comprendre Cfue le Chien infesté est la cause de la contamination et de la dépréciation de leurs troupeaux. Ils prêteraient, d'ailleurs, sans doute plus d'attention à cette observation, le jour où tout viscère renfermant des kystes serait impitovablement saisi et détruit.

Il est vrai que les mesures en question seraient impossibles à imposer à la campagne, dans les tueries particulières, où elles échapperaient au contrôle. On pourrait cependant instituer dans ce but des inspections sanitaires, on adresserait des circulaires aux vétérinaires, on exigeraitl'apposition d'affiches dans les locaux servant de tueries : moyens bien insufllsants sans doute, mais dont on aurait cependant tort de négliger complètement Faction.

Quant aux autres propositions : administration périodique de vermifuges aux Chiens, destruction ou incinération de leurs excréments, etc., elles sont inapplicables dans la pratique. « Elles seraient d'ailleurs incontrôlables, comme le dit fort justement M. Dévé, et l'on devrait, à leur sujet, s'en remettre à la sagesse et au zèle intelligent des particuliers. »

« En résumé, écrit-il en terminant, si, en matière de prophylaxie anti-échinococcique, le précepte Cave canem reste bon à conserver, la vraie solution du problème ne réside pas là : elle consiste bien plutôt à protéger le Chien, en rendant son infestation impossible. »

Il est donc de toute urgence de promulguer des mesures sévères, tout au moins dans les abattoirs urbains, où la surveillance serait facile. Ces mesures, strictement appliquées, doivent avoir pour conséquence une réduction progressive et presque la disparition de la maladie hydatique en France.

En résumé :

La maladie hydatique, affection commune à l'Homme et aux animaux, leur est transmise par le Chien ; à la rigueur, elle peut l'être également par le Chat. Ces Carnivores domestiques se contaminent eux-mêmes, en mangeant les viscères du Bœuf, du Porc, et surtout du Mouton, envahis par des Echinocoques fertiles. I^ prophylaxie de la maladie hydatique, chez l'Homme comme chez les animaux, doit viser avant tout à supprimer l'infestation du Chien. Des mesures sévères s'imposent avec urgence à cet é^ard, pour le moins dans les abattoirs urbains.

Il y a donc lieu de prescrire :

1° La saisie d*office, dans les abattoirs, et la destruction effective, par incinération, de tout viscère envahi par les Hydatides ;

2p Une réglementation stricte de l'entrée des Chiens dans les abattoirs publics ;

3° L'apposition, dans les abattoirs publics et privés, d'affiches indiquant le danger qu'il y a à donner les organes contaminés en nourriture aux Chiens et aux Chats ;

40 Des inspections vétérinaires visant cette prophylaxie antiéchinococcique seront faites dans les tueries particulières à la campagne ;

S^ Une circùlôire sera adressée à tous les vétérinaires pour leur rappeler la pathogénie de l'échinococcose et l'importance des mesures préventives qu'il est utile de prendre au sujet de cette affection.

M. H. Benjamin. — J'ai écouté avec le plus grand intérêt le si remarquable rapport que l'Académie vient d'entendre et je croîs que la conclusion pratique qu'elle pourrait en tirer serait d'attirer sur lui l'attention de M. le Ministre de l'Agriculture, de qui dépendent les services sanitaires. En ce qui concerne Paris et le département de la Seine en particulier, elle pourrait aussi le communiquer à M. le Préfet de Police, qui donnerait sans doute à son chef du service sanitaire, telles instructions pratiques qu'il jugerait nécessaires et qui sont si clairement indiquées par M. Blanchard.

— Les conclusions du rapport, mises aux voix ainsi que la proposition de M. Benjamin, sont adoptées à l'unanimité.

Le T)^ Paul MARAIS de BEAUCHAMP

Licencié es sciences naturelles.

Le présent travail, entrepris à l'instigation de M. le professeur R. Blanchard, a été commencé et ses matériaux réunis au laboratoire Arago de Banyuls-sur-mer, où M. le professeur Pruvot a bien voulu m'accueillir et me fournir toutes facilités d'étude. Il m'est doux de renouveler ici mes remerciements à mes deux maîtres, dont j'ai tenu à inscrire le nom sur la première page de cet ouvrage. Qu'il me soit permis d'y ajouter ici celui de M. le professeur agrégé J. Guiart, secrétaire général de la Société Zoologique de France, dont les conseils et l'inépuisable obligeance m'ont été si souvent précieux.

Cette étude est essentiellement faunistique, et systématique, le temps limité dontjedisposaisnem'ayant pas permisd'entreprendre un travail anatomique ou embryogénique, qui aurait nécessité un trop grand développement, et je dois expliquer la façon dont mes matériaux ont été recueillis pour faire comprendre ce qui m'a empêché d'y mettre tout ce qu'on aimerait à y trouver. Durant les six semaines de mon séjour à Banyuls, j'allais, toutes les fois que la pêche avait été possible, en examiner les produits lors [du débarquement, et demander aux marins les viscères des Sélaciens qu'ils vidaient séance tenante. Ceux-ci étaient alors examinés rapidement pendant les dernières heures du jour; des croquis étaient pris des animaux vivants, puis je me hâtais de les fixer pour l'étude ultérieure.

De cette façon de procéder est résulté d'abord que je me suis trouvé limité aux espèces communes et utiles que rapportent seules les pêcheurs. Les grandes formes de Squales m'ont totalement échappé. En outre, il fallait reconnaître d'un coup d'œil l'espèce à laquelle se rapportait chaque animal vidé, ce qui, faute d'une très grande habitude, s'est traduit par quelques incertitudes et

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peut-être quelques erreurs sur rattribution spécifique de chaque parasite. 11 n'y faut pas attacher trop d'importance, car j'ai constaté, comme tous les auteurs qui s'en sont occupé, qu'à peu d'exceptions près une même forme peut se rencontrer dans presque toutes les espèces de Raies, voire de Squales.

Dans ces conditions, j'ai jugé inutile d'établir une statistique complète du nombre d'individus de chaque espèce examinés et des parasites rencontrés dans chaque. Pour permettre des conclusions générales, cette statistique aurait dû porter sur un beaucoup plus grand nombre d'examens qu'il ne m'a été possible d'en faire. De plus il aurait été bon de noter exactement, outre l'espèce, l'âge ou du moins la taille, le sexe, le contenu stomacal et intestinal, les diverses particularités normalesou pathologiques de rhôte considéré en y ajoutant l'endroit où il avait été péché, la profondeur et la nature du fond, on en eût pu déduire des considérations importantes au point de vue de la répartition géographique des parasites, sujet encore presqu'entièrement inconnu. Tout cela n'était guère possible avec le temps dont je disposais et la façon dont je me procurais mes matériaux. C'est une étude à reprendre dans d'autres conditions. J'en dirai autant des recherches embryologiques si désirables encore dans ce groupe, qui auraient consisté à rechercher les formes larvaires des Cestodes de Sélaciens dans les animaux variés dont ils font leur proie, Téléostéens, Crustacés, Céphalopodes etc., et à tenter de les rapporter aux adultes par la morphologie comparée et par diverses expériences. Cela aurait nécessité un séjour sur place très prolongé et un travail énorme.

On ne trouvera donc dans Ja première partie que des considérations générales sur les conditions où les parasites ont été rencontrés, leur fréquence, la façon dont ilsse présentent, enfin sur les modes d'observation et de préparation dont il a été fait usage, puis, après un bref rappel de la classification des Cestodes et de la place qu y occupent les espèces parasites des Poissons en général et des Sélaciens en particulier, des remarques sur leur nomenclature et la confusion qui s'y rencontre. La deuxième partie comprendra l'énuméralion systématique des espèces rencontrées avec une description sommaire de chacune, d'après mes observations comparées à celles qu'avaient déjà faites les auteurs.

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